MANGIN@MARRAKECH

28 mars 2017

LE SOUFFLE VESPÉRAL - RÉCIT DE SOUVENIRS DU MELLAH

JOSEPH DADIA NOUS CONTE DES SOUVENIRS D'UN JEUNE JUIF DU MELLAH DE MARRAKECH AU MILIEU DU XXe SIÈCLE 

L'école, le football, les jeux, la synagogue, les réveils matinaux, les personnalités marquantes, les réflexions d'un jeune juif dans les années 40 à 50. Une belle page à lire avant Pessah 5777.

Nous sommes reconnaissants à Joseph Dadia pour ce récit qui témoigne de l'histoire de la forte communauté juive qui autrefois vivait à Marrakech et qui s'est dispersée prenant le risque d'émigrer. Joseph Dadia nous a fait l'amitié de nous confier d'autres textes issus de ses recherches historiques et de sa propre vie. Nous le remercions pour ce travail de mémoire autour d'un pan important de l'histoire de la Ville rouge et particulièrement pour ses souvenirs d'enfance qui rassemblent toutes les qualités d'un "Chkoun Ana"

LA PRIÈRE DU MATIN,

L’été, malgré la chaleur, nous disputions tous les jours des matches de football, du côté du cimetière (Israélite). Lorsque le soleil disparaissait, en fin de journée, l’air devenait respirable. Une certaine douceur enveloppait le Mellah.

Une vache et deux brebis, sous l’œil vigilant d’un gamin, passaient avec nonchalance Bab Ghmat et s’en allaient rejoindre leur enclos, quelque part dans le quartier musulman voisin. Les bêtes et l’enfant, pendant les heures claires, se réfugiaient à l’ombre de Jnan-el-Afia (jardin planté d'oliviers). Leur passage, chaque soir, signalait la fin du match et l’approche de la nuit. Leur déambulation lente, pesante, paisible, nous apportait calme et fraîcheur, l’air du dehors qui nous manquait à l’intérieur des murs, un morceau de la campagne berbère, avec son pittoresque, ses senteurs, sa verdeur, ses rythmes.

Dubois-96 Cliché du photographe Dubois

Je m’arrêtais de jouer à leur passage et les regardais, envieux, cherchant dans leur souffle vespéral la douceur de la vie.

Je revois encore ces messagers qui arrêtaient nos parties de football. La "baignade" succédait au ballon. Nous nous lavions les pieds, les mains, le visage aux lavabos, en fait des robinets installés dans ce coin du quartier juif, et servant de fontaine publique, alimentant en eaux potable les rues proches de Bab El Meعara.  Cette oasis, après le feu du soleil et le feu des joutes, nous permettait de mettre de l’ordre dans nos vêtements - (nous n’en avions pas d’autres pour le sport) -,  de les épousseter, d’éliminer les traces de transpiration, avant de gagner la synagogue عèts Haïm, adjacente à Derb Saba, mais sise en cette longue rue, avec beaucoup de magasins et boutiques, rue qui débouchait face au cimetière. Cette synagogue servait à un moment de "yechiva", académie talmudique. L’accès au local de la synagogue par un escalier de quelques marches. C’est là après le match que nous venons pour la prière du soir,( عarbit, ערבית).

Rares étaient ceux qui, à cet âge, pouvaient se vanter de savoir leurs prières par cœur. Je n’étais pas encore du nombre, mais Fratani (de son vrai nom, Haïm Portal pour tout le monde) les connaissait bien et sur le bout du doigt. Il m’y a aidé. C’était un garçon pur, candide, un croyant de premier ordre. Je lui demandais de faire sa عamida,( עמידה), à voix haute, de manière à écouter les paroles consacrées, à défaut de les réciter moi-même de mémoire. Il se plaisait infiniment en notre compagnie. Assistant en spectateur  à nos jeux, il devenait notre guide pour l’office du soir. Il avait sa foi avec lui, et nous, le ballon rond. Le temps avait des ailes. Une fois, il m’a montré des photos d’Israël. Son frère et sa sœur y avaient déjà émigré, ce qui était exceptionnel. Avec quelle chaleur, il nous parlait d’Eretz Israël ! (la terre d'Israel)

Avec mon ami Shlomo Azuelos, nous étions, vu notre âge, au-dessus de la moyenne pour le football. Pour équilibrer les rencontres, nous nous laissions lier les mains derrière le dos, ce qui n’anéantissait ni notre ardeur débordante, ni nos forces. Il en allait de même pour « délivrer », « dinivri », que sais-je ? Quel mot énigmatique ! Ce jeu consistait à délivrer un prisonnier en trompant ses gardiens, en usant de ruse, de vitesse et auquel on s’adonnait plutôt  en automne et en hiver. [1]

C’est avec Shlomo Azuelos que je me fâchais les cinq premiers jours de la semaine pour nous réconcilier le vendredi après-midi.

De la classe maternelle à Jacques Bigart, je n’ai retenu que la gentillesse de Madame Elmoznino, les tables bleues et rondes, les chansons et l’orientation vers le cours préparatoire, où je n’ai pas été, étant tombé malade. J’ai accusé l’école de m’avoir rendu malade. Enfant gâté à qui rien n’était refusé, mes parents ont accepté mon caprice.

Je fréquentais comme bon nombre d’autres, "Sla", l’école traditionnelle. On y apprenait à lire les textes sacrés et en particulier les prières et les bénédictions. La liturgie et son assimilation constituaient l’essentiel  de l’enseignement. A l’école religieuse, il fallait retenir de tête ce qui est écrit dans les livres de prière, la "Birkat Hamazone" en particulier. A notre retour de la maison, après le déjeuner, mes camarades et moi étions obligés de la réciter. Cela prenait une bonne partie de l’après-midi. Vers les quatre heures et demie, nous nous chargions de ceux qui venaient de finir leurs cours à l’école laïque. Par rapport à nous, c’était des ignares en hébreu, et nous leur enseignions l’alphabet hébraïque, de la première lettre "Alef" à la dernière lettre "Tav", soit vingt-deux lettres. Nous tenions à cette époque  en piètre estime la connaissance du français. A la suite de ma maladie, je ne voulais guère étudier cette langue. Quelques années plus tard, l’école Yéchoua Corcos a été créée à l’initiative d’un Monsieur "gentile" dont plus tard j’ai appris que son nom est Alfred Goldenberg. Je ne savais pas qu’il était juif. Le jour où il entra dans la classe de Rabbi Haïm Chochana, je fus surpris de le voir chanter "عezrat Haعam", un poème de Haim Nahman Bialik, à l’occasion de Hanouca. Toute ma scolarité tant à l’école primaire qu’au cours complémentaire se déroula sous sa direction. Comme Directeur d’école je n’ai connu que lui.

Cette école a été ouverte pour accueillir des élèves, comme moi, qui souhaitaient apprendre en même temps et l’hébreu et le français. Ainsi la moitié du temps était consacrée à l’hébreu et l’autre moitié au français. Le matin pour l’hébreu de préférence et l’après-midi pour le reste: français, écriture, calcul, chants, dessin, gymnastique et autres matières suivant le niveau de la classe ; ainsi, histoire, géographie et j’en oublie et des meilleurs. (Il y aura lieu, dans un autre récit, de se pencher sur ce chapitre fécond d’une scolarité heureuse et intensément studieuse.)

En dehors de l’école, à la "sla", nos maîtres d’hébreu exigeaient de nous d’abandonner nos jeux, sous peine de sanctions sévères. Ils avaient leurs informateurs. C’est ainsi qu’un soir, à la fin du cours d’hébreu, mon ami Salomon Azuélos et moi-même avons subi la sanction de la "falaqa" pour avoir participé à dinivri/délivrer !  Nos maîtres d’hébreu  prenaient sincèrement à cœur notre éducation comme le prescrit la Tora. Ils exigeaient de nous d’être toujours présents au premier office de "Shahrit"  à la synagogue Talmud Tora. C’est ainsi qu’est née en nous l’habitude de nous lever tôt le matin pour nous rendre à la prière et louer l’œuvre de l’Eternel notre D-ieu.  Réprimer toute défaillance, pensaient-ils, remettre dans le droit chemin et former pour toujours.

 

dadia_jacob

Les prières apprises à la "Sla" devaient être mises en pratique dans la réalité.

Ainsi, tous les matins, mon père (photo ci-contre) et moi étions à la synagogue, sous l’œil du Rabbi, qui notait dans sa mémoire les absents, les présents et les retardataires. "Shahrit" finie, nous achetions de bons beignets tout chauds, que nous mangions au petit déjeuner avec un bon verre de thé à la menthe, bien doux et sucré.

 

famille_dadia

Je me recouchais après. Et quand j’eus à aller à l’école, avec l’aide de ma mère, je me réveillais une seconde fois.

Certains matins étaient plus joyeux que d’autres. En particulier, pendant les huit jours de Hanouca, car il y avait déjà foule chez les marchands de beignets dès l’aube.

Madame Dadia et ses enfants

Nous n’avions pas de réveil à la maison. Nous nous levions par habitude et parfois nous avons trouvé à la synagogue porte close. Elle n’ouvrait qu’à cinq heures du matin. Un jour, nous nous levâmes mon père et moi. Au moment d’ouvrir la grande porte d’entrée de la maison, une voix m’appela par mon nom. J’allais répondre. Mais mon père mit sa main sur ma bouche. C’était une voix d’outre tombe. Nous ne quittâmes la maison qu’après le chant du coq.

Une autre fois, il nous est arrivé de nous trouver devant la porte de la synagogue par une nuit d’un hiver rigoureux. Même les marchands de "Hrira" (soupe) dormaient encore. Nous n’avions pas d’heure pour nous lever le matin.

A "Pessah", (fête de Pâques) c’était l’odeur de la menthe qui infusait dans la théière, sans thé et des dattes au lieu de sucre. Cette boisson chaude égayait le matin mes narines, et forçait le sommeil qui encerclait encore mes yeux fragiles.

27-MRK, place Djemaa-el-Fna, marchand de svinges'beignets),1958 Marchand de beignets place Jemaa el fna

 

A "Soucoth" (fête des cabanes), tôt le matin, je me rendais avec mon père à la synagogue, le "loulav" (palme) à la main.

C’était à cette période de mon enfance qu’il m’a été donné de rencontrer Rabbi Pinhas Cohen, toujours présent au premier office du matin à la synagogue Slat La’jama. J’embrassai les pans de son vêtement. C’était un saint, et personne n’osait lui toucher la main pour l’embrasser. Ce qu’il refusait d’ailleurs par modestie. Je le revois marcher en direction de la synagogue. En fait, il ne marchait pas puisque ses deux pieds ne touchaient pas le sol. Il planait et avançait avec régularité, un pied après l’autre. C’était la démarche d’un ange.

Arrivé à la synagogue, il s’assit près de la "Téba", laquelle se trouve face au "Hékhal" qui est à l’autre bout. de la "Sla".

Je me suis mis à sa gauche, n’ayant pas par respect cherché à l’enjamber pour m’asseoir à sa droite.

J’ai gardé de cette époque un souvenir de piété.

Toutes les odeurs qui ont bercé mon enfance s’exhalent encore dans ma mémoire.

Il m’arrive de me lever tôt le matin, mais de mon balcon, sur le boulevard (en banlieue parisienne),  je ne vois que feux rouges et voitures qui vrombissent, des immeubles où l’on dort encore sous les couvertures. Je tends mon oreille pour saisir la voix d’un passant, marmonnant sa prière sur le chemin de la synagogue. Attente vaine.

Et les images d’antan reviennent avec leurs parfums et leur nostalgie.

La prière du matin m’est devenue étrangère dans ces cités-dortoirs où seule la mémoire vient la restituer.

Et mon esprit est submergé par le souvenir des ruelles sombres du Mellah qui, dès l’aurore, s’animaient des ombres des fidèles, qui se rendaient à la prière du matin.

Joseph Dadia

Ce récit de souvenirs de Joseph Dadia, tel un Chkoun Ana ne peut être reproduit sans l'autorisation écrite de l'auteur


[1] Cf. Pierre Flamand : Diaspora en terre d’Islam T. II L’esprit populaire dans les juiveries du  sud marocain, p. 164 et p. 165 : Barres : « Les joueurs, en nombre illimité, se répartissent en deux équipes, l’une des Hakime, c’est-à-dire, approximativement, de gendarmes, l’autre de Arbine, c’est-à-dire, approximativement, de voleurs. Chacune des équipes est postée derrière une Ligne des Buts. Les gendarmes attrapent les voleurs. Ils les mettent en prison à trois pas de la ligne de leurs buts, sous la garde d’un des leurs. Ces prisonniers peuvent être libérés par le voleur qui réussit à entrer dans leur prison, c’est-à-dire à passer entre eux et le gardien et à toucher en criant Délivri ! avant d’être touché lui-même. Si les gendarmes parviennent à capturer tous les voleurs, les deux équipes échangent leurs noms et leurs fonctions et une nouvelle partie s’engagent.

Cette activité ludique reproduit finalement les Barres quant aux règles. Dans la pratique, elle s’en écarte par un goût prononcé pour les explications a postériori des coups joués et pour les contestations souvent âpres entre les équipes. Enfin, elle demeure inconnue des mellahs du bled.

Ces remarques induisent à considérer ce jeu comme une acquisition récente de la jeunesse indigène urbaine. Nos informateurs safiots datent d’environ 1930 son apparition à Safi ; Marrakech et Mogador le connaissaient de plus vieille date, encore que par le même canal : les instituteurs de l’Alliance Israélites Universelle seraient ses introducteurs. En fait, il se joue surtout dans les cours de récréation de ces établissements. Près de la moitié des écoliers – les filles n’y jouent qu’exceptionnellement – déclarent l’aimer  beaucoup ; ils le pratiquent souvent durant l’hiver et s’y adonnent plus particulièrement  pendant la dernière récréation de la semaine scolaire, c’est-à-dire le vendredi après-midi.

Les enfants musulmans s’adonnent plus particulièrement "aux barres" le samedi et le dimanche ».

Le grand Robert de la langue française (année 2001, p.1236) : « N.f.pl. - Jeu de course entre deux camps limités chacun par une barre tracée sur le sol », d’où l’expression « Jouer aux barres ». « Si le mot n’est pas archaïque, le jeu lui-même fait référence à une époque passée (XIXe et début XXe siècle).


21 mars 2017

ILS NOUS QUITTENT: ERIC SCHWEITZER, LE PILOTE JEAN-MARIE LAHALLE ET JACQUES DELAVIÈRE DE LA COMPAGNIE D'ÉLECTRICITÉ DE MARRAKECH

 

Eric-Schweizer-6e

ÉRIC SCHWEIZER, qui vivait au Canet-en-Roussillon après avoir résidé à Casablanca et qui fut élève de l'école du Guéliz et du lycée technique Hassan II à Marrakech a fait ses adieux ce 25 mars.

Éric en 6e au lycée Hassan II

schweizer-Samuel

Certains se souviennent de la famille Schweizer,  Samuel le père (surnommé Samy), originaire de Suisse, avait créé une entreprise de plomberie et installations sanitaires vers 1930, d'abord rue Verlet Hanus, puis pour s'agrandir il s'installa sur un terrain à côté du café du Commerce avant qu'il ne soit remplacé par la Renaissance.

Samy Schweizer

Mobilisé par la Suisse pour défendre son pays des ambitions nazies, il sera vite démobilisé et reviendra marié avec Mady à Marrakech. 

schweizer-magasin

Après la guerre Samy acquiert le terrain où plus tard sera construit le Colisée pour y installer ses ateliers, puis  neuf ans plus tard, il fit l'acquisition du très grand bâtiment qui abritait autrefois les caves Guichet, au 9 de la rue Clémenceau. Une réputation méritée de travail précis et de qualité avait permis ce beau développement. Mais à 49 ans il subira une grave opération qui ne lui permettra pas de se rétablir et il meurt le 16 février 1958, laissant Mady avec ses deux enfants Colette et Eric. Il fut enterré au cimetière européen de Marrakech. Un article de Salam Marrakech 1996 n°51 raconte son oeuvre de pionnier.

Éric (72 ans) avait gardé des liens avec les amis de sa génération.

Eric-Schweitzer-2008_p

Éric en 2008 en compagnie d'amis d'enfance: J.P MARREL, Daniel MULLER, Jean-Pierre BORDET, Catherine LAFARGE-LERAIS, Patrick de LA FONTAINE, Solange ANIDJAR-AUTOGUE, Sylvie SCLINGAND (cachée), Renée BRIGNOLI-BORDET, Marylou MULLER, Irène TROUPOSKIADÈS, Didier NEIGEL, Marie-France JOURNEAU, Daniel LERAIS, Monique NEIGEL, Michel DELALANDE.

C'est Sylvie, sa compagne, qui nous a annoncé la triste nouvelle et confirmé que le service funèbre est prévu le mercredi 29 mars à 14 h 30 au crématorium de Canet-en-Roussillon. Nous adressons nos messages de sympathie à la famille et à tous les amis d'Eric, notamment à ses proches: Colette SCHWEIZER sa soeur, Yvan LORDAT et ses enfants; Sylvie BASTIEN et ses enfants, sa compagne ; Yannick et Stéphane, ses fils et leurs familles.

LE PILOTE JEAN-MARIE LAHALLE 

Sa fille Corinne nous fait part du décès de Jean-Marie:

"Bonjour, je viens de découvrir votre site, après avoir fait des recherches sur Pointe Noire, Dolisis, Fort Lamy, où mon père fut pilote. Et c'est avec une très grande émotion que je viens de lire son nom: LAHALLE. !! Je suis Corinne, sa fille, la plus jeune. Et si je suis si troublée, c'est que mon petit papa est décédé, le 26 janvier dernier. C'est donc tout récent. Et si je fais ces recherches, c'est pour me sentir encore plus près de lui. Alors, imaginez mon émotion !! Et puis, je découvre simultanément, le nom de Michel Lourdais, qui fait partie de mes souvenirs d'enfance. Nous étions amis avec ses enfants. C'est en voyant son nom, que j''ai été interpellée. C'est extraordinaire de voir ces photos...."

Corinne nous envoie le faire-part..

Avis Lahalle  Jean-Marie LAHALLE fut attaché à la Base aérienne de Marrakech pendant deux périodes de sa vie de pilote.

Corinne nous communique sa biographie qui rend compte de la richesse de son parcours:

Pilotage aux Etats Unis, Meknes, Dijon et Creil, avant Marrakech
- 19 janvier 1934 : Naissance à Joinville en Haute Marne 
- 17 Octobre 1952 : Démarrage de sa formation de pilote sur STAMPE ( Base d'Aulnat ou Albi ? ) avec Coutu, Servais, Verette
- 15 Septembre 1953 au 31 aout 1954 : Elève pilote sur la Base Graham Air Base de Mariana ( FLORIDE ) sur PIPER CUB avec plusieurs instructeurs: Lancaster, Reilly, Introcaso, Spearkes, Sparks...

LAHALLE-USA-6pilotes Floride: Jean-Marie Lahalle  est le 3ème en partant de la gauche, avec la combi de couleur claire.

Avion-2-Lahalle

- 31 Aout 1954 : Obtention du Brevet de Pilote Militaire
- 05 Novembre 1954  au 16 Décembre 1954 : Meknès .Vole seul sur VAMPIRE
- 14 Janvier 1955 au 14 Septembre 1955 : Dijon 1/2 Cigognes . Vole sur OURAGAN   Carnet de vol signé par Commandant VAUCHY, JULIENNE, ALLARD, TARDIEU 
- 10 Octobre 1955 au 30 Novembre 1956 : Creil .Vole sur VAMPIRE, MYSTERE, T33
Première période à Marrakech:
- 26 Décembre 1956 au 07 Mars 1957 : Marrackech sur T6 HARVARD       Carnet de vol signé par le Capitaine XIMA
Pilote à Meknes, Tours, Pointe noire, Fort Lamy, Strasbourg
- 18 Mars 1957 au 28 Février 1961 : Meknès sur T33, VAMPIRE, FOUGA, OURAGAN      Carnet de vol signé par Capitaines CAMPS, PRADAL, RAJAU, DURRANDE, LAHEMS
- 06 Mars 1961 au 23 Mai 1962 : Tours ( Indre et Loire ) sur T33, OURAGAN, MYSTERE    Carnet de vol signé par Capitaines MARCHANDISE, GAUCLERE

Lahalle-Commandant-avion-1962

- 04 Juin 1962 au 31 Aout 1964 : Pointe Noire ( Congo ),  et Tchad, Fort Lamy, sur MH 1521, BREGUET, DASSAULT 315,    Carnet de vol signé par Commandant SOULAT
- 10 Novembre 1962 Licence de commandant d'avion sur MH 1521
- 11 Juin 1965 au 31 Mai 1967 : Strasbourg sur MH 1521      Carnet de vol signé par Colonel RIEUNEAU, Commandant JUILLARD
Deuxième période à Marrakech:
- 06 Juillet 1967 au 30 Juin 1971 : Marrackech sur T6, JUNKERS     Carnet de vol signé par Commandant BELLISSARD, Capitaine AIRAULT, Capitaine NEZOU
Fin de sa carrière militaire.  Jean-Marie obtiendra sa retraite en Novembre 1971
Corinne nous communique les noms des pilotes qu'il a connu à Marrakech dans la période où les pilotes français participaient à la formation des pilotes marocains de la 1ere BERP:
Dernaude, Clément, Sahuc, Bouhenaza, Dahbi, El Aboubi, Chtata, Nahib, Errechid, Bouillane, Abounasseur, Sami, Bejjaj, Zelmat, Oukail, Oumalek, Jaouahir, Cheay, Bouyachou,  Ouizrale, Ahabri, Abounsi, Kerjij, Baabou, Sellouni, Bakioui, Hazem, Lazaar, Ouhadou, Bakfi, Elatifi, Sahraoui, Laachouri, Zouine, Bouchkhi, Chanid, Ahabri, Chanid, Boutserfil, Bemaciri, Belheouz, Bounouar...........
Jean-Marie conservait un tableau de souvenirs avec la liste de tous les avions qu'il avait piloté dans sa belle carrière.

Tableau-Lahalle-Ailes Américaine, Marocaine, et Française  Avec les ailes Françaises, Américaines et Marocaines.

On trouvera des souvenirs de la coopération franco-marocaine pour la formation des pilotes à une autre page du blog: cliquer sur ce lien: SOUVENIRS 

Une fête à Marrakech dans la période 1967-1971 avec les autres instructeurs 

Groupe de copains avec Papa  Certains reconnaîtront Jean-Marie Lahalle et Michel Lourdais (organisateur de rencontres entre anciens piloes, notamment en 2005 à Marrakech).

Chacun pourra apporter des souvenirs de Jean-Marie dans les commentaires et aussi adresser ses condoléances à Corinne et sa famille.

JACQUES DELAVIERRE
Jacques était venu au Moussem des anciens marrakchis de juin 2016 en Avignon. Il y partcipait fidèlement depuis de nombreuses années pour retrouver ses amis. Il est décédé le 10 février dans la paix et auprès des siens.

9-Calas-Delaviere-moussem-16 Jacques Delavierre entre Maurice Calas et Claudine Calas

oecum-424

Jacques Delavierre, participait autrefois avec sa femme Fernande au Moussem des marrakchis. Elle est décédée en aout 2014. 

Jacques fut l'un des responsables des Éclaireurs unionistes à Marrakech dans les années 40. Les anciens éclaireurs se souviendront de cette période. Roger Perrenoud qui travaillait comme lui à la Compagnie d'électricité de Marrakech lui avait confié la troupe d'éclareurs, la plus ancienne unité scoute de Marrakech.

Delaviere-Bapteme

Avec Fernande sa femme ils se sont installés au 15 de la rue du Commandant Humbert au Guéliz. Certains se souviendront de leurs deux filles blondes Laure-Ellen et Evelyne.

Sur la photo devant le temple protestant de l'Hivernage se tiennent derrière Jacques son ami Quarmenil et derrière Fernande Suzy de Mondenard.

En rentrant du Maroc ils s'étaient installés pas très loin d'Avignon au pied du Mont Ventoux.

Le Moussem des anciens de Marrakech était l'occasion de retrouver leurs amis. Lors du Moussem 2009, Jacques avait retrouvé un autre ancien éclaireur unioniste de Marrakech, Claude Seguin qui avait fait le voyage depuis Toulouse.

Delaviere-Seguin-2009 Jacques Delavière participait aussi avec Fernande aux célébrations oecuméniques du Moussem et il avait confectionné une croix et un lutrin pour ce service d'unité des chrétiens. 

Croix-et-lutrin Chacun pourra partager des souvenirs de Fernande et Jacques et adresser des messages de sympathie à leurs filles Laure-Ellen et Evelyne en ajoutant un commentaire au bas de cette page.

14 mars 2017

LES PREMIERS ARCHITECTES DU GUÉLIZ ET DE LA MÉDINA DE MARRAKECH

L'amitié franco-marocaine illustrée

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LES RETROUVAIL-LES DU PROFES-SEUR ET DE SON ÉLÈVE. De gau-che à droite Chama BEN-ZRIOUIL, Alexis FILIPPI et Malika CHRAÏBI                                    
Alexis Filippi, professeur pen-dant de longues années  au lycée Ibnabbad, dans les locaux de l'ex lycée  Mangin a fait un pèlerinage fin février à Marrakech où il a vu quelques amis, la rue où il habitait avec sa famille, la rue Alaouiyne, et a rencontré son  ancienne élève Malika Chraibi. Rien n'est aussi  agréable que de revoir celle qu'il a vu plus jeune et qui depuis a grandi et évolué ! La photo a été prise  chez  Chama Benzriouil où ils étaient invités  pour  le  thé.

LE MAROC INVITÉ D'HONNEUR AU SALON DU LIVRE À PARIS.  Du 24 au 27 mars Porte de Versailles. Le Maroc présente une sélection de choix, et la présence de nombreux auteurs marocains.

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Le livre d'Elsa Nagel, C'était hier à Marrakech (édité par La Croisée des Chemins), sera sur le stand (emplacement G 80).

Nous en avons fait mention en 2015, à sa parution. Pour rappel : C’était hier à Marrakech retrace l'histoire de la ville, de l’arrivée des Français en 1912 aux années 1980. L’auteur a mené l’enquête auprès de Marocains musulmans, de Français qui habitaient Marrakech, notamment dans les années 50, et auprès de la communauté juive réduite aujourd'hui à peau de chagrin. La mémoire est précieuse, il faut la cueillir à temps ! C'est chose faite.

Le Guéliz (le quartier européen) était joyeux avec ses bals et ses bars animés. De belles voitures américaines circulaient dans les rues. Le Mellah chantait les mélodies de Farid el Atrach et vivait au rythme des fêtes juives. Les fêtes musulmanes duraient plusieurs jours dans la médina, lorsque le temps avait une autre valeur qu’aujourd’hui. Les jardins de Marrakech étaient un lieu de détente pour les trois communautés. Les loisirs, l’école, les vacances, les sports, la vie au quotidien rappellent qu’il a toujours fait bon vivre à Marrakech. Ce fut une révolution lorsque le premier feu rouge fut installé sur l’avenue Mohammed V, dans les années 70 ! Qui aurait pensé alors que Marrakech deviendrait la capitale touristique du royaume ?

 Plus de 150 photos et cartes postales anciennes illustrent cet ouvrage. L’humain est au cœur de ce livre qui donne la parole à ceux qui ont fait cette ville d’aujourd’hui et dont les histoires personnelles s’inscrivent dans la grande Histoire.

L'OUVERTURE DE LA LIGNE FERROVIAIRE CASA-MARRAKECH PROVOQUA UNE FRÉNÉSIE DE CONSTRUCTIONS EN 1929

L'inauguration de la ligne à voie large normale en novembre 1928, annoncée depuis plusieurs mois a stimulé l'investissement immobilier au Guéliz et dans tout Marrakech.

Inauguration-gare-mrk-1929-architecte Inauguraion de la ligne Casa-Marrakech: l'arrivée du Sultan en Gare de Marrakech et la foule au passage du corfège. (photos Cassuto)

 De nombreux architectes se sont installés dans la Ville Rouge pour soutenir cet engouement des trois communautés: musulmane, juive et européenne. La crise mondiale ralentira ces investissements pendant la période 1930-1933, mais ils reprendront ensuite pour ralentir à nouveau en 1939-40. Nous consacrons cette page aux architectes installés à Marrakech en 1928-1929 dont certains de très fraiches dates. Avant 1929 les constructeurs marrakchis s'adressaient plus souvent à des architectes de Rabat ou de Casablanca ou tout simplement à des entrepreneurs locaux.

Les architectes de cette période qui ont laissé leur noms, se nomment le Bureau Technique de Marrakech,  E. BOCABEILLE,  Paul-Sébastien HABERLACH, Louis MASSA, R. POISSON, Paul SINOIR, Jean TORRENT, ZEENDER (parfois écrit ZENDER par erreur), 

On trouve aussi cette année là certaines personnes indiquées ponctuellement comme architecte: JULIA (Guéliz), Gabriel PAU, PRÉVOT (Médina), 

Quelques architectes venus d'ailleurs ont aussi marqué l'année 1929 à Marrakech: Architecte HANQUET de Rabat avec un immeuble de 12 logements à La Poterne pour le compte de M. Ferrier; Architecte MICHAUD de Rabat avec l'immeuble de la Recette du Trésor place du 7 septembre (aujourd'hui 16 novembre), la Chefferie du Génie, le Lieutenant ARTHUR, le Génie rural; Architecte BOUSQUET de Casablanca, Hotel de voyageurs, 1 logement et 34 chambres pour SE Hadj Thami Glaoui; ...

Mais beaucoup de particuliers se sont dispensés de faire appel à un architecte. Les noms de ces constructeurs de l'année 1929 nous intéressent aussi. Tout ou partie de cet article ne peut être copié sans l'autorisation écrite de l'auteur qui a fait les recherches et sans mention de l'adresse internet de cet article et sa date: 14 mars 2017.

1928-publicité-Beerli-feist-teiser

LE BUREAU TECHNIQUE DE MARRAKECH était présent en Médina en 1928, c'était l'association de trois hommes aux compétences complémentaires: BEERLI Herman (ingénieur), FEHST (géomètre) et REISSER (architecte). Ils avaient leurs bureaux en Médina, 30 rue des Banques près de la Place Djemaa el Fna. Leur publicité reproduit la photo de la villa Giveney, située rue de Bab Djedid (plus tard rue Jean du Pac). Monsieur Herman BEERLI fut aussi le Consul de Suisse à Marrakech pendant plusieurs années.

En 1929, le Bureau Technique a construit , une maison pour Elias Gabaï 32 rue Touareg, une villa pour Hadj Hoceine Demnati rue 19, le constructeur fut Poidomani (voir photographie ci-dessous)

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Autres réalisations de l'année 1929: un magasin rue Riad Zitoun Djedid pour Mohamed ben Mehdi, une maison avec étage au Mellah pour J. Lévy, un ensemble de villas de rapport (7 logements) pour Mlle Hennequin; un immeuble commercial pour l'Administration des Domaines ; un immeuble avec magasins et logements au quartier Lalla Rekia pour les Raffineries de sucre Saint-Louis; un immeuble commercial rue des Banques pour Mohamed ben Kiran; une villa à étage dans la Palmeraie pour J.-B. Saclier; une villa, rue des Écoles, pour M. Fabre; surélévation d'un étage, au Mellah, pour David Harboun. Quelques mois plus tard le Bureau Technique réalisera le Consulat d'Italie à Marrakech. (voir ci-dessous) 

-1928-33-architecte-mrk-Beerli-Les_Chantiers_nord-africains_['puis'_Chantiers_[

Nous souhaiterions ajouter les photos des trois membres du "Bureau Technique" et avoir plus d'éléments sur leurs débuts à Marrakech. Les descendants de la famille Beerli pourraient nous y aider.

"E. BOCABEILLE architecte a commencé par construire sa propre villa rue des Derkaoua en décembre 1928, puis les magasins Salort, rue Verlet Hanus, les Ets G.Amic avenue des Oudaïa, une villa au quartier Ben Salah pour Hocine El Kebadj; un hôtel particulier dans le lotissement Mamounia-Menara pour M Abitbol. (voir ci-dessous)

Villa-Hotel-Architecte-Abitbol-MRK-1932

Par ailleurs il a réalisé la Surélévation pour l'ajout de 13 chambres à l'Hotel de la Palmeraie d'Antoine Salort; un immeuble commercial, rue des Banques pour J.-M. Abitbol. (Qui nous apportera des éléments de biographie de cet architecte qui n'est pas resté longtemps à Marrakech, pour lui aussi nous aimerions avoir plus de renseignements biographiques).

aerchitecte-Haberlach-mrk-1928

Paul-Sébastien HABERLACH a réalisé en 1929 la Villa de V. de Larue, avenue de Casablanca; une villa au Guéliz pour Franceschetti; une autre villa pour Jean Guichet; une autre encore pour Pierre Guichet rue des Écoles; un immeuble commercial et garage rue Arset el Maach pour P. Benhaïmune autre villa, avenue du Guéliz pour Albert Filloucat,..(voir ci-dessous)

mai-1922-architecte-villa-filloucat Il ne s'agit pas d'une photographie, mais d'un dessin d'architecte.

1929-33-architecte-mrk-1929-SMM-Les_Chantiers_nord-africains

une villa à étage avec 2 logements, au lotissement de la Cie française pour Albert Delmas; une villa rue des Chaouïa pour M. Jou-annyune villa avenue du Camp Sénégalais (plus tard rue du Cdt Humbert) pour Émilien Sachetun immeuble de rapport, situé avenue Mangin, élevé d'un étage et avec deux logements pour la Société Marocaine Métal-lurgique (voir photo ci-contre avec les noms des entreprises concernées: Filloucat, Rosati, Avenas, Torrent,..)

PS-Haberlach

Nous avons quelques informations sur cet architecte-ingénieur, arrivé à Marrakech en 1926 à 52 ans, après avoir exercé pendant 6 ans comme chef de service dans l’entreprise de construction Magnier à Casablanca. Cette fonction lui permet de travailler avec les architectes les plus renommés de Casablanca.

Plusieurs réalisations illustrent cette solide expérience: avec l’architecte Laforgue, il réalise la Grande Poste de Casablanca, pour l’architecte Marrast il construit le Palais de Justice,  de même avec l’architecte Bousquet il bâtit l’Hotel de la Région civile. Il construit aussi le Cercle militaire de Casa, l’église de La Foncière, le Dépôt des TAC (Transports casablancais,.. sans parler de chantiers moins importants mais novateurs.

À Marrakech en dehors de l'année 1929, il fut l’architecte de la Kissaria Israel composée de 127 boutiques; de l’immeuble Elgrabli,

1932-33-architecte-mrk-elgrably-Les_Chantiers_nord-africains_['puis'_Chantiers_[

Il réalisa aussi la Villa de Simon Elgrabli rue Arset el Maach, le Comptoir métallurgique, l'immeuble de la Société marocaine métallurgique (voir photo plus haut), l’immeuble Fraisse, la villa Bitoun, la maison commerciale Bitoun,  l’immeuble des Schammaach, l'immeuble Bouskia, les deux immeubles Serfaty,  la synagogue Serfaty,..

Mais aussi des Bâtiments administratifs ou industriels: Controle civil de Souk-el-Arba des Skour, Batiments de la société oleicole de Marrakech, Huilerie Israel, (Marrakech) et Huilerie Israel (Ouezzan), une partie du Dépôt de la Schell, l'immeuble de la Sté Marseillaise de Crédit (en collaboration avec l'architecte Pertuzio).

Marrakech lui doit un grand nombre de ses villas, nous avons cité celles de Franceschetti, de Sachet et de Dumas pour 1929, mais pour d'autres années il faut mentionner celles de Léandri, Mazurier, Joppé, …et d'autres. 

La Revue Salam Marrakech n°38 a fait un article sur lui en 1999, cependant ceux qui auraient des plans et des photos sont invités à les partager.

Louis MASSA, architecte au Guéliz a conçu et dirigé la construction de l'Établissent de bains et logement attenant, avenue Mangin pour J. Breton; une villa au Guéliz pour Jean Léandri, une autre villa au Guéliz pour Fonsa; une petite villa pour Vito Caïozzo, rue du Capitaine Capperon; une villa rue de Casablanca pour Léon Paradis; un immeuble à usage industriel à l'angle de l'Avenue de France et de la Route de Mogador pour M. de Saint-Meleuc. Louis Massa exercera bien d'autres années à Marrakech et son activité fut très importante, surtout dans la construction de villas. Nous aimerions plus d'informations sur sa biographie.

Gabriel PAU, 2 maisons jumelles au Guéliz pour Messieurs Marty et Baudèche;(L'entrepreneur PAU est exceptionnellement indiqué comme architecte)

R. POISSON, architecte DPLG en Médina (à partir de  mars 1929) extension de l'Hotel Majestic rue des Écoles, pour son propriétaire Auguste Zecchetti; un immeuble d'un étage, rue Bab Agnaou pour Auguste Arribe; immeuble à usage commercial, au Mellah pour Mohamed ben Nam-Kechia; construction de l'École professionnelle indigène pour la Direction de l'instruction publique; Villa au Guéliz, avenue de Casablanca, pour J. Ageron; atelier de serrurerie  et logement, quartier industriel, pour E. Garcia; une villa d'un étage, avenue des Oudaïa pour Guirauden; 2 magasins et 4 logements rue Verlet Hanus pour Bernard Nicoleau; Commissariat de Police au Guéliz (lotissement de La Palmeraie) construit par l'entreprise des Frères Berlioz pour l' Administration de la Sécurité générale. Annexe de l'Hôtel Continental, rue des Banques, pour Si Morsi Barakat. (Nous aimerions plus d'informations sur cet architecte établi en Médina, qui s'est associé très vite avec Paul Sinoir)

1929-architecte-mrk-Sinoir-Majorelle-antiers_nord-africains_['puis'_Chantiers_[

R. POISSON et Paul SINOIR (à partir d'aout 1929, leurs bureaux se situent dans l'immeuble Tanugi) une villa d'un étage, route de Safi pour le grand peintre mar-rakchi Jac-ques Majorelle. Paul Sinoir découvre Marrakech à cette occasion, il réalisera plus tard d'autres oeuvres dans la Ville Rouge, notamment les Services municipaux qui sont devenus la Mairie. Ci-contre un cliché du photographe  Félix représentant la villa conçue par Paul Sinoir pour un coût de  125000 francs.

Architecte PRÉVOT, un immeuble de 5 logements au Guéliz pour Michel Dinjean. (unique oeuvre de cet architecte à Marrakech dont on ne sait pas l'origine)

Jean TORRENT, a une activité d'architecte modeste en 1929: Grosses réparations à une maison rue des Écoles pour M. Gauthier; Villas jumelles rue des Abda pour MM Robelin, Moevus et Pérés. Jean Torrent apparait rarement comme architecte, il est le plus souvent entrepreneur.

ZEENDER, architecte domicilié, immeuble LOUIS au Guéliz (à partir de juillet 1929): surélévation d'un commerce, Derb Touareg, pour les frères Attias;  imm. 1 étage, 2 logements, derb Touareg, pour Mohamed ben Caïd Hacim; immeuble d'un étage avec 2 logements derb Touareg, pour Elias Guedalia; un garage particulier, rue de La Mehalha, pour les frères Berlioz; Nous saluons sa famille et espérons qu'elle nous aidera à compléter sa biographie.

L'administration avait aussi ses architectes:

Architecte du Génie rural pour des bureaux et 2 logements de la Direction de l'agriculture.

Chefferie du génie, constructions diverses au Centre d'aviation.

Chefferie du Génie, architecte Lieutenant ARTHUR: rond point de l'Etat Major, avenue de Casa 

Une trentaine de particuliers choisirent soit d'être leur propre architecte, soit de ne pas mentionner le nom du leur: les sommes indiquées sont des estimations déclarées à l'administration qui délivre les autorisations de construire.

Albacette, rue Verlet Hanus, Hangar, 80m2, 8000f – 

Bassiere, angle avenue de Casa et rue des écoles, villa, 80000f -

Bitoum Joseph, Médina, surélévation rez de chaussée  - 30000f – 

Bourreau, rue Verlet Hanus, agrandissement 25000f, -

Cohen Simon P. , derb Touareg, maison rdc, 40000f,

Combes Raoul, rue Djenan el Hartsi, dépendances, 30000f, -

Dafeur  Ch. M. rue des Abda Guéliz, villa, 28000f, - 

Delbosc, rue des Ménaba Guéliz, villa 48000f, -

Estévan G. , rue des Abda, villa 1 étage, 100000f, -

Ferre, rue du Camp Sénégalais, Guéliz ,villa 40000f, -

Fieschi, av des Oudaïa, villa, 47250f, -

Gueydan, rue des Chaouïa, et des Écoles, magasin, 80000f, 

Guouorsonnet, au Guéliz, commerce, 30000f –

Habib Ben Mohamed – logement rdc, 50000f –

Habous Abassia à Riad Larous, 4 logements et boutiques, 180000f, -

Habous Kobra, à Sidi Youb, Bain maure, 70000f, -

Si Hassan Ben Zouri – 80 Arset Hiri, - 90m2 – 13500f – 

El-Hadj Ahmed, Bab Doukkala, cinq boutiques, 12000f, -

SE Hadj Thami Glaoui, Riad Larous, 2 hangars pour garage, 90000f

Si El Hocine el Kabadj, rue Ben salah- 410m2 – 165000f -

Jaume, quartier Indus, hangar à usage Indus, 40000f, -Ruiz  Manuel, Guéliz, villa, 45000f, 

Laiselart, Guéliz, villa 45000f – 

Caïd Layadi, rue des Mennaba, 4 villas, 5 logements, 200000f,-

Marty et Illa, rue des Chaouïas, 2 logements, -

Mohamed ben Hachmi, à El Ksour, logement 20000f – 

Philip Jean, rue de la Kasbah, boutiques,  20000f, -

Polizzi, rue du Cdt Verlet hanus, villa, 25000f, 

Prabis, rue Verlet Hanus, Villa, 65000f, -

Weizman Abraham et Simon, Mellah, -

Wizman  M. J., quartier Kasbah, logement 20000f, -

QUELQUES CONSTRUCTIONS DES ANNÉES 1930-1934

Le Centre du Guéliz se forma d'abord autour de l'ETAT MAJOR, avenue de Casablanca. Après la poussée immobilière de 1929, le Centre se déplaça vers La Poste du Guéliz et le Rond point de l'Horloge.

Nous avons une photo de l'immeuble Gidel qui reçut des locataires à partir de 1932. L'architecte de Jean Gidel fut Marc RENARD, 

architecte-mrk-Gidel-hantiers_nord-africains_['puis'_Chantiers_[

 L'immeuble est situé avenue Mangin, devenue Mohamed V, n°123 à 131

 L'immeuble Garenne est de la même époque. 

1932-33-immeuble-Garenne-architecte-mrk-garenne-_Chantiers_nord-africains_['puis'_Chantiers_[  Nous faisons appel à nos lecteurs pour communiquer le nom de l'architecte et éventuellement d'autres renseignements. Cet immeuble est situé Avenue Mohamed V vers le n°62 et fait pratiquement l'angle avec la rue Verlet Hanus (devenue rue Mohamed el Beqal.

La Clinique du Docteur Lapidus se trouvait plus haut dans l'avenue. Elle fut conçue par un  architecte de Casablanca: M. VANDELLE

architecte-mrk-Lapidus-vandelle-Les_Chantiers_nord-africains_['puis'_Chantiers_[ Le Dr Lapidus fut aussi le premier président du Rotary Club de Marrakech

Un autre architecte, M. CERCEAU conçut la Recette municipale 

Architecte-mrk-1932-33-cerceau-de-rabat-entre-1930-et-34-Les_Chantiers_nord-africains_['puis'_Chantiers_[  M. Cerceau étconseillait l'administration chérifienne pour la construction des établissements financiers

L'hôtel El Maghreb fut construit à la même période à proximité des Remparts.

architecte-mrk-1932-33-hotel-el-magreb  L'hôtel était prêt à accueillir des clients en janvier 1933.

Un autre hotel fut construit par le Bureau Technique (Beerli, Fehst et Reisser)

1932-33-architecte-mrk-beerli-Les_Chantiers_nord-africains_['puis'_Chantiers_[  L'Hôtel du Haouz appartenanit à M. ARLAND

Le même Bureau Technique de Marrakech conçut dans le lotissement Mamounia-Menara un immeuble pour Monsieur Rosati 

1933-Architecte-mrk-photo-Roudnev-Les_Chantiers_nord-africains_['puis'_Chantier On remarquera qu'à cette époque les immeubles ne comportaient qu'un seul étage, excepté sur l'avenue Mangin et pour les hôtels.

Ce fut aussi l'époque de la construction de pavillons modernes à l'Hôpital Mauchamp, devenu hopital Ibn Zohr.

1932-33-architecte-mrk-sinoir-Les_Chantiers_nord-africains_['puis'_Chantiers_[ Ce fut l'une des réalisations de l'architecte Paul Sinoir après 1929. Quelques temps plus tard, la végétation agrémentait le site

Hopital-mauchamp-architecte-1922-France-Maroc___revue_mensuelle_illustrée_[  Réalisation de l'architecte Paul Sinoir

L'immeuble Israel avait marqué aussi l'histoire de la construction à Marrakech 

architecte-immeuble-israel-mrk-1934-Les_Chantiers_nord-africains_['puis'_Chantiers_9742107g Certains ont probablement des souvenirs à partager à propos de cet immeuble si proche de la Koutoubia.

Parmi les bâtiments industriels de l'époque 

architecte-mrk-batiment-industriel-1929-Les_Chantiers_nord-africains_['puis'_Chantiers_[ Les établissements Galibert et Sarrat doivent être remarqués.

Les sports ont aussi leurs places et leurs installations 

architecte-terrain-sports-mrk-1934-Les_Chantiers_nord-africains_['puis'_Chantiers_[  C'est aussi à cette époque que l'entrée des Jardins du Hartsi définit un style décoratif 

architecte-mrk-hartsi-1933-Les_Chantiers_nord-africains_['puis'_Chantiers_[  Le souvenir de la foire de Marrakech et de nombreuses manifestations sportives et culturelles y est attaché. 

C'et aussi l'époque où les belles villas se construisent dans la Palmeraie au nord de la ville.

architecte-mrk-Poisson-Sinoir-Fpntaine_Chantiers_nord-africains_['puis'_Chantiers_[ Les architectes R Poisson et P. Sinoir développent leurs talents. 

La revue "Les chantiers nord-africains" publie aussi la photographie du "Comptoir Métallurgique du Maroc" 

Comptoir-metallurgique-1932-MRK-Architecte-Les_Chantiers_nord-africains_['puis'_Chantiers_[

  L'architecte est là encore Paul Sébastien Haberlach.

Nous espérons que cette présentation incitera les Marrakchis à revoir ces bâtiments témoins d'un passé encore proche et à saluer ces pionniers qui ont su bâtir la Ville rouge en mettant en valeur sa beauté.

Dans un autre article nous présenterons des réalisations des architectes Mreches et Bellanger à qui Marrakech doit son célèbre Casino et beaucoup d'autres réalisations à partir de 1934.     Michel de Mondenard

Comme indiqué au début de ce sujet, la copie partielle ou totale de cette présentation sur l'architecture de Marrakech entre 1929 et 1934 nécessite l'autorisation de l'auteur et la mention de sa publication: Edition Mangin@Marrakech, mars 2017.

07 mars 2017

FOYERS DU SOLDAT À MARRAKECH

QUI NOUS PARLERA DES FOYERS DU SOLDAT À MARRAKECH ?

QUELS RÉGIMENTS EN DISPOSAIENT ?

EXISTE-T-IL DES PHOTOS ?

UNE DÉCOUVERTE EN NUMISMATIQUE NOUS INCITE À RECHERCHER DES OBJETS SOUVENIRS

Dans vos collections d'objets disposez-vous de vieilles pièces  de monnaie émises par les foyers du soldat?

Foyer-legionnaire-MRK-4e

LE FOYER DU LÉGIONNAIRE du 4e ÉTRANGER à Marrakech avait sa propre monnaie. Une pièce de 1franc avait été créée.

Les autres foyers régimentaires comme par exemple celui des Spahis utilisaient apparemment la monnaie marocaine. C'était probablement le cas aussi à la Base aérienne.

100155097_o

Nous connaissons des photos du foyer du 2e RSM, le régiment de Spahis Marocains. Ces photos furent éditées en cartes postales. L'extérieur de ce foyer avait l'apparence d'un café. xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx

100155117

 Une photo de l'intérieur du foyer du Spahi présente des éléments de confort. Il s'agit du foyer tel qu'il avait été rénové après l'Indochine en 1955.

QUI NOUS COMMUNIQUERA DES PHOTOS D'AUTRES FOYERS DU SOLDAT DANS D'AUTRES RÉGIMENTS MARRAKCHIS ? ?

Il y avait autrefois un FOYER CENTRAL au milieu du CAMP MANGIN à proximité du CERCLE DES SOUS-OFFICIERS.

48804370  Le foyer central se trouvait entre les tirailleurs sénégalais à l'est, les tirailleurs marocains au sud, les spahis à l'ouest, l'artillerie et le train au nord-ouest, le bureau de la place et les cercles des sous-oficiers au nord.

Un spécialiste de numismatique nous soumet l'empreinte d'une pièce en laiton de 25,5mm jusque là inconnue: "

"...dans le cadre d'une recherche numismatique, j'aimerais savoir s'il existait un foyer du soldat à Marrakech dans les années ayant suivi la guerre 1914-18. ce foyer, comme d'autres en France ont émis des pièces de monnaies uniquement utilisables dans le foyer."

Foyers-du-soldat-marrakech 2 Il nous communique une reproduction de l'empreinte de cette pièce. On remarque que "FOYERS" est écrit au pluriel, ce qui laisse supposer que la pièce de monnaie valait pour plusieurs régiments de Marrakech. Est ce que certains dee  lecteurs du blog auraient des exemplaires de pièces semblables ?

Quelques indications historiques: Dans la presse du 18 septembre 1934 parait un appel d'offres "pour l'éxécution des travaux de transformation du bâtiment "A" pour l'installation du Cercle des sous- officiers et d'aménagement du FOYER DU SOLDAT." 

Cercle39_p Cliché de E. Michel - 1914

Dans la presse aussi on trouvait en aout 1931: "Un Maréchal des Logis, gérant du cercle des sous-officiers du Camp Mangin, à Marrakech, a disparu en emportant la caisse du Cercle. Le montant du vol s'élèverait à 15000 francs."  

cercle-militaire-mrk-1937 Bien qu'on parle de"cercle" et non de "foyer" il semble bien que ce lieu accueillait des soldats marrakchis en 1937.

café-MRK-Gueliz

Nous trouvons aussi une pièce qui semble plus ancienne, avec le "Café de l'Avenue" au Guéliz. Qui pourrait nous dire de quel café il s'agit ? Serait-ce un café de l'Avenue du Guéliz à l'époque où elle ne s'appelait pas encore Avenue Mangin ? S'agit-il du café du Foyer Central indiqué sur la carte ?

Pour nous aider dans notre recherche sur ce qu'ont vécu les soldats qui sont passés par la garnison de Marrakech, voici les indications de M. Courtois, spécialiste à propos de la pièce "Direction des Foyers du Soldat à Marrakech":

"Dès que j'aurais un ou des scans de bonne qualité, je vous en envoie copie.

D'après le catalogue qui recense les "monnaies de nécéssité" en cours entre 1914 et 1950; il existait déjà deux types d'établissements militaires qui "battaient" et ou "utilisaient" cette monnaie : un cercle des sous officiers et un foyer de légionnaire.

La monnaie  Foyers du soldat" est un inédit qu'un collectionneur vient de me faire parvenir.

En général, les cercles de sous officiers (très nombreux à utiliser ce système) étaient localisés à l'intérieur des casernes.

En revanche, et notamment en "métropole", les foyers des soldats étaient situés au centre des villes de garnison souvent unique afin de préserver les soldats de toute tentation... leur organisation et les prestations de loisirs offertes étaient très définies par le ministère de la guerre et ce sont souvent des organisations de type caritatif qui en avaient la gestion notamment la croix rouge mais aussi l'UFF (union des femmes françaises)."

je m'occupe de la revue de l'ACJM (association des collectionneurs de jetons zet monnaies de nécéssité) et recense à ce titre les nouveaux jetons et publie des articles sur ce type de monnaie et le contexte de parution.

j'avais eu l'occasion, à Rabat, de visiter le musée de la monnaie fort intérèssant et qui comprend quelques vitrines retraçant l'utilisation de cette monnaie de substitution pendant les dernières guerres."

Peut-être que le Sergent Jean TAROT, né en 1920, qui obtint la Médaille militaire pour sa participation à la guerre de 1939 - 1945 depuis Marrakech jusqu'en Autriche avec le 1er Régiment de Tirailleurs marocains et qui fut aussi un temps Spahi pourra nous parler de ses souvenirs des Foyers du soldat.

-Jean-Tarot-medaille-militaire1

Merci à nos lecteurs qui auraient des photos ou des documents sur les Foyers du Soldat à Marrakech entre la guerre de 14-18 et 1950 d'accepter de les montrer sur le blog. Certains ont peutêtre des lettres de soldats ou des dos de cartes postales qui en parlent. Merci de les partager. 

28 février 2017

SOUVENIRS DES PRÊTRES FRANCISCAINS À MARRAKECH ET À TAZERT AVEC LEURS AMIS PROCHES

LE PÈRE EMMANUEL PRÉVÔT, DÉCÉDÉ IL Y A CINQ ANS, FUT UN JEUNE PRÊTRE À MARRAKECH, SA FAMILLE PARTAGE AVEC NOUS SES SOUVENIRS EN PHOTOS ET RECHERCHE DES PERSONNES QUI L'AURAIENT CONNU OU DONT LES PARENTS ONT GARDÉ DES ÉCRITS LE CONCERNANT.

Colette, qui appatient à sa famille, nous confie des photos de lui et d'autres prêtres, mais aussi d'amis proches. Nous commençons par des photos de 1931 où le Père Emmanuel se trouve avec d'autres prêtres qui ont joué un rôle important dans l'histoire des catholiques du Maroc. Certains lecteurs du blog en ont gardé quelques souvenirs.

Une première photo à l'occasion du passage de Monseigneur BAUDRILLARD à Marrakech,

ermites-Mgr-Baudrillard-Ch-André-Poissonier-EP-de-Bellaing-X-Achille-Leon-superieur-regulier des-franciscains-du-maroc-1931 Monseigneur Alfred Baudrillard accueilli par les prêtres franciscains à Marrakech. Il est le fondateur des "Amitiés catholiques françaises" Elu membre de l'Académie française en 1918, il reçoit la Légion d'Honneur en 1920, il est nommé évêque en 1921, il deviendra archevêque en 1935. 

EN 1931 quand il passe à Marrakech, il vient de publier 3 livres et fait des conférences sur les sujets qu'il y traite:

  • La Vocation catholique de la France et sa fidélité au Saint-Siège à travers les âges, Spes, 1928
  • La Conquête religieuse de l'Algérie, 1830-1845, Plon, 1930
  • Nos grandes écoles. L'Institut catholique, 1930

Dans ce groupe autour de Mgr Baudrillard nous voyons le Père Charles-André Poissonnier fondateur de l'ermitage de TAZERT, il est le 2e à partir de la gauche, au centre le Père Gonzalve de Bellaing, puis le Père Jean Joseph Rageys curé du Guéliz "constructeur" de l'église des Saints Martyrs et enfin à droite le Père Achille Léon, secrétaire de Mgr VEILLE, évêque à Rabat, ainsi que rédacteur du journal "Le Maroc catholique" et qui vient d'être désigné pour être le Supérieur régulier des franciscains du Maroc (couvent de l'Aguedal à Rabat)

ermites Tazert-Photo-Prevot

André Poissonnier a rajouté Charles devant son prénom pour montrer son attachement à l'exemple de Charles de Foucault. A l'issue de la guerre, à 22 ans il part au Maroc chez son frère qui tient une exploitation en plein bled où il pratique l'arabe et le berbère. Après 2 ans il revient dans sa famille à Roubaix où il lit la vie de Charles de Foucault de René Bazin. À la veille de Noël 1923, il choisit l'ordre des franciscains qui accueille des novices à Amiens. Il est ordonné prêtre en aout 1928 et embarque un an plus tard pour le Maroc. Il commence à Marrakech à l'église de la Médina, celle du Derb Nakous, créée en 1913 par le Père Apollinaire Colombié et depuis desservie par le Père Roger Guillemotte. 

Mais Charles-André veut retourner au bled avec ses chers berbères. Il choisit Tazert à 56 kms à l'est de Marrakech où se trouve un souk qui attire chaque semaine les berbères de la région et l'ancienne demeure de Madani el Glaoui, le frère aîné du Pacha de Marrakech.

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 Dar du Khalifat à Tazert au temps de Madani El Glaoui

A partir de juillet 1929, Charles-André s'installe à Tazert pour construire une chapelle et un dispensaire de soins.

ermites André-Charles-Plissonier-Jean-Joseph-Rageys Margi-Spahis-Médina--Tazert

La photo avec Monseigneur Baudrillard est de la même époque que l'inauguration de la chapelle et du dispensaire de Tazert. Charles-André Poissonnier était surnommé "l'homme aux mains de lumière" et voulait être "l'ermite des pouilleux". 

La photo ci-contre est prise à l'église de la Médina, Derb Nakous et rassemble le Père Charles-André Poissonnier, le Père Jean-Joseph Rageys et le Maréchal des logis des Spahis en poste à Riad Zitoune

Le Père Charles-André va accomplir son ministère auprès des berbères pauvres de l'Atlas. Il choisit de se rapprocher d'eux et va s'installer dans la montagne à Arbalou auprès des populations les plus démunies, mais aussi les plus exposées à l'épidémie de typhus qui s'abat sur la région. Charles-André est atteint par la maladie. Transporté à Marrakech, il y meurt le 18 février 1938 à 41 ans. 

Sa mort fut un énorme choc pour toute la communauté catholique du Maroc et notamment pour les prêtres franciscains qui le connaissaient et l'appréciaient. 

Nous présentons d'autres photos du Père Charles-André et notamment une photo de groupe réunissant les responsables berbères, l'officier des Affaires indigènes et le Père de Bellaing.

ermites Tazert-frere-Charles-André-poissonnier-Gonzalve-de-Ballaing Le Père Charles-André Poissonnier est à droite et le Père aumônier Gonzalve de Bellaing est entre deux responsables berbères.

Gonzalve de Bellaing-1933

Le Père Gonzalve de Bellaing d'origine béarnaise participera quelques mois plus tard à différentes opérations militaires. Il sera décoré de la Légion d'Honneur et de la Croix de guerre. En 1933 il sera cité par le général Huré: "Aumonier militaire de la région de Marrakech, a participé aux principales opérations de la région depuis novembre 1931; Au cours des colonnes ou pendant les combats, a toujours fait preuve d'un beau courage et d'un plein dévouement en n'hésitant pas à s'exposer pour remplir son ministère." Il avait été porte drapeau du 18e régiment d'infanterie en 1915 et 1916. Le Père Gonzalve de Bellaing est resté dans la mémoire des Marrakchis. Peutêtre que sa famille a conservé des souvenirs qui concernent le Père Emmanuel Prévôt.

ermites-avec-M-Bonnel-Meknes-1932

 Le Père Emmanuel Prévôt a gardé une photo prise en 1932, une année plus tard que les photos précédentes avec Monsieur BONNEL de Meknès. Peutêtre que la famille de M. BONNEL pourrait nous dire dans quelles circonstances cette photo a été prise. Il y avait une famille BONNEL qui possédait avec les DESURMONT le domaine de CHERIKA, situé aux Aït Yazem par Meknès. Elle élevait et exportait des vins marocains et avait des attaches dans le Nord à Roubaix-Tourcoing. Les Desurmont travaillaient la laine à Tourcoing dont une partie venait de l'Atlas.

Nous n'avons pas d'autre photo de groupes avant 1936

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ermites Tazert-octobre-1936

Le cliché ci-contre nous montre le dispensaire de TAZERT en octobre 1936 avec sa chapelle. Le Père Charles-André est à droite en compagnie de jeunes amis berbères et d'un officier dont nous ignorons le nom. xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx

 Trois autres photographies de la collection du Père Emmanuel, dont deux sont non datées peuvent constituer des pistes pour retrouver des témoignagesxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx

Une promesse de scouts en 1941, qui aurait eu lieu du côté du Mellah et de la Médina.photos Scouts-maroc

Qui reconnaîtra des visages? Le Père Emmanuel PRÉVÔT est présent à cette promesse entre le chef de Troupe qui salue au chapeau et le chef de patrouille qui salue au fanion. Les cheftaines de louveteaux sont présentes aussi. Les parents assistent à la promesse depuis la terrasse voisine. Nous savons aussi que le Père Emmanuel est le vicaire du Père Koehler au Guéliz en 1937.

derb-nakoushotos maroc

Une deuxième photo prise sur la terrasse de l'église de la médina située Riad Zitoune, Derb Nakous. Le Père Emmanuel est difficilement reconnais -sable à gauche de la photo, de même les autres personnes. Probablement la personne de droite est aussi un prêtre. Chacun reconnaîtra le clocher très particulier de l'église de la Médina, qui fut appelée aussi Notre Dame des Anges à l'époque du prêtre Ange Koller.             . XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX

Emmanuel-Prevot-maroc

Le Père Emmanuel Prévôt avait gardé une photo de Mr et Mme Paul PIERRISNARD. Une rapide recherche a permis de découvrir que ce couple habitait rue Verlet Hanus, Villa Merme, car il se trouve sur une liste de l'Action Française d'octobre 1942, comme délégué de l'organisation pour Marrakech. C'était un admirateur de Charles Maurras. Est ce que ses descendants auraient dans ses archives des souvenirs du Père Emmanuel Prévôt ? Une autre famille fut bien connue du Père Emmanuel; il s'agit de la famille CARRERO. Qui pourra nous dire si elle a des descendants et s'il est possible de les joindre ?

Liste des premiers prêtres à Marrakech depuis le début du XXe siècle:  

Père FABRE depuis septembre 1912 :première messe à Marrakech (Dar Beida)

Père Apollinaire COLOMBIÉ, 1913, Dar Beida et Chapelle en bois du Guéliz, puis location de Derb Nakous, église de la Médina. Construction en 1919 de la premiere église du Gueliz Jean de Prado, achevée pour Noël 1920, elle remplace la Chapelle en bois.

Père Robert GUILLEMOTTE, en Médina en 1922

Père Junien LAROCHE au Guéliz en 1922

Père Charles André POISSONNIER en 1929 en Médina,

andre-dapzol-129eDI-secteur168

Le Père André DAPZOL passa un certain temps à Marrakech-Médina entre son aumonerie à Kasba Tadla et la charge d'une des paroisses de Casablanca. Il a certainement bien connu le Père Emmanuel PRÉVÔT. Nous avons de lui une photo ci-contre.

Père Jean-Joseph RAGEYS en 1931 au Guéliz, construction et inauguration de l'Église des Saints-Martyrs, qui remplace l'église Jean de Prado, laquelle sert à l'aumônerie.

Ouverture en 1932 de l'École Notre-Dame des Apôtres.

Père Théophile LAMPERTI en été 1934 en Médina

Père Ange KOLLER en 1935-37 en Médina 

Père Henry KOEHLER en 1937 au Guéliz, 1re messe au sommet du Toubkal

Père Emmanuel PRÉVÔT, 1937 vicaire au Guéliz, mobilisé en 1939-40, revenu à Marrakech en 1941.

Nous remercions Colette d'avoir partagé ces photos anciennes de Marrakech, de Tazert et de personnes qui ont connu les prêtres de cette époque. En retour nous espérons que des témoignages, des écrits, des photos des lecteurs du blog lui permettront de reconstituer la biographie du Père Emmanuel.

Vous pouvez écrire dans les commentaires ou si vous souhaitez écrire directement à Colette et sa famille, vous pouvez laisser un message par le lien "contactez l'auteur" en haut et à gauche de cette page. 


21 février 2017

SALAM MARRAKECH, LE PREMIER N° SORTI EN 2017

LA REVUE SALAM MARRAKECH PRODUIT SON N° 131-3

Depuis 1983 les anciens de Marrakech sont reliés par la revue dirigée par Robert Lucké, une revue Trait d'Union sans équivalent pour les Marrakchis dispersés de par le Monde. 

Salam MRK 1 24 pages sur papier glacé avec nombreuses photos des marrakchis d'aujourd'hui et d'autrefois étayée par des articles et témoignages multiples. Si vous n'êtes pas abonné(e) adressez-vous à Robert Lucké 10 rue Alphonse Daudet 13870 ROGNONAS et téléphone 33 (0)1 90 94 97 23.

LE MOUSSEM 2017, LA RENCONTRE INTERNATIONALE ANNUELLE DES ANCIENS DE MARRAKECH, AURA LIEU LE SAMEDI 24 ET LE DIMANCHE 25 JUIN À AVIGNON (Vaucluse), Rendez-vous le samedi au VERT HOTEL après 18 heures et le dimanche au Centre de La SOUVINE à partir de 9h30. S'inscrire pour les repas auprès de Robert LUCKÉ ou au Secrétariat auprès de Laurence téléphone 06 03 21 10 35 email: laurence.lavaill(arobas)gmail.com 

Salam MRK 2 

2016 06 19 R Moussem-Serge-Majorelle 091-071 2

Au Moussem 2016 nous avons remarqué la présence de Serge MAJORELLE, le petit fils du grand peintre marrakchi. Vous pouvez revoir la beauté de ses jardins en cliquant sur le lien: Jacques MAJORELLE.

2016 06 18 R Repas Moussem16-016

De même Françoise, fille du célèbre Docteur MADELAINE, dont le nom fut donné à une rue du Guéliz, et sa petite fille ont participé au Moussem des anciens marrakchis aux deux rencontres du samedi soir et du dimanche.

 Pour soutenir la Revue SALAM MARRAKECH et les rencontres entre anciens, soit qu'elles se produisent à MARRAKECH, ou qu'elles se créent sous forme de MOUSSEMS à AVIGNON avec Robert LUCKÉ, dans le SUD-OUEST avec JOJO STACHEWSKY ou ailleurs il y a un GROUPE sur FACEBOOK auquel plusieurs d'entre vous sont déja inscrits. Les autres anciens de Marrakech sont les bienvenus.

CHERCHER " SALAM MARRAKECH " SUR FACEBOOK      https://www.facebook.com/

Groupe

Faîtes votre demande d'adhésion et informez-vous sur le prochain événement: le MOUSSEM à AVIGNON.  Samedi 24 juin à partir de 18h au VERT HOTEL (s'inscrire au repas et à la soirée) et Dimanche 25 juin à partir de 9h30 au Centre de LA SOUVINE (s'inscrire aussi au repas). 

Moussem 2017 de Salam Marrakech

cliquez sur ce lienhttps://www.facebook.com/groups/

Vous y trouverez aussi des photos...

photos   

À bientôt sur : https://www.facebook.com/

 

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14 février 2017

LA FAMILLE MANGIN REVIENT EN PÈLERINAGES À MARRAKECH

 LONELY CHILD

lonely-child-pascale-roze-stock-2017

PARUTION D'UN NOU-VEAU ROMAN HISTO-RIQUE DE PASCALE ROZE CONCERNANT UN COMMANDANT ASSIÉGÉ À DAR EL KADI EN DÉCEMBRE 1912 ALORS QU'IL ALLAIT DEPUIS MOGADOR À LA RENCONTRE DE LA COLONNE DU COLONEL RUEFF. Une histoire racontée par la petite fille de ce commandant qu'elle redécouvre au soir de sa vie avec la mémoire du parcours de son grand père et le souvenir qu'il a laissé au Maroc chez une famille marocaine. Pascale Roze, Prix du Premier Roman, Prix Goncourt pour un autre roman "Le chasseur zéro" est aussi une lectrice du Blog Mangin@Marrakech. ( Stock Ed, 1er février 2017).

HEUREUSE SAINT-VALENTIN À TOUS LES   AMOUREUX

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LE COLONEL EMMANUEL MANGIN, L'UN DES PETITS FILS DU GÉNÉRAL CHARLES MANGIN EST VENU EN CE DÉBUT 2017 SE RECUEILLIR SUR LA TOMBE DE SON ONCLE LE LIEUTENANT HENRI MANGIN MORT AU MAROC (TAFILALET) À 25 ANS EN 1933.

Depuis 1912, les descendants du Colonel Charles Mangin (qui chassa le prétendant El Hiba de Marrakech en 1912) se déplacent en pélerinage dans la Ville Rouge et dans l'Atlas. Ils viennent se recueillir sur la tombe du Lieutenant Henri MANGIN, fils aîné de Charles MANGIN, mort au combat à la tête de son groupe de partisans marocains en juillet 1933.

Le colonel Emmanuel MANGIN écrit au blog:"Nous arrivons  ma femme et moi  accompagnés de notre petite-fille , 3 ans , jeudi soir ; nous passons la journée de Vendredi à Marrakech avant de filer vers Zagora  retour mercredi en fin de journée  et nous reprenons l'avion Jeudi en fin d'apres midi ;

Je voudrais aller me recueillir sur la tombe de mon oncle le lieutenant Henri Mangin tué en juillet 1933 dans le Tafilalet; et peut être me présenter au Consul général de France s'il peut me recevoir mercredi..."

Lieutenant Colonel Emmanuel MANGIN (photo ci-contre au cimetière européen de Marrakech)

La tombe du Lieutenant Henri Mangin se trouve dans le Carré militaire du cimetière de Marrakech, alors qu'à l'origine elle avait une place à part. 

catafalque-Henri-Mangin-MRK-7sept1933

Après une première cérémonie en juillet, une deuxième cérémonie eut lieu en septembre en présence de Jacqueline Mangin, soeur du défunt, accompagnée de son mari le capitaine Brosset. Mme Veuve Mangin et son fils Louis-Eugène vinrent se recueillir sur sa tombe le 14 janvier 1935 à l'occasion de l'inauguration du monument de Sidi Bou Othmane.

Le 7 septembbre 1933, la population de Marrakech rendait un ultime hommage à la dépouille mortelle du lieutenant Henri Mangin, tué d'une balle au front, dans l'IMGHAS, alors qu'il se trouvait en juillet à la tête de son groupe de partisans marocains. Le 7 septembre 1912, son glorieux père, le Colonel Mangin, entrait à Marrakech en faisant fuir le prétendant El Hiba, ennemi du Sultan Alaouite. Vingt et un an après, le fils du Général Mangin, si tragiquement décédé en 1925, était enterré au cimetière de Marrakech. 

Les restes du lieutenant Mangin furent amenés sur un catafalque au milieu du cimetière. Dans le fond une compagnie du 4e Étranger avec la musique rendait les honneurs. De face, le Général Catroux, commandant la Région, ayant auprès de lui le capitaine et Mme Brosset, beau-frère et soeur du lieutenant Mangin, derrière eux, l'État-Major, les autorités civiles et militaires, le Section des Croix de Feu et Briscards de Marrakech, les officiers sans troupes, la foule.

 Henri Bordeaux l'Académicien avait tenu à rappeler la mémoire de ce lieutenant volontaire:

Lieutenant_Mangin-Rageys-1933

"J'ai dans les yeux la silhouette élégante, gentile, de ce grand jeune homme, plus fin que le père, moins râblé, mais tout aussi volontaire, qui semblait aimer le monde et s'y plaire, que le monde ne demandait qu'à gâter, et qui n'avait au fond qu'une envie: s'en aller au désert, servir et commander. Tout lui aurait été facile, tout lui souriait. Mais que pouvaient bien être ces facilités et ces sourires pour le désir qu'il portait en lui ? Ne devait-il pas continuer l'oeuvre paternelle interrompue trop tôt ? Et pour ne pas lalaisser interrompre ne fallait-il pas se hâter ? Ainsi brûlait-il les étapes. Sorti de l'École polytechnique, il réclame l'infanterie coloniale, et il part pour la Mauritanie.(...)

oct12-Lyautey-bahia-européens-mrk

Avant de traverser l'Atlas et de descendre plus au sud où l'attend la mort, il a traversé Marrakech. Or Marrakech appartient au souvenir de son père. À Marrakech il était chez lui. En 1912, le grand Mangin est le colonel Mangin. (...)

Ci-contre en octobre 1912 au Palais de La Bahia de Marrakech: Lyautey entourré de Brûlard et de Mangin, madame Mangin à son côté.

Quel souvenir pour le jeune lieutenant qui va prendre part à la nouvelle colonne, cette fois bien plus au sud, afin d'établir la frontière définitive du Maroc, celles que ne franchoront plus les tribus dissidentes! S'est-il promené dans ces jardins de l'Aguedal où son père installa son quartier général, avec ce goût qu'il avait pour les belles demeures où la vie continue, comme il le disait, la veille de la bataille de la victoire de Méry, à la propriétaire du château de Pronleroy, car on ne fait la guerre que pour que la vie continue dans des conditions meilleures ? Les jardins de l'Aguedal, charme délicieux de l'oasis de neige et d'or sur le fond des montagnes de neige! Dernière promenade de douceur et d'orgueil à l'évocation de l'oeuvre paternelle, et puis dernier départ avec la colonne. Comment ne pas pleurer un destin si court, alors que tout le marquait pour l'avenir d'une race et de notre pays?

Non ne le pleurons pas. L'offrande de cette jeune vie agrandit l'oeuvre du père, y ajoute cette grâce qui vient du sacrifice librement consenti.  HENRY BORDEAUX

Comment est mort le lieutenant Henri MANGIN ?

Au cours des opérations qui se déroulèrent les 21 et 22 juillet le lieutenant Mangin fut mortellement frappé. Une nouvelle avancée de l'ensemble des troupes mobiles a permis l'occupation de la Haute vallée du Dadès et l'occupation du pays des Ait Abddi. Cette avance consolide les jonctions entre les groupes de Meknès, du Tadla et les confins situés au centre du district d'Indghas et accentue le mouvement de soumission chez les Ait Ouanerghi.

C'est vers le début de la soirée du 22 que le lieutenant Mangin, qui marchait à la tête d'un groupe de partisans marocains a été frappé. Le lieutenant Mangin, qui avait été grièvement blessé, fut transporté à l'ambulance où il reçut du Général Catroux, l'insigne de chevalier de la Légion d'Honneur, avant de mourir le lendemain.

Le général Huré, commandant supérieur des troupes, s'est rendu dans la haute vallée de l'Indghas, dans la région où les troupes mobiles "Catroux et Giraud" ont fait leur jonction, il a visité la formation de Semghir où il s'est incliné devant les dépouilles mortelles du lieutenant Mangin et du lieutenant vétérinaire Besson, tué également dans les récents combats, alors qu'il portait secours à un partisan  marocain blessé. 

Bien que de formation scientifique, et sorti de l'École Polytechnique, le lieutenant Henri Mangin avait opté pour l'infanterie coloniale, la première arme de son père, le général. Il fit d'abord campagne comme officier à la compagnie saharienne de Mauritanie. Il y a seulement quinze jours qu'il avait pris le commandement du groupe des partisans marocains.

Une première cérémonie d'obsèques du lieutenant Mangin et du lieutenant vétérinaire Besson, morts au champ d'honneur dans la région d'Indghas d'où leur corps avait été ramené le 25 par avion, eut lieu le mercredi 26 juillet à Marrakech.  Le deuil était conduit par M. Halmagrand, adjoint civil. Après la cérémonie religieuse, les cercueils ont été transportés au dépositoire où le colonel Schuler et le colonel Chalain dirent successivement un émouvant adieu aux disparus.

En ce début d'année 2017 le colonel Emmanuel Mangin nous parle de ses pélerinages:

"On trouve la tombe d'Henri Mangin facilement. Il a beaucoup été déplacé  C'est le 3eme emplacement au moins.

Avec mon père Louis MANGIN nous avions fait un pèlerinage entre hommes en juin 78 . On voyait la tombe de loin car il y avait un arbuste, ressemblant à un laurier, à côté.

Il m'avait dit que ce n'était  pas le premier emplacement. Le sous officier adjoint de l'oncle Henri avait pris en 1933 un arbuste là où il était tombé. Depuis l'arbuste avait été remplacé.

Ensuite nous avons refait la route de la campagne du Tadla contre le prétendant El Hiba qui avait pris le commandement des tribus en révolte en 1912.

Victoire de Beni Mellal , grosse affaire...

Grand Papa (Colonel Charles Mangin) attend Lyautey à Fez. On lui demande "Que peut on faire pour surprendre le Général ?"

Faites tirer le canon ! Il y a longtemps qu'il ne l'a pas entendu !

Rose-2

On se souvient qu'après la guerre , il disait du Maréchal: "Maréchal à titre civil, Académicien à titre militaire"

Pendant notre périple avec Rose, qui aura bientôt 4 ans , nous avons visité (le cimetière de Marrakech) et la casbah de Ouarzazate, ancien fief du Pacha de Marrakech. 

Notre guide, assez âgé, très fin lettré, me raconte l'installation du Pacha à Marrakech en 1913 

Je me présente , petit fils etc... Il me regarde et dit: "Il y a plus de 40 ans , j'ai reçu ici votre père et votre mère, À la fin j'ai dit à votre mère qu'elle ressemblait à SImone de Beauvoir qui était très proche du Pacha et cela ne lui a pas plu."

(cette visite REMONTAIT au printemps 1971) .....

 je vous joins un cliché pris quelques mois avant la mort d'Henri , à l'occasion, en 1932, de la remise au 23e d'Infanterie coloniale de la maquette du monument MANGIN ."

monument-mangin-1932

On voit à l'arriere plan la maquette du monument Mangin réalisée par le sculpteur Maxime Réal del Sarte

Au centre Madame Charles Mangin entre ses deux fils aînés, à gauche le lieutenant Henri Mangin sept mois avant sa mort dans la haute vallée du Dadès, à droite Louis-Eugene Mangin en uniforme de Saint-Cyr.

Colonel-Mollet-23e 2

Henri Mangin fut renversé par un tramway parisien et gravement blessé le 28 décembre c'est à dire trois mois après cette photo qui date du 20 septembre et a été prise à l'occasion de la remise. solennelle de la maquette du monument Mangin à la garde du 23e d'Infanterie Coloniale (caserne de Lourcine, Bd de Port Royal). Le sculpteur Maxime Réal Del Sarte s'adresse à Madame la Générale Mangin, à ses fils Henri et Louis-Eugène ainsi qu'au Colonel Mollet commandant le 23e d'Infanterie coloniale. Cette maquette serait aujourd'hui au Musée des Troupes de Marine à Fréjus.

L'inauguration de la statue, Place Denys Cochin avait eu lieu six mois avant, le 20 mars. 

Mangin-place-denys-cochin Un imposant défilé des troupes avait marqué cette inauguration. 

Inauguration_du_monument_du_général_[

"En juin 40, le monument érigé place Denis Cochin, prés des Invalides, fut dynamité par les Allemands la veille de la venue d'Hitler pour qu'il ne le vit pas en allant voir le tombeau de Napoléon; L'Armée MANGIN, composée en partie de troupes issues des Colonies, avait occupé la Rhénanie en 1919, et "la race aryenne avait été souillée", de façon évidente, par cette proximité...

Il y a maintenant une statue au chevet de l'église Saint François Xavier;

oct12-Mangin-Dar-Beida

Sur la photo avec ses fils, on voit la Générale MANGIN , toujours en deuil ; Elle a une cinquantaine d'années; Elle était née Cavaignac.

Son père, polytechnicien, était Ministre de la Guerre en 1898 au début de l'affaire Dreyfus;.. son grand père, le General Eugene Cavaignac, polytechnicien, avait été Ministre de la Guerre en 1848 , puis chef du pouvoir exécutif jusqu'en Décembre 1848 

Ci-contre elle monte en amazone en octobre 1912 à Marrakech

Elle a eu 8 enfants.

La famille MANGIN s'engagera résolument aux cotés du General DE GAULLE: elle compta 3 Compagnons de la Libération: deux des gendres: le General BROSSET mort pour la France fin 44 , commandait la 1er DFL ; Jacques LECOMPTE BOINET, chef de réseau puis membre du Conseil National de la Résistance. Stanislas MANGIN Saint Cyrien, BCRA et 1ere DFL . voir leurs bios sur WILKEPEDIA .

Mon père que l'on voit en tenue de Saint Cyr sur la photo , fut Délégué Militaire National en 43/44 puis à l'Etat Major particulier de De Gaulle ;  au Maroc de 37 à 41 , lieutenant , il était en poste ; 

je joins la photo de De Gaulle présentant ses hommages à la Générale MANGIN lors de la célébration du centenaire en 1966 aux Invaides."

generale mangin-35

Nous remercions le Colonel et madame Emmanuel Mangin pour les photos et les souvenirs qu'ils ont partagés avec nous. Nous mesurons  tout ce que l'histoire de Marrakech, du royaume du Maroc et de son unité doit à sa famille. Souhaitons à la petite Rose et à ses cousins de poursuivre avec les nouvelles générations ces pélerinages qui maintiennent les liens avec la terre marocaine et ses habitants. Merci aussi à Pascale Roze pour son roman qui participe de ces liens entre marocains et français, dans la guerre et dans la paix.

Ceux qui veulent ajouter des informations peuvent le faire dans les commentaires ci-dessous. Pour envoyer des photos ou des scans s'adresser au webmaster par le lien "contacter l'auteur" en haut à gauche de cette page.

Photo des 8 enfants de la Générale Mangin ajoutée par Jean-Louis Roy. 

Général Mangin et ses enfants

 

A propos de Dar el Kadi (décembre 1912) on lira le témoignage du Capitaine Cornet:   http://mangin2marrakech.canalblog.com/archives/2015/09/21/32657810.html

Plusieurs pages du Blog, parlent du Colonel Charles Mangin en 1912-1913:
http://mangin2marrakech.canalblog.com/archives/2012/08/01/24728986.html
http://mangin2marrakech.canalblog.com/archives/2015/09/08/32593122.html
http://mangin2marrakech.canalblog.com/archives/2015/07/16/32632353.html

07 février 2017

SIMONE RECHERCHAIT SYBILLE, COMMENT SE SONT-ELLES RETROUVÉES APRÉS 60 ANS ?

SYBILLE DE MECKENHEIM ( ou Mecquenem) A VÉCU À MARRAKECH, ET À OUIRGANE

ELLE A CONNU L'INSTITUTION NOTRE DAME DES APÔTRES ET LE LYCÉE MANGIN

DES ANCIENS DE MARRAKECH VOUDRAIENT REPRENDRE CONTACT AVEC ELLE

MAIS COMMENT RETROUVER SA TRACE ?

MICHEL MAUMON DÉJA EN 2010 RECHERCHAIT L'ÉLÈVE AUX TONGS DE SA CLASSE DE 1ère AU LYCÉE MANGIN

SIMONE LANGLADE SE SOUVIENT DE LA "GRANDE" QUI CALMAIT SES ANGOISSES À NDA:

"Sybille a "compensé" ma tristesse de petite pensionnaire chez les soeurs de Notre-Dame des Apôtres et mes angoisses le soir au dortoir, car nos lits étaient côte à côte. Cette proximité permettait à Sybille de me donner la main et de tenir la mienne jusqu'à ce que je m'endorme et dépasse mon angoisse...j'avais pas tout à fait 7ans...

La séparation d'avec ma famille était tres douloureuse...chaque lundi matin je m'agrippais aux jambes de mon papa et hurlais en pleurant ...la soeur "Bonaventure" m'embarquait à l'intérieur de l'institution en essayant de me raisonner..
Sybille devait être en âge du certificat d'études, et moi en CP...pour moi c'était une "grande"...et je n'ai jamais oublié.
Je sais que Bernard DUBOST , autre cousin de coeur et cousin de Jean-Paul Hindié, aimerait lui aussi retrouver Sybille." (Soeur Bonaventure était à Marrakech de 1950 à 1953)

Chau_Gruyere-Mecquenem

Comment trouver Sybille ?  serait ce par sa famille ?
Son père Guy de Meckenheim avait vendu son château familial de Gruyères en 1938 pour s'installer à Ouirgane, près d'Asni et de Marrakech. Il avait créé le Domaine de La Roseraie, qu'ont connu de nombreux marrakchis à la recherche de fraÎcheur et d'un cadre agréable. 

Meckenheim-de-Sybille-Clermont-Ferrand

Comment trouver Sybille ? par l'école Notre Dame des Apôtres ?

NDA-cour-recreation Il s'agit du préau de l'école des religieuses de NDA, photo Blandine. Mais les soeurs de NDA ont changé, il ne s'agit plus des religieuses de l'Institution de Lyon qui détenaient les archives. Les nouvelles soeurs sont libanaises et parlent couramment l'arabe.

Comment trouver Sybille? par ses camarades de lycée ?
SA CLASSE DE PREMIÈRE IV AU LYCÉE MANGIN EN 1959-1960

Lycee-Mangin1ere

Rang du haut : Sandillon, Wiesnieski, Bernard Dubost, Christian Dailloux, Mahmed, René Crousse, Robin ; Rang du milieu : Roland-Jean Lecourt, Daniel Sibony, Jacques Sibony, Peniane, X, Michel Maumon, Zouzout ; Rang du bas : Mlle El Grabli, X, X, X, Sylvia El Faci, Mme de LAPIERRE Prof de Français, Mlle Delouyat, Mlle Afilalo, Mlle Nardoux, Sybille de MECKENHEIM et ses tongs, X (la copine de Sandillon).
Comment trouver Sybille ? serait-ce par La Roseraie de Ouirgane ?

Roseraie-Ouirgane  Des palmiers et un magnifique jardin plantés par le père de Sybille. 

Vivianne, fille d'Osvald le forestier d'Ouirgane, la recherche aussi.

8-Bd-Flandrin-P16

Sybille est la fille du Comte Guy de Meckenheim et de Haja Bahia. Avant la guerre de 1914 le jeune comte était très remarqué dans la société mondaine parisienne. Il habitait 8 boulevard Flandrin dans le XVIe. (photo ci-contre)

L'AMI GABRANE EN 2013 NOUS A INDIQUÉ QUE SYBILLE S'ÉTAIT MARIÉE  AVEC Mr RACHÉ DE CLERMONT.

SON NOM d'ÉPOUSE SERAIT DONC SYBILLE RACHÉ, MAIS À L'ÉPOQUE NOUS NE L'AVIONS PAS TROUVÉE.

Cependant nous apprenons aujourd'hui une triste nouvelle, par la presse auvergnate,.. son mari Michel Raché est décédé il y a seulement quelques mois. Le blog Mangin@MRK, les anciennes de NDA et les anciens du Lycée Mangin présentent leurs condoléances à Sybille, ainsi qu'à ses deux enfants Jean-Philippe RACHÉ et Isabelle RACHÉ-CHAPPELLIER, de même à tous ses proches et amis.

Qui pourra dire à Sybille que la "petite pensionnaire" Simone de NDA et d'autres la cherchent ? Qui pourra lui transmettre les messages de sympathie que les marrakchis lui adressent ? Ses enfants ou ses amis proches s'il lisent ce blog pourraient la prévenir.

Pour faire signe à Simone, Sybille peut  utiliser le lien "contactez l'auteur" qui se trouve en haut à gauche de cette page, son message sera transmis à sa "petite pensionnaire" de Notre Dame des Apôtres. 

Quelques heures après la publication de cette page... Patricia 69 trouvait l'adresse de Sybille. Nous la remercions pour l'avoir cherchée et trouvée. Simone a écrit à Sybille en lui envoyant des photos... et aujourd'hui 11 février, seulement 4 jours après la publication de cette page, Simone reçoit un appel téléphonique de Sybille. Elle écrit au blog:  "Sybille vient de m'appeler, en réponse à ma lettre dans laquelle j'évoquais NDA avec "ma petite histoire" à laquelle elle a été tres sensible, ( et m'a bien reconnue sur les photos de 1955 jointes )...

Nous avons bien bavardé et essaierons de nous revoir !  le tél arabe marche encore plus vite avec internet....Merci d'ajouter cet évènement sur le blog....Amitiés. Simone."

 

03 février 2017

LA LOGE MAÇONNIQUE "L'ATLAS" DE MARRAKECH EN 1942

LE GOUVERNEMENT DE VICHY AVAIT CONTRAINT LES LOGES À "DONNER" LES NOMS DE LEURS MEMBRES, AINSI QUE LEURS ADRESSES PERSONNELLES

Ces listes furent publiées au Journal Officiel en 1942

MARRAKECH AVAIT UNE LOGE APPELÉE "L'ATLAS",  AFILIÈE AU GODF (Grand Orient de France) ET QUI SE RÉUNISSAIT EN SOUS-SOL DU CAFÉ "L'ATLAS" TENU PAR LE FRÈRE SURVEILLANT WILLEMSE 

63167556 Les francs-maçons de Marrakech ont vu ainsi leurs noms dévoilés au Journal Officiel de la République sur la:

"Liste par obédience, des dignitaires (hauts gradés et officiers de loge) de la franc-maçonnerie."
Non seulement leur adhésion à la Loge l'Atlas de Marrakech, mais également, les loges qu'ils avaient éventuellement fréquentées auparavant. C'est ainsi qu'à Marrakech on note une vingtaine de noms de "frères francs-maçons" fonctionnaires de l'enseignement, de l'armée et des fonctions territoriales. La liste ne comprend pas ceux qui ne sont pas fonctionnaires en activité. Il y avait donc d'autres membres soit des membres, artisans, industriels, professions libérales, etc... dont nous n'avons pas le nom.

CASANOVA Xavier, employé principal à la chefferie du Génie, Marrakech, villa Isabelle, rue des Méhalahs, Marrakech, 3° L.’. « Atlas », Marrakech, Dèl .’. Jud .’. 1936
CAZABAT Cézaire, directeur d'école supérieure Saint-Paudelaye par Dax, 3° L.’. « Nouvelle Tumusica », Mogador, L.’. « Atlas » Marrakech 1er Surv .’. 1932

Monsieur CAZABAT était un personnage très connu de Marrakech, il dirigeait le collègue de Marrakech, avant que celui-ci soit transformé en Lycée Mangin. (voir cette école par ce lien)

CAZASSUS Henry, chef de règies municipales, services municipaux, avenue de Casablanca, Marrakech. L.’. « Bridja » Mazagan, L.’. « Atlas » Marrakech Dèl .’. Jud .’. 1929

CHASSIOT Fernand, Léonard, Émile, Instituteur, Casablanca, 47 rue Émile, Marrakech, 3° L.’. « Atlas » Marrakech, 1er Surv .’. 1933
COTTINEAU Joseph, Auguste, Marie, contrôleur spécial, commis des douanes, Marrakech. 2° L.’. « Atlas », Marrakech, L.’. «  Réveil du Maghreb » , Rabat, L.’. « Fraternité Marocaine » Rabat, Très .’. 1932 à 1934
DANOS Joseph, receveur des Finances, Marrakech - Guéliz, L.’. "Nouvelle Carthage », Tunis, L.’. « Atlas » Marrakech, Dél .’.  Jud .’.. 1930
DEN’S Marcel Francis, commis, lycée de Oudjda, Casablanca. 3° L.'. « Phare de la Chaouia » Casablanca, L.’. « Atlas », Marrakech, Secr.’.
FAVRE René, Instituteur, Avenue de Casablanca, Marrakech. 3° L.’. « Triple Union et Amitié », Voiron. L.’. « Atlas », Marrakech, Surv .’. 1935
GILLES Albert, architecte, 16 rue des Fontaines, Thorigny (Seine). L.’. « Atlas », Marrakech. 3° L.’. »Phare de la Chaouïa », Casablanca, Surv.’. 1926.
GRANJEAN Claudius, ingénieur TP Marrakech, L.’. « Atlas » Marrakech, Dèl.’. Sud.’. 1926
GROSSE Alfred, employé de banque, Marrakech, L.’. « Atlas » Marrakech Surv.’. 1935, Secr.’. 1929
HASSAN Bey Sedik, Interprete judiciaire, L.’. « Atlas »  Marrakech, Très .’. 1932
KESSIS Georges, avocat, Marrakech, 3°, L.’. »Atlas », Marrakech, L.’. « Union sétifienne, Sétif, Orat .’. 1930.
LAPEYRE Joseph, garde des eaux à Tahanaout. 3° L.'. "Etoile de La Crau", Miramas. L.'. "Atlas", Marrakech, secr .'. 1935
LAVAIL Léonce, professeur au collège mixte, avenue de Casablanca, Marrakech, 3°, L.'. "Atlas" Marrakech. Très.'. 1935
LIBOT Wilfred, Albert, adjudant-chef aviation, Rochefort (Charente-Maritime). 3°, L.’. « Atlas », Marrakech. L.’. « La Démocratie » Rochefort, Dél .’. Jud.’. 1935
PHILIPPE Bertrand, directeur d’école, villa nouvelle, Safi, 3°, L.’. « Lumière et Paix », Safi, L.’. « Atlas », Marrakech, Secr.’. 1932
PLANARD Alfred, employé au service des Domaines, Marrakech 3°, L.’. « Atlas » Marrakech Hosp.’. 1935
RAT Élie , instituteur, Villa Le Clos, Marrakech-Guéliz, 3°, L.’. « Atlas », Marrakech, Dèl .’. Jud.’. 1936
Monsieur RAT fut un Directeur d'École , puis il dirigea la création de ce qui deviendra le Lycée Mohamed V. (voir sa photo par ce lien)
WILLEMSE Léopold, limonadier, café de l’Atlas, Marrakech Guéliz, L .’. « Léon Gambetta », 2e sur .’.  en 1933
Cette recherche nous permet de connaître les noms d'autres noms de loges: Casablanca, Phare de la Chaouïa; Mazagan, Bridgda; Mogador, Nouvelle Tumusica; Rabat, 1 Reveil du Maghreb et 2 Fraternité marocaine; Safi: Lumière et Paix; Sétif, L'Union sétifienne; Tunis, Nouvelle Carthage; Miramas, L'école de la Crau; Rochefort: La Démocratie; Voiron, Triple Union et Amitié...
CETTE PAGE EST OUVERTE AFIN QUE CEUX QUI AURAIENT DES SOUVENIRS DES FRÈRES DE LA LOGE DE MARRAKECH, OBJETS, CANNES, TABLIERS, ETC.... PUISSENT LES PARTAGER SUR LE BLOG. 

87295441_o Aujourd'hui le Café de l'Atlas reste le lieu du souvenir de la Loge "L'ATLAS" du GODF.

25 janvier 2017

BASE AÉRIENNE DE MARRAKECH EN 1935-36 - UN TÉMOIGNAGE RARE-

UN APPELÉ, EN SERVICE SUR LA BASE AÉRIENNE DE MARRAKECH A ÉCRIT SES SOUVENIRS

Le blog évoque souvent les différentes promotions de pilotes et aussi les mécaniciens de l'aviation de la Base de Marrakech, mais il n'a publié que de rares souvenirs de jeunes appelés. Nous en avons peu: les "missions spéciales" de Jean-Claude DAVID et les souvenirs du Maître chien Louis ROQUET.

Grâce au fils d'un ancien appelé de Marrakech qui nous a confié la partie de ses mémoires concernant sa période marrakchie, nous avons le privilège de publier une histoire inédite.

"Je vous adresse la partie des mémoires de mon père qui concerne Marrakech et sa base aérienne. Ce n'est certes pas une "oeuvre littéraire", mais vous y trouverez peut-être des détails intéressants pour des gens passionnés comme vous par cette époque et ce lieu. Mon père parlait souvent de Marrakech qui, visiblement, l'avait fasciné, surtout par son aspect pittoresque et hors du temps,  très différent de l'Algérie où il vivait. Ce document est brut."

Un futur appelé devance l'appel, choisit l'aviation et passe un an sur la Base aérienne de Marrakech, les souvenirs de Gilbert Cohen.

Mon engagement

003J'avais 20 ans, je venais de passer le conseil de révision et j'étais apte au service militaire. Je devais être appelé vers la fin de l'année 1935. 

Les conscrits de ma classe devaient accomplir 2 ans de service et je devais être affecté, comme tous les juifs d'Algèrie, soit dans les zouaves, soit - ce qui ne valait guère mieux- dans les chasseurs d'Afrique, soit dans un régiment d'infanterie de France. Un ami, avec qui je discutais de ces problèmes, me conseilla de contracter un engagement de 3 ans (qui en réalité se réduisait à 30 mois en raison d'une permission libérable de 6 mois).

Je n'avais aucune situation et de toutes façons je devais partir pour accomplir mes deux ans avant la fin de l'année.

L'idée de choisir mon corps me séduisait et de plus, pourquoi ne pas profiter de mon engagement pour faire une carrière militaire ?

Quand j'en parlais à la maison, ma mère commença à pousser de hauts cris et me demanda si je n'étais pas fou d'envisager une telle solution. Puis, à la réflexion, tout le monde trouva que ce n'était pas une trop mauvaise idée.

avril1935-Colonel-Bouscat

De plus, un ami de notre famille, avec qui mon père en parla, se souvint qu'il avait un ami qui était général d'aviation, le Général Bouscat qui commandait l'Aviation au Maroc. Il promit de me recommander chaudement.

Le colonel Bouscat venait de perdre sa femme, décédée fin mars à Rabat, alors qu'il était en déplacement à Ouarzazate. Il sera Général de division en 1939.

Rien ne s'opposait plus à mon départ. Je n'hésitais plus longtemps et je signais un engagement de 3 ans pour la 37ème Demi-Brigade Aérienne de Rabat au Maroc.

Au moment du départ, ma mère pleura beaucoup et mes tantes écrasèrent quelques larmes. Mon père était plus ému qu'il ne voulait le laisser paraître et mes deux frères étaient malheureux de me voir les quitter: nous ne nous étions encore jamais séparés. Et moi, je n'étais pas très fier...

J'avais récolté un petit pécule en allant dire au-revoir à mes proches et c'est accompagné de ma famille que je pris le train pour Rabat à la gare d'Oran. 

Dans le train, je fis la connaissance d'un jeune oranais nommé Botella qui avait contracté comme moi en engagement de 3 ans dans la même base. Nous fûmes heureux de faire notre voyage ensemble et nous décidâmes de rester amis durant nos 3 années de service. 

Nous voyageâmes toute la nuit.  Arrivés à Rabat, nous fûmes étonnés d'apprendre qu'il n'y avait là que la base administrative de l'Aviation au Maroc : on nous dirigea aussitôt sur Casablanca, terme réel de notre affectation.

Et, très exactement le 9 juillet 1935 vers 16 heures (je m'en souviens comme si c'était hier), nous nous présentions, Botella et moi, aux bureaux de la Caserne d'Aviation, au Camp Cazes. C'était le terme de notre voyage et le commencement de notre service. 

Je fus aussitôt inscrit dans les effectifs de la base sous le numèro 988 du bureau de recrutement d'Oran. On me remit un paquetage et je dus abandonner mes vêtements civils non sans un petit pincement au cœur. Dès cet instant, je réalisais combien il allait être long de passer 3 ans dans l'armée. J'étais un peu angoissé et je sus sur le champ que je ne serais jamais un militaire de carrière et que cette vie n'était pas faite pour moi.

Mais j'étais là, je l'avais voulu, personne ne m'avait influencé et je décidais que je devais tout faire pour m'adapter à cette nouvelle vie. J'avais 20 ans, j'étais jeune et costaud, plein de vie : je voulais être courageux et il me fallait laisser derriere moi le souvenir de mes jeunes années et devenir un homme. Et j'appris vite à le devenir. 

Le Camp Cazes de Casablanca.

005

Un officier me débita une petite leçon et crut devoir me dire ; «  Vous avez contracté un engagement de 3 ans dans l'Armée de l'Air et j'espère que vous serez un bon soldat et que vous gravirez les échelons pour faire une carrière. Je compte sur vous ! »

Je souris timidement et j'affirmais que c'était mon intention, mais au fond de moi je n'étais pas convaincu.

Comme il était d'usage, je dus remplir un questionnaire et on me remit un livret militaire que j'ai conservé tout au long de ma vie. Je l'ai encore. 

Gilbert Cohen et son ami au pied du mat où flotte le drapeau

La fiche signalétique, outre des renseignements signalétiques, comportait des indications sur mes connaissances, notamment en langues étrangères. À la rubrique « Profession », on nota « Secrétaire-Comptable » Je n'ai jamais su ce qui me poussa à indiquer cette profession, mais cette mention me fut utile tout au long de ma vie militaire et  je fus toujours affecté dans des bureaux, ce qui était un réel avantage.

Dans le train qui nous conduisait vers notre destinée militaire, nous avions convenu, Botella et moi, de nous rendre dès le premier jour au réfectoire, décidés dès les premiers instants à nous habituer à cette cuisine. Mais si Botella s'adapta facilement, ce fut pour moi une autre histoire. A peine entré au réfectoire, j'en ressortis aussitôt : la simple odeur qui s'en dégageait m'avait fait fuir et je restais longtemps avant de me décider à y retourner.

Tant que j'eus de l'argent, je me nourrissais de sandwiches achetés à la cantine. Le soir, j'allais dans un restaurant qui se trouvait juste en face de notre camp pour manger un steak et des frites. A ce régime, mon pécule fondit rapidement et je dus prendre une décision. Je pris mon courage à deux mains et un beau jour je retournais au réfectoire. Au début, je ne mangeais que les hors-d'oeuvre, un bout de viande...et je me gâvais de pain.  Puis je m'habituais petit à petit. Mais je chipotais toujours un peu et je peux affirmer que je n'ai jamais réussi à assouvir ma faim.

Je regrettais alors les difficultés que j'avais créées à ma mère. Et je lui en voulais de m'avoir trop gâté et rendu si vulnérable.

Le temps finit par tout arranger. Cependant quand je revins à Oran, 5 mois après, pour une première permission, j'avais perdu 10 kilos. A mon départ, j'étais un peu enrobé, je pesais à peu près 75 kilos et là, je n'en pesais plus que 65. Mais  j'étais en meilleure santé, plus musclé, en pleine forme. Pourtant ma mère en me voyant faillit s'évanouir ! La différence était spectaculaire. Aussi, je reçus par la suite de nombreux colis de nourriture : ma mère essayait ainsi de compenser les calories qu'elle croyait qu'il me manquait.

Dès le deuxième jour après mon arrivée à Casablanca, je dus subir les piqures et vaccins obligatoires. On appelait ces vaccins « TAB chauffé »  et ils étaient censés nous préserver de  nombreuses maladies. Ces  piqures étaient très puissantes et elles rendaient malade. Pendant deux jours, Botella et moi avons eu une grosse fièvre et surtout une inflamation de l'épaule qui faisait beaucoup souffrir. Mais cela passa très vite. 

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Dès que je fus remis, je commençais mon instruction militaire. Ce n'était pas très pénible, il faut dire que dans l'Aviation elles se réduisaient au minimum. On apprenait les rudiments : marcher au pas, se servir du mousqueton, saluer...enfin, les bases du métier de soldat. Je ne regrettais pas mon engagement : nous étions loin des marches interminables que l'on imposait aux fantassins. Quand nous devions nous rendre sur la plage d'Ain-Diab,  un peu loin de la base,  pour des exercices de tir à la mitrailleuse, nous étions conduits en camion.

Le plus désagréable était la vie communautaire dans des chambrées de 40 hommes, la promiscuité, le manque d'intimité.  On s'habitue très vite, mais quel changement ! À la maison, j'étais choyé, gâté, chouchouté par une mère toujours aux petits soins pour sa progéniture. 

Je croyais qu'il allait être pénible de vivre en caserne, mais, à part la nourriture, tout se passa très bien et je mis très peu de temps à m'habituer à la vie de caserne.

J'avais un avantage : j'étais jeune et costaud et, dans les rues de ma ville, j'avais été habitué à me battre dès le plus jeune âge. Je n'étais pas peureux et dans l'armée, je sus dès les premiers jours me faire respecter.

Le racisme n'était pas virulent et je ne le ressentais pas. Ou peut-être craignait-on de me le faire sentir ? Il me faut raconter une anecdocte à ce sujet.

Nous étions environ 40 hommes dans notre chambrée , des hommes de toutes origines : des pieds-noirs, des français originaires de métropole...

Mon ami Botella était dans le même chambrée que moi et dès les premiers jours je me fis camarade avec la plupart des soldats de ma " piaule ".

Il y avait dans notre chambrée un soldat qui faisait son service militaire, un appelé, pas un engagé, nommé Birbaum. C'était un grand garçon, beau et costaud d'apparence, mais il était craintif et timoré : deux défauts qu'il faut éviter à tout prix d'avoir lorsque l'on vit en communauté.

Moi, il ne m'était pas antipathique, mais tous les soldats l'avaient pris en grippe. C'était lui qui héritait des corvées les plus désagréables. Cela me paraissait très injuste, mais je ne m'en préoccupais pas plus que ça. Je pensais qu'il était assez grand pour se défendre. Mais comme à lui seul il ne pouvait assumer toutes les corvées de la chambre, je fus un jour désigné pour l'aider.

Il semblait qu'il attendait cette occasion pour me parler franchement.  Il me dit : « Je ne comprends pas pourquoi tu as l'air de me fuir et pourquoi tu n'éprouves aucune sympathie pour moi ? Nous sommes les deux seuls juifs de notre chambrée, cela devrait suffire à nous rapprocher ! »

Je demeurais stupefait. J'ignorais alors qu'il existait d'autres juifs dont les noms ne ressemblaient pas du tout à ceux de nos coréligionnaires d'Algérie. Birbaum, Rosenberg, Veill, tous ces noms n'avaient pas de consonnance juive ! On s'appelait chez nous Benichou, Benhamou, Teboul, Tobelem, Darmon...Des noms d'origine hébraïque ou arabe...

A partir de cet instant, Birbaum devint mon ami. En devenant son copain, je devins aussi son défenseur et quand je jugeais qu'il avait eu sa part de corvées, je m'interposais pour qu'on le laissât tranquille. Les camarades de chambrée furent étonnés de mon changement d'attitude et un jour où je pris sa défense, l'un d'entre eux crut bon de me dire : «  Cela ne m'étonne pas que tu défendes Birbaum. Entre juifs, vous savez vous soutenir, vous êtes tous solidaires. »

Ce n'était pas très méchant, mais je pris mal la chose et ce fut la raison de ma première bagarre. La première, mais pas la derniere...Durant tout le temps que je passais dans l'Armée, je ne pus jamais admettre la moindre allusion désagréable concernant ma race ou ma religion. C'est uniquement pour ces raisons que je me battais.

Mais cette histoire m'éloigne de mon sujet et je m'empresse d'y revenir.

Le peloton des élèves caporaux.

En raison très certainement de la recommandation promise au moment de mon engagement, je fus un jour convoqué au bureau de la base. Un officier m'informa qu'à l'Etat-Major de Rabat on souhaitait me voir suivre le peloton des élèves caporaux. A demi-étonné, je dus me soumettre à un souhait exprimé en si haut lieu et je me fis inscrire.

Malgré le nombre de postulants, nous n'étions pas très nombreux à suivre ce peleton. Les cours n'étaient pas désagréables à suivre et durant tout le temps de la formation, nous étions exemptés de toutes les corvées : cuisine, latrines, revues et surtout service de garde.

Chacun de nous reçut un manuel d'instruction militaire : il n'y avait plus qu'à apprendre. Les officiers chargés de nous dispenser les cours étaient presque tous des navigants et même les sous-officiers, chargés des travaux pratiques, étaient très gentils avec nous. 

Je mettais de la bonne volonté à apprendre tout ce qu'on nous enseignait, mais il fallait pourtant le reconnaître : ce n'était pas très captivant !

Nous apprenions par cœur et c'est pour cette raison que tant d'années après je me rappelle encore des leçons. 

Voici par exemple un morceau d'anthologie militaire que j'éprouve du plaisir à citer : « La discipline faisant la force principale des armées, il importe que tout supérieur obtienne de son subordonné une obeissance entière et une soumission de tous les instants. Les ordres doivent être exécutés littéralement, sans murmures. L'autorité qui les donne en étant seule responsable, la réclamation n'est permise à l'inférieur que lorsqu'il a obei. » N'est-ce pas beau!

Au cours du « garde à vous », il ne fallait pas oublier que « le petit doigt doit se trouver exactement un peu en arrière de la couture du pantalon ».

Pourtant, tout n'était pas négatif : les exercices sportifs, les maniements d'armes étaient intéressants. J'étais doué pour les exercices de tir et j'étais devenu très habile au démontage et au remontage de la mitrailleuse qui avait déjà servi à nos pères en 14/18 : la mitrailleuse Hotchkiss. 

Cohen-Casa 001 Le soldat Gilbert Cohen est en position de tir.  Au dos de la photo: "Fin du peloton des élèves caporaux- 12/9/1935"

Durant tout le temps du peloton, il régna un climat agréable puis, quand le temps des examens arriva, nous fûmes questionnés par des officiers qui nous attribuèrent des notes dans chaque discipline. Ce n'était pas très difficile et je n'eus aucun mal à être admis.

Le peloton terminé, nos classes achevées et nantis d'une instruction adéquate, chacun reçut son affectation.

J'aurais aimé rester à Casablanca mais je fus affecté à la Base Aérienne de Marrakech, dans le sud marocain. Je quittais mon copain Botella qui lui était muté à la Base d'Agadir. J'avais déjà accompli 4 mois de service et le 4 octobre 1935, je quittais Casablanca dont j'avais peu profité : je ne me doutais pas encore que la guerre m'y ferait revenir en 1939.

Marrakech. Troisième Escadre Aérienne du Sud Marocain.

J'arrivais à Marrakech par une belle journée d'automne. Le temps était magnifique et il faisait très chaud. Dans le train, je me demandais ce qu'allait être ma vie dans cette ville. Mais je n'étais pas inquiet, j'étais bien habitué à porter l'uniforme.

Avant de quitter Casablanca, j'avais perçu le montant de ma prime d'engagement. C'était une somme assez rondelette pour l'époque : 2800 francs. Je m'étais empressé d'envoyer la moitié de cette somme à ma mère car je savais qu'elle en avait bien besoin.

J'étais donc assez étoffé. Aussi, dès mon arrivée à Marakech, comme il faissait une chaleur accablante et qu'il y avait une belle trotte jusqu'au champ d'aviation, je me payais un fiacre.

Ce n'était pas très onéreux, quelques francs à peine. Je n'avais pas de bagage, j'avais rendu mon paquetage,  et je n'avais qu'une simple musette qui contenait tout ce que je possédais.

Tout le long du trajet, j'eus le loisir de découvrir un peu de la ville qui me fit bonne impression. Toutes les routes qui conduisaient à la base étaient bordées de magnifiques palmiers. Ce qui me frappa le plus, ce fut la couleur de la ville : ocre rouge. Je pus entrevoir les murailles de la ville. Bref, Marakech me plut !

A peine arrivé au camp, je me présentais à l'officier qui dirigeait le bureau des effectifs. Il prit  mes coordonnées, je lui donnais mon livret militaire et comme il était mentionné que j'étais secrétaire-comptable, je fus affecté dans les bureaux.

Je dus alors  me présenter à l'adjudant Plantade qui se chargea de mon installation. C'était un vieux sous-officier qui avait conquis ses galons à l'ancienneté : il était déjà soldat en 14/18. 

Ce n'était pas un mauvais bougre, mais il était pratiquemment illettré, assez obtus et passablement rétrograde. Sa phrase la plus fréquente était « Je ne veux pas le savoir !»

Il falllait faire avec et s'en contenter.

Il me conduisit au magasin d'habillement où on me remit un nouveau paquetage. Puis il me désigna ma nouvelle chambrée, m'alloua un lit vacant et il fallut encore aller chercher des draps et des couvertures.

Je m'empressais de faire mon lit et de monter mon paquetage au carré comme c'était le règlement. J'étais devenu habile à ce travail, je n'étais plus aussi timoré qu'à mon arrivée à Casablanca. Tout en m'affairant, je ne pouvais m'empecher de penser aux nombreux mois qu'il me restait à accomplir sous l'uniforme. Je me demandais si je verrais arriver un jour le bout du chemin. Et pourtant...Depuis cet instant, 55 années de ma vie se sont écoulées et au moment où je rédige ces mémoires (1990), je songe avec nostalgie au temps où j'étais militaire et à mes 20 ans : je ne savais pas alors apprécier le bonheur d'être jeune et d'avoir une longue vie devant moi.

Dans l'Armée de l'Air, rien n'est comparable aux trois autres armes. La discipline est beaucoup moins sévère, les obligations purement militaires sont restreintes et, passé le temps de l'apprentissage, le temps des classes, le service est moins exigeant. Chacun reçoit une affectation dans un emploi déterminé, en principe adapté à ses aptitudes bien que cela ne soit pas toujours vrai. Chacun est employé, comme le seraient des salariés, dans tous les services de la base. Les uns deviennent mécaniciens dans les hangars abritant les avions, les autres au parc automobile. Beaucoups sont affectés aux cuisines, dans les magasins, à l'infirmerie et enfin dans les bureaux : ceux-là sont considérés comme des privilégiés.

J'eus la chance d'être employé dans les bureaux de l'Etat-Major, ce qui était considéré comme la meilleure affectation. Je la devais à mes quelques années de lycée, à ma connaissance de l'arabe et de l'espagnol mais aussi, très certainement, à cette qualité usurpée de secrétaire-comptable !

J'avais terminé mon installation quand un coup de clairon m'arracha à mes rêveries. Les hommes arrivaient de leur travail et se rassemblaient dans la cour. Je regardais par la fenêtre de la chambrée : tous les soldats étaient au garde-à-vous et écoutaient en silence la lecture de quelques notes de service.  Puis, après un vibrant « Rompez les rangs ! » de notre adjudant Plantade, tout le monde s'éparpilla.

Ma chambrée fut bientôt pleine et tous me regardèrent avec étonnement. J'eus vite fait de me présenter et de faire connaissance. Le chef de chambrée était un caporal nommé Lopez. Comme il me regardait d'un air interrogateur, je lui dis mon nom et aussi que j'étais d'Oran : il sut ainsi que j'étais juif et que j'étais Pied-Noir. Lui-même était de Sidi-Bel-Abbes et, coincidence, il connaissait mon oncle Simon, il avait travaillé avec lui ! 

Quand je proposais de payer une tournée à la cantine, je fus aussitôt adopté sans plus de cérémonie et j'allais au réfectoire avec tous les autres.

A cette époque, dans l'Armée (et je pense que c'est pareil maintenant) les soldats avaient tendance à se regrouper selon leurs affinités et surtout selon leur origine : les bretons sortaient avec des bretons, les parisiens avec des parisiens et les provençaux, les languedociens, les picards, les normands faisaient de même. 

Bien sur, j'aurais bien aimé avoir des juifs avec qui sympathiser, mais sur les 1000 hommes que comptait notre base, j'étais le seul juif. Aussi, je fus assez satisfait de me rapprocher des camarades du caporal Lopez, tous originaires de l'Oranie et tous d'origine espagnole : ils avaient noms Ruiz, Perez, Lopez etc . Mes nouveaux camarades étaient amicaux et ne montraient aucune hostilité parce que j'étais juif : j'étais Pied-Noir. Nous appellions les français de France des « Patos », ce qui signifie canards. Les Oranais étaient un peu craints car nous avions la réputation d'être bagarreurs. C'était vrai ! 

Je ne fis pas comme le premier jour à Casablanca : j'allais donc au réfectoire avec mes nouvelles connaissances. Je m'étais endurci, j'avais maitrisé mon palais et réussi à le discipliner. La soupe n'était ni meilleure ni pire qu'ailleurs et ce premier repas se passa très bien.

Notre base était divisée en deux parties distinctes séparées par un poste de garde situé à l'entrée.

D'un côté se trouvaient les services adminitratifs, les magasins d'habillement, le réfectoire, les mess des officiers et des sous-officiers et tout ce qui était utile au fonctionnement d'une caserne.  Les bâtiments des chambrées, des cuisines et de la cantine entouraient une vaste cour rectangulaire qui nous servait de terrain de football.

De l'autre côté, après avoir traversé une route, on arrivait à la partie réservée aux avions et à tout ce qui s'y rattachait : hangars des mécaniciens, soutes à essence, parcs automobiles et soutes à munition.  C'est dans cette partie que se trouvait l'Etat-Major et c'était là que je devais travailler.

Un mur de 2 mètres de haut, en pisé rouge, isolait notre base d'une magnifique palmeraie où se trouvait la Menara (« le lustre »), un palais (pavillon) appartenant à un notable arabe. Dans la Menara, il y avait un beau jardin et un grand bassin.  De nos jours, ce palais est devenu un très grand hôtel qui accueille de nombreux touristes. ( cette dernière phrase concerne l'hotel Menara au centre ville et non le pavillon du jardin)

Il nous était strictement interdit d'y aller, mais nous n'hésitions pas à sauter le mur pour nous rendre en ville car c'était un raccourci appréciable. De plus, quand il faisait très chaud, nous allions nous baigner dans le bassin. En période de canicule, il était très difficile de résister au plaisir d'aller se tremper et je n'étais pas le dernier à m'y rendre. 

Bassin-de-la-Menara-par-Felix-vers-1936 Photo par Félix de la Ménara à la même époque.

 

Mon bureau à l'Etat-Major.

Etat-Major-Base-aerienne-Marrakech

Au commencement de l'après-midi, je me rendis dans les bureaux de l'Etat-Major situés dans un coquet pavillon. Le lieutenant qui me reçut était très aimable : ce fut mon chef tout le temps où je restais à Marakech.

Il me présenta au commandant de la base, le colonel Robini. (le Lt-Colonel Robini commanda la Base aérienne de Janvier à septembre 1935). C'était un excellent officier, un pilote qui appréciait davantage les avions que les rigueurs militaires. Il me fit un petit sermon d'usage, me prodigua quelques conseils et m'assura que je pouvais compter sur sa bienveillance. 

Les bureaux où j'allais devoir bientôt m'occuper étaient grands, bien éclairés et donnaient directement sur les terrains d'où s'envolaient et atterrissaient les avions de notre base. 

Des camarades étaient installés, on fit les présentations et le lieutenant me désigna la place qui m'était réservée. Sur une table était installée une machine à écrire. Je ne savais pas taper à la machine mais j'appris à le faire très vite. Je fus bientôt très habile : je tapais avec deux doigts avec une certaine rapidité, comme je le fais encore aujoud'hui au moment où je tape ces mémoires.

Mon travail n'avait rien d'excessif : je devais taper des notes, des comptes-rendus  et des ordres en plusieurs exemplaires qui étaient distribués dans les divers services de la base. Je m'appliquais à travailler correctement. 

Ce premier contact avec mon travail me convint parfairement et dès que le clairon de 5 heures sonna, je rangeais mes affaires, remis mon travail à l'officier et allais rejoindre le cantonnement où, après un court rassemblement j'eus quartier libre.

Nous pouvions sortir, mais nous devions rentrer à 21 heures avant l'extinction des feux. Nous pouvions obtenir une permission de 23 heures, mais la base était trop éloignée et nous en usions rarement.

Il nous fallait attendre le samedi pour avoir, si nous n'étions ni punis ni de service, une permission de 24 heures qui nous permettait de profiter vraiment de notre sortie .

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Les avions de la base étaient de vieux Potez 25 qui dataient de la guerre de 14/18. Nos pilotes devaient s'en contenter. Ils les utilisaient avec une grande maestria et ils volaient d'une base à l'autre dans tout le Maroc. Il n'était pas permis au personnel rampant de voler, mais notre colonel autorisait quelques rares baptèmes de l'air. J'en ai bénéficié deux fois seulement.

Bapteme de l'air de Gilbert Cohen sur un Potez 

Chaque escadre avait un emblème, une sorte de mascotte. Le notre était un pingouin ( en réalité un pélican avec un parapluie sous l'aile et un bonnet de pilote) qui était peint sur la queue de nos avions. La grande plaisanterie consistait, lorsqu'un nouveau arrivait, à l'envoyer donner à manger aux pingouins ! On avait bien essayé avec moi, mais j'avais refusé car je savais bien que des pingouins ne pouvaient pas vivre à Marrakech.

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Rare étaient ceux qui ne se laissaient pas attraper. Toute la base était dans la combine et le pauvre bleu se coltinait de lourdes gamelles d'un endroit à l'autre. Puis quand on jugeait qu'il avait suffisement navigué, on le mettait au courant et tout se terminait à la cantine devant une chopine de vin. 

Le Pélican était l'emblème de la 2e escadrille 3e Escadre Aérienne du Sud Maroc. Il fut utilisé du 1er septembre 1933 jusqu'au 1er mai 1937.

On essaya encore de m'envoyer chercher la clè du champ de tir et bien d'autre facéties de la même veine sans plus de succès. J'eus cependant droit au lit en portefeuille : on ne pouvait echapper à tout ! Chaque fois que j'avais su éviter de me faire avoir, je devais quand même me plier de bonne grace à la coutume  qui consistait à offrir quelques litres à la cantine aux gars de ma chambrée. 

002b

Le premier dimanche après mon arrivée à Marrakech, j'obtins ma première permission de 24 heures et je me décidais à aller à la découverte de la ville. Je profitais d'une camionnette qui descendait en ville et je partis. La camionnette me déposa place Djemaa El Fna et j'entrais aussitôt de plein pied dans la Cité Rouge.

Felix-remparts Une ouverture dans les remparts de la Ville rouge

 

Marrakech la Rouge. 

Marrakech est une ville très pittoresque . C'est une ville ancienne, entourée de remparts en pisé rouge. J'ai le souvenir de très beaux jardins avec beaucoup de fleurs odorantes, d'une belle palmeraie, de palais, de minarets et de portes de style musulman. Bref, une vraie ville orientale, une ville sortie des Contes des mille-et-une nuits.

J'ai encore dans les narines l'odeur de Marrakech, une odeur forte d'épices, de cuisine orientale et de parfums violents, une odeur spécifique mais pas du tout désagréable.

La couleur de la ville est aussi très frappante : la ville est entierement rouge. Les murs des maisons, les remparts sont en pisé rouge, au moins dans la ville arabe. Même la couleur des vêtements des musulmans est très vive. Les couleurs chantaient à Marrakech ; je ne sais pas si c'est toujours le cas aujourd'hui...

Felix-souk-de-bab-khemis Photo Félix -Souk de Bab Khemis

 

Tout était en abondance. Les étalages ruisselaient de fruits et de légumes très peu chers. Les oranges étaient presque données. 

J'allais de découverte en découverte, c'était tout l'Orient, aucune ressemblance avec les villes d'Algérie : Oran avait l'apparence d'une ville de France.

 

Palais-de-la-bahia

J'admirais la Koutoubia, une splendide tour qui servait de minaret et qu'on disait sœur de la Giralda de Séville. Et j'admirais l'architecture orientale , les tombeaux des rois Saadiens, les cours intérieures avec leurs jets d'eau....Marrakech avait tout le charme d'une ville islamique à peine sortie du moyen âge. Nous étions en 1935...je pense que tout a du bien changer.

Il n'est pas utile de s'attarder sur la ville européenne du Gueliz : aucun charme particulier, une ville propre, aux belles rues avec de beaux magasins. Bref, une ville en tous points semblable à une ville de Métropole.

Le cœur de Marrakech, le centre principal des activités, est la place Djemaa El Fna, la place des Trépassés, ainsi appelée parce que sur cette place avaient lieu les éxécutions capitales. 

Là se tenait en permanence une foule bigarrée qui donnait une grande animation. On pouvait voir des jongleurs, des charmeurs de serpents, des montreurs d'animaux et des sauteurs marocains d'une agilité prodigieuse.

Des commerçants arabes vendaient de tout et surtout de la nourriture : des délicieuses « Kesrah » (petits pains), des viandes et des cotelettes grillées sur des kanouns, et aussi des sauterelles frites : un délice parait-il, mais inutile de dire que je n'ai jamais consenti à y goûter. Il y avait encore des amoncellements de fruits de toutes sortes, des légumes et des étalages d'épices odorantes et multicolores.

Les conteurs arabes étaient passionnants à écouter pour qui les comprenait. Ils étaient assis au milieu d'un cercle de badauds et se relayaient à 3 ou 4.  Entouré d'une foule attentive, l'un d'eux racontait puis au bout d'un moment s'arrêtait...Il fallait alors donner quelques sous de bronze si on voulait que le récit continuât. Quand un conteur s'arrêtait, un autre prenait le relai et l'histoire pouvait continuer pendant des jours et une bonne partie des nuits.

Ils avaient un art de conter qui devait être prodigieux car la foule ne cessait jamais de s'agglutiner autour d'eux : ils pouvaient délayer une histoire sans jamais lasser l'auditoire.

Je comprenais et parlais l'arabe, je pouvais donc les suivre et il m'arrivait de servir d'interprète à mes camarades.

Je me souviens de m'être arrêté un jour pour écouter un conteur : j'avais compris qu'il s'agissait du conte d'Aladin et la Lampe merveilleuse. Je suis resté une heure  entière  et durant tout ce temps, le conteur en est resté à la description de la Lampe ! Et il le faisait si bien que personne ne s'ennuyait : je compris alors pourquoi une histoire durait si longtemps.

Depuis la place, on avait accès aux souks, les pittoresque marchés marocains, toujours envahis, toujours colorés et pleins de charme oriental Les  artisans aussi étaient nombreux et très habiles. Il travaillaient devant la clientèle : objets en cuivre, plateaux et théières, bijoux d'argent, bagues, colliers, bracelets, articles de maroquinerie, sacs, portefeuilles, porte-monnaie bordés de fils d'or, couteaux et poignard damasquinés. Et pour les connaisseurs, splendides tapis de haute laine aux beaux dessins géométriques, tissés selon des méthodes ancestrales.

J'aimais flâner dans les souks, avec un plaisir accentué par le fait que je comprenais l'arabe. Il m'est arrivé de servir d'interprète entre les commerçants et des camarades libérés ou qui allaient en permission et voulaient ramener des souvenirs chez eux.

Quand cela arrivait, le marchand commençait par vanter sa marchandise dans un français approximatif. Je le laissais parler puis tout d'un coup je me mettais à lui parler en arabe. L'effet de surprise était toujours le même : le marchand était abasourdi, puis il reprenait vite son sang-froid et, invariablement, il me proposait une collaboration. Il essayait de faire de moi un allié. Mais ( très honnêtement...) je refusais de me laisser corrompre et je travaillais à obtenir le meilleur prix possible pour mon camarade. Ceui-ci était suffoqué par le rabais que je lui avais obtenu et m'offrait souvent un déjeuner ou pour le moins un coup à boire.

Le Mellah

Chaque ville du Maroc avait son « mellah », son quartier juif. Le mot mellah signifie « saloir » : avant l'arrivée des français, les juifs marocains vivaient en bonne intelligence avec les arabes, mais ces derniers étaint les maitres et parfois un tyran faisait éxécuter quelques malheureux juifs, les décapitait et exposait leurs tête salées à l'entrée du mellah...c'est du moins l'explication qu'on me donna, il y en a peut-être d'autres...

Un de mes plus grands étonnement au Maroc était justement les mellahs. En Algèrie, nous les juifs étions nombreux et même si nous avions notre quartier, ce n'était pas comparable. Chez nous, tous les juifs étaient français et étaient habillés à l'européenne. Ils allaient à l'école, ils étaient soldats, en un mot ils étaient des citoyens français.

Au Maroc en 1935, je fus ahuri de voir la différence qui exitait entre nous et les juifs de là-bas.  Ils étaient vétus de djellabas et rien ne les différenciait des arabes si ce n'est que les juifs avaient une chéchia noire et les arabes une chéchia rouge. Leur apparence physique même les rapprochait plus des arabes que nous.

Ils étaient craintifs, timorés et gardaient encore le souvenir des brimades qu'ils enduraient avant la venue des français. Ils ne pouvaient alors s'adresser aux musulmans qu'en les appelantt « sidi (« maître ») et ils étaient contraints de descendre du trottoir pour lasser passer les arabes.

 Ils étaient un peu moins  craintifs quand j'ai connu le Maroc et, même s'ils avaint entre eux des airs méprisants, les arabes et les juifs vivaient et travaillaient ensemble.

J'avais de la peine à m'imaginer que c'étaient des coréligionnaires: en Algérie, si nous avions de bonnes relations avec les arabes, nous nous sentions, bien à tort, un peu supérieurs à eux. Au Maroc c'était tout le contraire. Je me croyais bêtement au dessus de ces juifs et je comprenais pourquoi, lorsqu'ils arrivaient à Oran, ils ne pouvaient qu'être porteurs ou hommes de peine.

Je confesse que mon jugement était erroné : il y avait parmis eux des gens formidables, des gens qui nous valaient bien. La seule différence entre eux et nous, c'est que nous étions devenus français et qu'ils étaient restés marocains. Je m'efforçais de penser que notre famille avait elle aussi quitté le Maroc il n'y avait pas si  longtemps et que mes ancêtres ne devaint pas être très différents de ces juifs du mellah. Aussi , quand l'occasion m'était donnée, fier de mon uniforme, je prenais leur défense.

Je dois raconter deux circonstances dans lesquelles je pris la défense de ces juifs marocains.

Le premier eut pour cadre la place Djemaa El Fna. Non loin de cette place, il y avait un cinéma et il fallait faire la queue pour prendre des places. Flanqué de mon copain Lopez, j'attendais mon tour pour acheter des billets. Devant moi se temait un jeune juif avec sa chéchia noire. Arrive un arabe qui le bouscule et prétend prendre sa place. Ce grand nigaud juif allait le laisser passer sans rien dire. Je regardais Lopez qui, d'un signe, me fit comprendre qu'il assurait mes arrières. Je me précipaitais alors sur l'arabe : une simple menace suffit à le faire déguerpir. Mais je ne pus m'empêcher d'engueuler ce mauvre minable de juif. Je lui dis que j'étais juif moi aussi, qu'il était assez costaud pour être capable de se faire respecter.. Il me dit en souriant qu'il préférait éviter les histoires.  Il me demanda comme une faveur de m'offrir les places de cinema. Comme je voyais que ce serait pour lui une grande satisfaction de le faire, j'acceptais de bon cœur. (sur le cinéma voir le commentaire de Marcel Martin)

L'autre cas fut tout à fait différent : il ne s'agisssait plus d'un juif, mais d'une juive. 

Dans chaque ville du Maroc, il y avait un quartier réservé. Cet endroit retiré de la ville était toujours entouré d'un mur qui le délimitait. Celui de Marrakech était entièrement clos et on ne pouvait y accèder que par deux portes gardées par des tirailleurs sénégalais ou des lègionnaires.

A chaque porte se trouvait un service prophyllactique  et il était obligatoire pour les militaires de toutes les armes d'y passer en entrant et en sortant pour une désinfection. Il m'arrivait d'aller dans ce quartier comme mes camarades, mais je m'abstenais personnnelement de toute relation sexuelle : les maladies vénérienes étaient nombreuses et, même s'il n'y avait pas  encore le Sida, il était dangereux de ne pas demeurer chaste. 

Mais ce quartier, appelé Arsi-Moussa, n'était pas dépourvu d'intérêt : on y trouvait beaucoup de cafés, de salons de thè, de la musique indigène...C'était un lieu de distractions peu onéreuses qui nous attirait. C'était un véritable village au milieu de la ville. Outre les maisons de plaisir, on trouvait des restaurants et des commerces en tout genre. Les seules femmes étaient des prostituées, en général musulmanes mais parfois juives,  hélas ! On les reconaissait facilement parce qu'elles n'étaient pas tatouées contrairement aux femmes arabes qui avaient le visage tatoué.

Avec les copains de ma bande, nous étions installés dans un cafè-bordel et nous buvions des consommations en regardant le spectacle toujours pittoresque. Une jeune prostituée juive était installée à une table avec des militaires. Un arabe survint qui voulut la contraindre à le suivre. Elle refusa net : les juives n'allait pas avec les arabes et la réciproque était vraie. Mais cet arabe ne cessait de la harceler ; il s'impatientait et la menaçait. Mes copains me regardaient, ils semblaient estimer que cette affaire me regardait. Il me fallut intervenir sans beaucoup de plaisir : je ne pouvais pas éprouver de sympathie pour une juive qui se prostituait, cela m'attristait toujours d'en rencontrer.

Il me fallait cependant agir : je dis à l'arabe de laisser la fille tranquille. Il ne voulait rien savoir et me regardait d'un air menaçant. Je me saisis alors d'un lourd plateau de cuivre qui se trouvait sur une table basse et j'en assenais un grand coup sur la tête de l'arabe. Il en résulta une bagarre. Bientôt, plus personne ne sut pourquoi ni pour qui on se battait. Il fallait s'éloigner vite, avant que n'arrive la Police Militaire. 

J'aurais pu me sentir fier, mais j'étais plutôt penaud...Quelques temps après, j'eus l'occasion de revoir cette fille au même endroit. Elle ne parut pas me reconnaître et moi, de mon côté, je n'eus pas envie de lui parler.

Nommé caporal.

La vie militaire n'avait pas beaucoup d'attraits et je ne dirais pas que j'étais heureux.

Pourtant, à la caserne, les jours s'écoulaient sans trop d'amertume : on s'habitue à tout. Mon emploi à l'Etat-Major de la base était interressant et je m'en acquittais correctement. J'étais apprécié de mes supérieurs, les obligations militaires étaient peu contraignantes : quelques corvées de chambrée, un tour de garde de 24 heures tous les mois et c'était à peu près tout. Je m'adaptais bien plus facilement que je ne l'aurais pensé. Je n'étais jamais puni pour une manquement de service, mais je faisais parfois quelques jours de salle de police pour de petites bagarres. J'admets que j'étais susceptible mais, sincèrement, ce n'était jamais moi qui provoquait. Les raisons de mes altercations étaient toujours des allusions piquantes à ma race ou à ma religion. Mais à force de donner et de recevoir des coups de poings, on finit par me laisser tranquille et je me fis de nombreux camarades. 

Quand je n'étais ni de service ni de permanence au bureau, j'obtenais facilement des permissions de 24 heures et j'en profitais pour aller me promener dans Marrakech. Seul le manque d'argent limitait mes sorties et encore : cette ville offrait suffisament de spectacles gratuits dont je ne me lassais jamais.

L'année 1935 s'acheva : j'avais déjà accompli 5 mois de service. Le Nouvel An 1936 m'apporta une bonne nouvelle : j'étais nommé caporal à compter du 1er janvier. Je ne peux pas dire que je sautais de joie, mais c'était quand même un beau cadeau de Nouvel An ! Cette nomination m'obligea à changer de chambrée car il me fallut remplacer un caporal qui venait d'être libéré. Cela me dépaysa car je laissais de bons amis. 

Je devins chef de chambrée. Cette promotion, après 6 mois de service, était exceptionnelle. Mais comme personne ne se doutait que j'étais pistonné, je ne fus pas jalousé.

Je le redis, j'adorais me promener dans Marrakech, parfois avec des camarades mais souvent seul. J'étais presque toujours dépourvu d'argent. Je ne pouvais pas compter sur des mandats de ma famille et ma prime d'engagement avait fondu depuis longtemps. En général, je profitais d'une occasion pour me faire descendre en ville et je revenais toujours à pied.

En tant que soldat, je percevais 25 centimes par jour. Le grade de caporal fit monter la paye à 1 franc. Comme on le voit, ce n'était pas le pactole ! 15 francs chaque quinzaine, j'étais bien obligé de m'en contenter. Je fumais, mais nous touchions quelques paquets de cigarettes tous les 15 jours. Quand je devais sortir, je le faisais après avoir mangé.

J'aurais très bien pu trouver une famille juive qui m'aurait accueilli, mais je préférais ne pas y avoir recours. J'étais timide et fier, il ne m'aurait pas été possible d'aller chez des inconnus.

Je ne suis allé qu'une seule fois à la synagogue à Marrakech. Ce fut pour le jour de Yom Kippour . Je dois reconnaître que je fus bien accueilli. On aurait bien voulu me recevoir dans une famille. Mais devant mon refus poli on me remit, comme c'était l'usage,  un gros billet de 100 francs. Chaque soldat de notre confession recevait cette somme : j'acceptais sans fausse honte et j'en profitais pour aller faire un bon repas dans le quartier européen du Gueliz. Et ce n'était bien entendu pas un repas cacher...

Au mois de juillet 1936, j'arrivais au terme de ma première année sous les drapeaux. Il faisait cette année là une chaleur épouvantable, des températures de l'ordre de 45°. On nous distribua des casques coloniaux, ils n'étaient pas inutiles. Je crois que je n'avais jamais eu si chaud de ma vie. Le soir, nous étions obligés de mouiller nos draps pour trouver un peu de fraicheur. Mais ils avaient vite fait de sécher. 

Pourtant, cela ne m'empéchait pas de sortir. J'écrivais aussi beaucoup. Le papier était gratuit et nous bénéficiions de la franchise postale militaire car le Maroc était  assimilé à un territoire en campagne de guerre. Chaque semaine j'écrivais à la maison, à des amis et à ma tante Lisette qui m'envoyait parfois ( rarement..) un mandat. Je recevais heureusement beaucoup de réponses, cela m'aidait à tenir le coup. 

J'étais arrivé à organiser ma vie de soldat et, franchement, je n'étais pas malheureux.

Je ne suis plus caporal.

L'année 1936 fut fertile en évènements de toutes sortes. En Espagne, un général félon, parti du Maroc à la tête des troupes coloniales, avait envahi sa patrie et déclenché une épouvantable guerre civile. L'Espagne était à feu et à sang.

En France, la gauche avait remporté les élections et un gouvernement de Front Populaire était à la tête du pays. Plus d'un de nos chefs rêvait d'une sédition à la Franco, et, même si heureusement personne n'osa bouger, on sentit un moment un léger flottement.

Pour nous rien ne changeait. On avait des nouvelles par les journaux et on savait que les ouvriers obtenaient en luttant des avantages, mais rien ne changeait pour les soldats : la nourriture était toujours la même et la discipline militaire ne variait pas.

C'est à ce moment que se produisit un incident qui aurait pu avoir de graves conséquences pour moi.

Un jour, à la cantine, des orannais eurent une altercation avec des camarades de Métropole. Elle était plus sérieuse que d'habitude et la bagarre prit de graves proportions.

Je n'y étais pas melè et je m'abstins de prendre parti. Je n'étais d'ailleurs pas le seul caporal à avoir cette attitude. Le poste de garde fut alerté et dut intervenir. Les bagarreurs furent conduits en prison et quelques bléssés légers furent pansés à l'infirmerie. 

Un adjudant de service fit un rapport à l'officier de semaine et me reprocha, à moi seul, de ne pas avoir été à la hauteur et de n'être pas intervenu ce qui, à ses yeux,  favorisait mes camarades orannais. Le rapport était si tendancieux et il m'était si défavorable que je fus mis à mon tour en prison. On décida que j'étais passible du Conseil de Guerre et on m'expédia à la prison de la place de Marrakech.

Je fus enfermé dans un cachot, une cellule sombre et humide. Le service de garde était assuré par des soldats sénégalais, de braves bougres mais à cheval sur le règlement. Je restais enfermé toute la journée, avec une heure de sortie le matin et une autre le soir. Le reste du temps, je demeurais seul à me morfondre dans ma cellule et à me demander ce qui allait m'advenir. J'étais d'autant plus pessimiste que je me voyais traité comme un véritable criminel.

Au bout de trois ou quatre jours, je pris enfin conscience de la gravité de la situation et je décidais qu'il était temps de réagir. Je n'avais ni volé ni tué personne et je ne trouvais aucun motif sérieux d'être traité avec autant de sévérité. Je me disais que mon  cas n'était pas si grave et que j'étais victime d'une injustice. Il était vrai que je n'étais pas intervenu, mais tous les autres caporaux étaient dans mon cas et ce motif ne valait que quelques jours de salle de police.

L'officier qui avait statué sur mon cas l'avait fait légèrement, en se basant uniquement sur le rapport d'un adjudant dont les idées de droite et les sentiments racistes étaient connus de toute la Base. Il ne se gênait pas  de critiquer ouvertement le nouveau gouvernement et son président, Léon Blum.

J'avais un seul droit, celui d'écrire, et personne ne pouvait me le supprimer. Je sollicitais du sergent qui dirigeait la prison l'autorisation d'écrire et il me fit remettre du papier et une plume. Je commençais par faire une lettre à mon père, puis je redigeais un rapport destiné au Commandant de la Place de Marrakech qui avait autorité sur toutes les armes de la Place .

Dans la lettre destinée à mon père,  je racontais en détail ce qui m'arrivait. J'insistais sur l'injustice dont j'étais victime ; je reconnaisais la petite faute que j'avais commise en n'intervenant pas pour faire cesser la bagarre, mais je relevais que d'autres gradés étaient dans le même cas que moi. Pourquoi alors était-je le seul à être aussi sévèrement traité ? Je pensais qu'il ne pouvait y avoir qu'une seule raison : l'antisémitisme d'un gradé.

Le rapport destiné au Colonel Commandant la Place exposait les mêmes arguments, mais j'avais ajouté que j'avais demandé à mes parents de contacter des personnes compétentes pour qu'elles interviennent  afin de faire cesser cette injustice. Le colonel avait d'ailleurs sur son bureau la lettre que j'avais adressée à mes parents: elle avait été remise ouverte, c'était le règlement. 

Et visiblement, elle avait été lue : moins de 24 heures après avoir écrit, je fus extrait de ma cellule et autorisé à circuler librement dans le cour de la prison. Le sergent qui était de service me dit de me tenir prêt de bonne heure: je devais être présenté le lendemain au Commandant de la Place : comme par un coup de baguette magique, toute l'atmosphère avait soudain changé. On me traitait avec plus d'égards, on avait visiblement reçu des ordres en conséquence.

Dès huit heures le lendemain, j'étais prêt. Je fus présenté au Commandant de la Place. Devant lui étaient posés ma lettre et mon rapport. L'officier fut très aimable et me demanda de lui exposer calmement les faits. Je fis un compte-rendu détaillé et honnête de l'affaire, sans fioriture. J'insistais longuement sur le caratère discriminatoire du rapport de l'adjudant qui faisait de moi un authentique bouc émissaire. Je le dis franchement et je terminais en affirmant que ce sous-officier était connu pour ses opinions antisémites et anti-gouvernementales dont il ne se cachait guère.

Je fus écouté attentivement et avec bienveillance. Quand j'eus terminé, le Commandant me fit savoir qu'il avait ordonné une enquête : si on pouvait effectivement me reprocher une faute légère, cela ne justifait pas la sanction qu'on avait voulu m'imposer. Il tint à m'assurer que l'Armée Française s'honorait de respecter toutes les croyances, qu'elle se defendait d'avoir des idées racistes. Il me donna comme preuve le fait que le général qui commandait toute l'aviation d'Afrique du Nord, le général Weil, était de confession israélite. Il me demanda de ne pas envoyer la lettre à mes parents afin de ne pas les inquieter inutilement. Je promis de ne pas le faire, je n'y tenais d'ailleurs pas plus que ça.

Je fus remis en liberté sur l'heure et on me renvoya à ma Base. A mon arrivée, mon colonel me reçut dans son bureau. Il était navré de cette affaire et me garantit qu'il agirait en conséquence. (Colonel Jannekeyn, commandant la Base de Marrakech d'avril 1936 à octobre 1937). Il ajouta qu'il était contraint, à son grand regret, de me sanctionner pour respecter la discipline, mais qu'il allait le faire avec indulgence : je devais être cassé de mon grade et affecté à la base de Meknès où je devais être recommandé.

Cette aventure m'avait aguerri et m'avait montré qu'il y avait encore des gens qui pouvaient se montrer injustes pour ceux qui n'avaient pas les mêmes opinions politiques ou les mêmes croyances qu'eux.

Je devais apprendre plus tard que le sous-officier qui était responsable de mes ennuis avait été sévèrement sanctionné. Il avait lui aussi été muté dans une autre base en métropole et pour lui, qui avait une famille et une petite maison à Marrakech, c'était là une sanction importante. Je gage que cela le rendit encore plus antisémite et encore moins tolérant. J'ai alors souhaité avoir un jour la chance de le rencontrer, quand je serais redevenu civil, pour régler mes comptes avec lui, mais heureusement cela ne se produisit pas.

J'abandonnais mon grade avec peu d'amertume, je n'avais aucune intention de faire une carrière militaire.  Mais je quittais Marrakech avec regret.  J'arrivais à la 2ème Escadre du Nord-Marocain le 10 août 1936. Il faisait encore une grande chaleur, la base était loin et, bien entendu, personne n'était venu m'acceuillir.

Je ne pouvais songer à prendre un fiacre comme je l'avais fait en arrivant à Marrakech car j'étais démuni d'argent. Je dus me résoudre à faire le chemin  à pied, sous le soleil. J'arrivais à la base tout soufflant et suant et extrèmement fatigué. Je n'avais heureusement pas de bagages : j'avais rendu mon paquetage en quittant Marrakech et tout ce que je possédais tenait dans une simple musette.

Les souvenirs de Gilbert Cohen datant de 1935-36 nous ont conduit avant Marrakech dans les premiers mois de formation d'un appelé devançant l'appel et découvrant la vie militaire. Nous apprenons qu'à cette époque il y avait 1000 hommes sur la Base de Marrakech, - le jardin de la Menara était déja un lieu d'escapade et le bassin servait alors de piscine occasionnelle, -le Pélican emblème de l'escadrille de Marrakech à cette époque, - la flotte de l'escadrille composée de vieux Potez,

Il est notable que'en 1935 le centre ville est toujours la place Djemaa-el-Fna et que la place de l'Horloge au Guéliz n'est même pas évoquée. Le passage sur le Mellah et la différence entre juifs d'Algérie et juifs marocains est aussi très révélateur de cette époque. Cette différence va s'estomper avec la guerre de 39-45. Le quartier Arsi Moussa révèle les nombreux régiments stationnés à Marrakech, Les traces de l'affaire Dreyfus étaient toujours réelles dans l'arlmée française, le capitaine Alfred Dreyfus avait été innocenté à l'époque de la loi sur la laïcité et les journaux venaient d'annoncer sa mort en 1935. Les tensions entre appelés de la Métropole et appelés d'Algérie étaient réelles.

Que va devenir Gilbert Cohen après Marrakech ?  Peutêtre qu'un jour la suite de ses mémoires seront publiées ? Il va être affecté à la Base de Meknès où il fut distingué par le capitaine Vidal en raison de sa connaissance de la langue arabe. Il sera muté ensuite à la Base de Duigny-Le Bourget où il retrouvera son grade de Caporal.

Son fils décrit son parcours miltaire:

"J'ai retrouvé son livret militaire (en très mauvais état...) Il confirme bien ce qu'il raconte: incorporé à la BA 137 le 9 juillet 1935 comme engagé pour 3 ans; caporal à compter du 1/01 1936; cassé le 1er août 1936 et affecté à Meknés (2ème EANM) ; puis à la BA de Duigny Le Bourget  ( 54e escadre, 1er groupe) le 12 juin 1937. Renommé caporal le 1er novembre 1937, puis renvoyé dans ses foyers le 8 avril 1938 ( avec un congé de fin de campagne de 90 jours)."

Il a défilé sur les Champs Elysée le 14 juillet et le 11 novembre 1937,  

Les grandes lignes de la suite des mémoires:

"Après son service, mon père est resté à Paris où mes grands parents et ses frères s'étaient installés pour raisons familiales. Il est revenu en Algérie puis à nouveau au Maroc au moment de la moblisation en 39. Il a retrouvé ensuite ses parents à Paris. La guerre les en a chassés en 1940, ils se sont réfugiés à Carcassonne où ils avaient des attaches, puis dans un maquis de la Montagne Noire. Un de mes deux oncles a été deporté à Auchwitz et n'en est pas revenu. Et ma grand-mère a été tuée lors d'une attaque d'un village du maquis par la Milice et les allemands."

Merci à Gilbert COHEN d'avoir pris le soin de rédiger ses mémoires et à son fils de nous les avoir transmises. Ilis nous aident à compléter l'histoire de Marrakech et de sa base aérienne à une époque pour laquelle nous possédons peu de documents et de témoignages. 

Chacun pourra ajouter ses questions et ses réflexions dans les commentaires.