100 ANCIENS MARRAKCHIS REÇUS À LA MAIRIE DE MARRAKECH
Le Dr Aziz Cherkaoui et Madame Awatif Berdaï ont reçu chaleureusement les anciens marrakchis de l'ASAM à la Mairie de Marrakech. C'était le 16, une belle journée du mois de mai dans la Ville rouge...
Retour en images prises par l'appareil photos d'Aziz Cherkaoui et complétées par quelques clichés de Michel de Mondenard.
1 - Suivez mon panache vert pomme... Robert Lucké donne la direction...
2 - Le président Robert Lucké avec un des doyens du groupe des Salamistes.
3 - Gérard Achim, André Darier et ...sur le parvis de ce qui était autrefois les Services municipaux. C'est l'occasion pour Gérard de se souvenir que son père avait installé la première climatisation de la Mairie. Elle existe toujours, même si des appareils plus modernes ont été ajoutés.
4 - Jardins de l'Hôtel de Ville, l'attente, premier à gauche Nathan Baruk et ... (compléter les noms dans les commentaires)
5 - Les Salamistes étaient venus avant l'heure pour être sûrs de ne pas être en retard. De gauche à droite Annie Marian, Danièle Berthelemy, Danièle Accart, Jocelyne Peroni. Merci d'indiquer les autres noms dans les commentaires en précisant le numéro de la photo.
6 - Nathan Baruk avec les mains dans les poches, Jo Mouret avec la veste sur l'épaule, ...
7 - Simone et Nathan Baruk au premier plan,... compléter les noms dans les commentaires.
8 - Monsieur André Lefevre, ancien contrôleur civil, Sidi el Hakem, et LE président.
9 - Un groupe rejoint ceux qui attendent. Jeanne Oumeddour avec un vêtement sur le bras et ...
10 - Les salamistes dégainent leurs boites à souvenirs.
11 - Robert Lucké et Danièle Berthelemy, fille du chirurgien se disent leur sympathie.
12 - D'autres Salamistes ( indiquer les noms dans les commentaires)
13 - La grande porte de l'Hôtel de Ville.
14 - Plusieurs Salamistes photographiés depuis le haut des marches: au premier plan Nathan Baruk
L'ENTRÉE DANS LA GRANDE SALLE DE RÉCEPTION
15 - La table présidentielle se prépare
16 - Le côté Ouest de la salle, on reconnait Jocelyne Péroni / Feneyrol en jaune et ...
17 - Le côté Est de la salle, avec au premier rang Jacqueline Koller/Lefèvre, son mari André Lefevre et .... 5e et 6e: Nathan et Simone Baruk, (7) Danièle Accart/Pavy, ....(compléter les noms dans les commentaires)
18 - Le deuxieme rang côté Ouest (indiquer les noms dans les commentaires)
19 - Côté Ouest en suivant: Anne Marian / Darier et ....
20 - Le côté sud de la salle avec Mme Nakache, Michel de Mondenard et ...
21 - Côté Est pris depuis le Sud. Au début du rang : Marguerite et Monique Nenant.
22 - Côté Est avec au premier plan Danièle Accart, les Baruk et au deuxieme rang...
23 - Côté Est en suivant avec Marilou et ... (compléter les noms dans les commentaires)
24 - Côté Ouest ( ajouter les noms).
Tous les participants à la rencontre n'apparaissent pas sur les photos de la Mairie de Marrakech. On les retrouvera à d'autres occasions de rencontres organisées dans la même semaine que nous publierons plus tard.
25 - La table d'honneur sous le regard de sa majesté le roi Mohammed VI, avec de gauche à droite : Colette Gil/Angelloz, vice présidente de l'ASAM, Dr Aziz Cherkaoui, Président du Centre de Culture Euroméditérannée du Maroc, Elu de la Mairie, la Région et la CCISM, Robert Lucké président de l'ASAM, Mme Awatif BerdaÏ élue, représentant Mme El Mansouri, maire de Marrakech, Danièle Berthelemy/Boulé, salamiste.
26 - Le discours d'accueil du Dr Aziz Charkaoui
27 - Mme Berdaï, reçoit les Salamistes au nom de la municipalité
28 - L'intervention du président Lucké, qui sera suivie de la lecture d'un poème émouvant sur les charmes de Marrakech par Danièle Berthelemy/Boulé.
29 - La remise des souvenirs: La grande médaille de Salam Marrakech remise à Mme Aouatif Berdaï par le président Robert Lucké.
30 - La nouvelle médaille 2013 de l'Association des Anciens de Marrakech (ASAM) à l'occasion du centenaire avec l'image symbolique du pavillon de la Ménara devant l'Atlas enneigé, accompagné des deux drapeaux de l'amitié franco-marocaine immortelle et coiffée de feuilles d'oliviers. Il est possible d'acheter un porte-clefs à cette effigie auprès du secrétariat de Salam Marrakech.
31 - La remise par Mme Berdaï de la médaille de Marrakech à Robert Lucké ainsi qu'un souvenir précieux.
32 - 33 - Mme Aouatif Berdaï remet une oeuvre artistique d'un peintre marrakchi au président Robert Lucké.
Monsieur Aziz Cherkaoui invite alors tout un chacun à s'approcher d'un des micros de la salle de conférences pour poser des questions ou apporter un témoignage.
34 - Mme Angelloz, vice présidente de l'ASAM prend la parole.
Quelques clichés de personnes étant intervenues dans la rencontre...
35 - Témoignages de M. et Mme OUSTRY restés à Marrakech, presque toute leur vie, l'un et l'autre enseignants et rentrés en France depuis peu.
36 - Témoignage des Lefevre mariés dans cette mairie il y a ...
37 - Un représentant de la famille Desbarats dont une partie des parents repose au cimetière européen de Marrakech et qui revient chaque année le 8 mai.
38 - Monsieur Nakache hôtelier
39 - Danièle Accart / Pavy témoigne de son père le docteur Robert Accart et de son attachement à Marrakech qu'elle a transmis à son mari le docteur Pavy et à ses enfants.
40 - Témoignage de Chama Benzriouil, Salamiste de toujours
41 - Témoignage de Madame Chraïbi, enseignante de français à Marrakech
42 - Témoignage d'André Veyrot qui est né à Marrakech, parfaitement bilingue arabe - français et qui ne peut obtenir la nationalité marocaine.
43 - Intervention de Mme Naccache, secrétaire de l'ASAM
D'autres personnes sont intervenues sans que des photos aient été prises, certaines pour regretter l'état de décrépitude de certaines rues du Guéliz, dont les trottoirs sont souvent éventrés et dangereux, d'autres pour se réjouir de l'accueil.
Après ces échanges, Aziz Cherkaoui a invité Robert Lucké et les Salamistes à monter à l'étage pour une collation sympathique qui avait été magistralement préparée à leur intention.
44- Les Salamistes avant la collation
46 - L'ascension des escaliers gravis autrefois par des couples à l'occasion de leur mariage
47 - Vers la salle des mariages
48 - Le bureau de madame le Maire de Marrakech
49 - Les souvenirs ressurgissent
50 - Le plus jeune du groupe et ...
51 - Marguerite et Monique Nenant et ...
52 - Chama Benzriouil et Jacqueline Koller/Lefevre
53 - Le Président Robert Lucké, le webmaster de Mangin@Marrakech et Monsieur André Lefevre
54 - Robert Lucké et des mariés...
55 - Personnes déja connues...
57 - M. Desbarats et Mme BerdaÏ
58 - L'allée pavée menant à l'Hôtel de Ville
60 - Danièle Accart / Pavy et ...
62 - M. Desbarats, un verre à la main et ...
65 - Rita Canino devenue Genevoise et ...
66 - Jeanne Oumeddour, .... et Rita Canino
67 - Annie Marian / Darier et ...
68 - Qui est-ce ? Écrire les noms dans les commentaires.
69 - Marilou entre Danièle & Danièle et inversement.
71 - Qui sont-ils ? Écrire leurs noms dans les commentaires.
73 - Me Nonant et le Dr Cherkaoui
74 - Entre le Dr Aziz Cherkaoui et le Pt Robert Lucké, Michel, le webmaster de Mangin@Marrakech.
LA PHOTO DE FAMILLE DEVANT LA MAIRIE
75 - Le président avec le tableau-souvenir et Simone Baruk
76 - Le Président avec Aziz Cherkaoui
77 - Le Président et Mme Awatif Berdaï
78 - le Dr Cherkaoui et Mme Berdaï entre Robert Lucké et Danièle Berthélemy entourés des Salamistes.
Merci à tous de compléter les noms qui manquent. Merci surtout à Robert LUCKÉ d'avoir permis ce moment et à nos hôtes Mme Awatif BERDAï et le Dr Aziz CHERKAOUI d'avoir réalisé cet accueil. Nous avons pensé aux absents, observé une linute de silence et réalisé que nous avions beaucoup de chance d'avoir pu réaliser ce voyage alors que bien des amis n'ont pas eu la possibilité de venir partager ces moments émouvants dans leur ville de coeur.
NAISSANCE DU GUÉLIZ: 5 JUIN 1913 - HISTOIRE d'HORLOGES
LE RETOUR DES SALAMISTES DANS LA VILLE ROUGE
La Roseraie à Ouirgane, un havre paisible et frais depuis de longues dates.
ROBERT LUCKÉ ET LES SALAMISTES DE SALAM MARRAKECH SONT REVENUS
Du 14 au 21 mai des anciens de la Ville rouge ont choisi de se retrouver et de se souvenir
Ils venaient de plusieurs aéroports: Marseille, Toulouse, Paris, Genève et même de Marrakech...
Au départ le ciel était gris de gris...
... gris le ciel d'ORLY au dessus de l'avion d'Air Maroc !
Mais à l'arrivée le ciel était beaucoup plus accueillant
Le repas des anciens de Marrakech le soir du 14 mai.
Une partie de l'assemblée, église des Saints Martyrs
Le mercredi 15 mai plusieurs Salamistes se sont rendus à l'Église des Saints-Martyrs pour une messe du souvenir. Robert Lucké et d'autres sont allés saluer l'Imam de la mosquée voisine et ont rejoint ensuite le cimetière européen pour déposer une gerbe devant l'olivier planté en 2000 à la mémoire des anciens de Marrakech.
Pluieurs sont allés se recueillir sur la tombe des leurs pendant que d'autres fleurissaient d'une rose les tombes des soldats du cimetière militaire.
Photo de groupe devant la stèle principale.
Puis chacun a choisi d'aller dans Marrakech là où il le souhaitait.(Guéliz, Souks, Palais, Magasins, amis,...)
Le lendemain 16 mai, les Salamistes ont poursuivi leurs programmes personnels de visite, le plus souvent en petts groupes d'amis. Puis en fin d'après midi ils se sont retrouvés à la Mairie de Marrakech pour une réception très émouvante en présence de M. Aziz Cherkaoui, de madame Awatif Berdaï, ainsi que d'autres amis comme Chama Benzriouil et Madame Chraïbi.
Les Salamistes sur les marches devant l'Hôtel de ville
La réception s'est terminée par une collation dans la salle des mariages où plusieurs couples présents s'étaient mariés autrefois... D'autres photos ont été prises à l'occasion des nombreux témoignages des participants.
Vendredi 17 mai, repas de fruits de la mer à Oualidia : crevettes, crabes, araignées de mer, oursins, huitres, palourdes, langouste, homard, sole, etc arrosé comme il se doit. On en reparlera sur le blog.
La plage et la lagune de Oualidia ont accueilli les Salamistes le 17 mai
Samedi soir une soirée flolklorique marocaine fut organisée spécialement pour les salamistes avec un repas typique et des musiciens, danseuses et danseurs remarquables et inoubliables.
Par la suite chacun a fait son programme. On rencontrait des Salamistes le dimanche de Pentecôte au temple ou à l'église, dans les souks, dans les pâtisseries marocaines, dans le Palais de la Bahia, au Jardin Majorelle avec son nouveau lieu d'exposition Berbère, sur la Place Jemaa El Fna, à Essaouira, Asni, la Roseraie de Ouirgane, l'Ourika, dans la Palmeraie, etc... et le soir la majorité d'entre eux se retrouvaient au restaurant de l'hôtel Le Tafilalet dirigé par M. Lamon.
Lundi 20 et mardi 21 ils reprirent l'avion par ciel bleu, vers les gris horizons d'Europe
Dernier aurevoir aux jardins de La Menara et au Gueliz
Merci à celles et ceux qui auraient des photos à partager sur leurs promenades, excusrsions et visites, de les communiquer au blog.
S'IL FALLAIT DONNER UNE DATE POUR LA NAISSANCE DU QUARTIER DU GUÉLIZ, IL N'Y A PAS À HÉSITER. CE FUT LE JEUDI 5 JUIN 1913.
CE JOUR LÀ, LES PREMIERS LOTS À CONSTRUIRE FURENT VENDUS PAR ADJUDICATION AUX PREMIERS ACQUÉREURS.
La première horloge du Guéliz installée après 1930, disparut vers 1935... Chercher du côté de la Grande Mosquée de Paris... Dommage, la lanterne supérieure s'est volatilisée !
LE CAPITAINE LANDAIS EFFECTUA LES TRACÉS DES AVENUES ET DES RUES DU GUÉLIZ. IL CONFIA AU GÉOMÊTRE J. RAYNAUD DE MATÉRIALISER PAR DES BORNES LES LIMITES DES DIFFÉRENTS LOTS. LE CAPITAINE LANDAIS AVAIT ÉTÉ CHARGÉ DE CETTE MISSION DÈS LE 9 SEPTEMBRE 1912. EXACTEMENT 9 MOIS DE GESTATION AVANT LA NAISSANCE DU GUÉLIZ...
LE BLOG MANGIN@MARRAKECH A DÉJA MONTRÉ DES VUES DU GUÉLIZ À DIFFÉRENTES ÉPOQUES. L'HORLOGE DU GUÉLIZ SERVIT LONGTEMPS DE REPÈRE À SES HABITANTS ET À SES VISITEURS. C'ÉTAIT UN SITE IDÉAL POUR FIXER UN RENDEZ-VOUS. LES MILITAIRES EN QUARTIER LIBRE LA SURVEILLAIENT AVANT DE REVENIR À LA CASERNE. NOUS PROPOSONS AUX MARRAKCHIS DE COMMUNIQUER TOUTES LES PHOTOS ET TOUS LES SOUVENIRS DE L'HORLOGE DU GUÉLIZ QU'ILS SOUHAITERAIENT PARTAGER.
L'horloge du Guéliz avait été installée au milieu de l'intersection de trois voies importantes: l'avenue du Guéliz (avenue Mangin); l'avenue des Oudaïas (avenue Landais) et la rue Alexandre 1er de Yougoslavie.
PREMIÈRE ÉPOQUE: LA PLACE NE SAIT PAS ENCORE QU'ELLE S'APPELLERA PLACE DE L'HORLOGE.

Nous sommes en 1915, le Grand café est à l'emplacement du futur Café de l'Atlas. La rue en face ne sait pas encore que vingt ans plus tard elle s'appellera rue Alexandre 1er de Yougoslavie.
DEUXIEME ÉPOQUE: L'HORLOGE EST DRESSÉE AU MILIEU DE LA PLACE. LES EUCALYPTUS ET AUTRES GRANDS ARBRES PLANTÉS EN 1914 BORDENT L'AVENUE DU GUÉLIZ. NOUS SOMMES AU DÉBUT DES ANNÉES 1930.
L'avenue du Guéliz est bordée de chaque côté d'une double rangée d'eucalyptus. L'horloge est surmontée d'une lanterne afin de pouvoir lire l'heure même la nuit. La tradition des horloges était ancienne à Marrakech, le sultan Moulay Hassan 1er en avait de nombreuses dans ses palais, les pays européens lui en offraient souvent. Certains se souviennent encore de l'immense horloge entiérement en bois, rouages compris et décorée de nacre qui trônait dans un pavillon près des bassins de l'Aguedal. Roger Beau en a gardé des images et nous fait l'amitié de nous transmettre deux clichés de 1960. Le pavillon est trop petit pour qu'il soit possible de photographier l'horloge en entier.
On admirera le travail d'incrustation des nacres.
La place avait désormais un nom : Place de l'Horloge.
La place s'animait à l'heure où les ombres s'allongeaient.
L'Horloge servait de pivot à la vie du Guéliz, même pour le carnaval et ses chars.
TROISIÈME ÉPOQUE 1936: L'HORLOGE SE RAPPROCHE DE LA POSTE. Il est décidé de remodeler l'avenue en ne gardant qu'une rangée d'arbres de chaque côté et en créant six voies dont deux de stationnement de chaque côté. Un nouveau modèle de l'horloge ressemblant en partie au précédent se retrouve sur bord du trottoir.
Il est possible de distinguer l'Horloge à gauche sur le trottoir au bord de l'avenue Mangin. Il s'agit d'un nouveau modèle sans lanterne.
Un Rond point a remplacé l'Horloge; en face l'Avenue Landais a conservé ses arbres.
Officiellement on parle du Rond point Central, mais dans le coeur des habitants, c'est toujours la place de l'Horloge.
Les Négociants, le Rond point et l'Horloge
La CTM, le Rond point Central est finalement assez petit.
Le Rond point est agrandi pour permettre aux agents de ville d'avoir un refuge plus conséquent et les eucalyptus sont remplacés par des bigarradiers.
L'Horloge est fixée au bord de l'Avenue Mangin. L'agent de ville surveille la circulation.
Cependant l'Horloge va encore changer de place
L'Horloge est repositionnée légèrement en retrait et plus proche de la rue de Yougoslavie.
La station Shell et le "Tout va bien" de part et d'autre de la rue Alexandre 1er de Yougoslavie. L'agent de ville veille sur la sécurité des passantes.
En 1957, l'Horloge reste fidèle à La Poste
Mais bientôt, c'est la Poste qui laissera sa place à l'Office du Tourisme.
Aujourd'hui, cherchez l'Horloge..... le mouveau modèle a aussi disparu ! La place se nomme officiellement Abdul Moumen ben Ali, le fondateur de l'Etat Almohade, mais dans le coeur des vieux Marrakchis, c'est toujours la place de l'Horloge.
On parle d'installer une horloge au Marché Central du Guéliz...
À gauche, le Marché Central le long de l'avenue Mangin.... entre la rue de la Liberté et la rue Maginot.... Mais c'est une autre histoire...
LE QUARTIER DU GUÉLIZ, CENT ANS LE 5 JUIN 2013 !
Votre blog Mangin@Marrakech vient d'être distingué ce 23 mai comme deuxieme blog de la semaine avec 299 partages. Le retour à Marrakech a boosté les connexions. Mardi 16 mai vous étiez 104 visiteurs déja connus et 463 nouveaux visiteurs avec 1065 pages vues. Continuons à faire connaitre notre Ville rouge sur internet et Salam Marrakech.
LE CIMETIÈRE EUROPÉEN DE MARRAKECH ET SON CARRÉ MILITAIRE - 8 MAI 1945
JEAN-MARC OFFRE DES ROSES
Ces Roses de Ca- margue,de mon jardin, je les offre aux Femmes de ma vie : à ma Mere, à mes Institutrices et Pro- fesseuses de LVH, à toutes mes copines de Marrakech, et surtout à la Reine d'Autriche qui n' a de cesse de me taquiner amicalement !
J'aurais aimé pouvoir les peindre comme Marc Chagall; il a su si bien le faire que je préfère lui laisser son aura et sa gloire. Peut etre ma composition florale va t'elle susciter de nouvelles vocations. Bien Marrakch'Amicalement Jean Marc
LE CIMETIÈRE EUROPÉEN DE MARRAKECH
NOS AMIS NOUS RAPPORTENT DES PHOTOGRAPHIES..
Bernard Joudoux et Jo Stachewsky, à cinq ans d'intervalle, montrent des photographies du cimetière et notamment du Carré militaire qui entre temps a été rénové.
Bernard a partagé avec nous ses photos et ses souvenirs sur l'AGM et sur sa famille. Grâce au blog il a pu renouer le contact avec sa cousine Mireille Mercier, il ajoute pour nous d'autres souvenirs.
La première photo est de 1934. Il s'agit de la compagnie d'assurance L'Urbaine et la Seine au Guéliz qui appartint à Jean-Pierre MARTIAL, puis à son fils et pour laquelle le père de Bernard Joudoux a travaillé de 1933 à 1970.
Devant l'Agence de l'Urbaine et la Seine, M. Raymond Joudoux et sa collègue Mlle Arnaud
Bernard JOUDOUX habitait la rue Verlet Hanus. Il l'a retrouvée et partage avec nous ses souvenirs.
Tombe de Colette JOUDOUX- Tombe de Henry BLONDET (1892-1958), père d'une des belles-filles Joudoux.
LE CIMETIÈRE MILITAIRELes tombes des soldats morts pour la France
La famille Joudoux a pris ces photos en 2008 et a protesté en écrivant au ministère responsable. Quatre ans plus tard une opération de rénovation avait transformé le cimetière militaire.
Jo Stachewsky est retourné cette année à Marrakech et a pris d'autres photographies pour le souvenir.
C'est Jo qui avait lancé le projet de grande rencontre "Retour aux sources" des élèves de LVH réalisé il y a trois ans, après une longue hibernation de l'association des anciens élèves.
La signalétique a été rénovée
L'entrée principale a été repeinte
Le portail est fermé en fin de journée
Les nouveaux panneaux signalétiques
La stèle centrale dédiée "Aux combattants Français et Marocains qui ont donné leurs vies pour la liberté" a été repeinte.
Le carré militaire est distinct du cimetière européen même si l'entrée est la même.
LES TOMBES DES FAMILLES
Les noms évoqueront probablement des souvenirs de ces anciens marrakchis. Certains voudront ajouter dans les commentaires des faits rappelant leur mémoire. Les descendants pourront aussi voir comment se trouvait leur tombe au début du printemps.
Chapelle de la FAMILLE CRIGNOL
FAMILLE PARADIS
Josephine YAGUES décédée le 15 mai 1945 à l'âge de 39 ans.
Maurice MOILLO 1909-1950
François ZERATES
Nabib Gantous décédé à 55 ans le 14 mai 1950, Mariana Breis-Thomas décédée à 78 ans le 16 février 1961; Th Mdafeur décédé 0 68 ans le 8 décembre 1970.
Albert DELAURENTI - 29 avril 1887 - 12 décembre 1951
François MARTIN décédé à 66 ans le 23 février 1950
Rosa BARBER décédée à 75 ans le 17 juillet 1951- Famille SHREIBER Paula, Dolli, Walter
Georg et Yvonne REINER 29 juin 1950 - 21 septembre 1963
Joseph SILES 25 septembre 1882 - 30 juillet 1956
Serge BERENOV 1893 - 1960
Eugène ANTON, né le 12 9 1902, décédé le 13 fevrier 1969
Antoine ROMERO 1 juillet 1904, 12 février 1969
Jean PENA décédé à 51 ans le 12 aout 1960
Chapelle de la famille MIRGON
Famille GALLAND - Antoine 1908-1958; Marie Dolores 1901-1994; Louise Muller 1901-1959.
Familles Salmon, Menant, Rampillon.
Chapelle de la famille MUSA
Famille AMPHOUX - Très ancienne famille du Guéliz qui construidsit les premières maisons.
Familles Bruneau et Bernard; Louis ESCOUT décédé à 56 ans le 4 juillet 1958.
Tombes sans noms
"Ici reposent les corps du cimetière Français del Kelaa Des Sraghna (décembre 1988)"
Aimé GIRAUD décédé le 6 octobre 1929
Général Emmanuel RONIN - 4 février 1886 - 4 mars 1953
Suivre la flèche: le carré militaire a été entièrement rénové en 2011
Site composé de 374 sépultures de soldats morts pour la France ou décédés en service
Chaque année, à l'occasion du 11 novembre, une cérémonie du souvenir se déroule sur ce site. Cette manifestation placée sous le signe de la paix et de la réconciliation entre les peuples est présidée par le Consul général de France à Marrakech, en présence des autorités marocaines locales et de la communauté française.
Une partie des tombes
À SES SOLDAYS LA FRANCE RECONNAISSANTE
Tableau des régiments
Spahis, tirailleurs,
Régiments et unités
MERCI BERNARD ET JO POUR CES SOUVENIRS, AFIN QUE LA MÉMOIRE DEMEURE. MERCI AUSSI À CEUX QUI VOUDRONT HONORER CEUX QUI ONT COMBATTU POUR LA LIBERTÉ PAR QUELQUES MOTS OU UNE PENSÉE.
On trouvera d'autres photos du cimetière et une liste sur une page du 1er novembre 2011
EXPO PHOTOS SUR 100 ANS DE GUELIZ - 100 ANS DE VIE
Deux clichés de l'entrée du Marché du Guéliz, tirés d'un film 8mm tourné par Maurice Calas sur caméra Paillard-Bolex.
Un marché dont l'entrée avait du relief
90 anciens de Marrakech vont retrouver leur ville avec passion et émotion du 14 au 21 mai. Ils viennent de différents coins de France, mais aussi d'autres pays, réunis par Robert Lucké et son équipe de Salam Marrakech. Le blog espère pouvoir vous tenir au courant grâce à leurs photos et témoignages. Ils penseront aussi à ceux qui ne sont pas du voyage et qui n'ont pas leur chance. Demandez-leur dans les commentaires des photos de vos lieux fétiches, ils essaieront de vous les trouver.
Ludo Kellermann a retrouvé une photo de classe probablement de CM2, 1953 ou 1954. Qui lui indiquera le nom de l'école et l'aidera à retrouver les noms correspondants aux visages des élèves ? Ludo a quitté Marralkech en 1957.
Ludo se trouve au deuxieme rang, le deuxieme en partant de la gauche. Et les autres ... merci pour vos commentaires..
L'EXPO "100 ANS DU GUÉLIZ 1913-2013 - UN SIÈCLE DE VIE" EST ACCROCHÉE ! SUR LA PALISSADE DE L'ANCIEN MARCHÉ CENTRAL

Des images du Guéliz au cours des ans exposées sur de grands panneaux, tout près de la Place de l'Horloge de Marrakech.
On retrouvera sur la composition à droite, une carte postale de l'Avenue Mangin, la célèbre Horloge qui occupa le centre de la place éponyme au début des années 1930 et un communiant sortant de l'Église des Saints-Martyrs en 1949: Roger Beau.(Blog:3 juillet 2010)
Certaines photos ou cartes postales de votre blog font partie de l'exposition. Merci à ceux dont les photos ont été choisies ainsi qu'à nos grands collectionneurs de Cartes Postales Anciennes: Bazooka Joé, Halfaoui, Jean-Marc pour leurs contributions.
Par exemple la Boulangerie du Guéliz, Crédit photo: Collection François Arbacette.
Salut Daniel !
Les arcs de couleur viennent rehausser les photos en noir et blanc: l'immeuble des Négociants, l'Horloge, le petit vendeur du journal l'Atlas, un communiant bien connu, la porte du Marché Central, un promeneur anonyme au début de l'Avenue Mangin.
L'Avenue Mangin s'inscrit dans le cercle de couleur
La place de l'Horloge s'aperçoit aussi dans le Cercle
Une frise résumant l'exposition depuis l'Avenue Mangin et la place de l'Horloge, jusqu'à l'Église en passant par le Marché Central.
Ci-dessus quelques vues de l'exposition qui se présente sous forme de grands panneaux de rue

L'exposition a donné lieu à l'écriture d'un SLAM créé par Mehdi Amid & Nabil Hamdaoui, le texte est affiché pour les passants-visiteurs. Un concours a aussi été ouvert pour réaliser une nouvelle Horloge: L'MAGANA. Les grands arcs de couleurs forment comme un cadran où peut s'inscrire une horloge.
Une passante s'arrête devant Roger Beau (cliché de 1949)
La porte de l'ancien marché central du Guéliz a repris sa place le temps de l'exposition..
Nour Eddine Tilsaghni artiste-photographe
Le concours de créationd'une Horloge L'Magana
Les visteurs de l'expo découvriront les autres clichés sur les panneaux.
Les deux autres vues font partie de la collection de cartes postales éditée par le vice-consul britannique Alan LENNOX et représentent l'ancien marché aux esclaves de Marrakech vers 1902 et des têtes d'opposants au Maghzen suspendues aux murs, du temps du Vizir Mehdi El Menebhi. On retrouvera ces clichés en plus grand ajoutés à l'article sur le collectionneur écossais.(Voir Archives du blog du 12 juin 2011). Merci à Halfaoui de nous faire partager ses trouvailles de documents rares sur Marrakech.
HOMMAGE À MADAME LA DOCTORESSE LÉGEY
BON 1er MAI !
Ces beaux brins de Muguet viennent du jardin de Francine que nous remercions pour son attention.
Agadir, Port d'Essaouira, Remparts de Taroudant (cliquer sur les vignettes)
Nous remercions Blandine qui nous rapporte des photos de sa récente tournée des villes du sud et s'est arrêtée à Marrakech ....
..chez ZÉZÉ. Georges Gomez nous avait gratifié d'une ancienne photo de ce palais de la brochette, situé rue Clémenceau, où l'on évoque les familles Caturla, Paolinetti, Martin, Scimone. (voir ancienne photo) Blandine nous écrit: "...ce café fonctionne de nouveau; il y a 3 ans, il était fermé et paraissait à l'abandon... j'enverrai d'autres photos aux deux blogs." Pour les photos du blog de MiMi voir le lien colonne de droite: MARRAKECH & NOUS
Une doctoresse promue à Marrakech le 17 mai 1913 (il y a cent ans) Adjointe du directeur de l'Hôpital Mauchamp (Service des femmes). Pour introduire cet article l'ami Halfaoui partage avec nous des photographies rares de l'Hopital Indigène Mauchamp (Ibn Zohr aujourd'hui) qui dépendait de l'administration "SERVICE DE SANTÉ ET HYGIÈNE PUBLIQUE" et incluait un dispensaire prophylactique.
Ce laboratoire du docteur DIOT fut aménagé dans un ancien pavillon à proximité de la porte de Si Mimoun
La salle d'opération voisine du laboratoire nécessita la construction d'un nouveau pavillon. Il donnait sur les jardins, proches de ceux de La Mamounia.
Hommage à la doctoresse Françoise Légey..
..par Joseph Dadia dans son livre REGARDS SUR L’ATLAS dédié à son père (photo de Jacob Dadia ci-dessous) Ed. 2011
Joseph Dadia nous fait la grande amitié de nous permettre de publier son hommage à une femme d'exception (pages 44 à 61 de son livre); une doctoresse que la ville de Marrakech ne saurait oublier sans faillir. Elle mérite d'être honorée à plusieurs titres: non seulement elle permit à de nombreuses marrakchia de mettre au monde leurs enfants dans des conditions médicales exceptionnelles jamais connues à Marrakech au paravant où beaucoup d'enfants mourraient à la naissance et les mères à l'accouchement, mais en plus, elle a recueilli les traditions orales des marrakchis avec leurs propres expressions à une époque où elles étaient encore vivaces et elles les a écrites pour les conserver à la postérité.
Ses deux livres font autorité, sans elle, c'est tout un pan du patrimoine culturel des berbères, arabes et juifs de Marrakech et de l'Atlas qui se serait envolé dans l'oubli, laminé par la mondialisation de la culture.
Joseph Dadia président fondateur de l'association des juifs de Marrakech, nous dit ce que la communauté juive doit en particulier à la doctoresse Légey. Il y aurait tant à dire également sur ce que les autres communautés doivent aussi à cette grande Dame.
Noce juive au Mellah de Marrakech par E. Limanton, photographe
Maternité marocaine de Marrakech (1927-1961)
Comme tant d’autres enfants du mellah de Marrakech, nous sommes tous nés dans cette maternité, mes frères, ma sœur et moi.
Ma mère m’a raconté beaucoup de bien de cette maternité.. Elle appelle, les larmes aux yeux, qu’un matin l’infirmière est venue prendre les bébés, pour la première toilette de la journée. Au retour, l’infirmière, par mégarde, lui remit un autre enfant à ma place. Ma mère a poussé des cris, et, de sa main droite, montra à l’infirmière que j’étais dans les bras d’une autre femme.. Tout est rentré dans l’ordre. Chaque maman a récupéré son bébé.
Après la naissance de chaque enfant, la sage femme remet à la maman une attestation. Des sept attestations remises à ma mère, je n’ai trouvé dans les papiers de mes parents que deux. Ci contre une photo de madame Fréha Dadia et de ses enfants devant le logement familial au Mellah
Voici le libellé, manuscrit à l’encre et à la plume, de l’attestation en date du 14 décembre 1946, ayant pour en tête écrit à la main – Maternité indigène de Marrakech : « Je soussignée, Y. Sachet, sage femme, certifie que la nommée Fréha Dadienne a accouché le 12 novembre 1946 d’un enfant vivant du sexe masculin. »
Suivent la signature et le sceau de la maternité. En marge de l’attestation, à la date du 10 décembre 1946, il est ajouté « Servi, 3 mètres layettes » ; signature illisible d’une autre responsable de la Maternité.
À présent, voici le libellé, manuscrit à l’encre et à la plume, de l’attestation à la date de « Marrakech le 22 septembre 1954 », à en-tête en lettres d’imprimerie : Direction de la santé publique et de la famille – Maternité marocaine de Marrakech :
"Je soussignée, sage femme (pas de nom), certifie que la nommée Fréha Dadia, israélite, a accouché le 17 septembre 1954 à 7 heures 55 d’un garçon vivant ; »
Suivent la signature illisible et le sceau de la Maternité. En marge de l’attestation, à la date du 2 octobre 1954 : « layette donnée », signé N. Carbeau.
La première attestation est celle de mon frère Moïse, plus précisément David-Moshe, prénommé ainsi d’après le saint vénéré Rabbi David ou Moshe, enterré au lieu dit Timzerit, chez les Aït Tamestint, près du bourg d’Agouim. Nous allions en pèlerinage au saint, suivant la coutume familiale.
La seconde attestation est celle de mon frère Abraham, dit Bébert, dit Abi, le benjamin de la fratrie ; celui qui ne figure pas sur la photo de la famille. Il porte le prénom de mon arrière grand père, celui de notre patriarche à tous, notre Père Abraham.
Marchand de beignets au Mellah, collection Hébréard
Je voudrais rendre l’hommage qu’elle mérite à ce médecin génial, visionnaire, qui se soucia des familles musulmanes et juives, en construisant pour elles une maternité moderne, en leur offrant les progrès de la science médicale, afin que les accouchements se déroulassent dans d’excellentes conditions. Et gratuitement.
Ma mère disait « Logé » et appelait la Maternité « Dar Madame Logé », c’est à dire « La Maison de Madame Logé »
J’ignore tout de Madame LEGEY/Légey, à commencer par son lieu et sa date de naissance. Je sais vaguement qu’elle est née en Algérie, et qu’elle a fait des études de Médecine en France. En ma possession peu de documents la concernant. Mais je me base sur eux pour réaliser cet hommage. C’est ma façon à moi de lui dire ma reconnaissance et mes remerciements. Elle est pour moi une pionnière, avec d’autres, dans le domaine social et prophylactique du Maroc. Audacieuse, vaillante, elle n’hésitait pas à parcourir à cheval tout le bled, zones d’insécurité comprises.
Son œuvre et son action honorent la France.
Ce qui me surprend le plus, c’est qu’aucun prénom ne figure sur aucun des écrits qui vont me fournir la substance de cet article. La Doctoresse Légey n’indique pas elle-même son prénom dans les textes qu’elle écrit.
Le prénom de Françoise figure bien dans les bibliographies des Juifs d’Afrique du Nord. Pourtant il me semble avoir lu que c’était Yvonne son prénom. Ce prénom, je l’ai écrit dans un fascicule où je cite un morceau de ses textes. Mais je suis incapable aujourd’hui de dire où je l’avais lu. Alors, je m’incline, c’est Françoise.
Autre chose qui m’intrigue. Dans la plupart des documents examinés, il est écrit Legey (en lettre minuscules) y compris dans l’introduction qu’elle donne dans son « Essai de Folklore marocain ». Il faudrait aussi souligner que la plupart du temps, il est imprimé LEGEY en lettre majuscules. Par contre, sur la première de couverture de son livre « Contes et légendes populaires du Maroc » c’est Doctoresse Légey ( avec é ) en lettres minuscules. Cet ouvrage a été édité en 1926. Je n’ai que la réédition de 1999, J’ignore donc ce qui est dans l’édition originale .
Par contre dans le livre d’Alice La Mazière dont je parlerai plus loin, il est écrit en plusieurs endroits Légey (sans le prénom). Ce livre a été édité en 1932. Les deux femmes probablement se connaissaient. Le titre du livre dont il s’agit est « Le Maroc secret », suivi d’un sous-titre, « Notes d’enquêtes ». C’est dire.
Madame Françoise Légey a trouvé le temps et la patience pour rédiger deux ouvrages de référence, aujourd’hui incontournables, pour celui qui veut comprendre le Maroc des années 1920. Ces deux livres ont été publiés à Paris en 1926 :
-1 Essai de Folklore Marocain, édité par la célèbre Librairie Orientaliste Paul Geuthner, aujourd’hui disparue à mon grand regret. Les thèmes développés sont : ethnologie, croyances populaires, cultes des saints, magie, maladie, alimentation, etc.. Iconographie 235 pages.
Dans cet ouvrage, la Doctoresse Légey consacre plusieurs pages aux juifs de Marrakech, dont voici l’essentiel, afin de comprendre leur mentalité et leurs mœurs :
-a « La femme stérile est méprisée. On dit qu’elle est entre toutes les religions. Elle n’est ni musulmane, ni juive, ni chrétienne… La femme stérile ne peut admettre sa stérilité. Elle croit à une conception entravée dans son développement par un maléfice… Elle s’imagine qu’elle était enceinte et que l’enfant s’est endormi. Elle dit couramment « andi raqued » : j’ai un enfant endormi, et se livre à certaines pratiques pour le réveiller… Les femmes juives considérant que cet enfant peut être évanoui posent sur le ventre de la femme qui a un « raqued » du vin doux avec de la cannelle et de la viande grillée, repas qu’elles offrent d’habitude à une personne qui a eu une syncope… Plusieurs procédés sont utilisés pour guérir la stérilité. Ainsi les femmes avaient des testicules de coq ; les juives le prépuce du nouveau-né qu’on vient de circoncire pour être fécondes et avoir des enfants.(Tous les textes de Mme Légey sont dans la même couleur ; P. 69-70)
Note : La théorie de l’enfant endormi dans le ventre de sa mère, et d’où il peut sortir après une longue période de gestation, est une construction des juristes musulmans. Le droit hébraïque ne la connaît pas.
Je pense avoir vu ma grand-mère paternelle et mes tantes accrocher la tête d’un coq, égorgé rituellement par le rabbin, du côté de la mezouza, après la naissance de mes frères.
-b "Dans le Glaoui, la montagne de Moulay-Ighi, c’est à dire le saint Rabbi David Lashquar (d . le 22 aout 1717), était désertique, mais elle est devenue verdoyante par la bénédiction du saint. Il y fit naître une cascade en enfonçant son bâton. Cette cascade au delà de Demnate est réputée pour ses vertus fécondantes. Aussi les juifs du Maroc vont en pèlerinage en automne, aussi bien que les musulmans au sanctuaire de Moulay-Ighi.(p 4 et 74)
-c « On croit que c’est un ange qui façonne l’enfant dans le ventre de sa mère à la manière d’un sculpteur qui, d’une masse informe de marbre, fait une belle statue. Quand le travail est achevé et que tous les organes sont formés, l’ange écrit sa destinée sur le front du fœtus.
Cimetière israélite de Marrakech Collection Hébréard
« Les Juives en état de grossesse n’entrent pas dans les cimetières. avant que le fœtus aie manifesté sa vie par des mouvements intra utérins. Elles redoutent qu’une âme errante d’un être mort prématurément avant son heure, ne pénètre dans le corps du fœtus et ne l’anime.. Dans ce cas la vie de l’enfant serait fatalement écourtée. C’est en quelque sorte une survivance d’une antique croyance à la métempsychose.
« Chez les marocains musulmans la femme enceinte n’est pas admise auprès des morts, parce que la crainte de la mort pourrait la faire avorter. » (p.77)
-d « Dans toutes les villes du Maroc, les Juifs, la veille du Yom Kippour, jour du Grand Pardon, font une purification par l’eau avant le grand jeûne. Ils prennent des bains froids collectifs dans de grands bassins attenants aux synagogues, bassins appelés Nekoua. Pendant qu’ils sont dans l’eau, pour chasser les mauvais esprits, le barbier qui est en même temps rabbin, leur fustige le corps avec un bâton.
« Ils font aussi des purifications par l’eau, le Nahr Mimouna, pour qui termine les fêtes de Pâques.
« Le matin, à la première heure, les Juifs de Marrakech vont faire cette purification dans une conduite d’eau en partie démolie qui se trouve entre le Palais de la Division et l’Hôpital Mauchamp et qui s’appelle Sequaïït El Mzoudi, la conduite d’eau du Mzoudi. Cette conduite d’eau a une légende.
« Un riche musulman du nom de Mzoudi avait une fille. Une nuit il commit un inceste avec elle. Lorsque la raison lui revint il alla demander aux hommes pieux comment il pourrait se laver de ce péché. Ceux-ci lui dirent : »Il faut que tu creuses avec tes mains une conduite d’eau qui ait quatre jours de marche de longueur et ta faute sera remise .» Alors le Mzoudi se mit au travail et creusa une conduite d’eau qui devait alimenter Mogador en eau potable. Cette eau a donc, par son origine, un très grand pouvoir de purification. Tous les juifs de Marrakech sans exception, doivent s’y laver les mains et le visage le N’Har Mimouna. On en recueille dans des bouteilles pour faire accomplir le rite aux malades et, aux femmes en couches, qui ne peuvent se transporter à la Sequaïït El Mzoudi. À la côte, cette purification se fait avec l’eau de la mer. (p.39)
José Bénech nous laisse un tableau détaillé de la Pâque juive et de la Mimouna. ( Note: Essai d'explication d'un mellah, Livre posthume publié en 1940).
Je ne cite pas les pages qu’il consacre à la cérémonie de la soirée de la Mimouna., et de ses préparatifs dès l’après midi du huitième jour de la fête, mais seulement ce que vivent les juifs de Marrakech dès le lever du jour, en cette journée de joie et de bonheur de sâ’d oul-mazal :
« Le lendemain les familles juives ont coutume de sortir du mellah et d’aller déjeuner en plein air à l’ombre des arbres.
Elles se rendaient autrefois dans les jardins de Moulay Mustapha, près de l’emplacement actuel de l’hôtel Mamounia.
« Elles vont maintenant au jardin de la Ménara, relié ce jour là au mellah par un service spécial d’autobus.
Toutefois bon nombre d’entre elles se rendent d’abord à la seguia qui, en face de l’immeuble de la raffinerie Saint-Louis, longe le mur de l’hôpital Mauchamp et y accomplissent un rite traditionnel.
« J’y arrivai ce matin là en même temps que la famille de Jerimoth et voici ce que je vis : La mère bâtit sept fois l’eau de sa main en murmurant une prière ou une incantation, puis tous les hommes se déchaussèrent, trempèrent longuement leurs pieds dans l’eau courante, symbole d’abondance, s’humectèrent le visage et la poitrine.
« Tout autour, d’autres familles faisaient de même. Des enfants et des femmes remplissent des bouteilles de cette eau pour la rapporter au mellah. »
Une rue du Mellah vers 1915, photo des frères Levy
De mes souvenirs en famille, à Pâque et à la Mimouna, je rappellerai seulement un fait qui remonte à ma tendre enfance. Le matin de la Mimouna, ma mère me réveillait dès potron-minet. J’avais du mal à ouvrir les yeux encore pleins de sommeil. Elle me conduisait à un jardin où coulait un ruisselet que ma mère appelait te-kherret, probablement un mot tiré du berbère, et dont j’ignore la signification. Mais ce mot est resté gravé dans ma mémoire.
Un gardien, au courant de notre visite en ce matin, a ouvert la porte aux familles juives qui attendaient dehors, tout était silencieux alentour. Même les oiseaux se prélassaient encore dans leur nid douillet.
Ma mère me lave soigneusement mes pieds dans l’eau claire et fraiche du ru qui vagabondait à travers les palmiers et les oliviers. Je ne peux pas dire si ce jardin était du côté de Saquiït El Mzoudi ; si c’était ‘arsât Moulay Mustapha. Mon souvenir d’enfance en ce matin là se résume en ces lignes.
Une rue du Mellah par le photographe Félix vers 1915.
-e « Il arrive assez souvent que des femmes juives, redoutant de perdre un enfant nouveau-né, le mettent sous la protection d’un saint musulman. Dans ce cas, elles pénètrent dans le sanctuaire accompagnées de femmes musulmanes, vêtues en musulmanes ; elles apportent des offrandes d’argent, de bougies et un animal à sacrifier. Elles déposent leur enfant sur le tombeau du saint en disant mentalement « O grand saint untel, cet enfant t’appartient, il n’est plus à moi. » Elles se recueillent un instant et se retirent persuadées qu’elles ont forcé la main du saint qui protège l’enfant d’Israël de la même manière qu’il protège les enfants musulmans. »
« Les Juives toujours dans le même but de protection, célèbrent les fiançailles de leur garçon nouveau-né avec une petite fille bien portante et dont la mère n’a jamais perdu d’enfant en bas âge. Il n’est pas possible aux parents de cette fillette d’interdire ce rite, qui, cependant, est souvent funeste à la petite fiancée. Elle devient en effet un véritable accumulateur magique du mal qui a fait mourir les frères et sœurs de ce singulier fiancé. (p. 104)
Quartier juif de Marrakech, photographie des frères Levy
-f « Les juifs de Marrakech, écrit-elle, demandent la guérison de la possession, de la peur et de tous les états nerveux à un immense bassin situé dan un jardin habous faisant partie des Habous de Sidi Bel Abbès, non loin d’un vieux cimetière. On appelle le lieu où se trouve ce bassin qebour chou : les tombes de Chou ; il est impossible d’obtenir le sens de cette expression… Tous les dimanches matins hommes, femmes, enfants y vont en pèlerinage…. La folie est guérrie par la baraka de nombreux saints… le saint juif Rebbi Hanania (Cohen) dans le cimetière juif de Marrakech, les saints Smirou (des juifs) à Safi, etc… En général, on place les fous dans de petites cellules attenantes au sanctuaire vénéré. On les enchaîne, car le fer éloigne les esprits méchants qui donnent la folie. » (p. 155-156)
Face à la page 36 est la planche V, représentant deux vues d’un grand intérêt historique avec une légende :
En haut de la page, le bassin de Kebbour Chou à Marrakech,
Le dimanche matin les juives y vont laver leur mauvais sort et s’y purifier de tout mal.(p.155)
En bas de la page, l’arbre sacré de Rebbi Haninia au cimetière juif de Marrakech.
Les femmes suspendent dans ses branches des morceaux de chiffons dans lesquels elles ont passé leur mal et aussi des cheveux tombés.. Le vent en secouant les branches emportent le mal ainsi que le mauvais sort qui fait tomber les cheveux.(p.156)
Près de la tombe du saint l’on voit 5 vieilles tombes construites à l’ancienne. C’est un document d’un intérêt historique indéniable. C’est une vue qui montre un coin du cimetière du mellah de Marrakech, dans les années 1920.
Cette vue de la tombe du vénéré Rabbi Hanania Hacohen, saint patron des Juifs de Marrakech a disparu.
Savetiers juifs, photo CAP vers 1915. On remarquera les petits établis transportables.
De son côté José Benech nous laisse, dans son livre, un précieux témoignage sur les juifs de Marrakech dans les années 1930. (op cit p. 181).
Voici ce qu’il écrit sur le saint Rabbi Hanania Cohen :
« Il y a des saints dont le culte est durable, bien que leur légende elle-même se soit estompée au point que nul ne s’en souvienne. Tel est le rabbin Hanania Cohen, « patron » de Marrakech, enterré depuis trois cents ans dit-on, dans le cimetière du mellah, auquel des pouvoirs de thaumaturge sont attribués.
« Sa tombe se trouve auprès d’un olivier dont les branches sont garnies de petits chiffons que les Juives, à l’instar de leurs sœurs musulmanes, ont noué en guise d’ex-voto. Les malades y viennent passer des jours et des nuits entières pour implorer la fin de leur maux ou pour attendre que dans un songe le saint leur indique un remède. »
À la fin des années 1940 et au début des années 1950, j’allais le samedi soir participer à la prière dans le mausolée, assez petit, du saint rabbi Hanania Cohen. Ce mausolée a disparu et a été remplacé par un autre plus grand.
Je me souviens d’un fou surnommé « Liaho el-mehboul », qui rôdait du côté du saint rabbi Hanania Cohen. Nos mamans nous recommandaient de ne pas croiser son regard, si nous le rencontrions sur notre chemin, car il agressait et blessait tous ceux qui le dévisageaient.
Dans les parages du saint, se dressait en hauteur un petit bâtiment, réputé pour être le logis de la camarde, « menkor »
Je me rappelle une série de petites pièces adossées au mur du cimetière, à la droite de l’entrée. Des malades et leurs familles y séjournaient durant sept jours « seb’iyam » et priaient Dieu de leur envoyer une prompte guérison par le mérite du saint rabbi Hanania Cohen, et de tous les saints enterrés dans le cimetière qui date de 1557/1558.
Un dernier souvenir pour clore cette section : il y avait au beau milieu du cimetière, bien loin du mausolée du saint rabbi Hanania Cohen, un petit arbrisseau aux branches épineuses, complètement nouées de monceaux de chiffons. L’aspect entortillé de cet arbrisseau, même à distance me terrorisait. Du coup je ne me suis jamais approché de cet arbrisseau. Mes copains me disaient que cet arbre produisait « wizgar » ou « zegar » fruit de couleur marron consommable, ayant l’aspect d’une petite bille. Il m’arrivait d’acheter ce fruit à des âniers du bled de passage sur nos marchés. Ce fruit est délicieux, il rappelle par son goût celui du jujubier.
-g « Le crachat d’un chérif, d’un Aïssaoui, d’un homme pieux, guérit de beaucoup de maladies… les Aïssaoua sont appelés pour cracher dans la gorge des malades atteints d’angine.
« Chez les Juifs, l’emploi de ce rite est très fréquent, mais beaucoup plus compliqué. Lorsqu’un malade est atteint d’une maladie grave, typhus, typhoïde par exemple et qu’on a épuisé une longue liste de remèdes sans que la maladie en soit améliorée, une parente prend un verre neuf et se rend à la synagogue le samedi au commencement de la grande prière. Elle présente son verre sans mot dire , à chaque fidèle qui, sachant ce qu’elle veut dire crache dans le verre. Quand elle a ainsi recueilli le crachat de tous les hommes en prière, elle s’en retourne auprès du malade et procède à une onction générale de son corps avec ce baume magique, chargé de la sainteté de la prière des hommes pieux. Si cette onction est inefficace et que la maladie continue à avoir un caractère de gravité inquiétant, on procède au changement du nom du malade. Dix rabbins se réunissent à son chevet et solennellement lui donnent un autre nom qui sera définitivement son nom s’il guérit. Ils abandonnent par ce rite aux puissances occultes le nom du malade qui fait partie intégrante de sa personnalité et pensent avoir détourné définitivement sa colère des génies invisibles de la nouvelle personnalité ainsi octroyée, l’homme au nom nouveau étant un homme nouveau (p. 142-143).
Étant l’aîné de ma fratrie, j’ai reçu comme prénom Saül, conformément à la tradition des Dadia. C’est le prénom qui est attribué aux aînés. Ma mère a demandé à ce que l’on adjoint à Saül le prénom de Joseph d’après le saint Rabbi Yossef Pinto, enterré au cimetière de Taourirt de l’Ouarzazate, berceau de la famille Dadia. Mais au sein de la famille, de ses proches et de ses intimes, tout le monde m’appelait Baba. Mes parents m’ont inscrit à l’école en donnant le prénom de Joseph.
Mon frère puiné a été prénommé le jour de sa circoncision Hanania, d’après le prénom de mon grand père paternel. Mon frère était tout le temps malade.. Le prénom de Gabriel, qu’il porte toujours, a remplacé celui d’Hanania. Depuis, il n’a pas connu d’autres maladies et se porte bien. J’ignore si le procédé indiqué par la Doctoresse Légey a été suivi dans le cas de mon frère. Gabriel est le nom d’un ange de haut rang, ange protecteur des fils d’Israël.
-h « Autrefois, on enfermait certaines matières dans les murailles pour assurer la protection d’une ville ou d’un quartier. C’est ainsi qu’il y a à Marrakech une porte du Mellah, exactement la porte qui est au bout de la Qissaria et qui fermait l’ancien Mellah, dans le pilier droit de laquelle le rabbin Mardochée ben Attar emmura une cruche d’huile qui protège le Mellah contre l’envahissement des ennemis et l’empêche d’être pillé ; les musulmans ont voulu pénétrer par la violence dans le Mellah de Marrakech de nombreuses fois et n’y sont jamais parvenus. Après chaque assaut infructueux, on rendait grâce à la porte.
La rue de la porte du Mellah, photographiée par E. Limanton
Encore à l'heure actuelle, aucun Juif ne quitte le Mellah le matin sans faire une prière devant ce pilier en posant sa main droite à plat sur la pierre » (p.184)
D’après la tradition rapportée par José Bénech, le Grand Rabbin et Premier Chef de la communauté, rabbi Mardochée ben Attar, emmura dans la porte d’entrée du mellah un parchemin sur lequel il avait écrit une prière.
Les deux traditions, celles de Légey et de Benech ne sont pas contradictoires et elles se complètent parfaitement.
Yahvé est le seul protecteur d’Israël : « Sur lui repose mon salut, mon bonheur ; il est mon puissant rocher, mon abri est en Dieu. »(Psaume 62,8)
À chacun de mes retours à Marrakech, avant de franchir l’arcade dite « rabbi Mardochée ben Attar », je pose mes deux mains sur son côté droit et je l’embrasse avec ferveur. Je fais cela par respect pour le saint, et c’est par son mérite que Dieu entend nos prières et nous protège.
Ce texte de la Doctoresse Légey a une importance historique. C’est pour cela que j’ai pris soin de le citer.
Le mellah de Marrakech à l’ombre du Palais royal, a été érigé en 1557. L’arcade en question a été la seule porte d’entrée du mellah.
Moulay Hassan, Sultan du Maroc (1873-1894), aimait bien les juifs de Marrakech. Dans sa bienveillance, il leur accorda une concession de terrain hors du mellah, en déplaçant aux deux extrémités les murailles. Celles-ci englobèrent désormais vers l’ouest un ancien terrain vague. Ainsi se forma un nouveau quartier dit Mellah Eljedid (nouveau mellah), plutôt commerçant, surtout dans la Qissaria, sa principale rue, avec de hautes maisons d’habitation réparties entre différents notables, et une synagogue appelée Slat el Fassiyine, la synagogue des Fassis.
C’est dans ce nouveau quartier que se trouve la grande porte d’entrée du mellah. Elle existe toujours.. Et la porte d’origine est devenue l’arcade dont s’agit.
Vers l’est, une portion du jardin potager (dialecte Al bhira) de Jnan El Afia ou « Le jardin de la paix », est devenue la rue de la Bahira , principale artère de ce nouveau quartier occupé par une population pauvre, avec l’artisanat comme activité essentielle.
Passons brièvement au second livre de la Doctoresse Légey.
-2 Contes et légendes populaires du Maroc/ recueillis à Marrakech et traduits par l’auteur ; Publications de l’Institut des hautes études marocaines, Editeur Leroux, 321 pages..
Voici ce qu’elle écrit dans les premières pages de la préface :
« J’ai recueilli tous ces contes à Marrakech.
« Plus heureuse que nombre de folkloristes qui ont dû s’adresser à des intermédiaires, j’ai fait ma récolte directement dans les principaux harems de Marrakech, sur la place ‘Jâma el-fna, auprès des conteurs publics ou dans mon cabinet, où venaient s’asseoir et causer Si El-Hasan et Lalla ‘Abbouch.
« Je transcrivais ces contes en français au fur et à mesur qu’ils m’étaient contés. et, ensuite, pour être bien sûre de n’avoir fait aucune erreur d’interprétation, oublié aucune expression particulière, je les redisais à mon tour en arabe à mes conteurs.
« Je puis donc affirmer que la version que je donne est aussi près que possible du conte entendu. »
Parmi les conteuses et les conteurs, Doctoresse Légey a écouté avec tant de plaisir Lalla Fréha bent Hammou du Mellah de Marrakech, en ses différents contes :
- Histoire de moitié d’homme – Celui qui sait ce qui est dans sa tête et dans la tête des autres (p. 63-70)
- Chouiter ou le septième frère (p. 139-142)
- L’homme à la vache et les quarante voleurs (p. 167-169)
Doctoresse Légey a écouté des musulmans et des juifs, chacun en ses contes. Ce qui montre encore une fois la grandeur d’âme de cette grande Dame, philosémite.
Je viens à présent à l’essentiel de cette dissertation : savoir : les éléments biographiques qui caractérisent la personnalité de la Doctoresse Légey ; - la construction de la maternité ;
Deux médecins français, l’un, le Docteur Christiani exerce à Fez, l’autre, la Doctoresse Légey exerce à Marrakech. Tous deux sont arrivés au Maroc avant le Protectorat. Ils sont venus par amour pour le peuple marocain, frappé par toutes sortes de maladies et particulièrement par la syphilis.
Originaire d’Alger, Françoise Légey fit ses études de médecine à Paris. Elle se maria avec un avocat fort distingué, dont elle porte le nom. Elle se fixa à Alger où elle créa un service pour femmes indigènes. Elle y vécut huit ans , puis décida de se rendre au Maroc avec son mari.
D’Alger elle gagna Marrakech. Si Madani Glaoui comprit quels services la Doctoresse Légey pouvait rendre et lui marqua sa confiance en la chargeant de soigner les femmes de son harem. Des années ont passé. Sa réputation n’a fait que grandir et elle est devenue le médecin attitré des plus riches et des plus puissantes familles du Royaume. Elle a soigné la mère, les femmes du Sultan, celles du Pacha. Chaque jour elle donna soins et conseils aux harems du Glaoui et du caïd Layadi.
Au moment où l’on institua le protectorat de la France, tous les médecins présents au Maroc furent incorporés aux services de l’Assistance. Madame Légey pénétra alors dans les milieux les plus misérables et s’y dépensa avec générosité.
La guerre de 1914 éclata. Madame Légey quitta Marrakech, créa des dispensaires pour femmes indigènes à Salé, Casablanca, retourna, la paix signée, à Marrakech, y poursuivit sa tâche, et contribua à la création d’une Maternité dont elle prit en janvier 1927, la direction.
(Note : La Direction du Service de Santé a construit dans l’Hôpital Mauchamp d’importants pavillons pour accueillir les malades de plus en plus nombreux qui viennent demander des soins aux médecins français. La Direction de la Santé et Hygiène Publiques a créé à Marrakech un dispensaire prophylactique, avec un laboratoire, dirigé avec tant de science par le docteur Diot, fonctionnant à plein rendement.)
Groupe de juifs de Marrakech par le photographe Flandrin, années 1920.
Quelle était alors , sur le plan de la santé et de l’hygiène, la situation des juifs de Marrakech la veille de l’ouverture en médina de cette Maternité indigène ?
Jacques Bigart, secrétaire général de l’Alliance Israélite Universelle à Paris, était en visite au mellah de Marrakech le 28 février 1926. Voici quelques passages de son rapport pour comprendre les conditions de vie de la population juive de Marrakech à cette époque :
« Si j’avais le temps de mettre sur le papier les impressions contradictoires que me laisse ma visite à Marrakech, il me faudrait remplir un cahier tout entier…L’école récemment inaugurée… est la plus belle que nous ayons au Maroc : vaste, largement aérée, elle est construite en rez-de-chaussée dans un grand parc, planté de vieux oliviers, qui donnent un ombrage, indispensable dans cette région. L’architecte, comme l’entrepreneur, de même que le directeur, M. Falcon, qui a surveillé les travaux, ont droit à tous les éloges… Marrakech est encore placé sous le régime militaire, nous sommes ici dans le sud-marocain. Le général Daugan, qui gouverne la région, nous a reçus très aimablement et m’a même demandé si nous avions quelque chose de particulier à solliciter de lui. Je l’en ai remercié, me réservant de traiter avec M. Soucard les questions scolaires et communales qu’il connaît bien.
« Visite à la « Goutte de lait », où nous avons été reçus par Mme la générale Daugan, qui a organisé cette œuvre et s’y intéresse très activement. C’était le jour réservé aux mères et aux enfants israélites. L’œuvre est magnifique.
La Goutte de lait, un jour réservé aux musulmanes, à gauche une soeur franciscaine participe à la distribution
« Les dames juives ont installé une malheureuse petite « Maternité » dans un immeuble étroit et sordide, avec quatre lits seulement, et tout cela sans hygiène, sans propreté même. Le Docteur Madeleine s’en occupe avec un grand dévouement, mais que peut-il sans moyens matériels ? Madame la doctoresse Légey a organisé une grande maternité pour femmes indigènes. Elle voudrait que les israélites fissent construire sur un terrain contigu un maternité pour les femmes israélites, qu’il ne faut pas songer à mêler aux femmes indigènes, les unes et les autres s’y refuseraient.
« À quel point un établissement de ce genre serait bienfaisant, vous allez en juger par ce qu’il me reste à vous dire du Mellah. Nous savions depuis longtemps, par les rapports de nos directeurs et par ceux de M. Sénach, l’état de misère effroyable du Mellah de Marrakech. Partout où j’ai passé, j’ai parcouru les mellahs, je vous en épargne la douloureuse description, mais nulle part je n’ai rien constaté d’aussi tragique qu’à Marrakech. Il y a dans cette ville de 11000 à 12000 juifs. Je crois pouvoir vous dire que 7000 à 8000 vivent dans des conditions matérielles véritablement meurtrières. (…)
Cordonnier juif, photo LL des frères Lévy
« À ma grande surprise, j’ai rencontré ici une jeunesse instruite, aux idées modernes, qui a conscience du rôle bienfaisant qu’elle pourrait jouer et qui a la volonté d’agir. Grâce à cette jeunesse active, une grave épidémie de typhus qui s’était déclarée l’année dernière au Mellah, a été jugulée. Nos jeunes gens, sur les indications des médecins et stimulés par le directeur, M. Falcon, pénétrèrent dans les taudis, forcèrent les familles à signaler, à faire soigner et isoler les malades. Bravant la contagion il réussit à dépister les centres d’infections et à les épurer. Leur action courageuse et peut-être héroïque a peut-être sauvé le mellah et la ville d‘une grande catastrophe.
« La communauté est dirigée depuis plus de 50 ans, par M. Josua Corcos, un vieillard honoré, éminemment respectable et personnellement charitable, mais qui ne peut comprendre qu’à une situation nouvelle, il faut des procédés nouveaux, qui dans cette immense détresse ne vit que la fatalité et que cette conviction quasi mystique éloigne des nouveautés et des réformes devenues pressantes. Il faut à tous prix que cela change ; la santé physique, la santé morale de cette grande Communauté l’exigent ; un esprit plus libre et plus humain doit être infusé dans ces organisations vétustes.
« En arrivant ici ce matin, j’ai eu une longue conversation avec le docteur Colombani, directeur du service de santé. Je lui ai signalé la nécessité grande de l’inspection sanitaire régulière des écoles. Il est tout disposé à l’organiser, complète, si les services financiers lui en fournissent les moyens. Question signalée au Résident par ma note et sur laquelle j’insisterai plus longuement lorsque, après notre retour de Fez, j’aurai une nouvelle audience de M. Steeg, c’est à dire le 5 ou le 6 mars.
« C’est de la Maternité à créer à Marrakech que nous nous sommes surtout entretenus. Si l’on trouvait les 100000 francs nécessaires pour la construction, qui serait élevée en prolongement de la Maternité indigène en voie d’achèvement, le Protectorat prendrait à sa charge les frais d’entretien. Après ce que je vous écris sur la situation sanitaire du Mellah de Marrakech, vous sentirez, comme moi, qu’une pareille institution serait une œuvre de salut pour des centaines de femmes et d’enfants. Je ne veux pas croire qu’on ne puisse recueillir cet argent à Paris. On le trouvera certainement, car le judaïsme français est loin d’être indifférent à l’œuvre de salubrité entreprise avec énergie et de grands sacrifices par les autorités de Rabat. »
Ce plan de 1920 permet de situer l'Hôpital Mauchamp ( Ibn Zohr aujourd'hui) avec ses pavillons distincts au sud des jardins de la Mamounia. On remarquera aussi la situation du Mellah entre le palais du sultan et la Bahia.
Les fonds nécessaires ont été recueillis à Paris grâce aux dons de quelques israélites généreux. Ainsi le pavillon juif a vu le jour dans la Maternité indigène de Marrakech.
Maternité modèle : les fenêtres en donnent sur un jardin tout parfumé de roses ; maternité conçue pour que les Européennes, les Arabes, les Juives puissent trouver au moment de leurs couches tout ce qui, de nature parfois extra-médicale, leur est pourtant indispensable.
Pour les juives, on a dû aménager une cuisine spéciale, où selon le rite, les animaux égorgés sont préparés et une salle contenant la Tora où, le huitième jouir après la naissance de l’enfant mâle, a lieu la circoncision.
En 1931, on procéda à deux cent vingt neuf accouchements et, dans le pavillon annexe, l’on donna soixante-dix mille consultations. Également confiantes, les femmes musulmanes et juives ont vite pris l’habitude de venir ici.
Madame Légey ne pouvait plus suffire seule à cette tâche. Elle est entourée maintenant d’assistantes auxquelles elle a transmis son ardeur : une Oranaise ayant fait ses études médicales à Paris, une sage femme née à Tanger, une musulman qui fait les piqûres, et trois infirmières juives du mellah si expertes qu’elles procèdent elles-mêmes aux accouchements.
Marrakech compte aussi une consultation de nourrissons avec Goutte de lait où les franciscaines, sous la direction de madame Légey font un excellent travail.
Depuis le 1er septembre 1932, la Maternité indigène est dirigée par une jeune femme médecin de beaucoup de talent : Mademoiselle le docteur Décor.
Madame Légey est devenue Directrice Honoraire de la Maternité en même temps que Médecin honoraire du service de santé et d’Hygiène.
Doctoresse Françoise Légey, fière de son œuvre, résume en quelques mots l’influence française et l’action bienfaisante des médecins dans les hôpitaux, les dispensaires et toutes les Maternités.
Voici sa conclusion en ce qui concerne la Maternité indigène de Marrakech :
« Cette maternité à laquelle est joint un dispensaire, pour femmes et enfants, reçoit journellement un nombre considérable de malades, et hospitalise, de plus en plus, les femmes indigènes, répandant sa bienfaisante action jusqu’au cœur de la famille marocaine, grâce à la surveillance organisée avec le concours de Kablas ou accoucheuses. Ces Kablas doivent, en effet, rendre compte, chaque jour, au Médecin-Chef, des accouchements faits en ville et appeler à l’aide à la moindre difficulté. » (Revue Nord-Sud)
Du côté juif, l’Aide Maternelle de Marrakech, grâce à son Comité et au dévouement de M. Bibasse, son secrétaire, a créé à la Maternité indigène « le Pavillon Narcisse Leven » dont l’urgence se faisait tellement sentir et qui rend aujourd’hui de si inappréciables services.
« Pour compléter cette œuvre admirable dirigée avec autant de compétence que de dévouement par madame la Doctoresse Légey, a été fondée notre Association qui a pour objet de venir en aide aux accouchées après leur sortie de la Maternité, en leur fournissant la layette, du linge, ainsi que des secours en nature ou en espèces en attendant qu’elles puissent recouvrer des forces et reprendre leur travail…
Retenez bien ces chiffres, en 1927, le nombre des femmes israélites hospitalisées était de 207 sur un total de 250, En 1928, sur 281 femmes enregistrées, il y avait 235 israélites dont seulement 10 sont payantes…
Avant de terminer ce rapport, je me fais un agréable devoir d’exprimer, au nom du Comité, notre plus vive gratitude au gouvernement du Protectorat ainsi qu’à Madame la Doctoresse Légey et son personnel pour tous les soins intelligents et dévoués que reçoivent nos femmes pauvres. L’alliance Israélite comme vous le savez continue à servir à nos élèves sages-femmes l’allocation mensuelle de 1200 francs, montant des trois bourses créées en faveur de ces jeunes filles à partir de juillet de l’année 1927. Que l’Alliance veuille bien trouver ici l’expression de notre profonde reconnaissance. Le Comité rend également un juste hommage à l’activité et au dévouement de Madame Bouskila qui s’est toujours dépensée sans compter pour une œuvre qui lui tenait à cœur. Nos remerciements vont également à MM Eliezer Wizman et Joseph Attar, ces hommes de cœur en qui les bonnes œuvres de Marrakech ont toujours trouvé un solide appui. Ce n’est jamais en vain qu’il a été fait appel à leur excellent concours en faveur de notre œuvre. Mais les personnes que je viens de nommer constituent un tout petit noyau de bonnes volontés qui ne suffisent pas à elles seules pour une si grande et si belle œuvre. Il faut, encore une fois, la sympathie agissante et effective de tous pour que toutes les œuvres de Marrakech, et la notre en particulier, fleurissent et atteignent leur plus grand développement ; » (Cf L’Avenir illustré du 15 mai 1929 )
Note: Autres personnes engagées : Mlle Harrar, E. Benhamou et Mme Corcos après la démission de Mme Bouskila.).
En 1961, la Maternité a cédé la place à l’École de Formation d’Infirmiers.
Joseph Dadia, Ed. 2011.

Publications les plus connues de la Doctoresse Légey:
- Pour les femmes indigènes d'Algérie Revue de L'Islam, 1902 n°79 p.93-95
- Notes sur le fonctionnement de la clinique indigène d'Alger. Alger, Crescenzo 1904.
- Notes de routes : Voyage à Marrakech, Alger : imprimeur P. Crescenzo, 1910.
- Les femmes esclaves au Maroc, long article publié dans le Matin en janvier 1913
- Essai de Folklore marocain, Paris Librairie Orientaliste P. Geuthner, 1926
- Contes et légendes populaires du Maroc recueillis à Marrakech et traduits, Paris, Leroux 1926.
Marrakech avait donné le nom d'une de ses rues à la Doctoresse Légey, elle est devenue rue de Tétouan...
La doctoresse Légey du Service de Santé et de l'Assistance publique fut promue à Marrakech par décret Viziriel du 17 mai 1913 (10 Djoumada tani 1331), Adjointe au Médecin chef de l'Hôpital de Mauchamp (chargée du service des femmes).
Les anciens de Marrakech remercient Joseph Dadia pour cet article qui met en correspondance les coutumes ancestrales recueillies par la Doctoresse Légey entre 1913 et 1920 (en rose) avec les siennes propres des années 1940 (en bleu) et celles des années intermédiaires relatées par José Benech (en vert), Jacques Bigart et M. Bibasse (en mauve). Nous le remercions aussi de nous avoir révélé l'oeuvre immense de la Doctoresse Légey en faveur des femmes marocaines et de la mise au monde de leurs enfants dans d'excellentes conditions. Nous avons illustré cet article avec deux photos de la famille Dadia et des cartes postales de la collection Halfaoui, merci aussi à lui pour les photos de l'Hopital Mauchamp. Nous aurions aimé publier une photo de madame Françoise Légey, de même une photo de la Maternité Narcisse Leven. Nous n'en avons pas encore trouvé et nous faisons appel à nos lecteurs qui pourraient partager ces images sur le blog.
Bonnes fêtes du 1er mai avec des brins de Muguet.
FHAL, PHOTOGRAPHIE MARRAKECH EN 1918
Et si Blandine cliquait sur la fleur ...
Nouvelles brêves: Ils sont de 80 à 100 à avoir répondu à l'appel de Robert Lucké. Ils seront à Marrakech pour la semaine du 14 au 21 mai.
Michel a des souvenirs du 2e RTM, il nous en parlera bientôt.
Valérie, la petite fille de M et Mme MARTIN a vu avec plaisir ses grands parents en uniforme de 1942, sur de vieilles photos rapportées par Bernard Joudoux (voir 14 juin 2012)
Monique Bonneau revient aussi à Marrakech dans quelques jours. Elle nous a fait parvenir une photo de son grand père Clément Hébréard, imprimeur avenue Mangin qui se trouve dans l'article du 12 avril.
Recherche: Jean-Louis Radis aimerait retrouver Jacques Moreno, ancien du LVH qui peut l'aider ?
Michèle Biguet a habité la Base 707 jusqu'en 1961 et recherche ses amies.
FHAL, UN PHOTOGRAPHE SURPRENANT
© Cet article de Michel de Mondenard sur le photographe FHAL est original, il s'intéresse à un photographe de Marrakech après la guerre de 14-18. Il appartint aux marrakchis de lui donner la place qui lui est dûe dans la mise en valeur de la ville rouge. Par ces lignes nous espérons que d'autres feront mieux connaitre ce photographe. Cet article ne peut être reproduit sans l'autorisation de l'auteur et la mention de Mangin@Marrakech 20 avril 2013.
Raison sociale Photo Fhal édit. Marrakech
Étrange photographe,.. l'horizon n'est pas horizontal sur certaines de ses prises de vues, il utilise des orthographes à lui: Guélize, Kautoubia, Bab Edjidid, Djéma Léfna.. Nous ne savons pas grand chose du photographe Fhal... sinon qu'il travaillait à Casablanca avant de s'installer à Marrakech. Il semble qu'il n'y soit pas resté longtemps. Certaines de ses photos sont précieuses pour la conservation du patrimoine de la Ville rouge.
1 Vue générale du Guélize - L'espace est pelé entre le pied de la colline du Guéliz et l'avenue de Casablanca. La piste devant est la future rue de la Targa, le camp Mangin n'est pas encore construit. Sur la droite se dressera plus tard le Lycée Victor Hugo. C'est le Guéliz au début de sa consrtruction.
2 Les services municipaux - Place Djemaa El Fna
Nous n'avons pas la série complète des cartes postales de FHAL sur Marrakech. Elles sont rares, elles n'ont pas été tirées en grand nombre.
Le photographe FHAL est arrivé à Marrakech après la guerre de 1914-1918, ses premières cartes postales ont voyagé en 1919. Fhal est un nom qui vient de l'arabe mais qui n'est pas un patronyme arabe. En arabe, "fhal" signifie courageux, viril, par extension il peut signifier aussi le petit de la chamelle, une petite flûte ou même une personne au teint basané. C'est le nom d'une famille juive qui a essaimé autour de Constantine dès le XVe siècle; comme souvent les juifs prenaient des noms du pays où ils venaient d'immigrer. Yaakov FHAL y fut rabin à cette époque. À Marrakech deux rues de la Médina associent le nom de Fhal : Derb Fhal Zefriti et Derb Fhal Chidmi mais sans aucun rapport avec le photographe.
5 Sénégalais et sa petite famille. La colonie sénégalaise de Marrakech était importante du fait des bataillons de Tiraileurs et de Spahis qui y tenaient garnison. Les Sénégalais dans les colonnes militaires étaient souvent chargés aussi de convoyer les approvisionnements et les munitions supplémentaires. Les femmes sénégalaises et les enfants suivaient les déplacements des militaires.
Merci à l'ami Halfaoui de nous avoir ouvert sa belle collection de cartes postales. Elle contient plus de la moitié de celles éditées par le photographe Fhal à Marrakech. Pour la compléter il faudrait aussi les numéros 3, 4, 7 et 9 à 11.
Le photographe FHAL ne s'est pas contenté de réaliser une série de 20 cartes postales numérotées de Marrakech avec sa Médina, son camp militaire, son quartier du Guéliz naissant et des personnages il a produit aussi des cartes postales non numérotées. Nous en présentons un exemplaire qui montre une bonne maîtrise de la photographie en studio, assez proche des collections semblables du photographe FLANDRIN.
Jeune mauresque dans son intérieur.
La série numérotée se poursuit par deux cartes qui représentent des scènes d'intérieur. D'autres photographes ou éditeurs avaient publié ce genre de cliché dans des séries "scènes et types". Fhal les intègre à sa série de vues sur les sites remarquables de la ville et les intitules: 6 Sujets Marocains pendant la sieste, proche du cliché de la Jeune mauresque précédent non numéroté et 8 Type de femme juive. Ce mélange de clichés d'intérieur de femmes à la poitrine dénudée avec des lieux caractéristiques de Marrakech peut étonner. C'est une des originalités de Fhal.
Nous poursuivons avec une vue de la Place Djemaa Elfna, la Banque, la Civette-bureau de tabac et le Café Glacier.
12 Banque d'Etat et le Glacier
14 Bab Edjidid et la Kautoubia (Pour élargir la voie, cette porte a été supprimée). Plusieurs des clichés de Fhal sont assez proches de ceux de Willemse qui fit paraître sa collection la même année 1919, mais seulement quelques mois plus tard. Il est intéressant par exemple de comparer les clichés sur le Parc à fourrage ou sur les bâtiments des Subsistances.
15 Vue générale du Parc à fourrage
17 Vue générale des subsistances
Ce cliché avec son cheval et sa bicyclette est l'un des plus connus de Fhal, il met en valeur la première poste du Guéliz.
Il serait intéressant d'en savoir plus sur ce photographe marrakchi. Est ce que le photographe FHAL a été contraint de quitter Marrakech après 1919-1920 ? Il avait exercé à Casablanca pendant une courte période peu après la Foire exposition de septembre-novembre 1915 car on trouve en 1916 une série de clichés assez rares sous la raison sociale Photo Fhal. Nous présentons un cliché plutôt bien réussi de cette première période.
4 - Casablanca - Le Musée commercial. Dans cette série la carte 3 présentait - Le jardin du parc de l'Artillerie.
FAHL avant cette série de 1916 avait édité à Casablanca des cartes postales en utilisant des clichés du photographe FLANDRIN. Nous connaissons par exemple une carte postale représentant des Femmes marocaines un jour de fête ( Scènes et types du Maroc) qui est un cliché de Flandrin édité par Fahl. Flandrin proposait ses clichés à d'autres éditeurs, Tchakérian par exemple.
FHAL n'a pas produit de cliché du Mellah de Marrakech. D'autres photographes comme E. Limanton s'y sont beaucoup plus intéressés que lui. Peut être que des membres de sa famille pourront nous dire plus sur son oeuvre photographique et nous en révéler d'autres facettes. Espérons le.
Michel de Mondenard
© Cette présentation du photographe FAHL à Marrakech est originale; personne n'a écrit à ce jour sur ce photographe. C'est aussi une contribution à la mise en valeur du patrimoine ancien de Marrakech et une incitation à approfondir le sujet pour les chercheurs en Histoire de l'Art et de la photographie. La reproduction de cet article sans autorisation écrite de l'auteur est interdite. (19 avril 2013)
Le 26 avril, à propos de cet article sur le photographe Fhal, Canalblog a distingué votre blog Mangin@Marrakech parmi les Blogs à suivre.
Bonne semaine à tous. Merci à ceux qui pourront contribuer à faire se retrouver les amis d'autrefois.
1914-1919, HISTOIRE DE LA COMPAGNIE DES MOBILISÉS DE MARRAKECH
NOTRE AMI AZOR A CHANGÉ D'AIR, IL NOUS MONTRE SON NOUVEAU PARADIS: MOULAY BOUSELHAM. IL se dit en "cavale temporaire"
Je suis actuellement à Moulay Bouselham. Une petite station balnéaire sur l'Atlantique, à 1 h 30 de Meknès et de Tanger, donnant ainsi l'occasion à mes amis des deux villes de venir me voir à égale distance; et indépendant que je suis, ça me change de Meknès.
Enfin c'est l'avantage, un plus que j'ai sur mes camarades fixés de force à leurs postes. Moi je suis libre de trimbaler là où ça me plaît au Maroc. Je ne possède qu'un sac à dos, un lit de camp, un pc portable, et ma retraite qui peut me suivre là où j'ai envie de me fixer...(...)
Le coin est vraiment adorable, car il est resté...écologique et magnifique. (Pas de réseau d’égouts, que des fosses septiques, les vaches se baladent entre les villas à certains moments de la nuit, les produits maraîchers sont ceux des paysans du coin, les poissons à gogo pas chers, des marins pêcheurs du coin, le pain de campagne que des bonnes femmes te vendent fait maison.
Pas de passagers en voitures, car un cul-de-sac, donc pollution zéro vraiment. Ne viennent que les habitants ou ceux qui ont quelque chose à régler dans le coin. Tout ça fait de Moulay Bouselham un coin idéal pour retraités; pas cher et convivial -Important: Pas de bars ni de débit d'alcool (...) Beaucoup de retraités français et européens élisent domicile ici, ils sont locataires et pour la plupart propriétaires et résidents permanents; ils vivent au rythme du coin et à la marocaine.
Des paysages époustouflants, des espaces infinis aussi bien en bord de mer qu'à l'intérieur. Des plages à ne pas en finir, des forêts d'eucalyptus immenses. Le lagon qui accueille les flamants roses et toutes sortes d'oiseaux migrateurs....Enfin, un coin pour retraités qui veulent vivre en paix.
Merci Azor de nous dire que tu as trouvé un lieu exceptionnel, paisible, sain et culturel. Peutêtre nous diras-tu comment accéder à ce paradis et nous feras-tu l'honneur de nous présenter les festivals de Moulay Bouselham autour de la pastèque et de la fraise !
1914 - 1919 À MARRAKECH : LE LIEUTENANT CLÉMENT HÉBRÉARD, RACONTE SA GUERRE
Marrakech a vécu la guerre de 1914 - 1918. Même si le front se trouvait en Belgique et sur le Nord et l'Est de la France la population de Marrakech fut associée directement à la guerre. D'une part à cause des casernes neuves du Guéliz qui recevaient les nouveaux mobilisés pour constituer des bataillons, les former à l'aide d'officiers et sous-officiers expérimentés pour ensuite les conduire sur l'un des fronts d'Europe. D'autre part et cela est souvent ignoré parce que l'Allemagne encourageait les tribus mal soumises ou insoumises au Sultan Alaouite par l'envoi d'armes, de munitions et de fonds afin de créer un front au Maroc qui ne lui coûtait pas cher mais visait à affaiblir les forces françaises sur les frontières du Nord de la France en les occupant ailleurs. Grâce à un texte méconnu de Clément Hébréard nous savons qu'une Compagnie de marrakchis défendait Marrakech, sa ville. On savait que Clément HÉBRÉARD était imprimeur à Marrakech et qu'il a édité deux remarquables collections de cartes postales, l'une en 1918-19 et l'autre en 1922, on le découvre en Lieutenant d'une section de mitrailleuses qui défend Marrakech et va combattre à 200kms de la ville les tentatives de dissidence. Le photographe FELIX qui n'a pas la réputation d'être un photo-reporter de guerre a pris des clichés lors de circonstances semblables et en a fait des cartes postales qui permettent d'illustrer le récit de Clément Hébréard, notamment ses cartes postales numérotées de 129 à 140.
L'une des prmières mission de la Compagnie des Mobilisés de Marrakech fut de rationnaliser la défense du Rocher du Guéliz et d'installer un blockhauss de mitrailleuses à l'entrée du Camp Mangin (près de l'ancien petit marché)
Historique de la Compagnie des Mobilisés de Marrakech Aout 1914 - Aout 1919
Imp-Papeterie C. Hébréard, Marrakech-Guéliz
La compagnie des Mobilisés de Marrakech a été formée le lendemain de la déclaration de guerre, elle constituait une Compagniee de réserve à l'effectif de 4 Officiers, 19 Sous-officiers, 108 Caporaux et soldats.
L'heure était grave, beaucoup de troupes du Corps d'occupation partaient en France; le Résident Général, confiant et audacieux, avait décidé de n'abandonner aucune parcelle du Maroc. La révolte préparée de longue date par les Allemands pour le jour attendu de la guerre pouvait submerger les préparatifs d'organisation nouvelle.
Enfin les Territoriaux demandés en France n'étaient pas encore arrivés.
Les Mobilisés du Maroc devaient assurer la lourde tâche de coopérer pour une large part à la défense de leurs biens et surtout au maintien ferme et hautain de notre fanion qui ne voulait pas reculer devant la menace.
Aussi c'est dans un esprit de profond patriotisme et de confiance dans les destinées du pays qu'ils se mirent à la tâche pour réapprendre les éléments du métier de soldat.
Un certain nombre d'habitants de Marrakech sont mobilisés sur place pour maintenir les activités essentielles à la vie de la ville. Le Capitaine LACAZE était semble-t-il le frère du courreur automobile Robert LACAZE.
La nouvelle Compagnie du Capitaine de Territoriale LACAZE fut rattachée au 2e Bataillon du 1er Zouaves, puis au départ de celui-ci le 8 aout 1914, au 6e Régiment d'Infanterie Coloniale du Maroc. Enfin à l'arrivée à Marrakech, le 29 aout du 1er Bataillon de réserve de la Chaouïa du Commandant JACOB, elle fut incorporée à ce bataillon dont elle constitua la 5e Compagnie.
Jusqu'au 1er octobre elle resta 5e Compagnie; mais à cette date, son effectif ayant baissé, beaucoup d'hommes étant absents ou détachés dans les divers services, elle fut fondue dans les trois premières compagnies du Bataillon, (la 4e étant à Agadir). Et dès lors son histoire s'est identifiée à celle du Bataillon de la Chaouïa.
Après le départ de ce bataillon le 15 juin 1915 les éléments constituant l'ancienne compagnie sont regroupés, la 3e Compagnie est re-formée et elle est rattachée au 2e Bataillon du 139e RIT jusqu'au 24 novembre 1915.
La voie ferrée Casa-Marrakech passe entre le photographe et le Camp Mangin, quartier du 139e RIT (Infanterie Territoriale).
Pas de faits saillants. Le danger est écarté. Le loyalisme de nos protégés indigènes, une politique habile, le rayonnement de la puissance française, enfin la présence de nos baïonnettes, et l'énergique résolution de tous avaient conjuré du moins apparemment la crise.
Le 1er mars 1918, en raison de l'application de la loi Mourier, la 5e Compagnie des Mobilisés est constituée sur des bases nouvelles.
Le Capitaine GRANGER du 1er Chasseurs d'Afrique, en reçoit le commandement. Les militaires des classes 1902 et plus anciennes forment le 2e Peloton du Lieutenant SCHACHER, affecté à la défense éventuelle du Camp et devant servir en outre une section de mitrailleuses de position.
Le Lieutenant SCHACHER était un industriel marrakchi, qui ne pouvait quitter son entreprise et qui pour cette raison fut mobilisé sur place. Il fut plus tard à l'issue de la guerre membre de la Commission municipale mixte de Marrakech de même que Clément HÉBRÉARD maintenu sur place à cause de son imprimerie.
Quant au 1er peloton du Lieutenant HÉBRÉARD, il constitue un peloton de marche appelé à partir en colonne. Formé de militaires de classe 1903 et plus jeunes, il est renforcé peu après sa formation par des éléments venus du front de France et très entraînés aux nouvelles méthodes de combat ( Adjudant ANDRÉ, Sergent BRIOT, HOET, THELLIER, etc..). Sa constitution intérieure répondait à son but d'outil autonome de combat:
- une section de mitrailleuses,
- un groupe de spécialistes comprenant des signaleurs, des fusilers mitrailleurs, des grenadiers d'élite et des caporaux.
L'instruction de la compagnie, rapidement conduite, poussée et facilitée par l'entrain et la bonne volonté de tous, permit de coordonner rapidement dans chaque peloton, les efforts individuels, et d'avoir deux groupes solides, parfaitement encadrés et très aptes à remplir les missions qu'on pouvait avoir à leur confier.
Il eut fait beau voir le siège du Rocher du Guéliz; le peloton SCHACHER n'eut pas cédé un pouce de terrain, et eut fait payer cher aux assiegeants leur téméraire folie. L'événement ne devait pas se produire, mais on ne pense pas à attaquer une place bien gardée, et la garde a le droit de se dire qu'elle en a imposé à l'adversaire. Le Peloton de marche, plus heureux, allait avoir à donner des coups et en recevoir.
Colonne des Ait M'hamed
Depuis quelques temps la route d'Azilal devenait de moins en moins en moins sûre; la tribu des Aït M'hamed, constituait une antenne du pays dissident vers cette route, et bientôt il apparut nécessaire de réduire cette tribu.
Les opérations qui en découlèrent sont classées sous le titre de colonne des Aït M'hamed.
Cette carte a été complétée en 1923 après la construction de huit postes militaires figurés par des rectangles aux angles effilés. Azilal est à l'est de Marrakech à proximité du barrage de Bin El Ouidane qui lui-même est à 190 kms du Djebel GUELIZ.
La fraction de la Compagnie des Mobilisés qui devait y participer, se concentre à Azilal à partir du 12 juin 1918. Un détachement d'élèves caporaux d'abord, (Adjudant ANDRÉ, sergent BRIOT) quitte Marrakech le 12 juin pour Tanant et Azilal; le 29 juin c'est la Section de Mitrailleuses sous les ordres du Lieutenant HÉBRÉARD qui se porte sur Azilal où elle arrive le 6 juillet; puis, c'est un détachement (Adjudant BARTHELEMY) constitué par les éléments du peloton de marche restant à Marrakech.
Début juillet 1918, Abdelmalek El Glaoui pacha de Demnat, le fils préféré de Madani El Glaoui qui n'a que 19 ans est tué au combat de Bou Yahia face aux montagnards de Sidi M'ha al Hansali. Si Madani en mourra de chagrin quelques jours plus tard.
Le 15 juillet le Général commandant la subdivision prescrivait ce qui suit par ordre 99 CM:
1°) - La Compagnie des Mobilisés de Marrakech formera sous les ordres du Lieutenant HÉBRÉARD: 1°) Une section de mitrailleuses, 2°) Une section d'infanterie.
2°) - Le Lieutenant HÉBRÉARD disposera, pour la constitution de cette unité, de tous les cadres et hommes appartenant aux Mobilisés de Marrakech et actuellement présents à Azilal ou à Aïn Tislit.
3°) - Le détachement HÉBRÉARD se rendra au Camp d'Aïn Tislit demain mardi dans la matinée. Il emménera son T.C. et son T.R. Les mulets supplémentaires lui seront affectés ultérieurement.
Le détachement HÉBRÉARD devra partir aligné en vivres jusqu'au 16 au soir.
Le Commandant d'Armes d'Azilal fournira au détachement les moyens de transports nécessaires jusqu'à Aïn Tislit.
4°) - Le Lieutenant HÉBRÉARD conservera le commandement direct de la section de mitrailleuses.
A Aïnt Tislit, le détachement stationne du 16 au 21 juillet, le Lieutenant HÉBRÉARD, commandant la section de mitrailleuses et l'ensemble du Détachement, l'Adjudant LANFRANCHI commandant la section d'Infanterie.
Le 22 au matin, départ de la colonne qui se porte sur Bernat
La section de LANFRANCHI fait partie de l'avant garde commandée par le Commandant DARTHOS, Elle est adjointe à la Compagnie du Lieutenant de BELLEFON; la section de mitrailleuses HÉBRÉARD fait partie du détachement du Capitaine COULOUMME, chargé de flanquer à gauche le groupe mobile en liaison avec la harka du Caïd AHMED BZIOUI.
Cette carte de Félix est parue aussi avec une légende plus générale : Un caïd au milieu de ses cavaliers.
La marche s'éxécute sans incident et la colonne bivouaque à Bernat. Elle devait y séjourner jusqu'au 29 juillet. Pendant cette période aucun fait saillant à signaler; Les Mobilisés concourent à l'éxécution de nombreuses reconnaissances; il fait chaud, les marches sont rudes, mais l'entrain et la bonne humeur font oublier les fatigues.
Le 30 au matin, le mouvement est repris; il s'agissait d'atteindre les Ksours des Aïnt Ouameloug sur la haute vallée de l'oued Bernat. La formation de marche est la même que le 22. La section LANFRANCHI au gros de l'Avant-garde n'a pas à intervenir; quant à la section de mitrailleuses, toujours au groupe COULOUMME, elle se met en batterie à 9h15 sur la crête militaire au nord d'un plateau qui venait d'être atteint et ouvre le feu sur les groupes de dissidents, favorisant le mouvement en avant. Le soir la colonne bivouaquait à Bou Yaya.
Le 2 aout le Général décide de reporter le groupe mobile et les Harkas à Arbalou de Tissa, à 8Km au Sud-Est d'Azilal, il s'agissait pour celà d'opérer un décrochage toujours délicat.
Pendant l'écoulement des convois le groupe de manoeuvre devait rester en surveillance, le groupe COULOUMME avec la section de mitrailleuses HÉBRÉARD face à l'est, la compagnie de BELLEFONT avec la section LANFRANCHI devait rester en soutien de la batterie de 65 MUTEL; elle n'eut pas à intervenir pendant l'action, la batterie n'ayant pas été en danger d'être abordée.
En juillet et aout 1918, c'est la 11e batterie de réserve qui participe à la Colonne d'Azilal, elle deviendra la batterie 2/4.
Pendant l'écoulement des convois, la section HÉBRÉARD eut à ouvrir le feu sur des groupes de dissidents, puis le groupe de manoeuvre exécutant son repli en deux échelons, le repli du premier fut protégé par le groupe COULOUMME, Au moment enfin où ce groupe dut se dégager, la section de mitrailleuses HÉBRÉARD fut vigoureusement engagée et remplit parfaitement le rôle qui lui avait été assigné.
À 13 heures le combat était terminé et le groupe mobile bivouaquait le soir sans incident à Arbalou de Tissa où il devait rester jusqu'au 9.
Le 9 après une revue passée par le Général de LAMOTHE suivie d'une remise de décoratons, le soldat HOET est décoré de la Croix de guerre, la marche était reprise sur Azilal dans la même formation que pour les étapes précédentes. Le 18 enfin le groupe mobile était disloqué, et tandis que la section LANFRANCHI rentrait à Marrakech, la section de mitrailleuses HÉBRÉARD était désignée pour tenir garnison à Azilal.
La Colonne des Aït M'hamed était terminée, des engagements peu violents, des pertes minimes, mais des fatigues supportées de grand coeur, et un résultat considérable atteint par une poignée d'hommes.
Ce sont ces poignées d'hommes qui ont conservé le Maroc à une époque de lourdes menaces.
La section de mitrailleuses HÉBRÉARD allait avoir la chance de participer à une petite opération. Le 23 aout, elle partait avec le 2e Goum, une Compagnie de Légion, un Détachement de Chasseurs d'Afrique et une Section d'Artillerie de montagne pour Aïn Tislit et de là pour Bernat. Il s'agissait de faire une démonstration d'artillerie sur des casbahs dissidentes, elle rentrait le 25 à Azilal sans avoir eu de coup à donner.
Les dissidents utilisaient des techniques nouvelles pour eux qui montraient qu'ils étaient conseillés. Ils s'étaient organisés derrière plusieurs lignes de tranchées et de murettes successives, parfaitement ravitaillées en munitions.
Le 30 octobre enfin elle quittait définitivement Azilal pour Marrakech.
L'époque des combats était passée, la victoire en France rayonnait partout et le calme se consolidait. La Compagnie des Mobilisés allait revenir peu à peu à des fonctions sédentaires et s'éteindre plus tard par le jeu de la démobilisation.
Au mois de septembre 1918, le Lieutenant HÉBRÉARD était nommé Chevalier de la Légion d'Honneur.
Une carte-photo des musiciens participant à Marrakech à la fête le jour de l'armistice du 11 novembre 1918. Merci à l'ami Halfaoui de partager avec nous cette pièce rare de sa collection.
Le 27 juillet 1919, sous N° 997 M. le Résident Général commandant en chef autorisait la dissolution de la compagnie; celle-ci était réalisée le 3 aout 1919.
ici se termine le texte de Clément Hébréard sur cette valeureuse Compagnie des Mobilisés de Marrakech. Les marrakchis lui doivent d'avoir mit par écrit une page très peu connue de leur histoire. Tous ces mobilisés ont participé non seulement à la défense de leur ville, mais aussi au soutien des soldats sur les fronts européens. Même sa famille qui partage avec nous sur le blog sa dernière photo d'identité ne connaissait pas tous les aspects de ses engagements. Sur cette photo nous remarquons sa discrète Légion d'Honneur à la boutonnière de sa veste. Il peut en être fier.
Un texte de Charles Mourey nous décrit l'état d'esprit qui régnait autour du Maréchal Lyautey en 1915.
La guerre était terminée; mais pas la dissidence des Aït Attah qui reprit en 1922. Il fut nécessaire d'envoyer des troupes à Azilal, ce furent principalement les Artilleurs et les Tirailleurs en garnison à Marrakech qui participèrent aux combats aux côtés des cavaliers du Glaoui. Le photographe marrakchi Félix prit des photos et les édita en cartes postales.
Les premiers combats en septembre 1922 tournèrent à l'avantage des dissidents contre les cavaliers du Glaoui, nombre d'entre eux furent faits prisonniers et une rançon fut payée pour les libérer. Mais le chef des dissidents Sidi M'Ha Al Hansali malgré cet aventage psychologique qui lui permit de résister plusieurs mois préfèra faire sa soumission au Sultan Alaouite, probablement à cause de l'avancée méthodique de l'Artillerie et de sa capacité à détruire les forts de ses tribus.
Les dissidents firent plus de prisonniers glaouas, que l'inverse.
Le 27 juin 1923, le chef rebelle Sidi M'Ha Al Hansali demanda l"Aman au Colonel Naugès, les Aït Attah se soumirent et l'autorité du Sultan Moulay Youssef fut ainsi renforcée. C'était du temps où le Général Daugan commandait la région de Marrakech. Les marrakchis suivirent avec beaucoup d'attention ce conflit qui avait mobilisé les troupes de sa garnison et mit le Pacha de Marrakech, Hadj Thami El Glaoui dans de sérieuses difficultés. Merci à l'ami Halfaoui de nous avoir fait revivre par l'image ces événements importants de l'histoire du Maroc.
Le récit de Clément Hébréard intéresse particulièrement les marrakchis dont nous découvrons le rôle dans la protection de la Ville rouge et la participation aux combats contre les menées allemandes sur le sol marocain par tribus insoumises interposées. La guerre avait partiellement bloqué les constructions au Guéliz dont certains habitants avaient du partir sur les fronts européens. Les nouveaux acquéreurs de lots à bâtir en juin 1913 et en mai 1914 avaient 18 mois pour achever leurs constructions en dur, soit décembre 1915 et novembre 1916. Ce délai fut suspendu par Lyautey du fait de la guerre. Cependant celle-ci se prolongeant et alors que la victoire devenait probable en juillet 1918, un arrêté résidentiel fixa la fin du délai au 1er octobre 1918 pour les marrakchis qui n'avaient pas été mobilisés. Merci à ceux qui auraient d'autres récits ou souvenirs des différents bataillons, compagnies, officiers et soldats en garnison à Marrakech en 1914-1918 ou en 1922-1923 de les partager avec nous pour en garder la mémoire.
MA BICYCLETTE À MARRAKECH
MARS 1911: UN CYCLISTE PROVOQUE UNE ÉMEUTE PLACE JEMAA EL FNA
Certains racontent qu'un cycliste fit en 1880 le trajet de Tanger à Marrakech, mais nous n'avons pas de photographie de cet exploit et nous ignorons le nom du cycliste. Il est fort probable qu'il se soit arrêté avant les remparts de la Ville rouge et qu'il ait considéré que Marrakech commençait à l'entrée de la Palmeraie car s'il avait franchi Bab Doukkala il aurait suscité plus d'une réaction, comme ce sera le cas 30 ans plus tard...
Quelques rares photographies existent de Marrakech en 1880 à l'époque du Sultan Moulay Hassan 1er. C'est l'occasion de montrer Marrakech tel que vous ne le verrez jamais plus.
LA PLACE DES FERBLANTIERS ET UNE RUE EN 1880
Le Sultan Moulay Abdel Aziz fut l'un des premiers marocains à monter sur une bicyclette en 1901, mais il se gardait bien d'apparaître sur ce genre de destrier devant son peuple. Il s'entraînait à l'intérieur de son palais devant un public restreint trié sur le volet. C'est le photographe Gabriel Veyre qui nous a conservé l'image du Sultan en plein entraînement.
Le photographe fut embauché par le Sultan Moulay Abd El Aziz qui voulait apprendre à photographier son harem et à développer ses propres clichés. Gabriel Veyre lui apprit la photographie et bien d'autres techniques modernes. Il lui installa par exemple la première ligne téléphonique de Marrakech. Un livre remarquable sur Le Maroc de Gabriel Veyre 1901-1936 a été édité. Dans ce livre se trouve une photo du premier Sultan du Maroc sur une bicyclette et bien d'autres photos qui renseignent sur le patrimoine culturel du Maroc
Sa Majesté Moulay Abd el Aziz roule en tête.
On remarquera deux barques à fond plat servant de support au plancher surélevé. Les gouvernails de ces barques sont parfaitement reconnaissables. Ces barques avaient été construites pour des promenades sur le grand bassin de l'Aguedal.
Moulay Al Hafid prend le pouvoir à la suite de son demi-frère Moulay Abdel Aziz, mais ne s'adonnait pas au sport cycliste.
UN RÉCIT CENTENAIRE DE MADAME REYNOLDE LADREIT DE LA CHARRIÈRE
Mme Reynolde Ladreit de Lacharrière était à Marrakech en mars 1911. Nous reproduisons ici un extrait de ses notes de voyage de seulement trois jours du mois de mars 2011.
19 mars 1911 - Il est arrivé des nouvelles de Fez: des troupes de renfort partent pour Casablanca.
Vers cinq heures, comme nous traversions la place Djema el Fna, un Européen à bicyclette débouchait suivi par des gamins: tout à coup la foule se met à courir derrière lui, puis les cris de rage se font entendre, les indigènes autour de moi, ceux qui écoutaient les conteurs, se précipitent comme des fous; la place blanche de monde oscille, l'individu disparaît, les pierres se mettent à voler et les hurlements féroces continuent; je suis saisie devant cet extraordinaire changement de la populace paisible tout à l'heure et je ne songe pas à m'en aller. Nous avons tout à fait l'impression de ce qu'a dû être l'assassinat du docteur Mauchamp. J'ai peur que la victime n'en réchappe pas. C'est vraiment ridicule de sa part de se promener ainsi: les indigènes n'ont jamais vu une bicyclette. Pour eux, tout ce qu'ils ne comprennent pas est une invention du diable. Mon mokhazni s'est sauvé en m'abandonnant. Allel que nous avons rencontré dans les souks a voulu à toute force nous accompagner et reste près de moi; au loin les clameurs continuent.
20 mars: Je pars avec le mokhazni, Ben Djilali l'interprête et El Kébir un serviteur, au Dar el Maghzen à gauche des trois grandes places vides aux murs crénelés l'Agdal; nous sortons de la ville par Bab el Kasba, et longeons Seridj el Bogar, très grand bassin, surélevé d'une dizaine de marches. Il paraît que l'eau est très profonde. Derrière nous, Marrakech, ses maisons, ses murailles et la Koutoubia se détachent en silhouettes sur le ciel. Le mokhazni est furieux, Ben Djilali me fait remarquer qu'il a laissé son capuchon pour cacher sa chechia en pointe, insigne de sa fonction, il ne veut pas être vu avec des chrétiens; c'est pour cela qu'il ne voulait pas me conduire au Dar el Maghzen, car cette partie de la médina n'est pas sous la dépendance du Pacha... Nous rentrons par la pluie battante, les rues pleines de boue sont transformées en torrents.
Il paraît que trois marocains auraient poussé le bicycliste d'hier dans un fondak pour le soustraire à la foule, il s'est sauvé par les terrasses. Des femmes affolées en le voyant surgir poussaient des cris de détresse. La bicyclette fut anéantie par les indigènes qui finirent par se battre entre eux, trois furent tués. Le consul (M. Maigret) l'ayant fait comparaître, l'a fortement attrapé et le fera expulser en cas de récidive, car il peut exciter par ses imprudences les indigènes contre les européens. Les mokhaznis du pacha ont hier fortement bousculé la foule hostile, un d'eux fut poignardé, d'autres sont en prison et les cafés de la place seront fermés pendant trois jours; décidément Hadj Tami a de la poigne.
21 mars: Le ciel est aujourd'hui sans nuage, nous montons sur la terrasse de notre logis, la vue est très belle, l'Atlas avec ses sommets neigeux se découpe nettement et semble tout proche. Nous rejoignons le Consul et Mme Maigret pour assister au mariage du fils Corcos. Les rues du Mellah sont transformées en marécages, la boue noire et gluante gicle au passage des bêtes.
( suivent plusieurs pages sur la description de la réception à l'occasion du mariage. La journée est presque terminée quand Madame Ladreit de La Charrière prend congé de ses hôtes - la carte postale illustre comment les rues pouvaient être transformées en marécage à l'époque)
Nous partons pour la Kaïssaria, sorte de galerie couverte bordée d'échoppes au centre de la Médina. Un Dellal, crieur public, récite la prière, tandis que d'autres tenant leurs mains ouvertes devant eux répondent en invoquant Sidi-bel-Abbès, patron de la ville, puis portent leur main à la bouche et à la poitrine. La vente aux enchères commence alors. Les crieurs passent dans la foule qui s'écarte, les bras couverts de caftans, les mains pleines de bijoux ou de koumia, en répétant la dernière enchère. Dans un coin, des tapis crasseux entassés. Nous sommes mèlés à la foule, les regards ne sont pas hostiles, curieux seulement, et quelques habitués même nous saluent.
22 mars: Réception chez Moulaï Rechid (oncle du Sultan Moulay Al Hafid)
A Mogador le "Seul cycliste du Sud du Maroc" sur Cycle Bradbury n'avait pas déclanché d'émeute, mais le contexte était différent de celui de Marrakech. Mogador était un port habitué aux nouveautés apportées par les européens.
Pourtant plus tard l'engouement pour les deux roues ne se démentira pas à Marrakech...
...notemment en médina.
LA BICYCLETTE DE LA LIBERTÉ
Pour les jeunes européens de Marrakech disposer d'une bicyclette donnait une liberté considérable. Marrakech est une ville relativement plate, la bicyclette se pretait aisément à toutes sortes d'itinéraires.
Pour aller à l'école ou au lycée, pour sortir avec d'autres jeunes, pour se rendre à un rendez-vous, pour faire des emplettes, pour se promener dans la palmeraie,.. la bicyclette élargissait considérablement notre rayon d'action en dehors de la surveillance parentale.
Michel (photos de 1949 et de 1953) raconte: "A l'âge de huit-neuf ans je ne possédais pas ma propre bicyclette, mais j'avais le droit d'utiliser celle de ma mère, un vieux vélo de femme Peugeot, apporté de France où il avait servi sur les routes, parfois minées du Midi occupé. C'était un vélo unique à Marrakech car les jantes de ses roues étaient en bois; un beau bois vernissé, probablement du hêtre. Pendant les premiers temps ce fut un destrier magique, puis avec la chaleur de Marrakech les jantes retrécirent et il arriva de plus en plus souvent que les pneus déjantent. Cela m'a contrarié souvent quand j'étais obligé de m'arrêter et de voir les copains poursuivre leur course. Jusqu'au jour où j'eus l'idée de rouler dans les séguias de temps en temps, quand j'en trouvais. Le remède fut efficace, le bois gonfla et mes roues ne déjantaient plus. Mais je n'eus de cesse d'améliorer mes performances scolaires afin de pouvoir disposer en récompense de mon propre vélo tout neuf."
Si vous avez des photos avec votre vélo, merci de les partager en vous signalant au blog par le lien "contactez l'auteur" en haut et à gauche de cette page..
Cette page est ouverte aux souvenirs des promeneurs cyclistes de Marrakech. Merci à ceux qui partageront des récits de souvenirs à commencer oar Christian M...
Christian et son vélo, en compagnie de son "grand frère" DIA MAKA (23e RIC) au Camp Mangin, îlot Vauban
"Ce vélo m’avait été offert par un oncle qui, lui, était un adepte de la petite reine quoique garagiste auto… Il m’a donc suivi ( le vélo ) lorsque nous sommes partis au Maroc ( un vieux rêve réalisé de mon père qui s’était juré y revenir un jour ).
Premières utilisations à Agadir où plusieurs fois par jour je « faisais « Le camp Haïda ( Founti ) / Talborj/ la ville / la plage / les environs et retour histoire de me fabriquer des mollets. Puis, direction Marrakech.
Et le fameux vélo a suivi. Bien entendu, la principale utilisation fut la liaison « Ilôt Vauban / Collège Technique quatre fois par jour…en utilisant la piste cyclable ( une de chaque côté du boulevard de la 4è Molo-Molo.) Avec arrêt obligatoire à chaque levée ou amenée des couleurs – la plupart du temps celles du Quartier des Artilleurs devenu le Lycée Victor Hugo que je n’ai pas connu.
D’où perfectionnement dans la fabrication des mollets grâce aussi aux courses avec Bernard H. et Paul P. ( qui, lui, ne se souvient de rien ou feint ne pas se souvenir …mais, passons ) et avec les Marocains de passage qui n’étaient pas les derniers à s’y frotter !
Au Collège, le vélo était confié à la surveillance vigilante du gardien qui se démenait comme un beau diable pour assurer un semblant d’ordre ! ( aujourd’hui, les motos et les mobylettes ont remplacé les vélos ). Il y parvenait. Pas un vélo, à ma connaissance, n’a jamais été volé ! Même pas les plaques qu’il fallait aller chercher chaque année aux Municipaux…
Les réparations se faisaient à la maison. Mais je n’ai jamais été foutu de dévoiler une roue. Alors, direction le P’tit Souk où le mécano spécialisé faisait ça très bien. Ce qui me permettait de me taper quelques sfings en attendant que ça se passe.
Les retours de piscine ( troupe et sous-off’ ), eux, nécessitaient un arrêt obligatoire chez le marchand de brochettes face à l’ Etat-Major et chez l’épicier vendeur de gazouzes bien fraîches au litre ! On roulait moins vite…
Parfois, un vertigo et direction le barrage Cavagnac pour aller prendre un bain…en cherchant bien l’abri d’un camion militaire comme coupe-vent. A défaut une mobylette quand pas de Solex. Ce vélo servait même à aller chercher des œufs et des bibis ( dindons ) à la Targa…
Puis nous sommes partis à Rabat ( les FAR ) où toujours le vélo faisait fidèlement son office. Ça parait pas, mais Rabat, c’est pas plat non plus… en plus nous habitions avenue de Casablanca ( Kébibat ) et tous les dimanches j’allais chez l’oncle ( un autre ) qui habitait bien au dessus du Méchoir…( c’était l’oncle Goumier qui parlait l’arabe et le berbère avec l’accent de Toulouse et qui m’a appris le pluriel de « lalla « )
Et direction la France… : Alger. Sans le vélo qui a fait le bonheur d’un Marocain ami après avoir fait le mien…et mes mollets que je continue d’entretenir à vélo…mais d’appartement ( la flemme de sortir celui qui est à la cave.)."
Merci à Christian pour ces souvenirs partagés. Il ajoute: "Michel Z. était aussi un mordu du vélo. Sauf que lui, il était inscrit dans un club ( lequel ? ), faisait des courses et nous a fait baver comme des fous quand il a reçu son premier Bertin."
Qui nous parlera des réparateurs de vélos comme Bouzbouz ? Qui nous racontera les secrets de la Palmeraie à bicyclette ? bicyclette à mollets ou bicyclette à moteur ?
En ce 8 avril, VOTRE BLOG a été à nouveau sélectionné par Canalblog pour cette page parmi les cinq "TOP BLOGS". N'oubliez pas de voir aussi les excellents commentaires ci-dessous de Jean-Louis, Nana, Christian, Monique,.. et ...
IL Y A 100 ANS, LES PUBLICITÉS PLACE JEMAA EL FNA ET EN MÉDINA
CETTE ANNÉE PESSAH POUR LES JUIFS ET PÂQUES POUR LES CHRÉTIENS SONT CÉLÉBRÉS LA MÊME SEMAINE
PESSAH DU LUNDI 26 MARS AU LUNDI 1er AVRIL ANNÉE 5773
SEMAINE SAINTE DES RAMEAUX À PÂQUES: DIMANCHE 31 MARS
Pessah commémore la fin de l'esclavage et la libération de l'oppression. Pâques est aussi une libération qui permet une nouvelle vie grâce à la mort et la résurrection de Jésus: "Il est vivant"
Bonnes fêtes de Pessah et de Pâques à ceux qui célèbrent l'action divine dans cette libération.
PESSAH À MARRAKECH: SYNAGOGUE BETH-EL impasse des Moulins au Guéliz. Renseignements: 044 44 87 54
SYNAGOGUE SLAT LAAZAMA rue Talmud Thora Quartier du Mellah Médina: Renseignements: 00212 61 13 99 35
Synagogue Slat-Laazama, Église des Saints-Martyrs, Église protestante (photos Tramoy, Xima, Hassan) cliquer sur les vignettes pour les agrandir.
PÂQUES À MARRAKECH: ÉGLISE DES SAINTS MARTYRS Rue El Imam Ali Marrakech Guéliz:Renseignements: +212 524 43 05 85 Veillée pascale 20h30; Pâques 10h00 et 18h30.
TEMPLE PROTESTANT: 89 Bd Moulay Rachid au Guéliz: Culte à 10h00, Renseignements 0524433148 ou 05 24 29 01 28.
PREMIERS COMMERCES ET ENTREPRISES À SE LANCER DANS LA PUBLICITÉ À MARRAKECH EN 1913
Avec les européens arrive à Marrakech un nouveau type de publicité, inconnu jusque là des habitants de la Ville rouge. La publicité sur supports écrits que certains appelaient alors la "réclame" arrive à Marrakech. Le premier document connu utilisant ce procédé est une brochure d'accueil pour les arrivants venus d'Europe ou d'Algérie sur laquelle se trouvent: les différentes adresses utiles, un plan de la ville, des repères historiques, des sites à visiter etc.. Ce livret d'accueil réalisé à l'initiative du Général Brûlard, commandant de la Région de Marrakech depuis le mois de mars 1913, contient les arguments des premiers publicistes de la ville rouge. Trente deux entrepreneurs et commerçants se lancent dans la publicité en 1913 à Marrakech, ils se situent tous ou presque autour de la Place Jemaa El Fna.
Ce genre de publicité existait déjà dans La Vigie marocaine. Par exemple en 1908-1909, l'horloger Jourda de Marrakech fut l'un des premiers annonceurs de ce Journal de Casablanca peu diffusé à Marrakech à l'époque. Merci à Roger Beau de nous avoir révélé ces publicités pour les partager avec les Marrakchis d'hier et d'aujourd'hui.
AU BON MARCHÉ - HÔTEL DE FRANCE - TAILLEUR
Tous ces commerces se situaient en Médina proche de la Place Jemaa El Fna: Un commerce de Nouveautés diffuse les produits de parfumerie de la marque "Piver", le garage de l'Hotel de France IMBERDIS fait l'entretien des automobiles et le tailleur d'habits LAFOND risquent l'aventure dans la rue Riad el Zitoun Kedim..
Il semble que la famille Imberdis ait eu simultanément ou successivement un deuxième hôtel. En effet deux clichés du photographe F.Jacquemin, conservés par l'ami Halfaoui nous montrent l'entrée du MARRAKECH-HÔTEL avec son hôtelier, son personnel et des clients.
VINCENT SELLES - LIBRAIRIE PAPETERIE UNIVERSELLE - FERRIER
Les européens apportaient leur mode de vie sous différentes formes. Le menuisier réalisait aussi des meubles et des charpentes, le libraire vendait aussi des fournitures de dessin, des cartes postales et des machines à écrire. L'épicier mettait en avant son rayon de vins et liqueurs. D'autres épiceries se distingueront, par exemple plus loin Charles DAUGAS s'appuiera sur la réputation de la tradition bordelaise et soulignera sa qualité de fournisseur agréé par l'armée.
L'Ancien Hotel Steyer, devenu Hotel Champagne est aussi l'ancienne maison du Docteur Mauchamp. (Photo Maillet)
La pharmacie DAYAN et HERMET est en même temps une droguerie. De récentes épidémies de typhus ont provoqué des craintes justifiées de contagion, cela se sent dans les publicités: "eau stérilisée" ou pour le coiffeur Valladon "service antiseptique". Valladon est un ancien spahi, champion militaire de boxe devenu coiffeur. A cette époque les coiffeurs étaient surtout barbiers et les micro-coupures du rasoir faisaient craindre une infection microbienne.
La pharmacie concurrente est la pharmacie DUSSERE qui fait aussi droguerie et a créé des cartes postales pour attirer une clientèle plus large. La collection de cartes postales Dusserre commencée en 1912 est remarquable (voir archives du 28/04/2011).
Chaque commerçant touchait à des spécialités diverses. C'est ainsi que l'entreprise NICOLAS vendait des Vins et liqueurs avec des Matériaux de construction. Il s'agit probablement de François NICOLAS (35 ans) décédé à 52 ans en 1930.
Les cafés sont plusieurs à faire de la publicité. Le GRAND CAFÉ DE PARIS insiste sur la qualité de ses marques et sur sa localisation.
L'un des grands entrepreneurs de Marrakech est Paul CHABANNES qui forma plusieurs entreprises avec différents associés. Avec RIPPOL il fait de la publicité pour leur société dont les spécialités peuvent paraitre très différentes: la meunerie et le débit de bois, pourtant elles utilisent l'une et l'autre des moteurs assez semblables. RIPOLL était aussi dans la livraison de céréales et de bêtes de boucherie. Paul Chavanne sera de son côté associé à Marius Dorée, autre pionnier de Marrakech, qui en 1913 avait 38 ans. Il est décédé à Marrakech à 68 ans, il était officier de la Légion d'Honneur, mérite militaire. Il faudrait écrire une biographie de Paul CHAVANNE. Souhaitons que son petit fils qui fut élève au LVH pourra la réaliser un jour.
Le GRAND CAFÉ DU COMMERCE concurrent de son voisin situé aussi près de la Société d'Études fait également dans l'Épicerie et la vente de Vins et liqueurs.
Les entreprises LENNOX & FERNAU Limited ne peuvent cacher leur origine britannique. Alan LENNOX était aussi vice-consul Anglais. Les britanniques étaient en nombre beaucoup plus important que les français à Marrakech avant le Protectorat. L'associé FERNAU s'occupait des intérêts de leurs entreprises à Casablanca. Alan LENNOX fut à l'origine d'une collection de cartes postales éditées dès 1907.(archives 12 juin 2011)
Les entreprises de LENNOX & FERNAU formaient un véritable groupe et disposaient même d'une banque: la COMPAGNIE ALGÉRIENNE.
Les nouveaux commerçants marrakchis misaient sur le tourisme, certains diffusaient des produits de l'artisanat local, d'autres pariaient sur la consommation d'alcools principalement des militaires de la garnison. Même les entreprises de Mazagan faisaient de la publicité à Marrakech. Même le magasin d'artisanat marocain (tapis, poignards) annonce son activité alors qu'il n'est pas encore ouvert.
Qu'est devenue la GRANDE DISTILLERIE DU PROGRÈS de Monsieur Alexandre ADDED avec la concurrence des cafés et épicerie ?
Les transitaires étaient tous installés dans les ports: Safi, Mazagan, Mogador. Marrakech n'avait pas d'européen dans cette spécialité avant le Protectorat, c'est donc naturellement que ROUANNET transitaire à Mazagan se soit mis à faire de la publicité sur Marrakech dès 1913.
Le bazar - quincaillerie Isnard ( Société France-Maroc) apparaitra aussi sur les premières cartes postales de la place Jemaa El Fna.
Entre la Grande Brasserie du Glacier et la Civette, la Quincaillerie-Bazar France-Maroc de M. ISNARD. Cliché LL légèrement plus tardif.
Dans une ville qui accueille de nouveaux habitants l'activité des matériaux de construction ne peut être que prometteuse. Nous avons vu les sociétés NICOLAS, LENNOX & FERNAU, Paul LATOUR et bien d'autres sur ce créneau porteur, mais tous ne se lançaient pas dans la publicité.
Le célèbre CAFÉ DE FRANCE se présente avec un propriétaire qui sera plus tard à l'origine de la CITÉ FOUQUE au GUÉLIZ. Il est en concurrence avec le GRAND CAFÉ DE PARIS et le GRAND CAFÉ DU COMMERCE et rajoute un argument, le "Rendez-vous des affaires". Le célèbre café est situé à l'angle de la place et de la rue des Banques. Plus tard M. Deleurme sera propriétaire du Café de France, puis ses biens seront mis en adjudication en 1928 et M. Joseph Chaudesaygues en fit l'acquisition. C'est à cette occasion qu'on apprend que les voisins sont d'une part le docteur Verdon et d'autre part Si Abdsslam Ouarzazi.
L'une des premières salles de cinéma du Maroc créée par LEUTHARDT associe à la projection de films une Brasserie. Le Cinéma EDEN fait partie du patrimoine de Marrakech. Une association s'est fixé pour objectif de le maintenir.
Pour faire pendant à l'ancien Hotel STEYER devenu CHAMPAGNE, l'HÔTEL DE PARIS a ouvert près de la Porte de Bab Doukkala grâce à un Monsieur HERUPÉ.
Concurrent de RIPOLL et CHABANNES, Jean SAVOYE lance une activité de charpente et menuiserie équipé de scies mécaniques.
La GRANDE ÉPICERIE MODERNE située Place des Ferblantiers semble moins bien placée que celle de Charles et Jeanne LAUGA, située Jemaa El Fna. Ils avaient 40 ans en 1913, ils finirent leur vie à Marrakech, lui à 59 ans, elle à 64 ans.
Le café de J. RODDO aussi sur la Place Jemaa El Fna appelé CAFÉ DE LA GRANDE PLACE se distingue par son garage et son dépot d'essence.
Un autre garage est situé près de Bab Doukkala et pratique la location d'automobiles. Il est créé par un certain J. LÉGEY qui pourrait être apparenté avec la célèbre doctoresse à qui beaucoup de marrakchia marocaines doivent d'avoir accouché au dispensaire dans d'excellentes conditions. Il y eut d'abord un service pour les femmes arabes et berbères, puis plus tard fut créé une partie séparée du dispensaire pour les marocaines de religion juive. La doctoresse n'employait pas son propre prénom mais celui de son mari : Madame le docteur Jules LÉGEY. Il est fort possible que Jules LÉGEY ait investi dans cette entreprise pour la mettre en gérance.
Une deuxiele épicerie s'est installée place des ferblantiers, la GRANDE EPICERIE FRANÇAISE de Monsieur CESCAU.
Deux publicités concernent le derb de riad Zitoun Kedim, d'une part L'HORLOGERIE - BIJOUTERIE DASTÉ, et d'autre part la Maison PRÉBOIS qui au début avait trois activités: Nouveautés, Bazar et Librairie-Journaux et qui plus tard sera transférée au Guéliz dans l'avenue principale. Plusieurs petits enfants des fondateurs, Pierre et Alice Prébois, ont effectué leurs études au Lycée Victor Hugo. Enfin à Ars-Si-Moussa un autre établissement hôtelier L'HÔTEL D'ANGLETERRE, met en avant son CAFCONCE.
LE GUIDE DE MARRAKECH SURLEQUEL FURENT ÉDITÉES CES PUBLICITÉS DONNAIT QUELQUES RENSEIGNEMENTS SUR LES CULTES: En plus du culte musulman qui comptait en 1913 plus de 150 mosquées, tombeaux ou medersas; le guide mentionne de nombreuses synagogues pour le culte israélite dans le quartier du mellah où se trouvent plusieurs rabbins. Pour le culte catholique ( pas de chapelle construite à l'époque ) un prêtre franciscain (probablement le Père Fabre) célébre la messe un dimanche sur deux à Dar Beida (Hôpital Maisonnave) et l'autre dimanche au Guéliz dans une chapelle en planches.
Un pasteur protestant est aussi mentionné sur le guide de 1913, mais sans adresse et sans lieu de culte. Ainsi nous apprenons qu'il y a Cent ans Pessah était très fêté au Mellah mais que les cloches ne sonnaient pas encore à Pâques à Marrakech.
HOMMAGE À LA LALLA DE NOTRE ENFANCE
LES "LALLAYAT" DE NOTRE ENFANCE
Anne, Blandine, Jean-Jacques, Michel et d'autres ont voulu faire hommage à chaque lalla de leur jeunesse en raison des liens d'estime et d'affection qui les unissaient.
Dans son "Chkoun Ana", Blandine nous a dit avec beaucoup d'émotions les liens d'amitié qui avaient été tissés avec la famille d'Arquia et de Miloud, de même qu'avec Abdallah à la Targa où elle a vécu ses jeunes années. Elle aime aussi se souvenir de sa complicité avec Halima, qui l'accompagnait dans les dunes ventées de Mazagan au point d'en conserver la photo comme un emblème. Dans les récits d'autres Chkoun Ana nous avons les témoignages d'amitiés entre ces marocaines et les enfants d'européens dont elles s'occupaient. Beaucoup d'anciens marrakchis lors de leur enfance ont grandi avec la fatma qui aidait à la maison. Des liens d'affection et d'amitié se sont formés, bien avant les amitiés de l'école, du lycée ou des clubs sportifs. Ces "Lallayat" méritent que nous gardions le souvenir de leur affection.
Blandine n'a pas de photo de Zaina pourtant elle ne saurait l'oublier. Elle venait chaque jour à la maison de La Targa: "Elle était toute douceur, discrétion et tendresse et se mettait en quatre pour "faire plaisir aux demoiselles" comme elle disait... Elle veillait sur nous quand nous étions malades, nous apportait ce que nous désirions, verres d'eau, livres, disques... elle faisait tant de choses... nous, moi en particulier, je me montrais parfois bien exigeante envers elle,.. tant je désirais sa présence douce, aimante auprès de moi... quand je suis revenue au Maroc, je ne l'ai pas retrouvée, hélas!!
Elle était sage femme dans le village où elle habitait près de chez nous...
Je me souviens des couscous sucrés à la canelle qu'elle nous apportait pour le dimanche, dans un plat de terre, recouvert d'un torchon...cadeau!! Je l'adorais, ma Zaina..."
Jean-Jacques nous envoie des photos de celle qu'il appelait Lalla Fathma ou Fatou. Dès son plus jeune âge elle s'occupait de bébé car la maman de Jean-Jacques enseignait.
Jean-Jaques commente ces clichés: "Quelle leçon d'élégance, de maintien dans la tradition et aussi d'une certaine modernité à la fois. C'était en 1949 : Bien avant le temps actuel des controverses sur cette horrible "burka" ... Ici pas de burka; mais les babouches, un sarouel, tunique et gilet d'étoffes soyeuses et brodées. Mais tant de noblesse et cette douceur qui en émanent, c'est remarquable.
C'était une jeune fille "émancipée ou européanisée" comme on disait alors ... comme Rabia issue du quartier de Bab Doukkala où vivait sa mère. Vétues toutes deux "à l'européenne" et arrivées sur la Base 707 pour y travailler dans des familles françaises. Elles avaient choisi de changer leurs prénoms et Rabia devint Marguerite.
Rabia dans le jardin de la villa. Elle continua à retourner en Médina voir sa mère jusqu'au Départ pour la France en 1965. Les deux amies s'y revirent. Chacune y a fait sa vie. Marguerite y vit toujours... dans un ancien couvent de religieuses devenu Maison de Retraite et a pu sur ses vieux jours retrouver sa langue maternelle, l'arabe, grâce à l' une des infirmières d'origine algérienne. Celle ci, Nadia, l'incite à faire un voyage à Marrakech Mais son état de santé ne l'a pas encore permis...
Michel à la même époque se souvient de la très sympathique Aïcha "Nous avions, mes deux frères et moi, confectionné des chapeaux en papier, probablement un jour de vacances scolaires où il faisait chaud. Aïcha se fit un chapeau à son tour pour se mêler à nos jeux. J'ai même conservé une photo de 1949 devant la villa au Guéliz. Je me souviens aussi qu'elle préparait de délicieux couscous. C'était le menu obligé mais très apprécié du repas du dimanche, elle le préparait dans les règles traditionnelles. Elle m'a appris à transporter des braises chaudes dans mes mains nues depuis la cheminée jusqu'au Kanoun sans me brûler, une dizaine de mètres quand même! Elle me parlait de sa tribu dans l'Atlas. J'aimais sa joie de vivre communicative."
Mais à la suite d'un deuil il a fallu qu'Aïcha reprenne la place laissée vide dans sa famille à notre grand regret.
Dans un style différent, Broucka vint à la maison pour aider, car mon troisième frère est né à Marrakech entre temps. La photo est de 1952. Broucka parlait remarquablement le français. J'ai appris beaucoup sur les coutumes berbères avec elle."
Les familles n'ont pas toujours pu rester au Maroc, certaines ont été contraintes de partir et la mer Méditerrannée a séparé les enfants européens des Lallayat marocaines. Mais parfois la vie et l'affection ont permis des retrouvailles inespérées.
Les parents d'Anne, Simone et Alain Massart, près d'une Kasbah de l'Atlas et ci-dessous Malika et Claire en 1973

Malika, sa fille Mina, Mme J.Massart - Marie-Aude et Malika
"Malika était d'une grande famille berbère. Nous nous sommes adoptés et aimés dès le premier jour... Notre Malika "deuxieme maman" pansait et soignait nos plaies et bosses, attentive, aimante, ...
Musicienne, elle jouait du Tam-tam à la fin des grands repas et aussi Clown...Durant le Ramadan, maman la laissait se reposer à l'ombre des faux-poivriers dans le Kikouyou; grand respect les uns envers les autres.
Malika est décédée au printemps 2003, "CHAGRIN"
Merci à vous toutes, Fatou, Malika, Broucka, Aïcha, Zaina, Halima, Arquia, Rabia-Marguerite, Bacha, Zoubida, Yamina (voir commentaires)... nous vous sommes reconnaissants.
Cet article vient d'être choisi ce 29 mars dans la sélection de canalblog qui le classe parmi les cinq top-blogs
Cette page, dédiée aux "Lallayat" de notre enfance reste ouverte à d'autres témoignages. Chacun peut apporter des récits de souvenirs, photographies ou autres documents pour leur rendre hommage..


































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