MANGIN@MARRAKECH

23 mai 2019

SOUVENIRS D'ANCIENS ÉLÈVES PILOTES DE LA BASE 707

UN SOUVENIR EN APPELLE UN AUTRE
Jean-Francis SIMON, ancien de la promo 60C a découvert il y a peu, notre blog sur la BA 707, et l'article de son camarade de promo Jacques Ribaillier: En me promenant sur certains récits, je viens de découvrir que Mr Jean Louis Roy ainsi que Mr Gilbert Neel parlaient d'un pilote surnommé "Le Gorille". 
Après Marrakech, j'ai fait les Hélicos à Chambéry et après direction l'Algérie. Et là j'ai rencontré un pilote plus âgé, qui avait fait les US et qui avait des moustaches à la Brassens. Ce pilote s'appelait Renaud et volait sur H34!.
Mis a part l'orthographe du nom, Renaud était s'il m'en souvient au moins adjudant, sinon adjudant chef en 1961/62. 
Est-ce le même personnage, je ne connaissais rien de son parcours excepté sa bague de pilote US, et j'ai deux photos prises lors d'un repas de St Eloi à Batna (Aurès). Une des photos montre qu'il a une très légère mèche blanche dans les cheveux.... "

Photos de « Renaud » alias « le Gorille » dans les hélicos. 

Renaud-le-gorille-Batna-01 Photo 1 - "Ces photos ont été prises à la St Eloi 1961 sur la base de Batna.  La première montre « Renaud » accroché par ses bretelles avec derrière lui le LT Duranceau et la 2ème le montre debout à droite et de face ( on devine sa mèche de cheveux légèrement blanche au-dessus de l’œil droit)"  

Le-Gorille-Renaud-Batna-02 Photo 2 - "Question : est-ce le personnage dont vous faites état dans vos propos… ?  Voir les propos de Jean-Louis ROY et Gilbert NEEL sur une page éditée en 2010 en cliquant sur: Gorille   

Jean-Francis SIMON que nous remercions pour ces deux photos poursuit: "Il y a un autre point que de mon côté je souhaiterais éclaircir…

Lors de notre séjour à Marrakech, nous étions montés à l’Oukaimeden et avons été hébergés à « La roseraie » et « au sanglier qui fume ». Or j’ai lu sur un des blogs, dont malheureusement je n’ai pas noté les dates et l’emplacement, qu’il ne restait plus rien du « sanglier qui fume » et d’un autre côté j’ai découvert un gîte « au sanglier qui fume » à côté d’Ouirgane et aussi une Roseraie, mais ni l’un ni l’autre sont sur la route de l’Oukaimeden. Est-ce que je me trompe ou est-ce que ce sont de nouveaux gîtes ? Comme j’ai lu qu’il ne restait plus rien de l’Auberge du sanglier qui fume, qui pourra m’ôter le doute, car j’ai une histoire qui se rattache à ces lieux, dont j’aimerais faire part ……" 

P1080030 Vue partielle de la Roseraie à Ouirgane

Par ailleurs Jean-Francis SIMON, par ses souvenirs a permis de joindre certains prénoms aux noms de camarades de promotion, de corriger l'orthographe de certains noms et d'en ajouter, la page de la 60C que nous devons à Jacques RIBAILLER  a ainsi été améliorée par de nombreuses précisions très utiles pour retrouver la mémoire. En plus chaque photo est numérotée et cette mention facilite les commentaires. Cliquer sur : Promo 60C.

Jean-Francis nous promet aussi des photographies de la Base 707, et de sa promo à Marrakech, ainsi qu'un livret humoristique sur la 60C. Le blog devrait les publier très bientôt. Merci à lui de ce partage qui stimule nos souvenirs et nous permet de tisser des liens.

 


20 mai 2019

Brigitte ELGRABLI BOUILLET N'EST PLUS.

Brigitte-Elgrabli-Bouillet-2013

Brigitte ELGRABLI BOUILLET est décédée le 17 mai à 71 ans. Sa disparition plonge sa famille dans la douleur et les anciens de Marrakech et du LVH dans la tristesse. 

Brigitte avait fréquenté le Lycée Victor Hugo à Marrakech dans les années 1964 - 1966. Elle conservait plusieurs amitiés de sa jeunesse. Elle est décédée en région parisienne. 

Le service d'obsèques est prévu le jeudi 23 mai à 10h30 à l’église St Jean Baptiste de Neuilly sur Seine. (158, avenue Charles De Gaulle). 

Les anciens de Marrakech adressent à Philippe son mari, ses enfants Stéphane, Karine et Sébastien ainsi qu'à tous ses proches leurs condoléances attristées.

La famille ELGRABLI était bien connue à Marrakech. Le docteur David ELGRABLI, ancien interne des hôpitaux de Paris (concours de 1938), avait installé son cabinet médical en Médina en 1943 dans l'immeuble Rosati, "rue Bab Agnaou" renommée "rue des Princes".

Chacun pourra ajouter dans un commentaire un souvenir de Brigitte et/ou un message de sympathie à l'intention de sa famille.

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15 mai 2019

L'IMMEUBLE POIDOMANI AU GUÉLIZ - "LE PALACE" RÉDUIT À SON ENTRÉE FERMÉE D'UNE GRILLE

UNE COLLECTION DE SOUVENIRS EST LIÉE À L'IMMEUBLE POIDOMANI

Grâce à l'idée de Monique qui cherchait une photo récente de l'immeuble pour célébrer le 80e anniversaire de son mari et grâce aussi à Babeth qui s'est rendue sur place avec son appareil photographique nous cherchons à reconstituer le livre d'histoire de cet immeuble. Qui l'a construit ? Qui l'a habité ? Quels commerces y ont été ouverts? Quels événements l'ont concerné ? 

POIDOMANI-imm-Babath-mars-2019 Immeuble Poidomani mars 2019 - Photo Babeth

L'immeuble POIDOMANI doit son nom à un entrepreneur marrakchi, originaire de Ragusa en Italie, qui l'a construit en 1934. Certaines personnes du même nom avaient obtenu la nationalité française en Tunisie vers 1914. 

Lahoussine-Damnati-18_o

Cet entrepreneur s'était déja fait connaître en 1933 à Marrakech par la construction de la Villa Lahoussine DAMNATI qui eut pour architecte "le bureau technique" avec les associés BEERLI, FEHST et REISSER.

 De même, la même année avec le même bureau d'architectes il construisit la villa du CONSULAT D'ITALIE, avenue Landais.

L'immeuble POIDOMANI fut édifié à l'angle de l'avenue du Haouz-Louis Barthou (renommée Boulevard Moulay Rechid ) et de la rue Verlet Hanus (renommée Mohamed El Beqaal).

Avant 1933 le nom de POIDOMANI n'est pas connu à Marrakech parmi les entrepreneurs, mais beaucoup à l'époque savaient qu'il était le gendre et successeur de François SALVO, l'entrepreneur qui le 13 juin 1916 avait remporté l'adjudication du MARCHÉ COUVERT DU GUÉLIZ (aujourd'hui remplacé par le CARRÉ EDEN). Pourtant dès cette époque, en pleine période de guerre avec l'Allemagne, les entrepreneurs étaient nombreux: ZECCHETI, MERME frères, MORELLI, F. PISTRO, AMPHOUX, GIOVANNI,... 

POIDOMANI_4875

 Aile gauche de l'immeuble Poidomani, côté rue-Verlet-Hanus. Photo Babeth-mars 2019- On remarquera la forme originale de la fenêtre supérieure à droite. Les ferroneries des balcons ne sont pas les seules à témoigner du style Art-Déco.

L'immeuble de Joseph POIDOMANI fut très vite habité par des locataires et loué par des commerçants qui y établirent leurs activités. C'était un immeuble d'un rapport important pour son propriétaire. L'entrepreneur devint plus gourmand dans ses soumissions pour l'attribution de chantiers par adjudication. D'autres que lui les remportaient. En avril 1935 il concourru associé à l'architecte FEHST pour la construction d'une Salle de réunion, mais leur proposition n'aboutit pas. En mai 1935 pour la construction du CASINO de MARRAKECH, Joseph POIDOMANI est trop cher et c'est l'entrepreneur SALORT qui emporte le marché.

Parmi les premiers commerçants qui s'installent dans l'immeuble en 1935 certains font de la publicité dans la presse: une boucherie-charcuterie, un professeur de violon et de solfège. 

Poidomani-commerces-1935 La Boucherie Charcuterie Nouvelle fait de la "réclame" dans "Le Petit Marocain" ainsi que le professeur de violon PAGAN - Il dirigeait aussi un orchestre qui se produisait dans les bals de mariages.

Survient le décès en 1936 de Lucie SALVO née POIDOMANI, les obsèques se tinrent exceptionnellement un dimanche. 

IMG_4882 Aile droite de l'immeuble Poidomani - Photo Babeth - mars 2019

L'immeuble POIDOMANI disposait d'une salle de réunions. A l'époque du Front Populaire l'Union locale des syndicats de Marrakech organise des conférences, par exemple: "Ce que les ouvriers doivent savoir sur les accidents du travail » se tient le 20 décembre 1936. 

Poidomani-maison-syndicats-18-dec-1936 C'est dans l'immeuble POIDOMANI qu'on pouvait trouver L'Agent général WATEL de l'assurance LA FONCIÈRE, puis à partir de 1939 le "COMPTOIR DU BITHUME" côté rue Verlet Hanus. Par la suite il y eut, côté Verlet Hanus, le bureau de tabac tenu par madame WATEL. 

Poidomani-italien-francophile-juillet-1939

Avec la guerre de 1939-45 qui se préparait, Joseph POIDOMANI prend en juillet 1939  l'initiative de créer à Marrakech "Le cercle des Italiens amis de la France" domicilié à l'adresse de l'immeuble: c'est que les italiens de Marrakech étaient nombreux: Zecchetti, Salvo, d'Anna, Giovanni, Morelli, Botta, Accardi,... 

Poidomani-Bedel-fevrier-1940

 

 Côté avenue Barthou, monsieur Amédée LIMOUSE crée le GARDE MEUBLE DU SUD MAROCAIN, correspondant de l'entreprise de déménagement BEDEL. Beaucoup d'anciens marrakchis se souviennent de cette entreprise. Que sont devenus les POIDOMANI après 1945 ? Il semble qu'ils se soient établis à Marseille, rue du Pavillon. Un fils de l'entrepreneur, Georges POIDOMANI est né à Marrakech le 13 aout 1944 avant la proclamation de l'Armistice. 

Un incendie au début de 1947: Roger BEAU qui habitait la Médina avant son départ pour la France à Villard de Lans en mai 1947 raconte: " En ces temps anciens la caserne des pompiers était située en médina sur la place Djemaa El Fna, juste en face de la boucherie Faure de mes grands-parents. Et c’était dans cette caserne que je passais mes loisirs à jouer avec un frère aîné de Chama Benzriouil et Lucien Martinez. Les pères respectifs de ces deux enfants possédaient chacun un garage jouxtant cette caserne.

Début 1947, un grand incendie s’est déclenché dans l’immeuble POIDOMAN, et les pompiers ont immédiatement réagi, et non sans mal, pour arrêter cet incendie. Durant cette opération le capitaine des pompiers de  cette époque, avait été gravement atteint par les fumées et avait dû être soigné pour un sérieux problème de gorge."

La Revue SALAM MARRAKECH n°92 a publié en 2006 une photo de l'immeuble POIDOMANI à l'initiative de Marcel BOURBON, l'un de ses anciens habitants. 

poidomani-SM-n°92-oct-2006  L'intérêt de cette photographie est qu'elle indique les noms d'anciens habitants. Au premier étage FARROUCH, GIOGOSO, CLÉMENT et au deuxième étage : CAMBOS, GRAS, CHAVE, DEGOIT, FARROUCH, BOURBON. Qui nous dira les prénoms des enfants de ces familles ? Ils pourraient partager leurs souvenirs dans les commentaires.

D'autres noms sont cités: LERIDON, GERBAULT, SYLVESTRE, PASQUALI, FONTAINE, MESTRE, DAYAN. Qui nous les confirmera ?

BABETH a pu voir l'intérieur de l'immeuble grâce à la gentillesse du réparateur en electro-ménager qui lui a ouvert pour qu'elle puisse prendre des photos. Cela permettra à certains des anciens habitants d'écrire dans les commentaires sur quelles photos ils reconnaissent l'accès à leur logement. 

POIDOMANI_2019-01  Photo 1 : Le coin du palmier 

POIDOMANI_2019-02  Photo 2 : Le côté Verlet Hanus  

OIDOMANI_2019-03  Photo 3 : Le coin sans palmier  

POIDOMANI_2019-04  Photo 4: l'angle principal de l'immeuble, avec à gauche le côté rue Louis Barthou et à droite le côté Verlet Hanus.    

Merci à Babeth pour cette présentation photographique de l'immeuble POIDOMANI, mais pas seulement....

LE_Palace_2019-mars-26

LE CINÉMA-THÉATRE "LE PALACE" RÉDUIT À LA FAÇADE DE SON ENTRÉE

Babeth complète son reportage photographique en nous montrant l'état des travaux du côté du Cinéma Théatre Le PALACE.

 Le mur soutenant le portique de l'entrée reste seul debout. 

Le_Palace_Fronton

 Le Fronton résiste encore  au 46 rue de Yougoslavie (Alexandre de...). 

Palace_4884

 Derrière le fronton, le fer à béton gagne de plus en plus de terrain.  

Palace_4885

 

 Des panneaux et des affiches à l'enseigne de marrakech.boutique-h représentent un rez de chaussée surmonté de cinq étages, derrière des tas de gravier à béton...

Nous sommes reconnaissants à Babeth pour ses reportages qui nous montrent ce qui reste encore et ce qui disparait de la ville aux rues tracées par le Capitaine Albert LANDAIS en 1913 et construite pour une grande part par des architectes Art nouveau et Art Déco au premier tiers du XXe siècle.

BIENTÔT LE MOUSSEM DES ANCIENS DE MARRAKECH À AVIGNON - 23 JUIN

S'INSCRIRE AUPRÈS DE ROBERT Tel. 06 83 93 08 63

18 avril 2019

CHAMA A RETROUVÉ LA TOMBE DE MARIUS DORÉE

MARIUS DORÉE FUT UNE PERSONNALITÉ IMPORTANTE À MARRAKECH ENTRE 1912 ET 1943

marius_Dorée

Cet ancien militaire des services des renseigne-ments participa au dévelop-pement de la ville et à son ouverture au tourisme en prenant en charge la Présidence du Syndicat d'Initiative et en participant à la Chambre Mixte de Commerce et d'Agriculture.

Il s'habillait souvent comme les marocains et parlait non seulement l'arabe mais aussi le berbère.

Chama avait reçu Marie BLAIN, fille d'une des nièces de Marius et lui avait permis de faire un pélerinage dans les lieux qu'avait connu son célèbre grand-oncle. Chama a aussi retrouvé la tombe de Marius DORÉE dans le cimetière européen parmi les bougainvilliers.

"Enfin  j'ai   pu    avoir  un  rendez-vous  avec  le  responsable  du  cimetière pour   aller   jusqu'à  la  tombe  de Marius le  DOREE. C'était  un  grand  homme,    il  fait  partie  des nôtres.  Pour  tout   ce    qu'il   a  fait pour  Marrakech    et  les  berbères en  particulier ,  nous  avons  lu  LA FATIHA   (prière  pour   son  âme ) en  langue  amazigh qu'il maîtrisait  parfaitement.  puisqu'il   s'habillait    comme   eux.  J'étais venue avec   quelques  membres  de  l'AIFF,  notre   association   francophone et ce fut un  plaisir de retrouver la tombe d'un grand homme qui s'habillait comme les  notables arabes et berbères par amour du pays où il vivait et  à  la  considération  qu'il  avait   pour  les  autauchtones,  ses   voisins   de la médina et les cheikhs  des   tribus."

Dorée-legion-dhonneur

Nous sommes très reconnaissant à Chama pour cet hommage à Marius DORÉE. Elle nous communique aussi une photo de la plaque qui identifie la tombe: "Ici repose, Marius DORÉE, 1879-1943. Officier de la Légion d'Honneur." 

Cliquer sur le lien suivant pour trouver l'histoire extraordinaire de :  Marius Dorée.

Chama a aussi obtenu d'avoir un regard sur les archives et nous montre le permis d'inhumer. 

permis-Dorée  Sur son permis d'inhumer il est indiqué sa dernière profession: Industriel. Il avait créé en effet en partenariat avec Paul Chavannes la nouvelle briquetterie de Marrakech.

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Il est intéressant de voir aussi que le cimetière dispose de plans des tombes avec pour chacune un numéro qui permet de la retrouver dans une allée. Celle de Marius DORÉE porte le numéro 286. Elle est dans la même allée que celle du Colonel DUPAS n°284 qui fut une figure du 2e RTM. Mal-heureusement ces plans subissent les injures du temps. Certains noms sont difficiles à déchiffrer. Il faudrait remplacer ces plans anciens par des copies et en attendant photographier tous ces plans pour disposer de doubles.

imad-amina-Noufsi

Chama nous invite aussi à applaudir à une performance.   Elle nous envoie une photo de  2  jeunes   mara-thoniens  IMAD  et  AMINA  NOUFSI,  venus  de   CASA  à  pieds  pour  participer  au  marathon   international du  23 Janvier. "Ils  étaient   à  l'heure pour le départ. Ils ont pu  terminer  avec succés et  applaudis-sements   leur  parcours jusqu'à   l'ARRIVEE.   Ils  méritent  qu'on   parle de leur performance,  et  bravo  pour  leur  courage !"  

Pour avoir les photos du Marathon cliquer sur le lien: Marathon

Mille mercis à Chama pour les liens qu'elle nous permet de conserver avec la ville que nous aimons.

  

 

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06 avril 2019

CE N'EST PAS HENRI PROST QUI A CONÇU LES RUES DU GUÉLIZ, LE PREMIER URBANISTE DU GUÉLIZ EST ALBERT LANDAIS

ON TROUVE BEAUCOUP D'ERREURS DANS LES ARTICLES RÉCENTS QUI PARLENT DE MARRAKECH ET DU QUARTIER DU GUÉLIZ

Plan-Landais-Sacreste-MRK-fevrier-1913

L'urbaniste Henri PROST a créé plusieurs villes nouvelles au Maroc à la demande de Lyautey, mais pour Marrakech il y a exception. Le Guéliz avec ses larges avenues disposées en éventail, était déja conçu et loti quand PROST est venu au Maroc en avril 1914 pour la première fois. À cette date les rues et les avenues du Guéliz étaient déja tracées et plantées d'arbres et même équipées des réseaux d'égouts, d'aduction d'eau potable et d'électricité, les parcelles étaient déja définies et 103 d'entre elles déjà vendues à des particuliers.

Sur ce plan de juin 1913, établi par H. SACRESTE sur les directives d'Albert LANDAIS nous remarquons l'orthographe GUILIZ qui a été remplacée en GUÉLIZ en 1914. Nous voyons que tout l'espace entre d'un côté la Ménara et les terrains militaires et de l'autre les remparts de la Médina entre Bab Doukkala et Bab Roob est destiné à la ville nouvelle et que la partie en grisé est le premier secteur loti et vendu.

ALBERT LANDAIS EST NÉ À POITIERS LE 11 FÉVRIER 1871, fils de Louis Landais et de Geneviève Marchand. Il fut le "premier maire de Marrakech" en qualité de Chef des services municipaux.  Le Maréchal Lyautey le nomma à ce poste, créé en février 1913, pour son expérience, ses connaissances et son autorité incontestée tant des marocains musulmans et juifs que des européens. Plus qu'une nomination c'était une confirmation, car depuis plus d'un an il était chargé d'imaginer comment protéger Marrakech et le sud des tribus hostiles au Maghzen. Il avait déja opté pour construire une ville militaire autour de la Colline du Guéliz plutôt que de disséminer les troupes selon les routes principales qui aboutissaient à Marrakech. Il avait déja pensé à la localisation de la ville nouvelle et avait défendu son projet devant sa hierarchie.  Il était sorti de la 78e promotion de l'école d'officiers de Saint-Cyr (Promotion du Soudan) et avait déja une carrière qui l'avait familiarisé avec la langue arabe, ainsi qu'avec le droit musulman, notamment dans la reconstruction de l'agglomération de BEN AHMED en 1910.

Imberdis_F-Jaquemin-hotel-LANDAISAlbert LANDAIS connaissait déja Marrakech avant qu'il y revienne à la suite de la colonne du Colonel Mangin le 7 septembre 1912. Il était connu dans la capitale du Sud dès 1910, ( dans le cadre de l'aide militaire française à la formation des artilleurs marocains des troupes du Maghzen). Il apparait en veste d'uniforme blanche à droite sur une photo du Marrakech-Hotel avec d'autres français, on reconnait à gauche M. LASSALAS, directeur à Marrakech de la Compagnie marocaine. L'exploratrice, madame LADREIT DE LA CHARRIÉRE parle dans ses mémoires d'une promenade à cheval agréable qu'elle fit avec lui le 4 avril 1911 dans la Palmeraie:  "Le temps est de nouveau beau, je pars avec le capitaine Landais faire une promenade à cheval dans la palmeraie. Nous galopons dans des sentiers coupés de frondrières, devant un ravin escarpé, un jardinier marocain nous fait un chemin avec sa pioche; nous poursuivons à l'aventure à travers des champs de liserons et de glaieuls rouges, puis un étroit sentier serpente entre les palmiers, des oliviers dont les branches nous effleurent au passage; des ruisselets coulent dans des buissons de pervenches ou entre des soucis couleur rouille. Le Tensift, grossi par les pluies récentes, roule une eau boueuse..."  Les cheveux et sourcils chatains, les yeux bleus, le nez moyen, un séduisant menton à fossettes, il toise 1,65m. 

Albert LANDAIS reçut pour la qualité de ses services le Nicham Al Anouar en 1910, Officier du Ouissam Alaouite en juin 1913. la Croix de Commandeur de la Légion d'Honneur en 1920 (Chevalier en 1909 - Officier en 1917). Excepté les anciens marrakchis qui avaient donné son nom à une des plus belles rues du Guéliz (rebaptisée Bd Mohamed-Zerktouni), l'Histoire l'avait oublié. Probablement son décès prématuré à 58 ans le 4 septembre 1929 en est l'une des causes (il avait subi une attaque au gaz à Verdun à la tête de son régiment en 1917 dont il avait gardé des séquelles graves qui ont hâté sa disparition douze ans plus tard). Il fut promu Général de Brigade quelques semaines avant sa mort. 

Une autre raison de son oubli est la rivalité entre administrateurs civils et administrateurs militaires: on peut en avoir la preuve par ce texte écrit en 1921: "Entre les camps et la Médina, en bordure de l’oasis, un lotissement européen a été tracé, dès les premiers temps du Protectorat en 1912, par les officiers chargés de la première organisation de la ville. Cette ville européenne est établie sur un plan en éventail, sa principale avenue est jalonnée, à l’extrémité Nord par la crête du Guéliz et l’extrémité sud par le minaret de la Koutoubia.

L’emplacement des camps, imposé par la position du rocher du Guéliz est un peu trop éloigné de la Médina,  en sorte que la ville nouvelle placée à des distances un peu forte de l’une et des autres Une liaison entre la ville nouvelle et la partie sud de la Médina où se trouve les souks sera réalisée prochainement par l’ouverture d’une grande avenue et par l’aménagement en lotissements d’habitations ; un petit tramway à voie de 0,60 a été établi entre les camps, la ville nouvelle et la Médina."

On remarquera que l’auteur des  lignes ci-dessus ( directeur d’une administration civile à Rabat) a oublié le nom d’Albert LANDAIS, premier urbaniste de la Ville nouvelle et l’a remplacé par « les officiers chargés de l’organisation de la ville". 

Timbre-service-municipaux-1913

Non seulement il créa la ville nouvelle du Guéliz en qualité de premier urbaniste de Marrakech, mais il tenait simultanément les fonctions de premier Chef des services municipaux.  

Il resta à ce poste jusqu'en avril 1915 au grand regret de Lyautey obligé de le rendre à l'armée française qui combattait sur le front de l'Est contre l'Allemagne du Kaiser.

Il fit faire le premier tampon des services municipaux, avec ce texte en arabe: "D'Allah, Marrakech, la bien gardée".

Des groupes d'études, venus d'Europe, désireux de s'informer sur Marrakech en 1913 s'adressaient au général BRÛLARD, chef de Région, qui après de brèves paroles de bienvenue donnait immédiatement la parole au capitaine LANDAIS.

Par exemple un groupe de scientifiques français rapporte : 

Marrakech 7 mai 1913 - La nouvelle ville européenne
Nous avons été rendre visite au capitaine (Albert) Landais qui remplit les délicates fonctions de " maire  de Marrakech". Non pas que la vieille cité marocaine ait déjà été dotée d’une organisation municipale, avec les divers rouages que ce terme comporte dans notre esprit, mais le général Lyautey a confié à cet éminent officier, avec tous les pouvoirs de police compatibles avec les usages locaux, la direction des services de voirie et d’hygiène à créer dans cette ville (Médina) qui en est jusqu’ici si complètement dépourvue et en même temps l’a chargé de procéder à l’établissement du nouveau quartier européen.
Très aimablement le capitaine nous expose qu’afin d’empêcher que  se produise ici la spéculation effrénée sur les terrains dont Casablanca et Rabat ont été victimes et aussi pour essayer de sauvegarder l’admirable ensemble de cité saharienne que représente Marrakech, le Résident (Général Lyautey) a décidé que la ville européenne serait construite en dehors de l’enceinte, sur la vaste plaine comprise entre Bab-Doukkala et le mont Guiliz (cette orthographe utilisée en 1913 a été ensuite remplacée par Guéliz). Il nous montre un fort joli plan, très bien étudié, du nouveau quartier, où des avenues rectilignes rayonnent en éventail d’une place centrale décorée du nom de "7 septembre" (rebaptisée 16 novembre).  
À la suite de notre visite, nous allons voir l’emplacement de la future ville, qui dès à présent, est livré à des équipes de terrassiers, occupés au milieu de l’inévitable ouragan de poussière, à niveler le sol fort accidenté et à tracer les larges avenues. Tout cela parait bien vaste pour la population européenne de Marrakech qui n’atteint pas encore en ce moment 200 personnes et jusqu’ici on n’aperçoit dispersées parmi les terrains vagues que trois ou quatre cantines en tôle ondulée. Mais, les choses vont si vite au Maroc !"   

La_Technique_sanitaire_et_municipale_Marrakech-urbanisme-1922-plan-LANDAIS-Joyant Sur ce plan apparait plus distinctement le quartier du Guéliz tracé par Albert LANDAIS, première étape de la ville nouvelle. On aperçoit même  le tronçon en cours de réalisation de ce qui sera plus tard l'avenue Mohammed V et sa perspective sur la Koutoubia.

Albert LANDAIS a loti le quartier du Guéliz au printemps de l'année 1913 et les 103 premiers lots ont été vendus par adjudication à des particiliers le 5 juin de la même année. Quelques lots ont été réservés pour la construction des immeubles des administrations.

 De nombreux notables musulmans et israélites de Marrakech s’étaient porté acquéreurs. Une disposition très heureuse du Cahier des charges prescrivait que s’il existait des arbres sur le lot vendu il était interdit à l’acquéreur de les arracher ou de les détruire sans autorisation préalable de la municipalité. Cette autorisation ne serait délivrée que moyennant l’engagement  par l’intéressé de planter trois nouveaux pieds d’arbre pour chaque arbre détruit et d’en assurer la reprise. Le titre définitif de propriété n’est delivré à l’intéressé qu’après execution des clauses de mise en valeur. Celles-ci comportent l’obligation, dans un délai de dix-huit mois, d’élever sur le lot vendu des constructions en matériaux durables (pierres, briques, ciment armé, pisé à la chaux) représentant une dépense globale de 4 P. H. par mètre carré de surface vendue pour les lots en bordure d’une place, carrefour ou d’une longueur égale ou supérieure à 25 mètres. Pour les lots en bordure d’une voie inférieure à 25 mètres la dépense devait être de 3 P. H.

Un faste important fut donné à la fête du 14 juillet 1913 et la maison des Services Municipaux pavoisait sur la place Djemaa el Fna où pendant trois jours ce fut la fête à laquelle participèrent une foule de marocains.

Services-municipaux-1913 Photo Desserre

Quelques semaines plus tard en septembre le journaliste M. Botte: "Une ville nouvelle sort de terre… On installe des adductions d’eau et on dessine un grand jardin public… ». Il s'agissait déjà des Jardins du Hartsi (ou Harti).
Devant les scientifiques venus suivre les travaux de la Ville nouvelle du Guéliz, le capitaine Albert LANDAIS n'hésite pas à expliquer sa doctrine, inspirée des conceptions du Général Lyautey:
"Je ne voudrais pas vous laisser repartir sans que vous ayez bien senti dans quel sens nous dirigeons notre effort. Je n’hésite pas à le dire: nous voudrions préparer un avenir fraternel où les deux populations, la marocaine et l’européenne, marcheraient avec confiance la main dans la main vers la plus grande liberté et le plus grand bonheur possibles.
Lors du dernier 14 juillet, le commandement avait convié nos protégés à partager notre allégresse. Ils ont répondu à cette invitation avec un enthousiasme véritablement saisissant. La ville, d’une part à l’autre, s’est spontanément pavoisée de drapeaux, de tentures et d’oriflammes; toutes les boutiques ont chômé; trois jours n’ont pas suffi à des fêtes urbaines aussi joyeuses qu’aux meilleures journées de solennités religieuses, et des milliers de cavaliers sout venus, des confins du bled, défiler à côté de nos soldats et nous apporter le sympathique témoignage des tribus.
Ce premier sourire du Marocain, reconnaissant de la sécurité que nous lui avons donnée, nous a causé une satisfaction intense, rendue plus intense par la date avec laquelle il coïncidait.
Nous sommes trop les fils des traditions françaises pour ne pas avoir salué comme d’un heureux augure ce succès que nous obtenions en commémoration de cet anniversaire où nous nous plaisons à voir l’évocation de la liberté. (…)
Forts de cette preuve, nous continuerons la même politique..." 
Le 4 novembre 1913, l'école du Guéliz accueille ses premiers élèves;  M. Acquaviva est le seul instituteur, mais trop d'élèves habitent déjà le Guéliz et ceux qui n'ont pas trouvé de place vont en classe en médina à 4,5 km. Cette distance entre le Guéliz et la Médina où se trouvent les commerces préoccupe Albert LANDAIS car les nouveaux marrakchis hésitent à construire au Guéliz, certains préfèrent habiter en Médina le quartier de Riad Zitoun ou celui de Bab Doukkala. C'est pourquoi Albert LANDAIS va décider de construire un petit Tramway pour relier les deux villes. Ce sera le petit train en voie de 60 de type Decauville. A cette époque Marrakech accueille un nouvel ambassadeur de France: M. DUDEBOUT.
En décembre 1913, un autre journaliste scientifique G. de GIRONCOURT écrit dans le Bulletin de la Société de Géographie: "A Marrakech, la population européenne de 12 en octobre 1912 a passé successivement à 50 personnes en mars 1913, 200 personnes en aout 1913, 1400 en décembre de cette même année. Le pittoresque très grand de cette ville,... sise dans un magnifique décor, représente toute une valeur touristique d'avenir considérable. Aussi a-t-on décidé le respect de la cité marocaine actuelle, à laquelle sera conservée toute sa couleur locale et la création auprès d'elle dans la plaine voisine, d'une ville nouvelle de grandes proportions dont le plan d'ensemble a été élaboré et mis en application, avec une rare intelligence par M le capitaine LANDAISMarrakech le 12 décembre 1913." 

JClaude-Nicolas-Forestier

Décembre 1913 est aussi le mois où le grand paysagiste parisien Jean-Claude Nicolas FORESTIER, après sa visite à Marrakech et dans d'autres villes du Maroc, remet au Général Lyautey un rapport qui préconisait la sauvegarde des villes anciennes, le respect des paysages environnants et la création de réserves boisées. C'est exactement ce que Albert LANDAIS a commencé à réaliser dès sa nomination en février 1913.

Puis Albert LANDAIS obtient que 77 lots à construire du quartier du Guéliz soient proposés à l'achat le 5 mai 1914. La ville nouvelle s'étend et construit de plus en plus. L'action d'Albert LANDAIS ne se limite pas au Guéliz, il s'occupe aussi de la Médina, de sa voierie et de tout ce qui concerne l'hygiène et les services sanitaires. 

Henry-Prost-Urbaniste

Le jeune urbaniste Henri PROST, Prix de Rome, vient seulement d'arriver au Maroc.  Lyautey l'a recruté seulement un mois plus tôt, en avril 1914 et il commencera par s'occuper de Casablanca et Rabat en créant de nouveaux plans d'urbanisme, entraînant parfois des destructions d'immeubles mal placés. Ce n'est que vers 1920 qu'il commencera à s'intéresser à Marrakech.

Promu au grade de Chef de Bataillon (décembre 1914), Albert LANDAIS quitte Marrakech pour la France en mai 1915 et combat avec un régiment de Tirailleurs Sénégalais sur le front de l'Est. C'est là que ses poumons furent gravement atteints par des gaz toxiques utilisés de manière déloyale et criminelle par l'ennemi.

Albert LANDAIS s'est marié à Paris à Noéllie SIMARD le mardi 7 avril 1917.

Après l'armistice du 11 novembre 1918, Albert LANDAIS est demandé par le Général LYAUTEY qui a besoin de lui dans une autre région du Maroc. Le journaliste Maurice de WALEFFE dans le quotidien "Le Journal" en témoigne: "(.... )Une autre catégorie d'officiers particulière au Maroc, et plus admirable encore, est celle des bâtisseurs de villes. On sait que la politique du Général LYAUTEY est de respecter les cités marocaines et de bâtir les villes européennes à côté, de façon que les deux civilisations s'entraident sans s'étouffer. À TAZA, j'ai vu opérer le colonel LANDAIS, qui a déjà aménagé Marrakech, et qui se propose maintenant d'irriguer et de fertiliser le couloir désertique algéro-marocain en utilisant les eaux de la Moulouya.(...)"

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L'architecte-urbaniste Henri PROST a apporté des compléments modestes au travail d'Albert LANDAIS, mais beaucoup plus tard, vers 1920-1921, car il eut fort à faire avec d'autres villes nouvelles à créer à Fes, Meknes, ... Sa contribution principale dans la capitale du Sud sera le plan d'urbanisme du quartier de l'Hivernage et la localisation du Casino de Marrakech. Ce plan établi par Henri PROST montre bien en brun, tant au Guéliz qu'en Médina ce qu'Albert LANDAIS avait réalisé avant lui.

Nous n'avons pas trouvé d'autre photographie du Général Albert LANDAIS (Chéri, Augustin, Marie, Albert) que celle prise devant le Marrakech-Hotel en 1911. Merci à la personne qui nous en proposera une. Les Marrakchis lui en seront particulièrement reconnaissants.

Merci aussi à ceux qui ont des souvenirs de l'avenue Landais de les partager sur le blog en écrivant un commentaire.


29 mars 2019

DANIEL MULLER, ENFANT DE MARRAKECH, A COURRU SA DERNIÈRE COURSE

DANIEL AIMAIT BIEN UNE PHOTO; IL L'AVAIT CHOISIE 

Daniel-Muller-Sandrine

 Nous avons appris par son frère Gérard que Daniel avait succombé à la maladie dont il était atteint.

Daniel est parti de Marrakech à 16 ans pour poursuivre brillament les études scientifiques qu'il avait commencées au Lycée Mangin.

Il avait conservé beaucoup d'amis de Marrakech malgré les distances. Tant ceux qu'il avait connu à l'école du Guéliz et au Lycée Mangin, que ceux avec qui il avait partagé les sorties et les camps des éclaireurs unionistes, les vacances de ski à l'Ouka ou les rencontres et kermesses au temple de l'Hivernage. 

Daniel-Muller-2010

 Daniel avait participé au Moussem d'Avignon avec nombre de ses amis, qui se sentent de plus en plus esseulés car d'autres sont partis avant lui.

Sa famille était connue au Guéliz surtout par le magasin de vêtements GEDA, à proximité de la place de l'Horloge. Ce nom GEDA venant des deux premieres lettres de son prénom précédées par les deux premières lettres du prénom de son frère aîné.

Nous apprenons que le service d'obsèques est prévu ce vendredi 29 mars à 16 heures au Temple protestant – 6 rue du Dr Jaubert à Hyères.

Les marrakchis qui l'ont connu penseront à tout ce qu'ils ont reçu de son amitié. Ils partagent la peine de ses proches et les assurent de leur sympathie en cette période douloureuse.

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17 mars 2019

LE PILOTE Jean-Yves BIGOT DE LA PROMO 61 A2 A PRIS SON DERNIER ENVOL

Sergent-BIGOT-61-A

SERGENT ÉLÈVE-PILOTE SUR LA BASE ÉCOLE 707 JEAN-YVES BIGOT NOUS A QUITTÉ. le mercredi 13 mars 2019, dans sa 79e année. 

Sa fille Kathy nous a fait part de son décès. 

Il était devenu COLONEL DE L'ARMÉE DE L'AIR
CHEVALIER DE LA LÉGION D'HONNEUR 
OFFICIER DE L'ORDRE NATIONAL DU MÉRITE
CHEVALIER DE L'ORDRE NATIONAL DE CÔTE D'IVOIRE

Nous adressons nos messages de sympathie à: Mme Brigitte BIGOT, son épouse ; 
Catherine, Fabienne, Anne-Valérie et Hélène, ses filles ainsi que leurs conjoints ; 
Ses petits engfants: Chloé, Eliott, Nathan, Léo, Johan, Eva, Théo, Margot, Victor et Alicia; 
Ses frères et soeurs, ainsi que ses belles-soeurs et beaux-frères, 

De même les anciens membres de sa promo d'élèves-pilotes: cliquer sur le lien de la 61A2

La cérémonie religieuse est prévue le lundi 18 mars 2019, à 14 h 45, en l'église Saint-Laurent de Montlouis-sur-Loire.

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15 mars 2019

UNE HISTOIRE À LA POSTE DE MARRAKECH EN 1950

L'ami Maurice CALAS nous a déja régalé de plusieurs histoires de son époque. Il en connait surtout dans sa profession, la poste et la téléphonie. C'est de téléphones dont il nous parle aujourd'hui.

Côté technique, le service des installations extérieures  était dirigé par un inspecteur assisté d’un contrôleur et servi par cinq agents plus deux auxiliaires

En évoquant  dernièrement les noms des  collègues de ce service,  me revient en mémoire un épisode  tragi-comique qui nous a tous étonnés par son audace et bien fait rire sous cape pendant longtemps. Donc le jeune L…, collègue en début de carrière était affecté aux installations chez les  nouveaux  abonnés  dans le secteur de la Médina (ville ancienne).

Poste-medina-Felix-vers 1918 Pour accomplir son travail,  il devait se coltiner de porter son sac d’outillage remplis de marteaux, pinces, tournevis, scies, perceuse à main, burins, chevilles, et plâtre pour scellement, plus une certaine longueur de câble sous gaine de plomb et l’appareil à installer, le tout était encombrant et pesait au moins vingt-cinq kilos ; le pauvre garçon était costaud, mais se trimballer avec tout cet attirail sur le dos dans des rues étroites et sinueuses où circulait en permanence une foule accompagnée d’ânes,  de mulets eux même chargés de bâts énormes n’était pas une sinécure ; aussi il  réclamait avec force qu’on dépose et récupère sur le chantier ce matériel avec la charrette à bras du service, (encore équipée de roues en bois).  Par le refus catégorique de son chef, il était dans l’obligation de faire plusieurs voyages; cette situation se répétait souvent et devant l’entêtement du chef et l’impertinence du jeune, on les entendait  souvent «s’engueuler».  Le chef avait une belle voix, le jeune L... était nanti d’un organe surpuissant de baryton, aussi tous les bureaux donnant sur la cour intérieure profitaient de leurs exclamations. Après plusieurs semaines  de cette situation, L… finit par adresser une lettre au directeur réclamant son arbitrage. Il est bien connu que dans l’administration les directeurs ni même les simples chefs de service n’aiment pas les problèmes de n’importe quelle sorte susceptibles de porter préjudice à leur carrière… Monsieur Vatan est donc venu un beau matin à la prise de service pensant régler le problème en quelques minutes par son autorité : le chef a argué qu’une seule charrette était  attribuée au service et réservée aux transports lourds et encombrants et qu’il était impossible de  l’affecter à un seul agent,  et cela dans un échange d’éclats de voix qui ont alertés tout  l’immeuble : l’agent qui réclamait n’avait qu’à s’acheter  une bicyclette comme ses collègues ; solution simple approuvée par le directeur. 

42087556 Genre de charette d'époque.

Sauf que personne n’a pris  en compte la situation de L… : loin de sa famille et en début de carrière avec un traitement qui suffisait à peine à vivre décemment, il devait se priver d’un repas ou deux pour s’offrir une place de ciné ou se payer une paire de chaussettes.   A l’époque une bicyclette d’occasion lui aurait coûtée au moins  un mois de salaire, une neuve  pas moins deux, et le crédit était impensable pour quiconque. Sans se démonter L…. à donc écrit au directeur  demandant à l’administration de financer l’engin qu’il se proposait de rembourser par retenue sur  ses émoluments  sur au moins deux ans.   Réponse : l’administration n’est pas une banque ! Que l’agent se débrouille pour sortir de cette situation et  tampis  s’il est mal noté.    

      Notre  homme n’avait pas dit son dernier mot !

      Le lundi suivant lorsque j’arrive à sept heures dans le hall d’entrée et découvre une foule de collègues,manifestement pas pressés de prendre leur service. Certains étonnés, d’autres hilares entourent  L….   et le moyen qu’il a trouvé pour pallier la situation exigée  de « l’Administration  représentée par son chef et le directeur. 

       L… tient par la bride un grand mulet bâté de chouaris(1) dans lesquels il a chargé tout le Bazar qu’il est obligé d’emporter pour exécuter son travail, sac à outils, câbles, plâtre, appareils téléphonique. 

Bourricot-charge-a-vide

Son chef est là, les yeux ronds, les bras ballants, la bouche ouverte mais aucuns son n’en sort encore.

 Quand enfin il sort quelque chose de son gosier c’est une  bordée de noms d’ois-eaux  associés à des gestes désordonnés  invoquant le ciel et la terre et n’importe quoi,….par pudeur je ne vous traduirais pas, mais ces noms ne sont pas dans les manuels d’ornithologie.   Sur ce, arrive mystérieusement averti, le directeur qui a vite fait d’éloigner les  curieux en enjoignant l’ordre général de se rendre à son poste immédiatement,  mais sans effet sur  le groupe de badauds qui s’est massé sur le trottoir devant le porche, attiré par les vociférations et les pantomimes du chef.  A la suite d’une discrète réunion dans le bureau du chef,  le contenu des chouaris  a été transbordé sur la charrette du service.  L…  est parti à son boulot,  le mulet a retrouvé son écurie.  En principe les choses auraient dues en rester là. 

      Par chance l’affaire n’a pas été ébruitée, les journalistes ne pullulaient pas et encore moins les paparrasis, l’affaire s’est  traitée  sans bruits  en interne. Mais le directeur a pensé que L….était peut-être un peu dérangé !  L… a donc été prié de se rendre à la consultation du médecin de l’administration qui a estimé qu’il n’était pas qualifié et l’a adressé au médecin psychiatre de l’hôpital civil.  Après quelques semaines de repos  L… a repris  son  service accompagné par la charrette.  Tout semblait être revenu à une vie normale durant quelques temps, puis sont apparu  dans sa personne des  troubles inquiétants , des oublis, des prostrations, des crises de larmes, et notre collègue est retourné à l’hôpital, puis stabilisé, retour au travail et de nouveau l’hôpital, cela devenait sérieux. On ne parlait pas encore de » burnaout «  ni de harcèlement.  Le directeur avait fait comme il se doit (pour assurer ses arrières) un compte rendu  des évènements et de la situation  au ministère des PTT à Rabat ; Et L…  s’est retrouvé à l’hôpital psychiatrique de Beerrechid près de Casablanca bien connu au Maroc.  

 De retour de mon service militaire en 1952,  j’ai appris que n’étant pas considéré dangereux pour la société, après un an d’hôpital ;  il avait été rendu à la vie civile  avec une pension et qu’il s’était retiré à Nice ou il avait de la famille. C’était impensable à l’époque  (il s’est  murmuré, qu’ayant fraternisé avec le jeune psy de l’hôpital civil  celui-ci lui aurait donné de bons conseils ?) 

        Ce n’est pas encore la fin de l’histoire...

Quelques années après alors que tout le monde avait presque oublié ; un collègue  d’un autre service qui passait son congé à Nice, l’aurait rencontré et partagé quelques  apéros avec lui. Il aurait rapporté que L…  se portait à merveille, qu’il  avait retrouvé une vie normale, équilibrée, heureuse et qu'il vivrait en concubinage avec l’assistante sociale qui suivait ainsi son parcours au plus près…..

Je n’en ai pas appris plus.

(1) Chouaris: deux grandes sacoches d’une seule pièce en palmier tressé jetées pardessus le bât posé sur le dos de l’animal. 

charge-bourricot-3

 

Merci Maurice pour cette histoire du milieu du XXe siècle à Marrakech que tu nous offres pour notre plaisir !

 

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28 février 2019

LE GUELIZ DE LA VILLA MAJORELLE À L'ANCIEN HOTEL MAJESTIC, devenu HOTEL KOUTOUBIA

Une promenade récente par Jean-Yves Tramoy nous montre quelques témoins de l'architecture de Marrakech entre 1912 et 1940. C'est la fin de l'époque "Art nouveau" et l'essor de l'époque "Art déco" particulièrement importante au Guéliz; rares sont les villes qui ont autant d'immeubles et de villas de cette période. Il y a à Marrakech beaucoup d'oeuvres architecturales qui se rattachent à ce mouvement artistique d'architecture-décoration; le premier mouvement de diffusion internationale puisqu'il a conquis New-York et l'Amérique, de même que l'Afrique du Nord, l'Asie, la Nouvelle Zélande, l'Australie, ...

pub-majestic-hotel-1928

Marrakech a eu ses architectes "Art déco"; notamment P. Sinoir et R. Poisson qui ont créé la villa-atelier du peintre Majorelle, mais également la Mairie de Marrakech, les tribunes du Parc des Sports, les villas du Baron de la Fontaine, de monsieur Alleau et de l'entrepreneur Chaudessaygues, les pavillons de l'hôpital Ibn Zohr et aussi l'hôtel Majestic ouvert en 1928, devenu l'hôtel Koutoubia, que son propriétaire actuel laisse tomber en ruines. Paul Sinoir avait fait l'École nationale des Beaux arts de Paris et commencé en 1923 dans la capitale associé avec l'architecte Pol Abraham. Majorelle le fit revenir à Marrakech et il s'associa avec P. Poisson, architecte D.P.L.G.

Les architectes Mreches et Bellanger réalisèrent le Casino de Marrakech, l'immeuble Salort, l'immeuble Voutnatsos et bien d'autres. Il nous est permis de révéler aux Marrakchis que Emmanuel Bellanger et Jean-Pierre Mreches ont créé leur cabinet d'architecte en 1932 et sont restés à Marrakech jusqu'en 1940. Bellanger était un ancien élève des Arts décoratifs de Paris, Mreches avait fait l'École des Beaux Arts; il était architecte des "Habous" ( biens religieux musulmans avec entretien des palais, hammams, mosquées etc ), il a participé aussi à des travaux pour la Santé Publique ( maternité,  internat..) pour l'Instruction Publique ( écoles rurales ) pour des clients privés ( le "Renaissance " salle de spectacle attenante, ou presque, cinéma " Mabrouka" en médina) et  aussi de gros travaux à Agadir ( aménagement du port et des halles et casernement pour l'aviation ).

Le style Art nouveau se caractérise par l'utilisation de motifs naturels, imitant principalement les végétaux, le mouvement Art Déco se traduit par une simplification des lignes et des volumes avec intégration de motifs décoratifs utilisant les techniques de décoration locales. C'est ainsi qu'on remarque une toiture typiquement marocaine avec des tuiles vertes vernissées couvrant la villa Majorelle et on pouvait voir des zelliges et des oeuvres de ferronnerie ouvragées sur l'hôtel Majestic/Koutoubia.

Le Jardin du peintre Majorelle dans son écrin de verdure féérique

A Marrakech, qui ne connaît le Jardin du peintre Majorelle? Trop modestement nommé ainsi tant il mériterait un nom plus majestueux tel que « Merveille absolue de Marrakech ».

Les millions de visiteurs annuels ne s'en lassent pas, excepté peut-être les jeunettes asiatiques qui jouent aux starlettes et s'y photographient mutuellement, changeant de tenue plusieurs fois pour des clichés qualifiés de « mannequins ». Une fois choisi le cadre de leurs ébats photographiques elles ne prennent même pas le temps de déambuler dans le jardin, ni même de fréquenter la librairie, le musée. Non rien !

1 entrée du jardin

Rien sinon la couleur du fond pour mettre en valeur leur costume et leur pose. Sitôt cette manie satisfaite, elles filent près du car attendre leurs compatriotes, impatientes sans doute d'accrocher le prochain site à leur « beauty book ». 

Photo 1 l'entrée du jardin.

Dès la porte d'entrée le visiteur est accueilli par un magnifique rideau de fleurs roses.

N'oublions pas l'artiste qui inspira la naissance du jardin, Jacques Majorelle, peintre orientaliste créateur de la célèbre teinte éclatante à laquelle il laissa son nom. Le nancéien d'origine a arpenté le sud et peint sur la toile de nombreuses casbahs, des paysages magnifiés par son choix des couleurs, appuyées ou adoucies selon la lumière, pour imprimer ombres et relief. (Les Orientalistes Jacques Majorelle, de Félix Marcilhac, ACR éditions, ou du même auteur : Jacques Majorelle (1886-1962) : Répertoire de l'oeuvre peint).

2 casbah dans le sud  Photo 2  la casbah dans le sud.

Revenons aux vrais admirateurs du lieu patientant à la caisse, tant il y a de volontaires pour découvrir le décor fabuleux qui les attend dès le premier carré par un  « bouquet » de cactée en fleur, fleurs inaccessibles protégées par des aiguilles acérées. 

3 bouquet de cactée en guise d'accueil Photo 3 le bouquet de cactée. 

4 matériaux et couleurs en harmonie

 Les couleurs vives à dominante de ce Bleu Majorelle tranchent vivement entre elles : les ocres du sol le disputant au rose des murs, les jaunes « moelleux » des fenêtres et des grilles s'opposant aux jaunes acidulés ou verts tendres des jarres disséminées ça et là. 

Photo 4 matériaux et couleurs en harmonie

5 bassin aux nénuphars

 

La bâtisse centrale se dresse, altière, dans une clairière de cette jungle de plantes exotiques, en bout d'un long bassin dans lequel se prélassent quelques familles de grenouilles et de poissons.

Photo 5 le bassin aux nénuphars. 

6 villa et bassin carré Photo 6 la bâtisse et le bassin carré.

Des jardiniers s'affairent sans cesse autour des massifs, ôtant la moindre herbe indésirable, chassant les feuilles mortes, redressant un fût de bambou paresseux, éliminant les fleurs fanées, caressant de la griffe du râteau les parterres, dessinant sur le sable et les graviers des arabesques décoratives.

Les habitués, venus à diverses reprises lors d'années antérieures, veulent ravir une nouvelle fois leurs prunelles et imprimer leur mémoire à coup de photos, jamais rassasiés de cette foison de plantes et de couleurs environnante. Pour charmer les visiteurs et les retenir, les dirigeants proposent une grande variété d'articles dans l'ancienne échoppe agrandie, des livres richement illustrés dans la librairie, attirent les gourmets dans le jardinet-restaurant.

7 fenêtre grillagée de la librairie

Ils présentent une exposition de « maroca-nités », de tableaux orientalistes et de photos dans le musée berbère, et offrent aux passionnés les affiches qu'Yves Saint Laurent envoyait à ses amis.

Photo 7 la fenêtre grillagée de la librairie.

Depuis la disparition de Pierre Bergé, le domaine dévoile aux visiteurs la demeure et le vaste jardin tout aussi merveilleux occupés par le mécène et Yves Saint Laurent lors de leurs séjours à Marrakech. 

8 toits vernissés de la villa privée

 

Les toitures vernissées et décorées reluisent au soleil.

Photo 8 les toitures vernissées.

Tout est ravissement … sous la surveillance discrète mais attentive de vigiles policés, vêtus d'un costume sombre du meilleur effet. Pas de faute de goût vestimentaire au royaume de la Haute couture.

Là encore des jeux de verdure et d'eau sur fond d'architecture mauresque dépouillée mettent en valeur une façade trapue, affinée par des frises, des céramiques, des teintes douces contrastant avec le rose omniprésent. 

9 façade de la villa privée

 

 L'accès à la villa est réservé et cache les magnifiques collections de mobilier et d'objets d'art.

Photo 9 la façade de la villa. 

10 intérieur de la villa privée Photo 10 l'intérieur de la villa.

Les allées quadrillées, toutes parfaitement entretenues, imposent un sens de circulation à la masse des promeneurs, pour les conduire ensuite vers la sortie et rejoindre le Musée Yves Saint Laurent au coin de la rue suivante.

Bâtiment monumental d'architecture moderne, de style arabo-contemporain, qui présente une partie gratuite pour des expositions photographiques d'art, temporaires, et une autre partie payante où sont exposés robes, bijoux, parures, dessinées par Yves Saint Laurent pour des femmes élégantes, célèbres, … et un peu fortunées.

11 expo temporaire de photos

 Un auditorium, où se déroulent des projections et des conférences, et une bibliothèque complètent les salles d'exposition.

Photo 11 l'exposition temporaire de Leila Alaoui, photographe franco-marocaine assassinée à Ouaga-dougou.

Pas possible de passer à Marrakech sans faire halte dans cet ensemble hautement artistique. 

Mais par pitié n'imitez pas le flot des touristes contingentés dans leur temps de parcours, qui entrent d'un côté et sortent de l'autre en photographiant et en filmant tout en marchant, trop pressés, trop bousculés par leur guide-accompagnateur programmé pour une visite de 30 minutes. 

Majorelle, c'est une arrivée à l'ouverture des portes ou presque et au moins une demi journée de déambulation tranquille, bouche bée, les yeux grand ouverts, … et le coeur battant de bonheur. Majorelle, comme aiment à l'appeler ses admirateurs, est un diamant, et mérite qu'on l'examine sous toutes ses facettes.

Sortant de là, vous méritez une récompense pour cette matinée artistique et sportive à la fois.

12 la carte de La Pause Gourmande

    Traversez la rue, installez vous au glacier-restaurant de la « Pause Gourmande » où chef et personnel vous régaleront de gourmandises culinaires dans un décor intimiste et confortable.

Photo 12 la carte de la Pause gourmande.

Là, attablés, puis repus, vous retrouverez votre souffle et laisserez décanter l'en-chantement ressenti chez « Majorelle-Saint Laurent-Bergé ». Un trio d'enfer !! 

Ainsi vous assurez une dégustation de photos à voir et à revoir, pendant des semaines.

Le retour sur terre se fait progressivement en gagnant le centre ville au milieu du vacarme des voitures contrastant avec le silence monacal du Jardin Majorelle.

Nos pas nous conduisent directement à l'ex-carrefour de l'Horloge (depuis longtemps disparue), en passant devant l'Hôtel des voyageurs, isolé depuis la démolition de l'Hôtel Franco-Belge et des immeubles voisins au profit d'une prochaine opération immobilière. 

13 hôtel des voyageurs isolé au milieu de la rue Photo 13 l'hôtel des voyageurs, isolé au milieu de terrains vagues promis à la reconstruction d'immeubles de sept étages.

La terrasse des Négociants nous permet de consommer un excellent thé à la menthe réconfortant, et de balayer du regard l'ancienne Poste centrale, le Café de l'Atlas et La Renaissance, tout en assistant à la concentration des véhicules aux feux tricolores, qui ont remplacé l'agent « siffleur » du carrefour. 

14 l'Atlas et La Renaissance Photo 14 L'Atlas et La Renaissance.

Quelques cartes postales rapidement écrites sur le bord de la table, puis un essai infructueux de pénétration dans l'immeuble Louis.

15 l'immeuble Louis

Pas de chance : ici aussi les digicodes imposent leur loi aux importuns, et comme personne ne se présente pour y entrer, je renonce.

Photo 15 l'immeuble Louis.

En passant, un petit coup d'oeil appuyé sur la vitrine du magasin d'optique et photographie Wrédé, où les photos anciennes sont toujours présentes. 

16 Poste centrale désarmée Photo 16 l'ancienne Poste centrale remplacée par un Office du Tourisme inopérant.

Il reste à remonter l'avenue Mohamed V jusqu'à la médina pour le moins, et même jusqu'à Bab Jedid pour arriver à l'hôtel Chems. Là aussi je renonce à cause d'une grosse fatigue. Que faire ? Prendre un taxi, héler une calèche ? Plutôt louer un véhicule pour jouir d'aller où bon nous semble, au moment choisi, et suivant l'inspiration subite. L'affaire est rondement menée chez Concorde Car, déjà sollicité lors des années précédentes. Une Clio flambant neuve conclut les négociations avec la volubile propriétaire, au français parfait, pour l'avoir étudié au lycée et à la faculté.

Ainsi nous faisons l'école buissonnière avant de gagner l'hôtel Chems, passant par la rue de Yougoslavie dans laquelle s'étiole progressivement l'hôtel Koutoubia, hôtel modeste aux grilles mauresques magnifiques encore présentes en 2011, disparues depuis. Maintenant sa décrépitude fait peine à voir : balcons de fer forgé détruits, grilles arrachées, fenêtres défoncées, … Une ruine en plein coeur de ville ! Toutefois un changement notable : les poubelles sont regroupées dans un box grillagé et ne débordent plus de matières pourrissantes sur le trottoir. Un poteau immense supportant une antenne bouche l'ancienne entrée de l'hôtel. 

17 hôtel Koutoubia cerné de murs Photo 17  l'hôtel Koutoubia cerné de murs, en 2018. 

18 façade de l'hôtel Koutoubia en 2011

 

 

 

 

Photo 18  l'hôtel Koutoubia avec ses grilles, en 2011.

 

 

 

19 le dernier balcon en place, si beau ! Photo 19 le seul balcon survivant de l'hôtel Koutoubia (remarquer le travail de ferronerie exceptionnel) 

20 il tient debout malgré les attaques Photo 20 l'hôtel Koutoubia résiste aux assauts du temps.

Les squateurs et autres vandales de récupération ont contraint le propriétaire à construire un mur d'enceinte et murer certaines ouvertures. Pourtant l'immeuble résiste contre les assauts de toutes sortes, son crépi abîmé laisse apparaître les pierres de la maçonnerie, et garantit sa solidité. 

Un passant bien serviable, s'enquérant de notre curiosité, nous fournit quelques renseignements sur le quartier et sur cet hôtel en particulier. Effectivement, d'autres bâtiments anciens ont disparu de l'autre côté de la rue, remplacés par un parking au meilleur rapport financier. Et le propriétaire marocain, assez riche pour ne pas se précipiter, attend que les propositions d'achat partent à la hausse pour négocier le bâtiment de l'ancien hôtel.

Le quartier est en pleine transformation, reportons nous aux articles précédents dans le blog : destruction de la villa Bel Air, du Palace, du marché central, et bientôt sur l'avenue Mohamed V tout ce qui ne comporte pas sept étages aura « chaud aux fesses » : par exemple Wrédé et ses voisins. 

21 optique ciné Wrédé Photo 21 le magasin Wrédé.

Comme en France, le centre ville se dépeuple commercialement au profit de galeries commerciales extérieures et même du nouveau Menara Mall, immense près du jardin de la Menara, englobant sur 50.000 m2 commerces, hôtel de luxe, parc de jeux avec patinoire, restauration… et même une innovation très particulière : un souk intérieur aux échoppes luxueuses, à prix doux ?? sans marchandage ?? Made in Morocco, ou made in China ?? 

22 Menara mall Photo 22 le Menara Mall.

La mode des promoteurs est au neuf : bien ou mal construit, bien ou mal équipé.

Une chose est sûre, les dimensions des appartements diminuent, la hauteur de plafond « plafonne » à 2,50 m, les pièces sont exigües, et les sanitaires se multiplient. Toutefois il semblerait que les prix de vente se tassent par la faute d'une construction de logements classiques en trop grande quantité, au détriment des logements sociaux. La périphérie galope sur des kilomètres, et ce n'est pas fini. 

Merci à Jean-Yves TRAMOY pour ce reportage sur un quartier du Guéliz qui change.  par la mise en valeur de l'ancien jardin créé par le peintre Majorelle et de sa villa de style "Artdéco"par la disparition de certains hotels, villas et commerces, aussi de style "Artdéco" pour laisser la place à des grandes surfaces commerciales de "style mondialisé". 

Pour comprendre l'histoire de la Villa Majorelle, avec des photos prises à différentes périodes entre 1930 et aujourd'hui cliquer sur le lien: Villa Majorelle 

 

24 février 2019

DES AMIES S'EN VONT : RENÉE BRIGNOLI/BORDET et Marie-Rose GUIONE/FRASSATI

GRANDE TRISTESSE: Daniel LERAIS nous apprend le décès de Renée Brignoli veuve de Jean-Pierre Bordet, amie de toujours. Elle est décédée vendredi 15 février. 

BRIGNOLI-BORDET-SOLANGE

Renée avait déjà perdu son mari Jean-Pierre Bordet, et son beau-frère Michel Bordet, mais aussi des amis: Claude, Eric Schweizer puis sa soeur Colette, Marie-Christine, Irène du même groupe de copains. "C'est encore une part de notre enfance Marrakchie qui nous quitte..." regrette Daniel LERAIS.
Renée BRIGNOLI avait conservé de forts liens d'amitiés avec les marrakchis de sa génération. Ils se retrouvaient souvent soit à Marrakech, soit dans le midi. Elle apparaît ici heureuse de participer à une de ces retrouvailles. Son mari Jean-Pierre BORDET se trouve derrière elle, de même leur amie Solange ANIDJAR.                                                                    
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Elle faisait partie d'un groupe de sa génération, de droite à gauche:Eric SCHWEITZER, J.P MARREL, Daniel MULLER, Jean-Pierre BORDET, Catherine LAFARGE-LERAIS, Patrick de LA FONTAINE, Solange ANIDJAR-AUTOGUE, Sylvie SCLINGAND (cachée), Renée BRIGNOLI-BORDET, Marylou MULLER,   Irène TROUPOSKIADÈS, Didier NEIGEL, Marie-France JOURNEAU, Daniel LERAIS, Monique NEIGEL, Michel DELALANDE.

Plusieurs se souviendront de Renée quand elle étudiait au Lycée Mangin ou quand elle pratiquait la danse au cours de madame Lebegin. Sur des photos de classe nous la voyons en 5e3: 

Brignoli-1956-5e3 Ici au 1er rang, la 8e . Elle est dans la même classe que:  Bernard LAUGIER, Jean-Luc MASSY, Jean-Louis COUDERC, BERNIER, Georges BOUKALIL, Bruno SIRÉGEOL, Lucette RAISON, Marie-France ROGGERO, Claudine NUSSLI +, Jackie VEYSSIÈRE +, Dominique CODACCIONI, Lotar, Hélène SAKANTANIS, Esther COHEN, S. RUIZ, Irène TROUPOSKIADÈS +, d'HAUTEVILLE, Brigitte WACHSMUTH, Françoise CARBOU.

Puis en 4e1 

Brignoli-57-4e1 Renée est au milieu du dernier rang

Elle est dans la même classe que: Gérard ANDRÉ, Jeanne GIOVANNI, Jacqueline VEYSSIERE +, CURNIER, Georges BOUKALIL, Alain LAUGIER; Irène TROUPOSKIADES +, Antoinette MEDURIO, Esther COHEN, Geneviève QUESNEL

En 3e1, dans la classe de Mlle Quinchez

Brignoli-58-3e1  on la reconnaît, 2e  au 2e rang  : Elle se trouve avec:  Zrihen , Gérard André , Thierry Kreiss , Georges Boukalil , Bernard Laugier, Bernier.
Ghislène Cassutolo , Françoise Carbou , Dominique Sclingand , Mademoiselle Quinchez , Geneviève de Fonclare , Farida  , Geneviève Massol , Dominique Codaccioni , Michèle Bourru , Brigitte Sarran , Irène Trouposkiadès + , Marie-France Roggero , Lucette Raison , Esther Cohen , Bénisty , d'Hauteville , Geneviève Quesnel.

En 1e1 elle arbore un beau sourire 

Brignoli-60-1e1 Renée est au premier rang, 5e en partant de la gauche. Dans sa classe aussi: KHARCHAFI , Gérard ANDRÉ, Anne CADART, Anne-Marie SERÉE(+) , Dominique SCLINGAND, Houria ALAOUI, Théodora VANVADÉLIS (Dora) , Andrée THIÉRY (+),  Marie-Odile SARAN, Marie-Christine JULLIEN.

Les anciens de Marrakech disent leur sympathie à sa famille et à ses amis dont ils partagent la tristesse.

NOUS APPRENONS AUSSI LE DÉCÈS DE MARIE-ROSE FRASSATI NÉE GUIONIE.

Nous disons nos condoléances à Joseph FRASSATI son mari, qui a participé au Moussem 2018 avec leur fille Christine. Nous exprimons aussi notre sympathie à Christine et à leurs autres enfants: Jean-François, Pascale, Marie-Jo, Jean, Christophe; de même à leurs petits enfants.

Eglise-Felicetu

 

Elle est décédée le 1er février 2019 à l'âge de 85 ans. 

La cérémonie religieuse a été célébrée en l'église de Félicetu (Ile Rousse)  le 5 février à 15h.

Les anciens de Marrakech s'associent au deuil de Joseph FRASSATI et de sa famille.

Moussem-2018-Robert-et-Joseph-Frassati-83 Robert Lucké et Joseph Frassati, autrfois ensemble à l'école Arset el Maach de Marrakech, se sont retrouvés avec beaucoup d'émotion à Avignon en juin dernier. 

Tous les anciens de Marrakech sont tristes avec ces nouveaux départs qui touchent leurs amis et leur disent leur sympathie.

Chacun pourra écrire un commentaire avec des condoléances aux familles. Il est possible aussi de partager des souvenirs concernant ces amies ou leurs proches.