MANGIN@MARRAKECH

25 septembre 2020

LES ESCAPADES DE MARRAKCHIS CONTINUENT: AUVERGNE 2020

L'ESPRIT DES MOUSSEMS EST VIVANT ET POURSUIT SA ROUTE

Le groupe des marrakchis qui se retrouve chaque année en septembre a choisi l'Auvergne en 2020, après Nogaro 2016, le Pays Basque 2017, la Tourraine 2018 et l'Angoumois 2019... L'héritage de Robert Lucké avec la revue Salam Marrakech et les Moussems d'Avignon a toujours des héritiers.

Lalla Claudine nous envoie des photos avec ces mots: " Les rencontres entre Marrakchis doivent perdurer malgré la brutale disparition de leur président fondateur, notre ami Robert Lucké, instigateur et organisateur de cette belle initiative.  Que ses efforts et son énergie pour maintenir nos souvenirs et nos contacts continuent à vivre à travers nos diverses rencontres.

   Cette année nous nous sommes encore retrouvés  autour de Georges Stachewsky pour découvrir une nouvelle région : l'AUVERGNE.
Nous étions hébergés en pleine campagne parmi les vaches et les chèvres, dans des petits bungalows individuels, prés du village de FOURNOLS d' AUVERGNE, au bord d'un étang."

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Le soir avant le diner nous nous retrouvions pour un apéro devant nos logements. 

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Lundi 14 septembre
Arrivée dans la soirée , installations , pot d'accueil avec rappel des consignes pour la covid 19 ....et papotages des retrouvailles! Nous sommes toujours aussi heureux de nous retrouver et dans ces moments d'oublier les soucis.

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1) Roland et Babeth Galibert  ; Anne et Philippe Lalanne/Massart. 

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2) Daniel et Françoise Morange 20200914_191500

3) Christine Vega ; Jean Michel et Marie Reine AUBIN   et on aperçoit la silhouette de Jean luc Morvan. 

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4) Marie Noëlle Sommabere/Surleau ; Marc Durtschi ; Gilles Vigour ; Cathy Durtschi ; Blandine Vigour  

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5) Annick Borde ; Louis Deyrieux  et Blandine Vigour. 

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6) Françoise Morange ; Claudine Lemaure/Xima alias "Lallha Claudine" et Philippe Lemaure; Jean-Luc et Danièle Gauthier. 

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7) Gilles et Blandine Vigour ; Annick Borde , Louis Deyrieux 

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8) Jean Luc Morvan ; Christine Vega ; Marie Reine Aubin  

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9) Christiane Cornevin ; Babeth et Roland Galibert ; Michel Aubin. 

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10) Georges Stachewsky ; Marc Durtschi; André et Marie Noëlle Sommabère 

IMG-20200920-WA002711) Philippe Lemaure et Danièle Gauthier  

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        12) Joseph Bos et Marie Aude Bos/ Daillou ; Roland et Babeth Galibert 

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        13) Jean Luc et Danièle Gauthier ; Philippe et Christiane Cornevin/ Roussel et Babeth Galibert  

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          14) JOJO, Georges Stachewsky, l'organisateur, préside la rencontre. 

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        15) La photo souvenir du premier jour du groupe. Outre les noms déja cités on repérera assis au centre Jean-Claude Oustry qui fut élève au Lycée Mangin et enseigna le français à Renoir et au LVH; derrière lui, madame Oustry, professeur de mathématiques au LVH.
Merci à Lalla Claudine pour ces photos qui nous montrent les anciens marakchis participants et le cadre de leur rencontre.

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 Mardi 15 septembre
Départ en bus pour AMBERT  , petit tour de la ville ,et visite d'un moulin en activité , dernier témoin de ce que fut le berceau de la papeterie Française. 
300 moulins le long des cours d'eau fonctionnaient autrefois , faisant le papier feuille à feuille, à la main à partir de chiffons de recupération.
Ce moulin "RICHARD de BAS" perpétue cette activité ancestrale et produit un papier unique.
Il est moitié production et moitié musée .(2 reportages TV lui ont été consacrés dernièrement)
.La production :
Nous avons pu suivre les étapes de la fabrication de ce papier prestigieux fait à la main , devant nous, à la cuve. 

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Ce papier de qualité a séduit de nombreux artistes comme PICASSO ,DALI ,RAUSCHENBERG etc..., l'exemplaire unique du texte de notre constitution de 1958 y est imprimé.  

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Il répond encore aux demandes particulières d'artistes, de professionnels, compositions florales pour carterie ,papier blanc pour impression de livres bibliophiles à tirage limité ,restauration de vieux livres ,papier correspondance , impressions de textes et poèmes sur papier à fleurs ,menus et faire part de mariage etc... xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx

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Un exemple de poésie sur ce papier fleuri. Khalil GIBRAN "Le Prophète"
Partie musée:
Très intéressante, elle nous retrace l'histoire du papier à travers les âges, et les différentes salles restaurées illustrent la vie du papetier, des apprentis et des compagnons encore au début du siècle dernier.

 

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 La salle commune où le papetier , les apprentis, les compagnons prenaient leur repas.
Ce repas clôturait la journée de travail à midi , car celle ci commençait à minuit .
L'eau était réservée aux paysans l'aprés midi , l'eau était plus pure la nuit car non souillée par les troupeaux. une légende raconte que chaque moulin avait un secret de fabrication du papier,et que travaillant la nuit, cela évitait d'être observés. 

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La chambre à coucher
accueillait 6 à 7 personnes 
le1er lit  servait aux parents, avec berceau (appelé CROS)
le 2ème aux enfants plus âgés ou pour les grands parents.
le 3ème aux apprentis (7 à 14 ans) lit clos pour l'intimité de la famille.. 

P1010532 Le berceau et autres photos de la papeterie:

P1010579 Le séchage et quelques produits 

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Mercredi 16:
Départ pour ARLANC: visite du JARDIN de la TERRE. 

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Planisphère géant de 6 ha, unique en Europe, ce jardin vous plonge dans l'histoire, la géographie, la botanique, la biodiversité ... la relation intelligente entre l'homme et la nature.
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Nous devions réaliser un véritable tour du monde à la découverte exceptionnelle de 2000 variétés de plantes restituées sur leur continent d'origine... 

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Malheureusement un terrible orage , un déluge avec bourrasques a interrompu ce début de découverte ...

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 juste le temps de s'abriter dans une serre pour tenter de rejoindre notre bus .. un peu trempés !  

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Nous n'avions fait que le 1/4 de la visite guidée ...Hélàs...
Jeudi 17 septembre:
Départ pour ISSOIRE. 

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Visite avec un guide érudit de l'Abbatiale St AUTREMOINE d'Issoire. 

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Chef d'oeuvre de l'art roman auvergnat daté du xième et début xiième siècle c'est la plus grande des églises romanes de Basse Auvergne (65m de long , sur 17m de large).
Les décors extérieurs alternant pierres volcaniques et pierres calcaires donnent ces dessins géométriques harmonieux.
Construite en grés blond (Arkose) elle abrite une crypte avec la chasse de ST Autremoine (xiième siècle). 

crypte-vierge 

La crypte où autrefois seuls les abbés avaient accés, accueille une châsse en émaux champlevés de Limoges (XIII ème s) qui  contenait les reliques de ST Autremoine.
Volée en 1983 , retrouvée en 1990 à Honolulu la châsse fut restituée vide à la ville d'Issoire.

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A l'intérieur à remarquer la richesse du décor des chapiteaux , mosaïques géométriques , et une surprenante polychromie
avec de magnifiques chapiteaux historiés de récits bibliques. 

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            XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX   Le port du masque obligatoire rappelle que nous sommes en 2020 et non pas sous l'Ancien régime.

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XXX Le soleil revenu on en profite pour faire une photo du groupe à l'extérieur dans ce beau cadre paisible.

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Vendredi 18 septembre - Matin:
Départ pour THIERS le berceau de la coutellerie.

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Visite guidée de la coutellerie CHAZEAU Honoré à Lamonnerie-le-Montel .
Fabrique familiale depuis 1854 où 3 générations se partagent le travail :
- fabrication
- personnalisation
- exportation  
Le fils nous montrera les méthodes de travail ancestrales … et on va apprendre à faire la différence entre les VRAIS et les Faux couteaux de Thiers. 

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Le respect du cahier des charges est très strict. 
La lame doit porter le nom du fabriquant, un N° pour la qualité du métal et un poinçon.
Cette petite fabrique familiale de "Le Thiers" est spécialisée dans la création de couteaux Laguiole, Le Thiers, couteaux de chasse, de table, de poche, personnalisé, machettes etc...
Ils exportent en Guyane, Afrique et Asie, leurs lames résistant à l'humidité des climats sans s'altérer = très bonne qualité. 
La somme de travail pour réaliser un beau couteau de qualité inusable en justifie le prix. 

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Les manches en corne de buffle, moins à la mode on préfère le bois ou la résine.
Le midi : déjeuner à Thiers au restaurant "le chaudron".
Aprés midi :
Départ pour SERMENTIZON
Visite du château d'AULTERIBE bâti à la fin du moyen âge et restauré au 19 ème siècle.

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Il contient une exceptionnelle collection de beaux meubles d'époque, de tapisseries d'Aubusson et de Flandres, des porcelaines de Chine et divers tableaux originaux qui font la convoitise des musées et collectionneurs.
La richesse de l'ameublement donne l'impression de vie à cet intérieur et rend attachant l'histoire de ce couple propriétaire dont il serait trop long de vous conter l'histoire.                   xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx
Le château

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Cheminée avec cerf en bois doré et les armoieries de la famille des marquis de PIERRE.

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Collection de vases de Chine sur commode en bois de rose 

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La chambre à coucher du couple XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX

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La galerie des tableaux de peintres célèbres XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX

20200918_153915 - Copie Un salon  

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Portrait de Richelieu et commode à la laque de Chine. 

IMG-20200920-WA0041 - Copie Autres vases remarquables. 

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Chambre de l'oncle , grand voyageur. 

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Son bureau 
Samedi matin: petit déjeuner d'au revoir...
Merci à Georges Stachewsky pour l'organisation parfaite de cette escapade en Auvergne réunissant le plaisir de retrouver d'autres anciens de Marrakech et les souvenirs d'autrefois tout en découvrant des lieux aux grandes richesses culturelles. Merci aussi à Lalla Claudine pour son reportage photographique. Les commentaires accueilleront aussi bien les témoignages des autres participants que les questions et remarques de celles et ceux qui n'ont pas participé en 2020.  Bravo pour cette escapade!


27 août 2020

TOMBE DE ROBERT LUCKÉ PRÈS D'AVIGNON

 PÉLERINAGE POUR UN ENFANT DE MARRAKECH

FLEURS, COURONNES ET PENSÉES RECONNAISSANTES

IMG_1226-1 La tombe de Robert Lucké se trouve en banlieue sud d'Avignon, au cimetière arboré de la commune de Rognonas. 

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 Le cimetière se situe tout près du centre de la commune de Rognonas, route des Palunettes (D34A). Trois entrées devant le cimetière, prendre l'entrée du milieu et suivre l'allée la plus à gauche sur quelques mètres. La tombe de la FAMILLE LUCKÉ (marque rouge) est surmontée d'une croix en pierre du pays. 

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Lors de son enterrement on pouvait voir des fleurs déposées par des anonymes et plusieurs couronnes: la "Famille Lucké", "Les Anciens sportifs du Maroc"; "Salam, amicale des Anciens des Lycées et collèges français du Maroc"; "Tous tes amis marrakchis",...

La Génération Facebook a réagi à l'annonce du décès de Robert:

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Vendredi, cérémonies à l'église puis au cimetière de Rognonas.

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La génération Facebook des anciens de Marrakech est reconnaissante à Robert Lucké. Si vous ne connaissez pas encore le groupe Facebook de SALAM MARRAKECH venez y partager vos souvenirs avec les anciens marrakchis.

 

 

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16 août 2020

ADIEU ROBERT, MERCI POUR L'AMOUR et l'AMITIÉ DONNÉS AUX ANCIENS MARRAKCHIS

ROBERT LUCKÉ EST DÉCÉDÉ CE MATIN À 3 HEURES

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Les anciens de Marrakech dispersés de par le monde perdent celui qui les a rassemblés en créant en 1983 un trait d'union que tous ressentaient comme indispensable, un fort lien d'amitiés qui a tenu 37 ans. Avec l'équipe qu'il avait constitué et qui s'amenuisait d'année en année il avait organisé 37 moussems pour que les marrakchis puissent se retrouver, ainsi que plusieurs voyages dans la ville qui nous est très chère, la Ville rouge.

Robert avait créé l'ASAM: l'association des anciens de Marrakech et en était resté le Président fondateur.

Il était le rédacteur en chef, le chroniqueur principal, celui qui sélectionnait les photos, ainsi que le gestionnaire de la revue Salam Marrakech. Dans le dernier numéro il nous disait qu'il ne se sentait plus la force de poursuivre.

Les anciens de Marrakech témoignent de leur profonde tristesse pour la disparition de leur président et expriment leurs condoléances à son fils Jean-Baptiste et à son petit fils Josselin, ainsi qu'à tous ses proches.

Nous avons appris la triste nouvelle par Annie BEAU. Puis Laurence et Michel NAKACHE qui l'ont accompagné dans ses derniers jours, nous ont appris qu'il avait succombé à une infection pulmonaire résistante. Nous avons assuré son fils que le blog Mangin@Marrakech informerait les Marrakchis.

La cérémonie religieuse d'adieux et de reconnaissance à notre ami Robert aura lieu Vendredi 21 aout à 15 heures à l'Église St-Pierre-es-Liens de Rognonas (7 à 8 kms d'Avignon dans les Bouches du Rhône). 

A la suite de la cérémonie à l'église de Rognonas, le convoi se rendra au cimetière de la commune, route des Palunettes. Des prises de paroles auront lieu au cimetière. Robert rejoindra ainsi la sépulture de son épouse Marie-Micheline décédée en 2012, de son père Auguste Lucké décédé en 1963, de sa mère Aline née Freudenreich en 1978 .

Chacun peut écrire dans un commentaire sa reconnaissance à Robert Lucké pour ce qu'il a permis aux marrakchis et aussi exprimer ses condoléances à ses proches.

 

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14 août 2020

SAUVONS LES CALÈCHES DE MARRAKECH

Les calèches et cochers de Marrakech en danger

Le blog reçoit une requête de Kenza que nous publions volontiers. Nous ajoutons un plaidoyer pour les cochers, leurs familles ainsi que pour les chevaux synthétisé pour nous par Bou Tazoult.

 

photo 4 la calèche dans la circulation

Bonjour,
Tout d'abord bravo pour ce magnifique blog tellement riche et passionnant !
Je vous contacte car nous sommes un petit collectif de citoyens marrakchis, qui souhaitons sauver les calèches de Marrakech. Avec la crise du Corona virus, les frontières fermées, Marrakech est en berne et ses calèches se meurent.
Par notre mobilisation nous voulons lever des fonds pour nourrir les chevaux, et relancer les calèches dans la ville afin qu'elles puissent travailler avec les Marrakchis à des prix plus abordables et ainsi être une source de revenus pour les conducteurs.
A cet effet nous avons créé une page Facebook "Sauvons les calèches de Marrakech", et nous essayons de la documenter en photos, histoire, témoignages sur ce patrimoine que sont devenues les calèches de Maroc.
Avez vous des informations, photos, témoignages qui pourraient venir enrichir notre page et ainsi mobiliser et sensibiliser les gens à cette cause, 
En vous remerciant pour toute l'aide que vous pourrez nous apporter,
Kenza 

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Marrakech vit en ce moment une grave crise due à la Covid-19, crise qui met en péril la santé des habitants, provoquant une famine chez les pauvres, et qui aura un impact financier pendant longtemps, par le seul biais du tourisme. 

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Un article sur les chevaux de Marrakech en particulier, sur les animaux en général (paru sur les sites marocains, et repris dans Le Monde) témoigne de la détresse des propriétaires de calèches et de toute la masse des travailleurs contribuant à cette activité, sans oublier les montures indispensables. 

"À Marrakech, chevaux, ânes de trait et familles en souffrance (10 août 2020) 
La crise sanitaire liée au coronavirus a produit un impact négatif sur des centaines de chevaux et d’ânes de trait marocains de Marrakech tributaire de l’industrie touristique. 
Ces chevaux de trait ont pour activité principale de conduire les calèches de touristes. Depuis l’apparition du Covid-19 et l’entrée en vigueur de l’état d’urgence sanitaire voire son énième prolongation (jusqu’au 10 septembre), l’interdiction de déplacements de et vers huit villes du royaume dont Marrakech, il n’y a plus d’activité pour ces animaux. Or, de milliers de personnes vivent du travail des chevaux. 

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À Marrakech, un seul attelage fait vivre quatre à cinq familles, dont les propriétaires, les chauffeurs et les garçons d’écurie, déclare au journal Le Monde le cocher Abdeljalil Belghaoute. « Si vous avez un magasin, vous pouvez le fermer. Si vous vendez des marchandises, vous les stockez. Mais imaginez avoir… des chevaux qui ont besoin de manger, de boire et de recevoir des soins médicaux », se lamente Abdeljalil Nouidi. La situation devient difficile à gérer pour lui et ses trois autres frères qui s’investissent dans cette activité depuis deux décennies. 
Les frères Nouidi ont l’habitude d’emmener les touristes en excursions en calèche. Cette année, ils traversent une période de vaches maigres. En juillet, ils ont dû vendre sept de leurs animaux. Y compris Cocotte, la favorite d’Abdenabi Nouidi, son propriétaire. « Ce n’est pas quelque chose que je peux facilement me pardonner », confie-t-il. Il avait promis à ce cheval de trait de le garder pour toujours. 
Afin d’aider les propriétaires, la Société pour la protection des animaux à l’étranger, SPANA a fourni les soins de base aux chevaux dès le déclenchement de la crise sanitaire au Maroc. De même, il a fourni trois mois de nourriture à près de 600 chevaux de la ville ocre et de la ville voisine d’Aït Ourir pendant la fermeture du pays. « Il est rapidement devenu clair pour nous, lorsque le confinement a été imposé, que de nombreux animaux de Marrakech auraient besoin de notre aide ou seraient confrontés à une issue désastreuse », déclare Hassan Lamrini, vétérinaire en chef du centre SPANA de Marrakech. 
Toujours est-il que la situation épidémiologique du pays ne rassure guère. Au Maroc, le bilan officiel Covid-19 (9 août) fait état de 33.237 cas de contamination, 23.347 guérisons et 498 décès. « Plus longtemps cela durera, plus les chevaux et les familles auront du mal à survivre, fait remarquer Abdeljalil Belghaoute. Nous sommes vraiment effrayés par la gravité de la situation ».""

Rapporté par Bou Tazoult, auteur d'un article sur les calèches de MRK

Sauvons les calèches de Marrakech, aidons-les !

Les calèches de Marrakech dans la littérature:

Le livre de Christian DURIEUX, paru aux Presses du Midi en 2007

Un roman de Marie Barrère-Affre, paru dans le Journal La Croix en juin 1938. Ci-joint un extrait: 

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28 juillet 2020

LES PREMIERS HOTELS DE MARRAKECH

Cet article est dédié à Robert Lucké. Il est destiné à faire partie du futur N°171 de la revue dématérialisée Salam Marrakech.
MARRAKECH, VILLE TOURISTIQUE, SON PASSÉ HÔTELIER
L'ouverture des premiers hôtels dès 1910 et avant LA MAMOUNIA (1925)
La ville de Marrakech disposait de 0 chambre d'hôtel en 1910, 12 chambres en 1911, 24 en 1912, 50 environ en 1913-14. De 1915 à 1919 le nombre de chambres reste stable: la création de 2 hôtels neufs au Guéliz compense à peine l'arrêt ou la suspension d'activité de plusieurs hôtels en Médina. Mais de 1920 à 1924 le rythme des créations reprend et en 1924 Marrakech dispose d'environ 300 chambres.
LE PREMIER HÔTEL OUVERT À MARRAKECH: LE MARRAKECH-HÔTEL
Dans ses récits de voyage au Maroc "Le long des pistes Moghrebines" la voyageuse Reynolde Ladreit de Lacharrière décrit les deux voyages où elle découvre et visite Marrakech. Une première fois en mars 1910 pour un court séjour et l'année suivante à la même époque pour une plus longue période.

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Lors du premier voyage elle sait qu'il n'y a pas d'hôtel à Marrakech. Elle avait pris contact à l'avance pour qu'elle puisse utiliser une maison maghzen rendue disponible par l'installation du Sultan et de sa cour à Fez. Quand elle arrive, elle apprend que la maison où elle devait loger est occupée par un fils du Sultan Moulay Hafid. Elle va voir le Pacha qui lui offre de loger dans une autre maison inoccupée: le Dar Bou-Beker dont elle a beaucoup apprécié le jardin intérieur (voir photo J.Ladreit). L'année suivante, sachant qu'un hôtel a ouvert à Marrakech, elle s'y présente, mais le confort très rudimentaire fit qu'elle n'y passa que trois nuits tout en cherchant une autre résidence pour poursuivre sa  connaissance de la ville. Elle la trouva grâce au capitaine Landais et au Dr Weisgerber qui lui proposèrent de camper dans le jardin du Riad où ils logeaient. 
Avant cette époque le nombre restreint de voyageurs européens ne justifiait pas la création d'un hôtel à Marrakech au contraire des autres villes de la côte atlantique. Marrakech était la ville du Maroc où résidaient le moins d'européens et où seuls les anglais étaient à peu près tolérés car ils avaient un dispensaire de soins gratuits. Les ouvertures du jeune Sultan Moulay Abdelaziz au modernisme technologique des Européens n'avaient fait qu'augmenter l'hostilité des marrakchis à leur égard.
La famille Imberdis qui possédait aussi l'Hôtel de France à Fez, choisit le nom plus consensuel de "Marrakech-Hôtel" car depuis quelques mois les clients venaient de toute l'Europe: allemands surtout, mais aussi anglais, italiens, espagnols, belges, hollandais, qui officiellement s'employaient à créer des liens commerciaux, mais qui pratiquaient l'espionnage pour leurs pays respectifs.
Monsieur Imberdis avait préféré convertir une grande maison de Marrakech en hôtel plutôt que de faire construire.
LES QUATRE HÔTELS DE LA PREMIÈRE ÉPOQUE, MENTIONNÉS SUR LE GUIDE DE JUIN 1913 (Le Protectorat fut signé le 30 mars 1912 à Fez).
Les 4 hôtels figurent dans les premières publicités : Ils ont pour nom: Hôtel de France (ancien Marrakech-Hôtel), Hôtel Steyer, Hôtel de Paris et Hôtel d'Angleterre. Les quatre sont situés en Médina. Seulement les deux premiers sont repérés sur le plan de ville publié par les services du Général Brûlard.
1 - HÔTEL DE FRANCE: il s'agit du nouveau nom depuis novembre 1912 du "MARRAKECH-HÔTEL" appartenant à la famille Imberdis. Ce fut le premier hôtel pour voyageurs à Marrakech et s'il prend le nom d'Hôtel de France, c'est que c'est le Protectorat de la France qui a été signé.
La famille Imberdis avait ouvert cet hôtel vers octobre 1910 ou début 1911.
La voyageuse madame Reynolde Ladreit de La Charrière le décrit comme une maison marocaine qui nécessitait de nombreuses réparations avant de pouvoir mériter de s'appeler hôtel. Quand elle s'y présente, elle y rencontre un groupe de 6 ou 7 Allemands atablés pour dîner qu'elle a trouvé plutôt bruyants. Nous avons deux photos du photographe Jacquemin montrant les voyageurs du moment. Ces photos furent éditées par le propriétaire de l'hôtel en cartes postales: l'une dans la cour intérieure, l'autre à l'extérieur devant la porte de l'hôtel. Ces photos montrent un groupe de Français avec le personnel marocain de l'hôtel.

MRK-Hotel-de-France-431_o Cour intérieure: Parmi  les personnes assises, avec une veste blanche et un képi, le capitaine Albert LANDAIS. Le plus grand debout est M. LASSALAS représentant à Marrakech de la Compagnie marocaine dont le siège est à Casablanca.

L'entrée extérieure du "Marrakech Hôtel" avec les mêmes personnes. 

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Le premier hôtel de Marrakech était situé au début de la rue Douar Graoua à proximité de la rue Riad Zitoun Djdid. La publicité indiquait: Hotel de France, le plus central, Garage-Essence, Maison de 1er ordre, Imberdis propriétaire.

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La première voiture automobile tous terrains était parvenue à Marrakech seulement en octobre 1912. Madame de La Charrière voyageait à cheval avec une petite escorte, car il n'y avait pas de route, seulement des pistes muletières souvent étroites.

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L'hôtelier voulait rassurer les automobilistes en indiquant sur sa publicité "Garage essence". Ils pourraient trouver du carburant et des mécanos par l'intermédiaire de l'hôtel. Le garage était en fait à 100 mètres.

 

Le gérant de l’Hôtel de France fut après la Grande guerre  le photographe Ernest MICHEL qui s’était reconverti dans la profession d’hôtelier après avoir réalisé une remarquable collection de photographies sur Marrakech avant la guerre de 1914. Il avait créé aussi un commerce de distribution de carburants et produits SHELL.

2 - HÔTEL  STEYER (ancien dispensaire du Dr Mauchamp) qui rapidement prendra le nom plus pétillant d' HÔTEL CHAMPAGNE. Il en existe deux photos sur cartes postales par le photographe MAILLET qui était déja venu à Marrakech en 1902 mais qui a pris ces photos en 1912 ou 1913. L'hôtel fut ouvert au printemps 1912. Sur l’une des photos au-dessus de la porte est écrit "Hôtel Champagne », sur l’autre un arbre cache l’inscription. 

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La publicité de juillet 1913 annonce: HÔTEL STEYER, Au centre de la ville, Garage, Cuisine de 1er ordre. Près de l'Etat-Major 

LE-MAROC-MARRAKECH-(Maillet)-Harsa-Arabe-R Cette maison a une histoire, elle fut donnée par le Sultan Moulay Hassan au Docteur Linares en reconnaissance pour l'avoir soigné pendant plusieurs années, lui, son harem, ses proches et aussi par amitié. Quittant le Maroc au bout de 26 ans, en 1901, Linares fit don de ce riad à la France pour y maintenir un docteur avec l'assentiment du Sultan Moulay Abdelaziz. Cette maison fut à partir de 1904 le dispensaire du Dr Mauchamp qui après sa mort tragique en mars 1907 fut remplacé par le Dr Guichard venant du dispensaire de Mazagan. Le Sultan Moulay Al Hafid prit l'engagement en 1908 de construire un hôpital dans le jardin de Sidi Mimoun. Mais il tarda à réaliser sa promesse et la construction de cet hôpital prit du retard (hôpital Ibn Zhor aujourd'hui). Ce n'est qu'en 1913 que le Dr Guichard put transférer son activité dans les deux premiers pavillons de l'hôpital.

Il y avait aussi sur le guide de Marrakech paru en juillet 1913 
3 - HÔTEL DE PARIS (propriétaire Herupé) près de Bab Doukkala; cependant il est probable que la Grande guerre, lui a été fatal car il n'apparait plus en 1920. Peutêtre a-t-il changé de nom car  le "Café de Paris" avait aussi quelques chambres et cela pouvait donner lieu à confusion. Nous n'avons pas trouvé de photographie de cet hôtel. Il n'est pas impossible qu'il soit devenu l'Hôtel VICTORIA situé aussi à Bab Doukkala (voir photo plus loin). Sa publicité en juillet 1913 exposait: Hôtel de Paris, près de Bab Doukkala, service de 1er ordre, prix modérés, Herupé propriétaire. Coïncidence ou pas: l'hôtel Victoria, quai des Chartrons à Bordeaux fut créé plus tard par un M. Herupé.
4 - HÔTEL D'ANGLETERRE à Ars si Moussa. Cet hôtel a probablement disparu lors de la Grande guerre. Il n'en est plus fait mention par la suite. Il est possible que son propriétaire a été mobilisé pour aller se battre sur le front contre l'Allemagne. En est-il revenu ? La publicité indiquait: Hôtel d'Angleterre, Ars Si Moussa, Café concert.

Hotels-disparus-1914

DEUXIÈME ÉPOQUE: À LA SORTIE DE LA GRANDE GUERRE, SUR UN PLAN DE MARRAKECH EN 1920, FIGURENT QUATRE HÔTELS: DONT DEUX HÔTELS NEUFS CONSTRUITS AU GUÉLIZ.

Mme-Muller-H-de-France-RZ-KEDIM-1932L'HÔTEL DE FRANCE créé par la famille IMBERDIS dirigé par l'ex photographe Ernest MICHEL, est-il toujours en activité?  il ne figure pas sur le plan. C'était l'époque où il change d'adresse et migre de Riad Zitoun Djdid à Riad Zitoun Kedim. Il annonçait autrefois 12 chambres, il passe à 18 chambres en se déplaçant. La photo montre Mme Muller la nouvelle propriétaire vêtue d' une robe grise en compagnie de voisines en blanc. La médina compte toujours L'HÔTEL STEYER devenu HÔTEL CHAMPAGNE et aussi la nouvelle enseigne l'HÔTEL VICTORIA. Deux nouveaux hôtels sont ouverts au Guéliz, construits en 1918 et ouverts en 1919 selon un article de Georges Aimel, directeur adjoint des services municipaux. Nous avons quelques documents:

1 - Hôtel Champagne (ex hôtel Steyer). Il continue son activité...
2 - Hôtel Victoria (près de Bab Doukkala) « le plus frais et le plus confortable »  selon la revue France-Maroc. Il n’existait plus en 1924 ou a changé de nom. Il serait possiblement devenu le premier hôtel de la Compagnie Transatlantique à Marrakech en attente de l'ouverture de La Mamounia.

fellx-Hotel-Victoria-183

Grâce au photographe Félix nous avons une photo de la façade donnant sur le jardin. L'hôtel Victoria se trouvait en Médina entre Bab Doukkala et la fontaine éponyme. Dans le même périmètre que les riads Moucharabieh et Kniza aujourd'hui.

Sultan-Hotel-1934

3 - Sultan-Hôtel, tél. 20-16, 12 chambres. situé au début de l'avenue du Guéliz, côté des numéros impairs, trottoir de droite en remontant vers la Place de l'Horloge et la Koutoubia; à l’angle de l’avenue du Guéliz (Mangin/Mohammed V) et de l’avenue de Casablanca/Bd Med Abdelkrim Al Khattabi. Il fut créé par les familles Maillard et Goubet originaires de Casablanca. Ces familles étaient convaincues du futur essor de Marrakech.
4 - le Grand Hotel . Il figure sur une carte postale éditée par Robert Sancan. Il est situé place du 7 septembre/16 Novembre. En aout 1920 il a changé de nom « Hotel du Pacha » et on trouve aussi  «  Grand Hôtel du Pacha » jusqu’en décembre 1934.

64654020

Le gros oeuvre était terminé en 1915 pendant la guerre. Puis en 1918 les travaux reprirent sur la partie droite seulement pour une ouverture de l'hôtel en 1919. On constate que la partie occupée aujourd'hui par le Café de la Poste était inachevée; les portes n'étaient pas encore posées. Plus tard, en 1928, la publicité montre un hôtel terminé.

Grand-hotel-du-pacha-Pub-1928 Le guide Michelin de 1919 signale aussi l'hôtel Le Guéliz (qui a disparu ou changé de nom) et le Guide Bleu ajoute "Le café glacier" qui avait aussi 6 chambres

Café-Glacier-LL Photo LL (Boumendil)

 

TROISIÈME ÉPOQUE, DE LA FIN DE LA GUERRE À L'ARRIVÉE DU TRAIN À MARRAKECH: La capitale du Sud était la seule ville importante du Maroc à être mal desservie par les transports ferroviaires. Depuis 1920 Marrakech était relié à Casablanca par un petit train sur voie étroite de 60 cm d'écartement. Il ne pouvait atteindre que 30km à l'heure. En novembre 1928 fut inaugurée une nouvelle voie de largeur normale en même temps que la gare du Guéliz (devenue aujourd'hui gare routière). Mais dès 1920 certains avaient anticipé l'ouverture d'une ligne de chemin de fer digne de ce nom à Marrakech. La perspective de pouvoir venir de Casablanca en 3 fois moins de temps, donna un élan à la construction de villas, de commerces, de locaux industriels et d'immeubles et en particulier à la création d'hôtels de voyageurs et aussi d'hôtels de tourisme.

Flandrin-CFM-Tensift-2 Merci  au photographe FLANDRIN d'avoir immortalisé en novembre 1928 cet événement décisif pour la Ville de Marrakech et son développement futur en photographiant le nouveau pont de chemin de fer sur le Tensift avec ses wagons de 1ere, 2e, 3e et 4e classes.

Marrakech compte désormais 12 hôtels référencés. Nous en connaissons déjà cinq ouverts dans les époques précédentes: l'Hôtel de France, l'Hôtel Champagne, le Sultan-Hôtel, le Grand Hôtel du Pacha et l'Hôtel Victoria
8 nouveaux hôtels s'ajoutent aux 4 existants:
1 - Cécil Hôtel: tél. 02-03- 19 chambres, situé au Riad Zitoun, 7-9 derb Sidi Bouloukat créé par Nicolas Carbonnel, propriétaire. Il fut tenu plus tard par Mme Brand.
2 - Hôtel Continental, Tél. 3-22; 30 chambres, avec restaurant, rue des Banques. Propriété de Si Morsi Barakat, riche egyptien. Il fut d'abord dirigé par M. Gonzales; Monsieur Plat en gerait le restaurant (c'est un nom adapté à la fonction). Il eut plus tard une annexe qui fut construite en 1929 dans la même rue. Architecte: M. Poisson. Ses gérants font de la publicité dans l'Annuaire de l'Automobile et du Tourisme.

Hotel-Continental-auto-1934

Un client à l'époque du début de l'activité de l'hôtel: "A l'hôtel Continental on trouve une excellente cuisine et des chambres d'une propreté indiscutable. Mais ces chambres ! Quel fours ! Celle mise à ma disposition donnait sur un patio, transformé en un charmant salon arabe, une porte et une fenêtre sur la galerie, mais la fenêtre sans volets. Afin d'éviter les regards indiscrets une grande tenture en velours cache la croisée."
3 - Hôtel Transatlantique à Bab Doukkala téléphone 0066. Il a probablement  succédé à l'Hôtel Victoria en changeant de nom.

Hotels-Transatlantique-Maroc-MRK1924

Il est signalé dès 1923 à Marrakech, mais la Compagnie Transatlantique investissant dans La Mamounia, palace d'exception, et ne voulant pas qu'il y ait deux hôtels de la même chaîne lui a retiré son parrainage juste avant l'ouverture de La Mamounia

Parc-Hotel-MRK-94

4 - Parc-Hôtel, Tél. 01-80, place Jemaa Elfna. 18 chambres.

Sa porte d'entrée apparaît sur la photo à droite de l'immeuble Israël. On aperçoit la végétation du parc de l'hôtel qui dépasse du mur d'enceinte.

Tourist-Hotel-1928

5 - Tourist-Hôtel - Mr Laloux propriétaire, tél.0180 -
C'est un hôtel de 30 chambres. Situé "au centre de la ville" selon la publicité, son adresse précise est 12 rue Kenaria. Il a probablement un autre nom aujourd'hui. Lequel ?
6 - Hôtel de l'Atlas - 13 derb Sidi Bouloukat. Son propriétaire Manuel Yvorra achètera en 1943 à Casablanca l'hôtel de Charles Paoli, 53 rue Prom, sous le nom de sa femme Ramona Belen-Yvorra tout en gardant l'Hôtel Atlas.
7 - Hôtel de l'Univers. 24 chambres, tél. 02 90. Il s'agit du premier nom de l'Hôtel Mangin. Il se trouve à gauche au début de l'Avenue du Guéliz-Mangin/Mohammed V.

Hotel-Mangin-MRK

L'entrée du Café de l'Univers est à l'angle sur l'avenue de Casablanca.

Café-de-l-univers-

Quand l'Avenue du Guéliz est devenue Avenue Mangin, le Café de l'Univers a gardé son nom, et son hôtel a pris le nouveau nom de Mangin. Il se trouvait face au Sultan-Hôtel, de l'autre côté de l'Avenue. 
8 - Mamounia Palace Hôtel - ouvert en 1925 - tél 0.99 Quartier de Bab Djdid. L'idée de cet hôtel de grand luxe est venue de M. DAL PIAZ qui dirigeait la Cie Transatlantique et qui a créé une société commune avec les chemins de fer marocains pour le construire et l'exploiter. Il a aussi exigé qu'il y ait une seule société de l'Hivernage de qui dépendent tous les terrains qu'ils soient du Maghzen, municipaux, ou privés. 

La-Mamounia-Palace-Hotel-1928 Le salon de l'hôtel au début; confort à la marocaine.

Mamounia_Prost-et-marchisio-architectes-Les_Chantiers_nord-africains-1929 Architectes Prost et Marchisio.

D'autres hôtels ouvrent aussi dans la seconde partie de cette période: Le Provence en 1925, puis le Terminus CTM, Le Central, l'hôtel de la Bahia en Médina; tandis qu'au Guéliz apparaissent le Majestic, La Palmeraie, l'Hôtel du Palais, l'Hôtel du Centre, Le Haouz, Le Pacha, L'Hôtel d'Alger et le Franco-Belge.

Nous pouvons remercier ces pionniers de l'hôtellerie à Marrakech. Ils ont pris des risques. On a pu voir que la Grande guerre avait provoqué des fermetures. Il ne faut pas s'imaginer que tous leurs clients s'adonnaient au tourisme. Il s'agissait surtout d'ingénieurs, de techniciens, de géomètres, de bâtisseurs, de transporteurs, de mécaniciens, de médecins, de sages-femmes, de géologues, d'agronomes, de financiers-investisseurs, de télégraphistes, d'installateurs d'usines et de lignes électriques, de constructeurs de routes, de ponts, de tunnels, de barrages hydroélectriques, de lignes de chemins de fer, d'aérodromes, de biologistes, d'enseignants, d'interpretes, de photographes, d'artistes, d'urbanistes, (et bien d'autres métiers) venus de France métropolitaine, d'Algérie et d'Europe pour une mission courte sans leur famille ou pour des séjours plus longs. Merci à eux.

Si vous avez des informations pour compléter cet article de Michel de Mondenard ou si simplement vous avez appris des détails que vous ignoriez n'hésitez pas à les partager avec les Marrakchis en écrivant un commentaire ci-dessous. 


06 juillet 2020

IL Y A CENT ANS MARRAKECH AVAIT SON TRAMWAY

LE PROJET D'UN TRAMWAY À MARRAKECH FUT EXPOSÉ PAR LE CAPITAINE LANDAIS EN 1913 ET RÉALISÉ EN 1921 ( après la Grande guerre)

RELIER LE GUÉLIZ À LA MÉDINA PAR UN TRAMWAY IL Y A CENT ANS

Dès la conception de la ville nouvelle du Guéliz, le capitaine Albert Landais, avait non seulement prévu les plans des avenues et des rues, le percement des remparts, la vocation des quartiers, mais également les transports urbains. Les premiers européens installèrent leurs commerces et leurs domiciles dans les quartiers de Riad Zitoun et de Bab Doukkala. Les nouveaux arrivants hésitaient à installer leurs commerces au Guéliz où peu de personnes habitaient. Les kilomètres qui séparaient le Guéliz de Jemaa Elfna en avaient découragé plus d'un. Le capitaine avait une solution: construire un Tramway reliant le Guéliz à la Médina que pourraient emprunter les clients des commerçants, les élèves des écoles, les usagers des administrations et les militaires en quartier libre souhaitant faire un tour en Médina.
Mais la déclaration de guerre est venue trop tôt pour que le capitaine Landais puisse réaliser lui-même le tramway des marrakchis. Il fut moblisé sur le front en avril 1915. C'est seulement après la guerre en 1920-21 que son successeur au poste de Chef des services municipaux de Marrakech put poursuivre la réalisation de ce projet. 

Loco-voie-de-60-134

Le tramway fut conçu sur le principe Decauville: une locomotive roulant sur une voie étroite (rails écartés de 60cm) et tirant des wagons de voyageurs et des wagons de frêt. A cause de l'opposition allemande, il n'était pas possible d'installer des voies commerciales normales; mais après la déclaration de guerre du Kaiser, les allemands n'avaient plus "droit au châpitre" au Maroc.

La photo montre une locomotive "Decauville Aîné" de Marrakech suivie d'au moins deux wagons. Si l'écartement des voies était de 600mm, la largeur de la loco faisait le triple (Photo Ch.M)

LE 20 MAI 1920 LE PREMIER TRAIN DE CASABLANCA ARRIVE À MARRAKECH dans la gare des CMM au pied du Djebel Guéliz. C'est un train sur voie étroite de 60cm. La gare actuelle n'existait pas et la voie normale n'y arrivera qu'en novembre 1928. A la place de la gare actuelle il y avait un abattoir et un marché qui furent déplacés: l'abattoir transféré près de Bab Doukkala et le Marché couvert installé au centre du quartier du Guéliz.

Le futur Tramway de Marrakech va pouvoir être construit à partir de la première gare ferroviaire de Marrakech qui était située légèrement au nord du futur emplacement du Lycée Victor Hugo, et de l'Institut français du Maroc, au pied du Guéliz.

Voie-de-60-gare-gueliz

A gauche le plan de situation de la gare en 1920, à droite le plan en 2020. La voie de 60 venant de Casablanca passait sur le pont routier du Tensift et suivait la route de Casablanca, puis la rue qui s'appelle aujourd'hui rue du lieutenant Mohamed Zeroual.

Régulatrice-MRK-28 Nous n'avons pas de photo de cette gare, (seulement son plan) mais heureusement, grâce à Christian M. nous pouvons présenter une photo d'une des locomotives de Marrakech et une autre du bâtiment de régulation du trafic ferroviaire: "Régulatrice de Marrakech." En effet à partir de cette gare trois voies se séparaient: une voie continuait à l'ouest vers le Camp militaire, les subsistances, le parc d'artillerie,.. Une autre voie servait aux manoeuvres pour faire repartir le train vers Casablanca et enfin une voie réservée au Tramway se dirigeait vers la Médina au Sud-Est. 

L'ITINÉRAIRE DU TRAMWAY DE LA GARE DU GUÉLIZ À LA GARE DE LA MÉDINA

La voie du Tramway suivait l'avenue de la 4e DMM, mais arrivée au carrefour de l'Etat-Major elle n'allait pas tout droit par l'Avenue Mangin/Mohammed V. Elle tournait à droite sur l'Avenue Abdelkrim El Khatabi/ de Casablanca. Puis la traversait pour remonter la rue des Écoles/ El Mansour Eddhabi jusqu'à la Place du 16 novembre/7septembre.

Itinéraire-Tramway-MRK-2 Arrivé sur la grande place circulaire du Guéliz le Tramway la traversait et suivait le bord gauche de l'avenue de la Koutoubia/Mohammed V. Noter sur le plan l'emplacement de la future gare inaugurée en 1928 et un autre projet de jonction pour établir une gare Marrakech-Médina au niveau de Bab Robb. Ce projet a été abandonné en 1931. 

Tramway-gueliz-juin-1931

 

Sur une carte postale de 1921-22 montrant la place pas encore délimitée on voit à gauche les rails de la voie de 60 faisant une légère courbe. 

Voie-de-60-palmiers-055

La Koutoubia est encore loin et un autre cliché pris au niveau de la Poterne près de Bab NKOB montre que les rails sont toujours du même côté.

Voie-de-60-LL 

Il s'agit d'un cliché du photographe Boumendil: "Entrée de la Médina". On voit à gauche les rails de la voie de 60. Les nouvelles plantations d'eucalyptus ou de jacandaras sont bien protégées.

OÙ SE TROUVAIT LA GARE DU TRAMWAY EN MÉDINA ?

Certains penseront qu'elle se trouvait à proximité de Jemaa Elfna, à la gare CTM peutêtre ? Et bien non ! Elle était située à l'Arset El Maach. Grâce à un plan de 1924, réalisé à partir de photos aériennes nous avons pu localiser le parcours et les gares du Tramway marrakchi autrefois: la gare de la Médina.

Plan-MRK-Gare-60-1924-2020 À gauche la carte de 1924 et à droite celle d'aujourd'hui. La voie de 60 suivait la rue ElMouahidine, toujours sur le côté gauche. En gardant la direction du Sud-Est elle évitait le square Foucault et Jemaa Elfna et continuait sur l'avenue Hommane Al Fatouaki. Elle laissait à droite la rue Ibn Rochd et tournait juste après à droite. La gare était là. Aujourd'hui son emplacement est occupé par le parking Arsaat ElMach et l'immeuble de la Sûreté nationale. Est ce qu'il existe des traces de cette ancienne gare de Tramway d'il y a cent ans ? D'après les vieux marrakchis ce tramway aurait été supprimé vers 1932 car le Guéliz était suffisamment développé pour attirer les nouveaux arrivants. Par ailleurs les autobus pour les passagers, les camions pour les marchandises proposaient des transports aux horaires plus fréquents et plus souples.

Gare-voie-60-Arsat-Médina Une vue satellite  de l'emplacement de la Gare. 

Sans titre 2Gare-médina-Prost-1921

 

 

 

Un autre plan ci-contre, situe la gare de la Médina à côté de l'Usine électrique.  il serait intéressant que des amis du blog habitant ce quartier, nous envoient des photos qui pourraient illustrer la présence des anciens bâtiments de cette gare historique ou même ce qu'il en reste de vestiges.

Mais qu'en est-il du projet de Tramway de Marrakech dont on parlait en 2012 ? 

TRAMWAY-MRK-2020

Chacun pourra apporter des informations complémentaires dans les commentaires sur le Tramway de 1920 et sur celui de l'époque actuelle.

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23 juin 2020

SOUVENIRS D'ÉLÈVES DU LYCÉE MANGIN

PIERRE LOUIS CASSANG

Par son fils Philippe nous apprenons la triste nouvelle:  

"Je vous informe du décès de mon père Pierre Louis CASSANG le 10 juin dernier. Né le 02 février 1926, il a résidé toute son enfance à MARRAKECH chez le Colonel et Mme Jean PARIEL. Il a été élève du lycée MANGIN jusqu'à la Guerre, date à laquelle, comme tant d'autres, il s'est engagé et a participé au débarquement de Provence. Il habitait TALENCE en GIRONDE mais restait très attaché à cette époque." 

Pierre-Louis Cassang se souvenait des marrakchis qu'il avait connu: Il écrivait  dans la revue Salam Marrakech (n°65 paru en 2000): "Grâce à SALAM MARRAKECH, j'ai eu la grande joie de retrouver sur une photo récente Pierre, Yves, François LATRON, Jika MAJORELLE, Claude NAISSANT, tous des amis d'enfance."  Il avait gardé le contact avec Daniel Renaudon et Mme Louise Olive comme cela se constatait dans la même revue, mais en 2005.

Il conservait une photo de classe de 6e (1938-39) avec d'autres élèves nés en 1925-26, dont il avait noté tous les noms. 

Gueliz-Cassang-4De haut en bas et de gauche à droite: Rang du haut: Leclerc, Moreau, Championnat, Fouché, Rifkin, Labelle, Pierre Malhomme, Dobrovitch, Claude Massa, Pierre-Louis Cassang, Muzy, Grimal; Rang du milieu: Chassier, Caron, Pabst, Juliart, Gasni, Barnhart, Santori, Martin, Jean-Pierre Geronimi, Rang assis: Daniel Lebaron, Leccia, Lovichi, Rives, Roger Sroussi, Gela, Creuset, Gonzales, Billout, Constantini, Billout, Averty, Azran.

Nous adressons nos condoléances atristées à ses enfants Serge, Odile, Francine, Philippe, ainsi qu'à leur famille, conjoints, enfants et petits enfants. Il était veuf depuis le décès de sa femme Yolande en 2011. Ses obsèques reli­gieuses ont été célé­brées le 16 juin, en l’église Notre-Dame-des-Anges, à Bordeaux, suivies de l’in­hu­ma­tio­n au cime­tière de la Char­treuse. 

Nos messages de sympathie vont aussi à ceux qui l'ont connu à Marrakech et à tous ses amis.

Pierre-Louis Cassang était dans la même classe que Pierre Malhomme, dont nous avons appris qu'il était décédé il y a quelques mois.

PIERRE MALHOMME est décédé le 4 juillet 2019 à Perpignan où il s'était installé avec sa famille. Nous en avons été informés par la revue Salam Marrakech (n°165). Nous présentons nos condoléances à madame Denise Malhomme née Saury son épouse, ainsi qu'à ses enfants, petits enfants et arrières petits enfants.

Les obsèques ont eu lieu le 9 juillet 2019 au Canet en Roussillon 

Nous avons appris aussi le décès d'autres élèves du Lycée Mangin

PIERRE et FRANCIS GARNIER

C'est aussi par la revue Salam Marrakech et leur plus jeune frère Roland Garnier que nous avons appris les décès de Pierre et Francis Garnier. 

GARNIER-349Leurs amis les reconnaîtront sur cette photo où ils se trouvent avec Françoise Perrier et Françoise Accart.

PIERRE GARNIER est décédé le 1er septembre 2019 à 81 ans à Strasbourg où il avait exercé la profession de chirurgien dentiste.

Nous adressons nos messages de sympathie à son épouse Simone à qui il avait fait visiter Marrakech, ainsi qu'à ses enfants:Stéphane, Michaël et Julia, ses belles filles: Corinne et Carole, ses petits enfants: Tom, Eva et Clémence.

La cérémonie religieuse fut célébrée le 6 septembre 2019, en l'abbatiale Saint-Trophime d'Eschau.

FRANCIS GARNIER est décédé le 3 juillet 2018 à 79 ans en région parisienne.

Les marrakchis expriment tout particulièrement leurs condoléances à leur frère Roland GARNIER bien connu des marrakchis à l'époque.

FRANÇOISE PERRIER

Nous gardons le souvenir de Françoise PERRIER, épouse VOGEL décédée le 21 mars 2017 au Chambon sur Lignon (Haute Loire). Nous pensons à son époux René, ainsi qu'à ses enfants  Siviengsack, Christine, Jean-Christophe, Rakhee, conjoints, enfants et petits enfants.

Nous pensons aussi à toute la famille Perrier qui habitait à la Défense des végétaux près de la Ménara à Marrakech.

FRANÇOISE ACCART

Nous nous souvenons aussi de Françoise BOULLIAU née ACCART. décédée à Saint-André Lecocq (Puy de Dome) en avril 2015. Nous exprimons notre sympathie à la famille du Dr Accart, ses soeurs Danièle, Brigitte, son frère Jean-Francis et à leurs familles respectives.


Chacun pourra évoquer des souvenirs ou exprimer des condoléances dans les commentaires

11 juin 2020

ILS NOUS QUITTENT: MICHELINE MARINAKIS, NATHAN BARUK, VINCENT GIUDICE

 

Sans titreMICHELINE MARINAKIS qui fut Vice Consul Générale de France à Marrakech vient de décéder le 8 juin 2020 à l'âge de 89 ans. C'est son fils Charles qui nous en a informé en précisant: "Elle repose en paix."

La cérémonie religieuse est prévue pour le jeudi 11 juin à 10h30 en l'Église Saint-Pierre de Plougasnou (Bretagne) et l'inhumation le vendredi 12 à 17h30 à Capbreton (Landes) où elle rejoindra son mari Jean Marinakis.

Les Marakchis qui la connaissaient ressentent avec beaucoup de tristesse cette nouvelle. Les anciens de Marrakech s'associent au deuil de sa famille, notamment Charles et Jean-Michel et se remémorent les événements heureux qu'ils ont partagé avec des membres de la famille Marinakis à Marrakech autrefois.

Ce deuil de Micheline Marinakis est peut être l'occasion de rappeler une autre épreuve subie par la famille. En effet le 1er aout 1927, Mr Marinakis, commerçant à Marrakech avait pris une voiture avec chauffeur en compagnie du consul d'Italie Mr Carapezza. Un pneu a éclaté et la voiture a capoté à 14 km avant d'arriver à Mazagan. M. Marinakis est décédé d'une frature du crâne, les autres occupants furent blessés.

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La famille Marinakis était bien connue à Marrakech. Elle avait deux enseignes déja en 1928 : "Epicerie coloniale Marinakis" et "Usine du Palmier" . xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx

Vincent-Giudice

VINCENT GIUDICE est décédé le 17 février 2020 à 87 ans dans le village de Contes près de Nice (Alpes Maritimes). Il appartenait à une ancienne famille de Marrakech dont l'activité  était la forge et le charronage, avant 1928.

Participant du Moussem d'Avignon il partageait ses souvenirs avec plusieurs anciens.

Nous exprimons nos condoléances à sa fille, à toute sa famille et à ses amis.  

 

NATHAN BARUK NOUS A QUITTÉ LE 2 AVRIL 2020. 

Baruk-Sono-5Nathan faisait partie de l'équipe qui, autour du président Robert Lucké composait, imprimait et diffusait la Revue Salam Marrakech. Imprimeur de profession, il s'était complétement investi dans  cette activité et préparait également les Moussems des Marrakchis sur l'ïle de la Barthelasse. La photo le montre s'occupant de la sono avec Marion Wachsmuth, fille de l'ancien consul de Suisse à Marrakech et de la professeur de math bien connue. Originaire de Rabat-Salé, Nathan avait  parmi ses amis un grand nombre d'anciens marrakchis.

Simone Baruk son épouse participait avec lui à tous les moussems et s'occupait du stand de patisserie avec Chama.

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Les anciens de Marrakech disent à Simone Baruk   leur grande affection dans cette épreuve douloureuse. ils expriment leur condoléances aussi à tous ses enfants, petits enfants et à toute la famille Baruk.

Les anciens de Marrakech peuvent évoquer leurs souvenirs avec ceux qui nous quittent dans les commentaires ci-dessous et aussi exprimer leurs condoléances aux familles en deuil.

 

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05 juin 2020

GUY DU FRESNAY, PIONNIER DU CINÉMA MUET, INSTALLÉ À MARRAKECH DE 1933 À 1937

Le comte Guy du Fresnay, metteur en sccène de films français remarquables, est le beaupère du baron Lionel de La Fontaine. Il habite chez sa fille Mme la baronne de La Fontaine, née Bèrangère du Fresnay. La toute nouvelle villa familiale Addi Ou Addi, est construite en 1930. - 1931 dans la Palmeraie, d'après les plans de l'architecte Paul Sinoir, venu dès 1928 à Bou Saf Saf à la demande du peintre Jacques Majorelle et revenu à Marrakech pour s'y établir. C'est encore l'époque du cinéma muet.

Guy-du-Fresnay-Addi-ou-Addi-1931A gauche le comte Guy du Fresnay lors du tournage du film Frou-frou dont il est le réalisateur; à droite la villa Addi ou Addi où il a vécu ses dernieres années avant son décès à l'hôpital Maisonnave (Dar el Beida - palais des sultans alaouites) le 20 septembre 1937. On remarquera au revers de sa veste la Légion d'Honneur obtenue pour son engagement comme lieutenant d'Artillerie dans la guerre de 1914-18.

Son père Ange Dufresnay était directeur général des assurances Phenix et fut annobli en 1883 par le roi d'Espagne, Alfonse XII. Le futur comte Guy du Fresnay avait donc 6 ans lors de cette distinction.

de-la-Fontaine-MRK-1937

Guy du Fresnay, déja veuf de Lina son épouse est décédé à la fin de sa 60e année. Ses obsèques eurent lieu le jeudi 23 septembre en l'église paroissiale des Saints-Martyrs du Guéliz, comme l'annonçait "Le Petit Marocain" paru la veille. Le Père Henry Koehler était le curé de la paroisse. Guy du Fresnay avait perdu ses deux fils Jehan et François. Ses trois filles Bérangère, Marie Belza, Guilemette et son gendre sont la seule famille qui lui reste. 

Guy du Fresnay s'était marié le 1er juin 1901 à Lina (Marie Emelina) Bouët-Villaumez. Jehan est décédé à 9 ans en juin 1922. François se marie en février 1928 à une niçoise, mais meurt subitement en juillet 1933, alors qu'il a été décoré de la croix de guerre des T.O.E. médaillé de Syrie-Cilicie.

Le comte Guy du Fresnay était un homme cultivé et sensible, ce qui l'a conduit à produire à l'écran des oeuvres littéraires et à mettre en valeur la justesse des sentiments des personnages. 

Écrivain lui même, il a publié dès 1912 aux Editions Maurice Bauche un roman La passion de Fred; ainsi qu'un recueil de poésies, Empreintes

Le poète y fait preuve d'une sensibilité déjà murie, d'une tristesse d'homme qui a déjà vécu, souffert et réfléchi. Nous en détachons trois strophes où il célèbre le plaisir de contempler un jardin et d'en capter les senteurs.

C'est un énivrement de descendre au jardin,

Lorsque a cessé la pluie et que l'orage passe

Quels parfums, doux et forts vous assaillent soudain, 

L'âme heureuse du sol se répand dans l'espace.

oooooooooo Tout le jardin est net, clair, vif, verni, luisant; 

oooooooooo L'herbe semble de loin un lac d'argent qui brille,

oooooooooo La pluie a fait aux fleurs un ton plus séduisant.

Il monte de partout des parfums comme un choeur !

Avec l'orage et l'eau la chaleur s'est enfuie

Et la terre s'entrouve et jette à l'air son coeur.

Ah! l'odeur de la terre après la bonne pluie !

de-la-fontaine-parc-1930-34

Le jardin de Addi Ou Addi dans la palmeraie lui offrira seize ans plus tard ce que son poème pressentait.

C'est aussi en 1912 que Guy du Fresnay commence une carrière de scénariste et de metteur en scène aux studios Léon Gaumont.

Le-Démon-du-Foyer-GuyduFresnay

Il choisit de mettre à l'écran une comédie de Georges Sand, LE DÉMON DU FOYER publiée en 1852. Mais mobilisé sous les drapeaux en 1914, il doit partir pour rejoindre le 50e Régiment d'Artillerie. Il est contraint d'abandonner son projet de film.

Après la guerre, il reprend rapidement le cinéma en réalisant d'abord : LE JARDIN DU PIRATE, avec l'acteur Jean-François Martial suivi la même année 1918 de LA CATHÉDRALE MERVEILLEUSE, un Conte de Noël. 

Durant l'année 1920 il va réaliser successivement trois films, à partir de romans. 

Un roman de Roland Garros intitulé DE LA COUPE AUX LÈVRES dont il écrit aussi le scénario.

Guy-du-Fresnay-de-La-coupe-O-lev  Il le réalise avec pour principaux acteurs: Paul Capellani, Marguerite Madys et Armand Tallier.

Ciné-journal_Lami-des-montagnes-Rameau-du-Fresnay_21fevrier-1921

Le roman de Jean Rameau, L'AMI DES MONTAGNES, paru en 1907, scénarisé par le romancier est réalisé par Guy du Fresnay avec les acteurs: André Nox, Marguerite Madys, Jean Devalde, Jeanne Brindeau, Marguerite Ninove.

Les-Ailes-S-ouvrent

Guy du Fresnay quitte GAUMONT pour rejoindre la Compagnie française des films artistiques JUPITER.

En 1921 il crée lui-même le sénario et réalise LES AILES S'OUVRENT en dirigeant les acteurs: Marie-Louise Iribe (Anne-Marie de Queyras), André Roanne (Dr Fronsac), Genica Missirio (M. Tcherenkoï), Marguerite Madys (Berengère de Queyras),  (Marquis de Queyras). On remarquera que l'intrigue se noue autour des amours de deux soeurs, filles d'un Marquis: Berangère et Marie.

Le choix de ces prénoms est un clin d'oeil du réalisateur à ses filles dont les prénoms sont précisément Bérangère et Marie. Genica Missirio est d'origine roumaine et surtout un excellent cavalier.

Ce film est un succès et encourage Guy du Fresnay à poursuivre dans le cinéma. Pourtant il est confronté à la nécessité d'un partage successoral de biens immobiliers importants : le chateau du Fresnay, héritage de ses aïeux à Sartrouville, entourré de terrains de 65000m2 qu'il aimerait pouvoir convertir en parcelles constructibles, la villa Belza (villa noire en basque) à Biarritz pour ne parler que des sites les plus connus. C'est d'ailleurs à Biarritz qu'il s'éloigne de Paris pour écrire son futur scénario.. 

L'année suivante, il crée MARGOT d'après la nouvelle d'Alfred de Musset du même nom, parue en 1841.

Introduction du producteur, Les fims Jupiter: Margot fille de fermier est accueillie chez la chatelaine; il y a un beau château, un joli officier et un coeur s'enflamme, celui de Margot. Naturellement l'officier passe auprès de la fleur sans la cueillir, il préfère une dame hautaine, et, Margot pourtant sauvera l'amoureux en se perdant elle-même; puis, dans le désespoir, qui la conduit à la mer, la vie chante avec tous ses appels et Margot aimera plus simplement et se mariera. Tout finit bien et le film est joli, très bien réalisé. Jolis sites, beaux intérieurs, interprétations excellentes. En résumé une très belle oeuvre. 

Guy-du-Fresnay-Film-Margot-1929

Il écrit un sénario légèrement différent de l'intrigue originelle et le réalise avec Murray Goodwyn, Gina Palerme, Genica Missirio, Caroly Brown, Berthe Jalabert. L'opérateur est Forster. 

Froufrou-Gina-Guy-du-Fresnay-22sept-1923Il garde le titre FROU-FROU de la pièce d'Henri Meilhac et de Ludovic Halévy parue en 1869. Il la scénarise pour l'adapter à l'écran et la réalise en 1923 avec de nouveaux acteurs à l'exception de Gina Palerme une artiste très demandée par les réalisateurs qui joue le rôle de Gilberte "Froufrou". Sa nouvelle distribution comprend aussi Jules Raucourt qui tient le rôle de Henry de Sartoys, Suzanne Talba celui de Louise, George Fairwood incarne Paul Valréas, André Dubosc joue M. Brigard; Zeyorf est le Baron; Millefiori; la Baronne, Berthe Jalabert joue le rôle de Mme de Valréas. 

C'est encore l'histoire de deux soeurs: Gilberte Froufrou, sans comprendre l'amour de son mari pour elle, s'étourdit dans la vie mondaine et laisse sa soeur Louise prendre la direction de son foyer. Gina Palerme a donné tout son coeur à l'interprétation. Elle a mis beaucoup de gaîté et de légèreté  dans la première partie, et beaucoup d'émotion dans la deuxième. Belle interprétation aussi de Suzanne Talba et de M. Raucourt qui joue avec beaucoup de netteté et d'esprit. 

En 1924, il décide d'adapter à l'écran un roman contemporain L'AMI DE LA BROUSSE de Jean d'Esme; il en écrit le scénario mais n'effectue pas  la réalisation.

La même année il entreprend de réaliser ARLEQUIN, adapté de la pièce de Maurice Magre, mais il abandonnera ce projet avant même de passer à sa mise en scène.

Guy du Fresnay est confronté à des questions de partages successoraux dans sa parentèle et notamment sa soeur, ce qui lui prend beaucoup de temps. Il va vendre par petits bouts leur propriété de Sartrouville de 65000 hectares. Avec l'aide de la commune il va créer des rues et viabiliser ses terres. Il délimitera 178 parcelles urbanisées et constructibles. Leur demeure à Sartrouville, le chateau Du Fresnay, sera loué et deviendra un Cours privé dès 1926, le Cours de l'Ermitage !

Villa-Belza-A-Karl

Il met aussi en location leur villa de Biarritz, la très curieuse Villa Belza ( villa noire en basque). Elle est située sur un éperon rocheux qui s'avance sur l'Océan et offre une très belle vue sur la chaîne des Pyénées.

DU-FRESNAY-SAZIAS-26fevrier-1928

Il semble que Guy du Fresnay ait pris goût à la gestion immobilière, car il abandonne l'activité cinéma-tographique. 

NICE et MARRAKECH: L'année 1928 est celle des mariages de deux des enfants du comte Guy du Fresnay: son fils François du Fresnay se marie en février avec Yvonne Sazias (voir photo ci-contre) fille d'un important transporteur de Nice où les Du Fresnay possèdent la Villa Saint-Philippe.

Sa fille aînée, Bérangère du Fresnay, épouse le 15 juin le baron Lionel de La Fontaine. La bénédiction nuptiale a lieu en l'église Saint-Pierre de Neuilly. 

Bérangère du Fresnay est l'aînée de ses deux soeurs. Guy du Fresnay avait finement analysé les relations entre soeurs, notamment quand viennent les passions amoureuses. Il en avait fait le sujet de son film "Les ailes s'ouvrent" mis à l'écran sept ans plus tôt.

Baronne-dela-Fontaine-mariage-1928

  Lionel de La Fontaine a ses origines tant paternelles que maternelles en Belgique où il est né le 4 décembre 1898. Lui-même a vécu la guerre de 14-18 dans l'Armée du Roi Albert 1er de Belgique et a reçu les "Médailles militaires et commémoratives Belges". Il habite 63 rue de Malakoff à Paris.

Edouard était le prénom du père de Lionel mais il est mort de tuberculose cinq mois avant sa naissance.  La mère de Lionel se nomme Yvonne de Posson, son père le baron Arthur de Posson disposait d'une importante fortune, il est décédé en 1909. Nous savons qu'elle s'est remariée le 12 mai 1919 à un acteur, artiste de comédie connu sous le nom de scène de Camille Dumény, mais dont le vrai nom était Richomme. 

Le Figaro-Modes du 5 mars 1904 lui a consacré une page en couleur où elle apparaît dans une robe magnifique avec son nom de l'époque: Madame de La Fontaine née baronne de Posson. 

Le_Figaro-Modes_Mme-de-la-fontaine_née-baronne-de-Posson-15mars_1904 2

 À la suite de son remariage elle prend le nom de "baronne Richomme de Posson". En 1927 elle construisait l'Eden Music Hall de 800 places à l'angle du Bd Poissonnière et de la rue Saint-Fiacre à Paris.

C'est après le mariage de son fils Lionel en juillet 1929 qu'elle l'introduit dans ses affaires et crée "La société immobilière Wagram" Elle habite 49 rue de Wagram à Paris. On constate qu'elle est aussi propriétaire à Marrakech car en mars 1935 la municipalité de la Ville rouge donne une autorisation de construire dans le lotissement "Richomme de Posson" une Maison indigène de 5 pièces cuisine de 135m2 appartenant à M. de La Fontaine. Ce lotissement était assez étendu puisqu'au mois de juin suivant 3 autres autorisations concernent de nouveaux propriétaires: El Hadj Mohamed pour la construction d'un bâtiment industriel de 500 m2; Mohamed ben Tahar pour une maison comprenant 2 appartements pour une surface construite de 123 m2; Mohamed ben Brahim pour une habitation comprenant 2 logements pour une surface construite de 153m2. Dans quel quartier de Marrakech se trouve ce lotissement?

L'installation à Marrakech: Ce n'est qu'en mai 1931 que l'on repère le Baron de La Fontaine sur le bâteau Nicolas-Paquet au départ de Casablanca. Il vient de préparer l'installation de sa famille à Marrakech. Il a investi dans des terrains et surveillé la construction et les finitions de la Villa Addi Ou Addi. Il rejoint son épouse Bérangère qui va se distinguer au concours international d'élégance automobile au Parc des Princes. 

Baronne-de-la-Fontaine-Parc-des-Princes-aout-1931 

reine-marie-de-roumanie-cheval

 Une anecdote: La reine Marie de Roumanie était en visite officielle au Maroc au début du mois de mai 1933 (photo ci-contre). Ce qui se passait en Allemagne à cette époque était particulièrement inquiétant pour les Roumains et la reine cherchait des appuis. La presse rapporte:    "Le 14 mai la Reine de Roumanie a visité les tombeaux Saadiens, sous la conduite de Mr Métérié, l'inspecteur des Beaux Arts; puis Dar Si Saïd, sous la conduite de Si Mammeri, directeur des Arts marocains, où elle assista à un concert de musiques arabes et de musiques berbères. Après le déjeuner à Dar Moulay Ali chez le Général et Mme Catroux, elle visita le Jenaan El-Hartsi et effectua la promenade du tour des remparts en auto. Elle alla prendre le thé, dans la somptueuse habitation, dans la Palmeraie chez le Baron et madame de La Fontaine. Le soir elle a été invitée à la grande Diffa dans le palais du pacha de Marrakech." Ce que la presse ne rapporte pas, c'est que la reine Marie de Roumanie tenait à voir Guy du Fresnay, beaupère de Lionel de Lafontaine pour évoquer Les Ailes s'ouvrent et Margot, deux films où Génica Misserio, l'acteur roumain, avait eu l'occasion d'exprimer ses talents.

  Le comte Guy du Fresnay à nouveau endeuillé: Il avait déja perdu un fils Jehan, décédé à l'âge de 9 ans en mai 1922. Il perd cette fois son autre fils François, décédé brutalement à l'âge de 28 ans le 22 juillet 1933. Ce décès laisse une veuve la comtesse Yvonne du Fresnay et une petite fille. Il avait transmis à François son titre de Comte du Fresnay et l'espoir d'avoir une postérité de son nom. 

Guy du Fresnay qui lègue sa fortune à ses filles est recueilli à Marrakech par sa fille Bérangère et son gendre Lionel de La Fontaine.

Signature-Guy-du-fresnay

C'est un vieux Monsieur qui aime l'art de vivre des marocains et qui se plait à rencontrer les artistes marrakchis. Le 22 septembre 1937, alors qu'il est hospitalisé à l'hôpital Maisonnave, la vie le quitte. Bérangère n'a pas eu d'enfant, elle est décédée à Marrakech le 7 mars 1946. Lionel de La Fontaine s'est remarié le 8 mars 1947 à Paulette Fronville, divorcée de Xavier Aladane de Paraize.

La sépulture de Guy du Fresnay et de Bérangère se trouve au cimetière européen de Marrakech (voir commentaire de Anne).

Guy-Du-Fresnay-Maisonnave-1937

Les marrakchis connaissent la deuxième madame de La Fontaine, qui portait le nom de Brisepierre à partir de mars 1968 et fut longtemps sénatrice représentant les français à l'étranger, mais ne savent pas toujours que la première était la fille du comte du Fresnay. Beaucoup ignorent aussi qu'un pionnier du cinéma muet avait élu domicile dans la Palmeraie de Marrakech dans les années 30. Merci à ceux qui ont connu la famille de La Fontaine et qui pourraient enrichir cet article et le compléter par leurs souvenirs dans les commentaires.

21 mai 2020

PHOTOGRAPHIES CENTENAIRES DE MARRAKECH PAR PIERRE GRÉBERT

PIERRE GRÉBERT A PHOTOGRAPHIÉ MARRAKECH À LA FIN DE L'ANNÉE 1912

Nous avons déjà présenté des photographies de Pierre Grébert à partir des clichés qu'il a édité sur cartes postales. Comme nous l'avions écrit il s'agit d'un photographe autorisé à suivre l'armée française dans ses déplacements au Maroc. Son passé militaire comme adjudant lui permettait de se faire accepter parmi les officiers et les soldats. Il profitait aussi de ses collectes d'images pour photographier les sites les plus remarquables et les marocains dans leur vie quotidienne.

Lorsque nous avions réalisé sur ce blog la première présentation des photographies de Pierre Grébert, nous avions rassemblé un assez grand nombre de clichés, mais il nous en manquait, nous n'avions pas su les trouver car c'était l'un de nos premiers articles sur les photographes de Marrakech (voir: 21 janvier 2011). Grâce à Marc MAILLET qui a bien voulu partager les photos qu'il collectionne concernant les militaires, nous sommes en mesure d'ajouter les clichés qui nous manquaient, parmi les plus rares.

Nous avions distingué dans ces clichés numérotés sur Marrakech deux groupes, en raison des titres utilisés par Pierre Grébert lui-même:  la série numérotée intitulée "Le Maroc pittoresque-Marrakech" et la série numérotée des cartes postales iniquant seulement "Marrakech".  Par ailleurs apparaissaient quelques cartes non numérotées.

En fait, il semblerait qu'il n'existe qu'une seule numérotation commune à ces deux séries, probablement pour faciliter la gestion des ventes de cartes postales et leurs rééditions.

LES CARTES PORTANT LA MENTION " LE MAROC PITTORESQUE" : Elles ne correspondent pas à un événement précis... Elles illustrent un monument ou un lieu particulier ou bien une activité traditionnelle pratiquée par les berbères, les arabes ou les israélites. Un touriste peut s'attendre à voir les mêmes images à chaque visite. Marc Maillet nous en a communiqué quatre qui ne se trouvaient pas dans le premier article. Nous les présentons avec deux autres. 

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n°16: Allée et pavillon dans les jardins de l'Aguedal; n°18: Une fontaine dans une cour intérieure. 

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N°19: Israélites, fabricants de bâts. Certaines activités étaient plus traditionnellement réalisées par des israélites. 

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 N°19 : Vue prise d'une terrasse du Mellah - Presque tous les photographes de ce début de siècle ont photographié les terrasses de Marrakech depuis le Mellah. C'était plus facile depuis ce quartier.

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 n°21 : Un groupe de marchands.  

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N°34: Spahis et goumiers escortant le Sultan.

Ce cliché aurait pu se trouver dans la rubrique suivante car il s'agit d'un événement daté. Le 12 décembre 1912 le Sultan Moulay Youssef vient dans sa capitale du Sud pour recevoir la soumission des caïds et chef de tribus de la région de Marrakech et du Souss. Nombreux furent ceux qui avaient fait allégeance à El Hiba, mais après sa fuite vers Tiznit, ils revenaient vers le Sultan de la dynastie Alaouite. Les spahis avaient escorté le Sultan et son harem jusqu'à la palmeraie où s'éteignait leur mission et où fut organisé un bivouac royal. Le 13 décembre les troupes du maghzen prirent le relais des spahis pour l'entrée triomphale du Sultan dans Marrakech.

LES CARTES NUMÉROTÉES PORTANT SEULEMENT LA MENTION "MARRAKECH"

Marc Maillet nous en a transmis trois dont deux concernent le palais du Sultan "Dar el Beida" transformé pour la partie principale en hôpital militaire. Un beau pavillon plus à l'écart, Dar Redouane, a servi à loger le harem àl'abri des regards.

MARRAKECH-(Grebert-n N°28 - L'hôpital militaire.  

MARRAKECH-(Grebert-n n°32 - Les arcades dans la cour de l'Hôpital militaire 

MARRAKECH-(Grebert-n

N°37 : Le Pont et l'Oasis: Il s'agit du Pont multicentenaire sur l'oued Tensift et d'une partie de la Palmeraie de Marrakech

LES CARTES NON-NUMÉROTÉES: Les clichés pris à Marrakech sont du dernier trimestre 1912.  

Koutoubia-Grebert-El-HibaÀ gauche: la Koutoubia (avec à ses pieds la mosquée des libraires); à droite: Étendard pris à El Hiba (Prises de guerre effectuées par les spahis: L'étendard abandonné sur le champ de bataille, l'ombrelle du chef Merebbi Rebo, un fut de canon d'un côté et son affut de l'autre de fabrication Krupp.) 

Le-Maroc-pittoresque-(Grebert)-Soldats-du-Tabor-et-Mouton-a-quatre-cornes-1914-12-28-R

Pour terminer cette page sur la contribution de Pierre Grébert à l'histoire du Maroc, Marc MAILLET nous propose des portraits de militaires qui montrent l'art du photographe dans la science du portrait:"Et pour conclure sur cette qualité,  je vous adresse une photo très pittoresque  : « Soldats du Tabor et Mouton a quatre cornes ».

 

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Ces photographies centenaires illustrent le passé de Marrakech avec ce qui a vraiment changé et qu'il ne sera plus possible de revoir, mais que nous ne voulons pas oublier car il s'agit du patrimoine marrakchi. Certains de ces clichés nous montrent ce qui reste inchangé ou presque. Merci à Marc MAILLET de les avoir partagé et à Pierre GRÉBERT d'avoir pris le soin de nous les transmettre. 

M. de Mondenard