MANGIN@MARRAKECH

20 décembre 2014

LES FËTES SE SUIVENT EN HIVER, SOUHAITONS DE BONNES FÊTES À NOS AMIS

 

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LES JUIFS FÊTENT HANOUKA 5775 CETTE SEMAINE JUSQU'AU 24 DÉCEMBRE (calendrier hébraique)

LES CHRÉTIENS CATHOLIQUES ET PROTESTANTS, DANS LE MOIS DE L'AVENT DEPUIS LE 30 NOVEMBRE, CÉLÈBRENT LA NAISSANCE DU CHRIST JÉSUS DE NAZARETH LE 25 DÉCEMBRE (calendrier grégorien)

TOUS FÊTONS LE RÉVEILLON DU 31 DÉCEMBRE AU 1er JANVIER. LES JUIFS FÊTENT AUSSI CETTE ANNÉE LE JEÛNE DU 10 TEVET, LE 1er JANVIER

LES MUSULMANS FÊTENT MAWLID NABAWI, LA NAISSANCE DU PROPHÈTE MOHAMED LE 3 JANVIER (calendrier de l'Hégire 1436)

LES CHRÉTIENS ORTHODOXES FÊTENT NOËL LE 7 JANVIER (calendrier julien)

LES AMAZIGH FÊTENT YENNAYER, LE PREMIER JOUR DE L'ANNÉE BERBÈRE 2961, LE 12 JANVIER (calendrier julien). Le 12 janvier 2015 sera férié en Algérie pour la première fois.

DEUX EXPOS SUR LE MAROC À PARIS

maroc_medieval_LOUVRE Magnifique expo en ce moment au LOUVRE jusqu'au 19 Janvier

Du XIe au XVe siècle, une succession de dynasties – almoravide, almohade et mérinide – ont unifié un espace politique et civilisationnel centré sur le Maroc, et étendu jusqu’à l’Andalousie. Leurs conquêtes les ont menées du sud du désert du Sahara (frange nord de la Mauritanie) au nord de l’Algérie et de la Tunisie. L’influence de ces empires, unissant pour la première fois les confins de l’Occident islamique, a rayonné jusqu’en Orient. L’exposition (près de 300 oeuvres) permet d’appréhender cette longue et riche histoire, clef de compréhension du Maroc contemporain et source de sa modernité.

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 Une photo de Gabriel Veyre, autochrome 1935  

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Ce sont les Almoravides qui ont construit la Koutoubia, Marrakech était leur capitale

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Le nouvel empire englobe tout le nord de l'Afrique, Marrakech demeure la capitale

P1090803 Les Mérinides , sept ans après leur prise du pouvoir déplaceront la capitale de l'empire dans une nouvelle Fez à côté de l'ancienne. Après 1465 viendront les Wattassides puis les Alaouites.

Après Le Louvre, l'expo LE MAROC MÉDIEVAL devrait migrer en Espagne

À PARIS UNE AUTRE EXPO TRÈS DIFFÉRENTE MET EN VALEUR LA RICHESSE DE LA CRÉATION DES ARTISTES MAROCAINS ALLIANT LEUR CULTURE À LA MODERNITÉ.  IMA - INSTITUT DU MONDE ARABE. jusqu'au 25 janvier

 

tente_berbere Une tente berbère sur le modèle de celle d'Azor: moderne par son volume  et sa forme, traditionnelle par ses immenses toiles en laine de chèvres et poils de chameaux. Réalisation, Tarik Oualalou, architecte.

main_de_cocotte Une main de Fatma, porte bonheur, décorée façon henné et oxy-découpée dans la paroi en alu d'une cocotte minute. Son auteur Batoul S'Himi a baptisé son oeuvre : Monde arabe sous pression -2014.

Peau_tannee Une oeuvre non pas sur toile, mais sur peau tannée, décorée aux pigments naturels de motifs traditionnels un brin phaliques. Technique utilisée dès les années 50. Oeuvre de Farid Belkahia. 

Seins

Seins par cinq, sainteté des seins, oeuvre de Mohamed Mourabiti

Passage_sur_mer Passage protégé pour piétons qui marchent sur la mer. Oeuvre de Noureddine Tilsaghani - 2014.

Cette exposition d'environ 300 oeuvres est la plus importante jamais réalisée par l'Institut du Monde Arabe. Pourquoi le Maroc ?

Le Président de l'IMA: "Il faut savoir oser et le Maroc était une évidence. Il est dans le domaine artistique, le pays du monde méditerranéen le plus créatif, le plus bouillonnant . Il est aussi celui qui revendique dans le préambule de sa constitution du 29 juillet 2011 la pluralité de ses héritages culturels. C'est un message de valeur universelle, qui peut nous faire réfléchir, nous Français, et que nous avons symbolisé sur le parvis de l'IMA par une oeuvre en plusieurs langues, arabe, français, berbère et hébraïque. Le Maroc prouve que l'on peut être à la fois un peuple un et multiple." Propos recueillis par Catherine Golliau du Point.

Joyeuses fêtes à tous!


12 décembre 2014

SOUVENIRS DE LA BASE AERIENNE 707 - PREMIERS VOEUX POUR LES FÊTES

NOUVEAU LIVRE D'UN GAMIN DU GUÉLIZ 

Couverture_tonton_brochette 

Un extrait: Premier chapitre : Pétards

En face de la maison, il y avait l’avenue Barthou et tout au bout, le cinéma Le Palace. Avec son écran géant, ses 300 places c’était la seule salle de ciné du Guéliz[1] et donc la plus belle de Marrakech.

Il y avait même des grands ventilateurs au plafond, forts appréciés quand il faisait très chaud.

Je me souviens avoir vu deux fois Viva Zapata avec Marlon Brando et Anthony Quinn.

Quels acteurs et quel film !

L’avenue Barthou était bordée de petits arbres rabougris couverts de petits fruits noirs qui ressemblaient à du poivre, mais ce n’était pas la précieuse épice. Les faux-poivriers attiraient des djaos[2] bavards qui se piaillaient d’arbre en arbre toutes les nouvelles du quartier.

A mi-chemin, sur le côté droit, il y avait un bureau de tabac où on achetait des carambars.

Des carambars et des pétards.

C’était toujours le même scénario et la même rigolade.

On entrait la mine sage, la monnaie dans la main et on demandait 2 carambars. On les aimait bien à cause des histoires drôles sur le papier d’emballage.

Obligatoire, l’emballage, car le père Tékula prenait les bonbons un par un dans un grand bocal avec ses horribles doigts qui étaient comme des pinces, des pinces effrayantes avec des ongles énormes, d’un ou deux centimètres d’épaisseur, tout sanguinolents…

Nous avions peur de lui toucher la main quand il nous tendait quelle que chose. Brrh !

Pour nous et d’évidence, c’était la preuve d’une maladie contagieuse, une horreur venue du fin fond du moyen âge, prête à contaminer le Guéliz et toute l’avenue Barthou.

Il valait mieux être prudent avec ces choses médicales terribles qui pouvaient vous tomber dessus d’un coup.

Et puis, après les carambars, on demandait des pétards. Pas des gros, trop chers, mais des petits, comme de crayons de couleur coupés en deux.

Je prenais mon air angélique.

– Deux pétards, monsieur, s’il vous plaît.

Le frère et la sœur se jetaient alors un coup d’œil appuyé, ils connaissaient la fin du film…

Ma grand-mère paternelle n’allait jamais à l’Église, mais elle était experte en persiflages, comme une grenouille de bénitier.

Mamie-moustache, on l’appelait comme ça à cause des poils qu’elle avait en abondance sur les babines, Mamie-moustache disait en plissant les yeux qu’on m’aurait donné, sur ma mine, le bon Dieu sans confession.

Mais le Diable était là et c’était à chaque fois le même éclat de rire quand, une fois sortis de la petite boutique, nous lancions les pétards allumés à l’intérieur.

Bang !  Bang !

Les explosions étaient formidables et il nous fallait courir à toute vitesse pour échapper à Tékula qui sortait de sa boutique en éructant de rage. Et la sœur Tékula sortait aussi, du fiel dans la bouche.

– Bandits ! Voyous !

Les bandits et les voyous étaient déjà loin et les vilains buralistes ne les attrapaient jamais.

N’étions nous pas les princes du Guéliz, les rois de Marrakech, la ville rose[3] ?

On ne rattrape pas les Rois ou les Princes quand on a des pinces de crabe à ses pattes velues !

Comme tous les enfants nous étions cruels mais pas méchants. Un jour comme les autres où nous nous apprêtions à commettre un nouveau forfait nous trouvâmes la sœur Tékula en larmes : elle gémissait de chagrin. De grosses larmes roulaient sur ses joues ridées.

Cette femme disgracieuse pleurait comme une petite fille et nous vîmes bien qu’elle était humaine, comme nous.

– Vous pleurez, Madame, vous avez besoin d’aide ?

– Non, vous ne pouvez rien faire, j’ai perdu mon chat Zizou qui s’est fait écraser dans la rue.

Le petit corps de Zizou gisait sur le comptoir, tout maculé de sang et les yeux retournés. Je lui ai fait une petite caresse d’amitié sur le dos et nous sommes partis comme des coupables.

Les bandits et les voyous étaient un peu émus.

Ce jour là, nous n’avons pas lancé de pétards.

Un peu plus tard dans la journée même, nous avons récupéré chez un copain un chaton de gouttière, beau comme un ange de trois semaines, adorable.

Nous avons mis le petit animal dans un panier de roseau avec un bout de tissu pour lui faire un nid et nous sommes allés le déposer discrètement devant le bureau de tabac, juste à l’heure de fermeture.

Cachés plus loin, nous vîmes, le cœur battant, le frère Tékula ramasser le panier et tirer le rideau métallique de la petite boutique.

Il devait y avoir du bonheur ce soir-là dans le petit bureau de tabac de l’avenue Barthou car nous entendîmes les cris de joie de la pauvre femme qui disait très fort, en battant des mains.

– Qu’il est beau ! Ô qu’il est beau !

– Merci !  Ô merci !

Soulagés et la conscience tranquille d’avoir accompli une bonne action gratuite nous nous promîmes de revenir le lendemain pour acheter des pétards.


[1] Guéliz, quartier européen de Marrakech

[2] Djao, Moineau

[3] En ce temps là, Marrakech était appelée « la Ville Rose » à cause de la couleur des remparts mais aujourd’hui on dit « la Ville Rouge », c’est mieux pour la Pub. 

Le Trésor de Tonton brochettes d'Alain ROUTIER est arrivé !  Il est disponible sur le site Edilivre.

Le livre papier : 19,50 €  - Le livre numérique en format pdf : 11,70 €

Le livre papier  +  Le livre numérique :20,50 €

Après les formalités habituelles (enregistrement BNF), il sera début janvier seulement en librairie, amazone, fnac etc, mais, hélas, après les fêtes..nous écrit l'auteur qui a vainement essayé de bousculer son éditeur... Mais il sera disponible pour la Saint-Valentin !!!

UNE PROMO D'ÉLÈVES PILOTES DE 1952

L'ami Halfaoui a réuni à sa collection des dessins-souvenirs d'élèves pilotes. Le travail de l'artiste nous révèle aussi des noms de cette ancienne promo: Vous avez dit 1952 ! soixante deux ans ! la plus ancienne dont nous ayons les noms !

BA707-52D 

Élèves pilotes: Saussine, Dreux, Rotse, Fonderflick, Laurent, Bayard, Poletti, Degeilh, Beaugez, Dumollard, Chérell, Bévalot, Ali, Savary, Limberger, Jouhant, Rondet, Conini, Granda, Jeannin.

52D-BA707 

"Souvenir de tous à chacun" Marrakech - BA707-52D

On trouvera une liste de plusieurs promos d'élèves pilotes par ce lien --> Promos 53 à 60

UN ANCIEN DE LA BASE VOUS ADRESSE SES VOEUX POUR LES FÊTES

aout 2014 

Le chibani Jean-Claude DAVID, auteur des Missions spéciales à Marrakech nous envoie une photo récente et nous écrit à la veille des fêtes: "Le doyen vous salue bien et vous envoie cette photo prise sur la plage de Dinard cet été; et j'en profite pour vous présenter mes meilleurs voeux de bonheur et de bonne santé pour 2015..et je suis toujours heureux en dépouillant toutes les nouvelles de MRK et de la BE 707 qui paraissent sur le blog....BONNE ANNEE...Jean-Claude

Missions spéciales 1 - Missions spéciales 2 - Missions spéciales 3 - Missions spéciales 4 - Missions spéciales 5

Merci Jean-Claude, tu inaugures sur le blog les voeux pour les fêtes et l'année nouvelle 2015. Bonne année à toi!  Le blog est heureux de publier tes voeux et le fera aussi pour ceux qui lui parviendront. 

UN BRIN D'HISTOIRE DU GROUPE DE BOMBARDEMENT GB 1/23 À MARRAKECH EN 1940-43

En mai 1940, le groupe avait besoin de renouveller ses avions peu performants. Le Capitaine MEIFFREN, parti à bord d'un Loockeed pour Marignane revint le 22 juin 1940 avec trois LeO 451 et deux autres équipages, ceux du Lieutenant CHAVETON et de l'Adjudant-chef PAGELOT. En France, Pétain signe l'Armistice.

Le GB 1/23 (élément du groupement 7) est orienté sur la base de Marrakech et la rejoint le 25 juin. Le 9 juillet, il est renvoyé sur Blida. Le groupement de bombardement 7 est dissout. A la suire du raid anglais sur Mers el Kebir, le GB 1/23 est envoyé pour des actions de représailles sur Gibraltar.

Des souvenirs concernant la Base de Marrakech

(voir un document .PDF de l'escadron Arbois pour des informations sur d'autres bases)

Le Haut-Commandement (Air- Maroc) avait décidé que le GB 1/23 serait stationné à Marrakech plutôt qu'à Meknes, car plus proche des ports d'Agadir, Mogador et Safi. Les familles des pilotes rejoignirent Marrakech au cours du mois de janvier 1941 et s'y plurent.

Le Commandant FRANDON commande le Groupement 1/23 secondé par le Capitaine HOCHE. La commission d'Armistice avait prévu de doter le Groupe de 13 LéO 451, il en reçoit 14. Il faut savoir que la commission d'Armistice était installée dans l'hôtel Balima. Et le service de renseignement français avait installé un service d'écoute dans les caves de l'hôtel. Aussi le Groupe était-il informé des futures visites "à l'improviste" de la commission à Marrakech. Ce qui permettait d'envoyer avions et matériels et équipage en supplément sur la Base de Ouarzazate.

Le Capitaine THIRY et le Capitaine MENARD commandent chacun une escadrille, alors que la Base était commandée par le lieutenant-colonel RENARD-DUVERGET, surnommé le « Chacal du potager ».

Peu d'heures d'entraînement sont prévues parla Commission d'Armistice, seulement 8 heures par pilote et par mois. Cependant pour poursuivre l'entraînement des jeunes pilotes, les pilotes confirmés n'effectuaient que 4 heures de vol par mois pour permettre aux jeunes de s'entraîner 12 heures par mois. Cela nécessitait de tenir des carnets de vols  qui étaient cachés aux commissions allemandes et italiennes d'armistice et d'en confectionner d'autres plus "conformes".

Le probleme des carnets de vol était minime par rapport à la difficulté d'obtenir des moteurs en état de marche. L'accord passé par le Gouvernement de Vichy prévoyait que les moteurs fabriqués en France devaient être répartis 2/3  pour l'Allemagne et 1/3 pour la France. Les sabotages étaient de ce fait nombreux avant qu'ils ne quittent la France ce qui fait qu'ils ne tenaient le plus souvent que 30 ou 40 heures.

Plus tard, après le débarquement anglo-américain de novembre 1942, des moteurs Pratt et Whitney équipèrent le LéO 451 qui devint bien plus performant..

Groupe 7-GB-1-23

On a reconnu sur la photo le Cne Thiry, le Lt Delacourt, tué le 13 mars 43, le Sous-Lieutenant Petit, l'Adjudant-chef Ecker tué le 10 juin 1942, l'Adjudant Chef Bénit, l'Adjudant Villard, l'Adjudant Aymard, tué le 10 juin 1942, l'Adjudant Dao, l'Adjudant Chnebelen, l'Adjudant Blanc, l'Adjudant Jarnais, le Sergent-Chef Madaule, le Sergent-Chef Freiss, tué le 13 mars 1943, le Sergent chef Brouquier, le Sergent chef Boulay tué le 10 juin 1942, les Sergents Castin, Berboulet, et Bazon.

Les troupes américaines débarquent le 8 novembre 1942 à Safi et Casa. Le groupe est alors envoyé au terrain de Sidi Zouine. Le Capitaine Thiry était ce jour là en déplacement à Oran, pour faire passer des examens aux jeunes sous-lieutenants et aspirants de l'école de l'air. Un extrait des ses mémoires à son retour à Marrakech depuis Meknes où il avait déposé le Capitaine Puget du 2/23 et Fez où le commandement l'avait envoyé pour y laisser son Goéland et prendre à la place un Potez 63:

"Je me suis aperçu qu'il fallait au moins trois jours, pour remonter cet avion dont les moteurs et les hélices étaient par terre. C'est pour cela que j'ai gardé mon Goéland. Je suis arrivé à Marrakech par un brouillard dense, dont seul émergeait la Koutoubia. Je me suis mis à son niveau, je suis descendu doucement dans le brouillard, j'ai vu à la verticale passer les toits des hangars et je me suis posé : Personne sur la base! Tout le monde était à plat ventre dans les tranchées. On m'avait pris pour un Grumman. L'après-midi, nous partions à Sidi Zouine avec nos LéO et moi, avec mon Goéland. »

Le personnel du 1/23 était plutôt heureux; il appelait de tous ses voeux la venue des américains, car sans eux, comment vaincre l'Allemagne. Malheureusement, le haut commandement apeuré, ordonne la riposte au débarquement, c'est ainsi que le 10 novembre, une estafette à moto, arrive à Sidi Zouine, avec un papier ordonnant le bombardement de Safi, le port abritait de nombreux navires américains. Le Commandant FRANDON déchire le papier et fait mettre la moto en panne. Le 11, les avions américains bombardent la base de Marrakech: le LéO n° 82 est atteint par une bombe et brûle. Et c'est avec un humour grinçant que le rédacteur du journal de marche écrit : « Les grands triomphateurs des derniers jeux olympiques, trouvant que les performances françaises en athlétisme étaient médiocres, ont inauguré une nouvelle méthode d'entraînement pour leurs camarades : rendre le démarrage plus prompt par la bombe, maintenir la foulée plus rapide par le mitraillage. »

Le 12 novembre, le groupe part de Sidi Zouine et rentre à Marrakech. Peu après, "la  Mamounia » sera le lieu de rendez-vous de quelques combattants de la campagne de Sidi Zouine. Et quand le 16 novembre, une délégation américaine à bord de 15 avions de chasse, vient rendre visite à la base de Marrakech, les esprits apaisés et soulagés savent à présent qu'ils ont avec eux l'énorme machine de guerre américaine. Et pour le bonheur de tous, l'entraînement reprend à partir du 23 novembre.

La vie de groupe reprend donc avec plus ou moins de bonheur, le 30 novembre, le Sergent-Chef Chauvire embarque à l'atterrissage et casse le LéO n° 3032. L'Adjudant-chef Largeaud fait la tête : c'était son avion!

En février 1943, le Sergent mécanicien Hamel s'empare du Simoun n° 351, et décolle vers Gibraltar. Sa tentative ne réussit pas, il rejoint le groupe le 8 mars et chacun l'accueille avec sympathie. Deux jours plus tard, le Simoun est ramené par un équipage.

Un jour, le Capitaine THIRY emmène l'évêque d'Alger sur le trajet Casablanca-Alger. Le mauvais temps, hélas, oblige l'équipage à se dérouter à Orléansville. L'évêque, pas content du tout, s'exclame : « J'aurais dû prendre l'avion américain. » « Alors vous seriez au Ciel » lui répond le Capitaine Thiry qui venait d'apprendre que le Dakota américain s'était écrasé en essayant d'atterrir à Alger- Maison blanche.

En février, le groupe passe sous le commandement du Colonel Pelletier Doisy. À cette époque, le groupe perd ses LéO 451 qui sont convoyés à Boufarik. Les Léo sont remplacés par les Cessna 78, bimoteurs, équipés de moteurs Jacob et superbement équipés en radio. Le Cessna 78 est une machine étonnante : il est fiable, on le met en route tout seul comme une automobile. Il possédait même un radio compas. Le chic était de piloter en gants blancs. Malheureusement, l'utilité de ces avions était discutable.

Le 1er avril, le Capitaine Massoni prend le commandement de la 2ème escadrille. Un pot généreux consacre la prise de commandement. Le moral est bon, chacun fait son petit numéro, les plus remarqués sont l'Adjudant Rolland et le Capitaine Meiffren.

Début Juin, le groupe quitte Marrakech. Le Lieutenant Grall part en échelon précurseur le 4, pour Kouribga. Le 10, a lieu la soirée d'adieu à Marrakech . Mais le groupe restera moins de trois mois à Kouribga. Le 2 août, le général Valin rend visite au groupe et le 1er septembre est prononcée la dissolution.

« Le Groupe 1/23 est dissous à la date du 1er septembre 1943. Cinq équipages du groupe dont deux de la 1ère Escadrille et trois de la 2ème Escadrille sont désignés pour rejoindre le détachement devant partir pour l'Angleterre. Le reste du personnel reste à la disposition d'Air Maroc qui prononcera ultérieurement des affectations collectives ou individuelles..."

GUY TEYSSEIRE NOUS AVAIT PROMIS DES SOUVENIRS DE SON PÈRE HENRI TEYSSEIRE OFFICIER PILOTE SUR LA BASE 

Capitaine Teysseire Henri, °1902 + 2002, affecté au Maroc, 1938 à 1946, affecté 63° escadre, groupe 2/63 puis 1/52 puis Ecole d'application de Marrakech 1/1/1943 au 10/07/1946 

Extrait des mémoires d'Henri Teysseire, Officier de la légion d'honneur

J'étais affecté à Marrakech où j'ai retrouvé de vieux avions de l'ancien temps, des quadrimoteurs « Lioré » de 20 ou 30 ans d’âge.

Marrakech c'était la ville, bien mieux que Kasba-Tadla. On a loué une petite maison dans la palmeraie et on faisait de petits circuits de reconnaissance, des prises de photos. Une fois je suis allé à Colomb-Béchar sur ces quadrimoteurs.

Et puis il y avait ces bruits de guerre en 1939 et on se disait : " si on part avec ces avions là, on va se faire descendre du premier coup, à 130 ou 140 Km/h ". On a quand même eu des avions un peu plus rapides mais ce n’était pas encore ça.

Vers fin 39 début 40 nous avons reçu enfin des avions américains, heureusement, car nous avions toujours nos vieux bimoteurs, avions de bombardement de nuit mais tres peu maniables; on ne pouvait pas se défendre là-dessus.

C'étaient des " Glenn Martin " bombardiers légers, bimoteurs qui font du 440 km/h aussi rapides que les avions de chasse allemands, 4 mitrailleuses : là on pouvait se défendre. Mais il a fallu aménager les commandes, blinder le siège, régler les mitrailleuses et tout, et quand il y a eu l'attaque allemande en mai, on nous a envoyé sur le front à ce moment là.

Pendant quelques mois, il y a eu une drôle de guerre où les gens se regardaient face à face sans attaquer. On nous a envoyé combattre quand les allemands étaient dans les Ardennes. Nous étions en retrait du côté d'Evreux et on devait aller bombarder pour soutenir les troupes françaises.

Seulement l'état-major était en retard d'une guerre : "je n'ai jamais vu l'aviation aussi mal utilisée ". C'était une guerre de mouvement à ce moment là : l'avion d'observation partait, il repérait les colonnes allemandes sur les routes. C'est alors qu'il aurait fallu bombarder. Mais il y avait une telle succession d'ordres différents que nous n'allions bombarder qu'à midi avec 4h de retard et le soir c'était pareil. L'avion de reconnaissance partait à 12h, voyait les allemands qui repartaient à 14h et on nous envoyait bombarder à 20h quand ils étaient arrêtés, DCA installée qui nous tirait dessus, c'était terrible !

D'ailleurs, une fois, le chef d'escadrille qui revenait de reconnaissance vers Péronne dans la Somme voit dans la forêt les colonnes allemandes bloquées, entassées sur 5 ou 6 rangs. II dit : " Même en fermant les yeux, on peut taper dedans, démolir presque tout ça ". Tout le monde s'équipe en vitesse, on dit : "On va y aller, on y va "....Seulement nous étions en escadrille au sol. "Allo, il faut aller bombarder là. Ah non, il faut d'abord passer par le groupement (nous étions en groupe et il fallait passer par le groupement) "Allo, le groupement ...... Ah non, il faut passer par l'escadre ..... Ah non, il faut passer par le Général  Commandant le corps d'armée ! Trois heures après, nous étions encore le parachute sur le dos à attendre pour aider le point d'appui français! Quand nous sommes arrivés, c'était trop tard, le point d'appui était balayé, les allemands étaient passés ....... Voilà comment ça marchait pendant la guerre avec tous ces états-majors échelonnés !.......II fallait passer par eux alors qu'il aurait fallu réagir dans la demi-heure même pas, dans le quart d’heure, aller sur place. Et voilà comment on a perdu la guerre !...

Les allemands qu'il fallait bombarder le matin, on les bombardait à midi alors qu'ils étaient arrêtés avec leurs DCA (quand ils étaient en mouvement il n'y avait que les mitrailleuses qui nous tiraient dessus, ce n'était pas trop grave mais une fois installés il y avait tous les canons, etc.…, et ça pétait de partout. Le soir c'était pareil ils étaient arrêtés, camouflés, on trouvait juste 2 ou 3 camions en retard sur les routes, on ne faisait rien de bon, c'était tout ce qu'on pouvait bombarder. On était vraiment découragés à se crever la «paillasse» comme ça, pour rien, et puis comme on se déplaçait souvent, les allemands avançaient, on reculait ..... Les avions se déplaçaient très vite mais l'échelon roulant avec les camions venaient derrière et quand ils arrivaient, nous on devait repartir plus loin : on ne se rejoignait jamais ; c'était nous les pilotes qui devions charger les bombes et tout le matériel, faire le plein d'essence, vérifier, on était complètement crevé ; les mécaniciens, les armuriers arrivaient au dernier moment. Les allemands avançaient de partout. Nous étions, mi-juin, à Cognac à ce moment-là. Alors repli en Tunisie, ou nous sommes allés bombarder l'Italie, les ports de la Sicile et ça s'est arrêté là. On est resté en Tunisie quelques temps puis on nous a replié sur Marrakech.

Oui, on a fait une drôle de guerre !...  Mais heureusement qu'on l'a faite avec des avions américains.

Une fois nous avons été attaqués; moi j'étais ancien pilote de chasse je pouvais me défendre, alors j'ai manœuvré pour dégager les copains qui ne savaient pas se débrouiller car ils fichaient le camp, juste le contraire de ce qu'il faut faire. Dès qu'on est attaqué il ne faut jamais fuir devant un avion car il se met derrière vous et il vous tire dessus. II faut toujours faire face, et je suis arrivé à en dégager 2 ou 3 comme ça, en abattant un ou deux avions allemands avec mes 4 mitrailleuses. Je n’ai pas eu le temps de voir s’ils tombaient ou non, je tirais dessus jusqu'à ce qu'ils dégagent. C'est le plus grand combat que j'ai fait avec eux. Après on combattait guère, on les évitait c'est tout, car on ne pouvait guère combattre contre un chasseur.

Enfin j'ai eu une vie variée car j'ai changé au moins 10 fois d’emplacement : j'ai commencé à Istres, puis à l'école de mécanicien de Nîmes, retour à Istres ; à Bourges j'étais chef d'atelier moteur, de nouveau à Istres comme élève pilote, après à Lyon, le Maroc, Cazeaux, Madagascar, Lyon, Reims, le Maroc ......Bref une vie de nomade ; je ne me suis promené. J'ai commencé sur les tout petits avions de chasse pour terminer sur les gros " Wellington " anglais (après la guerre, nous n'avions plus d'avions et les anglais nous donnaient ceux qu'ils ne voulaient plus et que nous étions bien contents d'avoir : de beaux avions encore avec 2000 CV de chaque côté et pilote automatique, bien équipés). Du Maroc on allait sur Dakar, puis très souvent, après la guerre, on faisait la liaison Maroc-Marseille : toutes les semaines, un avion partait de Marrakech pour Marignane et à tour de rôle nous faisions le voyage par tous les temps. Des fois, je partais de Marrakech pour Oran, Alger, Tunis, toute l'Afrique du Nord dans la semaine. .......

En 46, on a commencé à dégager les cadres : j'avais droit à un congé de personnel navigant (après plus de 2 ans, donc 4 ans de congés) et j'étais très fatigué à ce moment-là. A Marrakech, on faisait de l'instruction, la formation d'équipages, il fallait voler de jour et de nuit. Souvent je volais 2 à 3 heures dans la journée puis il fallait passer toute la nuit sur une piste annexe (Sidi Zouine) et j'étais très fatigué. Aussi quand il y a eu ces demandes de congés, j'en ai profité et c'est là que je me suis fait rapatrier à Lyon en 46. J'étais en congé jusqu'en 51 (à la retraite à partir de ce moment).

ILS VOLAIENT À MARRAKECH EN 1934

Il y avait quatre groupes en 1934 au Maroc: 1er Kasbah-Tadla, 2e Bou-Denib, 3e Marrakech, 4e Meknes, Cependant cette organisation coiffait dix escadrilles: 1e escadrille Ksar-es-Souk, 2e escadrille Kasbah-Tadla, 3e escadrille Bou-Denib, 4e escadrille Marrakech, 5e escadrille Ouarzazate, 6e escadrille Agadir, 7e escadrille Meknes, 8e escadrille Meknes, 9e escadrille Rich..., 10e escadrille Fes

Le 3e groupe avait son commandement à Marrakech et coiffait la 4e escadrille de Marrakech, ainsi que la 5e escadrille de Ouarzazate. Le commandant de la base était en même temps le commandant du Groupe

Le Commandant Sylvestre Tavera commandait la Base et le 3e Groupe de Marrakech de Juillet 1933 à Mai 1934. Son successeur de mai 1934 à janvier 1934 fut le Commandant Pierre Colle qui venait du 2e Groupe de Bou Denib.  Leur Adjoint  au commandement du 3e Groupe était le Capitaine Jean Moraglia.

La 4e escadrille était commandée par le capitaine Paul Roelants et pat le Capitaine Charles Thonyo. Le Lieutenant René Baillefin commandait l'annexe du Parc. Faisaient aussi partie de la 4e escadrille le lieutenant Émile Damidaux et le lieutenant Léopold Ducos.

La 5e escadrille basée à Ouarzazate dépendait du Groupe de Marrakech, elle était commandée par le Capitaine Charles Bailly et son adjoint le Capitaine Léopold Davout d'Auerstaedt. Il y avait aussi deux lieutenants dans cette escadrille de Ouarzazate: Le Lieutenant René Albertus et le lieutenant Marie Chemildin.

Qui nous parlera de ces pilotes ?

Ces quelques tranches d'Histoire complètent nos connaissances sur Marrakech, sa base aérienne et ses pilotes à l'époque de la seconde guerre mondiale et de ses suites. Merci à ceux qui ont partagé ces souvenirs. Merci aussi d'avoir pu évoquer ces hommes qui ont pris le risque de perdre la vie pour affronter le nazisme. Nous nous souviendrons de leurs noms et saluons leurs familles.

26 novembre 2014

SALAM MARRAKECH SE FAIT UNE BEAUTÉ

LA REVUE SALAM MARRAKECH SE FAIT BELLE

voir aussi Élèves de Notre Dame des Apotres, autres objets souvenirs évocateurs, livres, expo Maroc et futures rencontres

Salam-Marrakech-2014 Le lien des anciens de Marrakech inaugure une nouvelle maquette illustrée par une oeuvre primée du célèbre peintre orientaliste Roger Vivès "Fantasia dans le Sud Marocain"

Si vous n'avez pas reçu la revue Salam MRK dans votre boîte aux lettres, demandez-là à Robert Lucké ou à Laurence, vous avez une adresse et deux téléphones pour les joindre. Robert Lucké 10 rue Alphonse Daudet - 13870 Rognonas, tél. 04 90 94 97 23 & 06 03 21 10 35

Vous y trouverez un Éditorial de Robert Lucké particulièrement intéressant et documenté

Plusieurs pages sur les informations communiquées par les lecteurs, une quarantaine avec quelques deuils et hommages. Un pionnier de Marrakech l'architecte Haberlach. Récit d'un voyage en car de Casa à Marrakech en 1920 par Pierre Di Benedetto, la liste des soutiens qui retent en contact avec Robert Lucké. Une relation avec photos des principaux moments du Moussem 2014. Des souvenirs de méchouis et de groupes d'amis à l'occasion d'autres moussems. Des photos de classes des années 50, Des souvenirs de voyages à Marrakech et région. Une promenade à Marrakech évoquée par P. de Mazières. Un lexique de mots typiquement marrakchis par Gérard Achim. Un poème de Nicole Guyard à la gloire de Marrakech. 

Gueliz-en-fete-90Gueliz-en-fete-91 On trouve aussi dans la revue des actualités récentes avec l'opération Guéliz en fête et la parution du nouveau livre de Christian Viala dont le nom de plume est Christian Durieux ON SE RETROUVE DEMAIN.. SALUT ! Presses du midi à Toulon. 

Salam_Marrakech-2014 Noter aussi la semaine de l'Amitié à Marrakech du 12 au 19 mars 2015

CE QUE SALAM MARRAKECH DIRA DANS SON PROCHAIN NUMÉRO... LE MOUSSEM 2015 AURA LIEU À AVIGNON LE DIMANCHE 21 JUIN ET POUR CEUX QUI LE PEUVENT LE SAMEDI 20 EN SOIRÉE

VOTRE BLOG VOUS RECOMMANDE LA REVUE SALAM MARRAKECH, ET VOUS DEMANDE DE VENIR NOMBREUX AU MOUSSEM EN RÉSERVANT LA DATE  DU 21 JUIN DÈS AUJOURD'HUI POUR RENCONTRER DES AMIS.

BLANDINE IGNORAIT LEUR PRÉSENCE DANS SA VILLE MAIS VIENT DE RETROUVER AVEC BONHEUR À ANGOULÈME DEUX AUTRES ÉLÈVES DE NOTRE DAME DES APÔTRES.

Patricia, Blandine et Bernadette, Tarot et Uzureau de Soto Patricia De SOTO/UZUREAU, Blandine TAROT/VIGOUR et Bernadette De SOTO, heureuses d'être ensemble. Merci à elles de nous offrir ces sourires. Si certains lecteurs voulaient rétablir un contact ils peuvent utiliser le lien "contactez l'auteur" en haut de cette page.

Pour remercier Patricia, Blandine et Bernadette, nous présentons une photo de NDA prise alors qu'elles n'étaient pas encore nées, mais qui évoquera le bel uniforme.

NDA-Carollo

 Qui est sur la photo ? qu'est ce que cette image vous inspire ? Partagez vos souvenirs ou vous réflexions dans les commentaires.

Insigne de Division de MRK

LES AMIS PARTAGENT DES SOUVENIRS

Christian M. collectionneur d'insignes a trouvé celui de la Division de Marrakech. "Un coup de bol" nous dit-il !

Il s'agit de l'insigne de toute la Division de Marrakech, non seulement les troupes cantonnées au Camp Mangin, mais également des villes du sud du Maroc. Merci à lui.

Maghreb-780 La plus belle des terres, c'est le Maghreb, Et j'en ai la preuve: La pleine lune s'y observe, Et vers lui le soleil se rend.

C'est par cette citation d'un texte écrit par Ibn Battuta vers 1349 à l'occasion d'un voyage que s'ouvre l'exposition sur le Maroc du Moyen Age actuellement au Musée du Louvre de Paris

Expo-Maroc-Louvre779

Sous la Pyramide du Louvre se trouve une belle expo sur les dynasties berbères du Maroc au Moyen Age. 

Pyramide-Louvre0775 

Allons voir sous la Pyramide!

Expo-Maroc-Louvre 

Vous y retrouverez des souvenirs avec de beaux objets

BAZOOKA JOE NOUS INDIQUE UN LIVRE

Colonne-Mangin

A la conquete du Maroc Sud avec la Colonne Mangin 1912 1913 Lettre-Préface du général Charles Mangin. 19 gravures et une carte.

Mais il ne reste que des exemplaires sur le net car l'éditeur n'en a plus.

Bazooka Joe nous envoie aussi une carte postale de l'église des Saints Martyrs, avec sa correspondance

J Intérieur de l'Eglise du Gueliz ROUDNEV verso 

Une église rustique ?

I Intérieur de l'Eglise du Gueliz ROUDNEV recto

Photo Roudnev

 

Merci à Robert Lucké pour la parution de la Revue Salam Marrakech, à Laurence et à toute l'équipe. Il est temps de penser à les soutenir en faisant en sorte de leur souhaiter de Bonnes et Joyeuses fêtes de Noël et du Nouvel An. Soutenons-les pour les encourager dans leur "sacerdoce" de conservateurs des liens entre Marrakchis.

Pensons à leur adresser nos voeux et réservons la date du 21 juin 2015 dans nos agendas

Merci aussi à tous nos amis qui partagent avec nous leurs souvenirs. Oui remercions les de leurs contributions

 

10 novembre 2014

PAGE EN L'HONNEUR DES SPAHIS DE MARRAKRCH

À LA MÉMOIRE DES SPAHIS DE MARRAKECH ET DE TOUS NOS SOLDATS

Célébrons le 11 novembre avec eux !

Les spahis firent leur apparition à Marrakech en septembre 1912. Le 4e Spahis avec un recrutement venu d'Algérie, de Tunisie et de l'Hexagone,  et également un escadron de Spahis sénégalais participe à la libération de Marrakech en chassant le prétendant El Heiba et son armée d'hommes en bleu qui voulaient renverser le sultan Alaouite.

Spahis_senegalais_marrakech283

Il y eut un seul blessé au 4e Spahis: Ahmed el Khechini, originaire de Tunisie. L'escadron de Spahis sénégalais commandé par le capitaine, puis chef d'escadron Renn campa dans la Palmeraie, là où l'Hôpital civil fut construit bien plus tard. Plusieurs photographes ont montré ces soldats et leurs familles. Une école primaire fut ouverte spécialement pour leurs enfants en âge scolaire. Marrakech avait la plus grosse école pour enfants Sénégalais de tout le Maroc, 22 élèves garçons et 18 élèves filles (pas loin de la parité).

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Près de la fontaine du palais de l'Aguedal à Marrakech transformé en hopital; deux spahis sénégalais devisent assis avec un frère d'armes du 3e Zouave debout devant eux.

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Défilé au galop d'un peloton de Spahis sénégalais à Longchamp lors de la Revue du 14 juillet 1913

Très vite furent créées cinq escadrons de Spahis marocains qui regroupées dans un seul régiment participèrent à la Grande guerre. Le Maroc n'étant pas encore entré officiellement dans la guerre au côté de la France, le régiment commandé par le lieutenant-colonel Dupertuis fut appelé curieusement "Régiment de marche de Chasseurs indigènes à cheval." En janvier 1915, le Maroc entrant officiellement dans la guerre, il change de nom: Régiment de marche des spahis marocains. Il sert d'abord début septembre dans la région d'Épernay, puis de mi-septembre à mi-novembre, il est engagé dans la Course à la mer, jusqu'aux Flandres et en Belgique pour la bataille de l'Yser où il se fait remarquer par sa brillante conduite au feu. 

La presse des tranchées de décembre 1914 (il y a exactement 100 ans) avait publié des dessins et des commentaires éloquents.

Bleu_blanc_rouge_dixmude  À la bataille de Y..  Mohamed ben Ali, qui dans un engagement précédent n'avait pas eu l'occasion de tuer un seul ennemi, faute d"avoir pu les approcher se trouva fort humilié. Aussi quand son escadron arriva sur l'Yser, s'avança-t-il immédiatement au delà des tranchées jusqu'à l'entrée d'un château. Il s'embusqua dans un massif, attendant avec une patience tout orientale qu'un allemand se présenta à la distance voulue. Le premier qui parut fut abattu. Accourus à la rescousse deux de ses pareils subirent le même sort. Après quoi Mohamed ben Ali courut vers sa tranchée. Littéralement fou de joie, il exécuta, avant d'y descendre, une danse frénétique ponctuée de défis homériques à l'adresse de l'ennemi qui enveloppa ce brave d'une rafale de projectiles. Mohamed ben Ali dansait toujours. Aucune balle ne l'atteignit. Il descendit lentement, lorsqu'il eut fini cette fantasia héroïque, dans la tranchée parmi ses camarades. Aux gronderies cordiales de son lieutenant, le spahi répondit: "Mohamed ben Ali ne crains pas les allemands, ni aujourd'hui ni demain ! " ( extrait de l'hebdomadaire Les trois couleurs - épisodes, contes et récits de la grande guerre - 31 décembre 1914, n°4, 10 centimes.) Cette histoire est suivie d'un autre dessin, avec aussi son commentaire:

spahis_marocains_boue_couteau  La nuit suivante, Mohamed ben Ali et une dizaine de ses camarades s'étant complètement déshabillés, s'enduisirent le corps d'une épaisse couche de boue. Ils sortirent alors de la tranchée, leur couteau bien affilé entre les dents. Couchés sur la terre, faisant corps avec elle, ils rampèrent avec tant de lenteur et de patience qu'ils arrivèrent à la ligne ennemie sans que le moindre bruit eut éveillé l'attention des sentinelles.

Leur retour fut plus silencieux encore. Rien n'avait été révélé de leur expédition, mais au matin, surpris de l'absence de riposte de l'ennemi, deux officiers s'avancèrent jusqu'à leur tranchée; elle ne contenait que des cadavres. Pas un allemand n'avait échappé à la vigilance des Spahis marocains.

IMAGES AU COURS DE LA GUERRE DE 1914-1918

spahis_prisonniers_dixmude_1914  Spahis marocains ramenant des prisonniers allemands de Dixmude

Campement_net_spahis_marocains_ribecourt  Un campement de Spahis marocains à Ribécourt dans l'Oise

Spahi_Souain_Champagne Un Spahi marocain dans le village dévasté de Souain en Champagne;

Un reportage photographique fut réalisé, puis publié en avril 1916 pour montrer aux Britannique que les Spahis marocains étaient à nouveau prêts à combattre."Moroccan Spahis to Aid Europe's Delivrance". 

8avril1916Spahis

Les spahis marocains s'illustrérent dans toutes les batailles en 1914-1916, puis en 1917 furent engagés dans l'Armée d'Orient. Pendant toute cette période seuls les Spahis sénégalais sont basés à Marrakech, et de nombreux marrakchis rejoignent le Régiment de Spahis marocains. Marrakech se prépare en 1921 à accueillir son propre régiment de Spahis.

Plusieurs spahis de Marrakech sont morts sur le sol de France par exemple: Mohamed ben Ahmed, né vers 1895 au Douar El Aouamer, fraction des Ouled ben Séba vers Safi, recruté en 1915 à Marrakech Mle : 2540, 2e RSM 5e escadron. Mort pour la France à l'hôpital des suites d'une congestion pulmonaire le 15 juillet 1918.

Une nouvelle caserne pour les Spahis de Marrakech en 1922

Caserne_Spahis_mrk_1921_22

Ministère de la Guerre - Adjudication à Marrakech le 29 novembre 1921 à 9 heures précises. Travaux à exécuter sur devis au camp du Guéliz pour la construction d'un bâtiment pour la Cavalerie.

Le cahier des charges et les pièces relatives aux marchés sont déposés dans les bureaux des chefferies du Génie de Marrakech, Casablanca et Rabat. Les pièces nécessaires pour être admis à concourrir devront être fournies au plus tard le 24 novembre 1921 au Chef du Génie de Marrakech. Le 22e qui redeviendra 2e Spahis effectue son retour effectif à Marrakech en 1924.

monument_spahis_casa  Un monument créé par le sculpteur Paul Landowski représentant un Spahi marocain serrant la main d'un Cavalier français fut érigé sur la Place Administrative de Casablanca, en l'honneur de tous les Spahis marocains morts pour la France pendant la Guerre de 1914-1918. Ce monument fut plus tard transféré à Senlis.

Entre les deux guerres les spahis de Marrakech furent associés aux combats du Bou Gafer (février-mars 1933); ci-dessous un apperçu à travers quelques citations individuelles: Spahi BELKREIR ben MERZOUK, Lt Pierre-André CODET, Lt Armand ROBILLOT, S/Lt SI MOHAMED ben MOHAMED, Médecin-Capitaine Jean-Germain VIAL, Capitaine René-Gaston HOUSSIN, Lt MARCHETTI.

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Sont réunis ci-dessous les noms de plusieurs des officiers du 2eRSM après ces combats. Ils commandaient le 2e RSM en 1934 : 

Le Colonel Adrien, Jules, Gustave BURNOL, frère aîné du Colonel Emmanuel BURNOL (MplF-1940) tombé à La Horgne le 15 mai 1940. Le Lt-Colonel Olivier, Alphonse, Marie MARC, Le chef d'Escadron Germain, Lionel MOSLARD, le Chef d'Escadron Jean-Marie, François, Gabriel de CARDES, le Chef d'Escadron Robert, Louis, Camille de SEROUX, le Capitaine Paul, Charles, Louis MAZOYER, le Capitaine Maurice, Louis JOPPE, le Capitaine Jean-Marie PEYREGNE, le Capitaine Charles, Isidore BUTERI, le Capitaine AbdelKader BEN CHOUKA, le Capitaine Jules, Félix, Marie, Léon SERVE, le Capitaine Jean GRIPON, Le Capitaine André, Christian DEVOUGES, le Capitaine Thévenin COURBALLÉE, le Capitaine René, Gaston, Marie HOUSSIN (citation Bou Gafer), le Capitainne Bernard, Gabriel FAUCONNIER, Lieutenant Charles BONNEAU, il épousa une marrakchia, la fille de l'imprimeur Camille HÉBRÉARD et plus tard prit la succession de son beaupère à l'imprimerie. Lieutenant Charles, François MARCHETTI (citation Bou Gafer), Lieutenant Antoine MAITRE, Lieutenant Henri DUDOGNON, Lieutenant Marie, Michel, Eugène LE FRANC DE POMPIGNAN, Lieutenant Jacques, Marie, Louis DODELIER, Lieutenant Armand-Marie Georges ROBILLOT (citation Bou Gafer), Lieutenant Georges, Henri MATHON, Lieutenant Michel LE TELLIER, Lieutenant Paul DILLOT, Lieutenant Alfred PILLAFORT, Lieutenant Bernard DE LAITRE, Lieutenant Henri, Charles-Marie BOUVAIS DE LA FLEURHAYE.

Parmi les cadres du régiment et en plus du Capitaine ABDLKADER BEN CHOUKA déja mentionné, nous notons dans ce régiment les noms du Sous-Lieutenant SI MOHAMED BEN SI MADANI EL GLAOUI, du Sous-Lieutenant SI ALLAL BEN ACHIR, du Sous Lieutenant M'BARK BEN AHMED, du Sous-Lieutenant BOUCHAIB BEN MOHAMED, du Sous-Lieutenant MOHAMED BEN MOHAMED (citation Bou Gafer), du Sous-Lieutenant MOHAMED BEN EMBAREK SOUSSI, du Sous-Lieutenant AHMED BEN ABDERRAHMAN, du Sous-Lieutenant MOHAMED BEN DAOUI BEN SALAH (Mplf en Juin 1940), du Sous-Lieutenant AHMED BEN L'BIZIOUI.

TROIS ANNÉES PLUS TARD (1937) ON REMARQUE MUTATIONS ET PROMOTIONS PARMI LES OFFICIERS DU 2eRSM EN GARNISON À MARRAKECH

Le Colonel Adrien-Jules Gustave BURNOL est toujours à la tête du régiment, le Lt-Colonel MARC n'est plus là mais un autre Lt-Colonel a pris ses fonctions, il s'agit de Marie-Joseph, Léon de GALARD TERRAUBE. Le Chef d'Escadron Germain Lionel MOSLARD prit l'intérim du chef de corps; est aussi présent le Chef d'Escadron de SEROUX, mais de CARDES n'est plus là et c'est Mathieu, Philippe, Victor FORTOUL qui lui succède.

Parmi les capitaines récemment promus sur place: Charles BONNEAU qui épousa Mlle Hébréard, fille de l'Imprimeur marrakchi C. Hébréard; Marie-Michel LEFRANC DE POMPIGNAN (MplF, 14.5.40), Antoine MAITRE. Plusieurs capitaines sont venus d'autres régiments: Rémy, Germain RAYNAUD; Roger, Benoit COURTOIS, Maurice, André, Jean EBENSCHWILLER; Robert CORNUBERT.

Les nouveaux Lieutenants promus sont SI MOHAMED BEN SI MADANI EL GLAOUI, M'BARCK BEN AHMED, Paul GODILLOT, Marcel DUGUÉ-MAC-CARTHY, Ernest Henri CHAUME, Jean VOINOT, Bertrand de CHAIS NÉ DE BOURMONT, Louis, Jean GAILLON, Robert, Michel BAUDOIN, Gislain, Marie DE BENOIST (MplF, 5.12.44), Charles-Marie de LOUSTAL, Lucien REBORA.

Outre le Capitaine BEN CHOUKA ABDELKADER et les deux sous-lieutenants promus lieutenants, les officiers marocains comptent sept sous-lieutenants dont plusieurs nouvellement promus: SI MOHAMED EL HASSAN BEL HAMDOUMIA, SI BEKKALI OULD EMBARECK OULD BEL HABIB, BOUCHAIB BEN ABDELKADER.

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Spahis marocains à St-Dié (Vosges) en 1940

Les Spahis du 2eRSM morts pour la France en 1939-1940 de décembre 1939 à juin 1940.

Le Colonel GEOFFROY (Edouard, Émile, Stanislas) est à la tête du 2e Régiment de Spahis Marocains depuis le début des combats.

Les deux premiers morts tombent à Givet dans les Ardennes (4 décembre 1939): Charles Albert TREIBER né à Wintzenheim en 1905 et le Spahi Lahoussine BEN AHMED né aussi en 1905.

Trois autres meurent à l'hopital de décembre 1939 à février 1940 suite à des blessures ou des maladies: Boujmaa BEN BARCK né en 1915, Mohamed OULD SIDI AMOUMARE et Lhassen BEN AHMED né en 1914

Du 11 au 14 mai 1940 aux combats de Vendresse tombent: Le Maréchal des Logis Joseph PEREZ né en 1916 à Chanzy (Algérie), Philippe LEFORT né en 1912 à Isques (Pas de Calais), les spahis de 1eClasse  Hamou BEN TAHAR né en 1897 et Lahoussine BEN IDDER, né en 1899, les spahis de 2e Classe: Mohamed BEN AOMAR né en 1920, Lacen BEN AHMED né en 1915, Lahoussine BEN AHMOU né en 1912, Lahsen BEN AHMED né en 1907, Mekki BEN M'BAREK BEN HADJ AHMED.

Aux combats de La Horgne du 15 mai 1940 sont morts pour la France: le Colonel Edouard GEOFFROY né en 1890 à Montauban (Tarn et Garonne), les spahis de 2e Classe Mohamed BEN BIHI né en 1898, Mamoun BEN ALI né en 1904, Abdallah BEN SALEK né en 1914, Aomar BEN BOUCHAÏB BEN MOHAMED né en 1915, Mohamed BEN ALLAL né en 1916, Bouziane BEN KERROUM né en 1917, Adolphe ROSIAN né en 1917 à Werlebach, le lendemain 16 mai: le Spahi de 1ere classe Khalifa BEN AHMED né en 1904, les spahis de 2e classe Mohamed BEN BOUCHAÏB né en 1912 et Charles VIMARD né en 1913 à Saint-Maur (Val de Marne).

Aux combats de Vandy et Terron sur Aisne 9-10 juin 1940 furent tués à l'ennemi: Le Lieutenant Mohamed BEN DAOUI BEN SALAH né en 1909, le Maréchal des Logis Aomar BEN FATMI né en 1906, le Brigadier Jacques Henri PERIER né en 1900, le Brigadier Mohamed BEN AHMED né en 1906, le spahi de 1ere classe Salam BEN LAHOUSSINE né en 1913,  les spahis de 2e classe Bouchaïb BEN TAHAR né en 1902, Embarck BEN LARBI né en 1902, Majoub BEN M'BARK né en 1912, Abdesselem BEN LAHOUSSINE né en 1914, Brahim BEN MOHAMED né en 1916,  et pa la suite le 10 juin: Maréchal des Logis André PERNOT né en 1911, Brigadier Lorma BEN BRAHIM né en 1905, le Brigadier Ahmed BEN ALLAL né en 1910, le Brigadier Ahmed BEN MOHAMED, le Brigadier Mohamed BEN N'HAMED né en 1915, Spahi André Gabriel BÈS né en 1909, Louis Joseph GONZALEZ né en 1917 à Sidi bel Abbès,  Spahi Rahal BEN ABDELKADER né en 1917, Ahmed BEN BARK né en 1909, Spahi Hassan BEN ABDAHAMAN, Spahi Abdellah BEN LIMANE BEN M'BARK né en 1920, 

Du 11 au 12 juin, le Maréchal des Logis Ali BEN SI MOHAMED OU AHMED né en 1908, le Spahi Maati BEN BOUCHAÎB né en 1919, Le 12, le Spahi Aomar BEN EL HADJ né en 1907, René SOULAS né en 1917, Georges SEGUIN né en 1920, 

Du 13 au 14 juin: le spahi Ferradj BEN MILOUD né en 1916, le Spahi Messaoud BEN BOUJEMA né en 1918, Le lieutenant Galmier STHMER, d'abord porté disparu et n'ayant pas été fait prisonnier par les allemands, réapparut, devint capitaine dans la Cavalerie et fut fait chevalier de la Légion d'Honneur en octobre 1944 (Selon les recherches du Colonel Thierry Moné)

Le 16 juin à Germisay (Haute-Marne): Le lieutenant Émile Pierre CHAUME né en 1905, le Brigadier André DANVIN né en 1920, le Spahi Henri Marcel BRODU né en 1919. le Spahi Jean André COLAS né en 1920, le Spahi André Louis SOLIGNAC né en 1919 à Lyon, de même Auguste TERNIN-ROZAT né en 1910 à Lille (Nord) 

Le 16 juin, le Lt Roger Louis Fernand DIGNY né en 1912 à Nancy est mort à Leurville 

À Germisay furent tués également: Ahmed BEN SALAH né en 1901 Douar Vaghat tribu Rifa le 20 juin 1940, de même Jean André GILBERT né à Tours en 1921, Marcel P.A. HAZÉ né en 1910 à Paris et le même jour Embarek BEN MIMOUN né en 1902 aux Ait Youssi (Algérie) est tué à Illoud (Haute-Marne)

Le Spahi Bachir BEN MOHAMED fut porté disparu en 1940 sans que la date précise de sa disparution soit connue. Le Spahi El Hassan BEN DRISS né en 1915 à Marrakech est aussi porté disparu mort pour la France en 1940.

La_Horgne_monument_2eSpahis Le monument de La Horgne dédié aux Spahis

Quelques noms de prisonniers du 2e Spahis marocains:
Sergent-Chef Kabour ben Aomar né en 1911 à Marrakech 

Brigadier Djilali ben Mohamed né en1908
Brigadier Mohamed ben Abdelaziz né en1902, 
Soldat 1e Cl Mohamed ben Ahmed 
Soldat 1e Cl Djilali (Ali) né en1901 à Marrakech 
Soldat 2e Cl El Aoumi ben Ahmed Mle 6190 
Soldat 2e Cl Bark ben Mohamed, 4/2e Spahis
Soldat 2e Cl Bark ben Salem 2/2e Spahis 
Soldat 2e Cl Mohamed ben Abdeslem 2/2e Spahis 
Soldat 2e Cl Mohamed ben Addi 
Soldat 2e Cl Miloudi ben el Hassane né en 1917 
Soldat 2e Cl Miloudi ben Ali, 4/2e Spahis
Soldat 2e Cl Miloud ben Jillali, né en1921, 
Soldat 2e Cl Aomar ben Brick, né en 1920 à Marrakech 
Soldat 2e Cl Driss ben Aomar né à Marrakech 
Dans les camps de prisonniers et les hopitaux il y eut aussi des décès de Spahis du 2e RSM
René Albert PRINCE né en 1911 à Paris est mort le 1er Juillet 1940 à Vittel (Vosges)
Hamouad BEN LARBI né en 1898 à Marrakech est décédé le 8 juillet 1940 à l'Hôpital de Rennes
Gheziaoui BEN TAÏEB né en 1917 à Thierville en Algérie est mort le 10 juillet 1940 à Nancy
Louis SAVIDAN né en 1914 en Côtes d'Armor est mort le 10 novembre 1940 en Allemagne
Henri AZEMAR, chef d'escadrons, né en 1888 à Cambrai mplF 9 mars 1941 à l'hôpital de Lyon (Rhône). C'est lui qui rassembla le régiment dispersé après La Horgne et en prit le commandement provisoire.
Marcel Léon GHÉKHIÈRE né dans le Nord en 1913 décède à Toulouse le 10 avril 1941.
Allal BEN AHMED né à Ben Ahmed Cheik Amar mort le 2 septembre 1941  à Garein (Landes)
El Aouni BEN AHMED né en 1921 au Douar Abdeslem (Algérie) meurt le 18 juin 1943 à Rion (Landes)
Plusieurs Spahis furent décorés, ce fut le cas du Maréchal des Logis Ahmed Ben Abbou, Médaille militaire et Croix de Guerre avec Palme. Le document qui l'atteste nous a été transmis par Monsieur Samir Merzouki que nous remercions, il le tenait de Monsieur Mbarek Guennouni, enseignant à la retraite et fils du défunt Benabbou.

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Le Lt Colonel de KERANGAT né en 1885 prit le commandemant du régiment après l'intérim du Chef d'Escadrons AZEMAR.
Plusieurs officiers du régiment nous interrogent:

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Le Lieutenant Bekkaï ben M´barek Lahbil né en 1906 était lieutenant au 2e RSM.  Il était sorti Sous-Lieutenant de l'école d'officiers de Meknes de Dar el Beida (photo H.Azdod ci-contre), major de sa promotion devant Oufkir en 1928. Le lieutenant de Spahis Bekkaï ne participa pas aux combats de La Horgne car il avait été grièvement blessé à un genou quelques jours avant.  Devenu Colonel et Pacha de Sefrou, il fut par la suite de décembre 1955 à avril 1958, le Président du Conseil de deux gouvernements. Il fut choisi par le Sultan Mohamed V en accord avec le Gouvernement français et eut en particulier lors du premier gouvernement jusqu'en octobre 1956 à préparer les traités mettant officiellement fin aux protectorats français et espagnols. Choisi ensuite comme premier ministre par Mohamed V, il forma son premier gouvernement .
Le lieutenant Hassan Bennis, né en 1904 qui avait fait la même école que Bekkaï et Oufkir fut fait prisonnier par les allemands à La Horgne après une très courageuse résistance de son groupe. Consigné à l'École de Saumur contrôlée par le Gouvernement de Vichy, il s'en évada et rejoignit le Maroc.
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Qui nous parlera aussi  des autres officiers et notamment des marrakchis ?
Lt Bernard né en 1912, 
Lt Bommenel né en 1907,
Lt Boussion (R) né en 1909,
Cne Buresté médecin, né en 1907 ( très certainement Marrakchi. Un Dr André Buresté figure sur un annuaire à l'adresse du 37 rue R'Mila )
S/Lt Championnat né en 1902,
Lt Camille Collomb (R) né en 1900 (très probablement Marrakchi, il y avait une entreprise Ch. Collomb à Marrakech déja en 1928)
Cne Robert Cornubert né en 1890
Lt Courtin (vétérinaire)
Lt Dabadie (R)
Lt Jacques Duron né en 1912 
S/Lt Filliard né en 1902
S/Lt Bertrand Léopold Gailhanou (R) né en 1904 (probablement Marrakchi, une entreprise de ce nom existait à Marrakech)
Lt Gallon né en 1905
Cne de Géloes né en 1895
Cne Giraud né en 1902
Cne Paul Godillot né en 1905
Cdt Guingal né en 1887
S/Lt Lafaille né en 1905
Lt Marcel Dugué Mac Carthy né en 1910
Cne Antoine Maître 1898
Lt Maré (R) né en 1904
Lt Mercier B
Lt Pajanacci médecin de Casa(R) né en 1907
Lt Rapinal (R) né en 1911
S/Lt Galmier Sthmer (R) né en 1901
Lt du Tertre né en 1910
Lt Vidal vétérinaire
Lt Vivier né en 1909
Cne Woehr (R) né en 1902, certainement marrakchi. La famille originaire de Suisse entretenait un domaine agricole dans le bled près de Marrakech. Charles Woehr fut même secrétaire général de la Chambre d'Agriculture de Marrakech.
Nous avons noté en particulier les capitaines Buresté et Woehr, le lieutenant Clément Collomb, le S/Lieutenant Gailhanou mais peutêtre que d'autres de cette liste ont des liens avec Marrakech. Qui nous le dira ?

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En octobre 1942 le Général Huntziger passe en revue les troupes stationnées au Maroc. Un peloton de spahis lui présente les armes à Rabat.
Au début de 1943 ce qui reste du 2e Spahis marocain, sert à constituer un nouveau régiment à Marrakech sur le modèle US. Le nom de 4e RSM lui est donné. Il est doté de scouts cars. C'est la conquête de la Corse, puis l'Italie, la Campagne de France, comme déjà relaté antérieurement avec l"Adjudant chef Sainseaux (voir--> Spahis à Marrakech). Voir aussi le --> livre autobiographique de Louis Talvard.
Après l'Indochine en 1955,  le 2eRSM revient à Marrakech. Grâce à l'ami Halfaoui qui collectionne photos, et cartes postales anciennes sur Marrakech nous pouvons présenter des photographies de cette nouvelle période, plus proche de nous, où les Spahis étaient à nouveau en garnison à Marrakech.  Les missions consistent en opérations de sécurité, protection, et tournées de police dans le Sud Marocain. Les personnels marocains quittent le régiment pour  constituer les unités des FAR - Forces Armées Royales avec l'aide d'officiers et sous officiers Français. Pour compléter le 2e Régiment de Spahis il est fait appel aux appelés du contingent dont les premiers arrivent à Marrakech en 1956.
                
L'arrivée du 2e Spahis en 1955 sur la Place du 7 septembre à Marrakech ne passe pas inaperçue. Le régiment est alors sous les ordres du Lieutenant-Colonel BLONDEAU.

2e_Regiment_de_Spahis_Marrakech_Arrivee_du_Regiment_a_Marrakech C'est une cavalerie moderne, entièrement mécanisée qui apparait aux  marrakchis.

Spahis_peloton_EBR33 En bordure de  la Palmeraie, les EBR 75 - Engins blindés de reconnaissance ont remplacé les AMM8 et les chevaux

Spahis_exercice_peloton71 Un exercice de peloton dans la Palmeraie

2e_Regiment_de_Spahis_Marrakech_Passage_du_Tizi_N_Tichka Le passage du Tizi n Tichka par les EBR 75

spahis_batiment_escadron23 Le bâtiment d'un escadron au camp militaire du Guéliz.

2eme_Regiment_de_Spahis_Marrakech_la_veranda_du_foyer La véranda du foyer.

Spahis_foyer_bar_12 Le Foyer-bar à l'intérieur.

Spahis_cercle_Ssoff69 Le cercle des sous officiers.

Spahis_piscine_officiers79 La piscine de garnison des officiers et leurs familles .

2eme_Regiment_de_Spahis_Marrakech_la_salle_de_demonstration_auto La salle de démonstration auto.

Spahis_fanfare_94 La fanfare en grand uniforme traditionnel sous les faux-poivriers.

2eme_Regiment_de_Spahis_Marrakech_sport_equestre_Capitaine_d_Aroxy La tradition cavalière - Le capitaine d'Aroxy.

2e_Regiment_de_Spahis_Marrakech_Un_coin_du_Paddock Un coin du paddock.

L_Etendard_du_2eme_Regiment_de_Spahis_Marocains_a_Marrakech L'Étendard du 2e Spahis avec ses EBR au pied de la Koutoubia de Marrakech.

En 1958 le Régiment quitte le Maroc pour rejoindre les Forces françaises en Allemagne à Saint-Wendel, puis à Spire, il a alors changé de nom pour celui de 22e Spahis. La longue page des Spahis à Marrakech est tournée définitivement.

Merci au Colonel Moné, à Samir Merzouki, au collectionneur Halfaoui de cartes postales et de photos pour leurs recherches et leurs documents.

Beaucoup d'anciens se souviendront de cette époque où les Spahis faisaient corps avec les habitants de Marrakech. Plusieurs d'entre nous en auront des souvenirs. Ils sont invités à les partager ici pour que vive la mémoire.

05 novembre 2014

MÉDECINS, PHARMACIENS, DENTISTES, SAGES FEMMES AU DÉBUT DU XXe SIÈCLE À MARRAKECH

LES PIONNIERS DE LA MÉDECINE À MARRAKECH - CHRONOLOGIE

Au début du Protectorat, en 1912-1913 à Marrakech, les médecins, chirurgiens et pharmaciens de l'armée s'occupent aussi des populations civiles. Les médecins civils sont rares, souvent hérités des ambassades de différents pays comme l'Espagne, l'Allemagne ou la Grande-Bretagne. L'Angleterre autilise les services du docteur Nairn depuis 1890, l'Allemagne est représentée par le Dr Holtzman conseiller d'Abd El Hafid et la France avait installé le dispensaire du Dr Mauchamp, dont la mort fut si tragique. En 1913 il n'y a pas encore de contrôle sur les diplomes des médecins et professions de santé. Par exemple une pharmacie est ouverte au nom de Dayan et Hermet et une autre au nom de Dusserre qui ne figurent pas dans la liste des agréments parue par la suite. Du côté Marocain on trouve à l'époque des pharmaciens-médecins et des chirurgiens-barbiers sur la Place Jemaa ej Fna

Sur_la_place_Djmaa_El_Fna_Pharmacie_Arabe 

Pharmacien-médecin ambulant 

A partir de 1916 il est entrepris de délivrer des agréments pour l'installation au Maroc des nouveaux praticiens avec nécessité de présenter ses diplômes, ce qui n'était pas le cas avant. À Marrakech les années 1916 - 1917 voient l'agrément presque exclusif de pharmaciens à l'exception inestimable de la doctoresse Françoise LÉGEY, médecin dont nous avons déjà parlé sur ce blog. Diplomée de la Faculté de médecine de Paris du 4 juin 1900 et autorisée à exercer à Marrakech le 16 avril 1917, venant d'Alger à l'invitation du Maréchal Lyautey en raison de son expérience réussie auprès des femmes algériennes. (voir --> Doctoresse Françoise Légey). La petite chirurgie marocaine traditionnelle se pratique sur la place Jemaa el Fna

les_barbiers_chirurgiens 

Plusieurs échoppes de Barbiers-chirurgiens 

Jean_Oustry_1906

Quatre pharmaciens reçoivent l'agrément en 1916-17:
Félix MARCHAI, pharmacien diplomé d'Alger en 1913, est autorisé à exercer à Marrakech en décembre 1916. 
Louis FAURE pharmacien diplomé de Toulouse en 1902 est autorisé à exercer le 25 janvier 1917.
Jean OUSTRY pharmacien diplomé en 1906 à Alger. Exerce d'abord à Alger, il est autorisé à exercer à Marrakech le 27 janvier 1917. Pharmacie située 166 avenue Mangin
Ottorino INNAMORATI, pharmacien diplomé à Pérouse (Italie) en 1904 est autorisé à exercer en mars 1917
 
Les besoins en sages-femmes, dentiste, médecins et pharmaciens se sont ensuite développés progressivement avec la croissance régulière de la population pendant dix ans jusqu'en 1927.
Puis avec l'ouverture de la nouvelle ligne de chemin de fer en 1928 et la création de nouvelles sociétés et activités, l'afflux à Marrakech de membres des professions médicales s'amplifia.

Mathilde_Bruner_40

La période 1918-1927 - La grande diversité des origines des médecins est à souligner, ils viennent de différents pays, comme d'ailleurs les nouveaux marrakchis: français, italiens, espagnols, suisses, belges, britanniques.
Devant la pénurie, le protectorat accepte des non-diplomés, notamment pour les dentistes. Il ne donne l'autorisation en cas de non diplome qu'à des praticiens expérimentés, comme le britannique Cuthbert Nairn.
 
Mme BRUNER née CHIALVO Mathilde, sage femme, diplomée d'Aix en 1917, fut autorisée d'exercer à Marrakech en avril 1918. Un article sur la premiere sage-femme diplomée de Marrakech a été publié.(voir --> Mathilde Bruner)

Manuel_Canas_Fuentes_

Eugène de MORESTEL, n'avait aucun diplome de dentiste, mais Marrakech manquant de dentiste sa candidature fut tolérée et confirmée le 4 mai 1918.
CANAS FUENTES Manuel médecin, diplomé de l'université de Cadix (Espagne) en décembre 1918, ancien interne des hopitaux de Cadix, fut autorisé à exercer à Marrakech le 11 juillet 1919 (voir --> Canas Fuentes)
Gabriel VAILHE, pharmacien, diplomé de Marseille en décembre 1908, autorisé à exercer à Marrakech en avril 1920
Henri ROUTHIER médecin diplomé de Paris le 10 juillet 1919 fut autorisé à Marrakech en décembre 1921. Médecin fonctionnaire chargé de la Santé et de l'hygiène publique. En 1934 et encore en 1937, il délègue au Dr Paul DUTHU la Prophylaxie régionale.

Dispensaire_prophylactique 

sante_hygiene_publiques_mrk

Une des actions du dispensaire prophylactique; Pour éviter les maladies contagieuses en médina et au mellah, notamment le typhus qui faisait beaucoup de morts, les jeunes marocains isolés "errants et faméliques" habillés de guenilles  étaient conduits au dispensaire situé place Jemaa el Fna où on leur permettait de se laver, d'avoir de nouveaux vêtements et de déposer leurs haillons dans une coque qui était brûlée ensuite. Des dépistages avaient lieu aussi dans les écoles.

Gilbert_Faure_Beaulieu

Gilbert FAURE-BEAULIEU médecin, diplomé de Paris en décembre 1911, licencié en Sciences, ancien assistant d'ophtalmologie des Hopitaux de Paris, autorisé à exercer à Marrakech en décembre 1921. Medecin fonctionnaire chargé du dispensaire ophtalmologique.
Jean BARTOUX pharmacien, diplômé de Clermont-Ferrand en janvier 1909, autorisé à exercer à Marrakech le 18 janvier 1922; 
Mme RONDANINA née NICOLATI, sage-femme, diplomée d'Alger en juin 1922 autorisée à exercer le 10 novembre 1922
Guthber NAIRN pharmacien britannique non diplomé, mais toléré en raison de sa longue expérience, autorisation du 9 mai1923

Henri_Raynaud_1925

Mlle Aïda CARAPEZZA médecin diplômée à Palerme (Italie) en janvier 1918, autorisation d'exercer à Marrakech du 22 mars 1924, place Jemaa el Fna
André VINCENT, dentiste non diplômé mais toléré, en raison de la pénurie dans cette spécialité, autorisé à exercer en décembre 1925
Jean BARNÉOUD, médecin diplomé de Montpellier en décembre 1924 autorisé à Marrakech le 19 février 1926. Medecin fonctionnaire, chef du Bureau d'Hygiène. En 1934 il est assisté des infirliers Bonnefoy PIETRI et Don Luis SUSINI.
Henri RAYNAUD pharmacien de 1ere classe, diplomé de Lyon en 1918, Chevalier de la Légion d'Honneur et Croix de guerre, licencié es sciences 1914, docteur en pharmacie 1925, autorisé à Marrakech le 18 aout 1926
Paul COLLE médecin, diplomé à Paris en novembre 1919 autorisé du 16 novembre 1927.
De 1929 à 1933 les médecins se multiplient
Six apports en 1929

Edmond_Diot

Mme COLOMER née GÉRARD, sage-femme du 8 novembre 1908 à Bordeaux, autorisée à Marrakech le 19 janvier 1929
Lucien, Edmond DIOT médecin diplomé de Nancy en 1922, ancien élève de l'Institut Pasteur à Paris, Chef du Laboratoire régional de bactériologie, Médecin-fonctionnaire, chef du dispensaire antisyphilitique et autorisé à Marrakech le 5 avril 1929. Ci-dessous le laboratoire de l'Hopital Mauchamp où travaillait le Dr DIOT. Pour lutter notamment contre les maladies vénériennes et leurs transmissions, il fallait isoler au plus tôt les sujets contaminés. Le laboratoire permettait de les dépister en vue de les soigner.

LABORATOIRE_MAUCHAMP_ Laboratoire du Dr Diot à l'Hôpital Mauchamp

Jean_Charles_PelletJean, Charles PELLET médecin diplomé de Lyon en 1908, ancien chirurgien des hopitaux de l'Armée? Chevalier de la Légion d'Honneur, Croix de guerre, et autorisé du 9 avril 1929

Rudolph PEETS médecin, originaire d'Estonie, diplomé de Trieste en avril 1923, autorisé du 5 septembre 1929. Il fut aussi le médecin des colonies de vacances, notamment celle de Sidi-Farès

Rudi_Peets_Sidi_Farr_s_1931

Mlle Adrienne DECOR, médecin, diplomée du 9 novembre 1926 à Paris, autorisée à Marrakech en décembre 1929. Médecin fonctionnaire Maternité indigène (adjointe de la la Doctoresse Françoise Légey à laquelle elle succédera vers 1933)
Mme VERVEUR Yvonne, sage-femme diplomée de Lyon le 3 juillet 1925, autorisée à Marrakech le 30 décembre  1929, Infirmière spécialiste à la Maternité indigène. En 1937, elle sera remplacée par deux infirmières: Jeanne MAGNET et Marie NORMAND.
1930: Quatre praticiens de plus, dont un dentiste diplômé
Yves CROZE médecin, diplomé du 13 mars 1923 à Toulouse, autorisé à Marrakech le 19 mai 1930  
Mme CHEVRIER née DUPIN, sage-femme diplomée de Bordeaux le 28 juillet 1930, autorisée du 1er septembre 1930 à Marrakech
Louis KALNIN médecin diplomé de Dorpat (Estonie) en juin 1915, autorisé à Marrakech le 25 novembre 1930

Pierre_Martin_1931

Jean CAILLÈRES, dentiste, diplomé de Bordeaux en juillet 1930, autorisé à exercer à Marrakech en décembre 1930, installé Immeuble Louis, avenue Mangin
Six nouveaux en 1931: 
Pierre MARTIN pharmacien diplomé le 13 novembre 1924 à Paris, Croix de guerre, autorisé à Marrakech du 5 mai 1931
Mme MENAGER née SCHNEIDER, sage femme diplomée du 18 aout 1928 à Paris, autorisée du 26 mai 1931
Haïm ROTHSTEIN médecin diplomé en novembre 1885 à Moscou et autorisé à Marrakech le 16 juin 1931 1931
Aaron_Lapidus
Khalil Abi ARIF dentiste, diplomé à Beyrouth de juin 1933, autorisé à exercer en septembre 1931

Aron LAPIDUS médecin diplomé de Paris du 12 avril 1920, ex chef de service d'urologieà l'hôpital de Tananarive, chargé du service de l'Urologie à l'hopital Mauchamp et autorisé le 15 octobre 1931 à exercer à Marrakech

Maurice_Jacoud

Maurice JACCOUD médecin diplomé à Genève en 1925, ancien interne des hôpitaux de Genève, ancien chef de radiologie à la polyclinique de Genève, diplômé de médecine coloniale à l'université de Pais et autorisé à Marrakech le 19 novembre 1931
 
Cinq nouveaux praticiens en 1932:
Miss WOODHOUSE Gertrude, sage femme, diplomée du Central midwives board, autorisée du 20 janvier 1932

Henri_Modot

Henri MODOT médecin dipomé de janvier 1912 à Paris, ancien interne de chirurgie des hôpitaux de Saint-Denis, Chevalier de la légion d'Honneur, Chirurgien des Hôpitaux militaires (concours 1924), chirurgien de la Maternité et autorisé à Marrakech du 23 février 1932. Après la retraite du Dr MODOT, c'est le Docteur BERTHELEMY prit sa suite.
Mme Léa LAU CALUL née CHALIER, sage femme diplomée du 5 octobre 1927, autorisée du 20 juin 1932

Ovsei_Cunea_1930

Louis BRIMONT médecin diplomé du 3 juillet 1930 à Paris, autorisé à Marrakech le 29 juin 1932. Médecin fonctionnaire, responsable du Groupe sanitaire mobile. Il l'est encore en 1934, mais sera remplacé en 1937 par le Dr Augustin LE DISEZ.
Ovsie CUNEA médecin diplomé du 23 juillet 1930 à Montpellier et autorisé à exercer le 12 aout 1932 Voir --> article Dr CUNEA.
 
Ouverture de trois cliniques en 1932-1933
Clinique chirurgicale du Dr Henri MODOT, située, avenue du Haouz au Guéliz et autorisée du 21 juillet 1932. Elle ouvrira en fait le 1er juin 1933 avec au Rez de Chaussée une salle de stérilisation, une salle pour opération aseptique, 4 chambres pour malades, au premier étage le logement du chirurgien et sa famille. Le service est assuré par deux infirmières françaises diplomées et un personnel marocain.
Clinique du Dr A. LAPIDUS, clinique située avenue des Remparts, dans   un cadre de verdure agréable et tranquille.
Clinique chirurgicale du Dr Maurice JACCOUD, sise place Moulay Ali et autorisée du 27 février 1933. Au milieu d'un parc verdoyant, loin des bruits de la ville, la clinique dispose d'un appareillage de radiologie moderne, une salle de disthermie et une salle de contrôle de pneumothorax.
L'hôpital Mauchamp disposait aussi d'une salle d'opérations dans une aile de construction récente.

SALLE_D_OPERATION_MAUCHAMP Ce bloc opératoire fut aménagé en Médina pour les marocains. Les européens fréquentaient l'hôpital civil du Guéliz ou les cliniques privées.

Jean_Dreyfuss

Un pharmacien et deux médecins arrivent en 1933:
La ville de Marrakech est fière de pouvoir présenter en cette année 1933 un dispositif médical capable de rassurer les touristes à la santé fragile. Une grande partie des photos-portraits ci-dessus a été réalisée dans ce but.
Jean DREYFUSS, Pharmacien de 1ere classe de la Faculté de Lyon en 1927, docteur en pharmacie (1930), Diplômé d'hygiàne et de bactériologie à la Faculté de Lyon.

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Georges AKIKI, diplômé de la Faculté de Genève en 1931, diplômé de médecine coloniale, diplômé en gynécologie et obstétrique de l'hòpital Broca de Paris

Marc_Philippe

Marc PHILIPPE, médecin diplômé de Nancy en 1931, ancien médecin du Service anti-paludique du Maroc.
Cette nouvelle page du blog est l'occasion d'établir une liste complète et précise sur les dates d'ouverture des cabinets médicaux des premiers médecins et personnels de santé établis à Marrakech avant 1934.  Nous avions fait un début de présentation de ces praticiens marrakchis sur ce blog, mais elle était incomplète et ne tenait pas compte de la chronologie. Pour avoir les noms d'autres médecins et praticiens exerçant en 1957 on se reportera à la liste publiée sur --> l'article précédent.
MEDECINS MILITAIRES; La liste chronologique de l'arrivée des médecins à Marrakech ne comprend pas les médecins militaires que nous ajoutons ci-dessous, du moins ceux qui étaient en fonction au milieu des années 30:
En 1934 le Medecin-Chef de la Région de Marrakech était le Medecin-Lt Colonel René GRAINDORGE. Il avait autorité sur l'Hôpital Maisonnave (Palais de l'Agdal) et sur tous les médecins militaires de la région.
Nous nous limiterons à ceux de l'Hôpital Maisonnave et à ceux de la "Place de Marrakech"
Hopital militaire Maisonnave
Medecin chef: medecin-commandant SONDAG Alexandre, Medecin commandant RIBOLLET Alexandre,  Medecin capitaine LAUR Léon, Pharmacien capitaine: CARRIOU Georges, Capitaine d'administration: LOMBARD Léopold, Dépendant de la Santé et Hygiène publique: CROZES Yves, Infirmières: AUBLANC Louise, LAVIELLE Catherine; infirmier MORIN René
Place de Marrakech: 
Medecin commandant, MARTENE André, Medecin capitaine GUIDON Lucien, Medecin capitaine GRENIER Jean, Medecin capitaine, POUBLAN Henri, Medecin Lieutenant LACOMBE Henri, Medecin Lieutenant MATHEY Jean, Medecin Lieutenant RIOUX Yves, Lieutenant d'administration: BERGET Lucien, Lieutenant d'administration, CHOMERAT Etienne.
Plus tard arriveront les premiers médecins marocains diplomés: Dr Abdelaziz BERRADA, Dr A. DJOUDI, Dr KEBAILI, nous ne savons pas la date exacte des installations après 1933.
LES VÉTÉRINAIRES Les soins aux animaux amenèrent aussi des vétérinaires à Marrakech, plus particulièrement à partir de 1927
Vétérinaires autorisés en raison de leurs diplômes:
NAIRN Brice, diplomé du 18 juillet 1924 à Glasgow, autorisé du 1er juin 1927
MARQUANT Georges 1927, diplomé d'Alfort du 10 janvier 1913, autorisé du 27 décembre 1927
DEYRAS Gustave, diplomé de Lyon le 1er novembre 1921, autorisé du 3 janvier 1928
GENTY André, diplomé du 14 décembre 1931 à Toulouse, autorisé du 18 novembre 1932
Les vétérinaires militaires de Marrakech figuraient en 1933 dans une autre liste ci-dessous:
Véterinaire-commandant Edmond-Charles EISENMENGER
Vétérinaire-capitaine André-Gilbert CHAILLOT
Vétérinaire-capitaine Marcel-Léon BEAUVILLAIN
Vétérinaire-lieutenant Raymond ASNAR.
Merci au collectionneur Halfaoui pour les cartes-photos de l'hôpital Mauchamp éditées par le Service de Santé et d'Hygiène, ainsi que les cartes postales anciennes. Merci à la Revue Salam Marrakech d'avoir publié des portraits de médecins et pharmaciens sous-titrés de leurs noms. Nous avons réuni dans cet article des sources administratives sur les dates des agréments et des sources privées ce qui n'avait jamais été réalisé avant. Espérons que les dates indiquées aideront nos lecteurs à mieux situer leurs souvenirs et à mieux comprendre le travail extraordinaire des ces pionniers. Les commentaires et documents sur tel ou tel de ces acteurs et actrices du développement de Marrakech sont les bienvenus.



03 novembre 2014

LE MOUASSINE DE JOSEPH DADIA

Joseph Dadia à qui nous devons plusieurs récits où son histoire personnelle s'inscrit dans l'histoire de la ville de Marrakech, nous offre une visite d'un ancien quartier de Marrakech, le Mouassine. Cet écrit fait partie d'un recueil de textes intitulé "Le souffle vespéral", une contribution à la Saga des juifs de Marrakech (pp115-8). Il s'agit d'un quartier dont l'histoire concerne toutes les communautés.

CP_M_Kech_ancien_Fontaine_Mouassine_02  Fontaine du Mwasin

mwasin, mouassine

Natif de Marrakech, je n'avais pas entendu parler de ce quartier, situé entre El Kennaria et El Kissaria au coeur de la Médina, distant à peine de quelques encablures de la fameuse place Jamaâ-El-Fna, où enfant, j'allais admirer les acrobnaties des Oulad Hmed OuMoussa.
J'ai vu le jour non loin de là, à la Maternité Marocaine de Marrakech - "Dar Madame Logey", comme dit ma mère. Les ruelles fraîches et animées d'El Kissaria m'étaient familières, avec ses échoppes et ses bazars. J'y accompagnais maman pour ses emplettes.
Riad El Arous, je le connaissais de nom,  de même que le lointain Bab Tarhzoult, où je me rendais en calèche chaque jour avec maman et ma tante Zhor pour soigner mon oeil gauche, éraillé par la pointe d'un bout de bois, à la suite d'un geste imprudent et involontaire de notre voisin Berto. Ces images de ma tendre enfance sont toujours présentes dans ma mémoire.
Mouassine_1920 
L'atmosphère du Mouassine, je ne l'ai goûtée que bien plus tard, au détour de mes lectures assidues sur le Maroc: "Avant la création de la Capitale (Marrakech) au XIe siècle (Par Youssef Ibn Tachfin, en 1062), les juifs habitaient la vieille cité d'Aghmat et de Tasghimout, d'où ils émigrèrent pour venir se loger dans le quartier du Mouassne. En 1557, le Sultan les réunit dans le Mellah qu'il fit construire près de son Palais, afin de les tenir sous sa protection" (de Parigny - Marrakech p.137, Paris 1018); Ce texte éperonna ma curiosité.   

P1070520

Le regretté David Corcos, dans son article sur "Les Juifs au Maroc et leurs Mellah" (Studies in the History of the Jews of Morocco, pages 64 à 130), citant Marmol et Diego de Torres, nous ouvre la porte des Mouassine.
Avec l'avènement d'une nouvelle dynastie au Maroc, celle des chérifs Saâdiens, Marrakech était devenue la Capitale de l'Empire. Elle reçut un nombre de réfugiés Juifs d'Espagne et du Portugal, des anciens marranes de la Péninsule Ibérique, des îles Canaries et même des lointaines Antilles. Tout ce monde s'était installé dans deux quartiers différents, les Beldiyyin (juifs autochtones) continuaient de vivre par petits groupes épars au milieu des musulmans. Cependant vers 1542, ils avaient une Kissarya à eux où ils s'adonnaient spécialement à l'orfèvrerie.

Entree_Kissaria_Semarine

Danielle sortant de la Kissaria, par la porte près de la Fontaine du Mouassine

Puis il semble que Mégorashim (juifs expulsés d'Espagne) et Beldiyyin se soient pour la plupart regroupés dans un seul quartier, celui de Mwasin. Le Sultan du Maroc nommait les Mégorashim "Hbab Allah" les Biens-Aimés de Dieu - en raison de leur degré de sainteté et de leur pouvoir par la prière d'appeler la pluie sur Marrakech, même en plein été ou en période de sécheresse.

CP_M_Kech_ancien_Fontaine_Mouassine_03  La même porte, près d'un siècle avant. (L.Lèvi editeur)

"Le quartier des Juifs, nous dit Marmol (Luis de Marmol Carvajal - L'Afrique Tome II, p. 59), était autrefois au milieu de la ville, en un lieu où il y a plus de trois mille maisons...", soit 15000 personnes, selon l'estimation de Diego de Torres.
Les juifs de Marrakech - (Awlad El Blad - les enfants de la Cité - en raison de ce qualificatif, le musulman pouvait appeler le juif "mon frère" - yakhouya) - se sont concentrés pour la plus part dans ce quartier, où se trouvaient les synagogues et les institutions communautaires.
Au Mwasin, se trouvait un petit cimetière, et, c'est pour cela que de nos jours encore les Cohanim (les juifs portant le nom de Cohen) ne se rendent pas dans ce quartier, car il leur interdit, en tant que descendants du Grand Prêtre d'aller dans les cimetières.
En 1563, les musulmans construisirent dans ce quartier une belle mosquée qui porte le nom de "Jamaâ Aschorfa". D'après le témoignage de l'historien Al-Oufrani, les musulmans s'abstenaient de prier dans cette mosquée, sous prétexte qu'elle fut édifiée sur un cimetière juif.

mosquee_mwasin2013 

La Mosquée du Mouassine en réparation en 2013

Je voulais voir de mes yeux ce quartier, ancienne résidence de mes ancêtres marrakchis. J'ai attendu plusieurs années pour réaliser mon rêve. Ce fut un samedi après midi, par une belle journée ensoleillée de fin janvier 1989, accompagné de mes amis de toujours David Dayan, Marc Moryoussef et d'un jeune confrère avocat marrakchi, que je franchissais pour la première fois de ma vie ce merveilleux quartier, dont le nom évocateur me fascinait de son parfum et de son histoire.

Mwasin_Font13 

La fontaine du Mouassine aujourd'hui

"Voici Bordj El Yahoudiya, voilà l'ancien cimetière juif" me répètent les habitants de ce quartier. Des ruelles propres, paisibles, nobles avec de vastes fondouks de l'époque andalouse. Je me sentais chez moi. Ces lieux, je les connaissais. Je les ai portés dans mon coeur. Une joie intérieure m'illuminait. Je ne me lassais pas d'arpenter ce quartier.J'interrogeais enfants et vieillards. Tous connaissaient la présence juive de ce quartier. La tradition orale est vivante et ardente dans la mémoire des habitants du Mwasin. Le souvenir juif de ces lieux est toujours vivace.
Quelques jours après dans les couloirs du Palais de la Cour d'Appel de Marrakech, une jeune consoeur me confia qu'elle était native du Mwasin. Mon ami Moulay Abdellatif Bachiri-Taoufiq, aussi. Le charme secret de ce quartier m'habitera à jamais. Mes racines juives et marocaines jaillissent là-bas.
La légende des juifs de Marrakech sait raconter que "ce fut à cause du scandale provoqué par une musulmane qui accusait faussement un juif, chargé de nous réveiller pour les prières nocturnes du mois d'Ellul, de l'avoir maltraitée la nuit dans une rue", ils durent changer de résidence.
En 1438, les juifs de Fès ont été chassés de Fes-El-Bali où ils résidaient depuis des siècles, pour s'installer dans leur mellah, pour avoir été accusés de profaner  avec du vin la mosquée de la ville.

P1070519

Le Palais du tapis du Mouassine

Les Juifs de Marrakech quittèrent le Mouassine, pour s'installer près de Bab Aghmat, afin qu'ils fussent séparés des Musulmans, en un quartier, fermé de tous côtés de murailles, sans avoir qu'une porte qui va à la ville, et une autre petite qui répond à leur cimetière, et dans cette enceinte sont bâties plusieurs maisons et synagogues.
Cent cinquante neuf années après celui de Fès et deux années environ après le Ghetto de Rome, le Mellah de Marrakech fut fondé en 1557 (pour la tradition orale 1577/5317). C'est le Sultan Moulay Abdallah Al Ghalib Billah qui les réunit tous dans le Mellah, qui existe encore de nos jours sous le nom de Hey Salam, à proximité de la Qasbah et du Palais Royal (Qasr El Badi)
En ce temps là, le Mellah était un beau quartier avec de belles maisons et des jardins, un quartier vaste et agréable où les marchands chrétiens n'obtenaient même pas l'autorisation de s'établir. Mais, tous les Agents et Ambassadeurs des Princes étrangers pouvaient y habiter.
C'est là que vécut l'ambassadeur du roi du Portugal, puis de Philippe II d'Espagne, Don Francisco de Costa, qui était probablement un juif caché, un marrane. Ce grand seigneur avait été nommé Ambassadeur au Maroc en 1579 et fut surtout chargé de racheter la fine fleur de l'aristicratie portugaise faite prisonnière après la défaite de la bataille des "Trois Rois" (1578) près d'El Kébir. Il logeait dans une belle maison appartenant à un juif et située près du cimetière juif. Il demeura dans le Mellah de Marrakech, où il mourut en Avril 1591. Il laissa un testament dans lequel il demandait à être enterré dans cette maison ou dans son jardin, bien qu'il y eut un cimetière pour les chrétiens à Marrakech.

cimetiere_israelite_mrk24 

Le cimetière juif en 1922

Fondée en 1062 par l'Almoravide Youssef Ibn Tachfin, Marrakech resta d'abord interdite aux juifs qui continuaient à vivre à Aghmat Ourika à 40 km au sud est de la ville. Mais ils étaient autorisés à y passer la journée pour les besoins de leur commerce. C'est le monarque Saâdien Ahmed Ed Dahabi (1578-1603) qui invita les Juifs d'Aghmat à venir s'établir à Marrakech.
En 1190, Zachariah Ben Yehouda Aghmati rédigea un commentaire des traités talmudiques: Baba Qama, Baba Metzia, Baba Batra.
Au 12eme siècle, Abraham Ibn Ezra, le grand poète espagnol pleurait les communautés juives d'Afrique soumises aux tourments du Pogrom: "Je prends le deuil pour le Dräa première victime. Au jour du Shabbat le fils et la fille répandirent leur sang  comme de l'eau... Je convoque le deuil, comme la misère, sur le peuple de Sigilmassa ville de gloires et de savants, dont les lumières sont recouvertes par la ténèbre... Ile de beauté - peuple de Tlemcen - et sa splendeur détruite - ô ville royale et perdue - Somptueuse Marrakech ! Tes élans précieux sont transpercés sous l'oeil insatiable de l'ennemi..." Il s'agissait du grand règlement de comptes des Almohades dressés contre les Almoravides et leurs protégés. Les villes de Draâ, Sigilmassa, Tlemcen, Marrakech, Fes, Ceuta, Meknes furent pillées et virent leurs communautés juives atteintes entre 1140 et 1147.

CP_M_Kech_ancien_Fontaine_Mouassine_05  La Fontaine et la Mosquée du Mouassine - 1922

Dans un autre manuscrit, il n'est pas question de Marrakech, mais d'Aghmat. Aghmat, capitale des anciens rois vaincus au XIeme siècle par les Almoravides, a eu son époque de splendeur. Avant la fondation de Marrakech, elle fut la résidence des rois de Mas'mouda et la capitale de tout le pays. Il semble qu'elle partagea plus ou moins ce rôle avec Nfis, ville située probablement au confluent de Tensift et de l'oued Nfis. 
Henri terrasse dans son ouvrage "Villes impériales du Maroc" (Artaud, 1937 - page 56) nous éclaire ce passé prestigieux: Ce pays démesuré, à la fois éclatant et sombre, fut lent à trouver sa capitale, comme si sur ces vastes espaces, l'homme ne savait pas trop où s'accrocher et se maintenir. Aux limites mêmes du désert saharien, les villes naquirent et disparurent avec une déconcertante facilité, sans jamais pouvoir étendre bien loin leur influence, ni avoir le temps de fonder des traditions. Pourtant, le Sud marocain était, lorsque l'Islam s'y établit, un pays de sédentaires. Ses premières métropoles Nfis, Aghmat, se construisirent au contact de la montagne et de la plaine: grands marchés d'échanges entre deux régions complémentaires, ces centres anciens s'étaient tous installés dans le Dir. Grâce aux eaux descendues des hauteurs, s'étend au pied de l'Atlas un long ruban de terres fertiles qui forment un véritable bocage méditerranéen. Nfis a disparu; Aghmat n'est plus qu'une bourgade. Mais des témoins plus récents nous permettent de restituer très exactement ce que furent ces premières agglomérations urbaines. Demnat au milieu de ses jardins, de ses oliviers, avec le lacis étincelant de ses séguias, offre l'image réduite de ce que furent ces capitales rurales, grands marchés sans murailles. Toutes berbères, elles rayonnaient seulement sur une partie du Haouz et quelques vallées."
Aghmat correspond à l'Aghmat Ourika des auteurs arabes. Ourika désigne une petite tribu dont Aghmat fait partie. Le mot Aghmat a deux sens. Dans le sens large, c'est un vasteespace tant en culture et/ou vergers, pour la plupart entourés de murailles. Dans le sens étroit, Aghmat est le lieu où on retrouve nettement quelques vestiges de la prospérité de l'ancienne capitale du Haouz.
Figuiers, amandiers, trembles, grenadiers verdissaient en bosquets dans les jardins d'Aghmat, où vivaient ceux des miens dans le bonheur et l'opulence, dans un cadre féérique de vie où se mêlaient aux chants des oiseaux les mélodies de la prière et de l'étude. Heureux temps englouti sous les décombres d'une ville en ruine, auréolée de gloire, légendaire, que l'Histoire finira un jour par raconter.
Marrakech fut pendant de longs siècles un foyer de diffusion de la science juive pour les régions du Souss, de l'Atlas et des villes de la côte méridionale de l'Atlantique.
Joseph Dadia 

Fnaque0522  La librairie du Mouassine

Merci à Joseph Dadia pour cette retrospective historique des déplacements de la communauté juive et l'évocation d'Aghmat avant le Mouassine, puis de l'abandon de ce quartier pour le Mellah, un quartier qui aujourd'hui conserve encore quelques témoignages d'un passé récent. Nous invitons nos lecteurs à ajouter dans les commentaires d'autres souvenirs de ce beau quartier du Mouassine.

28 octobre 2014

LES SOCIÉTÉS, COMMERÇANTS ET SERVICES ÉQUIPÉS DU TÉLÉPHONE À MARRAKECH EN 1928

Le temps file, les derniers jours d'octobre nous le rappellent, nous venons de passer à l'heure d'hiver, les commerçants et les enfants se préparent à Halloween, les chrysanthèmes envahissent les devantures des fleuristes, les catholiques se préparent à la Toussaint, les protestants se rappellent les 95 thèses du moine Martin Luther qui ont bientôt un demi-millénaire. Les marrakchis eux, se souviennent de leurs pionniers, ceux qui ont fait passer la ville rouge du XVIIe au XXe siècle

LE TÉLÉPHONE MARRAKCHI en 1927-28

Peu de commerces et sociétés disposaient du téléphone en 1927-28. Les exploitations du bled autour de Marrakech n'étaient pas encore équipées. Deux centraux téléphoniques regroupaient les abonnés.

Poste-jemaa-el-fna-albert Sur ce cliché du photographe Albert nous apercevons le gros cube qui domine la poste, le Central de la Médina. À droite des poteaux téléphoniques équipés de nombreuses lignes.

D'un côté le Central de la Médina, le plus ancien, dont les numéros d'abonnés étaient inférieurs à 0350 et qui comprenait aussi des numéros du Guéliz et de l'autre côté le nouveau Central du Guéliz dont les numéros se situaient entre 2000 et 2100. En l'absence d'indication précise sur la plupart des adresses, cela nous permet au moins de localiser 35 commerces du nouveau quartier récemment équipés. Nous n'avons pas les numéros des simples particuliers, mais déja avec les sociétés, les artisans, les commerces et les professions libérales nous avons 120  raisons sociales équipées du téléphone sur un total de 370 noms de la liste; moins d'un tiers disposaient du téléphone. Le Guéliz venait de se "rapprocher" de la Médina. C'est à cette époque en effet que furent percés les remparts qui séparaient la Place du 7 septembre de la Koutoubia. Alors que le contournement obligeait à parcourir 3,5 km, le nouveau passage réduisait la distance de moitié.

lignes-telephoniques-1928-mrk1 Grace à notre ami le collectionneur Halfaoui, nous pouvons montrer une équipe de ceux qui ont installé les poteaux et les lignes téléphoniques dans la région de Marrakech en 1928.

La liste ci-dessous, de ceux qui ont contribué à l'expansion de Marrakech, n'est pas un annuaire téléphonique, mais une LISTE PROFESSIONNELLE. Elle nous a été envoyée par Jérémy, un ami du blog, elle est à comparer à d'autres listes, comme celles de 1913 ou de 1922 présentes sur ce blog. Nous aurions pu nous dispenser de noter les 120 numéros de téléphone, mais nous les avons conservés pour permettre des recoupements. Les personnes et sociétés déja présentes en 1913 sont en bleu, celles présentes en 1922 sont en vert et celles qui apparaissent en 1928 sont en brun. Nous espérons que les familles des personnes de cette liste nous apporterons des documents et des photos pour contribuer à l'histoire de la ville, ne serait-ce qu'en indiquant les prénoms qui manquent. Grace à Roger Beau nous reproduisons quelques publicités de cette époque publiées dans la Revue Atlas de 1928

Abitbol Judah céréales, graines, farines, Import-Export, 
Abitbol J et Amelot A. , Huilerie du Palmier à Moulay-Yesid T0055
Afriat, agent d'assurances
Agence industrielle et automobile, Barutel, Lennox, pneus, T0091
Agence industrielle et automobile, électricité, machines agricoles,T0198

ATLAS 1928 Agence-indus-auto15

A la Providence, tissus, nouveautés, mercerie, confection, jouets au Guéliz, 
Amelot et CIe, fabricant de glaces, céréales, graines, farines, minoterie, moulins, pates alimentaires, Minoterie du Palmier à Moulay-Yesid, T2021
Amic, Garage, automobiles, mecanique auto, 
Amin Kerbouch, céréales, graines, farines, Il s'agit probablement de M'Hamed ben Haj, dit "Kerbouch" qui représentait les marocains musulmans à la commission municipale présidée par le Pacha de Marrakech
Amor Moussa Ettounssi, Entrepreneur de transport, T0229
Amphoux Antonin, rue des Écoles, Entrepreneur de Travaux publics, carreaux, carrelages, ciments, rue des Écoles, Guéliz, T2013
Mme Amphoux, Au chic de Paris, couturière, lingerie, avenue du Guéliz, T2013
Arin F. , avocat T0108
Arnaud frères, agriculteurs, marchands de bestiaux, 
Arnaud, Horticulteur
Arribe, armes et munitions, cordages et ficelles, literie, rue Bab Agnaou, T0220

Arribe_1928_Pub-02

Attias frères, chiffons
Au Lys, modes
Au bon gout, modes
Au chic de Paris, modes
Au Gagne Petit, Romieu (Georges)
Aurenge E. Entrepreneur de Travaux publics, T2050
Austruy, boucher-charcutier
Avenas et Cie, ameublement, charpente, menuiserie, literie, peinture
Azoulay céréales, graines, farines, charpente, menuiserie, Droguerie,
Bailly, ingénieur,  mines, 
Balay, agriculteur,
Bank of British West Africa Limited T0128
Banque d'Etat du Maroc, T0037
Bar parisien 
Barthou Pharmacie, depuis 1922
Bassous Arthur, Import-Export, Fondouk, Médina; T0292 domicile au Guéliz T2077

Bassous-bastard

Bastard A. mécanique auto, T0172
Bayle, electricité, 
Beerli, ingénieur, 
Beerli et Feischt, Géometres, 30 rue des Banques T0307
Bel Mati Si Mohamed, céréales, graines, farines, 
Bender, bourrelier
Bénédic Léon, céréales, graines, farines,`Import-Export, Peaux, T0078
Benhamou Elias S. Transitaire T0075
Bensaud M. D. Import-Export, Mandataire, 
Bensaude David M. Agent de fabrique, T0049 et T0098

Professions Marrakech 1928-Bensaude3

Berlioz frères,  Entrepreneur de Travaux publics, avenue du Haouz, Guéliz T 2052
Bernard,  Transport sur routes,
Bernoud, médecin T0228
Bessonneau, cordages et ficelles, 
Beullac, garage de la Chaouia, agent d'assurances, Groupe Noble, T0330

Revue ATLAS 1928-Beullac- page14

Bigarel, sage femme
Bitoun, Épicier
Bonnot, Mme, couturière, 
Boudène, boucher charcutier ( Grand Café)
Bounhar et Azoulay Import-Export, Mandataires, rue Bab Agnaou,T0069
Boyer, madame, dépot de journaux, Tabacs, 
Brasserie du Ciné-Palace
Brasserie du Glacier, Mahen, place Djemaa el fna T0113

Professions Marrakech 1928-Monney-Providence 4

Brasserie du Grand Hotel
Brot, charpente, menuiserie, 
De Brun, ingénieur E.C. P.
Bruneau G. confiserie - pâtisserie, T0284
Bruno  Pâtisserie
Brunner Mme Sage femme, depuis 1918
Busset, mines, 
Cabessa et Afriat, Import-Export, T0134
Café d'Alger,
Café de l'Atlas, T2020
Café de l'Avenue, M. Salort
Café Continental
Café de France, M.Guélaz (M.Fouque avait créé le café de France en 1913)
Café de la Gare,
Café de la Grande Place, Piniot T0115
Café Lyonnais,
Café Modèle, 
Café Moderne
Café de la Paix,
Café de la Poste,
Café Rameau
Café du Sultan, Hotel 
Café de l'Univers
Calamina, Entrepreneur de Travaux publics,
Canas Fuentes Manuel, médecin depuis 1919
Carapezza, dentiste, depuis 1924
Carbonatto, Horticulteur
Catharinaz, charpente, menuiserie, 
Cecil-Hotel, Carbonnel T0283
Central Garage, Lennox, T0143
Cerdan, vins et liqueurs,
de Champeaux, agriculteur
Charles, chapeaux, lingerie, mercerie, nouveautés, T0175
Chavanne et Dorée fabricant de glaces, agriculteurs, agent d'assurance,  Carreaux, carlages, ciments, huiles et graisses insdustrielles, Import-Export, Matériaux de construction, moulins, Mandataires T0070 et T0153, agents de La Cigogne (bierres) T0234
Chirouze Mme couturière, modes
Chomel, Matériaux de construction, 
Choquet Mme sage femme
Ciné-Palace
Cointrel, tailleur,
Colle médecin depuis 1927
Collomb Christophe, automobiles, machines agricoles, armes et munitions, assurances, explosifs, La nationale, avenue du Guéliz, quincaillerie, T2055 (autrefois bicyclettes)

ATLAS 1928 Collomb-Sudauto96

Combredet, charronage, 
Cie Algérienne, Valette, chef d'agence T0034 et Guéliz, Furet, chef du bureauT2059
Cie fermière marocaine, agriculteur
Cie générale de Transports et Tourisme au Maroc, Transport sur routes, T0125
Cie Marocaine, agriculteur, Fers et métaux,tole ondulée,  Bois de construction, carreaux, carrelages, ciments, céréales, graines, farines, chaux et ciments, Import-Export, Machines agricoles, Matériaux de construction, T0059 (dès 1907 dirigée par M. Lassalas)
Cie du Maroc pour le Commerce et l'industrie, Import-Export, T0199
Cie du Sud marocain, agriculteur
Comptoir Français du Maroc, électricité, 
Corcos, chiffons. Il s'agit probablement d'Ichoua Corcos qui représentait las marocains de religion juive à la commission municipale.
Coriat Nissim, Import-Export, T0053 & T0095
Costedoat Mme, sage femme
Cousinery Maurice, Import-Export,T2022 & T0064 (a commencé dans l'alimentation.)
Crédit foncier d'Algérie et de Tunisie, T0030
Dasté: Entrepreneur de Travaux publics,(autrefois Daste horloger)
Debord, fabriquant de platre
Delard, coiffeur,
Denis, agriculteur,
Deyras Octave, vétérinaire depuis janvier 1928
Derbez, Entrepreneur de transport, cycles et accessoires, 
Desvages, export peaux, 
Dherbez, Entrepreneur de Travaux publics,
Dieu, Entrepreneur de Travaux publics,
Dinjean, charpente, menuiserie, avenue de Casablanca.

ATLAS 1928 Dinjean-Felix106

Dodin, Garage, automobiles, mecanique auto, pneus, 
Dromer, dentiste, 
Ducastaing, agriculteur,
Dray A.-J. Import-Export, mandataire, T0048, probablement un parent de David Dray qui représentait la communauyé juive à la commission municipale.
Eden cinéma Pathé, T0187
Ellias S. Banhamou, automobiles, Transport sur routes, rue Dr Linares et rue R'Mila T 0075
El Kaïm, oeufs export
El Maleh I. Droguerie, T0200
Epicerie coloniale Marinakis J. 
Epicerie française,
Épicerie moderne,
Erica, Entrepreneur de transport,
Espinasse, agent d'assurances T0247
Essiminy Import-Export,
Etablissements Chamson, chaux et ciments, Import-Export, mandataire
Etablissements Collomb, Import-Export,
Etablissements Hamelle Henry, Machines agricoles; T0046
Fabre, mines, 
Farouz, Au bon gout, Bazar, articles de ménage, chapeaux, mercerie,chaussures, confections, lingerie. T0241
Farrugia, boucher charcutier, 
Faure-Beaulieu G. médecin depuis 1921
Félix, photographe, immeuble Israel
Felix Pottin, Épicier
Ferrier Pierre, eaux gazeuses,  vins et liqueurs,
Ferriol, médecin, T0219
Filloucat Albert, Droguerie française, peinture, T2048
Flandrois, agent d'assurances
Fontenoy, agriculteur, marchand de bestiaux, laitier, 
Forns Henri, scierie mécanique, rue des Ouled Delim Guéliz T2061
Fourcade Mme sage femme
Fraisse G. Armes et munitions, cordages et ficelles, 
Friggeri Pinio, Galeries modernes, confections, avenue du Guéliz, articles de ménage
Gailhanou Adrien, Mécanicien, rue des Écoles, T2005

ATLAS 1928 Valette-Gailhanou96

Caleche_Marrakech_2011__Cal_che
Gamba Jean, Forgeron, charronage, Fers et métaux,
Les premières calèches de Marrakech furent fabriquées par Jean GAMBA, le grand père de Sylvaine. Il fut ensuite copié, mais jamais égalé.
Garage de la Gare, Limouse T0240
Garcia Emile, Atelier mécanique, T2082

ATLAS 1928 Garcia-Collomb-meca-99

de Garente mines, 
Gaussem M.-R. agent dépositaire bijoutier-horloger, orfévrerie, mandataire de Paul Templier et Cie et de Dolbeau et Cie,  vins et liqueurs, Bab Doukkala T0073
Gaussem & Samson, T0073
Gautier, charronage, maréchal ferrant T2011,

ATLAS 1928 Gautier100

Gidel freres, agriculteur , Entrepreneur de Travaux publics, moulins, T0141
Giudice, Forgeron, charronage T2058
Goullioud, agriculteur
Goussem, export peaux,
Grand café de France
Grand café-restaurant de Paris. Bernard
Grande Epicerie du Commerce, Papapetros et Moskoyanis, Bab Fteuh T0076
Grande Epicerie de l'Atlas, Vounatzos frères, avenue du Guéliz T2018
Grand Hotel du Pacha au Guéliz, Place du 7 septembre T2031

ATLAS 1928 Grand-hotel-pacha15

Gui Charles, Avocat, T0223
Guichard, médecin, T0101
Guichet,  vins et liqueurs, T2024
Guillaume, agriculteur
Guillemot, chaussures, 
Guiraud, marchand des bestiaux,
Guirauden, Garage,, automobiles, cycles et accessoires, pneus, chaux et ciments, 
Haberlach P. S. Ingénieur Architecte, rue des Chaouias, Guéliz

ATLAS 1928-Haberlach-tanugi 100

Hakim; cycles et accessoires, 
Hamelle Henry, quincaillerie, 
Hamouth Jacob, Import-Export, nouveautés, T0188
Hazane J. fondouk Ragoba, ,nouveautés T0100 
Hazera, Épicier, 
Hebréard, C. dépot de journaux, Papeterie, tabacs, Guéliz T2042
Himy Lazare,  Droguerie Himy, anciennement droguerie de la Chaouïa - rue Bab Agnaou, T0268
Hotel de Champagne (autrefois Steyer)
Hotel continental rue des Banques, Restaurant, Charles Plat, directeur (autrefois dirigé par Gonzales)
Hotel de l'Atlas,
Hotel de France (autrefois Imberdis)
Hotel du Pacha au Guéliz
Hotel Transatlantique, Bab Doukkala, T0066
Hotel de l'Univers, 
Idéal-Cinéma, Salort proprietaire
Imprimerie Hébréard Camille, avenue du Guéliz T2042
Imprimerie de l'Atlas; Jean du Pac T2044
Imrimerie du Sud Marocain, Serve F. T0133
Indelicato, charronage, 
Isnard H. Armes et munitions, articles de ménage, agent d'assurances,quincaillerie, T0085
Isnard Irène, galeries ménagères, place Djemaa el Fna, avenue du Guéliz,T0085
Israel, agriculteur,
Israel V et Cie, Import-Export, export peaux, T0028
Israel et Cie céréales, grains, farines,, Huiles,  T0186
Israel J.V. Représentant de la Société des Moulins du Maghreb
Janin, ameublement, literie, armes et munitions, rue Bab Agnaou T0050

ATLAS 1928 Juncas-janin100

Juncas Clément, cycles et accessoires, agent Monet et Goyon, rue Bab Agnaou (voir --> photos Juncas)
Jaume, agriculteur,
Jouanny, boucher , charcutierKalfeist, charpente, menuiserie, 
Kessis, avocat, 
Labourdette, coiffeur,
Labriola, Entrepreneur de Travaux publics,
Laffue, Entrepreneur de Travaux publics,
Lafond, agriculteur,
Lamelet agriculteur
Lassale, agriculteur
Lasry Import-Export,
L'Atlas, journal, Jean du Pac directeur, avenue du Guéliz T2044
Latron freres, agriculteurs
Lauga , agriculteur
Laurent mines, 
Le Boterf, agriculteur
Lecoq Marcel, agriculteur
Légey Mme médecin à Marrakech depuis 1917 T 0190
Lejeune, agriculteur
Lendrat, mines, 
Lennox Alan, Automobiles, agent d'assurances, Fers et métaux, toles ondulées, Bois de construction, carreaux, céréales, graines, farines, carrelages, ciments, Droguerie, charpente, menuiserie, machines agricoles, mecanique auto, pneus, T0091 et T2057
Le Réveil du Moghreb, journal 
Le Sud marocain, Serve F. directeur
Letellier Marcel, Galerie d'Art Marocain, 83 souk Semarine

ATLAS 1928 Roudnev-Semarine106

Leuthardt. Import-Export, Laines, 
Levy Mercerie
Lévy, Moulins, export peaux,
Lille agriculteur
Limouse, Transitaire, Transport sur routes,
Loiret, tailleur,  T2030
Louis, papeterie de la Poste, dépot de journaux
Lounis, Transport sur routes,
Lounis et Behar, mandataires Médina, T0182
Lusson, agriculteur
Lykurgue, agriculteur (et alimetation générale)
Madelaine J. Médecin
Maestro, coiffeur,
Mamounia-Palace, Hotel, 
Mantor, maréchal ferrant,
Maréchalerie du Haouz, maréchal ferrant,
Marinakis J. Usine du Palmier, alimentation générale T2015

ATLAS 1928 Palmier-Forns96

Marquant vétérinaire depuis 1927.
Martini, agriculteur
Massacrier, tailleur, 
Merme, marchand de bestiaux
Merme frères, Entrepreneur de Travaux publics, T2029
Metterkamp, carreaux, carrelages, ciments
Meyer, laitier
Michel, huiles et graisses insdustrielles,
Minoterie du Guéliz
Minoterie du Haouz
Mompo, boucher charcutier
Monopole des Tabacs, Représebtant régional, Martin Tabacs, T2010
Monney Marius, Aux Nouveautés, bazar, chapeaux, chaussures, lingerie, mercerie, mode, soieries, 11 rue des Banques
Morand, cycles et accessoires, 
Moulay Taëb, céréales, graines, farines 
Moulins du Maghreb, J.V. Israel
Negrini, Droguerie,
Nicoleau, boulanger
Normant et Beickert, agriculteurs, agents d'assurance, 
Notaro, Forgeron, charronage, (Roger Beau précise qu'il était situé rue Riad Zitoun Kédim. Les américains débarquant en novembre 1942 le firent mettre en prison, parce qu'il était italien et suspect d'intelligence avec les nazis. 
Noulelis frères, Épiciers, articles de ménage, avenue du Guéliz T2038
Oustry J., pharmacie,  eaux gazeuses,  vins et liqueurs, au Guéliz T0230
du Pac Jean, agriculteur
Pagnier, assurances La Nationale vie
Papeterie de l'Atlas, médina et Guéliz
Papeterie de la Poste
Parc-Hôtel
Paris-Modes, nouveautés
Parnaud Gilles, electricité, bobinage, rue Bab Agnaou

ATLAS 1928 Parnaud-bobineur100

Perez R., Médina, BP21,  Import-Export, Laines et peaux T0315
Perries E., Amelot et Cie  Pâtes alimentaires  minoterie du Palmier à Moulay Yesid
agent d'assurances, Bois de construction, chaux et ciments, , Import-Export, Matériaux de construction, T2037
Petit Trianon, café, 
Pharmacie de la Croix rouge.
Pharmacie Normale de France, rue des banques T0093
Pitois,  Droguerie, agent d'assurances, mandataire
Poète, agriculteur, Transport sur routes, T 0032
Porte, Droguerie,
Pradel Mme couturière, 
Prébois, Les Petites Galeries, bazar, articles de ménage, chaussures, confections, quincaillerie, 
Radio-Atlas, TSF T0144
Ramelet Robert, agriculteur,
Ravotti,  mines, 
Ré Jean et Montini, maréchaux ferrants,
Rechautier, bourrelier,
Reclus, agriculteur
Renault, agriculteur,
Remeteau, (Renneteau ?) charronage, maréchal ferrant
Reynier, coiffeur,
Richard J. , cycles et accessoires, mecanique, pneus, T2046
Richard I. electricité, T2046
Rippol, Céréales, graines, farines,( autrefois associé à Chavanne)
de Rivière, agriculteur,
Roman, agriculteur,
Romieu (x) Au gagne petit, chaussures, confection, nouveautés,
de Roquemaure, agriculteur
Rosatti, Forgeron, charronage, 
Roseng, Horticulteur
Roudnew et de Baralle, TSF, agent Ducretet, rue des Banques, 
Rousselière, Avenue du Guéliz, Entrepreneur de Travaux publics, Entrepreneur de transport, T2043
Ruiz,  vins et liqueurs,
Saclier (J.-B.) Garage,, automobiles, mécanique auto, pneus, SUD-AUTO, concessionnaire machines Oliver.T0174

ATLAS 1928 Mode-Juliette-Saclier-Oliver98

Saigon, agriculteur
Saint, frères, cordages et ficelles, T2054 et T0178
Salomon J. , bazar, salle des ventes  huiles et graisses insdustrielles,
Salort, Entrepreneur de transport, T2041
Salva, confiseur, pâtisseries T2019
Salvatori et Guillemot, bourreliers
SAMA, Épicerie

publicit__mrk_SAMA

Schacher Victor, agent d'assurances, directeur de l'Atelier de distillation
Shocron M. Import-Export (fondé fin 1913 ) Médina BP16 T0232

Professions Marrakech 1928-shocron 3

Société agricole chérifienne, agriculteur, Huiles, T0197
Société anonyme marocaine d'approvisionnement, rue des Banques T0152 et avenue du Guéliz T2026
Société commerciale française du Maroc, agriculteur T0072
Société Électrique de Marrakech
Société Générale Chérifienne, Bois de construction, machines agricoles, T0197
Société La Construction marocaine, Entrepreneur de Travaux publics, T0248
Société des Grands Travaux électriques, 
Société des Huileries et Savonnerie Chérifiennes T2032
Société industrielle des céramiques et Mosaïques de Bab Doukkala
Société Lyonnaise de Commerce et d'Industrie au Maroc, charpente, menuiserie, eaux gazeuses, Huiles, Matériaux de construction, moulins, T0O67
Société marocaine des Bois et matériaux de construction, T2049,  fabricant de glaces, T0067
Société marocaine métallurgique, Fers et métaux, T0127 (en 1913 Bouvier)
Société marseillaise de crédit industriel et commercial et de dépots T0033
Société des Mines de Bani-Aïcha
Société des Mines d'Entidja,
Société Nantaise d'Importation au Maroc, Gaussem R. 
Société de Travaux en ciment, Entrepreneur de Travaux publics, T2015
Simon, tabacs
Sotto, Entrepreneur de Travaux publics,
Soussana M. et Cie Import-Export, T0131
Suissa, Transports de la Chaouia, Transport sur routes, rue Bab Agnaou T0320

Professions Marrakech 1928-Elias-Suissa 41

Sultan-Hotel; Maillard et Goubet au Guéliz T2016
Tancré, agriculteur, laines, export peaux,
Tanugi I. et Cie, céréales, graines, farines, Import-Export, Laines et peaux,
The Franco British Trading C° Ltd; Import-Export,Corcos Ab. M. agent T0052
Torrent Jean, Travaux en Béton armé, rue Capitaine Capperon

ATLAS 1928 Torrent-beton-15 

Les caves à vins Vallier réalisées en béton armé par Jean Torrent

Tosan, machines agricoles,
de La Tourette d'Ambert (Marquis) , agriculteur à Bou el Haris
Tourist - Hotel, Laloux en Médina T0189

Professions Marrakech 1928-Tourist hotel3

Transports Franco-marocains T0211
Treboz C. céréales, graines, farines, Import-Export, export peaux, T2034
Trescartes, café, T2015
Tumarinson et Bouteilly, dentistes, T0072
U.C.I.A.  Union commerciale indochinoise et africaine, Fers et métaux, toles ondulées; Bois de construction, carreaux, carrelages, ciments,  chaux et ciments, Épicier, céréales, graines , farines. Import-Export,Laines, machines agricoles,  Matériaux de construction, export peaux, T0077
Vallier freres  vins et liqueurs, T0226
Vauchel  vins et liqueurs, T2051
Vella, coiffeur,
Vellat F. avocat T0222
Ventolan, avocat
Vergeade et Cie, bijoutier, horloger
Vicedo,  vins et liqueurs,
Vieux, agriculteur,
Vincent André, dentiste depuis 1925, T0112
Vincenti freres, Entrepreneur de Travaux publics,
Vitzman J. au Mellah, Import-Export, T0136
Wahl, automobiles, Transport sur routes, T0036
Willemse, dépot de journaux, tabacs, 
Witzmann Eliezer, Import-Export, T0204
Woehr Charles, agriculteur
Yvanovitch, tailleur
Zammit, Entrepreneur de Travaux publics,
Zapata, boulanger
Zecchetti, Entrepreneur de Travaux publics, T2012
Zermas, photographe,
Zimmerman, Transport routiers.

lignes-téléphoniques-1928-mrk-2 

Certains se souviennent peut être que les monteurs de lignes téléphoniques grimpaient aux poteaux avec des griffes qu'ils attachaient à leurs chaussures et un harnais qu'ils fixaient tout en haut pour avoir les mains libres.

Les quelques publicités présentées ne donnent qu'une petite idée du dynamisme des entreprises de Marrakech. On trouvera sur ce blog des compléments historiques sur Les cycles Juncas, le photographe Félix, Les Petites galeries Prébois, la doctoresse Légey, l'imprimeur Hébréard, le vice consul Britannique Alan Lennox,.. Merci à ceux qui nous parlerons un peu plus d'autres pionniers dont nous n'avons que les noms.

lignes-téléphoniques-1928-mrk3 

Merci à tous ces  installateurs de lignes téléphoniques qui ont contribué au développement du Maroc et à l'expansion de Marrakech.

En 1928 la Commission municipale était composée, côté européens de Raoul GAUSSEM, MALARTIC remplaçant de Maurice COUSINERY, Clément HÉBRÉARD, Victor SCHACHER, MERME remplaçant de Pierre LÉON, Antonin AMPHOUX, Jean-Baptiste SACLIER, Clovis TRIBOZ, Paul CHAVANNE.
La Chambre de Commerce, d'Industrie et d'Agriculture avait élu:
Lucien BERLIOZ, président; LEJEUNE, vice-président (section agricole); Antonin AMPHOUX, vice-président (section commerciale); AURENGE, trésorier; FAURÉ, secrétaire et les membres LECOQ; Victor SCHACHER; GUIRAUDEN; RECLUS; Clément HÉBRÉARD; DUCASTAING; Jean DU PAC; LEJEUNE; SALGON; MADELEINE.
En ces jours du souvenir nous n'oublions pas tous ces acteurs de la vie du Marrakech qu'ils avaient développé et dont nous avons bénéficié après eux.

17 octobre 2014

MARRAKECH APRÈS LA GRANDE GUERRE - LES ACTEURS ÉCONOMIQUES AU DÉBUT DES ANNÉES1920

MARRAKECH AVAIT PEU BOUGÉ PENDANT LA GRANDE GUERRE

L'ÉLAN IMPULSÉ AU GUÉLIZ EN 1913-1914 AVAIT ÉTÉ ARRÊTÉ NET, MAIS LES AFFAIRES ET LES CONSTRUCTIONS REPRENNENT EN 1919

13Deca-LL-73-les palmiers-Avenue de la Koutoubia-courrier au dos 

Le Guéliz est à peine plus qu'un projet.

LA SOCIÉTÉ H.GOYON DE TRANSPORTS AUTOMOBILES ÉDITE UN PLAN QUI PERMET DE VOIR L'IMPORTANCE DES PRINCIPAUX QUARTIERS DE LA VILLE, IL PERMET DE DÉCOUVRIR UNE PÉRIODE ÉTONNANTE

NOUS PUBLIONS UNE LISTE DES ACTEURS ÉCONOMIQUES, COMMERÇANTS ET SOCIÉTÉS DE MARRAKECH EN 1922

Cette liste montre que  certains de ces acteurs étaient déjà à Marrakech en 1913. Elle permet de noter aussi que certains commerces présents en 1913 ont disparu probablement à cause de la guerre. Plusieurs parmi les commerçants furent mobilisés, d'autres cédèrent leur entreprise qui changea de nom, d'autres encore la fermèrent car leur activité avait trop chuté. Cependant en 1922 nous constatons un apport important de nouvelles raisons sociales. Cet apport va aller croissant à grande vitesse car en 1928 on constatera un important développement.

La couleur bleue permet de distinguer les commerces et sociétés présents en 1913 et restés en 1922. Alors que la couleur brune concerne ceux qui n'étaient pas sur la liste de juin 1913.

ABITBOL Judah, Cotonnades

ALBERT Maurice et LEMOINE - Achat, location et vente d'automobiles

AMELOT et Cie - Minoterie et huilerie du "Palmier"
BACKLINI , Cycles et accessoires
BASTILICA, Alimentation générale
BÉNÉDIC Léon - Export: cuir, peaux, laines, graines, céréales
BOUVIER Paul & ALEXANDRE, Ferblanterie, quincaillerie, machines agricoles
BRON, Autos et cycles, fourniture pour l'électricité
CHAPON Frères, Conserves, produits alimentaires, explosifs
CHARLES, Nouveautés, chaussures, confections
CHATAIGNEAU frères, MOREAU, PARENT et Cie , Toutes opérations commerciales, culture et élevage.
CHAVANNE Paul & DORÉE, Toutes opérations commerciales, industrielles et agricoles
du COLOMBIER et Cie, import, export, représentation, commission, consignation
COUSINERY, Matériaux de construction
DAYAN, Pharmacien
FAROUZ P. Nouveautés, confections, mercerie, articles de ménage
FAURE, Alimentation générale
FÉLIX Photographe et éditeur
FRIGGERI Pinio, Magasins des Galeries modernes, articles de bazar
GAUSSEN R. Matériaux de construction, fers, aciers, machines agricoles, thé, sucre, vin
GAUTHIER, Charronnage
GRITZALIS Alimentation générale
GUICHET, vins en gros
HÉBRÉARD Camille, Papeterie, Librairie, imprimerie
ISNARD H. Import, alimentation, quincaillerie, faïence et porcelaine, Export: chanvre, laines, peaux, amandes.

Isnard-pub

ISRAEL Joseph, V. et Cie: Export: amandes, peaux, cuirs, laines, gommes, huiles
LASRY Judah, cotonnades, soiries
LAUGA Ch., Epicerie, conserves, vins et liqueurs
LAURENT, horlogerie, bijouterie
LENNOX & FERNAU, Tous matériaux de construction, fournitures industrielles.
LEVENARD A. Nouveautés, confections
LIOT fabrication d'eau gazeuse
LYKURGUE Alimentation générale

Lykurgue_Gueliz 

La maison Lykurgue est à gauche au bas de l'Avenue Mangin/Mohamed V, sur cette photo prise par Félix en 1916.

MOHAMED BEN RAHMOUN Cotonnades
MOUTHON Roger, Horlogerie,  bijouterie, joaillerie
NOTARO, Serrurerie, charronnage,
OUSTRY J. Pharmacien,
PAILLAS & SICRE, alimentation générale
PITOIS Max,  Import: produits chimiques, fers et aciers, Export, chanvre, laines et peaux, amandes
PRÉBOIS P, Faience et porcelaine, gobeleterie, articles de bazar
ROLDAU, Vins en gros
ROUSSELIÈRE, constructeur, mécanicien
RUCHE MAROCAINE, Draperies, soiries, articles de toile, tente; créée par Mr ARNAUD
SAGOT, Produits pharmaceutiques
SCALI Moulay Driss, Cotonnades
SELLES Vincent, Moulin mécanique
SHOKRON, MARQUÈS & Cie Fabrication de céramiques, mosaïques, marbres artificiels
TREBOZ Import cotonnades, droguerie, parfumerie,  Export, chanvre, laine, peaux, graines et céréales
TROMBATI Abdesselem
VACQUIÉ, SCHOKRON, BENRHAMOUN ET Cie Toutes opérations immobilières, financières, commerciales et agricoles, atelier mécanique, garage et hôtel.
VERGEADE, Horlogerie, bijouterie
WIZINAN Eliezer, Cotonnades, sucre
En 1922 une photo de responsables économiques autour de Jean du PAC

DUPAC_Commerce_1922 Qui nous indiquera les noms de ces personnalités engagées dans le développement de Marrakech ?

LE PLAN DE 1920 DÉCHIFFRÉ: Le quartier du Guéliz est peu construit, la grande majorité des Européens habite toujours en Médina. Un grand espace désertique parsemé de quelques palmiers sépare les constructions du camp militaire des premières maisons du quartier du Guéiiz. 

plan1_MRK_1920

Plan2_MRK_1920 

Le terrain d'aviation est à côté de la Ménara mais plus près du Guéliz. Cet ancien terrain existe au moins depuis 1917, car il sert de base à l'escadrille 554.

Approchons de plus près du Camp Militaire qui ne s'appelle pas encore Camp Mangin

camp-militaire-plan-1920 On remarquera que le camp a pratiquement sa forme définitive. Les subsistances au nord sont directement sous la protection du Fort du Guéliz. Les prisons sont proches du camp et seront bientôt transférées près du cimetière européen. Le groupe scolaire du Guéliz (E,3) est déja là depuis 1913. La chapelle provisoire est située entre le Camp et le quartier du Guéliz (D3). L'hotel qui est à l'angle de la future avenue Mangin s'appelle "le Sultan". Le long de l'avenue de Casablanca se trouve la gare de chemin de fer militaire -voie de 0,60 (D2). En revanche à droite de la route de la Targa rien n'est construit, pas de quartier RACL, aucune caserne, comme celle qui sera transformée pour aménager le Lycée Victor Hugo et l'école Renoir.

Allons maintenant vers le quartier du Guéliz, avec encore peu de constructions..

Guéliz-1920-plan On remarquera que l'Hôpital civil n'est pas encore construit (1928), la Palmeraie est intacte. L'imprimerie moderne, agence Havas se trouve déjà place de l'Horloge, en face de la Poste. L'avenue du Guéliz ne porte pas encore le nom d'Avenue Mangin. Le Grand Hotel est en partie terminé place du 7 septembre. Le seul autre Hotel du Guéliz est le Sultan Hotel à l'angle de l'avenue de Casablanca et de celle du Guéliz. La rue des Écoles ne s'appelait pas encore rue Clémenceau et le Consulat italien était à l'angle de la rue de Yougoslavie. Il n'y avait pas encore de Gare ferroviaire à voie normale, à la place se trouvait le Premier Marché couvert. C'est pour permettre la construction de la Gare avant 1928 que sera construit le Marché central. L'avenue des Ouled Delim, ancien nom de l'avenue Barthou, comprend à son extrémité Est, place du 7 septembre, les services de l'Armée, car l'Etat Major n'est pas encore construit. L'avenue du Haouz qui deviendra rue du Président Raymond Poincaré se poursuit vers la route de Mogador et les Travaux Publics la bordent à hauteur de la Place du 7 septembre. La rue Djenan el Hartsi, qui deviendra rue Georges Picheral n'est pas encore bordée par la Maternelle du Hartsi, mais les Travaux municipaux y sont déja établis.

Faisons un tour vers la Ménara et les installations pour l'Aviation..

Menara-1920-plan-aviation On notera que le champ d'aviation n'est pas encore à l'ouest de la Ménara, mais au nord, plus près du Guéliz, trop près sans doute.. De même les hangars pour les avions se trouvent entre le "Champ d'aviation" et le "Champ de courses". Le parc à autruches est au nord-ouest, il sera transféré au sud. Le Haras militaire se trouve à cette époque à l'intérieur des Jardins de la Ménara. Au sud des jardins se trouve le Douar Ménara. L'avenue de Bab Roob ne sera jamais réalisée, cette partie désertique sera plus tard organisée autrement par les urbanistes.

Allons en Médina où les Européens ont établi leurs activités économiques et où ils voisinent avec les  Musulmans et les Juifs.

Bab Doukkala et le nord de la Médina

medina-nord-1920 L'extrème nord de la Médina était peu habité par les Européens, à l'exception du quartier de Bab Doukkala où était établi  l'Hôtel Victoria (I/J,3/4) et plusieurs commerces. A l'extérieur de Bab Doukkala se trouvait El hara où étaient consignés les lépreux et plus au nord les abatoirs musulmans. Au nord-est, Bab Khemis ouvrait sur le grand Souk du même nom(J,1/2). Monuments remarquables: la Mosquée Sidi Bel Abbes et la Fontaine de la Zaouia (I,3). 

34Deca-LL-14-Panorama vu de Bab-Doukkala 

Panorama vu depuis Bab Doukkala en 1922

La partie centrale de la Médina

Medina-centre-1920-plan En partant de Bab Doukkala et en passant devant l'Hotel Victoria on arrive à la Fontaine de Bab Doukkala et on peut poursuivre la rue Bab Doukkala ou bien au niveau de la Mosquée tourner à droite dans la rue R'Mila. C'est le quartier du Palais de Hadj Thami El Glaoui et de son Palais la Stynia en construction. Bab Fteuh et la rue qui lui correspond font la séparation avec la Kissaria et les souks. Les sites remarquables proches sont la Mosquée ben Youssef, la Fontaine al Mouassine et la Mosquée voisine (J/4). Dans la proximité se trouvait le Consulat espagnol à l'époque. La Prison (K,4) en direction de la Mosquée ben Salah sera supprimée. En 1920 la rue du Guéliz prolongée est arrêtée par les remparts qui seront ouverts plus tard pour rejoindre la Koutoubia (I,5) en passant devant la caserne de Dar Baroud. La Place Djemaa el Fna (J,5) est fermée au sud par la Nouvelle Poste française. Sur la Place se trouvent la Banque d'Etat et les Services municipaux.

19Deca-LL1-Place Djemaa-el-Fna 

Les Galeries Ménagères de Mme Irène Isnard sont sous les nouvelles arcades

A l'est de la Place, se trouve l'importante rue des Banques où plusieurs établissements bancaires ont leurs guichets: la Banque Algéro-Tunisienne, la West British Africa, la Compagnie Algérienne, et le Crédit foncier d'Algérie et de Tunisie. Dans cette rue se trouve aussi le Consulat Anglais.  En dehors de la rue des Banques et de la rue Bab Doukkala, les rues importantes à l'époque étaient celles du Riad el Zitoun el Kedim et du Riad el Zitoun Djedid. Sont localisés dans cette rue l'École Franco-Arabe, la petite église de derb Nakous et les bureaux de renseignements Région et Ville séparés. Plus à l'est le Palais de Si Madani el Glaoui, Dar Si Saïd (occupé à cette époque par le Commandant de région) et le Palais de la Bahia. Plus à l'est encore, une autre rue importante rue Ghemat (L,5). Au sud de la Place Djemaa el Fna, se situe Dar el Harrabe, siège provisoire de l'Etat Major et à proximité le dispensaire (J,6).  Partant de Bab Djedid qui n'a pas encore été démolie pour élargir l'entrée de la rue, on progresse vers le Consulat Hollandais (J,6), on continue en suivant l'Arset el Maach, où se trouve l'Hôtel Champagne (J,6). Vers l'est, on arrive à Bab Berrima, au Mellah, à la Première poste française de M. Hazan et à l'École israélite (K,6). 

La Kasbah et Dar el Makhsen

Medina-agdal-1920-plan Au sud de Bab Djedid, La Mamounia n'est pas encore un hôtel, elle n'est pas encore en construction. On accède à l''Hôpital Mauchamp (I,7) par la porte Sidi Mimoun. Toute proche est Bab Agnaou et la rue qui lui correspond (L,5). A partir de Bab Agnaou et de Bab Roob se trouve à l'est la Mosquée Al Mansour et les célèbres tombeaux Saadiens, puis la Kasbah, Dar El Makhsen (K,7) avec au sud le Palais du Sultan et plus à l'est encore le quartier Berrima. Plus au sud, le Mechouar (K,8) et la caserne des Tabors.

L'Agdal en 1920 

Medina-sud-1920-plan La dernière partie du plan au sud s'arrête à Dar Beida transformé en hôpital militaire (K,10). Juste au nord de Dar Beida il existe à cette époque un cimetière militaire, appelé "cimetière de l'Agdal". Plus tad ce cimetière fut désaffecté et les cendres des militaires transférées au cimetière européen.

Certains de ces noms évoqueront des souvenirs et les plans permettront de comprendre l'évolution de la ville alors que le Guéliz était peu habité et que presque toute l'activité et les habitants se trouvaient en Médina. Cependant le développement du Guéliz stimulé par l'ouverture de la ligne de chemin de fer en 1928 allait entraîner très rapidement la prospérité de toute la ville.

08 octobre 2014

MESSAGES ET DOCUMENTS D'ANCIENS DE MARRAKECH ARRIVÉS AU COURRIER

TROUVER LA TRACE DE PHEBY ou FIBY AMZALLAG

La recherche de Pheby se poursuit, nous l'avions annoncée en juillet dernier avec Marie sa fille --> voir ici sa recherche

P

Paulette Amzallag de Casablanca pouvait avoir approximativement le même âge que Pheby. Elle pourrait être la soeur ou la cousine de Pheby; elle saurait probablement nous aider à retrouver Pheby. Qui pourrait la contacter pour Marie ? D'autres membres des différentes familles Amzallag du Maroc peuvent aussi nous renseigner. (Photo de Paulette Amzallag prise en 1952 à Casa, collège de Mers-Sultan, en terminale de la filière  commerciale. Ses camarades étaient: Aliette BELLOT, BROSSARD, Janine BROWN, Huguette CLAVERY, Rolande DESNOYERS, Pierrette FLANDRIN, Mireille LEROY,  Christiane MAZELLA, Jeanne NERI, Pauline ROLLAT, Danièle VALEROSA)

Grâce à un ami du blog nous avons les noms et adresses de toutes les maisons Amzallag qui avaient le téléphone au Maroc en 1955. Leurs familles et amis peuvent aussi nous aider:

5 AMZALLAG DE CASABLANCA: Habib, 6 rue Forrain; J. 27 rue Laperrine; J. Camions Réo, pneus Fisk, 16 rue de l'Aviation française; Léon, alimentation, stalle n°159 Marché central; Léon, alimentation en gros 22 rue des Ouled Ziane et 96 avenue Drude.

4 AMZALLAG DE RABAT: A. Agent d'affaires, rue Louis Gentil; A.  Rabat-immeubles, avenue Dar el Makhzen; Samy, Prothésiste 3 rue Lalla Hasnou; Haïm, tailleur, 8 rue de Nîmes

4 AMZALLAG DE SAFI: Albert, tailleur, 159 rue du R'Bat; Simon "Nouveautés" rue de la République; Messody (Mlle) infirmière 139 rue des Ecoles; Samuel , 41 Mellah

1 AMZALLAG DE MOGADOR-ESSAOUIRA: Baba - Cycles

1 AMZALLAG DE MARRAKECH: Habib, commerçant, Immeuble Amzallag rue du Dr Linares.
Qui nous dira comment prévenir ces familles de notre recherche ?
Merci de laisser vos messages ou indices dans les commentaires afin que Marie puisse retrouver Pheby. Vous pouvez aussi lui adresser un message personnel par le lien "contactez 'auteur" en haut et à gauche de cette page.

ALAIN ROUTIER NOUS ANNONCE 

la parution prochaine (un mois au plus) chez Edilivre de son roman "Le trésor de tonton brochettes".

JEAN-LOUIS ROY SE RÉJOUIT DE RELIER LE CONTACT AVEC CHRISTIAN COIFFART

Ils étaient ensemble à la BE 707

PATRICIA 33 FAIT APPEL AUX SOUVENIRS DES ÉLÈVES DE L'ÉCOLE DU CAMP MANGIN

Elle se souvient d'une chapelle qui se trouvait à côté de cette école. Qui aurait des photos ou des souvenirs de cette chapelle ?

BAZOOKA JOE NOUS ENVOIE UNE GRANDE CARTE DE FÉLIX FORMAT 18X24

G MARRAKECH La Koutoubia Photo-Félix, Marrakech Il s'agit d'une autre série de Félix en Edition d'Art, mais en grand format, elle n'est pas numérotée, cependant ce cliché est à rapprocher du n°215 de la collection de cartes postales.

FÉLIX VENDAIT AUSSI SES OEUVRES SUR PAPIER PHOTOGRAPHIQUE, BAZOOKA JOÉ PARTAGE AVEC NOUS DEUX TIRAGES EN 13 X 18 AUTENTIFIÉS PAR FÉLIX

Vue de l'Atlas prise du palais de la Bahya FELIX Cette vue de l'Atlas a été prise depuis le toit du Palais de La Bahya.

E Salon de réception ( Palais de la bahya ) FELIX 

Salon de réception du Palais de la Bahya avec son mobilier, du temps où le Général Lyautey en avait fait le Palais de la Résidence. C'est là où il descendait quand il venait à Marrakech et où se trouvaient ses services pour le Sud du Maroc.

JOCELYNE ALLOU (ancienne du LVH) PROPOSE  une semaine en 1/2 pension, en novembre, à son Riad, et fait une estimation en comprenant le voyage en avion.

PENSION POUR UNE SEMAINE TOUT COMPRIS*
auquel nous rajouterons les taxes de séjour obligatoires : 3 €/jour/personne
Ce que nous vous offrons :
- L'hébergement dans un pavillon F2 (salon, chambre, salle de bain, kitchenette, terrasse - petit déjeuner, souper...)
- un cadre enchanteur, calme, nature, convivialité, ressourcement, méditation...
- une navette gratuite tous les jours sur Marrakech si vous le souhaitez
- une prise en charge Aéroport A/R offerte.
 1/2 pension au Riad pour 2 personnes : dans un pavillon (salon, chambre, ketchinette, salle d'eau, terrasse) : 540 Euros, nous vous accorderons  une remise de 10% sur ce montant, soit : 486 euros/demi-pension/2personnes
j'ai fait une petite estimation pour un départ de Marseille vers Marrakech, A CE JOUR   (des départs de Paris Beauvais, ou Gérone  également)
exemple : VOL RYANAIR :
Départ : Marseille/Marrakech : Dimanche 9 Novembre : 26,51 Euros/personne
retour : Marrakech/Marseille : Dimanche 16 Novembre : 32,63 Euros/personne  total du voyage/personne : 59,14 euros
voyage pour 2 personnes :( 77,50 x 2) = 118 Euros  
Hébergement 1/2 pension pour 2 p      = 486 Euros
                            TOTAL                   = 604 Euros pour 2 personnes : SOIT  302  EUROS/PERSONNE en  1/2 PENSION POUR UNE SEMAINE TOUT COMPRIS*
Vous prenez votre billet, DIRECTEMENT, avec la compagnie RYANAIR..... LES PRIX S'ENTENDENT A CE JOUR BIEN SUR.
Vous pouvez trouver d'autres dates qui vous conviennent plus, et d'autres compagnies plus proches de chez vous....
A bientôt peut-être ???
Le riad Beloiseau a sa page sur Facebook: http://www.facebook.com/riadbeloiseau
Le riad Beloiseau à son site internet: http://www.riad-beloiseau.com/ 
Le riad Beloiseau présente plusieurs videos http://www.riad-beloiseau.com/videos-maroc.php 
PILOTE SUR T6 EN 54 

Bonjour, je recherche des photos de GAZEAU Jean Marie sur T6 à Marrakech dans les années 1954

Qui pourrait aider?
MICHEL RISS ÉVOQUE LE SOUVENIR DE SON PÈRE CAPITAINE JOSEPH RISS À LA BE 707
Il nous communique deux liens sur ses débuts de carrière dans le ciel de Belgique en 1940. --> sergent Riss
et une photo de l’appareil n°372 du sous-lieutenant Joseph Riss de la 4ème escadrille du GC II/6 (SPA 124) après un affrontement confus entre 6 MS.406 et 9 Messerschmitt BF 109. --> chasseur Morane-Saulnier
Qui nous rapportera des souvenits du Capitaine RISS et de sa famille, dont la plus jeune Odile est née à Marrakech7
DANIEL MORANGE ET GEORGES GOMEZ ONT PU RELANCER LE MOTEUR
Anciens mécaniciens de la Base 707, ils ont pu échanger leurs souvenirs grâce à l'article de Daniel sur le blog et à la fidélité avec laquelle Georges lit les pages qui paraissent semaine après semaines.
GUY TEYSSEIRE NOUS PROMET DES SOUVENIRS DE SON PÈRE HENRI TEYSSEIRE OFFICIER PILOTE SUR LA BASE 

Capitaine Teysseire Henri, °1902 + 2002, affecté au Maroc, 1938 à 1946, affecté 63° escadre, groupe 2/63 puis 1/52 puis Ecole application de Marrakech 1/1/1943 au 10/07/1946 

Merci à Guy de ce contact, nous publierons prochainement une partie des mémoires du Capitaine Teysseire relatives à Marrakech.
CHARLES QUI PROJETTE DE S'INSTALLER À MARRAKECH DEMANDE DES CONSEILS

Voilà , je suis perdu quand je découvre sur INtERNET ,Marrakech , d'autant plus que je ne suis pas doué en informatique .
J'ai passé toute mon enfance et ma jeunesse dans cette merveilleuse ville ,(1947 à 1961 ) je ne sais si votre site peut me donner de multiples renseignements étant donné que mon désir ,étant à la retraite , est de retourner à Marrakech pour y vivre en louant une maison , mon intention serait de passer la moitié de l'année au Maroc et l'autre moitié chez moi en CORSE .
J'ai constaté sur le net que tout est changé et de quelques rares touristes à l'époque on est passé à des milliers. Au Guéliz on ne connaissait que l'hôtel " La Renaissance " tenue par Mr GARCIA et alors que l'on allait encore "chiper" quelques légumes dans la palmeraie qu'on dégustait sur place ; la palmeraie est devenue selon internet un lieu où se retrouve toute la Jetset du monde entier . Donc plus rien à voir avec avant , d'où cette crainte de m'installer dans l'inconnu . Si vous en avez la possibilité , donnez moi des conseils SVP , j'en ai vraiment besoin . Lorsque j'y étais ,j'ai habité en Médina près du cinéma Mabrouka durant 7 ans ensuite durant les évènements nous sommes montés au Guéliz ,rue Capperon et à l'immeuble BENSIMON ,face aux cinéma LUX et PALACE .
Si vous n'ètes pas habilités à me donner ces renseignements , merci de me diriger , si possible , vers d'autres personnes qui le pourront .
Dans cette attente je vous dit encore merci et surtout merci pour votre Blog .
Charles

Qui pourrait conseiller Charles ?

ORPHELINAT DE BAB DOUKKALA

Bonjour, je suis la fille d'une ancienne residente de l'orphelinat de bab Doukkala. Ma mère m'a parlé de cet orphelinat il y a quelques années seulement. Troublée par le fait que ma famille que j'adore (cousin, cousine, oncle, grand mere, etc...) ne soient pas ma famille biologique je cherche à savoir si des personnes ont des renseignements sur cet endroit. J'ai lu sur le blog qu'une personne avait mentionné cet orphelinat tenu par des Soeurs. Ma mère y est entrée en 1956 et y est restée presque 10 ans avant de se faire adopter par ma grand mère. Elle a encore des souvenirs mais j'aimerais moi en savoir plus. Je sais que ce message est un peu comme une bouteille jetée à la mer mais je garde espoir. Merci par avance. Naba

Qui aurait des souvenirs relatifs à cet orphelinat à partager sur le blog dans les commentaires ?

À PROPOS DE NOS VOEUX DE SHANA TOVA DES 24-26 SEPTEMBRE, JOSEPH DADIA NOUS PARLE DE ROCH ACHANA.

Chez nous les Sépharades, nous sonnons toutes les nuits du mois d'Ellul le Chofar, sauf la nuit qui précède le premier soir de Rosh Hashana, pour troubler Satan.

En cette nuit sans Chofar, l'Eternel n'est plus le Roi du monde, et Il ne le deviendra que le premier jour de Rosh Hashana, avec la sonnerie du Chofar dans les Synagogues.

Adam est né le jour de Rosh Hashana, Sarah a conçu Isaac à Rosh Hashana, jour où il a subi l'épreuve de son  sacrifice, Joseph est sorti de prison à Rosh Hashana.

Merci Joseph pour ces informations. Ceux qui voudraient en savoir plus sur Adam, Sarah, Isaac, Joseph peuvent les retrouver en lisant le livre de la Genèse, premier livre de la Thora et de la Bible.

LE COLLECTIONNEUR HALFAOUI NOUS DEMANDE SI UNE DE CES DEUX PHOTOS A ÉTÉ PRISE À MARRAKECH 

IMAGEG_Porteur-d-eau Est ce que quelqu'un reconnaitrait les détails du mur et de la porte à gauche et pourrait identifier le lieu de la prise de vue ?

IMAGE_VENDEURS15 Un commerce. Qui pourrait situer le lieu où la photo a été prise ?

Nous sommes reconnaissants à nos collectionneurs pour leurs images. Merci aussi à tous ceux qui répondront aux demandes formulées sur cette page et qui partageront leurs souvenirs dans les commentaires

30 septembre 2014

SA et SARL À MARRAKECH À LA SORTIE DE LA GUERRE (1945-1950)

Après la guerre de 1939-45 les entrepreneurs relancent l'économie à Marrakech

L'ouverture de la ligne ferroviaire Casablanca-Marrakech en 1928 permit à des entrepreneurs d'investir dans la création de sociétés industrielles, financières et immobilières à Marrakech (voir --> la page du 8 aout 2014). Mais cette dynamique dura à peine 10 ans. La guerre arrêta la création de nouvelles sociétés. Cependant la reprise se fit dès 1945 et il est intéressant de noter les noms de ces sociétés pour servir à la mémoire de la Ville. Nous avons une liste d'une vingtaine d'entreprises créées entre 1945 et 1950 avec un siège social à Marrakech. La liste est certainement incomplète et nous encourageons ceux qui en connaitraient d'autres de les signaler afin que l'Histoire ne les oublie pas. 

Si certains des lecteurs du blog peuvent partager des souvenirs ou des documents sur l'une ou l'autre de ces entreprises, leurs créateurs et leurs personnels, c'est volontiers que leurs récits seront accueillis non seulement dans les commentaires de cette page, mais aussi dans des pages futures.

FACODIM 66 rue de Breugnon Marrakech-Guéliz - SA fondée en 1945, pour le développement commercial et industriel du sud marocain. La société a déplacé son siège au 66 rue Bab Agnaou.

Produits aromatiques du Moghreb (AROMAG) Lotissement Saadia n°12, Guéliz.  SARL 1946 Fabrication matières premières aromatiques. Gérants: Georges Chiris et Léon Chiris. Une usine d'extraction et de distillation d'essence de rose fut construite à El Kelaa de M'gouna. Il faut 10000 kg de roses pour faire 1 Kg d'essence de rose. La famille Chiris est originaire de Grasse.

Stynia-glaoui

Société marocaine d'études sidérurgiques SA fondée le 17 janvier 1947 pour la mise en oeuvre des minerais marocains ou nord-africains de fer, manganèse, etc... domiciliée Dar El Glaoui. Administrateur: Abdessadek ben el Hadj Thami el Glaoui. Le Pacha a eu huit fils (Brahim, Si Ahmed, Abdellah, El Madani, Si Hassan, Abdessadeq dit Sadok, Si El Mehdi, Si Mohammed). Sadok, l'administrateur de la société fit de brillantes études de droit et fut le Khalifat judiciaire de son père, puis après l'Indépendance ambassadeur du Maroc aux Etats Unis, puis Président de la Cour des comptes du Maroc. C'est lui qui a écrit  "Le ralliement, le Glaoui, mon père."
Société chérifienne de produits alimentaires (SOCHEPRA)  rue Alexandre 1 de Yougoslavie SA fondée en 1947, pour la culture de légumes, fruits et l'industrie de la conserve. Administrateur P. Mainguy
Marrakech-Entreprise, route des Doukkala, Guéliz. SARL fondée le 12 mai 1947 pour Travaux publics et travaux pour particuliers. Gérants R. Montini & J. Roggero.
Etablissements A & C CARTIER, quartier industriel n°52 SARL fondée le 20 mai 1947, Usine de conserves, fruits, légumes, Gérant: Maurice CARTIER. Maurice CARTIER né en 1910 s'était marié à Marrakech en 1936 à Antoinette Surleau. Ils eurent 3 filles et deux garçons qui nous l'espérons vivement partageront avec nous leurs souvenirs. Voir video
Compagnie marocaine d'arboriculture et d'élevage (COMAREL) 15-17 Trik el Koutoubia,  SA fondée le 22 juillet 1947 Administrateurs J.V. Israel, Emile Miege, Docteur H. Routhier, A. Sagues, G. Gradis
Les conserves du Maroc (LCM)  Villa Garnier, Avenue Landais. SARL fondée le 30 aout 1947 pour Huilerie, conserves de fruits, olives.
Société Africaine de participations industrielles (SAPIA) Lotissement Saadia SARL du 29 novembre 1947, Gérants Georges Chiris, Madame Meynard née Chiris (Domaine de Bellevue à Marrakech)
Compagnie Equatoriale du Maroc SA fondée le 17 janvier 1948 pour l'exploitation de gisements miniers (Plomb) Administrateurs Henri Huvelliez, Charles Dumas, Louis Rosen
Société de transports du Haut-Atlas, 84 avenue Landais, SARL fondée le 3 mai 1948 pour les transports routiers et aériens. Gérants: Maurice de CASTEX et Robert LACAZE  (Baron M.de Castex à Douar Graoua, marié avec Bernadette Carrelet de Loisy.) Robert Lacaze était aussi un --> coureur automobile célèbre. Il fait également partie des champions de ski de l'Atlas. Né en 1917, il n'est pas loin d'entrer dans le club des centenaires.
Société des Mines de l'Assif el Mal , Villa des Acacias, 69 rue Alexandre 1 de Yougoslavie SA fondée le 7 septembre 1948. Administrateurs: Antoine Sepulchre, Martin Lejeune, R. Liouville. Le gisement de Zn-Pb-(Cu,Ag) situé vers Chichaoua avait été repéré dans les années 20, mais l'exploitation ne commença qu'en 1948. 
Comptoir agricole du sud  148 Avenue Mangin, SARL fondée le 24 octobre 1948, Commerce grains et semences. productions agricoles, Gérant Louis Courtial
Société immobilière "La Koutoubia" La Poterne avenue des Remparts. SA fondée le 9 novembre 1948- Administrateur: Docteur Lapidus. Le docteur Lapidus fut le fondateur et  premier président du Rotary Club de Marrakech.
Compagnie africaine d'emballage et de conditionnement ( CADEC) SA fondée le 20 décembre 1948 pour le transport, la manutantion, le conditionnement et l'emballage de produits agricoles. Administrateur: Daniel KLIMKER, directeur agricole du domaine de Souelha, Marrakech
Union Minière panafricaine (UMPA) Villa Demnati avenue Aristide Briand Marrakech SA du 6 janvier 1949 pour Recherches et exploitations minières Administrateur délégué André Savornin.
ASSIER & MUSSO,  57 rue Cdt Humbert, SARL du 22 mars 1949, travaux publics et pour particuliers.
GOMAR, quartier industriel, Route de Mogador, SARL fondée le 29 novembre 1949, pour huilerie, confiturerie, conserverie fruits et légumes, Gérants: Martinez & Gomez.
Union d'utilisateurs de matériels de mines, Villa Demnati, rue Aristide Briand, SARL fondée le 1er mai 1950 pour le matériel de recherches et d'exploitations minières, 
THONIEL (Etablissements) 212 avenue Mangin, SARL fondée en juin 1950, fournitures agricoles et industrie mécanique générale, garage.
Les nouvelles créations de cette époque concernent principalement l'agro-alimentaire et les mines. Ces sociétés vont contribuer à créer des emplois et des richesses à Marrakech et dans la région et faire en sorte que l'éloignement des ports de la côte atlantique ne fasse pas obstacle à son développement. 
Si vous connaissez des éléments de l'histoire de ces sociétés, merci de les partager.



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