MANGIN@MARRAKECH

10 août 2017

KERMESSE 1958 - ÉGLISE PROTESTANTE SANS PASTEUR POUR UN AN - BAPTEME DE MONICA

LA PRESSE REND COMPTE DE LA KERMESSE DE JUIN 1958 ET ANNONCE LA VENUE DU PASTEUR DANIEL LESTRINGANT

La Vigie Marocaine du 6 juin 1958 rapporte:  La kermesse qui s’est déroulée pendant toute la journée de dimanche, dans le jardin et les locaux de la Paroisse de l’Église réformée de Marrakech (EEAM), avenue Barthou, a connu son splendide succès habituel.

journal-kermesse-mrk-EEAM-58

Le mérite en revient à un comité aussi dévoué qu’expéri-menté et actif. L’affluence a été énorme, sans interruption, avec une proportion considérable d’enfants dont les cris joyeux ajoutaient à La réunion une fraîcheur et un charme de fête.
Les jeux ne manquaient pas: lapinodrome, boules, jeu de massacre, tirs, stand du Rhin, bar, salon de thé marocain avec fines pâtisseries.
On pouvait traiter d’avan-tageuses affaires, agrémentées du sourire des vendeuses, au comptoir des fleurs, de l’épicerie, des ouvrages de dames.
Le réconfort gastronomique ne faisait pas défaut, à midi et le soir. Simon (le boucher-charcutier Fankhauser), aidé de Bertrand (le photographe) avaient magistralement cuisiné une choucroute de première classe et, hors programme, une alléchante fondue. 
Le salon de peinture

Jacques-Majorelle-Kasbah-de-l'Atlas-l

Avec une belle générosité, les artistes de Marrakech avaient offert des oeuvres de valeur à la kermesse: un tableau de Jacques Majorelle, acquis par M. Paul Jorion, consul général de France, quatre tableaux de Ch.-O. Holbing, dont une casbah, acquise par Lady Steel Midland, un dessin de Rose Ercole, un tableau de Belami, deux tablotins de M.-J. Revel.
Les personnalités La kermesse a été honorée de la présence du pasteur Clot, venu de Casablanca, de M. Paul Jorion consul général de France, M. Carton, consul de France, M. Wachsmuth, vice-consul de Suisse, M. Géminel, vice-consul du Portugal et Mme Géminel, le R.P. Edmond (paroisse des Saints-Martyrs), Lady Steel Midland, commandant Jouffroy, major de la garnison, et Mme Jouffroy.

On entourait beaucoup le colonel Kocher, ancien chef d’Etat Major de la Division de Marrakech (1947-48), qui à la place du pasteur avait officié au culte du matin au Temple de l’Hivernage.

La paroisse de l’Église protestante (EEAM) va recevoir son nouveau pasteur
Au cours de cette semaine la paroisse de l’Église protestante de Marrakech va recevoir son nouveau pasteur, M. Daniel Lestringant venant de Kénitra.
Nous lui présentons nos souhaits respectueux de bienvenue. Il succède à M. Le pasteur Jean de Mondenard, qui a quitté depuis plusieurs mois notre ville où il a laissé de profonds et durables souvenirs - ainsi que de très nombreuses amitiés.
(La Vigie, édition de Marrakech, 6 juin 1958).

Pasteurs-EEAM-Maroc Deux couples pastoraux incognito à Casablanca - A gauche Pasteur et Mme Lestringant à droite Pasteur et Mme de Mondenard. 

Historique résumé des protestants à Marrakech

Dès 1890 un culte protestant fut créé à Marrakech, mais en anglais. La Southern Morocco Mission de Glasgow avait formé une petite communauté en médina autour d'un dispensaire de soins médicaux pour les marocains, notamment pour les mères marocaines qui accouchaient, et pour les enfants à vacciner ou à soigner; le dispensaire était situé Derb Toubib. (c'est de l'activité médicale gratuite de ces écossais qu'est venu le nom du derb).  Le vice-consul anglais Alan Lennox et sa famille qui habitaient Dar Tounsi faisaient partie de cette première communauté protestante.

Dans sa brochure de juin 1913 exposant les services mis en place à Marrakech et donnant le plan de la ville, les services du général Brûlard indiquaient qu'un pasteur protestant était à Marrakech. En fait ce n'était pas exact à 100%. Il y avait un pasteur qui venait occasionnellement de Mogador: le pasteur Zerbib mais il était âgé et est mort en 1920; il n'est pas venu souvent. Il y eut aussi le pasteur Jalabert, il avait accepté les fonctions d'aumonier militaire et visitait régulièrement les régiments de la Légion étrangère cantonnés dans plusieurs villes du Maroc; un régiment Étranger d'Infanterie avait sa garnison à Kasbah-Tadla jusqu'en juillet 1917, ensuite au camp du Guéliz à Marrakech, mais i'aumonier Jalabert était souvent aussi à Fez où il y avait d'autres légionnaires. 

Puis vers 1922 le pasteur Serfass est nommé aumonier militaire à Casablanca, et dessert  plusieurs villes de garnison et occasionnellement Marrakech. Il vient un jour ou deux tous les deux mois, invité notamment par le Chef de région le Général Chopin de La Bruyère qui est aussi protestant. D'autres comme les familles Bruniquel, Beerli et Paul Chavanne, de même le Dr Gilloin forment la petite communauté protestante de langue française. 

Pasteur-aumonier-Jules Roche

Un deuxième aumonier militaire est nommé sur Fez et Meknes vers 1930, il s'agit du pasteur Jules Roche, ce qui permet au pasteur Serfass d'avoir plus de temps pour Casablanca et Marrakech. Puis au pasteur Serfass succède à Casablanca le pasteur Théo Calas.

Certains vieux marrakchis se souviennent de l'aumônier Jules Roche qui après Fez a été muté à Marrakech en 1938, comme aumônier de la division de Marrakech (qui comprenait aussi Agadir, Ouarzazate, Safi, Essaouira où il se déplaçait occasionnellement).  Il avait à sa  disposition une maison marocaine vers l'entrée du Mellah et y organisait les cultes protestants où venaient tant les civils installés à Marrakech que  les militaires de passage. Il a contribué aussi à soutenir le scoutisme : Il était commissaire pour les Eclaireurs de France et les Éclaireurs Unionistes. Ses formations incluaient aussi les Éclaireurs Israélites. Ceux qui l'ont connu se souviennent aussi de sa barbe.

En 1943 un grand terrain est choisi pour faire construire un temple dans le quartier de l'Hivernage. Mais avant de construire un vrai temple, il est décidé d'édifier des salles de jeunesse au fond du terrain. Ces salles devaient pouvoir servir dans l'immédiat de lieu de culte provisoire. Mais dix ans plus tard le provisoire devenait définitif.

bapteme-ducou-monique

En décembre 1945 les cultes protestants peuvent se faire au temple du quartier de l'Hivernage, mais le pasteur Jules Roche est sérieusement atteint par le typhus, il doit s'arrêter et obtient sa retraite d'aumonier militaire. En son absence c'est le pasteur Théo Calas qui vient de Casa pour par exemple célébrer un baptême. Ce sera le cas pour le baptême de Monique DUCOU. Elle nous en a confié une preuve, la photo prise ce jour là sur le balcon de l'immeuble Gidel où le pasteur en robe est accompagné de sa marraine Gabrielle Stépan et de son parrain, le dentiste Jean Caillères.

Monique : "En me plongeant dans mes cartons et mes albums, je suis tombée sur une photo de mon baptême et j'ai relu le passage écrit par mon père sur ce sujet. Je le trouve attendrissant et j'ai envie de le partager...."
 
"Peu après la naissance de Monique, le choix des parrain et marraine fut arrêté.
Maman et Papa auraient bien désiré que le baptême fut célébré à Casablanca où leur union avait été bénie par le pasteur Théo Calas. Mais il n'était pas possible de se réunir tous pour cette cérémonie.
Il fut donc décidé que le baptême aurait lieu à Marrakech pendant les vacances de Noêl. L'aumonier militaire, le Pasteur Jules Roche devait donc baptiser Monique le 30 décembre 1945.
Il n'en fut pas ainsi. "L'homme s'agite mais Dieu le mène."
Le Pasteur Roche fut immobilisé à Casablanca, terrassé par le typhus. Sa vie fut en danger pendant une dizaine de jours. De meilleures nouvelles parvinrent à Marrakech. S'il était hors de danger, il ne fallait pas penser le revoir à Marrakech avant le mois de Mars. C'est avec tristesse qu'il fallait différer la date du baptême de Monique alors que tout le monde se trouvait réuni à Marrakech.
Ce fut aussi avec une grande joie que fut accueillie l'arrivée du pasteur Théo Calas, à Marrakech, venu pour célébrer un culte avec Sainte Cène. Papa lui téléphona et, sans hésitation, il accepta de baptiser Monique le jour qui avait été fixé.
Monique fut d'abord un peu effrayée de se voir entourée de tant de personnes aux visages peu connus et fondit en larmes. Mais bientôt elle retrouva le calme. Elle apprécia la cérémonie du baptême car elle n'entendait plus que la voix du pasteur, et ravie de ses gestes, que les plis de sa robe amplifiaient, elle ne cessa de lui sourire. Elle supporta courageusement l'épreuve sans pleurer. Bien qu'elle eut les yeux submergés, elle conserva, jusqu'au bout, son sourire.
Le pasteur après la liturgie, prononça une émouvante allocution dans laquelle il exprima tout le plaisir qu'il avait de baptiser Monique, fruit de l'union qu'il avait béni un peu plus d'un an plus tôt. Il dit son émotion de voir le visage souriant d'un bébé, lui qui était déjà 14 fois grand-père et qui n'avait pas encore eu la joie de connaître ses petits-enfants à cause de la guerre."

En janvier 1947 arrive le pasteur Jean de Mondenard, qui pour venir à Marrakech accepte de devenir aumônier militaire. Il partage son temps avec Agadir, Safi, Essaouira, Louis-Gentil, Ouarzazate tout en résidant à Marrakech. La communauté protestante s'était agrandie vers 1945-1947 avec des familles  avec ou sans enfants: les Aumeunier (médecins), Berlaud, Brochier (médecin), Bakkoven, Ball (restaurant Rex), Bertrand (photographe), Bizeul, Bost (professeur de Piano), Bonniot (juge au tribunal), M. Brunner, Bacle (garage Citroen), Berger, Boeuf (Dr Sté d'électricité), Christoph, Chartier-Suau, Combe (CFM), M. Cornu (ingenieur des mines), Ducou (avocat et assureur), Despieds (pâtissier), R.Duru (inspecteur régional de l'urbanisme), Fankhauser (boucherie Simon), Garçon (base aérienne), Garnier (transports), Geydan (menuiserie), Gripon (retraité armée), Haeny (comptoir Suisse), Heim (dépot de remonte), Klinger, Lafon (institutrice), Lafourte, Lassale, Lebrat, Larroumets (retraité militaire), Migot (Pt de l'AGM), Manguy-Reuilly (graines Vita), Moussu, Nouguier (radio BA707), Perrenoud (comptable Sté Electricité, Perrier (Dr Défense des végétaux), Quarmenil, Rousseau (professeur), Sahi (officier GT514), Saint-Germain (épicier), Schmied (greffier et institutrice), Schweizer (plombier), Wachsmuth (Dr Moulin Baruk et prof de math), Paul Zeender (immobilier)en comptant les plus anciens des débuts: les Bruniquel, les Beerli et les Chavanne.

Les cultes ont lieu au temple de l'Hivernage et les groupes d'enfants et d'ados s'y rassemblent. En 1952, les protestants de Marrakech souhaitent avoir un pasteur civil qui disposerait pour Marrakech de plus de temps qu'un aumonier militaire et cherchent à construire un presbytère. C'est à cette époque que les protestants reçurent  en leg une belle villa située avenue Barthou au Guéliz.  

En 1953, les protestants de Marrakech demandent au pasteur Jean de Mondenard de devenir leur pasteur civil. Il accepte et pour celà démissionne de l'armée. La villa est agrandie et de vastes locaux pour la jeunesse, dont une modeste salle de spectacle, sont construits sur le même terrain.

En 1954 il est décidé d'agrandir et de rénover le temple de l'Hivernage. Raymond Duru, architecte  et responsable de l'urbanisme sur la Région réalisera les plans et surveillera la réalisation.

D'autres familles font partie de la paroisse de Marrakech sans compter celles du bled et la plus part des militaires: les Auberson, Arrondeau, Accart (médecin), Amy, Bataillard, Buttet, Bertrand JJ (Cie Marocaine), Buresté, Bailly, Breton, Boucry, Bassoli, Bignon, Bouffard, Brutsche, Bruègne, Barbey, Bechara, Boggia, Beer (Mamounia), Besana, Brochon (BE707), Calas, Crouzet, Chamorel, Couleru, Couchy, Cheynel (architecte), Delpuech (SJS), Druyer, Delavierre, de Douville-Maillefeu, Decorterd, Duclos, Dosnon-Vassas, Ducros, Denize, Eggink, Fehst, Forel, Trindel (instituteur), Fourets, Fesquet, Franceschi, Falkenrodt, Guiraud, Gauthay, Garzena, de Greyerz, Grand d'Esnon, Hébrard, Husen, Hoka, Holbing (artiste peintre), Hirsch (sage femme), Heraut, Jovert, Jarmolinsky, Jaccoud (médecin), Kopp, Kynel (photographe), Knecht, Kreitmann, Kellermann (chaussures Bata), Lobstein, Lebas, Lummech, Léridon (police), Lapierre, Lefevre, Leonhardt (BA707), Lopez, Lyautey (Pierre), Martinez, Mautner, Muller, Million, Moeglin, Monniot, Maerten, Manton, Morin (services municipaux), Mas (médecin), Monroe, Nussli (BA707), Nahmani, Noé, Oustry, Rappas-Malarte, Pernoux, Peets-Tagapera (médecin, Perret, Pratz, Puget, Petrachevitch, Ramming, de Rham, Rousseau (proviseur lycée), Ramelet, Riegert, Ruel, Roy J., Rosenq, Rouilly, Schvoelel, Stojko, Seidenbinder (manufacture Pitteri), Soudant (professeurs), Strasser, Scherrer, Seguin (armurier), Serramoune (GT514), Susini, Soyer, Sautter, Surleau (Souhela), de Tienda (médecin), Telon, Torrente, Teyssier, Venker, Vergara (enseignant), Walk (géologue), Weiss, Woehr,..  Environ 120 noms de famille, plus ou moins connus se sont ajoutés aux 50 noms de 1947.

Cependant en 1956, quelques familles commencent à quitter Marrakech.

En juillet 1957 le pasteur Jean de Mondenard appelé par les protestants de Toulouse rejoint le Sud-Ouest avec sa famille. Les protestants de Marrakech s'organisent pour vivre une année sans pasteur.

C'est pendant cette période qu'a lieu la kermesse 58 dont parle le journaliste de "La Vigie marocaine". Il n'est pas rare qu'une paroisse protestante reste une annnée sans pasteur. En effet chaque paroisse dispose d'un Conseil presbytéral, formé de Conseillers élus par les membres de la paroisse. C'est ce conseil qui veille à la vie de la paroisse. Pour les cultes, en cas d'absence de pasteur pour un an, ils les font eux-mêmes en partie et invitent des prédicateurs venus d'ailleurs de temps à autre (ce fut le cas avec le colonel Louis Kocher).  Le président de ce conseil presbytéral à cette époque fut l'architecte Raymond Duru, il y avait aussi dans ce conseil Mme Bruniquel, Mme de Rham, M. Lobstein, M. Perrenoud et M. de Tienda.

Lestringant-ane-1961

En juin 1958 arrive le pasteur Daniel Lestringant et sa famille, il restera plusieurs années.

Un film où l'on voit le pasteur Lestringant place Djemaa el Fna a été tourné par Maurice Calas.

Les élèves et professeurs du lycée Victor Hugo auront connu ses enfants: Anne-Marie, Isabelle et Pierre-Yves Lestringant;

Aujourd'hui la paroisse protestante de Marrakech est toujours dans le presbytère et les salles de l'ancienne rue Barthou. Le même escalier permet de monter à la terrasse et les bancs sont toujours les bancs de 1945. Un afflux de protestants d'Afrique subsaharienne a apporté un nouveau dynamisme. Voir sur Youtube:https://www.youtube.com/watch?v=gxG9lzCClbI

Merci à Monica d'avoir partagé la photo de son baptême et les propos de son père sur cet événement. Merci à celles et ceux qui ajouteront dans les commentaires leurs souvenirs de ces personnes qui ont participé à la vie de Marrakech tout aulong de ces années. En espérant que cet article servira à renouer des contacts.


28 juillet 2017

L'OUKAIMEDEN 1954-1957 EN FILMS

DSC_0089 - Copie

Jean-Paul et Gérard HINDIÉ partagent avec nous une autre oeuvre du peintre Max MOREAU datée de 1950 à Marrakech. (cliquer sur la photo pour agrandir). Elle a rejoint d'autres oeuvres du peintre qui se trouvent sur ce blog à MAX MOREAU

Maurice-Calas-54

MAURICE CALAS NOUS PERMET DE VOIR DES FILMS DE VACANCES DE SKI À L'OUKA ET D'ESCALADE AUTOUR DU TOUBKAL

Nous le remercions de ces évocations par des images animées qui nous rappellent les lieux, les moniteurs d'escalade et de ski et les marrakchis.

Maurice-calas-au-moussem  Maurice Calas est un pur marrakchi; il a étudié à l'école du Guéliz, au Lycée Mangin, il a suivi une formation professionnelle en téléphonie pour entrer aux PTT du Maroc. Parallélement il s'est investi dans le scoutisme unioniste et est devenu l'un des chefs éclaireurs de Marrakech. C'est par ailleurs un passionné de photographie et de cinéma. Le blog contient aussi plusieurs de ses histoires décrites d'une plume alerte. Il est toujours avec la caméra en bandoullière et immortalise les souvenirs des Moussems à Avignon.

Il partage avec nous, en cet été 2017, deux films tournés au gré des vacances de mardi-gras ou de Noël pour les skieurs et de juillet -aout pour les montagnards. Soixante ans déjà!

D'abord les vacances des skieurs : https://vimeo.com/album/4682942

Cinq séquences dans l'ordre:
1 - Oukaimeden  Mardi Gras 1954 - (1ere séquence): Paul Cornu et la première caravane remorquée par la route de l'Ouka. 

caravane-Paul-Cornu

Paul-Cornu-Ouka

De la Koutoubia au Chalet Jeunesse et Sports par le col du Taureau - Tizi Taliouine. 

Paul Cornu monte à l'Ouka avec sa 203 à toit ouvrant la première caravane par la route en lacets. Qui se souvient de Paul ?

chalet-SJS-ouka

Le chalet du SJS venait d'être agrandi d'une aile côté sud dont il est possible d'apercevoir les 2 étages de 3 fenêtres. 

2 - Vacances de Noël 1954 à l'Ouka - (2e séquence) -Le camp des éclaireurs (EUF) , chalet de M. Vivet et le camp des éclaireuses (FFE) dirigé par Mme Aumeunier. 

Camp-EU-Noel-Vivet Saurez-vous vous reconnaitre ou identifier des visages connus ? 

Madame-Aumonier-FFE Mme Aumeunier habitait 1 rue Arrighi. Certains se souviendront aussi de ses cinq enfants et des éclaireuses.


Jacques Delavierre et Simone Perrenoud  

Famille-Salmon-ouka On retrouve des personnes connues : ...M. Salmon (PTT) et famille. 

Raymond-carnuccini-cameraman

Raymond Carnuccini cameraman officiel

Il est ici de dos, mais sur d'autres séquences il est de face.

Bataille de boules de neige

3 -Oukaimeden Le Petit Téleski (3e séquence)

le-petit-teleski

André Besson moniteur Ski-Montagne 

M2M-petit-Teleski

...avec un blouson acheté chez GÉDA 
Christian Léonhard, moniteur pilote

4 - Oukaimeden Mars 1955 (4e séquence)

Ski en poudreuse avec André Besson 

Winiewski-ecole-de-ski

Ecole de Ski :Mlle Winiewski, 

Rambaud-moniteur

 M. Rambaud, 

Eddy-Nussli-Ouka

Eddy Nussli,  

Famille-Rambaud-ouka

Famille Rambaud,  

Rambaud-fils-famille

Bozon-moniteur

M. Bozon, moniteur. fait la démonstration des principaux apprentissages du ski devant son groupe

5 - Oukaïmeden 1956. (5e séquence) Coupe de ski cadet, table d'orientation et sauts à ski sur le premier tremplin d'AFNCoupe-de-ski-des-cadets-1956

Coupe de ski des cadets, 

vous-reconnaissez-vous

Raymond Carnuccini, 

Raymond-Carnuccini-Potos 

La table d'Orientation (2740m) 

Georges-Sawas-table-orientation

Georges Sawas et Boucingaud repèrent aux alentours tous les sommets enneigés : Taright, Angour, Toubkal, Tazarhart, Meltsen, etc...

Toubkal-4165m Le plus haut d'Afrique du Nord mais chacun est filmé.

Tremplin-ouka Le premier tremplin de saut à ski d’Afrique du Nord fut créé à l'Ouka

BOZON-tremplin

sautteurs: Masson, Bozon, . Courjarret, Paul Chappon, Magnin,  -

Magnin-moniteur-saut

Masson-moniteur-suisse

XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX 

Deuxième film: les vacances en stage d'alpinisme: 

https://vimeo.com/album/4692575

Allez-vous les reconnaître ?

FILM TOUBKAL (Haut Atlas 1954-1956) en 3 séquences:
1 - Du Toubkal au Tazarhardt,  Durée 7'30"
(Voiture de Besson- tyrolienne-Brancardage-Glace-pont de glace) 
2 - Cirque d’Arround - Imlil -  arremd- Sidi Chaamarouch-  Toubkal- arrète     Durée 4'40"
3 - Les clochetons de l’ouanoukrim. Refuge de Lepiney- Couloir de Glace- Dans le Tazarahrt : Durée 8'

 1 - DU TOUBKAL AU TAZARHART (première séquence du film)

Toubkal-Besson-voiture

 

André BESSON, moniteur invite à sa maison Maurice CALAS et Simone PERRENOUD qui avaient participé au stage d'escalade à venir voir les photos de l'expédition.

Besson-calas-perrenoud Marrakech en septembre 1956 jusqu'à la maison d'André BESSON

chalet-SJS-ouka-été Ancienne photo du chalet . Beaucoup de personnes s'y retrouvent. Le moniteur André Bessson fait des démonstrations d'escalade et organise des entraînements: descente en rappel, passage en tyrolienne, exercice de transport de blessé en civière avec le moniteur Masson, puis c'est la randonnée qui commence... 

sur-la-piste-de-tachdirt et pour recupérer de la montée la colonne s'arrete... 

Halte-au-Tizi-n'ou-Addi Puis à nouveau jusqu'au refuge...

Tachdirt-refuge-2250m et ensuite les cascades 

Contact-avec-la-glace  une ascension 

face-nord-du-massif-de-l'aksoual-3912m travaiil au piolet, rappel entre rocher et glace, 

cordee-sur-neige Le moniteur Francis Bozon et la première cordée 

Jacques-Delavierre-cordée Jacques Delavierre et la 2e cordée 

Pont-de-glace-cordéé Passage délicat, mais assuré 

La deuxième séquence du film passe par le Cirque d’Arround - Imlil -  Arremd- Sidi Chaamarouch-  le Toubkal- arrète. Durée:     4' 40" 

jeune-berbere-cirque-d-arround

 Jeune berbère du Cirque d'Arround

cirque-d-arround  passage par la "piscine" et le refuge de... 

refuge-d-imlil-1740m Rencontres de femmes berbères 

femme-relevant-la-recolde-arremdt

Puis le gros village de 

village-arremd et par Sidi Chaamarouch vers ...

vers-le-toubkal-sidi-chamarouch   Descente sur le  

refuge-louis-neltner  puis par l'arrête sud-ouest un passage délicat avec descente en rappel,  puis ...

Sommet-Toubkal-Calas Maurice Calas à droite, sans sa camera,

Descente-en-rappel-Toubkal

puis , nouveau départ: 

vers-arrete-du-Tadaft 

3e séquence du film Les clochetons de l’ouanoukrim. Refuge de Lepiney- Couloir de Glace-Dans le Tazarahrt : Durée 8'

Clochetons-de-l-ouanoukrim Pitons, sauts encordés...

VERS_clochetons-Simone-perrenoud Simone Perrenoud

saut-encordé   Le doigt du Tadat 

doigt-du-tadat veers l'ancien et le nouveau 

Refuge-Lepiney-3300m  Passage dans le

Tazarhart-4050m et la voie la plus sportive, le...

couloir-de-glace-Tazarhart avec le moniteur-guide 

Francis-Bozon-alpiniste Pour ensuite continuer dans le 

Dans-le-Tazarhart-titre passage par l'arrête médiane, 

 Le retour au Chalet du SJSà l'OUKA avec ...

melanie-ouka-56  et aussi :

ouka-zoumzoum-danseur 

Cette page est destinée à montrer quelques photos des deux films, principalement les titres, mais les films montrent beaucoup d'autres visages que vous pourrez peurêtre reconnaître. MERCI À MAURICE POUR CES SOUVENIRS FILMÉS QUI NOUS RAPPELLENT LES MONITEURS GUIDES DE TALENT QUI PARTAGEAIENT AVEC LES MARRAKCHIS LEURS HAUTES COMPÉTENCE ET EXPÉRIENCES. 

21 juillet 2017

COMMANDANTS, CHEFS DE RÉGION DE MARRAKECH - CHRONOLOGIE

LA RÉGION DE MARRAKECH EUT SES CHEFS MILITAIRES, DONT CERTAINS AUX NOMS CÉLÈBRES.

CONNAÎTRE LEUR SUCCESSION PERMET DE RECONSTITUER LE SOUVENIR DES ÉTAPES D'UNE HISTOIRE ALLANT DE 1912 À 1958
Si vous cherchez leurs biographies ou leurs photographies, vous trouverez assez facilement l'histoire de certains d'entre eux. D'autres n'ont pas encore trouvé leur biographe. Ils font tous partie de l'histoire de Marrakech et des Marrakchis. Si nos lecteurs possèdent des informations ou des documents inédits sur l'un ou l'autre d'entre eux, le blog les publiera volontiers. 

Yves-Brayer-Danseurs_Chleuhs-Djemaa-El-Fna_1928 Danseurs Chleuhs sur la place Djemaa el Fna, Aquarelle de Yves Brayer en 1928 (Grand Prix de Rome 1930)

Mangin@Marrakech édite la première liste des Commandants de région de Marrakech. Vous ne la trouverez nulle part ailleurs sur internet.
La plupart avaient le grade de général de Brigade quand ils furent nommés. Cependant quatre commencèrent comme colonel. Il y eut aussi un civil d'exception qui fit un Intérim de sept mois entre deux généraux. Certains eurent une carrière partulièrement glorieuse.
1 - Colonel Charles MANGIN: septembre 1912 à février 1913.
2 - Général BRÛLARD Jean-Marie, Joseph, Armand : février 1913 à septembre 1914
3 - Colonel, puis Général Marie, Clément, Maurice de LAMOTHE: septembre 1914 à avril 1919
4 - Colonel, puis Général CHOPIN de LA BRUYÈRE : de avril 1919 à mai 1922
5 - Général Albert DAUGAN: mai 1922 à mars 1927
6 - Général Antoine HURÉ: mars 1927 à mai 1931.
7 - Général Georges CATROUX : mai 1931 à novembre 1935
8 - Général Jacques de LOUSTAL, janvier 1936 à février 1938
9 - Général François FOUGÈRE, février 1938 à juin 1940
10 - Général Henry MARTIN: juin 1940 à février 1943
11 - Général Georges LE DIBERDER, février à septembre 1943 
12 - Général Robert ASTIER DE VILLATTE: septembre 1943 à septembre 1944
13 - Colonel, puis Général  Antoine, Benoit d'HAUTEVILLE: septembre 1944 à juillet 1954
13bis - André HARDY, Intérim du Commandant de la Région: juillet à décembre 1954
14 - Général MASSIET DU BIEST: décembre 1954 à décembre 1955 
15 - Général Lucien BAZILLON: janvier à décembre 1956 
16 - Général Robert CHAVATTE: 1957 à fevrier 1958

Etat-Major-Marrakech L'État-Major à Marrakech-Guéliz à l'entrée du Camp Mangin

Colonel_Charles-Mangin_sur- le-djebel-guéliz-octobre-19121 - Colonel Charles MANGIN (1866-1925) Commandant la Région de Marrakech de septembre 1912 à février 1913. C'est incontestablement le plus célèbre, mais aussi son passage à Marrakech fut le plus court. Le blog a présenté plusieurs récits sur l'étonnante bataille de Sidi Bou Othmane qui délivra Marrakech d'El Hiba, celui qui voulait prendre la place du Sultan Alaouïte. Les récits du Capitaine Cornet montrent les premiers temps du commandement du Colonel Mangin à Marrakech. La rue principale du Guéliz porta son nom, jusqu'à ce qu'elle devienne rue Mohammed 5. Il décida avec les artilleurs la future configuration des fortifications du Guéliz. (voir photo)

General-Brulard-Jean_Marie_Joseph_Armand_Brulard

2 - Général BRÛLARD Jean-Marie, Joseph, Armand (1856-1923) Chef de la région de février 1913 à septembre 1914. Il était chargé aussi de la formation de l'armée chérifienne. Plusieurs méhallahs dirigées avec les grands caïds furent lancées en opération dans le Sous. Il fut le premier chef de région à  faire établir une brochure sur Marrakech avec ses activités commerciales, culturelles, les noms des principaux notables et responsables administratifs, ainsi que les perspectives économiques. Cette brochure accompagnée d'un plan de ville fut publiée en juin 1913. C'est sous son commandement que les premières maisons et bâtiments du Guéliz furent lotis et construits. La guerre en Europe requis la mutation du Général Brülard au commandement de la 2e Division d'Infanterie et lui fit cesser son commandement à Marrakech et au Sud en septembre 1914. 

Plan-de-Marrakech-en-1913

colonel-maurice-de-Lamothe-1913

 Ce plan de 1913, orienté à l'ouest, montre à côté de la Koutoubia la Résidence des Commandants chefs de Région: "Dar Moulay Ali" et la première localisation de l'État-Major.
3 - Colonel, puis Général Marie, Clément, Maurice de LAMOTHE (1866-1929), commanda la Région de septembre 1914 à 1919. Une rue de Marrakech porta son nom, elle s'appelle aujourd'hui avenue Yacoub el Mansour. D'abord collaborateur du général Brûlard en décembre 1912, le colonel de Lamothe prenait la direction du Service de renseignement du Maroc courant 1913. "Dès le début de son séjour, il se liait d'une sincère amitié avec les grands caïds, dont il avait si habillement su saisir la mentalité et, chose plus difficile lorsque l'on a la redoutable charge de mener la politique de Lyautey, il parvenait bientôt à leur inspirer confiance par la franchise de ses manières." Il fut promu général de brigade en septembre 1916 et après ses succès militaires sur la rebellion en fevrier-mars 1917, il reçut la cravate de la Légion d'Honneur par Lyautey en juin 1917. Il eut la difficile charge de maintenir une activité à Marrakech et le Sud, alors que la plupart des troupes étaient parties en Europe exposant le Maroc à la propagande allemande qui avait réussi à convaincre plusieurs de nos légionnaires allemands de déserter et de conseiller les troupes du dissident El Hiba et de les armer. C'est avec son appui et celui du Glaoui que fut tourné à Marrakech le premier film d'acteurs au Maroc : Mektoub. Il partit de la région de Marrakech vers avril 1919 pour commander la 2e Division en Syrie, et fut promu  général de Division en décembre 1921.

Revue-d-adieu-du-general-de-la-bruyereFrance-Maroc_General-de-la-bruyere-défilé-mai-1922

4 - Colonel, puis Général Etienne CHOPIN DE LA BRUYÈRE  (1868-1937). Nous ignorons la date exacte de sa prise de fonction comme commandant de la Région: probablement avril 1919. Le Colonel de La Bruyère avait participé à la prise de Marrakech sous les ordres de Mangin, comme chef d'Etat-Major de la Colonne.(photo: Revue d'adieu du général de La Bruyère sur l'Avenue Mangin) Il revint à Marrakech après avoir combatu à la Guerre de 1914-1918 à la tête d'un régiment de cavalerie et après le départ du général de Lamothe. Avec madame Hélène de La Bruyère, fille du Général d'Amboix de Larbont, il accorde un intérêt particulier aux questions médicales et d'hygiène, ce que poursuivra son successeur. Il s'occupe aussi beaucoup d'agriculture et d'élevage. Il met en place le lotissement de La Targa et celui de Tassoultant-Tabouhanit. Il donne plus d'ampleur à la Foire de Marrakech et organise un concours hippique. Il devient général de Brigade en mars 1921. Il fut le premier officier général à visiter le fief Glaoua à Telouet. En sa présence, place Djemaa el Fna Lyautey piqua une colère mémorable,en piétinant son képi furieux de voir que des dérogations aux règles d'urbanisme avaient été autorisées d'une part au Glaoui et d'autre part à un riche investisseur israélite par les services municipaux du colonel Demetz.  Le général de La Bruyère quitte Marrakech en mai 1922 après avoir géré la visite en avril du Président de la République Millerand.
Par la suite, en 1923, il commande le 3e groupement régional de cavalerie et sera promu général de Division cette même année.

General-Daugan-Casa-1925

5 - Général Albert DAUGAN, ( 1866-1952), Commandant la région de Marrakech est présent en mars avant le départ du Général de La Bruyère. Ils sont reçus ensemble par l'Association des Agriculteurs et des éleveurs.(19 mars 1922). Il était général de brigade depuis avril 1918 et avait commandé la Division Marocaine dès 1917. Il restera Commandant de la région de Marrakech jusqu'en mars 1927. Entretemps en 1923, il sera promu général de Division et en 1927, Commandant de Corps d'Armée.
Le 7 mai 1924, il assiste à la Heida du sultan Moulay Youssef. . De mai au 6 juillet 1925, il reçoit le commandement du Front nord dans la bataille du Rif et c'est le Général Naugès qui assure l'intérim de deux mois à la Région à Marrakech.

Insigne de Division de MRK

En 1926, la route de Telouet par le Tizi n'Tichka est terminée et le général lance une tournée d'inspection de sa région. Il est aussi célèbre à Marrakech par son épouse la générale Daugan qui créa La goutte de lait. Ce n'est qu'à partir de 1923 qu'on parle de la "Division de Marrakech", symbolisée par un insigne où figure la Koutoubia, l'Atlas enneigé et le poignard des Goums, avant on parlait de "subdivision"
Cependant, en 1927 le général Daugan est muté et reçoit le commandement du 16ème Corps d’Armée à Montpellier. Grand croix de la Légion d'Honneur en juillet 1929.

General-Huré-Resident-general-Steeg-decembre-1928

6 - Général Antoine (Jules, Joseph) HURÉ (1873-1949) Commandant la Région de Marrakech de mars 1927 à mai 1933, après avoir été Commandant du Génie du Maroc. (La photo le montre lors de l'inauguration de la Gare ferroviaire de Marrakech en novembre 1928, derrière le Résident Général Steeg). Il s'intéresse comme ses prédécesseurs à la Foire de Marrakech. Il est confronté à la rebellion de plusieurs tribus dans l'Atlas et le Sud. Il pratique la politique de pénétration pacifique chère à Lyautey. M. Bartel-Noirot témoigne: "Le général Huré venait de recevoir la soumission de deux grandes tribus qui lui avaient porté 4000 fusils, sans aucune bataille, sans aucune querelle. On l'avait convoqué, il est allé au rendez-vous et il a reçu la soumission de ces gens; et quand il a eu terminé sa conférence avec ces chefs, il leur a dit : "Et maintenant, qu'est ce que vous désirez ?" Nous désirons quatre voitures automobiles et deux camions pour nos tribus.". Voilà avec quoi on obtient le recul de la rebellion dans le sud marocain."
Le 27 mai 1931, il est promu Commandant supérieur des troupes du Maroc et laisse le commandement de la région de Marrakech au général Catroux.

General-Catroux-L'Afrique_du_Nord_illustrée_1935

7 - Général Georges CATROUX, (1877-1969) Commandant la région de Marrakech de mai 1931 jusqu'en novembre 1935
 Après la Grande-Guerre, il fait partie de la Mission Militaire française en Arabie, puis sert au Maroc (Direction du Renseignement), en Algérie (Aïn Sefra) et au Levant. Il devient Commandant de la région de Marrakech en mai 1931 après un stage à l'École des Hautes Études militaires.
Il s'engage dans la pacification active, ce sera le Todra, le coude du Draa, le Tazzarine-Tazhbalt, Sagho, Bou-Gafer. Imdras et Amtrous (Haut-Atlas) et la campagne de l'Anti-Atlas en 1934.
Le 4 décembre 1934, alors qu'il passait en revue la Base aérienne de la Menara, il est gravement blessé à la tête par le cable d'antenne d'un avion qu passait au-dessus de sa tête. Il subit une délicate trépanation. Le 3 juin 1935 il pose la première pierre du Casino de Marrakech.
Générale-Catroux-1935_
Appelé au commandement de la XIVe division à Mulhouse, il quitte Marrakech en novembre 1935.
Plus tard il deviendra  
général d’armée, ministre de la IVe République et ambassadeur français. Il fut l’un des principaux généraux ralliés au général De Gaulle après l'appel du 18 juin et joua un rôle prééminent dans l’action de la France Libre. 
il s'était remarié en mai 1932 avec Marguerite Jacob (1881-1959), fille d'un syndic des agents de change. Divorcée d'Hippolyte de Peyronnet puis du général Gaston d'Humières, elle était apparentée à Jean Cocteau. Ancienne infirmière, ayant reçu trois citations, elle se pencha sur la souffrance de la région du Sud en organisant la charité dans la défense de la santé et de l'hygiène. On lui doit à Marrakech le Pavillon Marguerite Catroux.

L'Afrique_du_Nord_illustrée-general-de-loustal-foire

8 - Général Jacques de LOUSTAL, (1876-1945) nommé à Marrakech en janvier 1936. Il avait commandé précédemment la région du Tadla.  Marié avec Sophie Herson de la famille du général Herson. Il est assisté d'un adjoint, le colonel Roches. (Sur la photo: S.A. Moulay Idriss et le général de Loustal accompagnés par MM. Faure, du Pac et Si Hadj Thami el Glaoui.) Il s'intéresse aux oeuvres sociales des anciens combattants français et marocains. Il encourage le tourisme et l'artisanat des tribus, notamment à la Foire de Marrakech. Il quitte son commandement à Marrakech en février 1938 pour commander la 2e division marocaine en septembre 1939. Il prend sa retraite peu après.

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9 - Général François ( Marie-Jacques) FOUGÈRE (1888 - 1954) Il commande à Marrakech en février 1938, 4 mois après avoir obtenu le grade de général de Division. En février 1939 il accueille l'Amiral Darlan à Marrakech. En avril 1939 il reçoit le général Noguès (Résident Général) venu pour l'inauguration du barrage Frédéric Cavagnac. Le 28 mai 1939 il inaugure les nouvelles installations du refuge Neltner au Toubkal.
En février 1940 il reçoit à Marrakech la cravate de Grand officier de la Légion d'Honneur. Il quitte Marrakech en 1940 pour prendre le commandement du 24e Corps d'Armée. Après l'Armistice, il commande dans le Sud-Syrie.
10 - GÉNÉRAL Henry (Jules Jean Maurice) MARTIN (1888-1984)   Commandant la division de Marrakech à partir de Juin 1940.  Le 30 novembre 1940 il accueille le général Weygand à son arrivée à l'aéroport Ménara. Fin octobre il reçoit les généraux Huntziger et Juin.

general-martin-1941

 Jean Borotra, ministre des sports de Vichy vient parler "jeunesse" et "sports" à Marrakech le 21 avril 1941. Il serre la main des foutbaleurs du SAM. À gauche le Général Martin.  Le 18 décembre 1941, le général Martin reçoit le général Laure, venu pour inspecter la "Légion" du Maréchal Pétain. Le 4 janvier le Général Noguès lui remet la plaque de Grand officier de la Légion d'Honneur. Le 27 février 1942, il reçoit le ministre de l'intérieur Pucheu qui baptise l'avenue "Philippe Pétain" au Guéliz. Il inaugure la 21e foire artisanale de Marrakech le 5 avril 1942. Il a pour adjoint le général Le Diberder. MM Fauré et Brunel sont les commissaires de la foire-exposition. Le 8 novembre 1942 le débarquement des troupes américaines de l'opération Torch changent la donne politique. Début aout 1943, il est disgracié par Vichy mais il commande déjà la 4e DMM depuis juin. Le général de Gaulle est à Rabat avec le nouveau Résident général Gabriel Puaux. Il laissera la 4e DMM au Général Sevez pour prendre la tête de la 1ere armée française qui débarquera en Corse, à l'île d'Elbe et plus tard en Provence.
11 - Général Georges LE DIBERDER (1885-1974) Il commandait le 3eRTM en 1937 avant d'y être nommé officiellement en mars 1938. Par sa nomination à Marrakech le 25 septembre 1941, il commande seulement la ville; mais assez rapidement il devient l'adjoint du Général Martin pour toute la Région de Marrakech. De juillet à septembre 1942 il fait l'intérim du Chef de région de Fez, puis revient à Marrakech. L'opération Torch du 8 novembre 1942 entraîne de profonds changements politiques et militaires. Le général Martin prendra la commandement de la 4e DMM et le Général Le Diberder lui succédera à Marrakech.
En juin 1943 il y eut une prise d'armes à Marrakech à l'occasion du passage d'un détachement de goumiers de la Région de retour de Tunisie. Le Général Le Diberder passa en revue les Goums, les troupes de la garnison de Marrakech et un détachement de l'Armée américaine. Les goums avaient ramené une partie du butin pris à l'ennemi: camions italiens, voitures allemandes et canons de DCA. Nous manquons de photos sur cette période. Le général Le Diberder deviendra le Directeur du Musée de l'Armée à Paris.
12 - Général Robert ASTIER DE VILLATTE - (1895-1986); De 1936 à 1939 il est en poste en indochine à Tien-Tsin. Puis nommé au commandement du 12e régiment de tirailleurs sénégalais. Nommé Chef de Région de Marrakech le 10 septembre 1943, il y restera jusqu'en septembre 1944. Il y accueillera Sir Winston Churchill venu soigner ses poumons au retour de la conférence de Yalta. Il le rencontre à la Villa Taylor ainsi que Lady Churchill. C'est à ce moment que se produit l'entrevue de Churchill avec le Général De gaulle (janvier 1944). Astier de Villatte sera ensuite à la subdivision de Montpellier en 1946, Général de Division le 20 février 1947, Commandant de la 9e Région militairre en 1949 et terminera sa carrière comme Commandant des Forces françaises en Afrique Centrale, puis Inspecteur des réserves de l'Armée de Terre. Il avait épousé en 1919 Mathilde Bourgès. Nous manquons de documents et de photos sur cette année.

Gal d'Hauteville1951

13 - Colonel puis général d’HAUTEVILLE -(Roger-Marie-Antoine-Benoit) (1895 - 1970).   Marié en 1929 à Kathleen Mac Carthy. Au 2eRTM en 1935, puis il commande le territoire d'Agadir avant d'être appelé au poste de directeur du cabinet militaire du Résident Général Gabriel Puaux à Rabat. Il est nommé Chef de la région de Marrakech en septembre 1944. Il le restera jusqu'en juillet 1954, soit presque 10 ans. Photo devant la carte de la Région- Réalités 1951- 
En été 1953 apparait le coup de force du Glaoui qui rassemble la plupart des caïds à Moulay Idriss décidés à destituer le Sultan. Puis rassemblement à Marrakech pour élire un nouveau Sultan avant de marcher sur Rabat. Le nouveau Sultan Sidi Mohamed ben Moulay  Arafa fut élu à Marrakech le 13 aout 1953, jour de l'Aïd el Kébir. le surlendemain 15 aout, deux policiers, (Migot et Coulon), sont tués place du Méchouar. Le Général Guillaume informé écourte ses vacances à Vichy, mais arrive trop tard, le nouveau Sultan est élu et dans les premiers temps il est acclamé par les marocains de tout le Maroc..
Marrakech, ville jusque là calme, va être visée par des nationalistes  de Casablanca : Attentat à la grenade faisant des victimes autour de Moulay ben Arafa le 5 mars 1954; Assasinat du commissaire Monier le 15 mai 1954, le 25 mai une grenade est lancée dans la foule : 2 morts et 20 blessés; le dimanche 20 juin le général d'Hauteville qui traversait à pied la place Djemaa el Fna pour se rendre à la messe de derb nakous reçoit dans le dos une balle de révolver. Le 23 juillet c'est Jean Thivend, Délégué aux affaires urbaines qui est tué.
Sur le Conseil du général d'Hauteville, commençant une longue convalescence, le Résident général Francis Lacoste nomme le contôleur civil André Hardy pour assurer l'intérim de Chef de région.

Andre-Hardy_1908-1980

13bis -Contrôleur civil André HARDY (1908-1980) intérim du chef de Région de Marrakech de juin à décembre 1954.  Après avoir obtenu son diplôme au Centre de hautes études d'administration musulmane, il réussi, en 1931, le concours pour devenir contrôleur civil. Le contrôleur (Sidi el Hakem) jouait le rôle de commissaire du gouvernement et participait aux enquêtes.
En 1935, André Hardy est nommé premier adjoint à Berkane où il reste jusqu'a 1937, puis à Salé (1937-1937), Chemaia (1938 - 1941) et à Casablanca (1941 - 1943) .
En 1944, il devient directeur du service de Sécurité en Tunisie puis occupe différents postes à Jérusalem et à Damas. Il poursuit sa carrière à Marrakech en 1951.
D'abord au Secrétariat Général de la Région, il devient l'adjoint du général d'Hauteville, pour les territoires extérieurs. Puis après sa blessure par balle, il assure l'intérim de Chef de région. 
Sur la ville de Marrakech André Hardy fut confronté à la "Guerre des boutiques fermées" qu'il enraya. Le lanceur d'une grenade qui n'explosa pas fut ceinturé et à partir de son témoignage il fut possible de remonter toute la bande des sept ou huit terroristes des attentats précédents animée par un fquih depuis Casablanca dont faisait partie en particulier un ancien sous-officier de la guerre d'Indochine. Dès leur arrestation Marrakech retrouva son calme. André Hardy redevient adjoint en décembre 1954 du nouveau Général.
Père de sept enfants, il part pour la France avec sa famille en juillet 1956.

general-massiet-du-biest-decembre-1955

14 - Général Jacques, Louis, Marie MASSIET DU BIEST (1898-1972) Général de Division, Il avait participé à la Libération de Marseille avec les Goums quand il était colonel. Il était chef de la région d'Agadir; Il prend le commandement de la Région de Marrakech en décembre 1954 - Il le restera jusqu'en décembre 1955 atteint par la limite d'âge de son grade. Sur la photo, il salue les officiers de la garnison à l'occasion de son départ.(coll. Salam Marrakech)
André Hardy le décrit comme un "célibataire mondain, aimant recevoir et ouvrant largement les portes de Dar Moulay Ali (Résidence des chefs de région depuis le colonel Mangin) à toute une société frivole".
Création à Marrakech du 6e RPC le 1er aout. Il n'y eut pas d'incident dans la région de Marrakech pendant cette période, mais ce ne fut pas le cas dans d'autres villes du Maroc à partir de l'été 1955. Ce fut l'agitation créée par les cinquante jours de Gilbert Grandval, puis le général Duval se tue en avion le 22 aout. Le Général Boyer de La Tour, nouveau Résident général est obligé de faire face à une agitation montante.  Il fit placer de petites garnisons dans tous les centres isolés du bled. Les poteaux téléphoniques étant sciés sans pouvoir identifier les coupables, il fit mettre en place un réseau radio. Le retour de Mohamed V en novembre fut suivi d'une grande liesse populaire. Mais à Marrakech la vie continuait dans le calme et même pour certains l'insouciance.
15 - Général Lucien BAZILLON ( 1903-1985). Commandant de la région de Marrakech de janvier à juin 1956 - Officier des Affaires indigènes du Maroc entre 1928 et 1933. Élève à l’École supérieure de guerre entre 1935 et 1937, il est nommé chef du 2e bureau à l’état-major particulier du commandant en chef d’Afrique du nord de 1942 à 1943. Chef du 2e bureau de la Mission militaire française à Londres en 1944, il rejoint la 9e D.I.C. dont il est sous-chef d’état-major.
Il sert à Rabat les deux années suivantes, puis comme colonel du 7e R.T.Sénégalais à Dakar, entre 1947 et 1949. Professeur à l'École supérieure de guerre de 1949 à 1951, il est commandant de la zone ouest de Cochinchine de 1953 à 1954. Général de brigade en 1955, il devient alors chef de la région civile et militaire de Marrakech en janvier 1956.
Il passe en revue le 6eRPC revenu du Rif. Il assiste aux obsèques du Glaoui, Pacha de Marrakech décédé le 23 janvier 1956. Pendant son commandement en février, la prise de fonction de deux responsables marocains: pour la ville de Marrakech Mehdi Sakkali et pour les territoires de la province Moulay Hafid El Alaoui. Mehdi Sakkali fut incapable d'arréter les émeutes du 2 mai qui ensanglantèrent Marrakech: assassinat du frère du caïd Sektani, puis d'un ancien Khalifa du Pacha, puis du Fqih Bou Regba, puis des incendies de maisons dont celle des Mansouri, puis le caïd Hadj Omar fut tué, en fait probablement une centaine d'éxécutions de marocains par des marocains, le nombre de morts n'a jamais été connu. Du côté français il y eut la tentative d'assasinat du Révérend Père de Prémare début mars et l'enlèvement le 12 mai du capitaine Moreau qui ne fut jamais retrouvé. La bagarre entre marocains et sénégalais fit neuf morts le long de l'avenue Mohamed V le 30 juin. En fait le général Bazillon n'est plus le Chef de région, comme l'ont été ses prédécesseurs. Il assiste à des affrontements entre marocains: actions d'intimidation de l'armée plus ou moins clandestine de Libération, élimination de ceux qui semblaient avoir soutenu Moulay ben Arafa. Le général est principalement occupé à introduire les nouveaux responsables marocains dans leurs nouvelles fonctions et d'accueillir les visites-inspections des nouveaux ministres dans les domaines de leurs attributions.

general-Robert-Chavatte-1958

16 - Général Robert CHAVATTE (Pierre, André) - (1901-1990) Jeune officier il avait été en fonction à Marrakech puisque son fils François y est né en décembre 1932. Il fit sa carrière en Indochine dans les parachutistes de 1938 à 1956. Il y acquit une grande popularité. Les camps parachutistes sont attachés à son nom . Il fut nommé à la Région de Marrakech en 1957. Photo Salam MRK: le général est en présence du Président Justini, des anciens sous-officiers de réserve, de Monsieur Pingeon, maître tailleur de la garnison et de sa fille Nicole Pingeon habillée en Madelon. Nous recherchons des précisions sur les aspectss de son commandement à Marrakech. 
Les questions concernant Marrakech et sa région sont définitivement prises en charge par les responsables marocains mis en place. Reste la présence française représentée d'un côté par un Consul de France et d'un autre côté par un Délégué militaire  au grade de général. 
Madame la Générale Chavatte présidait les réunions des assistantes sociales de la Région et rendait des services éminents dans les relations franco-musulmanes. C'est à la suite de sa promotion comme Général de Division que le Général Chavatte a quitté Marrakech en février 1958.
Cet article est une contribution à l'histoire de 1912 à 1958 à Marrakech. On aura constaté que beaucoup de biographies de ces généraux restent à faire ou au moins à enrichir de documents et de photos. Nous encourageons les lecteurs du blog à partager les informations qu'ils détiennent sur ces grands acteurs de la ville de Marrakech et de sa région.
Cette rétrospective des Commandants chefs de région de Marrakech est originale. Elle ne peut être copiée sans l'accord écrit de l'auteur et la mention de l'édition: Mangin@Marrakech - 14 juillet 2017.

14 juillet 2017

MARRAKECH, LA PREMIÈRE VILLE DU MAROC OÙ FUT TOURNÉ UN FILM D'ACTEURS: "MEKTOUB, C'ÉTAIT ÉCRIT"

Sur votre écran France 2 propose le 20 juillet: Secrets d'Histoire : Moulay Ismaïl : le Roi-Soleil des mille et une nuits...

Stéphane Bern part à la découverte du royaume de Moulay Ismaïl (1645-1727). Un sultan au règne étincelant souvent comparé à celui de Louis XIV, dont il est le contemporain. Il accède au trône presque par accident, après la mort de ses deux demi-frères. Il n'a que 27 ans... et son règne durera cinquante-cinq ans. Moulay Ismaïl est le sultan de tous les excès : ses 500 concubines lui donneront pas moins de 700 enfants. Moulay Ismaïl demandera même la main de la princesse de Conti, l'une des filles naturelles de Louis XIV; mais celle-ci avait d'autres projets. 

LE PREMIER FILM TOURNÉ AU MAROC LE FUT À MARRAKECH ET DANS LES REHAMNAS

Les Tangerois prétendent que le film MECKTOUB fut tourné à Tanger, mais c'est une erreur et le blog Mangin@Marrakech en donne les preuves. Un révisionnisme historique semble vouloir faire oublier que Marrakech fut la première ville marocaine du cinéma avec le film de fiction : C'ÉTAIT ÉCRIT, MECTOUB, Drame de moeurs marocaines.

Même les dictionnaires du cinéma sont très imprécis parce que leurs auteurs n'ont pas bien cherché et vérifié les informations. Il faut dire que tant l'auteur du scénario, le producteur, la direction artistique et les acteurs sont restés peu connus du monde du cinéma. Seul le cameraman a tourné plusieurs films ensuite.

Mektoub-France-Maroc_1918-1919-11  Même le guide le Petit futé, pourtant habituellement bien informé, le place en premier de sa "filmographie sélective sur Tanger". Erreur, il fut tourné à Marrakech et dans plusieurs douars de la région des Rehamna proches de la Perle du Sud. Pour preuve une photo du tournage, prise sur les toits de Marrakech, avec la Palmeraie proche. 

Mektoub-France-Maroc_1918-1919-3  Photo Daniel Quintin 

Daniel QUINTIN qui tourna le film était officiellement "Opérateur de prises de vues" et fera par la suite d'autres films, comme La Sirène de Pierre tourné au Portugal en 1923 avec Roger Lion, de même Le fantôme d'amour, Les yeux de l'âme avec la même équipe. En 1924 il tournera L'arriviste avec André Hugon. C'était le frère du journaliste Léon Quintin. 

Des commentateurs, en raison de la date de sortie du film, le classent dans la catégorie des films colonialistes, mais comme l'intrigue du film se réfère à une histoire vécue qui s'est produite vers 1903, ils auraient mieux fait de se renseigner avant d'écrire qu'il s'agirait d'un film colonialiste . En fait il s'agit d'un drame de moeurs marocaines qui se passe uniquement entre marocains à l'époque du Grand Vizir Ba Ahmed au début du règne de Moulay Abd el Aziz. Le sénario a été écrit par Edmond DOUTTÉ, Marrakchi, fin connaisseur des moeurs marocaines, anthropologue, professeur d'université parlant parfaitement l'arabe classique, le darija et plusieurs dialectes berbères; la ville de Marrakech avait honoré sa mémoire en  donnant son nom à une des rues de la Médina de Marrakech; Il s'agit depuis 1956 de la rue Moulay Ismael. On connait aussi d'Edmond Doutté une pièce de théâtre sur une légende arabe préislamique: Imroulcaïs, coécrite avec F. Nozière et interprétée pour la première fois au théâtre Sarah-Bernardt en février 1919, par Romuald Joubé (Imroulcaïs) et Ida Rubinstein (Oum Djondab).

Le directeur artistique qui asssistait l'anthropologue était J. PINCHON d'après la fiche technique. Mais un malin pas assez futé n'a pas pensé que son prénom pouvait être Jacques, Joseph, Jules ou autre "J" et a décidé de mettre "Jean". Raté, c'était Joseph, le célèbre Joseph Porphyre PINCHON qui commença à l'Opéra de Paris comme dessinateur de costumes et qui en fut le Directeur artistique de 1910 jusqu'au début de la guerre de 1914. Il dessina les illustrations d'un grand nombre de livres pour enfants et en particulier les aventures de la célèbre bretonne Bécassine. Il réalisa un autre film après Mektoub. Ce film, MON VILLAGE fut tourné à Oberseebach en Alsace d'où était originaire sa femme. C'était aussi un film qui revenait sur le passé récent de l'Alsace. 

L'intrigue de Mektoub: Premier film inspiré de l'histoire et des moeurs marocaines.

Ould TAHAR, fils d'un riche notable de la tribu des Rehamna menait une vie de désordres. Un soir où il donnait une fête parmi les chanteuses venues pour distraire les invités, la jeune TAMOU est vivement frappée de la beauté d'Ould TAHAR. 

Le Pacha de Marrakech fait mander Ould TAHAR et lui reproche sa vie désordonnée, lui montre les châtiments auxquels il s'expose, puis, faisant appel à son honneur, le nomme caïd de la vallée du Draa.

Mektoub-France-Maroc__1918-1919-2

En partant rejoindre son nouveau poste, Ould TAHAR voit en haut de sa terrasse la jolie SAADIA, nièce du Pacha et est frappée de sa grâce... SAADIA de son côté n'est pas insensible au beau caïd. 

À quelque temps de là, le pacha reçoit la nouvelle que la tribu des Rehamna s'est révoltée. Il apprend par d'autres messagers qu'Ould TAHAR maltraite ses administrés. Il donne un ordre pour le faire comparaitre devant lui.

La chanteuse TAMOU, éprise d'Ould TAHAR va trouver un étudiant afin d'obtenir un talisman qui lui assurera l'amour du Caïd de la vallée du Draa. Comme elle est surprise dans une dépendance de la mosquée, (lieu formellement interdit aux femmes) où elle était venue trouver cet étudiant, on la conduit devant le Pacha de Marrakech.

Ould TAHAR arrive à Marrakech conformément à l'ordre reçu du Pacha et se présente tandis que ce dernier morigène TAMOU la chanteuse. Il reçoit à son tour des reproches pour ses mauvais traitements et TAMOU, inconsidéremment prend sa défense. On la conduit aussitôt en prison. L'entretien continue et le Pacha donne l'ordre à Ould TAHAR pour racheter ses fautes d'aller prendre le commandement de son ancienne tribu des Rehamna qui s'est révoltée et de la ramener dans la bonne voie... 

Mektoub-France-Maroc_1918-1919-2

Ould TAHAR demande en échange la main de SAADIA qu'il n'a pas oubliée. La réponse n'est pas définitive. En sortant de cet entretien, Ould TAHAR rencontre celle qu'il aime et lui fait l'aveu de son amour.

- "Réussis dans ton entreprise... et je serai à toi." répond SAADIA.

TAMOU, conduite en prison, s'en évade et part vers la tribu d'Ould TAHAR. D'autre part le père de SAADIA décide d'éloigner sa fille et quitte avec elle Marrakech en caravane.

Ould TAHAR, arrivé chez les Rehamna, réunit le Conseil et cherche selon sa mission , à détourner les notables de la révolte. Il est interrompu par l'arrivée d'un pillard qui raconte son exploit: capture de riches voyageurs. Ould TAHAR veut punir le coupable, mais ses amis lui font comprendre que cette conduite le rendra impopulaire, il est amené à gracier le pillard et ordonne qu'on garde les prisonniers sains et saufs.

La séance du Conseil de la tribu continue et Ould TAHAR se rend compte qu'il ne peut aller contre l'opinion de tous et, malgré lui, il est contraint d'approuver la révolte. Réjouissances pour fêter sa venue, fantasia, etc...

Parmi les bateleurs venus pour cette fête, Ould TAHAR retrouve TAMOU disant la bonne aventure. Il se fait prédire sa destinée et apprend sa fin tragique en prison. Cette divination est interrompue par l'arrivée des prisonniers capturés par le pillard et qu'Ould TAHAR a ordonné d'amener. Il reconnaît avec surprise SAADIA et son père. Il hésite alors sur la décision à prendre vis-à-vis d'eux. Mais les guerriers en désordre viennent dans le camp annoncer que le Sultan marche contre la tribu. Ould TAHAR ordonne la résistance, puis congédie SAADIA et son père, les renvoyant sous une escorte sûre à Marrakech.

Puis c'est la déroute complète des Rehamna, le désordre dans le camp. Devant la fuite des siens, Ould TAHAR avec quelques uns de ses compagnons s'enfuit au galop.

La révolte des Rehamna a été étouffée par l'armée du Sultan. À Marrakech, le père de SAADIA, revenu sain et sauf et touché, autant par la générosité d'Ould TAHAR que par le désespoir de sa fille, plaide auprès du Grand Vizir la grâce du rebelle: "C'est un criminel d'Etat, il doit être puni ! " Tel est l'arrêt du représentant du Sultan.

Au cours d'une partie de campagne, dans un grand jardin, SAADIA apprend qu'Ould TAHAR va être amené enchaîné à Marrakech. TAMOU la chanteuse aussi était là et a tout entendu... Dans son désespoir SAADIA supplie TAMOU qui, comme chanteuse, à l'encontre de toutes les femmes marocaines, peut circuler en toute liberté, d'aller supplier le Grand Vizir de grâcier Ould TAHAR

- "S'il le faut, je renonce à lui... pour qu'il vive !!!"   TAMOU, jalouse jusqu'alors, promet d'intervenir. Le Grand Vizir a fait comparaître devant lui Ould TAHAR enchaîné et lui montre le supplice que méritent les rebelles: on les enferme dans une cage de fer, on les expose à la populace... puis ils pourrissent en prison. Mais Ould TAHAR plein de fierté accepte le supplice et se retranche derrière le fatalisme du Musulman: "Mecktoub ! c'était écrit!" Et alors que TAMOU remplissant sa promesse, vient supplier le Grand Vizir d'être clément, Ould TAHAR lui même refuse sa grâce et réclame le supplice des rebelles... 

Mektoub-France-Maroc_1918-1919-12

SAADIA apprend de TAMOU l'insuccès de sa démarche et meurt en voyant passer sous les murs de sa terrasse là où la première fois elle vit Ould TAHAR lui sourire, le même Ould TAHAR enfermé dans une cage de fer portée sur un chameau au milieu de la populace.

FIN

(d'après l'article de Marcel Schulz)

Les conditions du tournage

Toutes les scènes ont été tournées dans les lieux mêmes où l'action se déroula; aussi bien à Marrakech dans les palais du pacha, que dans le bled au milieu des douars; tout fut pris sur le vif.

Le drame est illustré par une mise en scène somptueuse : fantasias éblouissantes, fêtes rituelles,, cortège du Sultan, etc...

Les acteurs

Les artistes sont des marocains qui en majorité jouent leur propre rôle. Les chanteuses sont de vraies chanteuses "chikhates", les moghaznis sont de véritables moghaznis et les étudiants des "tolba" authentiques, etc...

Les acteurs du film MEKTOUB sont donc principalement marocains à l'exception de deux acteurs de théâtre professionnels, dont l'une était anglaise née à Hong Kong et l'autre français d'origine belge.

Le rôle de la chanteuse TAMOU est tenu par SAIDA BENI SAÏD, première actrice marocaine

Nous n'avons pas la distribution complète disponible: Le pacha, le Grand Vizir, le pillard, etc... en revanche SAADIA, la fille du Pacha de Marrakech est jouée par une actrice du Théatre de l'Odéon à Paris: Miss Mary HARALD, qui venait de remporter un succès dans le film TIH MINH. Le rôle d'Ould TAHAR est tenu par Robert BOGAERT, aussi du théâtre de l'Odéon, moins connu que son épouse Lucienne BOGAERT et qui fut plus tard engagé à l'Athénée par Louis Jouvet. Ce furent les deux seuls acteurs qui n'étaient pas marocains.

Diffusion du film

Le film entièrement tourné en 1918 à Marrakech et dans sa région, fut mis à l'écran à Paris au GAUMONT PALACE assez tardivement, en novembre 1920. Il fut distribué également dans trois villes du Maroc: Tanger, Casablanca et Marrakech. 

Centenaire du tournage et de la projection publique: Le blog Mangin@Marrakech est heureux d'avoir révéllé aux marrakchis qu'ils peuvent être fiers d'avoir accueilli dans la Ville Rouge le tournage du premier film marocain réalisé au Maroc. Il serait heureux que les responsables du Festival International du fim de Marrakech se procurent la bobine originale du film afin d'en fêter dignement le centenaire.

Cet article a été rapidement repéré par Ali ESSAFI, qui contribue à une histoire des pionniers du cinéma au Maroc commencée par feu A. BOUANANI. Il écrit:
"Ces informations sont justement précieuses parce qu'elles permettent de rendre justice à la toute première actrice marocaine dont je n'ai trouvé trace dans aucun historique  sur les pionniers marocains du cinéma . Il n'y a malheureusement non plus aucune trace d'elle dans les génériques des films de cette époque. Je suis ravi également que çe soit une Chikha. Au Maroc je suis connu pour avoir fait le premier film documentaire sur les Chikhates et qui leur rend justice an tant qu'artistes pionnières du Maroc. Voici le lien du film:

Blues des Shikhats (sous-titres en français). http://www.dailymotion.com/video/k2Ngv4LH5ZCexh3XCpB

Encore un grand merci et bonne continuation à vous." Ali Essafi

07 juillet 2017

CHKOUN ANA DE JEAN TAROT, ÉCRIT IL Y A 70 ANS À LA TARGA

 

imagerMarrakech-le-gueliz-une-histoire-de-patrimoine

UN NOUVEAU LIVRE "MARRAKECH, LE GUÉLIZ, UNE HISTOIRE DE PATRIMOINE" de Rachel Thomann, une jeune universitaire Suisse, aux Editions Sarrazines & co.   Le livre est disponible à la librairie CHATR à Marrakech, il est aussi distribué par SOCHEPRESS sur l'ensemble du Royaume chérifien. Il est diffusé par L'Oiseau INdigo-Bookwitty, pour la France, Suisse, Belgique, Canada, et sur les sites de ventes en ligne : Fnac, Amazon, Decitre, Sauramps... Merci à Babeth Dufrenoy-Massy de nous l'avoir signalé

Chkoun_Ana

Les souvenirs d'autrefois à Marrakech s'estompent. Surtout les plus anciens. Nos correspondants nous avaient conté les années 70, 60 ou 50, rarement au delà. Pouvait-on remonter plus loin dans les années 40 ?  

Jean-Tarot-SM

Grâce à Jean TAROT, qui dans sa correspondance a consigné le récit de son vécu, nous avons accès aux souvenirs d'un blédard, un targaoui. Aujourd'hui le blédard a 97 ans révolus. Merci à lui et à sa fille Blandine qui nous a envoyé des photos du bled pour illustrer sss lettres. 

© Rappelons que ce récit fait partie des éditions Chkoun Ana au titre protégé. Il ne peut être reproduit pour publication sans l'autorisation écrite (à demander à l'auteur du blog). Il doit être accompagné aussi de la mention de l'édition.

Jean TAROT est né en 1920. Il a d'abord  fait son service militaire aux spahis à Marrakech, démobilisé à l'Armistice, il a été intégré au 2eRTM et a fait la campagne de Corse, l'Italie, la campagne de France et l'Allemagne jusqu'en Autriche. (voir son récit). 

-Jean-Tarot-medaille-militaire1

 

De retour à Marrakech après la guerre où il s'était distingué, il trouve un emploi de responsable d'exploitations agricoles. Il avait une expérience de ce type acquise près de Meknès. Il venait d'avoir 26 ans en aout 1946.  Au lieu de rédiger un Chkoun Ana classique en réunissant ses souvenirs, il se présente par des lettres qu'il a écrites il y a 70 ans révolus à des membres de sa famille. Il décrit son nouveau travail d'exploitant agricole à son frère André dans une lettre datée du 19 aout 1946 depuis La Targa. Deux autres lettres à sa mère de janvier et de mai 1947 complétent sa description de la vie exceptionnelle qui faisait le quotidien des pionniers de La Targa. En tout trois lettres de saisons successives dans l'activité agricole: aout, janvier, mai.

19 août 1946
La Targa
                                                                          Mon cher André,
 
Je te dis tout de suite qu'ici,il y a un travail très intéressant
mais qui ne me laisse guère de répit. Je t'assure que le soir, il faut que je prenne mon courage à deux mains pour écrire aux différents membres de la famille.
En effet, en dehors de la Targa, qui est la propriété la plus importante ( 110 orangers ) , je m'occupe d'une autre propriété à sidi Abdel La Riah, qui se trouve à 19 kilomètres de Marrakech, et d'une autre propriété, aux M'rabtines, vaste étendue désertique, en voie de défrichement et de mise en valeur prochaine.

Abdallah-Zina

Heureusement, j'ai un très bon caporal indigène pour m'aider au point de vue surveillance et mise en route des ouvriers ( une quarantaine ) tous les jours.
Abdallah le "caporal", Zina et les enfants
 
Dès mon arrivée, j'ai remis en état un moteur à mazout pour une station de pompage, il m'a donné pas mal de soucis, car il y avait 7 ans qu' il était abandonné ( cause guerre )
 
  Ici, la technique d'irrigation est totalement différente de celle de Ben Aissa....( près Meknès, où se trouvait mon père avant la guerre, de 1937 à 1938-39 ) où l'on se contente de mettre un moteur et une pompe en bordure de l'oued et de puiser l'eau à longueur de journée sans crainte de rester en panne d'eau, ici, c'est tout différent, pas d'oued, donc, il faut creuser des puits, qui atteignent parfois 20 ou 22 mètres de profondeur.....une fois ces puits creusés, l'on creuse des galeries souterraines qui suivent le cours d'eau, variant de 3 mètres à une centaine de mètres... c'est un travail de titan et onéreux !!!!
 
 A Riad Sultan, je suis descendu au bout d'un câble à 18 m de profondeur d'eau, et engagé le dos courbé vers une magnifique voùte de pierres, dans une galerie de 15 mètres de long avec de l'eau jusqu'au mollet, c'est assez impressionnant la première fois
 Les ouvriers travaillent à la pioche et emportent la terre dans des paniers qu'ils portent au puits, où ils sont remontés par un treuil, qui redescend des pierres pour étayer la galerie...
parfois, le débit est important, mais comme depuis 3 ans, il n'a presque pas plu, la nappe d'eau est en baisse, d'où l'obligation de creuser des puits et des galeries pour rejoindre la nappe.
 
En ce moment, à la Targa, nous creusons un puits avec de la dynamite, mais nous sommes obligés de pomper continuellement, car l'eau arrive en abondance et plus que l'on espérait
 
Un grand bassin de réserve d'eau de 15 mètres de long, 7 de large, 2m80 de haut, est en construction, cependant que nous venons d'installer un mécanisme de pompage électrique, le tout pour les orangers qui ont grand besoin d'eau.
 
Le gros travail, ce sont les distributions de grains, d'huile, de sucre aux ouvriers, cela fait une comptabilité qui n'est pas des plus faciles à tenir à jour.;

une partie du troupeau de vaches laitières

Je fais mon inspection des différents chantiers à moto, ne crois pas que ce soit un luxe, mais c'est une nécessité pour ne pas perdre de temps, car en dehors de tout ce que je viens de te dire, il y a une conduite à réparer, des travaux dans la maison, sans compter la surveillance de la traite, du troupeau etc..
Une partie du troupeau
 
En résumé, beaucoup de travail, peu de repos, mais passionnant..
 
J'ai visité cependant Marrakech avec l'oncle Jacques ( Jacques Lelong), c'est vraiment une jolie ville dans le désert!!.... il y a des splendeurs d'architecture et de sculpture....
le 2 janvier 1947, Jean Tarot écrit à sa mère (extrait du passage de sa lettre concernant son travail à la Targa)

Le tracteur de papa

..."Ici, toujours autant d'activités, et j'avoue que je n'ai guère le temps de chômer; les semailles se terminent, fortement retardées par la panne d'un tracteur vieux comme Hérode, qui heureusement, vient d'être remplacé par un tracteur Fordson tout neuf venant directement d'Angleterre. Le tracteur du chef

 

Ramassage des abricots

Nous venons de terminer la cueillette des oranges navels (70 tonnes ), nous commençons les citrons, puis nous aurons un moment de répit avant de cueillir les tardives. Il y a un gros travail de taille à faire sur les arbres, nécessaire si on veut avoir de la récolte l'année prochaine." 

La cueillette
Autre passage d'une lettre de mai 1947
                                 
                                                                Ma chère maman
De plus, voilà un mois et demi qu'il n'est pas tombé une goutte d'eau, le soleil commence à chauffer dùrement, il fait déjà + 34-35 degrés à l'ombre

Brigitte et Blandine 3 et 5 ans devant la moissonneuse batteuse

Nous sommes actuellement en grands travaux, rentrée des fèves, coupe et transport des fourrages artificiels et naturels,
dans 8 jours, je mets la moissonneuse batteuse dans le blé qui n'est pas trop mal cette année...
Brigitte et Blandine devant la moissonneuse de papa
 
Les orangers ont énormément changé sur l'année dernière, les fleurs sont déjà tombées et tous les fruits sont formés.. Inch Allah qu'ils tiennent jusqu'au bout,
la grosse question est de pouvoir les irriguer à fond, convenablement, et à temps voulu, ce qui n'est pas une mince affaire, car il y en a 6000, plus 2000 oliviers;

Champ d'orangers

 Champ d'orangers
enfin, heureusement, la ferme se rééquipe et se garnit de matériels qui faisaient complètement défaut.
 
Depuis 8 jours, nous commençons à être très inquiets, car les sauterelles sont à 2 kilomètres de Marrakech, des criquets ou enfants sauterelles sont chez les Gouillouds...
La lutte se fait au moyen de son empoisonné; j'espère qu'elles ne se mettront pas dans les arbres, car alors, ce serait un véritable désastre;
La laiterie se remonte et j'ai battu des records sur toutes les années précédentes, et cela avec moins de vaches, je fais une moyenne de 90 litres par jour
il y a également, 55 petits cochons qui ne demandent qu'à grossir, tout cela reste très bien, mais demande une surveillance de tous les instants
 
Je commence en ce moment à 5h le matin, je surveille la mise en route des ouvriers avec le caporal ( Abdallah ), ensuite je passe à la traite des vaches, je déjeune, ensuite, je pars faire le tour du bled, c'est à dire, aller voir l'équipe qui est aux irrigations, de là, aux fourrages, coupe et ramassage, puis au ramassage et battage des fèves, en remontant, je vérifie un chantier d'abattage de bois, puis je vais aux tomates ( 1/ 2 ha ), qu'il faut bouturer et irriguer tous les 3 jours
 
Voilà approximativement le travail d'une demi journée..;
Je viens de rentrer ce soir 2 tonnes de fèves, résultat d'une battue de 6 mulets, c'est beau !!!
© Ces lettres font partie des éditions Chkoun Ana au titre réservé. Elles ne peuvent être reproduites pour publication sans l'autorisation écrite de l'auteur et sans la mention de l'origine de l'édition: Mangin@Marrakech 07-07-2017.

Blandine et sa soeur Brigitte devant les citronniers Quelques années plus tard, Brigitte et Blandine Tarot dans l'orangeraie

Précieux documents que ces lettres, qui rendent compte de l'énorme travail qui fut nécessaire à la mise en exploitation de la Targa, dont les premières concessions ne furent attribuées qu'en 1921-1922. Merci à Jean Tarot d'avoir écrit ces lettres en 1946-47, nous lui souhaitons une bonne santé pour passerle cap des 100 ans et merci à Blandine d'avoir eu l'idée de partager ces précieux documents avec les marrakchis.


27 juin 2017

MARS 1940 - PILOTES POLONAIS ET PILOTES FRANÇAIS À MARRAKECH CONTRE L'ENVAHISSEUR NAZI

Hommage à deux Pilotes, Alain Le Taillandier de Gabory et Stanislaw Beśko morts en service commandé à Marrakech, au cours d'un exercice d'entraînement, le 29 mars 1940.

The day of the funeral in Marrakech Le cimetière de Marrakech, le jour de leurs funérailles. Photo collection Beśko  DR

Hitler avait déjà annexé l’Autriche en 1938 (l’Anschluss) ainsi que le territoire des Sudètes (la  partie de la Tchékoslovaquie la plus proche de l’Allemagne). Les gouvernements Anglais, Français et Italiens ne s’y opposèrent pas.

Hitler obtient ensuite de la Russie soviétique un pacte de non agression, qui est signé le 23 aout 1939. En fait, il avait déjà en tête l’annexion de la Pologne et voulait s’assurer que les soviétiques ne s’y opposeraient pas. Une semaine plus tard, le 1er septembre l’Allemagne envahit la Pologne qui était alliée de la France et de la Grande Bretagne. Cette alliance provoque la déclaration de guerre de la France à l’Allemagne. C’est le début de la deuxième guerre mondiale. L'Allemagne n'attaquera réellement les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg et la  France à Sedan que le 10 mai 1940.

Le blog des anciens de Marrakech présente les carrières de ces deux pilotes tombés avec le même avion, afin de leur rendre un hommage commun.

Stanislaw Besko

De Gabory 1

Laura Dzienkiewicz née Belso, la fille du Pilote polonais Stanislaw Besko savait que la tombe de son père se trouvait à Marrakech, elle a vu son nom sur une photographie de l'une des croix du cimetière militaire de Marrakech. De même Christophe Meynard, petit-neveu du Pilote français Alain de Gabory a repéré que le blog parlait de son grand-oncle, adjudant moniteur pilote. Les anciens de Marrakech les remercient pour les documents fournis qui nous ont permis de réaliser cette page à la mémoire des deux pilotes. Le pilote Alain de Gabory porte une casquette de pilote de l'Armée de l'Air, sous le soleil de Marrakech. Le pilote Stanislaw Besko est ici nue tête. Merci aussi à Paulina Derkowska qui nous a aidé à traduire du polonais au français en passant par l'anglais, les documents concernant Stanislaw Beśko, conservés au Musée de l'Armée à Bydgoszczy (Muzeum Wojsk Lądowych w Bydgoszczy)

Carrière du pilote Stanislaw BEŚKO

Stanisław Beśko est né le 3 avril 1905 dans la petite ville de Rusiec ( Voivodie de Łódź, Pologne). En 1923 appelé à effectuer ses obligations militaires, il interrompt ses études en cours à Łódź.

Stanislaw Beśko commença dès le début une carrière dans l’aviation. Le 6 septembre il fut incorporé dans la 3e Cie du 1er régiment aérien à Varsovie. Pendant son service du 1er décembre 1923 à juin 1924, il est attaché au service photographique du 1er Régiment aéroporté. Caporal en mars 1925, caporal-chef en avril 1926. En 1927 il entame une formation de pilote à Bydgoszcz.

Les cours comprennent une partie théorique (mathématiques, physique, hygiène) et une partie pratique (combat, tir, tactique, education physique, maniement des armes, communication, géographie militaire, administration, histoire de l’armée polonaise, défense anti-aérienne,..) et une partie spécifique à l’aviation (moteurs, fuselages, radio, alphabet Morse, tir sur cibles, largage de bombes, tactique aérienne). Au début d’avril 1928 il passe à la partie pratique du pilotage. Au sein du 1er escadron d’instruction Beśko réalise 149 vols avec son moniteur le Sergent Kielek et 72 vols en seul sur Hanriot XXVIII. Au sein du 2e escadron il effectue 31 vols avec le moniteur-pilote Skibiński et 38 vols en seul sur Morane 35-EP2. Au 3e escadron il vola sur Hanriot XIX: 61 vols avec son moniteur le sergent Czarnecki et 48 en seul. Puis en aoùt 1928 il s’entraîna sur Potez XV instruit par le Lt Meissner et le sergent Muślewski. Il termina sa formation en s’entraînant sur Breguet XIV et Potez XXVII le 21 septembre 1928. Au total, il avait réalisé 498 vols pour un total de 55 heures et 46 minutes.

Les cours ne reprenant qu’en novembre, il fut affecté au 11e escadron du 1er régiment aérien, où il vola principalement sur Potez XXVII et en mai 1929 sur Breguet XIX.

Il reçut le n° de pilote 1224 du ministère des affaires militaires en septembre.

Sa formation se poursuivit à l’école de tir et de bombardement à Grudziądz et pour l’entraînement pratique au terrain de Grupa près de Świecie et en juillet 1930, il prit part à la Parade aérienne dans le ciel de l’aéroport d’ Okęcie à Varsovie.
Les missions s’enchaînent ensuite, soit des vols d’appui pour les manoeuvres de l’infanterie (28e Division), soit des Parades aériennes pour susciter des vocationsde pilotes, soit des liaisons aériennes, sur Malte par exemple. Il eut aussi à faire face à des pannes de moteur ou même à un accident au train d’atterrissage.

Puis en 1931, il suivit une formation de moniteur pilote au Centre d’instruction de Bydgoszcz.

D’autres missions d’entraînement avec l’artillerie et l’infanterie le conduisirent jusqu’au 19 mars 1934 où il fut promu Sergent. Il eut à faire face à une panne de carburateur gelé, à une défaillance des cables de pilotage l’obligeant à un atterrissage en catastrophe. Il fut affecté au 13e escadron à sa création. Il vola alors sur Lublin R.XIII 56

En mai 1936, il effectue de nombreux vols de nuit. En septembre 1936, il exerce comme moniteur pilote au centre d’instruction. Il vole sur RWD-8nr34 et forme de nombreux élèves pilotes.

Le capitaine Ludwik Szul qui commande le 11e escadron donne son appréciation sur le Sergent Stanislaw Beśko (citation en polonais, suivie d'une traduction): „Jako pilot b. dobry, lata b. chętnie, dyscyplinowany w powietrzu. Lądowanie do kwadratu, na punkt, naloty na foto i bomb, naloty na podchwytywanie b. dobre. Loty w szykach b. dobry na wszystkich Nr. Znajomość regulaminów dobra. Morse na ziemi odbiór i nadawanie około 30 zn/min. Ukończył szkolenie strzeleckie II kl. Jako strzelec b. dobry.” „ C’est un très bon pilote, volontaire et discipliné en vol. Il atterri sur un carré, un point, il se dirige à vue sur la cible, lache ses bombes et remonte, parfaitement. Vol en formation: Très bon en tous points. Connaissances en régulation: Très bon; Morse: Reception et émission: 30 signes/minute; Très bon tireur.” 

 Tablo-kursu-pilotazu-37-38  Les appréciations de ses supérieurs l’incitèrent à transmettre ses connaissances et son expérieuce à de jeunes élèves pilotes. Il le fit en 1936-37, puis en 1937-38 où il en forma 35.  Le 19 mars 1939 il fut promu Sergent-chef et en septembre 1939 il intégra l’escadron d’instruction du 1er régiment aérien.

Family

Il est incontes-tablement un pilote entraîné, expérimenté, habitué au pilotage d'avions de chasse, comme d'avions de ligne. Il a utilisé des avions de marques françaises et forme les jeunes pilotes polonais. 

Il est marié à Janina (petit nom: Nanuś) et sa fille est Laura Wiktoria (appelée aussi Loreczka dans sa correspondance). Nous les voyons ensemble sur une photo.

1er septembre 1939:

Survient par surprise l’aviation d’Hitler qui s’abat sur la Pologne et commence par anéantir son aviation avant qu’elle ait pu décoller. Restent de nombreux pilotes sans leurs avions.

Stanislaw Beśko avait tenu son journal à partir du 1er septembre 1939. Il commence comme un journal de bord avec une concision toute militaire; puis il continue plutôt sous forme de lettres touchantes à sa femme jusqu'en mars 1940 à Marrakech. 

Nous  proposons une traduction de ce journal de bord devenu journal intime:

Septembre 1939: le mois de l’exfiltration des pilotes vers la frontière Roumaine et Bucarest

1er IX 1939 - L’aviation allemande envahit le ciel au-dessus de l’aéroport d’Okęcie (Varsovie) et largue ses bombes.

2.1X – Départ vers l’aérodrome de repli près de Grójec.
4.IX – Mariage de mon collègue A. Kryza et baptême de sa fille Basia – je suis son parrain.

5.IX- Départ vers l’aéroport près de Siedlce.

7.IX - Départ du frère Stefek vers le vieux aéroport et avis selon lequel il aurait été touché par les tanks allemands.

8.IX - Aide à la recherche de sa fille par Me Wera. 

10.XI – Départ pour Łuck sur un avion LR13. Pendant le vol je fus touché par mes propres troupes ( deux impacts dans l’aile gauche). Bombardement de l’aéroport de Łuck. Départ pour l’aéroport de Ławrów (Ukraine).

11.IX – Départ pour l’aéroport de Targowica (Ukraine).

15.XI – Départ sur „egret” à Stanisławowo (Ukraine) et passage de bombardiers. Accompagné par Koczwarski et Przybylski.
16.XI – Bombardement de l’aéroport et de la voie ferrée à Stanisławowo.
16.IX – Départ sur un train vers Kołomyja..
17.IX – Départ sur une charette à cheval vers la ville de Kosów, où notre aéroport  était supposé se trouver.
17-18. IX – Nuit passée près de Kosów – nouvelles et réalité.
18.IX – Continuation de la route en utilisant une automobile abandonnée. Que faire maintenant ?
18-19.IX – Passage de la frontière dans le village de Kuty au milieu de la nuit.

19–20. IX – Voyage en automobiles.
20. IX – Don d’armes aux Roumains et poursuite du trajet par trains de marchandises

22.IX – Reception à la gare de Bacau (Roumanie) par la Croix Rouge. Poursuite du voyage par la Mer Noire vers Guleze.. Puis direction de Bucarest par Babadag.

23.IX. – Rencontre du Colonel Skarżyński à Babadag, qui nous informa que les pilotes sûrs devaient se présenter à la mission à Bucarest afin de s’engager dans la Ligue polonaise en France, dans l’aviation.

24.IX –  Rencontre à l’embassade de Pologne à Bucarest. Etablissement d’un passeport à la Maison de la Pologne et acquisition de vêtements civils en complément.
27.IX – Obtention du passeport. Passé la nuit à ROZA CRUZE. Expédition d’une lettre à ma femme et à mes parents par la Croix Rouge. Visite de la Ville.

29.IX – Départ pour Constanta et Eforie
30.IX – La Mer. Pensées pour ceux qui me sont les plus chers.

Octobre, les étapes du voyage ( Turquie, Syrie, Beyrouth, vers Marseille et Istres)

2. X – Natation dans la mer. Difficultés pour aller en France. Nouvelles sur la situation politique. Tristes rappels du cours de la guerre. Discussions politiques.
11. X – Déplacement d’ Eforie à Balcic. Précautions vis à vis des espions à Balcic. Logement dans un lieu habituellement affecté aux femmes turques.
15. X – Embarcation sur un bateau Grec et départ vers la Syrie.  Cinq jours sur la Mer noire, le Bosphore, la Mer Égée, la Mer de Marmara,  la Méditerranée. Observations: faune et flore de la mer et des îles.
20. X – Arrivée à Beyrouth (700 personnes). Réception solennelle par les troupes coloniales et entrée sur la place du camp proche des baraques accompagnés par l’orchestre militaire indigène.
21. X – Première messe et chants patriotiques Polonais. Assiste à une chaude nuit Sénégalaise.

20/21. X – J’ai rêvé de vous, mes chères filles. C’était un rêve étrange: j’ai rêvé à l’arbre de Noël que tu as acheté, Nanuś, mais, parce qu’il était difforme, tu l’avais coupé et y avait ajouté des branches. D’une étrange façon, l’arbre de Noël devint une couronne que Loreczka commença à décorer disant „cela sera notre arbre de Noël”.

21. X – Nous reprenons notre voyage vers la France sur un navire marchand français. Contemplant le bleu profond de l’eau, bercé par le vent fort mais chaud, je pensais à vous, mes très chères filles. Ce n’était pas des moments  de pensées heureuses... Et durant ces nuits sans sommeil,  chaudes, étoilées,  passées sur le pont du bateau, je faisais l’expérience à ce moment de mon incapacité à vous défendre, moment de mutinerie qui nous ordonnerait de renoncer. Et nous étions prêts à périr dans la bataille, seulement ne pas laisser l’ennemi aller plus loin.

Ils nous ont promis de nouveaux équipements. J’ai vu à la frontière entre la Pologne et la Roumanie quelques soldats qui voulaient défendre le pays avec de nouveaux tanks remplis de munitions. Ils imploraient d’être conduits contre l’envahisseur. Ils voulaient combattre. J’ai vu des soldats marchant en colonne sans commandement et je me souviens que le Colonel Umiastowski fit un discours à la radio: „Messieurs les officiers, où êtes-vous ? Des caporaux conduisent des compagnies.” Je suis hanté par les images vues pendant mon dernier vol en Pologne... dans le but supposé d’obtenir de nouveaux équipements.

Quand je volais vers Stanisławowo, alors que le jour déclinait je vis autour de moi la fumée des villages et villes en flammes, des bombes allemandes explosant devant moi, nos avions abattus et brûlés sur le sol et, au-dessus de nous, les avions ennemis détruisant en toute impunité. Et tant d’entre nous prêts à se sacrifier. Si seulement ils nous avaient permis de les combattre avec nos avions. Et malheureusement, j’étais en train de voler sur un avion de ligne désarmé.

Pendant sept longues journées nous navigames protégés par un destroyer français X 32
29. X – Nous débarquames à Marseille; et nous fument conduits vers la ville d’Istres pour être organisés dans cette ville. Celà se fit lentement et il semblait que nous n’allions pas combattre très tôt. Mais il est certain que nous le ferons. Je voulais combattre avec les combattants et pour cela je m’inscrivis sur la liste des combattants. Mais je ne sais comment les choses allaient se produire.  

Mes chéries, je ne sais si je vous reverrai un jour. Je ne sais pas si vous avez reçu par la Croix Rouge la lettre que je vous écrite de Bucarest. Comment avez-vous traversé les bombes et est-ce que Lorecza fut très effrayée. Comment vivez-vous mes chéries ? Et moi, mal chanceux, je ne peux vous aider. Il ne m’est pas permis de communiquer avec vous. Je n’ai plus d’argent et ma dernière paye remonte au 30 aout. Avec seulement de petites allocations, je diffère mes modestes besoins. J’espère que j’aurai une paye en France; peutêtre pourrais-je vous envoyer quelquechose. C’est notre sort...

Novembre, stationnement à Istres, visite de la Provence, la maladie.

7. XI –  Aujourd’hui je suis l’officier de service du groupe local d’aviation. Il y a parmi les autres Koczwarski et Jarnutowski. Przybylski, qui était avec nous, a été arrêté par les Roumains à Balczyk, mais, je pense qu’il viendra à l’occasion d’un transport bientôt. Je suis le patron et commande ceux qui ne sont pas inscrits comme combattants, et à cause de celà, j’ai beaucoup de travail. Notamment la discipline est relâchée et chacun est habillé en civil. Petit bout par petit bout nous apprenons le français, mais seulement dans quelques jours ils nous aideront et nous donneront des lectures.

Le 27, plusieurs d’entre nous, firent une visite en voitures des villes proches, offerte par le Haut-commandement local de la Base. Nous sommes allés à Arles, Tarascon et Avignon. J’ai vu beaucoup de choses étonnantes. Premièrement, c’est un pays très intéressant. Toutes les routes goudronnées sont bordées d’arbres ressemblant à nos érables (platanes), et des thuyas élevés (cyprès). La campagne est plantée de vignes qui sont séparées par de hautes haies de thuyas et de bambous avec des fossés d’irrigation. Le sol est caillouteux, plat, coupé de ruisseaux; ici et là il y a des collines assez hautes. Les villes sont petites, elles évoquent l’époque d’avant le Christ avec des monuments romains. Nous les visitames rapidement. Théâtre romain, arènes circulaires, arches de pont, tout construit en pierres de taille. Je suis allé au Palais des Papes où se trouvent beaucoup de souvenirs de différentes époques. Jamais je ne reverrai une aussi belle vue, depuis la tour de ce Palais. Avignon est une belle grande ville située au bord du Rhône. La plupart de ses bâtiments sont des monuments du passé. Vous ne pouvez pas voir l’effet de la guerre ici. La population est généralement accueillante.

Ils ont ravivé nos espoirs en parlant de faire venir nos familles ici. J’adorerai vous avoir ici avec moi mais je ne sais pas si cela adviendra. Je ne sais pas s’ils vous ont trouvé à l’adresse que je leur ai donnée. Cela dépend de la Croix Rouge en lien avec nos autorités. Nanuś, combien c’est dur de penser à toi! La nuit, mes rêves sur vous me montrent toutes les deux, mes très chères, dans des horribles circonstances. Je vous imagine souvent dans des nuits sans sommeil et je vois vos chers visages – il m’arrive de leur parler – mais seulement en hallucinations, malheureusement !

Avant hier, le Général Kalkus était ici et nous réconforta. Il dit que dans deux jours nous serons finalement habillés en uniformes et organisés dans les rangs des pilotes et que nous allons avoir des avions... Il a dit que dans l’éventualité d’un accidennt, ils subviendront à notre proche famille qui dépend de nous. Et aussi qu’ils essayent de faire venir nos familles ici... Et les nouvelles venues de Pologne ou captées à la radio m’inquiètent, de plus en plus, sur ce que vous devenez. Nous recevons une petite allocation pour le moment, qui est suffisante seulement pour les cigarettes. J’ai souffert de varicose aux veines pendant deux semaines. J’ai des jambes gonflées et habituellement je me tiens couché ou assis. Je ne peux même pas me promener parce que plus tard la douleur est pire. Je suis allé consuler notre docteur deux fois. Il ne sait que prescrire. Il m’a conseillé d’attendre une nouvelle affectation et de commencer un traitement dans ce nouveau lieu. Mais probablement, il serait utile que je voie le docteur français d’ici, pour être admis à l’hôpital maintenant, parce que je veux être en bonne santé aussi tôt que possible. Et être prêt à prendre la revanche sur nos ennemis en raison de la misère qu’ils nous infligent.

Décembre et janvier: apprentissage du français, baisse puis regain du moral 

1.XII – Aujourd’hui est l’anniversaire de mes 16 ans de service dans l’aviation, mais les derniers mois coûtèrent plus à ma santé que la totalité de ma période de service. Je me sens moralement déprimé et mes nerfs n’en peuvent plus. J’ai des problèmes pour apprendre le français, spéciallement dans les domaines où je ne reçois aucune aide. Il y a des livres et des dictionnaires et le soldat français qui est le traducteur ( très mauvais) et nous aide à lire, n’est pas content de mes progrès.

Le 15 décembre nous sommes allés à Lyon (aérodrome de Lyon-Bron) dans le but d’organiser l’aviation polonaise en France; mais il ne semble pas que nous allons disposer d’avions rapidement. (La Base aerienne de Lyon-Bron servait au regroupement de l'aviation polonaise, Bataillon de l'air 145). J’ai passé Noël dans une triste humeur. Nous avons eu un réveillon de Noël commun dans le hall de représentation, mais cela n’est pas la même chose qu’être avec vous, mes chéries. Et le réveillon du Nouvel An fut d’une tristesse sans espoir. Nanuś, j’ai peur de penser à toi.

J’ai tant de pensées différentes dans ma tête, que quelquefois j’ai peur de devenir fou. Et ces cauchemars, dans lesquels je te vois si souvent, mais combien différente qu’habituellement, parce que c’est parmi les explosions des bombes. Mon bébé, mon coeur, elle est toujours avec moi. J’adorerai tant la voir, et probablement, je lui manque aussi.

Mes oiseaux chéris – vous m’avez écrit ! La joie éclate dans mon coeur et la lettre de mon bébé m’a fait fondre en larmes, cela m’a rendu tant heureux ! Mes chers trésors! Vous avez dissipé mes pensées les plus noires avec cette lettre. Je vous bénis de m’avoir rendu heureux. Et j’ai reçu l’autre lettre.

Février: A Lyon-Bron; la séparation de la famille pèse lourdement sur le moral.
20. II. 1940 –  Mes plus beaux trésors ! Le désir de vous voir submerge mon coeur. Je voudrais longuement vous écrire sur tout, mais je crains de vous attirer des ennuis avec mes lettres. Et c’est pourquoi je suis silencieux parfois. Je vous ai écrit cependant une réponse à votre dernière lettre, mais très courte, à peine quelques mots. A une époque où il était toujours possible d’envoyer de l’argent J’ai envoyé 600 zlotys polonais achetés ici contre des francs. Les avez-vous reçus et valaient-ils quelquechose ? Je ne le pense pas. Je n’ai aucune possibilité de vous aider et cela me rend très triste. Mais que puis-je faire mes chèries ?  J’ai décidé de vivre modestement, gardant votre sort dans mes pensées. Peutêtre plus tard, à mon retour, Je serai en mesure de vous apporter quelquechose. Nanuś, je vis ici de manière à ne pas tromper notre amour. Je veux être pur et honnête avec toi, parce que je t’aime de tout mon coeur. Et j’aime seulemnt vous deux. Je languis de vous à chaque moment de libre, quand j’oublie la misère de cette vie d’humiliation, de tout ce qui remplit mon âme avec répulsion envers les gens, j’essaye d’être avec vous, dépité d’être loin. Je me sens heureux alors. Je me demande souvent (spécialement après ce que je vois ici en exil, infortunément. Ne serait-il pas mieux d’êtte resté avec vous et là, même casser des cailloux, faire quelquechose. Mais je suis un soldat et cela concerne notre patrie. la meilleure patrie, différente, plus juste et c’est ce qui me fait rester ici, bienque mon coeur vous manque

Ma chérie, j’écris ces mots sur un bateau français dans une cabine de 2e classe, sur lequel nous naviguons  vers le Maroc, vers la ville de Marrakech. Il semble que j’aille à un entraînement accompagné par d’autres pilotes. Je ne sais pas quel sort m’attends. Je me demande seulement si nous serons capables de combattre nos ennemis et seulement après, les chanceux retrouveront leurs familles. J’espère que je serai l’un d’entre eux.

Mars : Marrakech, l'admiration pour la ville rouge, les dernières missions

1. III. 40  – Hier nous avons quitté Lyon et par Marseille nous partons vers une intéressante zone tropicale. Notre vaisseau militaire va faire un exercice de tir. Ce voyage me rend curieux. Je suis heureux d’avoir laissé la ville haïe de Lyon, la vie ici, était un grand désordre.

18. III. 40 (Marrakech) – Cela fait déja deux semaines que je suis ici. La vie ici serait belle si vous ne me manquiez, mes trésors, et si je ne pensais pas à votre vie . Nous sommes logés ici, à deux, dans une jolie chambre. Je mange au mess, la vie est agréable. Demain, 19 mars, je commence à entraîner nos jeunes pilotes sur des appareils français. J’ai déjà appris quatre types d’appareils moi-même et dans le même temps je vais en apprendre plus. Également le dernier modèle américain et avec le temps, je m’entraînerai sur d’autres. Mes filles, si seulement vous saviez comme c’est beau ici !  Marrakech est situé à environ 60kms des montagnes de l’Atlas au-dessus de 4000 mètres. On peut  voir aisément d’ici les pics de montagnes couvertes de neige blanche. Depuis les contreforts des montagnes jusq’à notre aéroport s’étend une plaine couverte de palmiers, cactus et différentes essences d’arbres du climat subtropical local. Les rares villages arabes sont éparpillés , si particuliers par leur style. Seul le soleil est très dérangeant: hier il y avait 36° centigrade à l’ombre et aujourd’hui , probablement plus. Tout le monde se sent très lourd à cause de la chaleur et c’est seulement le début du printemps! Dans notre pays il fait probablement toujours froid.

Marrakech est une ville de 140 000 habitants dont 5% d’européens, le reste est arabe, (berbère ou juif). Les européens vivent dans une zone séparée, dans une petite ville. ( il y a aussi des européens dans l’ancienne ville). C’est une belle cité, pleine de fleurs, palmiers, faux-poivriers, eucalyptus, oliviers, mimosas, sycomores et d’autres. En arrivant ici, je vis des déserts sauvages dépourvus en général de toutes végétations. La vie ici est très intéressante. Oh Dieu, s’il était possible d’être là dans d’autres circonstances, en vacances avec vous, mes trésors, par exemple.

 Je peux donc communiquer en Français, mais je ne peux encore tenir une conversation.Je n’ai pas appris assez de mots et de phrases. Je vais dormir maintenant parce qu’il est tard, mes chéries. Je dors sans couverture, parce que c’est très chaud ici. Tout en rêvant je continuerai à vous parler, parce que je rêve très souvent de vous maintenant. J’adorerai recevoir une lettre de vous maintenant, mais, avec tant de difficultés maintenant, je suis inquiet de vous écrire. Je pourrais, avec une correspondance régulière avec vous guider les allemands et vous exposer à des répressions. Mon Dieu, je ne sais pas quoi faire. J’ai entendu trop de choses de mes collègues !

Pour nos lecteurrs qui connaissent la langue polonaise, nous reprenons quelques unes des  dernières phrases de son journal: "Jestem tutaj już od 2 tygodni. Życie tutaj mi układałoby mi się dobrze, żeby nie ta tęsknota za Wami moje Skarby i myśl, jak wy tam żyjecie niebożęta wy moje. Mieszkam tutaj w ładnym pokoiku we dwóch. Stołuje się w kasynie, życie bardzo dobre. Od jutra rozpoczynam szkolić naszych chłopców na francuskich maszynach. Sam poznałem już 4 typy i w międzyczasie będę poznawał wi ęcej, aż do najnowszych typów amerykańskich, na których z czasem będę szkolić innych. Dzieweczki moje żebyście wiedziały jak tutaj pięknie! Marrakech położony jest około 50 km od gór Atlasu o wysokości 4000 m. Szczyty gór widziane stąd jak na dłoni pokryte są bielutkim śniegiem. Od podnóża gór w kierunku naszego lotniska ciągnie się równina pokryta palmami, kaktusami i różnym gatunkami drzew tutejszego klimatu."

Son carnet de vol précise ses dernières missions: 

MS315-Morane

13 au 18 mars: les 4 avions dont Beśko parle dans sa dernière lettre sont: un Morane 315, un Hanriot 431, un Luciole 50 et un autre modèle de Morane 315. Les démonstrations sont faites par le Sgt Ruyssen, l'Adt Chennevière, l'Adt Escalle et l'Adt de Gabory. Dès le 14 mars il vole en seul. Les exercices vont de l'aéroport principal de Marrakech au terrain de "La Durance" nom à l'époque du terrain de Sidi Zouine. Morane 315 

Carnet-de-vol-3

Puis à partir du 19 mars il est le moniteur-pilote et commence à instruire les jeunes pilotes polonais sur un Morane 315 en commençant par le capitaine Blaicher. puis Brotkowski, Bérizowski, Boba, Czachla, et le lendemain Bereskovitz, Boba, Boraud, Czachla, Czotowski, Le 21, il reprend avec Boba, Czackla, Bradkowski et Beresowski - quatre élèves par jour et le 23 mars il reprend avec 6 élèves sur un autre modèle: Cne Blaicher, H. Boba, Czachla, Bradkowski, et il reprend Boba et le Cne Blaicher. 

 Le 26 mars Beśko passe sur l'avion M315-199 en prenant un peu plus de hauteur. Il continue la formation de Berezowski et de Boba H. Le 27, il reprend avec lui Berezowski et commence la journée du 29 mars avec Bradkowski. 

MS230Puis c'est la séance de voltige au-dessus de Sidi Zouine. Beśko ne connait pas le Morale Saulnier 230. L'Adjudant Alain de Gabory est son moniteur et le prend pour passager afin de lui permettre d'être à son tour moniteur pour ses jeunes pilotes polonais. D'après le ministère des anciens combattants, partant d'environ 1000m d'altitude, ils s'exercèrent à réaliser de nombreux tonneaux à différentes altitudes. Puis l'avion tomba et s'écrasa causant immédiatement la mort du pilote.  Selon d'autres sources  le dernier exercice serait une vrille dont ils n'ont pu sortir et qui s'est prolongée jusqu'au sol.  Morane 230.

Le pilote français et le pilote polonais unis pour lutter contre l'envahisseur allemand tombaient à Marrakech ce 29 mars 1940.

Symbolic grave of Besko family in Bydgoszcz

Tous les deux furent enterrés dans la terre marocaine, au cimetière européen de Marrakech; puis la famille du pilote français demanda à transférer sa tombe en France dans le caveau familial. La tombe de Stanislaw est toujours à Marrakech, cependant sa famille fit édifier une tombe symbolique en Pologne. BEŚKO STANISŁAW, PILOT WOJSKOWY LAT 35 ZGINĄŁ 29.3.1940 ŚMIERCIĄ LOTNIKA W MARAKKESZU AFRYKA ("En mémoire de la famille BEŚKO; Stanislaw, pilote militaire, âgé de 35 ans, mort en aviateur à Marrakech Afrique. Marianna et Maciej (ses parents), conduits en Sibérie et morts en 1942.)

Biographie d’Alain Le Taillandier de Gabory

Eléments rassemblés par son petit-neveu Christophe Meynard

Marie Alfred Alain LE TAILLANDIER de GABORY est né le 24 novembre 1911 au château Boismartin à Virsac (Gironde).

Boismartin

Il est le fils de Gaston Le Taillandier de Gabory et de Valentine de Brezetz. Il est le dernier de 11 enfants. Le 12 avril 1934, il épouse à Virsac Suzanne Chavasse (1913-2005). Ils n’ont pas eu d’enfant. 

Registre matricule : Archives départementales de Gironde, 1R1830, n°8, mle 03878.

Il est engagé volontaire par devancement d’appel en décembre 1930. Il est affecté au 2e groupe d’ouvriers aéronautique du corps. Nommé Caporal-chef en mai 1931. Affecté au 3e aviation en juillet 1931 puis en décembre, à l’intendance militaire de Châteauroux. Nommé Sergent pilote en janvier 1932. Passe à la base aérienne n°8 en octobre 1933. Passé à la base aérienne n°103 en janvier 1934 où il est affecté au 4e bataillon de l’air. Affecté en novembre 1934 à l’intendance militaire de Cazaux (Gironde) au titre du 4e bataillon de l’air où il intègre le personnel naviguant pilote. Nommé sergent chef (JO du 19.06.1937). Nommé au grade d’adjudant (JO du 16.07.1939).

De Gabory 1-1 Au bord de l'oued Tensift, il est le plus à droite.

Affecté au bataillon de l'air 207 (ancien nom de la BA 707) de Marrakech au Maroc par décision ministérielle d’avril 1939.

De Gabory 8 l'Adjudant Alain de Gabory est au centre.

Passe à la 3e Compagnie – école de pilotage en septembre 1939.

De Gabory 9

Le moniteur-pilote Alain de Gabory est le premier à gauche.

Mort en service aérien commandé le 29 mars 1940 sur le terrain de la Durance (Marrakech - Maroc).

Mort Pour la France par décision ministérielle.

D’après le témoignage de ses élèves, « C’était un pilote merveilleux, un homme racé et absolument charmant pour qui nous éprouvions respect, admiration et affection ».

Il se tua sous les yeux des élèves pilotes, au cours d’une séance d’acrobatie avec un pilote polonais nommé Stanislaw Besko : vrille jusqu’au sol. Cela se passait sur Morane 230 sur la piste annexe de Sidi Zouine [10 kilomètres au nord-ouest de Marrakech]. La tradition familiale raconte que l’avion flambant neuf avait été saboté en usine. Mais le compte rendu officiel n’en dirait rien. 

« La mort tragique de l’adjudant de Gabory nous laisse atterrés et meurtris comme nous ne l’avons jamais été, parce qu’il était des nôtre et tous le reconnaissait un des meilleurs. Les officiers perdent leur meilleur collaborateur, ses camarades perdent celui qui, d’emblée, s’imposait à leur estime par le joyeux entrain de son âme adroite et ardente ; les soldats, les élèves pilotes perdent un chef d’un modèle rare. Il avait fallu faire appel à tout son esprit de sacrifice pour le retenir momentanément loin du champ de bataille… Il aurait pu mourir ailleurs et autrement, il ne pouvait mourir mieux. »  RP Raphaël Sineux, Aumonier principal de l’Air au Maroc

Son nom est inscrit sur le monument aux morts de la commune de Virsac (Gironde). Il fut d’abord inhumé à Marrakech puis dans le caveau familial de Virsac, suite à la demande de la famille.

PHOTOS DE LA BASE DE MARRAKECH (4e trimestre 1939- 1er trimestre 1940)

Grâce à la famille de l'Adjudant moniteur-pilote Alain de Gabory, nous pouvons montrer des photographies du personnel de la Base, d'une promotion d'élèves, du staff de l'école de pilotage de Marrakech ainsi que des vues de la ville de Marrakech.

De Gabory 12 Une promotion d'élèves pilotes (2e et 3e rang) avec la division d'instruction et les moniteurs pilotes. Alain de Gabory est le 6e en partant de la gauche.

Le staff de l'école de pilotage 

De Gabory 11 Il est probable que le Lt-Colonel de Bignolas, ainsi que le Cdt Truchement se trouvent sur cette photo. Ils sont repérables à l'épaisseur de la bande claire sur leurs casquettes. Alain de Gabory est debout, le 5e en partant de la gauche

De Gabory 10 La division d'instruction avec ses officiers, ses moniteurs pilotes, ses mécaniciens et ses administratifs. 

Quelques modèles d'avions. Souvenirs qui faisaient partie aussi de l'album-photos de l'adjudant Alain de Gabory

De Gabory 5 Biplan 

De Gabory 6 Bimoteur 

De Gabory 4

 Par temps de pluies soutenues.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Des vues prises à Marrakech  fin 1939 - début 1940.

 Réception au Palais du SultanDe Gabory 7 Une mosquée de la Médina 

De Gabory -MRK-3 2 Belle photo animée de la mosquée réhabilitée, les photographes professionnels n'ont pas fait mieux.

Défilé militaire, aux abords de la place Djemaa el Fna

De Gabory 2 Probablement le Général Noguès ou le Général Fougère lors d'une prise d'Armes en février 1940. Nous ne connaissons pas le nom du civil. Un de nos lecteurs pourrait-il nous l'indiquer ?

Nous rendons hommage à l'amitié franco-polonaise et aux aviateurs des deux pays qui se préparaient ensemble à combattre l'envahisseur nazi. Nous nous devions de rappeler la mémoire de ces deux valeureux pilotes aux marrakchis, car la presse à l'époque est restée muette sur leur accident (secret militaire oblige). Ces souvenirs rappellent le rôle de la Base aérienne de Marrakech dans la guerre. Si vous passez devant la tombe de Stanislaw Besko au cimetière européen, (carré militaire H, rang 6, tombe 129) vous pourrez dire qui il était et associer à sa mémoire celle d'Alain Le Taillandier de Gabory, son frère d'Armes.

19 juin 2017

MOUSSEM D'AVIGNON, POUR RENCONTRER DES AMIS ET RAVIVER SES SOUVENIRS

En attendant de recevoir d'autres photos du Moussem 2017  

2017-moussem-Lucké-Colette-Angeloz-JPG  Le Moussem 2017 a été très réussi. Nous remercions particulièrement le Président Robert LUCKÉ et Colette ANGELLOZ, qui nous ont permis de nous retrouver dans une joyeuse ambiance. Certes la date (différée d'une semaine) n'était pas favorable à tous, plusieurs ont exprimés leurs regrets de ne pas pouvoir venir. Dommage pour eux, mais aussi pour ceux qui n'ont pu les voir ou les revoir cette année. À l'année prochaine Inch'Allah !

La liste des 28 participants à l'Escapade en Pays Basque ainsi que leurs photos sont sur le blog depuis le 19 juin..

Nous apprenons le décès de Marcel HUILLET survenu à l'âge de 85 ans le 25 avril. La cérémonie a eu lieu le mercredi 3 mai 2017, à 10 h 15, en l'église Saint-Sulpice de Vernouillet. La crémation a suivi au crématorium de Vernouillet. Nous adressons nos condoléances à sa femme, née Suzanne Calas, à toute sa famille et à ses amis.

La chorale du lycée Mangin s'est produite en décembre 1948, dans un spectacle de l'École laïque.... qui s'en souvient ?  voir l'article de presse

CHRISTIANE BREGEOT/MURCIA PARTAGE AVEC NOUS DES PHOTOS DE MARRAKECH

ET DES PHOTOS DES MOUSSEMS À AVIGNON POUR RETROUVER DES AMIS ET EN FAIRE DE NOUVEAUX

Le Moussem à Avignon-La-Souvine est le lieu de retrouvailles de nombreux amis, ne manquez pas le prochain dans quelques jours: 24-25 juin

100_2032  Autour du Président

100_2025 Les Moussems à Avignon-Berthelasse, les tables sous les platanes

2008 06 22 Moussem 016 R_redimensionner   Des photos qui conservent le souvenir de moments heureux 

100_2042  La coupe avec Robert 

la coupe avec robert Robert et Christiane 

Robert et moi Christiane et Marcel en 2010,

paty chantal moussen 118 Le Moussem lieur de retrouvaille

tia 127 On ne s'oublie pas 

paty chantal moussen 112 L'église des Saints-Martyrs à laquelle tant de souvenirs sont attachés. 

e10 à l'intérieur, les fonts bapismaux tout au fond.

e5

LE PASSÉ DONT LE SOUVENIR NE SAURAIT S'EFFACER 

La Menara, comme sans son bassin

e48 Avec des amis et le bassin,

j9 La maison d'autrefois

b17 Les arbres ont mieux résisté que la maçonnerie 

b19 Les tombeaux Saadiens

e42 tombeaux Saadiens Les tombes des illustres 

e46 La visita au cimetière 

c6  La tombe de la famille. 

c2a Les lieux de culture qui rassemblaient

b16

Merci à Christiane pour ces photos qui rassemblent des souvenirs de plusieurs sites de Marrakech d'une part et des rencontres d'amis au Moussem. La viste de Marrakech est importante pour retrouver les lieux et les parfums de la Ville rouge.Le Moussem permet de partager des souvenirs avec ses anciens habitants. A bientôt au Moussem !

Posté par TIMKIT à 17:40 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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04 juin 2017

QUI SAURA DONNER UN INDICE ? PROFESSEUR Denis FRANÇOIS (LVH) et INSPECTEUR Pierre FLAMAND

NOUS RECHERCHONS LA FAMILLE FRANÇOIS, DEUX PROFESSEURS COOPÉRANTS DONT L'UN AU LYCÉE VICTOR HUGO - LVH

Le blog a reçu une demande d'aide d'une recherchiste canadienne.

Recherchiste-QuebecBonjour les Marrakchi !

J’ai besoin de votre aide. Je suis une journaliste québécoise travaillant pour la télévision publique nationale à Montréal. Je suis recherchiste pour la série documentaire Deuxième chance. Cette émission porte à l’écran l’histoire de gens qui souhaitent retrouver une personne qui a été significative dans leur vie, pour lui dire «Merci» ou «Désolé/e».

J’espère retrouver un couple de professeurs coopérants Français ayant travaillé à Marrakech vers la fin des années 70 et début des années 80.

Ils se nommaient Denis et Christiane FRANÇOIS. Lui enseignait l’anglais au Lycée Victor-Hugo et sa femme enseignait le français dans une autre école, probablement l'école Auguste Renoir.

Ils avaient deux enfants: Cécile et Jeremy.

Si vous avez quelconque information qui pourrait m’aider dans mes recherches et me mener à l’un des membres de cette famille, vous pouvez m’écrire à mchauvin@zone3.ca.

C’est une très belle histoire et j’aimerais sincèrement pouvoir les retrouver.

Merci beaucoup !

Les anciens du LVH, professeurs ou élèves, qui ont fréquenté ce lycée entre 1977 et 1983 vont certainement aider la recherchiste québécoise à retrouver la trace de Monsieur FRANÇOIS, professeur d'Anglais au LVH en partageant leurs souvenirs sur le blog. D'un indice à l'autre, nous finirons par retrouver leur trace. 

LE SOUVENIR EN PHOTOS DE L'INSPECTEUR PIERRE FLAMAND ET DE SES AMIS MARRAKCHIS 

1948 v Pierre Flamand et Michelle FVLe 12 novembre 2011 le blog a publié un article de Joseph DADIA sur l'école de l'AIU (alliance israelite universelle). Il citait dans sa bibliographie des  passages du livre de Pierre Flamand, Diaspora en Terre d'Islam. Ce qui nous vaut le contact avec sa fille Marie-Françoise Flamand et le partage de nouveaux souvenirs et documents. Marie-Françoise découvrant le blog écrit:

"En cherchant qui était Guy Sicre, sur internet, avec qui mon père Pierre Flamand (décédé en décembre 1982) jouait au tennis (lettre du 15 février 1948) à Marrakech. J'ai eu beaucoup de plaisir à lire votre blog sur Marrakech. Quel plaisir de le voir souvent cité dans les notes de vos correspondants et d'entendre parler de son grand ami Monsieur Goldenberg."
Qui se souvient du professeur de maths Guy SICRE à Marrakech et pourra aider Marie-Françoise ? Qui nous parlera du tennis marrakchi à cette époque ?

Marie-Françoise FLAMAND nous envoie des photos du temps où son père était inspecteur de l'enseignement à Marrakech en compagnie de marrakchis qu'elle voudrait identifier et nous demande notre aide. La famille FLAMAND a vécu à Marrakech de 1947 à 1951, puis à Casablanca de 1951 à 1959.  Pierre FLAMAND (1910-1982) se tient debout sur cette première photo. Si vous reconnaissez un visage, merci de l'indiquer dans un commentaire en bas de page. Pierre FLAMAND fut enseignant avant de faire son service militaire comme EOR et d'obtenir en 1934 le grade de sous-lieutenant. Il est mobilisé en 1939 dans l'Infanterie et il est fait prisonnier le 2 mai 1940. Il sera enfermé dans l'OFLAG IV à l'est de Dresde. En juillet 1941, il subit une mesure d'internement connue sous le nom de "l'affaire de la baraque 1" où sont retenus des officiers recherchés parla Gestapo parce que juifs ou supposés communistes. Les officiers allemands et français du camp ont appliqué ces mesures d'internement pour leur sauver la vie. Libéré en juillet 1945, il s'inscrit comme élève inspecteur de l'enseignement primaire à St Cloud. Il est nommé inspecteur à Marrakech en 1947, ce qui l'amène à inspecter aussi les écoles de l'AIU, puis à écrire sa thèse de doctorat sur les communautés israélites du Sud-Marocain. C'est avec l'appui d'Elias et Sarita HARRUS, ainsi que celui d'Alfred GOLDENBERG qu'il va visiter les écoles juives des villages de l'Atlas, tout en assurant ses fonctions d'inspecteur dans les autres écoles.

1949 03 v Marrakech, Pierre Flamand, à g Melle Behmoras #

Mlle Lina BEHMOIRAS, directrice de l'École de filles de l'Alliance devant à gauche, puis Pierre FLAMAND au centre et une douzaine de jeunes Marrakchia que chacun est invité à reconnaître pour noter leurs noms dans un commentaire.  On trouvera des souvenirs de Mlle Behmoiras à la fin du Chkoun Ana --> de Ninette Attar 

1949 03 v Marrakech, Pierre Flamand, MFV devt, M Elias Harrus (1) La photo suivante est du même jour, Pierre FLAMAND est à la place d'honneur et sur la droite on reconnaît Mr Elias HARRUS, directeur de l'École israélite d'Agriculture. On trouvera sur ce blog un article sur cette école d'exception. voir École d'Agriculture de l'AIU.

Marie-Françoise nous fait l'amitié de partager une lettre de Pierre Flamand à ses parents. L'écrivain part d'une réflexion sur les jours de congé au Maroc en fonction des religions, et poursuit par une visite au professeur Jean ORIEUX, célèbre par ses romans et ses biographies, réfugié dans le calme jardin de sa retraite paradisiaque d'Amizmiz:

Samedi 8 mai 1948 (3e anniversaire de l'armistice)

On a l'esprit qu'on peut. Le mien n'est en ce moment qu'une simple disposition à la contradiction : aujourd'hui, Jour de Victoire, et heure de la sieste, je travaille frénétiquement du style : rapports d'inspection, journal de bord, correspondance. Alors qu'alentour, tout est assoupi – sauf les mouches. Et Michelle qui fait semblant de tricoter une robette de laine blanche... J'ai l'esprit plus tranquille de me savoir vraiment le seul être du pays occupé à travailler. La  plupart du temps, on ne sait pas à quoi s'en tenir : avant-hier 6 mai : Ascension, les chrétiens de par ici ont honoré cet événement en « débrayant » ; tous les païens, mahométans, israélites, etc... se sont assis ou couchés pour manifester aux chrétiens leur compréhensive sympathie. Vendredi 7, hier, repos rituel des mahométans : tous les européens qui s'occupent de gens ou de choses d'Islam se mettent du coup au chômage : samedi, c'est normalement jour de sabbat : tous les juifs et apparentés se retournent les dix doigts. Enfin ce sera Dimanche, jour sacré et chacun fermera boutique, sans distinction de couleur d'âme ou de peau.

Çà c'est le tableau de la semaine ordinaire. N'oublions pas que chaque religion outre son repos hebdomadaire a combiné des groupes de jours fériés, mais bien entendu on ne s'est pas amusé à mettre la Pâque juive en même temps que la Chrétienne, le Ramadan au même mois que Shevoth. Aussi n'est-il guère de quinzaine qui ne comporte au moins une semaine d'exercices « purement spirituels » 

Chose étrange – aucun événement religieux reposant n'était inscrit au programme de la semaine prochaine ; vite on a organisé une « Foire de Marrakech » et pendant 10 jours, toutes les confessions, tous les âges, toutes les classes scolaires, les divers sexes... vont se réunir au Djenan el Hartsi, de 9h à Midi, puis de 16h à minuit, dans l'accablante occupation de casser des pipes et de manger des gaufres, en écoutant des musiques civiles et militaires. 

D'où une foule de réflexions : comment se passaient les choses, au temps où tous ces gens-là n'avaient pas encore trouvé chacun leur monothéisme ? Sûrement il n'y avait pas assez de jours dans l'année pour fêter les diverses divinités par un repos solennel. Même pensée : les peuples dits « avancés » en sont encore à l’effarante quantité de 40 heures de travail par semaine. Comment peut-on supporter pareil régime ?

2ème pensée (et résolution pratique) : Ne reculons devant aucun effort pour nous adapter. Ces dernières semaines, je me suis donné un mal fou pour organiser le repos des enfants des écoles : congés aux maîtres à tout propos, (heureusement l'Administration supérieure m'est largement venu en aide pour inventer ces « propos ») lancement de fêtes de jour et de nuit, sorties en montagne...etc.

Enfin, je fignole mes programmes et horaires professionnels de façon à « en faire le moins possible ». Là encore, je dois de grandes louanges aux autorités, locales cette fois, qui me convoquent presque chaque jour à des festivités, vins d'honneur, inaugurations, comités qui m'aident puissamment à organiser mon non-travail. Et vous frémiriez avec moi, à la pensée des grands maux prêts à fondre sur moi, si l'on savait que derrière mes volets bien clos, je me livre aujourd'hui à un effort, triplement répréhensible de par mes qualités de fonctionnaire, d'ancien combattant victorieux et de chef de quelque chose.

Marie Françoise est aussi absurde que son père. Sous mes yeux, dans son parc, elle travaille à grands renfort de glapissements, elle se bombarde elle-même de gros cubes coloriés (autrefois coloriés) ; elle se peigne gravement... pousse un petit sanglot pour voir comment réagissent les parents... Elle porte robette jaune paille, petits pois rouges et blancs, coupés à l'Ouvroir de l'Alliance Israélite.

Dans un gros broc bleu, des roses énormes achèvent de s'ouvrir.  Sur la table roulante de Monsieur Magnié, de grandes violettes très parfumées. Michelle les cueillit hier, devant un merveilleux paysage de neiges ruisselantes et de verdures étagées depuis le fond de l'oued jusqu'aux pyramides de l'Atlas.

Jean-Orieux-jeune

 Étonnant jardin, que celui-là, où Jean Orieux  pompe son prochain roman dans une solitude bénie, bric à brac d'essences exotiques par le haut, (Un kaki, un boldo) ; européennes dans les étages inférieurs : pruniers, fraises et violettes. Surprenant propos que de reconstituer, dans cette paix irréelle d'un bout du monde, l'âme et l'aventure d'une jeunesse égarée dans la violence hitlérienne. Devant le café servi par Omar, noir serviteur que Jean Orieux appelle : « Langouste », nous babillons de virilités comparées (Baudelaire, Lamartine) et du beau jeu de la littérature. Et puis on s'en va à pas prudents, saluer les tortues de la mare. (note: Jean Orieux avait été aussi inspecteur de l'enseignement, mais demanda à redevenir professeur; il enseigna au Lycée Mohamed V de Bab Ghmat - Photo Iris)

Fermons la parenthèse de ce déplacement d'hier. À Amizmiz. Bain, visites protocolaires, déjeuner dans le domaine des Eaux et Forêts, Jean Orieux, exploration du Mellah pour installation d'une classe juive, bain encore, propos sur le mariage par une fiancée en pleurs, retour du crépuscule... Bonne journée de travail à la mode de par ici... Nous voici derechef entre nos lanthanas verdissants et nos rosiers fleuris : symphonie toute simple de blancs, de roses et de rouges... Hélas, hélas, la poule blanche a croûté nos petits pois de senteur.

Seul épisode calamiteux d'un jour qui passe... qui passe avec fanfares et grelots, dans tout le voisinage... devrais-je pas figurer à cette heure, parmi les notables assemblés ? (Discours aux morts, décorations aux impétrants, vins d'honneur... jouez tambours, résonnez trompettes... mais je suis bien là, entre ma fille et mes rosiers, où mon cœur a toute licence de revenir à ce réfectoire saxon sordide, pour prisonniers libérés, où j'ai lu vers l'heure de midi, seul lecteur, ce papelard d'encre violette : « 8 mai. Finie la guerre, voici la paix. »

1948 10 # Inconnu de la palmerai

Marie-Françoise qui est citée dans la lettre nous communique deux autres photos prises à Marrakech vers 1948. Elle ne connaît pas les noms des personnes. Qui pourra l'aider à les identifier ? 

La première photo se trouve dans le décor de palmiers proches du djebel Guéliz. Qui est cette personne dans la palmeraie en costume de ville avec deux stylos agraphés à sa veste ? 

1948 v Pierre Flamand et ##

La deuxieme photo nous montre un décor d'intérieur particulier avec un pavage original, probablement reconnais-sable sur d'autres photo-graphies. Merci d'identifier ces personnes et d'indiquer leurs noms dans les com-mentaires, avec éventuel-lement d'autres souvenirs les concernant.

 

 

Merci aux Marrakchia et aux Marrakchis de participer à ce partage de souvenirs qui devrait nous permettre de retrouver la famille FRANÇOIS dont certains du LVH ont connu le professeur d'anglais. Merci aussi à ceux qui pourront nous éclairer sur les personnes figurant sur les photographies de Pierre FLAMAND.

Dans les documents conservés par  Pierre FLAMAND, une coupure de journal de décembre 1948, concernant un spectacle de l'Amicale laïque auquel participait la musique du 2e RTM et la chorale du Lycée Mangin. Est ce que cet article évoque des souvenirs à certains ?

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23 mai 2017

PHOTOS DE L'ESCAPADE D'ANCIENS DE MARRAKECH EN PAYS BASQUE

LES ANCIENS DE MARRAKECH SE SONT RETROUVÉS DANS LE SUD-OUEST

LEURS PHOTOS TELS QU'ILS SE SONT RENCONTRÉS EN MAI 2017

CLAUDINE LEMAURE/XIMA NOUS GRATIFIE DE PHOTOS,

LE BLOG ÉDITE AUSSI LES CLICHÉS QUI LUI PARVIENNENT PAR D'AUTRES PARTICIPANTS.

VOIR NOTAMMENT LES PHOTOS DE GROUPES DE GEORGES STACHEWSKY EN BAS DE PAGE AINSI QUE LA LISTE DES PARTICIPANTS ET LEURS VISAGES.

DES PHOTOS DE LA DERNIÈRE JOURNÉE ONT ÉTÉ RAJOUTÉES, IL Y EN A MAINTENANT 50.

Arrivée le mardi 16 mai 2017 au village vacances à Hendaye. Début des rencontres ou retrouvailles

P1030833 UN CAMP DE BASE AGRÉABLE

1 / Philippe LALANNE et Joseph BOSC (mari de Marie Aude DAILLOU de la BA 707 aussi , nouveaux dans le groupe)  ...Je n'avais pas revu Marie Aude depuis 1961...notre fille aÎnée s'appelle comme elle car j'avais trouvé son prénom si beau...

P1030834 RETROUVAILLES ET ATTENTES DE CEUX QUI NE SONT PAS ENCORE ARRIVÉS
2/  ?,  Marie-Aude DAILLOU/ BOSC  *  Anne MASSART/LALANNE * Blandine VIGOUR

P1030835 LES BADGES PERMETTENT DE SE RECONNAÎTRE PLUS RAPIDEMENT

3 / Françoise et Daniel MORANGE   *  Denise BARTHE  et son conjoint 
Daniel MORANGE retrouvé grâce au blog, ami accueilli sur la base par la famille MASSART = retrouvailles pour la 1ère fois!!! Daniel fut l'un des artistes qui se produisait sur la scène du cinéma de la base aérienne de Marrakech lors des galas fort prisés Inutile de préciser combien il était heureux de retrouver Anne et Claire sa soeur qu'il considérait comme ses soeurs de coeur....
L'APRÈS MIDI DE LA PREMIÈRE JOURNÉE
Aprés déjeuner : départ en covoiturage vers le port d'Hendaye pour une ballade avant d'embarquer sur la "MARIE-LOUISE" pour la traversée jusqu'à FONTARABIE.

P1030851 Roland Galibert, Emile Labartette, Anne Massart, Philippe Lemaure, Mme Dariet, Michel Dariet,...

P1030852  Sur la passerelle vers le bateau.

P1030854 Michel DARRIET, l'un des organisateurs

P1030853 Les mêmes rejoignant le bateau.

À BORD DE "LA MARIE-LOUISE" 

P1030837 A bord de la Marie-Louise    * Babeth GALIBERT 

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                                         * Philippe LALANNE   , Marie Aude DAILLOU  ,  Louis 

P1030840

                                         * Denise BARTHE  , Philippe LALANNE , Marie Aude DAILLOU 

P1030857 Véronique VEYNANTE,  Christiane et Philippe CORNEVIN, Marie Aude et Joseph BOSC  , Annick BORDE,...

VERS FONTARABIE 

P1030859 Daniel MORANGE  et Anne MASSAT/LALANNE 

P1030858

 * les soeurs VEYNANTE Catherine et Caroline
Arrivée des anciens de Marrakch au village vacances 

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Sur le port d'Hendaye
ARRIVÉE À FONTARABIE 

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Arrivée à Fontarrabie, 

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visite par petits groupes de la vieille ville. 

P1030842 La rade 

20160928_161701 la forêt de mats 

P1000161 Fontarrabie : Les groupes s'organisent pour la visite de la vieille ville.

 

20170516_184151 Arrivée à Fontarrabie visite par petits groupes de la vieille ville. 

P1000189 Quels sont les sites à ne pas manquer ?

 

P1030845

La vieille ville 

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Puis dégustation 

 

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Dégustation de tapas avant de retourner à Hendaye.

Soirée "danseuses espagnoles" pour clôturer la journée.

Ce fut la première journée de retrouvailles, pour la suite nous aimerions d'autres photos. Merci Lalla Claudine pour ce reportage en images que certains voudront compléter par des commentaires.

Le deuxième jour, 17 mai:
Biarritz-705
Aprés un petit déjeuner copieux départ en bus pour BIARRITZBiarritz-720
Petit tour rapide de la baie et la plage avant de se rendre au Musée de la mer, principalement dédié aux Baleines et autres cétacés. 
Biarritz-703
Biarritz
Au début du 19è siecle ce n'est qu'un port baleinier, une pauvre bourgade perdue dans la lande. Les Bayonnais viennent s'y baigner. Le trajet se fait à dos d'âne ou de mulet.
Puis la noblesse espagnole découvre les charmes du lieu.
Dés 1838 la Comtesse de Montijo et sa fille Eugénie y viennent chaque année.
Devenue l'Impératrice des français Eugénie décide Napoléon III à l'accompagner sur la côte basque.
Séduit il fait construire une résidence "la villa Eugénie", aujourd'hui devenue l'Hôtel du Grand Palais , où résident célébrités et têtes couronnées. Ainsi Biarritz devient célèbre.

P1000228 Puis visite d'un Aquarium très in:éressant avec le repas des phoques.

Après le déjeuner au VVF, direction Cambo-les-Bains et la Villa Arnaga,

ESCAPADE PB 6

maison d'Edmond Rostand 

Maison de Ronsard (2)  

Villa Arnaga
Belle demeure lumineuse ,clarté et chaleur des lambris boisés , fraicheur des peintures décoratives et des frises à carreaux , raffinement des faux marbres et des trompe l'oeil , éclat des vitraux de couleurs...Tout est raffinement à l'intérieur.
L'immense villa de style basque-labourdin s'élève sur un promontoire aménagé par Rostand en jardins à la française. La perspective vers les montagnes d'Itxassou s'achève sur un pavillon à pergola évoquant la Gloriette du chateau de Schönbrunn à Vienne.

P1030863  A l'intérieur le bureau du poete

P1000244

Cambo-les-Bains : Verte et limpide ce qu'on attend d'une station thermale.
Elle eut ses célébrités...qui fréquentaient également la demeure d'Edmond Rostand..( Edmond Rostand ,Sarah Bernard , Anna de Noailles etcc)
Rostand venu à Cambo y soigner sa pleurésie à l'automne 1900, va tomber sous le charme des leiux. Il décidera de s'y installer et fit construire la villa Arnaga.
Puis c'est Itxasou et Arcangues
Itxassou
Charmant village typique disperse ses habitations parmi des centaines de cerisiers (fabrication de la confiture de cerise noire).

P1000309 Les anciennes cuisines de la fabrique

Visite d'une très belle et ancienne église dotée de 3 étages de galeries, et d'un rétable en bois doré du 18ème.
Arcangues: Comme pour la plupart des villages basques l'église , son fronton (pelote basque), et son cimetière , et son auberge composent un décor pittoresque.
A l'intérieur de l'église, à galeries scuptées: un bas relief illustrant la décollation de St Jean Baptiste, patron de la paroisse.
Le cimetière paysager aux nombreuses stèles discoïdales offre un panorama sur les Pyrénées basques.
Malheureusement le mauvais temps et la pluie nous ont obligés à écourter la visite.
Passage rapide tout de même sur la tombe de"Mariano Eusebio Gonzalés Garcia" , plus connu sous le nom de LUIS MARIANO , ce prince de l'opérette qui s'est éteint en 1970. 

P1000297 

Méchoui dans la Grotte de Sare 

IMAG0079  

Plusieurs photos des anciens de Marrakech et de leurs amis communiquées par Georges Stachewsky 

DSC_0004 Au restaurant

 DSC_0035 Groupe avec Oustry-et Sommabere

DSC_0036  Groupe avec Darriet et Darier

DSC_0038 Avec Blandine Vigour

DSC_0037 Georges Stachewsky himself 

DSC_0011 Les participants à l'Escapade réunis pour la photo souvenir.

Grâce à Daniel Morange, nous avons les noms des participants associés à leurs visages. 

Fiche-1

fiche-2

Escapade-pays-basque-3 

escapade-pays-basque-4

Les anecdotes sur cette rencontre sont les bienvenues dans les commentaires.

Lalla Claudine nous envoie d'autres clichés 

Le jeudi 18 mai, Départ pour la vallée de la nivelle sous une pluie battante...

Espelette :

P1000318

 visite de l'atelier du piment avec explications depuis la plantation jusqu'aux nombreux produits gustatifs.

P1000326 Avec dégustation ...et boutique.

Puis visite d'une fabrique de chocolat , le pays basque étant connu pour cela ...avec dégustation et achats boutique bien sûr 

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Tout est artisanal et fait à la main, de la transformation à la fabrication d'objets en chocolat.
Aprés cette mise en bouche...départ pour ASCAIN charmant village fleurs...

P1000339  ..mais la pluie incessante nous a poussé jusqu'aux....

P1000355 ..grottes de SARRE où nous attendait un déjeuner à la bougie autour d'un barbecue basque.

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Il pleut ...mais on a le sourire quand même!

grotte-sarre 

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P1030878 

Sur le chemin du retour....petite halte dans les "venta" espagnoles , histoire de faire un peu de contrebande!

P1000362 Les soeurs Veynantes et Christiane Cornevin/Roussel 

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Philippe Anne et Claire Massart 

P1030880 Retour au village vacances pour un pot d'aurevoir avec des chanteurs basques qui nous ont donné la sérénade.

Que de retrouvailles et de bons souvenirs !
Merci aux organisateurs qui ont su garder l'esprit de l'Escapade de l'an dernier à Nogaro.
Nous citons Georges STACHEWSKY (dit JOJO), Anne MASSART, Annick BORDE, Claudine LEMAURE et Michel DARRIET, Sidi Sendouk. 

19 mai 2017

SALAM MARRAKECH PUBLIE AVANT LE MOUSSEM D'AVIGON 2017

Voir plus bas le faire-part de décès de Maurice Filloucat et les résultats de la présidentielle pour les français expatriés à Marrakech

LA REVUE SALAM MARRAKECH S'EST MISE À LA PHOTO COULEUR

salam-marrakech-mai 2017-verso 2  Si vous voulez vous abonner ou si votre facteur vous a oublié, adressez vous au Président Robert Lucké dont vous trouverez les coordonnées ci-dessous. Merci à Claudine pour ses photos.

salam-marrakech-mai 2017 2 La réponse surprenante (façon orientaliste)  se trouve sur la Revue.

MAURICE FILLOUCAT NÉ À MARRAKECH EST DÉCÉDÉ À ASTAFFORT (Lot & Garonne)

Sa petite fille Nathalie nous écrit: " Je vous annonce le décès de mon grand - père Maurice Filloucat (le 15 mai 2017), à l'âge de 89 ans. Il a vécu dans l'avenue Mangin avec ses parents, son frère et ses soeurs. 

Lorsque je lui ai montré les photos que j'ai pu récupérer de votre blog en décembre dernier (où on voit son père jeune), il m'a dit : " ho que ça me fait plaisir! Tu sais, je ne garde que de bons souvenirs de cette époque ! "
Né à Marrakech (Maroc) le dimanche 26 juin 1927, il est décédé le 15 mai 2017
Monique et Alain LAVIGNE,
Marc et Nanou FILLOUCAT,
Florence FILLOUCAT et Stéphane, ses enfants ;
Nathalie, Laure, Nicolas, Thibaut, Gary et Greg Sallière, ses petits-enfants ;
Flora et Lenny, ses arrière-petits-enfants; ont la tristesse de vous faire partdu décès de M. Maurice FILLOUCAT, survenu dans sa 90e année. 

Son frère Jean Filloucat est décédé il y a déja dix ans le 2 mars 2007 à 85 ans - Sa tombe se trouve au cimetière de Marrakech - SM n°93

Des deux frères Jean avait gardé l'activité peinture et Maurice avait développé l'activité droguerie, avenue Mangin à Marrakech.

Un dernier hommage lui sera rendu le vendredi 19 mai 2017, à 15 h 30, au crématorium de Lafox, suivie de la crémation. Les amis de Marrakech s'associent à ce deuil et expriment leurs condoléances à toute sa famille et à ses amis.

Les marrakchis inscits sur les listes électorales, ont élu l'Abstention comme Président de la République Française avec 2858 électeurs, Emmanuel Macron arrive en seconde position avec 2208 voix et Marine Le Pen se place avec 309 voix devant les votes blancs 190 suffrages et les votes nuls 35. 

La région de Marrakech est la troisieme région consulaire du Maroc par le nombre de Français inscrits sur les listes électorales, loin derrière Casablanca et Rabat, mais devant Agadir, Fes et Tanger.

presidentielles-macron-lepenLa plus part des grandes villes économiques ont exprimé une préférence pour Emmanuel Macron à 94%: Fez, Casablanca, Tanger, Rabat. Les régions consulaires plus touristiques de Marrakech 88% et surtout celle d'Agadir 82% ont été plus réservées.

Madame Marine LePen a ainsi ses groupes les plus actifs à 1e Casa 441, 2e Marrakech 309, 3e Agadir 254 et seulement 4e Rabat 224.

 Marrakch'amitiés à tous et bonnnes lectures.

Posté par TIMKIT à 01:21 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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