MANGIN@MARRAKECH

23 juin 2020

SOUVENIRS D'ÉLÈVES DU LYCÉE MANGIN

PIERRE LOUIS CASSANG

Par son fils Philippe nous apprenons la triste nouvelle:  

"Je vous informe du décès de mon père Pierre Louis CASSANG le 10 juin dernier. Né le 02 février 1926, il a résidé toute son enfance à MARRAKECH chez le Colonel et Mme Jean PARIEL. Il a été élève du lycée MANGIN jusqu'à la Guerre, date à laquelle, comme tant d'autres, il s'est engagé et a participé au débarquement de Provence. Il habitait TALENCE en GIRONDE mais restait très attaché à cette époque." 

Pierre-Louis Cassang se souvenait des marrakchis qu'il avait connu: Il écrivait  dans la revue Salam Marrakech (n°65 paru en 2000): "Grâce à SALAM MARRAKECH, j'ai eu la grande joie de retrouver sur une photo récente Pierre, Yves, François LATRON, Jika MAJORELLE, Claude NAISSANT, tous des amis d'enfance."  Il avait gardé le contact avec Daniel Renaudon et Mme Louise Olive comme cela se constatait dans la même revue, mais en 2005.

Il conservait une photo de classe de 6e (1938-39) avec d'autres élèves nés en 1925-26, dont il avait noté tous les noms. 

Gueliz-Cassang-4De haut en bas et de gauche à droite: Rang du haut: Leclerc, Moreau, Championnat, Fouché, Rifkin, Labelle, Pierre Malhomme, Dobrovitch, Claude Massa, Pierre-Louis Cassang, Muzy, Grimal; Rang du milieu: Chassier, Caron, Pabst, Juliart, Gasni, Barnhart, Santori, Martin, Jean-Pierre Geronimi, Rang assis: Daniel Lebaron, Leccia, Lovichi, Rives, Roger Sroussi, Gela, Creuset, Gonzales, Billout, Constantini, Billout, Averty, Azran.

Nous adressons nos condoléances atristées à ses enfants Serge, Odile, Francine, Philippe, ainsi qu'à leur famille, conjoints, enfants et petits enfants. Il était veuf depuis le décès de sa femme Yolande en 2011. Ses obsèques reli­gieuses ont été célé­brées le 16 juin, en l’église Notre-Dame-des-Anges, à Bordeaux, suivies de l’in­hu­ma­tio­n au cime­tière de la Char­treuse. 

Nos messages de sympathie vont aussi à ceux qui l'ont connu à Marrakech et à tous ses amis.

Pierre-Louis Cassang était dans la même classe que Pierre Malhomme, dont nous avons appris qu'il était décédé il y a quelques mois.

PIERRE MALHOMME est décédé le 4 juillet 2019 à Perpignan où il s'était installé avec sa famille. Nous en avons été informés par la revue Salam Marrakech (n°165). Nous présentons nos condoléances à madame Denise Malhomme née Saury son épouse, ainsi qu'à ses enfants, petits enfants et arrières petits enfants.

Les obsèques ont eu lieu le 9 juillet 2019 au Canet en Roussillon 

Nous avons appris aussi le décès d'autres élèves du Lycée Mangin

PIERRE et FRANCIS GARNIER

C'est aussi par la revue Salam Marrakech et leur plus jeune frère Roland Garnier que nous avons appris les décès de Pierre et Francis Garnier. 

GARNIER-349Leurs amis les reconnaîtront sur cette photo où ils se trouvent avec Françoise Perrier et Françoise Accart.

PIERRE GARNIER est décédé le 1er septembre 2019 à 81 ans à Strasbourg où il avait exercé la profession de chirurgien dentiste.

Nous adressons nos messages de sympathie à son épouse Simone à qui il avait fait visiter Marrakech, ainsi qu'à ses enfants:Stéphane, Michaël et Julia, ses belles filles: Corinne et Carole, ses petits enfants: Tom, Eva et Clémence.

La cérémonie religieuse fut célébrée le 6 septembre 2019, en l'abbatiale Saint-Trophime d'Eschau.

FRANCIS GARNIER est décédé le 3 juillet 2018 à 79 ans en région parisienne.

Les marrakchis expriment tout particulièrement leurs condoléances à leur frère Roland GARNIER bien connu des marrakchis à l'époque.

FRANÇOISE PERRIER

Nous gardons le souvenir de Françoise PERRIER, épouse VOGEL décédée le 21 mars 2017 au Chambon sur Lignon (Haute Loire). Nous pensons à son époux René, ainsi qu'à ses enfants  Siviengsack, Christine, Jean-Christophe, Rakhee, conjoints, enfants et petits enfants.

Nous pensons aussi à toute la famille Perrier qui habitait à la Défense des végétaux près de la Ménara à Marrakech.

FRANÇOISE ACCART

Nous nous souvenons aussi de Françoise BOULLIAU née ACCART. décédée à Saint-André Lecocq (Puy de Dome) en avril 2015. Nous exprimons notre sympathie à la famille du Dr Accart, ses soeurs Danièle, Brigitte, son frère Jean-Francis et à leurs familles respectives.


Chacun pourra évoquer des souvenirs ou exprimer des condoléances dans les commentaires


11 juin 2020

ILS NOUS QUITTENT: MICHELINE MARINAKIS, NATHAN BARUK, VINCENT GIUDICE

 

Sans titreMICHELINE MARINAKIS qui fut Vice Consul Générale de France à Marrakech vient de décéder le 8 juin 2020 à l'âge de 89 ans. C'est son fils Charles qui nous en a informé en précisant: "Elle repose en paix."

La cérémonie religieuse est prévue pour le jeudi 11 juin à 10h30 en l'Église Saint-Pierre de Plougasnou (Bretagne) et l'inhumation le vendredi 12 à 17h30 à Capbreton (Landes) où elle rejoindra son mari Jean Marinakis.

Les Marakchis qui la connaissaient ressentent avec beaucoup de tristesse cette nouvelle. Les anciens de Marrakech s'associent au deuil de sa famille, notamment Charles et Jean-Michel et se remémorent les événements heureux qu'ils ont partagé avec des membres de la famille Marinakis à Marrakech autrefois.

Ce deuil de Micheline Marinakis est peut être l'occasion de rappeler une autre épreuve subie par la famille. En effet le 1er aout 1927, Mr Marinakis, commerçant à Marrakech avait pris une voiture avec chauffeur en compagnie du consul d'Italie Mr Carapezza. Un pneu a éclaté et la voiture a capoté à 14 km avant d'arriver à Mazagan. M. Marinakis est décédé d'une frature du crâne, les autres occupants furent blessés.

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La famille Marinakis était bien connue à Marrakech. Elle avait deux enseignes déja en 1928 : "Epicerie coloniale Marinakis" et "Usine du Palmier" . xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx

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VINCENT GIUDICE est décédé le 17 février 2020 à 87 ans dans le village de Contes près de Nice (Alpes Maritimes). Il appartenait à une ancienne famille de Marrakech dont l'activité  était la forge et charronage avant 1928.

Participant du Moussem d'Avignon il partageait ses souvenirs avec plusieurs anciens.

Nous exprimons nos condoléances à sa fille, à toute sa famille et à ses amis.  

 

NATHAN BARUK NOUS A QUITTÉ LE 2 AVRIL 2020. 

Baruk-Sono-5Nathanl faisait partie de l'équipe qui, autour du président Robert Lucké composait, imprimait et diffusait la Revue Salam Marrakech. Imprimeur de profession, il s'était complétement investi dans  cette activité et préparait également les Moussems des Marrakchis sur l'ïle de la Barthelasse. La photo le montre s'occupant de la sono avec Marion Wachsmuth, fille de l'ancien consul de Suisse à Marrakech et de la professeur de math bien connue. Originaire de Rabat-Salé, Nathan avait  parmi ses amis un grand nombre d'anciens marrakchis.

Simone Baruk son épouse participait avec lui à tous les moussems et s'occupait du stand de patisserie avec Chama.

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Les anciens de Marrakech disent à Simone Baruk   leur grande affection dans cette épreuve douloureuse. ils expriment leur condoléances aussi à tous ses enfants, petits enfants et à toute la famille Baruk.

Les anciens de Marrakech peuvent évoquer leurs souvenirs avec ceux qui nous quittent dans les commentaires ci-dessous et aussi exprimer leurs condoléances aux familles en deuil.

 

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05 juin 2020

GUY DU FRESNAY, PIONNIER DU CINÉMA MUET, INSTALLÉ À MARRAKECH DE 1933 À 1937

Le comte Guy du Fresnay, metteur en sccène de films français remarquables, est le beaupère du baron Lionel de La Fontaine. Il habite chez sa fille Mme la baronne de La Fontaine, née Bèrangère du Fresnay. La toute nouvelle villa familiale Addi Ou Addi, est construite en 1930. - 1931 dans la Palmeraie, d'après les plans de l'architecte Paul Sinoir, venu dès 1928 à Bou Saf Saf à la demande du peintre Jacques Majorelle et revenu à Marrakech pour s'y établir. C'est encore l'époque du cinéma muet.

Guy-du-Fresnay-Addi-ou-Addi-1931A gauche le comte Guy du Fresnay lors du tournage du film Frou-frou dont il est le réalisateur; à droite la villa Addi ou Addi où il a vécu ses dernieres années avant son décès à l'hôpital Maisonnave (Dar el Beida - palais des sultans alaouites) le 20 septembre 1937. On remarquera au revers de sa veste la Légion d'Honneur obtenue pour son engagement comme lieutenant d'Artillerie dans la guerre de 1914-18.

Son père Ange Dufresnay était directeur général des assurances Phenix et fut annobli en 1883 par le roi d'Espagne, Alfonse XII. Le futur comte Guy du Fresnay avait donc 6 ans lors de cette distinction.

de-la-Fontaine-MRK-1937

Guy du Fresnay, déja veuf de Lina son épouse est décédé à la fin de sa 60e année. Ses obsèques eurent lieu le jeudi 23 septembre en l'église paroissiale des Saints-Martyrs du Guéliz, comme l'annonçait "Le Petit Marocain" paru la veille. Le Père Henry Koehler était le curé de la paroisse. Guy du Fresnay avait perdu ses deux fils Jehan et François. Ses trois filles Bérangère, Marie Belza, Guilemette et son gendre sont la seule famille qui lui reste. 

Guy du Fresnay s'était marié le 1er juin 1901 à Lina (Marie Emelina) Bouët-Willaumez. Jehan est décédé à 9 ans en juin 1922. François se marie en février 1928 à une niçoise, mais meurt subitement en juillet 1933, alors qu'il a été décoré de la croix de guerre des T.O.E. médaillé de Syrie-Cilicie.

Le comte G. du Fresnay était un homme cultivé et sensible, ce qui l'a conduit à produire à l'écran des oeuvres littéraires et à mettre en valeur la justesse des sentiments des personnages. 

Écrivain lui même, il a publié dès 1912 aux Editions Maurice Bauche un roman La passion de Fred; ainsi qu'un recueil de poésies, Empreintes

Le poète y fait preuve d'une sensibilité déjà murie, d'une tristesse d'homme qui a déjà vécu, souffert et réfléchi. Nous en détachons trois strophes où il célèbre le plaisir de contempler un jardin et d'en capter les senteurs.

C'est un énivrement de descendre au jardin,

Lorsque a cessé la pluie et que l'orage passe

Quels parfums, doux et forts vous assaillent soudain, 

L'âme heureuse du sol se répand dans l'espace.

oooooooooo Tout le jardin est net, clair, vif, verni, luisant; 

oooooooooo L'herbe semble de loin un lac d'argent qui brille,

oooooooooo La pluie a fait aux fleurs un ton plus séduisant.

Il monte de partout des parfums comme un choeur !

Avec l'orage et l'eau la chaleur s'est enfuie

Et la terre s'entrouve et jette à l'air son coeur.

Ah! l'odeur de la terre après la bonne pluie !

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Le jardin de Addi Ou Addi dans la palmeraie lui offrira seize ans plus tard ce que son poème pressentait.

C'est aussi en 1912 que Guy du Fresnay commence une carrière de scénariste et de metteur en scène aux studios Léon Gaumont.

Le-Démon-du-Foyer-GuyduFresnay

Il choisit de mettre à l'écran une comédie de Georges Sand, LE DÉMON DU FOYER publiée en 1852. Mais mobilisé sous les drapeaux en 1914, il doit partir pour rejoindre le 50e Régiment d'Artillerie. Il est contraint d'abandonner son projet de film.

Après la guerre, il reprend rapidement le cinéma en réalisant d'abord : LE JARDIN DU PIRATE, avec l'acteur Jean-François Martial suivi la même année 1918 de LA CATHÉDRALE MERVEILLEUSE, un Conte de Noël. 

Durant l'année 1920 il va réaliser successivement trois films, à partir de romans. 

Un roman de Roland Garros intitulé DE LA COUPE AUX LÈVRES dont il écrit aussi le scénario.

Guy-du-Fresnay-de-La-coupe-O-lev  Il le réalise avec pour principaux acteurs: Paul Capellani, Marguerite Madys et Armand Tallier.

Ciné-journal_Lami-des-montagnes-Rameau-du-Fresnay_21fevrier-1921

Le roman de Jean Rameau, L'AMI DES MONTAGNES, paru en 1907, scénarisé par le romancier est réalisé par Guy du Fresnay avec les acteurs: André Nox, Marguerite Madys, Jean Devalde, Jeanne Brindeau, Marguerite Ninove.

Les-Ailes-S-ouvrent

Guy du Fresnay quitte GAUMONT pour rejoindre la Compagnie française des films artistiques JUPITER.

En 1921 il crée lui-même le sénario et réalise LES AILES S'OUVRENT en dirigeant les acteurs: Marie-Louise Iribe (Anne-Marie de Queyras), André Roanne (Dr Fronsac), Genica Missirio (M. Tcherenkoï), Marguerite Madys (Berengère de Queyras),  (Marquis de Queyras). On remarquera que l'intrigue se noue autour des amours de deux soeurs, filles d'un Marquis: Berangère et Marie.

Le choix de ces prénoms est un clin d'oeil du réalisateur à ses filles dont les prénoms sont précisément Bérangère et Marie. Genica Missirio est d'origine roumaine et surtout un excellent cavalier.

Ce film est un succès et encourage Guy du Fresnay à poursuivre dans le cinéma. Pourtant il est confronté à la nécessité d'un partage successoral de biens immobiliers importants : le chateau du Fresnay, héritage de ses aïeux à Sartrouville, entourré de terrains de 65000m2 qu'il aimerait pouvoir convertir en parcelles constructibles, la villa Belza (villa noire en basque) à Biarritz pour ne parler que des sites les plus connus. C'est d'ailleurs à Biarritz qu'il s'éloigne de Paris pour écrire son futur scénario.. 

L'année suivante, il crée MARGOT d'après la nouvelle d'Alfred de Musset du même nom, parue en 1841.

Introduction du producteur, Les fims Jupiter: Margot fille de fermier est accueillie chez la chatelaine; il y aun beau château, un joli officier et un coeur s'enflamme, celui de Margot. Naturellement l'officier passe auprès de la fleur sans la cueillir, il préfère une dame hautaine, et, Margot pourtant sauvera l'amoureux en se perdant elle-même; puis, dans le désespoir, qui la conduit à la mer, la vie chante avec tous ses appels et Margot aimera plus simplement et se mariera. Tout finit bien et le film est joli, très bien réalisé. Jolis sites, beaux intérieurs, interprétations excellentes. En résumé une très belle oeuvre. Introduction du producteur, Les fims Jupiter: Margot fille de fermier est accueillie chez la chatelaine; il y aun beau château, un joli officier et un coeur s'enflamme, celui de Margot. Naturellement l'officier passe auprès de la fleur sans la cueillir, il préfère une dame hautaine, et, Margot pourtant sauvera l'amoureux en se perdant elle-même; puis, dans le désespoir, qui la conduit à la mer, la vie chante avec tous ses appels et Margot aimera plus simplement et se mariera. Tout finit bien et le film est joli, très bien réalisé. Jolis sites, beaux intérieurs, interprétations excellentes. En résumé une très belle oeuvre

Guy-du-Fresnay-Film-Margot-1929

Il écrit un sénario légèrement différent de l'intrigue originelle et le réalise avec Murray Goodwyn, Gina Palerme, Genica Missirio, Caroly Brown, Berthe Jalabert. L'opérateur est Forster. 

Froufrou-Gina-Guy-du-Fresnay-22sept-1923Il garde le titre FROU-FROU de la pièce d'Henri Meilhac et de Ludovic Halévy parue en 1869. Il la scénarise pour l'adapter à l'écran et la réalise en 1923 avec de nouveaux acteurs à l'exception de Gina Palerme une artiste très demandée qui joue le rôle de Gilberte "Froufrou". Sa nouvelle distribution comprend aussi Jules Raucourt qui tient le rôle de Henry de Sartoys, Suzanne Talba celui de Louise, George Fairwood incarne Paul Valréas, André Dubosc joue M. Brigard; Zeyorf est le Baron; Millefiori, la Baronne; Berthe Jalabert joue le rôle de Mme de Valréas. 

C'est encore l'histoire de deux soeurs: Gilberte Froufrou, sans comprendre l'amour de son mari pour elle, s'étourdit dans la vie mondaine et laisse sa soeur Louise prendre la direction de son foyer. Gina Palerme a donné tout son coeur à l'interprétation. Elle a mis beaucoup de gaîté et de légèreté  dans la première partie, et beaucoup d'émotion dans la deuxième. Belle interprétation aussi de Suzanne Talba et de M. Raucourt qui joue avec beaucoup de netteté et d'esprit. 

En 1924, il décide d'adapter à l'écran un roman contemporain L'AMI DE LA BROUSSE de Jean d'Esme; il en écrit le scénario mais n'effectue pas  la réalisation.

La même année il entreprend de réaliser ARLEQUIN, adapté de la pièce de Maurice Magre, mais il abandonnera ce projet avant même de passer à sa mise en scène.

Guy du Fresnay est confronté à des questions de partages successoraux dans sa parentèle et notamment sa soeur, ce qui lui prend beaucoup de temps. Il va vendre par petits bouts leur propriété de Sartrouville de 65000 hectares. Avec l'aide de la commune il va créer des rues et viabiliser ses terres. Il délimitera 178 parcelles urbanisées et constructibles. Leur demeure à Sartrouville, le chateau Du Fresnay, sera loué et deviendra un Cours privé dès 1926, le Cours de l'Ermitage !

Villa-Belza-A-Karl

Il met aussi en location leur villa de Biarritz, la très curieuse Villa Belza ( villa noire en basque). Elle est située sur un éperon rocheux qui s'avance sur l'Océan et offre une très belle vue sur la chaîne des Pyénées.

DU-FRESNAY-SAZIAS-26fevrier-1928

Il semble que Guy du Fresnay ait pris goût à la gestion immobilière, car il abandonne l'activité cinéma-tographique. 

NICE et MARRAKECH: L'année 1928 est celle des mariages de deux des enfants du comte Guy du Fresnay: son fils François du Fresnay se marie en février avec Yvonne Sazias (voir photo ci-contre) fille d'un important transporteur de Nice où les Du Fresnay possèdent la Villa Saint-Philippe.

Sa fille aînée, Bérangère du Fresnay, épouse le 15 juin le baron Lionel de La Fontaine. La bénédiction nuptiale a lieu en l'église Saint-Pierre de Neuilly. 

Bérangère du Fresnay est l'aînée de ses deux soeurs. Guy du Fresnay avait finement analysé les relations entre soeurs, notamment quand viennent les passions amoureuses. Il en avait fait le sujet de son film "Les ailes s'ouvrent" mis à l'écran sept ans plus tôt.

Baronne-dela-Fontaine-mariage-1928

  Lionel de La Fontaine a ses origines tant paternelles que maternelles en Belgique où il est né le 4 décembre 1898. Lui-même a vécu la guerre de 14-18 dans l'Armée du Roi Albert 1er de Belgique et a reçu les "Médailles militaires et commémoratives Belges". Il habite 63 rue de Malakoff à Paris.

Quel était le prénom du père de Lionel et ses activités ? une recherche plus approfondie serait nécessaire. La mère de Lionel se nommait Yvonne de Posson, son père le baron Arthur de Posson était décédé en 1909 et elle disposait d'une importante fortune. Nous savons qu'elle s'est remariée le 12 mai 1919 à un acteur, artiste de comédie connu sous le nom de scène de Camille Dumény, mais dont le vrai nom était Richomme. 

Le Figaro-Modes du 5 mars 1904 lui a consacré une page en couleur où elle apparaît dans une robe magnifique avec son nom de l'époque: Madame de La Fontaine née baronne de Posson. 

Le_Figaro-Modes_Mme-de-la-fontaine_née-baronne-de-Posson-15mars_1904 2

 À la suite de son remariage elle prend le nom de "baronne Richomme de Posson". En 1927 elle construisait l'Eden Music Hall de 800 places à l'angle du Bd Poissonnière et de la rue Saint-Fiacre à Paris.

C'est après le mariage de son fils Lionel en juillet 1929 qu'elle l'introduit dans ses affaires et crée "La société immobilière Wagram" Elle habite 49 rue de Wagram à Paris. On constate qu'elle est aussi propriétaire à Marrakech car en mars 1935 la municipalité de la Ville rouge donne une autorisation de construire dans le lotissement "Richomme de Posson" une Maison indigène de 5 pièces cuisine de 135m2 appartenant à M. de La Fontaine.

L'installation à Marrakech: Ce n'est qu'en mai 1931 que l'on repère le Baron de La Fontaine sur le bâteau Nicolas-Paquet au départ de Casablanca. Il vient de préparer l'installation de sa famille à Marrakech. Il a investi dans des terrains et surveillé la construction et les finitions de la Villa Addi ou Addi. Il rejoint son épouse Bérangère qui va se distinguer au concours international d'élégance automobile au Parc des Princes. 

Baronne-de-la-Fontaine-Parc-des-Princes-aout-1931 

reine-marie-de-roumanie-cheval

 Une anecdote: La reine Marie de Roumanie était en visite officielle au Maroc au début du mois de mai 1933 (photo ci-contre). Ce qui se passait en Allemagne à cette époque était particulièrement inquiétant pour les Roumains et la reine cherchait des appuis. La presse rapporte:    "Le 14 mai la Reine de Roumanie a visité les tombeaux Saadiens, sous la conduite de Mr Métérié, l'inspecteur des Beaux Arts; puis Dar Si Saïd, sous la conduite de Si Mammeri, directeur des Arts marocains, où elle assista à un concert de musiques arabes et de musiques berbères. Après le déjeuner à Dar Moulay Ali chez le Général et Mme Catroux, elle visita le Jenaan El-Hartsi et effectua la promenade du tour des remparts en auto. Elle alla prendre le thé, dans la somptueuse habitation, dans la Palmeraie chez le Baron et madame de La Fontaine. Le soir elle a été invitée à la grande Diffa dans le palais du pacha de Marrakech." Ce que la presse ne rapporte pas, c'est que la reine Marie de Roumanie tenait à voir Guy du Fresnay, beaupère de Lionel de Lafontaine pour évoquer Les Ailes s'ouvrent et Margot, deux films où Génica Misserio, l'acteur roumain, avait eu l'occasion d'exprimer ses talents.

  Le comte Guy du Fresnay a nouveau endeuillé: Il avait déja perdu un fils Jehan, décédé à l'âge de 9 ans en mai 1922. Il perd cette fois son autre fils François, décédé brutalement à l'âge de 28 ans le 22 juillet 1933. Ce décès laisse une veuve la comtesse Yvonne du Fresnay et une petite fille. Il avait transmis à François son titre de Comte du Fresnay et l'espoir d'avoir une postérité de son nom. 

Guy du Fresnay qui lègue sa fortune à ses filles est recueilli à Marrakech par sa fille Bérangère et son gendre Lionel de La Fontaine.

Signature-Guy-du-fresnay

C'est un vieux Monsieur qui aime l'art de vivre des marocains et qui se plait à rencontrer les artistes marrakchis. Le 22 septembre 1937, alors qu'il est hospitalisé à l'hôpital Maisonnave, la vie le quitte. Bérangère n'a pas eu d'enfant, elle est décédée à Marrakech le 7 mars 1946. Lionel de La Fontaine s'est remarié le 8 mars 1947 à Paulette Fronville, divorcée de Xavier Aladane de Paraize.

Nous ignorons si la sépulture de Guy du Fresnay se trouve au cimetière européen de Marrakech.

Guy-Du-Fresnay-Maisonnave-1937

 

Les marrakchis connaissent la deuxième madame de La Fontaine, qui portait le nom de Brisepierre à partir de mars 1968 et fut longtemps sénatrice représentant les français à l'étranger, mais ne savent pas toujours que la première était la fille du comte du Fresnay. Beaucoup ignorent aussi qu'un pionnier du cinéma muet avait élu domicile dans la Palmeraie de Marrakech dans les années 30. Merci à ceux qui ont connu la famille de La Fontaine et qui pourraient enrichir cet article de compléter par leurs souvenirs dans les commentaires.

21 mai 2020

PHOTOGRAPHIES CENTENAIRES DE MARRAKECH PAR PIERRE GRÉBERT

PIERRE GRÉBERT A PHOTOGRAPHIÉ MARRAKECH À LA FIN DE L'ANNÉE 1912

Nous avons déjà présenté des photographies de Pierre Grébert à partir des clichés qu'il a édité sur cartes postales. Comme nous l'avions écrit il s'agit d'un photographe autorisé à suivre l'armée française dans ses déplacements au Maroc. Son passé militaire comme adjudant lui permettait de se faire accepter parmi les officiers et les soldats. Il profitait aussi de ses collectes d'images pour photographier les sites les plus remarquables et les marocains dans leur vie quotidienne.

Lorsque nous avions réalisé sur ce blog la première présentation des photographies de Pierre Grébert, nous avions rassemblé un assez grand nombre de clichés, mais il nous en manquait, nous n'avions pas su les trouver car c'était l'un de nos premiers articles sur les photographes de Marrakech (voir: 21 janvier 2011). Grâce à Marc MAILLET qui a bien voulu partager les photos qu'il collectionne concernant les militaires, nous sommes en mesure d'ajouter les clichés qui nous manquaient, parmi les plus rares.

Nous avions distingué dans ces clichés numérotés sur Marrakech deux groupes, en raison des titres utilisés par Pierre Grébert lui-même:  la série numérotée intitulée "Le Maroc pittoresque-Marrakech" et la série numérotée des cartes postales iniquant seulement "Marrakech".  Par ailleurs apparaissaient quelques cartes non numérotées.

En fait, il semblerait qu'il n'existe qu'une seule numérotation commune à ces deux séries, probablement pour faciliter la gestion des ventes de cartes postales et leurs rééditions.

LES CARTES PORTANT LA MENTION " LE MAROC PITTORESQUE" : Elles ne correspondent pas à un événement précis... Elles illustrent un monument ou un lieu particulier ou bien une activité traditionnelle pratiquée par les berbères, les arabes ou les israélites. Un touriste peut s'attendre à voir les mêmes images à chaque visite. Marc Maillet nous en a communiqué quatre qui ne se trouvaient pas dans le premier article. Nous les présentons avec deux autres. 

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n°16: Allée et pavillon dans les jardins de l'Aguedal; n°18: Une fontaine dans une cour intérieure. 

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N°19: Israélites, fabricants de bâts. Certaines activités étaient plus traditionnellement réalisées par des israélites. 

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 N°19 : Vue prise d'une terrasse du Mellah - Presque tous les photographes de ce début de siècle ont photographié les terrasses de Marrakech depuis le Mellah. C'était plus facile depuis ce quartier.

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 n°21 : Un groupe de marchands.  

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N°34: Spahis et goumiers escortant le Sultan.

Ce cliché aurait pu se trouver dans la rubrique suivante car il s'agit d'un événement daté. Le 12 décembre 1912 le Sultan Moulay Youssef vient dans sa capitale du Sud pour recevoir la soumission des caïds et chef de tribus de la région de Marrakech et du Souss. Nombreux furent ceux qui avaient fait allégeance à El Hiba, mais après sa fuite vers Tiznit, ils revenaient vers le Sultan de la dynastie Alaouite. Les spahis avaient escorté le Sultan et son harem jusqu'à la palmeraie où s'éteignait leur mission et où fut organisé un bivouac royal. Le 13 décembre les troupes du maghzen prirent le relais des spahis pour l'entrée triomphale du Sultan dans Marrakech.

LES CARTES NUMÉROTÉES PORTANT SEULEMENT LA MENTION "MARRAKECH"

Marc Maillet nous en a transmis trois dont deux concernent le palais du Sultan "Dar el Beida" transformé pour la partie principale en hôpital militaire. Un beau pavillon plus à l'écart, Dar Redouane, a servi à loger le harem àl'abri des regards.

MARRAKECH-(Grebert-n N°28 - L'hôpital militaire.  

MARRAKECH-(Grebert-n n°32 - Les arcades dans la cour de l'Hôpital militaire 

MARRAKECH-(Grebert-n

N°37 : Le Pont et l'Oasis: Il s'agit du Pont multicentenaire sur l'oued Tensift et d'une partie de la Palmeraie de Marrakech

LES CARTES NON-NUMÉROTÉES: Les clichés pris à Marrakech sont du dernier trimestre 1912.  

Koutoubia-Grebert-El-HibaÀ gauche: la Koutoubia (avec à ses pieds la mosquée des libraires); à droite: Étendard pris à El Hiba (Prises de guerre effectuées par les spahis: L'étendard abandonné sur le champ de bataille, l'ombrelle du chef Merebbi Rebo, un fut de canon d'un côté et son affut de l'autre de fabrication Krupp.) 

Le-Maroc-pittoresque-(Grebert)-Soldats-du-Tabor-et-Mouton-a-quatre-cornes-1914-12-28-R

Pour terminer cette page sur la contribution de Pierre Grébert à l'histoire du Maroc, Marc MAILLET nous propose des portraits de militaires qui montrent l'art du photographe dans la science du portrait:"Et pour conclure sur cette qualité,  je vous adresse une photo très pittoresque  : « Soldats du Tabor et Mouton a quatre cornes ».

 

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Ces photographies centenaires illustrent le passé de Marrakech avec ce qui a vraiment changé et qu'il ne sera plus possible de revoir, mais que nous ne voulons pas oublier car il s'agit du patrimoine marrakchi. Certains de ces clichés nous montrent ce qui reste inchangé ou presque. Merci à Marc MAILLET de les avoir partagé et à Pierre GRÉBERT d'avoir pris le soin de nous les transmettre. 

M. de Mondenard

 

   

16 mai 2020

NOUVELLES PHOTOS DE LA FAMILLE ARBACETTE

LE BLOG REÇOIT DES PHOTOS DE DANIEL ARBACETTE

Cette photo faisait partie de l'Exposition 100 ans de Guéliz 1913-2013  

ArbacetteLa photo de 1937 représente la très connue Boulangerie du Guéliz de Francisco Albacete avec le personnel de boulangerie et de livraison ainsi que la famille.

Francisco Albacete, venait de Mostaganem; on remarquera que l'enseigne porte Albacette. et non Arbacette. La date de création au Guéliz est 1918, année de la fin de la guerre. Il s'était marié à Jeanne Garcia: Ils eurent trois enfants: André (célèbre SAMiste et père de Daniel), François et Germaine.

Daniel envoie des photos en complément de ses articles précédents et les dédie à ceux qui échangent des souvenirs sur FaceBook dans le groupe SALAM MARRAKECH: "Pour le blog j'envoie des photos que je dédie à Lo Gato, Guagliardo, Stepanoff, Goudé-Zwickewitz, Fankhauser et j’en oublie Rubí  etc ... avec une pensée émue pour deux disparus : Éric Schweizer  et Brigitte Elgrabli.."

En 1939 Francisco demande à l'architecte du Casino de Marrakech Jean-Pierre Mrèches de construire l'immeuble ARBACETTE dans la rue Verlet Hanus (au 72) avec un magasin et 3 logements à l'étage.

Chacun des trois enfants de Francisco se marièrent et eurent des enfants dont beaucoup de marrakchis actuels se souviennent.

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Une première photo est prise à l'intérieur de la Boulangerie du Guéliz: André Arbacette et sa soeur Germaine derrière le comptoir.

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- André Arbacette né à Casa en 1917, excellent joueur de Football fut l'une des gloires les plus éminentes du SAM. Il épousa Céline Schangel. Grâce à leur fils Daniel qui partage avec nous souvenirs et photos nous gardons un bout de la mémoire de Marrakech au XXe siècle. André et Céline eurent aussi une fille Jacqueline Arbacette qui épousera de Just Pellicer.

- François épousa Henriette Darmani le 10 juin 1937. Le Petit marocain en témoigne car à l'occasion de leur mariage ils firent des dons à des oeuvres locales: le Comité d'entraides franco-marocaines, l'oeuvre des enfants à la montagne (colo de Sidi Fares) et L'union des familles nombreuses. Ils eurent deux enfants: Jean-Pierre et Francine Arbacette. 

Arba7-Darier-40

Mais le malheur les frappa avec le décès de François en décembre 1942. Henriette se remaria et vivra jusqu'à 104 ans.

"Photo prise dans la rue Verlet Hanus avec mon oncle Henri Darier, mon pére André (Dédé la Bou-lange), André Darier, neveu de papa et Jean Pierre Arbacette son autre neveu, fils de François, son frére décédé jeune et mari d'Henriette Darmani."

- Germaine épousa Henri Darier qui eurent également deux enfants. 

DARIÉ-Germaine-20novembre-1938

Germaine d'abord, puis André. Le Petit Marocain du 29 novembre 1938 s'en souvient. 

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Daniel présente une troisième photo avec son père et son oncle Henri Darier prise lors de la rencontre annuelle des boulangers de Marrakech.

xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx  La quatrième photo plus récente est en couleur et présente Germaine Darier (cousine germaine de Daniel).

Darier-Germaine-Nthalie-dejust-pellicer-6a91  Germaine vient de fêter ses 84 ans à Marseille et se trouve sur cette photo en compagnie de Laure (fille de Jacqueline Arbacette, soeur de Daniel).

De son côté André Darier son "petit" frère, ex-deuxieme ligne au Rugby à Marrakech participe régulièrement avec Annie (née Marian) au Moussem d'Avignon.  

120643654_o Ici Jocelyne Feneyrol, Annie Marian et André Darier prennent place au repas du Moussem.

Il reste à publier une photo de la classe 1937 où se trouve André Arbacette lors du Conseil de révision à Marrakech.  

ConseilRevisionClasse1937  André Arbacette se trouve assis au premier rang le plus à  droite. Qui identifiera les autres conscrits ? 

Merci à Daniel pour ces photos et pour les souvenirs qu'elles permettent de partager et si possible de compléter avec d'autres échanges que chacun peut écrire dans les commentaires.

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08 mai 2020

LA GUERRE EST FINIE, TITRAIT LE PETIT MAROCAIN DES 7 & 8 MAI 1945

Enfin, l'Armée de l'Allemagne nazie capitulait:

Le_Petit_Marocain_7-mai-1945 Avec ses Spahis, ses Tirailleurs, ses Goums et toutes ses unités, les troupes Franco-marocaines avaient contribué largement à la fin de la guerre.

Marrakech-7mai-1945 2

 A Marrakech quand la nouvelle est tombée, LE GALA DES VEDETTES était à l'affiche du CINÉ-PALACE : avec Odette GAYDOR,  le comique DUMIEL, SALINAS et ses cigarettes ainsi que LILI BONICHE et son ensemble.

LE REGENT présentait "Douce Illusion" avec Deana DURBIN et Kay FRANCIS.

Le LUX projettait 2 grands films : GARS DE LA MARINE et CORVETTE K225 avec Randolph SCOTT.

Deux marrakchis n'auront pas su que la paix était signée: Mme Maurice COUSINERY, décédée le 29 avril et Nathan AKNIN, ancien combattant, médaillé militaire, croix de guerre, 2 citations décédé le 1er mai. 

7mai-1945-annonce-Sultan 2

Le Résident Général Mr Gabriel PUAUX annonce la nouvelle à Sa Majesté SIDI MOHAMMED (le Sultan Mohammed V) dans les formes officielles. Sa délégation est escortée par les Spahis, elle est composée de ses officiers, de ses collaborateurs, des grands directeurs et des consuls étrangers.

La Marseillaise et l'Hymne chérifien précèdent les discours.

Le retour des régiments marocains est annoncé. Le futur voyage de Sa Majesté sur le sol d'Allemagne est dans les esprits.

Les donneurs de sang de Marrakech sont alertés par l'organisation de l'UFM (Union des Femmes du Maroc) avec prise de sang le 16 mai et vérification des inscriptions à la Teinturerie BRETON (avenue Mangin à côté du Régent)

Annonce des inscriptions des enfants pour la Colonie de Vacances de Sidi Fares auprès de Mr MADEUF, Villa Zahia, avant le 25mai. 

victoire-8mai-1945-MRK

Marrakech fête la fin de la guerre 

 Dans l'aprèsmidi du 7 mai soudainement les sirènes retentirent et suivirent sonneries de clairon et salves de canon déclanchant dans toute la ville une explosion de joie. Le travail cesse. Les rues s'animent et l'Avenue Mangin se remplit de marrakchis laissant déborder leur joie en une animation extraordinaire. Les cafés regorgent de monde. Des monomes joyeux défilent. Les gens s'embrassent et les chants patriotiques s'élèvent à tout moment repris en choeur par la foule. Le soir une retraite au flambeaux avec feux de Bengale et fusées ajoute à l'entrain de toute la population fêtant la victoire dans le plus grand enthousiasme.

Reforme-justice-marocaine-17mai-1945

La vie continue et les décisions prises anté-rieurement poursuivent leurs effets. La réforme de la Justice marocaine passe dans les actes. Quatre juges musulmans sont installés dans leurs fonctions. Il s'agit que les jugements soient pris par un college de juges et non comme anté-rieurement par un seul juge. Les nouveaux juges nommés sont: Si Abdelatif TAZI et Si Driss ZEMMOURI,  juges délégués et Si Abderrahmane ben TAHILA et Si Moulay Driss MRANI, assesseurs. 

Le Résident Général Gabriel PUAUX se déplace en Allemagne à la rencontre de la Premiere armée française. 

Resident-Puaux-allemagne-9mai-1945  Il remet le Grand cordon du Ouissam Alaouite au Général de Lattre de Tassigny, photo du haut, premier à gauche. Il décore aussi de la médaille du mérite militaire chérifien les généraux Bethouart, Monsabert et Guillaume. Photo du bas, le Résident salue le drapeau d'un régiment de Tirailleurs marocains. Il prépare la prochaine venue en Allemagne occupée de Sa Majesté le Sultan SI MOHAMMED.

8eRTM-armée-d-afrique-retour-maroc-21mai-1945 Les troupes des régiments marocains  reviennent au Maroc, les Tirailleurs de la 2e DIM et ceux de la 4e DMM sont de retour et passent d'abord par Meknes. Certains tirailleurs sont partis en 1939 jusqu'en Belgique, ont été faits prisonniers, se sont évadés et sont repartis au combat.

Tabors-Fes-PM-30mai-1945

La Ville de Marrakech a toujours une avenue en l'honneur de la 4eDMM. Elle prolonge l'avenue Mohammed V vers la Targa.

 LE 3e GROUPEMENT DE TABORS MAROCAINS est annoncé la semaine suivante pour un retour à FES le 29 mai. Il était commandé par le général MASSIET DU BIEST. Ce fut l'occasion d'une grande cérémonie militaire sous la présidence du Kalifa du Sultan et du Résident Général Gilbert PUAUX.

Les Goumiers aux célèbres djellabas brunes défilèrent fièrement. La photo n'a pas été prise à Fes, mais à Marseille où les Goums s'étaient illustrés. 

Sultan-Strasbourg-visite-23juin-1945

 SA MAJESTÉ LE SULTAN SIDI MOHAMMED BEN YOUSSEF EST INVITÉE PAR LA VILLE DE STRASBOURG ET À CETTE OCCASION IL VOYAGE EN ALLEMAGNE OCCUPÉE JUSQU'À CONSTANCE. (Cette pénétration sur la terre allemande est éminamment symbolique, elle illustre que le Maroc est devenue une puissance incon-tournable).

SA MAJESTÉ Y RENCONTRE SUR LE PONT DE KEHL LE GÉNÉRAL GUILLAUME, SANS QUE NI L'UN NI L'AUTRE NE SONGE À LA SITUATION DE CRISE QU'ILS RENCON-TRERONT PLUS TARD AVEC L'EXIL EN CORSE PUIS À MADAGASCAR. IL EST ACCUEILLI À CONSTANCE PAR LE GÉNÉRAL DELATTRE DE TASSIGNY QUI AVAIT BEAUCOUP RECRUTÉ DE VOLONTAIRES AU MAROC POUR COMPOSER SA DIVISION BLINDÉE, LA BIENTÔT CÉLÈBRE 2eDB. TROIS ÉLÈVES DU LYCÉE MANGIN DE MARRAKECH S'ENGAGÈRENT ET L'UN D'ENTRE EUX LE FILS DU DOCTEUR DIOT ÉCHAPPA AUX FEUX DES ARMES ALLEMANDES ET FUT DANS LE PREMIER CHAR QUI PARVINT SUR LA PLACE DE L'HÔTEL DE VILLE DE PARIS .

À STRASBOURG , la réception du Sultan SiDi MOHAMMED le 22 juin. (il était déja venu à Strasbourg le 11 juillet 1939).  

La foule des strasbourgeois l'acclame depuis la gare jusqu'à la Mairie. De gracieuses alsaciennes, en costume régional, les bras chargés de fleurs, forment une haie multicolore au milieu de laquelle avancent des djellabas immaculées. Sa majesté est accueillie dans le noble Hôtel de Ville en granit rose par le maire de Strasbourg, M. BREY qui prononce un discours dans lequel il exprime le grand honneur et la joie profonde qu'il trouve à souhaiter la bienvenue à un fidèle et loyal ami de la France et au grand souverain d'un pays où l'appel du Général De Gaulle a trouvé un écho retentissant dès les premières heures. 

"La visite de votre Majesté au lendemain de la libération de l'Alsace, revêt un caractère symbolique. Il me suffira d'évoquer la voie parcourue de haute lutte, par les fières et vaillantes phalanges marocaines, de goumiers et de tirailleurs qui ont quitté leur pays afin de joindre la première armée française pour partir à l'assaut vers la libération du sol français. La ville de Strasbourg et l'Alsace n'oublieront pas la part importante prise par les Marocains dans le cadre de la première armée française à lalibération définitive des territoires alsaciens et de Strasbourg. Les liens d'amitié entre le Maroc et l'Alssace en sont ressérés davantage."  SE Si Mammeri, chef adjoint du protocole, prié par sa Majesté SI MOHAMMED de répondre  au discours de bienvenue du maire déclare alors en trois phrases: " Sa Majesté est très touchée de l'enthousiasme manifesté par la population strasbourgeoise dès son arrivée et sur le parcours conduisant à l'Hotel de Ville. Le souverain sera particuluèrement heureux de retrouver, en Allemagne occupée, les  troupes marocaines qui ont aidé à la libération de la France. Sa Majesté SI MOHAMMED éprouve une grande joie de cette manifestation témoignant les heureux effets de l'amitié franco-marocaine. "

 

 

30 avril 2020

IMMATRICULATIONS AÉRIENNES DES T6 et L'AÉROCLUB À OUALIDIA

 Un-brin-tiré-d-une-botte De cette botte de clochettes, le plus beau brin est pour vous.

 POURQUOI le T6 n°87 EST-IL ICI PHOTOGRAPHIÉ À SIDI ZOUINE ?  

sidizouine03

 VOIR PLUS LOIN LA QUESTION POSÉE PAR LE PILOTE JEAN-MICHEL SAUX ...

L'AÉROCLUB DE MARRAKECH 

En 1935, l'aéroclub de Marrakech fait l'acquisition d'un deuxième avion. Il s'agit d'un CAUDRON de type Pélican C-510, un modèle nouveau avec moteur Renault de 140 CV, amélioré du CAUDRON-PHALÈNE. Il est immatriculé F-ANNJ

Caudron-Pelican-ANNJ-C-510

En plus du pilote, il peut faire voyager 3 passagers et il atterri pour la première fois sur l'aérodrome de  Marrakech le 7 avril 1935 convoyé depuis Paris par le pilote KRYNEN. La couleur du Caudron marrakchi est grise et non rouge comme cela avait été envisagé. Les quatre sièges sont confortables et garnis de cuir rouge.

Le mensuel "Le manche à balai" de mai 1935 nous apprend que le F-ANNJ, baptisé "Ville de Marrakech" au champagne a pour marraine la Générale CATROUX et pour pilote attitré l'adjudant GRAL. La flotte de l'Aéroclub double d'un coup. En effet il n'y avait qu'un biplan, propriété du club, nommé "Le Koutoubia" avant le printemps 1935 dont les pilotes étaient le plus souvent les frères MAHEU et Benjamin MENGUY. Il y avait aussi des avions appartenant à des personnes privées.

Un an après, le F-ANNJ Ville de Marrakech avait effectué 160 heures de vol sur 26000 kilomètres; dont 15 heures de baptêmes de l'air. L'adjudant GRALL avait effectué des vols sur Agadir (3), Rabat Boulhaut, Foum Sguid, Boumalem, Ouarzazate, Zagora; le pilote NORMANT à Agadir; le pilote R. MAHEU vers Port Lyautey, Tanger et retour par Rabat; le pilote C. MAHEU Safi, Oualidia, puis plus tard Taroudant; pilote COSCIA: Mogador, Agadir; pilote GUILLAUME: Safi, El Kelaa, Tamlet; Pilote G. DESLANDRES: Chemaïa. Un circuit passant par Onenkrine et l'Ourika fut effectué 4 fois et aussi 2 fois le survol de Télouet par l'adjudant GRALL et ses talentueux élèves, les pilotes MAHEU et GUILLAUME.

Le 6 juin 1936 eut lieu un grand rallye des Aéroclubs marocains avec onze villes en compétition. Le "Ville de Marrakech" a été classé 2e, derrière l'avion d'Oujda. L'équipage marrakchi se composait des pilotes René MAHEU et M. GUILLAUME avec en outre M. du COLOMBIER, Vice-President de l'Aéroclub qui était le navigateur et M. G. GAYOU.

En 2010 on pouvait voir encore le hangar de l'aéroclub 

aeroclub de marrakech

Voir en bas de page la suite sur l'Aéroclub à Oualidia

LES T-6 DE MARRAKECH PORTAIENT DEUX IMMATRICULATIONS

Les plus gros chiffres permettaient d'identifier de très loin le T6 et son pilote présumé. Ces numéros à deux ou trois chiffres servaient à distinguer les avions d'une même base école.

Sur la dérive un autre nombre, en chiffres plus petits et plus long était celui du constructeur. 

T6-D-69-MRK

Ici le T6 n°69 de la Base école est immatriculé sur la dérive 80937

Jean-Michel SAUX, un pilote de la 60B fidèle au blog, nous fait une demande: 

"En cette période de confinement où nous avons beaucoup de temps libre propice aux recherches , je lance une bouteille à la mer : un ancien ( pour ne pas dire très ancien , 60 ans déjà ) de la BE 707 possèderait-il une photo du T6 N° 87 sur laquelle le N° inscrit sur la dérive est lisible ? Je remercie d'avance celui qui pourra m'apporter une réponse car cet avion sur lequel j'ai été lâché m'intéresse au plus haut point ."

Qui aidera Jean-Michel SAUX à trouver l'immatriculation du T6 n°87 ?

Sur le blog nous en avons trouvé plusieurs, mais pas de n° 87. Qui complétera la liste ?

Assez souvent le numéro d'immatriculation est illisible. Pour retrouver les images par l'outil de recherche du blog on pourra utiliser le nom du pilote qui a communiqué la photo.   

Numéros-T6

123799762

Le T6 H (HARVARD) était caractérisés par son long pot d'échappement et la partie arrière de la verrière rallongée. En bon avion Britanico/Canadien il possédait le manche du Spitfire qui déroutait un peu au début.

H5 - xx764 - LEFEVRE

H 8 - x7121 - LEFEVRE

H11 - illisible - MAUMONT

H16 - illisible - DUPREZ

H27 - illisible -MAUMONT

H28 - illisible - MORANGE

H29 - illisible - RIBAILLER

H45 - 5 17134 - CHATEAU

H49 - illisible -

T6 immatriculé aux USA

G4 - 481256 - JUNCAS (1945)

GRÂCE À CLAUDE BALESTRIERO DE LA PROMO 59E QUI A LU CETTE PAGE DU BLOG, JEAN-MICHEL A SA RÉPONSE EN MOINS D'UNE SEMAINE..

sidizouine04

LE T6 N°87 ÉTAIT IMMATRICULÉ 42 44 710, À SIDI ZOUINE POUR UN CHANGEMENT DE MOTEUR À UNE DATE INCONNUE.

Jean-Michel, agréablement surpris mais ravi a remercié chaleureusement Claude, il précise en plus:" Je n'aurais jamais pensé recevoir une réponse aussi rapide et en suis d'autant plus heureux .(...) J'ai été lâché le 16 juin 60 ( Sgt Chef Courtade ) , c-à-d depuis 60 ans dans quelques semaines.." Nous lui souhaitons un bel anniversaire déconfiné.

GRACE À UN AUTRE AMI DU BLOG, GILBERT NÊEL, QUI A ACCÈS AUX CV DES T6, Jean Michel peut consulter tout le Curiculum vitae du T6D n°87 (voir ci-dessous le 2e commentaire daté du 7 mai). Bravo les pilotes !  et bravo à Gilbert pour sa passion pour les T6 !

LES AVIONS DES AÉROCLUBS À OUALIDIA

Le 16 juin 1935 l'adjudant GRALL pose le " Ville de Marrakech" à proximité de la plage de Oualidia, déposant ses passagers. Un comité d'accueil s'était organisé autour de M. DUPRÉ, président du Conseil général de Oualidia. Il y avait aussi M. CRÉTÉ le cantinier et garde-champêtre, Amédée ANDRÉ citoyen d'honneur de Oualidia. Les passagers furent ravitaillés en coquillages, poissons et crustacés de toutes sortes qu'ils purent rapporter à Marrakech dans un étât inégalé de fraîcheur.

KLEMM-Fusbahn-Suisse

Quelques jours avant, le Dr et madame FUSBAHN de nationalité Suisse, avaient atterri sur la plage de Oualidia avec leur KLEMM de 120CV.

Amédée ANDRÉ se saisit de cette innovation pour organiser à Oualidia une grande rencontre de pilotes privés venant de Marrakech, Mazagan, Safi, Casablanca... Par exemple l'Aiglon rouge de M. DUPONT, les deux Luciole de l'Aéroclub Safiot pilotés par BIDOLET et ROUACHE.

C'était le 15 aout 1935 - les avions évoluérent toute la matinée dans le ciel de Oualidia. Puis les pilotes et leurs passagers se sont retrouvés pour une superbe diffa organisée par M. et Mme ANDRÉ. Cet événement relayé par la presse marocaine fut un énorme coup de pub pour le futur développement de Oualidia et  l'engouement qui en est résulté.

L'Adjudant GRALL passera plus tard officier et lors d'un accident survenu le 25 septembre 1944 il est décédé à 42 ans. Une rue du Guéliz porte son nom: rue du Capitaine GRALL.

Merci aux anciens pilotes de la Base 707 de répondre à la demande de Jean-Michel SAUX qui cherche l'immatriculation du T6 n°87, écrivions-nous le 30 avril. Merci en particulier à Claude BALESTRIERO d'avoir trouvé la réponse dès le 6 mai. Et à Gilbert NÊEL d'avoir retracé tout l'historique de cet avion le 7 mai. Bravo à eux !

Les familles des pilotes de l'Aéroclub qui auraient des photos, des documents ou des récits de souvenirs peuvent les partager sur le blog, soit en ajoutant un commentaire à cette page, soit en s'adressant à la rédaction du blog par : mangindemarrakech (arobas) free.fr

On peut voir aussi : 

http://mangin2marrakech.canalblog.com/archives/2014/04/29/29354440.html ou utiliser l'outil de recherche du blog avec le mot "aéroclub"

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20 avril 2020

OUALIDIA, JEAN-MARC SE SOUVIENT...

JEAN-MARC PARTAGE DES SOUVENIRS DE LA FIN DES ANNÉES CINQUANTE

Pour commencer, il offre aux confinés qui n'ont pas d'espace à fleurir, un splendide plant de jasmin aux senteurs subtiles et énivrantes, qui permettra d'attendre le temps du muguet et des nouvelles rassurantes pour l'avenir.

JASMIN DES BALEARES

JEAN-MARC BERGER DONT LES SOUVENIRS REVIENNENT À LA PELLE, NOUS RACONTE OUALIDIA À SON ÉPOQUE. Il nous a préparé plusieurs parties, parues d'abord en commentaires. Nous lui avons demandé de les regrouper en un article qui serait illustré de photos et qui pourrait être prolongé par d'autres souvenirs. Le texte suit le même ordre que les commentaires:

- Rire aquatique de Joseph BONASTRE, l'homme au bolide, garagiste à Marrakech.

- Fin des années cinquante à Oualidia, l'âge doré des séjours sous la tente.

- Le clan Joseph BONASTRE à Oualidia, camping sur la lagune.

- Les Grandes marées à Oualidia

- Retour sur la Lagune

- La plage aux coquillages.

Les premiers commentaires

Oualidia-2-passages

La lagune avec les deux passages vers l'Atlantique: à droite le passage Nord. Photo, JM Berger.

RIRE AQUATIQUE ET AQUAPLANING À OUALIDIA

Joseph Bonastre avait construit lui-même son canot couleur blanc et bleu, surlequel il avait installé un moteur Volvo.  Aux joies du skis nautiques il avait ajouté celles d'un aquaplane, dont beaucoup de candidats à la gamelle se souviennent. Ce qui provoquait le rire phénoménal de Joseph, surnommé "le Rire aquatique de la lagune". À cette époque, les sports les plus courants étaient le ski nautique en double ou en monoski. Joseph Bonastre, roi de la bricole avait décidé de sortir de ce classisisme, en fabricant son aquaplane, redoutable engin à gamelles et soleils monumentaux. 

Planche épaisse de forme rectangulaire, dont les cotés étaient dotés de rebords latéraux et frontal, le tout présentant une plate forme aux bordures évasées. 

Le front de planche était doté d'un arrimage pour la traction par le canot, et une anse de corde pour que le passager puisse se maintenir sur la planche. 

Un tour de planche pour les petits enfants se limitait à en charger 2 ou 3, et de les promener à vitesse raisonnable sur le plan d'eau. 

Pour les plus agés c'était une autre chanson : il fallait au candidat embarqué de relever le défi : tenir un tour complet à des vitesses folles quand le canot effectuait une rotation circulaire générant une glisse de la planche par centrifugation. 

Une fois lancé le but était de conserver l'outil sur le rebord gauche le plus longtemps possible sur un tour complet de rotation. 

Ce n'était pas évident: quand la planche reprenait une glisse en mode horizontal, c'était une chute fantastique et inévitable, déclenchant l'hilarité du sieur Bonastre, rire dont les mouettes se souviennent encore au delà du Parc à huitres. 

C'était Joseph, un homme jovial et heureux de faire plaisir grâce à son canot. 

ski-nautique 2

 Celui-ci lui réserva une sacrée surprise, la marée étant haute vers le coup de Midi. 

Un malheureux bar ou loup de mer eut la malchance pour lui de croiser le sillage du canot lancé à pleine vitesse. J'ai souvenir d'un raté du moteur et de la vision du poisson qui venait d'avoir son arrête dorsale sectionnée par l'hélice.C'était un monstre de plus de 5 kgs. qu'on voyait se débattre à la surface de l'eau. 

Promptement harponné et hissé à bord,il fut rammené sur le rivage pour la satisfaction générale des curieux incrédules. 

Nul doute que le Joseph n'en soit pas fier: les verres d'anisette au camping de l'ancienne saline de Oualidia en tintent encore ! 

C'était l'âge doré de la fin des années 50 à Oualidia. 

FIN DES ANNEES 50 à OUALIDIA 

Après les mouvements de l'année 1955, le Maroc retrouva le calme et la paix au retour de son Roi Mohammed V sur le trône. 

A Oualidia le tourisme balnéaire s'étoffa de nouveau : villlage de tentes au camp des TP sur les côteaux dominant la baie lagunaire, village de tentes de même sur l'ancienne saline entre côteaux, lagune et front de mer.  

Tentes-camp-TP-oualidia-55-60  Photo JM Berger 55-60

 La route goudronnée desservant les côteaux avait été prolongée d'une piste de sable damée jusqu'à l'ancienne saline, et ce me semble dotée d'un point d'eau à ce niveau d'accès. 

Les autorités caïdales permettaient aux familles venues chercher la canicule et la fraicheur maritime, d'installer leurs tentes en bordure de saline, royaume des scarabés bousiers roulant à reculons pour faire des boules de crottin d'âne, cette autre espèce qui y était parquée la nuit. Ajoutons à celà cette odeur caractéristique de varech et de ces herbes marines semblables à des salicornes. 

Saline Paques 1956

De nombreuses familles venaient donc s'installer ici souvent, 3 ou 4 mois d'affilée pro-fitant d'un mode de vie à "la sauvage" ! Photo JM Berger - Pâques 1956

vache-a-eau-US-1942

La Zoutilla de la Médina marrakchie abondante en surplus de l'Armée américaine offrait tout le matériel varié pour survivre confortablement dans la nature : tentes de toutes formes et gabarrits, l'incontournable pelle rétractable pouvant servir de pioche, l'indispensable "vache à eau" en toile imperméble que l'on suspendait sur une traverse étayée par des grands piquets, pour le stockage de l'eau potable nécessaire aux besoins quotidiens: exposée en plein soleil, cette réserve d'eau était recouverte de linges mouillés, permettant par leur évaporation d'obtenir de l'eau bien fraîche ( on ne plaisantait pas pour déguster des bonnes anisettes ). La tente était complétée par des auvents, sous lesquels logeait la Fatma de la maison récupérée le temps des vacances aux fins du Makla et de l'Arhouage( cuisine et lessive ). 

La pelle rétractable servait à creuser un trou suffisament profond à l'écart de la tente, isolé des regards par des canisses de roseaux, un trône sommaire avec une caisse en bois percée d'une ouverture ronde, on disposait ainsi d'un WC écolo. 

Après chaque ponte, il suffisait d'une couche de sable pour éliminer les odeurs! Pour la conservation des aliments, la Zoutilla avait en catalogue des glacières portatives doublées intérieurement en feuilles de liège, dans lesquelles il suffisait de joindre du pain de glace. Le mode Survival était ainsi assuré ! 

Chaque matin les vendeurs de produits locaux circulaient entre les tentes pour proposer leurs productions : L'ben, oeufs, tomates, sfenjs, poulets vivants ainsi que les Khniouns ( lapins), quesras ,escargots, et sur commande de beaux poissons à savoir bars ou sars. La cuisine était faite sur le traditionnel Kaanoun au charbon, ou sur un réchaud à gaz. 

Voilà le cadre de ces moments inoubliables vécus en cet endroit, dans une ambiance conviviale et insouciante. Mon prochain chapitre cernera la vie sur l'ancienne saline, au gré des marées.

LE CLAN JOSEPH BONASTRE A OUALIDIA 

Il s'installait pour des vacances d'été en bordure de l'ancienne saline au terminus de la piste y accédant: commodité pour garer et débarquer le canot sur la lagune. 

Chemin acces du Palais

Carte postale CAP: départ de la piste de la Saline  Comme cette famille était nombreuse, plusieurs tentes étaient installées ainsi qu'une imposante table de panneaux de bois disposés sur des tréteaux, et l'indispensable brasero pour griller des viandes ou poissons. 

D'autres familles s'installaient à la suite le long de la saline : c'était quasi un petit village où tout le monde connaissait tout le monde. Ces vacances se vivaient dans la joie, la bonne humeur, la convivialité et au gré des marées. 

A marée haute, les bains de mer et les jeux aquatiques sur la proche lagune étaient les principales activités sous les rayons ardents du soleil, ainsi que les promenades à pied sur la grande plage jusquà la Plage aux coquillages

Rochers-tempete

 Le spectacle des immenses gerbes des vagues s'éclatant sur les rochers, était aussi impréssion-nant que magnifique. Certains courageux affrontaient les gros rouleaux de la Grande Plage en se calant sur les énormes bouées de chambre à air récupérées sur des pneus de camions: souvent le rouleau de la vague happait l'engin de flottaison avec son passager, bouillon d'eau salée assuré, le tout réaparaissant au ressac de la vague. On n'avait pas peur des grosses vagues et surtout on recherchait des émotions dans ce genre de sport.

Peche aux éperlans

 D'autres recherchaient des activités plus calme, avec de grandes cannes à pêche: sars, bars ou dorades. Photos: JM Berger

À marée basse: les activités de la pêche à pied étaient très prisées: entre la lagune et la barre rocheuse de la Grande Passe, la plage offrait de nombreuses zones de sable où l'eau de mer n'avait pas été complètement évacuée.

Marée-basse-JM-Berger

Dans quelques centimètres d'eau il suffisait de ratisser toute la surface à l'aide d'une foène (trident) et de piquer méthodiquement chaque cm2 de surface. Les surprises étaient nombreuses après chaque marée: de magnifiques soles étaient ainsi harponnées pour finir dans la poèle. 

Vers la Grande Passe, la marée laissait à découvert deux zones basses de rochers, petites grottes, corniches et trous d'eau dont certains de petites dimensions faisaient le bonheur de toute une multitude de chenapans équipés de seaux de ménage en plastique. Tous les trous d'eau pas trop grands étaient vidés, puis c'était la récolte de petits poissons blancs, de roche: les gobbis, les crevettes grises, parfois des petits poulpes et des crabes. Les cuisinières pouvaient confectionner de délicieuses soupes de poissons. Tous les bancs rocheux découverts étaient investis pour la récolte des moules et surtout des oursins dont la récolte se faisait à l'aide d'une simple fourchette, extraction du produit garantie sans aiguilles dans la main.

Moules-Oursins

Les oursi-nades succu-lentes se dégustaient ainsi: oeufs étalés sur des biscottes beurrées que l'on accom-pagnait avec deux doigts de vin blanc sec. Certaines zones rocheuses présentaient de nombreuses fissures devant lesquelles il suffisait de promener un bout de chiffon blanc: la murène prenant celui-ci pour un poulpe ne tardait pas à montrer sa gueule, un coup de pique tridentée, elle finissait dans le couffin en osier, puis en grillade sur le brasero après un débit de la bête en morceaux. 

Vers la plage aux Coquillages, les violets (patates de mer) arrachés de leur socle jonchaient le sable.

patate-de-mer

 Ils étaient aussi récoltés pour servir d'appats pour la pêche aux sars. On les faisaient macérer dans des seaux au soleil: quand çà puait vraiment, ils étaient prêts pour la pêche. 

On ne peut passer sous silence la récolte des pieds de biche ou pousse-pieds. On les trouvait en abondance sous les corniches rocheuses: cylindre à peau épaisse terminé par un sabot.

Pousse-pied-anatiffe

Photos JM Berger Après cuisson à l'eau de mer on extrayait l'intérieur de la peau pour déguster une succulente chair semblable à celle des pattes de crabe. Quand le jour baissait, dans le fief des BONASTRE, un rituel immuable : réunion conviviale autour de la grande table pour célébrer la boisson raffraichissante de l'Apéro : L'Anisette ! Un incontournable de même sur la table: Les moules à la sauce piquante, tomate, ail, oignon, piment, vin blanc). Cette quémia favorisait la soif, la Tchache, et la bonne humeur en prélude au repas du soir. La nuit tombait, les températures aussi: l'ancienne saline se couvrait d'une brume hydratante, vivifiante et raffraichissante: les nuits étaient ainsi très reposantes. Le chant des petits crapauds rythmait les nuits jusqu'au réveil des bourricots dont les braiements annonçaient le lever du jour et leur réclamation du picotin d'avoine matinal. La ronde des vendeurs à vélo allait commencer, le petit dejeuner pour les léve-tôt, le chant lointain des coqs vers les côteaux, le ressac éternel des vagues, le cri des mouettes, un décor encore sauvage et naturel, c'était les vacances d'été sur l'ancienne saline de Oualidia. Bonne lecture et Bien à Vous Jean Marc.

LES GRANDES MARÈES A OUALIDIA 

On ne peut passer sous silence ces évenements bien caractéstiques de la lagune et de la grande plage: les niveaux d'eau étaient plus importants en hauteur et en baisse. 

Phénomène spécifiques de ces périodes : les eaux étaient chargées en oeufs de poissons, si bien que l'eau était phosphorescente.

Festival de gerbes de vagues

 Il suffisait de se rendre sur le bord de mer Atlan-tique pour assister au merveilleux spectacle des rouleaux s'illuminant ainsi que l'éclatement somptueux des vagues explosant sur les barres rocheuses, tel un feu d'artifice. 

La nuit tombée une armée de chenapans munis de couffins en osier,de foenes et de lampes torche, passait en dessous du quai du Palais du Sultan ,pour suivre les rives en eaux peu profondes du chenal remontant au Parc à Huitres. 

Dans les couloirs de sable et algues flottantes, il suffisait de se baisser pour collecter de gros tourteaux, à la lueur des lampes. Quelques fois, un bar prenant ses quartiers de nuit posé sur le sable, était rapidement harponné. Souvent de belles soles rejoignaient le couffin,ainsi que des anguilles et congres.Le spectacle des vagues phosphorescentes n'était visible que la nuit tombée 

Question: aimez vous le congre? Réponse: Ouigre ! 

couteau-oualidia

 

De jour la pêche aux couteaux était de même pratiquée: on repérait 2 minuscules trous à la surfaces des fonds vaseux et sable découverts, une pincé de sel et le mollusque rejoignait la récolte. 

Voilà maintenant bouclé le tour de nos vacances iodées à Oualidia ! 

Oualidia-araignee_gourmande002 Photos, Araignée gourmande

RETOUR SUR LA LAGUNE 

Les souvenirs des Bonastre peuplent encore ces lieux magiques. Ceux de la pêche à la ligne aussi comme dirait Félicie. 

A marée basse, les opportunités étant plus nombreuses pour traquer la " poiscaille", il était nécessaire de disposer d'un matériel de pêche diversifié à savoir de grandes cannes de bambou ou de lancers avec moulinet. Les pêcheurs marocains étaient pour nous une source considérable d'enseignement que ce soit à marée haute ou basse: les appats appropriés, de toutes sortes pour réussir à ferrer de belles pièces aux écailles argentées. 

Moules cuites , mie de pain, patates de mer à la limite de la putréfaction ( le facteur olfactif était tres important) la broumèche à base de sardines fermentées et mélangées avec du sable de lagune sans oublier les seaux en plastique pour transporter ces diverses matières. 

Une pêche tres prisée, celle de l'éperlan délicieux en friture avec du jus de citron. 

C'était donc à marée basse qu'il fallait se rendre sur les barres rocheuses affleurant les fonds plus profonds agités par des remous oxygénés. C'est là qu'il fallait brouméger avant de plonger une palangrote multi hameçons. Les prises étaient rapides et nombreuses pour le remplissage du couffin. 

Certaines petites criques offraient des fonds sableux et rocheux : c'était sur ceux là qu'il fallait lancer le plomb, hameçon garni soit de moule cuite ou patate de mer. 

La particularité du sar quand il est accroché, c'est de lutter contre sa prise en effectuant des zig zag ! Oh Bonne Mère, quand on avait ferré le poisson tigré ou non tigré, on avait l'impression de lutter contre un cachalot! 

Les émotions étaient donc à la hauteur de leur taille. Ces poissons finissaient inexorablement sur le brasero pour être dégustés au sel et jus de citron. 

À marée descendante, la pêche aux loups ( bars) nécessitait de se rendre sur l'ile face à la passe avec un lancer et d'utiliser des appats de plumes : on lançait et on moulinait doucement jusque ça morde. Les prises les plus nombreuses se situaient entre 100 et 300 gs. 

Il fut une époque où nous disposions de canoés gonflables Hutchinson 2 ou 3 places. 

On partait à deux avec la marée montante jusqu'au Parc à Huitres. Arrivés là on ancrait le canoé pour 8 heures le temps que la marée redescende ainsi que nous avec notre pêche. Équipés de bobs sur la tête, vêtus d'un teeshirt, boisson et casse croute, c'était l'Eldorado de la pêche à la palangrote. Un fil avec quelques hameçons plongé dans l'eau apres bromégeage,il suffisait d'attendre une minute avant de retirer les prises : petits sars et bars, dorades et pageots . Décrochage et repêchage, çà durait 8 heures, le temps de remplir presqu'à ras-bord le canoé. Il était nécessaire d'arroser nos prises à l'eau de mer pour leur conserver un état de fraicheur convenable. 

Le retour étant effectué sur la lagune, à hauteur du camp de l'ancienne saline, toutes les familles venaient s'approvisionner de ces poissons. Étape finale: la soupe de poissons! 

Voilà un Come Back effectué qui me met du baume au coeur dans cette période de confinement. Mon prochain article plongera sous la surface de l'eau, dans les nombreuses criques de la Grande Plage à la Plage aux Coquillages, avec des personnes marrakchies que nous avons bien connu, je parlerai donc avec ma plume de la Pêche en Apnée. 

LA PLAGE AUX COQUILLAGES 

Destination fréquentes vers ces lieux lors des marées basses. On partait de la Grande Plage en longeant le bord de mer, étendues sableuses et criques, le Rocher aux Pigeons et la Grotte des Pirates. Arrivés à la Plage aux Coquillages, le site en eaux basses présentait donc la plage sableuse sur laquelle on récoltait les grains de café, miniscules coques de couleur rosée perlée de brun, dont le but était d'en récolter un maximum pour élaborer des colliers, après perçage avec une aiguille à coudre munie d'un fil de pêche nylon. 

Les nacres et les ormeaux étaient de même la cible des confectionneurs de statuettes coquillettes : chapeau chinois à l'aide d'une coque d'arapède, coquilles de palourdes, ormeaux et nacres pour élaborer un personnage dont les éléments étaient fixés à l'aide de pate à pain renforcée ensuite à la colle. 

Le site présentait donc en eaux basses une piscine peu profonde le long d'une barre rocheuse laquelle faisait la bise à la crique en eaux plus profondes.  

Très peu d'agitation dans ces eaux qui présentaient une profondeur de 7 à 8 métres, et surtout quelques éboulis rocheux et failles, royaume des sars et des murènes. Vers l'age de 14 ans et lors de vacances dans la famille maternelle de ma Mère à Bouc Bel Air ( BdR) mes parents , je pus etre équipé du matériel nécessaire à la plongée en apnée dans un magasin spécialisé d'Aix en Provence : fusil Tarzan, palme, masque, tuba et ceinture de plomb pour combattre la flotaison en surface. Il est en effet nécessaire que le corps du pécheur flotte en verticale. 

Mes premières plongés furent réalisées à la Plage aux Coquillages. Dans la crique il fallait atteindre les failles de la barre rocheuse sous 3 ou 4 mètres de profondeur, et se promener devant, dans l'attente de voir un beau sar curieux de voir le martien qui investissait son domaine. 

En cas d'echec,on recherchait les failles plus larges que l'on pouvait pénétrer,et chaque fois le meme spectacle: une multitude de sars de toutes tailles s'agitant dans tous les sens à la vue de l'intrus. Il fallait etre rapide pour déclencher le harpon  et remonter en surface avec une belle prise. 

Une année, un Marrakchi bien connu au Gueliz, résidant Avenue Barthoud vers le cinéma Palace, était venu passer des vacances à Oualidia avec sa famille. Je nomme Jaffar Berrada . C'était un garçon de taille plus petite que la moyenne des adolescents de son âge. 

Une apres-midi,il était venu assister à nos séances de plongée, et l'idée lui vint de tenter une action qu'il ne connaissait pas. Banco! il réalisa quelques exercices d'immersion préalables, et apres confiance acquise je lui remis le fusil harpon. 

Il plongeait, remontait en surface comme un Pro. Du bord de la crique, nous suivions ses évolutions marines. 

Soudainement, il ressurgit en surface ayant libéré sa bouche du tuba, et on entendit: Vite Vite venez l'aider ! Nous sautames à l'eau pour le soutenir et récupérer fusil harpon et la prise de Jaffar. 

Oh Bonne Mère, au travers de la flèche il y avait un sar de 5 Kgs, un des plus gros jamais revu. Le pécheur séché et réconforté n'en revenait pas de son exploit : il pris le poisson à bout de bras, celui-ci était aussi grand que Jaffar. Ce fut sa gloire sur la Lagune, Sacré Petit Bonhomme. 

C'est le temps de conclure, sur ces souvenirs de Lagune: c'est l'heure d'aller déguster le délicieux poisson au four et au vin blanc que m'a concoté ma Chère et Tendre Epouse. Rassurez vous, le poisson ne fait pas 5 Kgs 

Bien à Vous et Surveillez vous 

Jean Marc,

Nous remercions Jean-Marc pour cette évocation de souvenirs. Une deuxième partie est en préparation pour les années suivantes par Jean-Marc: 

"Nous avons parcouru le Oualidia des années 1950-60, il me reste à traiter celui des années 1960-68.

 

J'ai déjà sélectionné un ensemble de documents de cette période. Dans ce temps de confinement, c'est pur bonheur de me replonger sous le soleil de Oualidia."

 

UN PLAN DE OUALIDIA EN 1893 réalisé par le capitaine SCHLUMBERGER

oualidia-1893-Cne-Schlumberger

Premiers commentaires:

De Bou Tazoult : Excellente rédaction d'une expérience littorale pour les vacanciers marrakchis. Je n'en avais jamais entendu parler, puisque j'étais plus au sud de Marrakech, dans le jebel. Mais il y a une logique à aller chercher la fraîcheur maritime en abandonnant pour quelques semaines la plaine étouffante de Marrakech. Et puis dans ce site, il y avait dépaysement, découverte des animaux nouveaux dans un petit port qui deviendra une belle industrie huîtrière . Ca, par contre, j'en avais entendu parler et goûté les spécimens avant de partir poursuivre l'aventure en Bretagne (pays des poissons, des crustacés de toutes sortes). Anecdote : invités chez le directeur de la société dans laquelle mon père travaillait, la maîtresse de maison dit au cuisinier d'apporter les huîtres pour une dizaine d'invités. Le cuisinier s'exécute et, sur un plateau, sert un bol dans lequel il avait versé toutes les chairs d'huîtres débarrassées de leur coquille. Effroi de la maîtresse de maison, mais tout le monde a ri de la situation et le cuisinier, pardonné, a appris comment faire pour la prochaine fois. C'était déjà un exploit d'avoir fait venir des huîtres dans notre coin isolé de la région de Ouarzazate ! Je me souviens qu'elles avaient un petit goût sableux. Depuis j'en mange à satiété ... Bou Tazoult

Réponse de Jean-Marc: OUARZAZATE-ZAGORA On y allait en 4CV, à cette époque le barrage n'était pas encore construit. Certes,on n'y allait pas pour déguster des huitres mais du méchoui de gazelle ou des couscous chez le copain de mon Père , résident de Zagora à savoir Jean LITIQUE Chef du poste militaire. Souvenirs des confins désertiques inoubliables, de l'odeur des poufs en cuir pour déjeuner, les petites tables en bois de cèdre de Mogador, les décorations murales de Mr LITIQUE composées de sagaies et lances de chasse. Au sol des peaux de gazelle, voilà le décor de ces souvenirs d'enfance.

Thé à la mente de rigueur pour se désoiffer Bonne soirée Jean Marc

Répartie de Boiu Tazoult: "Jean-Marc, viens donc là-bas pour revivre ces sensations, j'y vais au mois de mai, plutôt dans les vallées du Dades et du Toghra, vers Tinrhir. Mais il est possible de faire un crochet par Erfoud, revenir vers Agdz, sa casbah souterraine, et pourquoi pas prolonger vers Zagora. Le rêve est lancé, ... ne reste plus qu'à le réaliser. 

On ne devrait pas dire "le" thé à la menthe, tant ils sont différents les uns des autres suivant l'hôte. Mais ils ont tous ce parfum de l'hospitalité que l'on ne retrouve que dans ces contrées. Comment attendre jusqu'en mai 

Heureux qui comme Ulysse va faire un beau voyage! 

Ces itinéraires sont à réver, mais la condition sine qua none c'est d'avoir une vue normale pour bien en profiter. Ce qui n'est pas mon cas ! Le seul voyage que je m'autoriserai un jour sera à Lourdes pour espérer un miracle visuel." 

Jean-Marc reprend: "Cher Sidi Bou Tazoult, fais toi plaisir,et reviens avec plein de photos,agrément(h)ées de la ronde des thés et autres saveurs spécifiques au Désert marocain. 

Rien de tel que de revenir aux sources des palmeraies et de l'hospitalité légendaire de ce mervelilleux pays. Bon séjour".

Joelle BASQUEZ: "Cher Jean-Marc, comme j’ai savouré votre récit et plongé dans mes souvenirs ! Alignement de guitounes, marabouts militaires, entraide et joie de vivre ! Comme nous avons été privilégiés dans notre enfance et jeunesse sous le soleil de ce magnifique pays qui nous occasionnait aussi des coups de soleil carabinés.J’ai gardé également de très bons souvenirs de mes vacances à Mazagan et Safi mais Oualidia était un lieu de villégiature unique. Le roi Mohamed V y séjournait régulièrement et quittant son palais donnant sur la lagune, se promenait incognito parfois sur la plage au milieu des estivants. Au plaisir de vous lire à nouveau, Amicalement, Joëlle BASQUEZ

PS - J’ai cru un instant que vous n’alliez pas parler des pieds de biche que je n’ai plus jamais eu l’occasion de déguster.

Jean-Marc répond: "Merci Joelle.  Il était venu le temps des souvenirs de cette Fabuleuse époque, avec votre déclic sur cette période. Je souhaite maintenant que de nouveaux commentaires surgissent pour que ces souvenirs s'étoffent encore plus !   Toutes mes Amitiés Oualidiennes .

Bou Tazoult remet dans le contexte du confinement: Ces récits nous éloignent, avec bonheur, de la période de coronavirus. Je souhaite à tous de bien respecter le confinement dans l'intérêt égoïste de chacun, et dans l'intérêt général de tous. Je vous souhaite de rester en grande forme ... pour aller un jour retrouver votre terre préférée sous le soleil marocain.  Bou Tazoult

Huguette enchaîne: Merci mon Peter Pan ton récit aurait plu à Sauveur car il a été souvent à Oualidia , quand il était enfant, j'y suis allée aussi avec mes Parents , mon Papa avait un choix soit Ourika soit Oualidia mais mon Frère et moi on a préféré Ourika ;la petite maison était juste près de l'oued donc pas de marche pour aller à l'eau;  Je fais ces quelques lignes mes très chers amis en espérant que tout va bien pour vous et la famille ,vu ce qui se passe , j'espère de tout mon coeur que tout va bien pour tous..,,je vous envoies de GROS BISOUS et surtout RESTEZ CHEZ VOUS, Huguette qui pense beaucoup à vous ,je souhaite de tout mon coeur que tout va bien pour vous tous amis de mon coeur..

Jean-Marc répond et ajoute quelques conseils pratiques: "Bonjour Huguette.  Merci pour ton gentil message,en espérant que le confinement sera bientot sur la voie de la fin. 

Une solution toute simple pour régler le probleme de prendre ou pas de la chloroquinine : e bon vieux soda à base de quinine,le Scheppes Indian Tonic,à consommer raisonnablement pour que les effets de la quinine soient positifs. 

Avec une tranche de citron,cette solution est buvable sans crainte. 

Agrémentée d'une dose de whisky écossais,et d'une paire de glaçons ,voilà qui ressemble au gel hydroalcoolique buvable. 

Si d'aventure un moustique vient piquer la personne qui suit ce traitement,c'est lui qui passe à la casserole ! 

Bisous à toi et Bonne journée à vous tous". Posté par Jean-Marc

Huguette: "Beau récit et surtout de belles plongées , merci mon Peter Pan tu as fait ce que je devais faire avec mon Frère et mon chéri de mari, mais à Toulon , comme il faisait souvent des plongées sous-marine il nous avait dit à Sauveur et moi ,qu'on ferait de la plongée la prochaine fois que nous serions à Toulon mais malheureusement nous n'avons pu car mon Jany est parti quelques mois après ,c'est le regret que nous avions Sauveur et moi de ne pas avoir eu cette joie de nager avec mon Frangin une dernière fois. ,car comme je l'ai toujours dit c'est grace à nôtre Papa si on a su nager et faire des compétitions Merci Monsieur Caumer grace à vous nous avons connu des grands champions de natation qui venaient dans nôtre belle ville..Ton récit mon Peter Pan m'a renvoyé dans les souvenirs magnifiques de nôtre jeunesse merci cela 'a réjouit mon coeur ,surtout en ce moment de détresse dans le monde. AYONS LE SOLEIL DE CHEZ NOUS POUR TOUS ;RESTEZ CHEZ VOUS .et toi mon ETOILE surveille Tes enfants de ce beau Pays que nous ne pouvons oublier tu seras toujours dans nôtre coeur.;.GROS BISOUS et merci mon Peter Pan ,,je pense que tu as eu aussi une jeunesse magnifique.GROS BISOUS sans vous oublier très chers amis de mon coeur....Huguette."

Huguette complète à la cantonnade: "Bonjour à tous, c'est un bon sujet que le confinement tant abhorré mais si nécessaire. Comment le vivez-vous, sachant que nous sommes tous des "aînés" ? Personnellement j'ai la chance d'avoir une fille à proximité, qui a pris le commandement et nous ravitaille sans que nous sortions. Pourtant nous sommes en pleine campagne, mais si on enfreint le règlement les autres en feront tout autant. Bon courage pour rester au domicile, même dans les appartements. Nos amis du Maroc sont logés à la même enseigne".

Bou Tazoult reprend: " CHANCEUX !  Coquillages et crustacés,et...hémoglobine de ce ver marin breton qui procure la fixation de plus de 40% sup par rapport à l'hémoglobine humaine et dont le résultat va dans le sens de moins de besoins en respirateurs; 

De l'optimisme en plus à rayonner dans son entourage,quelques thés bien ciblés, et montrer l'exemple qu'il faut absolumment rester confiné, même si la campagne est belle ( un petit clin d'oeuil pour la montagne). 

Courage ,continuez à vous manifester sur ce blog".

Commentaires sur Facebook, le Groupe Salam Marrakech:

  • Michel de Mondenard Laissez-lui un commentaire après avoir vu le lien http://mangin2marrakech.canalblog.com/.../15/38204447.html
  • Marvin Centtin
    Marvin Centtin C’était une période paradis.Merci pour ces récits précis,on s’y croirait.salutations.👣
  • Claudine LLemaure
    Claudine LLemaure merci pour ce petit coup de jeune..
  • Christian Gros AR Mada
    Christian Gros AR Mada Merci à Jean-Marc Berger de bien vouloir me contacter sur ar.mada@orange.fr
  • Marcel MArtin
    Marcel MArtin Au salamistes , ils retrouveront une très belle histoire qui se construit toujours 🙋‍♂️2
  • Blandine Vigour
    Blandine Vigour Beau récit sur Oualidia, où je n’ai été qu’une fois, restant au bled
  • Rafaela Lozano
    Rafaela Lozano Nous avions l' habitude de dire : la plage de Marrakech.

  • Nicole Branger
    Nicole Branger Merci Michel on ne se lasse pas de ces souvenirs de vacances
  • Odette Pascual
    Odette Pascual Un grand Merci à Jean Marc Berger. Tout y est!!! et me souviens des gamelles sur l'aquaplane de Joseph Bonastre!!!!!!!
  • Michèle Zwikewitsch
    Michèle Zwikewitsch Merci Jean-Marc pour ce récit qui réveille en moi des souvenirs inoubliables. Les photos sont belles et je sens l'odeur de la mer .
    L'été ,lorsque nous n'allions pas en France( 1 année sur 2) c'était plutôt à Rabat ( ma ville natale) où nous allions chercher la fraîcheur 
    Michel y allait souvent et aurait aimé lire tes lignes .
    • Marcel MArtin
      Marcel MArtin Odette , Francis et Maggy avait un cabanon juste à coté de la saline , il y avait aussi les familles de mr Caturla -ZéZé et bien d'autres dont je ne me souviens plus ! 🙋‍♂️
    • Blandine Vigour
      Blandine Vigour Marcel MArtin , j’ai passé 15 jours à Oualidia en 1971 avec Joëlle et Genevieve Caturla dans leur cabanon
      Derrière leur cabanon, plus haut, il y avait celui de la famille Masson avec leurs nombreux enfants, et celui des Friggeri....
  • Marcel MArtin
    Marcel MArtin Suite : 🙋‍♂️ les noms des familles , peut être que Martine nous en dira plus encore depuis la Californie Avec mon frère mon cousin et notre ami JOACHIM REBOLLO (+) nous y sommes allées Un cousin qui travaillait dans une entreprise de TP nous installaVoir plus

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14 avril 2020

LES CALÈCHES DE MARRAKECH

Les principales curiosités de Marrakech ?

photo 1 la Koutoubia dans le soleil couchant

photo 1 la Koutoubia dans le soleil couchant

Dans la plaine d'arrivée à Marrakech, la première chose aperçue de très loin est la Koutoubia, monument dressé fièrement à l'emplacement de l'ancienne mosquée des libraires, le phare de tout marrakchi où qu'il loge.  xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx

photo 2 les souks animés

photo 2 les souks animés

La place Jemaa el fna et les souks attirent la foule en soirée comme en journée, et concentrent les activités principales de la cité, … au pied de la Koutoubia ; appel à la prière par le muezzin, rappel de la spiritualité face au tumulte quotidien des marchands. Sac et ressac, tempête et calme s'opposent plusieurs fois par jour.  xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx

photo 3 les harmonies de couleurs Majorelle

photo 3 les harmonies de couleurs Majorelle

Marrakech toute entière se pare d'un rose universel, et pourtant elle joue en permanence le contraste par ses jardins peuplés de bougainvilliers multicolores, par ses artères arborées généreusement, et tranche avec les teintes franches et fraîches du Jardin Majorelle.  xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx. 

photo 4 la calèche dans la circulation

 photo 4 la calèche dans la circulation

Marrakech, la ville parfaitement plate, où il est aisé de déambuler, de flâner, de visiter sans fatigue, sauf sous la chaleur. Le touriste non averti découvre les larges avenues ombragées, les jardins magnifiques, les remparts, et se trouve surpris par des bruits de sabots claquant au milieu des pétarades de cyclomoteurs, des rugissements des voitures, et des klaxons hargneux. Tout d'un coup surgit, au milieu du flot de véhicules, un équipage chevalin, sans doute une charrette de livraison ?

Mais, à sa stupeur deux chevaux apparaissent, tirant une calèche de couleur verte, dont le cocher encourage ses montures d'un coup de fouet caressant et de claquements de langue sonores. Dans la circulation désordonnée, bruyante, la calèche suit son chemin sans crainte, avec autorité pour canaliser les trajectoires des vélos et autres cycles indisciplinés. Les chevaux sont imperturbables, obéissant au doigt et à l'oeil à leur maître, … très attentif.

Que serait Marrakech sans ce moyen de déplacement spécifique à la capitale du sud, attrait majeur pour les touristes ? Moins fatigant que la marche à pied sous le soleil, plus sympathique que les étroits petits taxis, plus agréable que le bus bondé, chaud, puant le gasoil et la sueur.

Pour visiter la ville, chaque touriste mettant les pieds à Marrakech a envie d'emprunter ce moyen de locomotion aéré, offrant une meilleure visibilité à une vitesse raisonnable. Le tarif, comme pour les taxis, doit être déterminé fermement avant la course, pour éviter de subir un affront verbal par le cocher à la fin du parcours. A un ou deux chevaux, les calèches parcourent les rues à la recherche de clients, ou les attendent aux stations à proximité des hôtels luxueux. 

photo 5 le cocher interpelle les piétons

photo 5 le cocher interpelle les piétons

Les cochers ne sont pas les propriétaires de leur véhicule, ils le louent quotidiennement à un propriétaire ou une société qui en possèdent plusieurs. Ils doivent chaque jour rembourser la location de l'équipage, assurer la nourriture de la monture, payer l'écurie, et certainement quelques taxes qui traînent par ci par là. De fait, ils ne comptent pas leurs heures de travail, et pour gagner un peu plus, après avoir conduit des clients jusqu'à destination, ils préfèrent héler les piétons lors du retour à leur station. Ca ne marche pas souvent mais ça vaut le coup d'essayer, surtout avec les américains, qui ne s'interrogent pas trop, montent et paient à la fin le prix qu'on leur demande. Dans le cas de concurrence entre touristes de nationalité différente, le cocher n'hésite pas, il choisit l'américain, il sait le reconnaître sans en parler la langue. L'attitude prétentieuse lui suffit pour l'éclairer et parler à son portemonnaie.  

photo 6 la longue file d'attente

 photo 6 la file d'attente square de Foucauld

Près de la place Jemaa el fna, face à l'ancien Club Med Medina, la station la plus importante de la ville est évidemment le long du square de Foucauld (Arset el bilk, maintenant) : un alignement d'une quarantaine de calèches dont les chevaux piaffent d'impatience, secouent la tête et fouettent l'air de leur queue pour chasser les mouches piqueuses. Nul n'est besoin de voir les calèches, … on les sent de loin avec les odeurs d'urine putride des canassons coulant dans le caniveau, encore que maintenant le crottin tombe directement dans un sac en caoutchouc placé derrière le cheval. Un dahir royal a promulgué l'interdiction de salir les rues arpentées par les touristes, dont l'objectif est fixé à 12 millions par an. Mais la volonté royale ne saurait supprimer tous les inconvénients, … et les besoins naturels des animaux !  

photo 7 le sac à crottin

photo 7 le sac à crottin

 Surplace prolongé pour les équipages.

Patience pour les cochers ! Qui haranguent les grappes de familles, en tentant de les accrocher par les enfants. 

Patience pour les chevaux ! Habitués à se reposer debout, mais efflanqués, souffrant de la chaleur comme les touristes.

Il y a de la tchatche, des allées et venues, du bruit, des chocs de sabot tapant le sol, des hennissements d'ennui. De temps à autre une calèche quitte la file après avoir trouvé les clients. 

La journée est longue pour les cochers, qui déblatèrent sur leur vie, les actualités, le sport, la famille, ...

La journée est longue pour les chevaux, qui alternent les courses et les attentes aux stations. Ils bénéficient de leur picotin dans un sac de toile : les cochers prennent grand soin de leur gagne-pain,  et les installent à l'abreuvoir qui leur est réservé en tête de ligne. 

photo 8 la citerne réservée aux chevaux  photo 8 la citerne municipale pour chevaux  

photo 9 l'abreuvoir pour chevaux « sachant lire »

photo 9 les chevaux sachant lire

Une citerne « municipale » transporte l'eau aux différents points de la ville, et l'abreuvoir semble être réservé aux chevaux « sachant lire » les indications écrites sur le côté. Une barre en ciment bloque les roues pour empêcher les chevaux de monter se rafraîchir les antérieurs dans le bassin.

Une fois conclu le marché entre les parties, chaque trajet est une aventure partagée entre passagers et cocher, qui joue aussi le rôle de guide et renseigne sur les particularités de la ville, essaie de les conduire dans des sites dignes d'intérêt.  

photo 10 Si Houssama et son attelage automobile

photo 10 Oussama et son attelage « hippomobile »

Oussama, calèche 125, conduit un attelage de deux chevaux qu'il nomme Renault et Peugeot quand les clients sont français. Ce sont peut-être Ferrari et Maserati pour les italiens, BMW et Mercedes pour les allemands, Skoda et Tatra pour les tchèques, etc ... Peu importe, c'est un cocher sympathique, d'un certain âge, blagueur, qui a du bagout, de la considération pour sa clientèle et l'aide à monter, à descendre, et pilote à la marocaine quoique la police veille au grain et au pourboire. Il mérite d'être connu, et on y revient d'année en année pour le plaisir, entendre ses anecdotes, recommencer l'aventure et lui offrir quelques objets suceptibles d'aider sa famille. Il ne réclame rien, mais il est extrêmement reconnaissnat de tout geste en sa faveur.  

photo 11 la calèche immobile

photo 11 la calèche immobile pour jus d'oranges

A Marrakech, il existe des calèches immobiles, qui occupent la place Jemaa el fna dès le matin. Grands chariots aux formes de calèches, on y sert des jus d'oranges fraîches et autres boissons destinées à désaltérer le passant qui parcoure la médina. C'est particulièrement bon, et chaque traversée de la place est une tentation.

photo 12 la prudence du touriste 

photo 12 la prudence du touriste

Les chevaux sont beaux et attirants, le touriste est tenté de s'en approcher, de les caresser. Mais l'approche est précautionneuse : méfiance, les naseaux fument !

Parce qu'il faut se méfier du caractère des canassons. Ils ne sont pas toujours de bonne humeur. Mais quelle mouche les pique ! De temps à autre il leur arrive même de se fâcher entre eux et de ne plus s'adresser la parole pendant le parcours. Ils tournent la tête, s'ignorent, mais le cocher les maintient dans le droit chemin et les oblige à obéir par quelques coups de fouet bien placés et quelques quolibets bien sentis.  

photo 13 les chevaux sont fâchés

photo 13 les chevaux sont fâchés 

photo 14 départ de Jemaa el fna

 photos 14 et 15 le grand tour devant la Mamounia et la place Jemaa el fna 

photo 15 passage devant La Mamounia

Le grand tour de Marrakech longe l'ensemble des remparts, il commence sur la place Jemaa el fna, passe devant le célèbre hôtel-casino de La Mamounia et enchaîne à l'extérieur des remparts, en fin de journée, sous un soleil encore chaud qui oblige à conserver le parasol, mais dont la lumière plus douce favorise les meilleures photos. Des arrêts permettent d'emprunter les escaliers montant sur les remparts, d'où se développe un panorama unique sur la médina. Quatre heures après la magie persiste, même après le retour à Jemaa el fna, dans l'enfer de la populace. 

photo 16 arrêt au pied des remparts

photo 16, arrêt au pied des remparts

Merci à Jean-Yves TRAMOY pour cet article et ces photos qui nous permettent d'évoquer des souvenirs, même si les temps ont changé..  

Caleches-1955_o

Ces images ne ressemblent que faiblement à la richesse de notre mémoire et pourtant elles ont le pouvoir de la raviver.. Il est d'autant plus important de consigner par écrit et de partager ce qui ne doit pas tomber dans l'oubli.. 

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11 mars 2020

FAIRE PART, ILS NOUS ONT QUITTÉ

ISABELLE RÉVEILLÈRE, MARTINE GOUDÉ, RAPHAEL BONASTRE

François-Bonastre-2-juill-1938

RAPHAEL BONASTRE EST DÉCÉDÉ LE 3 JANVIER 2020

Nos messages de sympathie vont à Jacqueline son épouse qui nous a annoncé la triste nouvelle. Elle vit dans les Bouches du Rhône 13220 LePradel . Nous pensons aussi à son plus jeune frère Ange,..  à ses cousins comme Gilbert Beneito.

Raphael avait tenu la pharmacie Bacherin, Avenue Mangin, jusqu'à son départ du Maroc en 1982.

Les frères BONASTRE étaient quatre: François, Joseph, Raphaël et Ange, tous bien connus à Marrakech, ainsi qu'à Oualidia. Joelle Basquez et Jean-Marc Berger nous ont rappelé des souvenirs de jeunesse émus avec le bolide de Joseph Bonastre.

Les frères Bonastre et leurs parents, M et Mme Leocadio Bonastre, étaient établis à Marrakech depuis longtemps.

Un article de juillet 1938 dans "Le Petit Marocain" nous montre que les Bonastre étaient de bons élèves et qu'ils obtenaient des mentions en éducation physique.

MARTINE GOUDÉ épouse LAMOUROUX est décédée le 9 février des suites d'un cancer. 
C'était aussi une ancienne marrakchia. Sa soeur Michèle, déjà éprouvée par le décès de son mari Michel ZWIKEWHISTCH l'a annoncé aux membres du groupe Facebook. Les anciens de Marrakech expriment toute leur compassion à la famille de Martine ainsi qu'à ses amis éprouvés par ce deuil. 

LM-GOUDÉ-martine-555o Au lycée Mangin, Martine est au premier rang, la deuxième en partant de la gauche, la troisième est Brigitte Wachsmuth, établie au Canada.

ISABELLE RÉVÉILLÈRE VENAIT D'AVOIR 50 ANS

Elle a vécu à Marrakech dans les années 70. Son père travaillait à la base aérienne de Marrakech dans le cadre des accords de coopérations techniques entre la base aérienne de Rochefort et celle de Marrakech.

C'est par son amie Sylvie et par Franck Mauviel que nous avons appris sa brusque disparition suite à une attaque cérébrale soudaine sur le lieu de son travail. Ils étaient très proches amis à Marrakech.

Isabelle-Réveillère-couronne-de-raine-Marrakech-1975

 C'était un jour de galette des rois à Marrakech. Isabelle à gauche avait été couronnée reine, son frère Jean-Luc à droite. Sylvie est derrière Isabelle et Franck derrière Jean-Luc. Jeannette la mère d'Isabelle se trouve de profil à droite. C'est la famille de Sylvie et Franck qui reçoit les Réveillère à sa villa proche du LVH.

Isabelle-Reveillère-2020

Après Marrakech, Isabelle et sa famille étaient revenus à Rochefort où elle avait passé son bac au lycée Merleau Ponty tout en se distinguant en Natation et au Tir à l'Arc. Elle fit ensuite l'école de la Police à Saint-Malo. Isabelle eut trois enfants de son mariage à qui nous exprimons toute notre sympathie de même qu'à Jeannette. Claude son père est décédé il y a juste un an. 

Isabelle-Sylvie

Isabelle avait exercé son métier de fonctionnaire de police dans une autre région et était revenue dans sa région d'origine, mutée en 2010 au CSP de La Rochelle. Etiennette, Valentin, Virginie.

Les obsèques d'Isabelle sont prévues vendredi 13 mars à 10h  en l'Église Notre Dame de Rochefort, Place Samuel de Champlain, Rochefort (17300)

Il est possible d'ajouter des souvenirs ou des condoléances dans un commentaire en bas de page.

 Rochefort / Mer.