MANGIN@MARRAKECH

17 octobre 2014

MARRAKECH APRÈS LA GRANDE GUERRE - LES ACTEURS ÉCONOMIQUES AU DÉBUT DES ANNÉES1920

MARRAKECH AVAIT PEU BOUGÉ PENDANT LA GRANDE GUERRE

L'ÉLAN IMPULSÉ AU GUÉLIZ EN 1913-1914 AVAIT ÉTÉ ARRÊTÉ NET, MAIS LES AFFAIRES ET LES CONSTRUCTIONS REPRENNENT EN 1919

13Deca-LL-73-les palmiers-Avenue de la Koutoubia-courrier au dos 

Le Guéliz est à peine plus qu'un projet.

LA SOCIÉTÉ H.GOYON DE TRANSPORTS AUTOMOBILES ÉDITE UN PLAN QUI PERMET DE VOIR L'IMPORTANCE DES PRINCIPAUX QUARTIERS DE LA VILLE, IL PERMET DE DÉCOUVRIR UNE PÉRIODE ÉTONNANTE

NOUS PUBLIONS UNE LISTE DES ACTEURS ÉCONOMIQUES, COMMERÇANTS ET SOCIÉTÉS DE MARRAKECH EN 1922

Cette liste montre que  certains d'entre eux étaient déjà à Marrakech en 1913. Elle permet de noter aussi que certains commerces présents en 1913 ont disparu probablement à cause de la guerre. Plusieurs parmi les commerçants furent mobilisés, d'autres cédèrent leur entreprise qui changea de nom, d'autres encore la fermèrent car leur activité avait trop chuté. Cependant en 1922 nous constatons un apport important de nouvelles raisons sociales.

La couleur bleue permet de distinguer les commerces et sociétés présents en 1913 et restés en 1922. Alors que la couleur brune concerne ceux qui n'étaient pas sur la liste de juin 1913.

ABITBOL Judah, Cotonnades

ALBERT Maurice et LEMOINE - Achat, location et vente d'automobiles

AMELOT et Cie - Minoterie et huilerie du "Palmier"
BACKLINI , Cycles et accessoires
BASTILICA, Alimentation générale
BÉNÉDIC Léon - Export: cuir, peaux, laines, graines, céréales
BOUVIER Paul & ALEXANDRE, Ferblanterie, quincaillerie, machines agricoles
BRON, Autos et cycles, fourniture pour l'électricité
CHAPON Frères, Conserves, produits alimentaires, explosifs
CHARLES, Nouveautés, chaussures, confections
CHATAIGNEAU frères, MOREAU, PARENT et Cie , Toutes opérations commerciales, culture et élevage.
CHAVANNE Paul & DORÉE, Toutes opérations commerciales, industrielles et agricoles
du COLOMBIER et Cie, import, export, représentation, commission, consignation
COUSINERY, Matériaux de construction
DAYAN, Pharmacien
FAROUZ P. Nouveautés, confections, mercerie, articles de ménage
FAURE, Alimentation générale
FÉLIX Photographe et éditeur
FRIGGERI Pinio, Magasins des Galeries modernes, articles de bazar
GAUSSEN R. Matériaux de construction, fers, aciers, machines agricoles, thé, sucre, vin
GAUTHIER, Charronnage
GRITZALIS Alimentation générale
GUICHET, vins en gros
HÉBRÉARD Camille, Papeterie, Librairie, imprimerie
ISNARD H. Import, alimentation, quincaillerie, faïence et porcelaine, Export: chanvre, laines, peaux, amandes.

Isnard-pub

ISRAEL Joseph, V. et Cie: Export: amandes, peaux, cuirs, laines, gommes, huiles
LASRY Judah, cotonnades, soiries
LAUGA Ch., Epicerie, conserves, vins et liqueurs
LAURENT, horlogerie, bijouterie
LENNOX & FERNAU, Tous matériaux de construction, fournitures industrielles.
LEVENARD A. Nouveautés, confections
LIOT fabrication d'eau gazeuse
LYKURGUE Alimentation générale

Lykurgue_Gueliz 

La maison Lykurgue est à gauche au bas de l'Avenue Mangin/Mohamed V, sur cette photo prise par Félix en 1916.

MOHAMED BEN RAHMOUN Cotonnades
MOUTHON Roger, Horlogerie,  bijouterie, joaillerie
NOTARO, Serrurerie, charronnage,
OUSTRY J. Pharmacien,
PAILLAS & SICRE, alimentation générale
PITOIS Max,  Import: produits chimiques, fers et aciers, Export, chanvre, laines et peaux, amandes
PRÉBOIS P, Faience et porcelaine, gobeleterie, articles de bazar
ROLDAU, Vins en gros
ROUSSELIÈRE, constructeur, mécanicien
RUCHE MAROCAINE, Draperies, soiries, articles de toile, tente; créée par Mr ARNAUD
SAGOT, Produits pharmaceutiques
SCALI Moulay Driss, Cotonnades
SELLES Vincent, Moulin mécanique
SHOKRON, MARQUÈS & Cie Fabrication de céramiques, mosaïques, marbres artificiels
TREBOZ Import cotonnades, droguerie, parfumerie,  Export, chanvre, laine, peaux, graines et céréales
TROMBATI Abdesselem
VACQUIÉ, SCHOKRON, BENRHAMOUN ET Cie Toutes opérations immobilières, financières, commerciales et agricoles, atelier mécanique, garage et hôtel.
VERGEADE, Horlogerie, bijouterie
WIZINAN Eliezer, Cotonnades, sucre

LE PLAN DE 1920 DÉCHIFFRÉ: Le quartier du Guéliz est peu construit, la grande majorité des Européens habite toujours en Médina. Un grand espace désertique parsemé de quelques palmiers sépare les constructions du camp militaire des premières maisons du quartier du Guéiiz. 

plan1_MRK_1920

Plan2_MRK_1920 

Le terrain d'aviation est à côté de la Ménara mais plus près du Guéliz. Cet ancien terrain existe au moins depuis 1917, car il sert de base à l'escadrille 554.

Approchons de plus près du Camp Militaire qui ne s'appelle pas encore Camp Mangin

camp-militaire-plan-1920 On remarquera que le camp a pratiquement sa forme définitive. Les subsistances au nord sont directement sous la protection du Fort du Guéliz. Les prisons sont proches du camp et seront bientôt transférées près du cimetière européen. Le groupe scolaire du Guéliz (E,3) est déja là depuis 1913. La chapelle provisoire est située entre le Camp et le quartier du Guéliz (D3). L'hotel qui est à l'angle de la future avenue Mangin s'appelle "le Sultan". Le long de l'avenue de Casablanca se trouve la gare de chemin de fer militaire -voie de 0,60 (D2). En revanche à droite de la route de la Targa rien n'est construit, pas de quartier RACL, aucune caserne, comme celle qui sera transformée pour aménager le Lycée Victor Hugo et l'école Renoir.

Allons maintenant vers le quartier du Guéliz, avec encore peu de constructions..

Guéliz-1920-plan On remarquera que l'Hôpital civil n'est pas encore construit (1928), la Palmeraie est intacte. L'imprimerie moderne, agence Havas se trouve déjà place de l'Horloge, en face de la Poste. L'avenue du Guéliz ne porte pas encore le nom d'Avenue Mangin. Le Grand Hotel est en partie terminé place du 7 septembre. Le seul autre Hotel du Guéliz est le Sultan Hotel à l'angle de l'avenue de Casablanca et de celle du Guéliz. La rue des Écoles ne s'appelait pas encore rue Clémenceau et le Consulat italien était à l'angle de la rue de Yougoslavie. Il n'y avait pas encore de Gare ferroviaire à voie normale, à la place se trouvait le Premier Marché couvert. C'est pour permettre la construction de la Gare avant 1928 que sera construit le Marché central. L'avenue des Ouled Delim, ancien nom de l'avenue Barthou, comprend à son extrémité Est, place du 7 septembre, les services de l'Armée, car l'Etat Major n'est pas encore construit. L'avenue du Haouz qui deviendra rue du Président Raymond Poincaré se poursuit vers la route de Mogador et les Travaux Publics la bordent à hauteur de la Place du 7 septembre. La rue Djenan el Hartsi, qui deviendra rue Georges Picheral n'est pas encore bordée par la Maternelle du Hartsi, mais les Travaux municipaux y sont déja établis.

Faisons un tour vers la Ménara et les installations pour l'Aviation..

Menara-1920-plan-aviation On notera que le champ d'aviation n'est pas encore à l'ouest de la Ménara, mais au nord, plus près du Guéliz, trop près sans doute.. De même les hangars pour les avions se trouvent entre le "Champ d'aviation" et le "Champ de courses". Le parc à autruches est au nord-ouest, il sera transféré au sud. Le Haras militaire se trouve à cette époque à l'intérieur des Jardins de la Ménara. Au sud des jardins se trouve le Douar Ménara. L'avenue de Bab Roob ne sera jamais réalisée, cette partie désertique sera plus tard organisée autrement par les urbanistes.

Allons en Médina où les Européens ont établi leurs activités économiques et où ils voisinent avec les  Musulmans et les Juifs.

Bab Doukkala et le nord de la Médina

medina-nord-1920 L'extrème nord de la Médina était peu habité par les Européens, à l'exception du quartier de Bab Doukkala où était établi  l'Hôtel Victoria (I/J,3/4) et plusieurs commerces. A l'extérieur de Bab Doukkala se trouvait El hara où étaient consignés les lépreux et plus au nord les abatoirs musulmans. Au nord-est, Bab Khemis ouvrait sur le grand Souk du même nom(J,1/2). Monuments remarquables: la Mosquée Sidi Bel Abbes et la Fontaine de la Zaouia (I,3). 

34Deca-LL-14-Panorama vu de Bab-Doukkala 

Panorama vu depuis Bab Doukkala en 1922

La partie centrale de la Médina

Medina-centre-1920-plan En partant de Bab Doukkala et en passant devant l'Hotel Victoria on arrive à la Fontaine de Bab Doukkala et on peut poursuivre la rue Bab Doukkala ou bien au niveau de la Mosquée tourner à droite dans la rue R'Mila. C'est le quartier du Palais de Hadj Thami El Glaoui et de son Palais la Stynia en construction. Bab Fteuh et la rue qui lui correspond font la séparation avec la Kissaria et les souks. Les sites remarquables proches sont la Mosquée ben Youssef, la Fontaine al Mouassine et la Mosquée voisine (J/4). Dans la proximité se trouvait le Consulat espagnol à l'époque. La Prison (K,4) en direction de la Mosquée ben Salah sera supprimée. En 1920 la rue du Guéliz prolongée est arrêtée par les remparts qui seront ouverts plus tard pour rejoindre la Koutoubia (I,5) en passant devant la caserne de Dar Baroud. La Place Djemaa el Fna (J,5) est fermée au sud par la Nouvelle Poste française. Sur la Place se trouvent la Banque d'Etat et les Services municipaux.

19Deca-LL1-Place Djemaa-el-Fna 

Les Galeries Ménagères de Mme Irène Isnard sont sous les nouvelles arcades

A l'est de la Place, se trouve l'importante rue des Banques où plusieurs établissements bancaires ont leurs guichets: la Banque Algéro-Tunisienne, la West British Africa, la Compagnie Algérienne, et le Crédit foncier d'Algérie et de Tunisie. Dans cette rue se trouve aussi le Consulat Anglais.  En dehors de la rue des Banques et de la rue Bab Doukkala, les rues importantes à l'époque étaient celles du Riad el Zitoun el Kedim et du Riad el Zitoun Djedid. Sont localisés dans cette rue l'École Franco-Arabe, la petite église de derb Nakous et les bureaux de renseignements Région et Ville séparés. Plus à l'est le Palais de Si Madani el Glaoui, Dar Si Saïd (occupé à cette époque par le Commandant de région) et le Palais de la Bahia. Plus à l'est encore, une autre rue importante rue Ghemat (L,5). Au sud de la Place Djemaa el Fna, se situe Dar el Harrabe, siège provisoire de l'Etat Major et à proximité le dispensaire (J,6).  Partant de Bab Djedid qui n'a pas encore été démolie pour élargir l'entrée de la rue, on progresse vers le Consulat Hollandais (J,6), on continue en suivant l'Arset el Maach, où se trouve l'Hôtel Champagne (J,6). Vers l'est, on arrive à Bab Berrima, au Mellah, à la Première poste française de M. Hazan et à l'École israélite (K,6). 

La Kasbah et Dar el Makhsen

Medina-agdal-1920-plan Au sud de Bab Djedid, La Mamounia n'est pas encore un hôtel, elle n'est pas encore en construction. On accède à l''Hôpital Mauchamp (I,7) par la porte Sidi Mimoun. Toute proche est Bab Agnaou et la rue qui lui correspond (L,5). A partir de Bab Agnaou et de Bab Roob se trouve à l'est la Mosquée Al Mansour et les célèbres tombeaux Saadiens, puis la Kasbah, Dar El Makhsen (K,7) avec au sud le Palais du Sultan et plus à l'est encore le quartier Berrima. Plus au sud, le Mechouar (K,8) et la caserne des Tabors.

L'Agdal en 1920 

Medina-sud-1920-plan La dernière partie du plan au sud s'arrête à Dar Beida transformé en hôpital militaire (K,10). Juste au nord de Dar Beida il existe à cette époque un cimetière militaire, appelé "cimetière de l'Agdal". Plus tad ce cimetière fut désaffecté et les cendres des militaires transférées au cimetière européen.

Certains de ces noms évoqueront des souvenirs et les plans permettront de comprendre l'évolution de la ville alors que le Guéliz était peu habité et que presque toute l'activité et les habitants se trouvaient en Médina. Cependant le développement du Guéliz allait entraîner la prospérité de toute la ville.


08 octobre 2014

MESSAGES ET DOCUMENTS D'ANCIENS DE MARRAKECH ARRIVÉS AU COURRIER

TROUVER LA TRACE DE PHEBY ou FIBY AMZALLAG

La recherche de Pheby se poursuit, nous l'avions annoncée en juillet dernier avec Marie sa fille --> voir ici sa recherche

P

Paulette Amzallag de Casablanca pouvait avoir approximativement le même âge que Pheby. Elle pourrait être la soeur ou la cousine de Pheby; elle saurait probablement nous aider à retrouver Pheby. Qui pourrait la contacter pour Marie ? D'autres membres des différentes familles Amzallag du Maroc peuvent aussi nous renseigner. (Photo de Paulette Amzallag prise en 1952 à Casa, collège de Mers-Sultan, en terminale de la filière  commerciale. Ses camarades étaient: Aliette BELLOT, BROSSARD, Janine BROWN, Huguette CLAVERY, Rolande DESNOYERS, Pierrette FLANDRIN, Mireille LEROY,  Christiane MAZELLA, Jeanne NERI, Pauline ROLLAT, Danièle VALEROSA)

Grâce à un ami du blog nous avons les noms et adresses de toutes les maisons Amzallag qui avaient le téléphone au Maroc en 1955. Leurs familles et amis peuvent aussi nous aider:

5 AMZALLAG DE CASABLANCA: Habib, 6 rue Forrain; J. 27 rue Laperrine; J. Camions Réo, pneus Fisk, 16 rue de l'Aviation française; Léon, alimentation, stalle n°159 Marché central; Léon, alimentation en gros 22 rue des Ouled Ziane et 96 avenue Drude.

4 AMZALLAG DE RABAT: A. Agent d'affaires, rue Louis Gentil; A.  Rabat-immeubles, avenue Dar el Makhzen; Samy, Prothésiste 3 rue Lalla Hasnou; Haïm, tailleur, 8 rue de Nîmes

4 AMZALLAG DE SAFI: Albert, tailleur, 159 rue du R'Bat; Simon "Nouveautés" rue de la République; Messody (Mlle) infirmière 139 rue des Ecoles; Samuel , 41 Mellah

1 AMZALLAG DE MOGADOR-ESSAOUIRA: Baba - Cycles

1 AMZALLAG DE MARRAKECH: Habib, commerçant, Immeuble Amzallag rue du Dr Linares.
Qui nous dira comment prévenir ces familles de notre recherche ?
Merci de laisser vos messages ou indices dans les commentaires afin que Marie puisse retrouver Pheby. Vous pouvez aussi lui adresser un message personnel par le lien "contactez 'auteur" en haut et à gauche de cette page.

ALAIN ROUTIER NOUS ANNONCE 

la parution prochaine (un mois au plus) chez Edilivre de son roman "Le trésor de tonton brochettes".

JEAN-LOUIS ROY SE RÉJOUIT DE RELIER LE CONTACT AVEC CHRISTIAN COIFFART

Ils étaient ensemble à la BE 707

PATRICIA 33 FAIT APPEL AUX SOUVENIRS DES ÉLÈVES DE L'ÉCOLE DU CAMP MANGIN

Elle se souvient d'une chapelle qui se trouvait à côté de cette école. Qui aurait des photos ou des souvenirs de cette chapelle ?

BAZOOKA JOE NOUS ENVOIE UNE GRANDE CARTE DE FÉLIX FORMAT 18X24

G MARRAKECH La Koutoubia Photo-Félix, Marrakech Il s'agit d'une autre série de Félix en Edition d'Art, mais en grand format, elle n'est pas numérotée, cependant ce cliché est à rapprocher du n°215 de la collection de cartes postales.

FÉLIX VENDAIT AUSSI SES OEUVRES SUR PAPIER PHOTOGRAPHIQUE, BAZOOKA JOÉ PARTAGE AVEC NOUS DEUX TIRAGES EN 13 X 18 AUTENTIFIÉS PAR FÉLIX

Vue de l'Atlas prise du palais de la Bahya FELIX Cette vue de l'Atlas a été prise depuis le toit du Palais de La Bahya.

E Salon de réception ( Palais de la bahya ) FELIX 

Salon de réception du Palais de la Bahya avec son mobilier, du temps où le Général Lyautey en avait fait le Palais de la Résidence. C'est là où il descendait quand il venait à Marrakech et où se trouvaient ses services pour le Sud du Maroc.

JOCELYNE ALLOU (ancienne du LVH) PROPOSE  une semaine en 1/2 pension, en novembre, à son Riad, et fait une estimation en comprenant le voyage en avion.

PENSION POUR UNE SEMAINE TOUT COMPRIS*
auquel nous rajouterons les taxes de séjour obligatoires : 3 €/jour/personne
Ce que nous vous offrons :
- L'hébergement dans un pavillon F2 (salon, chambre, salle de bain, kitchenette, terrasse - petit déjeuner, souper...)
- un cadre enchanteur, calme, nature, convivialité, ressourcement, méditation...
- une navette gratuite tous les jours sur Marrakech si vous le souhaitez
- une prise en charge Aéroport A/R offerte.
 1/2 pension au Riad pour 2 personnes : dans un pavillon (salon, chambre, ketchinette, salle d'eau, terrasse) : 540 Euros, nous vous accorderons  une remise de 10% sur ce montant, soit : 486 euros/demi-pension/2personnes
j'ai fait une petite estimation pour un départ de Marseille vers Marrakech, A CE JOUR   (des départs de Paris Beauvais, ou Gérone  également)
exemple : VOL RYANAIR :
Départ : Marseille/Marrakech : Dimanche 9 Novembre : 26,51 Euros/personne
retour : Marrakech/Marseille : Dimanche 16 Novembre : 32,63 Euros/personne  total du voyage/personne : 59,14 euros
voyage pour 2 personnes :( 77,50 x 2) = 118 Euros  
Hébergement 1/2 pension pour 2 p      = 486 Euros
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Vous prenez votre billet, DIRECTEMENT, avec la compagnie RYANAIR..... LES PRIX S'ENTENDENT A CE JOUR BIEN SUR.
Vous pouvez trouver d'autres dates qui vous conviennent plus, et d'autres compagnies plus proches de chez vous....
A bientôt peut-être ???
Le riad Beloiseau a sa page sur Facebook: http://www.facebook.com/riadbeloiseau
Le riad Beloiseau à son site internet: http://www.riad-beloiseau.com/ 
Le riad Beloiseau présente plusieurs videos http://www.riad-beloiseau.com/videos-maroc.php 
PILOTE SUR T6 EN 54 

Bonjour, je recherche des photos de GAZEAU Jean Marie sur T6 à Marrakech dans les années 1954

Qui pourrait aider?
MICHEL RISS ÉVOQUE LE SOUVENIR DE SON PÈRE CAPITAINE JOSEPH RISS À LA BE 707
Il nous communique deux liens sur ses débuts de carrière dans le ciel de Belgique en 1940. --> sergent Riss
et une photo de l’appareil n°372 du sous-lieutenant Joseph Riss de la 4ème escadrille du GC II/6 (SPA 124) après un affrontement confus entre 6 MS.406 et 9 Messerschmitt BF 109. --> chasseur Morane-Saulnier
Qui nous rapportera des souvenits du Capitaine RISS et de sa famille, dont la plus jeune Odile est née à Marrakech7
DANIEL MORANGE ET GEORGES GOMEZ ONT PU RELANCER LE MOTEUR
Anciens mécaniciens de la Base 707, ils ont pu échanger leurs souvenirs grâce à l'article de Daniel sur le blog et à la fidélité avec laquelle Georges lit les pages qui paraissent semaine après semaines.
GUY TEYSSEIRE NOUS PROMET DES SOUVENIRS DE SON PÈRE HENRI TEYSSEIRE OFFICIER PILOTE SUR LA BASE 

Capitaine Teysseire Henri, °1902 + 2002, affecté au Maroc, 1938 à 1946, affecté 63° escadre, groupe 2/63 puis 1/52 puis Ecole application de Marrakech 1/1/1943 au 10/07/1946 

Merci à Guy de ce contact, nous publierons prochainement une partie des mémoires du Capitaine Teysseire relatives à Marrakech.
CHARLES QUI PROJETTE DE S'INSTALLER À MARRAKECH DEMANDE DES CONSEILS

Voilà , je suis perdu quand je découvre sur INtERNET ,Marrakech , d'autant plus que je ne suis pas doué en informatique .
J'ai passé toute mon enfance et ma jeunesse dans cette merveilleuse ville ,(1947 à 1961 ) je ne sais si votre site peut me donner de multiples renseignements étant donné que mon désir ,étant à la retraite , est de retourner à Marrakech pour y vivre en louant une maison , mon intention serait de passer la moitié de l'année au Maroc et l'autre moitié chez moi en CORSE .
J'ai constaté sur le net que tout est changé et de quelques rares touristes à l'époque on est passé à des milliers. Au Guéliz on ne connaissait que l'hôtel " La Renaissance " tenue par Mr GARCIA et alors que l'on allait encore "chiper" quelques légumes dans la palmeraie qu'on dégustait sur place ; la palmeraie est devenue selon internet un lieu où se retrouve toute la Jetset du monde entier . Donc plus rien à voir avec avant , d'où cette crainte de m'installer dans l'inconnu . Si vous en avez la possibilité , donnez moi des conseils SVP , j'en ai vraiment besoin . Lorsque j'y étais ,j'ai habité en Médina près du cinéma Mabrouka durant 7 ans ensuite durant les évènements nous sommes montés au Guéliz ,rue Capperon et à l'immeuble BENSIMON ,face aux cinéma LUX et PALACE .
Si vous n'ètes pas habilités à me donner ces renseignements , merci de me diriger , si possible , vers d'autres personnes qui le pourront .
Dans cette attente je vous dit encore merci et surtout merci pour votre Blog .
Charles

Qui pourrait conseiller Charles ?

ORPHELINAT DE BAB DOUKKALA

Bonjour, je suis la fille d'une ancienne residente de l'orphelinat de bab Doukkala. Ma mère m'a parlé de cet orphelinat il y a quelques années seulement. Troublée par le fait que ma famille que j'adore (cousin, cousine, oncle, grand mere, etc...) ne soient pas ma famille biologique je cherche à savoir si des personnes ont des renseignements sur cet endroit. J'ai lu sur le blog qu'une personne avait mentionné cet orphelinat tenu par des Soeurs. Ma mère y est entrée en 1956 et y est restée presque 10 ans avant de se faire adopter par ma grand mère. Elle a encore des souvenirs mais j'aimerais moi en savoir plus. Je sais que ce message est un peu comme une bouteille jetée à la mer mais je garde espoir. Merci par avance. Naba

Qui aurait des souvenirs relatifs à cet orphelinat à partager sur le blog dans les commentaires ?

À PROPOS DE NOS VOEUX DE SHANA TOVA DES 24-26 SEPTEMBRE, JOSEPH DADIA NOUS PARLE DE ROCH ACHANA.

Chez nous les Sépharades, nous sonnons toutes les nuits du mois d'Ellul le Chofar, sauf la nuit qui précède le premier soir de Rosh Hashana, pour troubler Satan.

En cette nuit sans Chofar, l'Eternel n'est plus le Roi du monde, et Il ne le deviendra que le premier jour de Rosh Hashana, avec la sonnerie du Chofar dans les Synagogues.

Adam est né le jour de Rosh Hashana, Sarah a conçu Isaac à Rosh Hashana, jour où il a subi l'épreuve de son  sacrifice, Joseph est sorti de prison à Rosh Hashana.

Merci Joseph pour ces informations. Ceux qui voudraient en savoir plus sur Adam, Sarah, Isaac, Joseph peuvent les retrouver en lisant le livre de la Genèse, premier livre de la Thora et de la Bible.

LE COLLECTIONNEUR HALFAOUI NOUS DEMANDE SI UNE DE CES DEUX PHOTOS A ÉTÉ PRISE À MARRAKECH 

IMAGEG_Porteur-d-eau Est ce que quelqu'un reconnaitrait les détails du mur et de la porte à gauche et pourrait identifier le lieu de la prise de vue ?

IMAGE_VENDEURS15 Un commerce. Qui pourrait situer le lieu où la photo a été prise ?

Nous sommes reconnaissants à nos collectionneurs pour leurs images. Merci aussi à tous ceux qui répondront aux demandes formulées sur cette page et qui partageront leurs souvenirs dans les commentaires

30 septembre 2014

SA et SARL À MARRAKECH À LA SORTIE DE LA GUERRE (1945-1950)

Après la guerre de 1939-45 les entrepreneurs relancent l'économie à Marrakech

L'ouverture de la ligne ferroviaire Casablanca-Marrakech en 1928 permit à des entrepreneurs d'investir dans la création de sociétés industrielles, financières et immobilières à Marrakech (voir --> la page du 8 aout 2014). Mais cette dynamique dura à peine 10 ans. La guerre arrêta la création de nouvelles sociétés. Cependant la reprise se fit dès 1945 et il est intéressant de noter les noms de ces sociétés pour servir à la mémoire de la Ville. Nous avons une liste d'une vingtaine d'entreprises créées entre 1945 et 1950 avec un siège social à Marrakech. La liste est certainement incomplète et nous encourageons ceux qui en connaitraient d'autres de les signaler afin que l'Histoire ne les oublie pas. 

Si certains des lecteurs du blog peuvent partager des souvenirs ou des documents sur l'une ou l'autre de ces entreprises, leurs créateurs et leurs personnels, c'est volontiers que leurs récits seront accueillis non seulement dans les commentaires de cette page, mais aussi dans des pages futures.

FACODIM 66 rue de Breugnon Marrakech-Guéliz - SA fondée en 1945, pour le développement commercial et industriel du sud marocain. La société a déplacé son siège au 66 rue Bab Agnaou.

Produits aromatiques du Moghreb (AROMAG) Lotissement Saadia n°12, Guéliz.  SARL 1946 Fabrication matières premières aromatiques. Gérants: Georges Chiris et Léon Chiris. Une usine d'extraction et de distillation d'essence de rose fut construite à El Kelaa de M'gouna. Il faut 10000 kg de roses pour faire 1 Kg d'essence de rose. La famille Chiris est originaire de Grasse.

Stynia-glaoui

Société marocaine d'études sidérurgiques SA fondée le 17 janvier 1947 pour la mise en oeuvre des minerais marocains ou nord-africains de fer, manganèse, etc... domiciliée Dar El Glaoui. Administrateur: Abdessadek ben el Hadj Thami el Glaoui. Le Pacha a eu huit fils (Brahim, Si Ahmed, Abdellah, El Madani, Si Hassan, Abdessadeq dit Sadok, Si El Mehdi, Si Mohammed). Sadok, l'administrateur de la société fit de brillantes études de droit et fut le Khalifat judiciaire de son père, puis après l'Indépendance ambassadeur du Maroc aux Etats Unis, puis Président de la Cour des comptes du Maroc. C'est lui qui a écrit  "Le ralliement, le Glaoui, mon père."
Société chérifienne de produits alimentaires (SOCHEPRA)  rue Alexandre 1 de Yougoslavie SA fondée en 1947, pour la culture de légumes, fruits et l'industrie de la conserve. Administrateur P. Mainguy
Marrakech-Entreprise, route des Doukkala, Guéliz. SARL fondée le 12 mai 1947 pour Travaux publics et travaux pour particuliers. Gérants R. Montini & J. Roggero.
Etablissements A & C CARTIER, quartier industriel n°52 SARL fondée le 20 mai 1947, Usine de conserves, fruits, légumes, Gérant: Maurice CARTIER. Maurice CARTIER né en 1910 s'était marié à Marrakech en 1936 à Antoinette Surleau. Ils eurent 3 filles et deux garçons qui nous l'espérons vivement partageront avec nous leurs souvenirs. Voir video
Compagnie marocaine d'arboriculture et d'élevage (COMAREL) 15-17 Trik el Koutoubia,  SA fondée le 22 juillet 1947 Administrateurs J.V. Israel, Emile Miege, Docteur H. Routhier, A. Sagues, G. Gradis
Les conserves du Maroc (LCM)  Villa Garnier, Avenue Landais. SARL fondée le 30 aout 1947 pour Huilerie, conserves de fruits, olives.
Société Africaine de participations industrielles (SAPIA) Lotissement Saadia SARL du 29 novembre 1947, Gérants Georges Chiris, Madame Meynard née Chiris (Domaine de Bellevue à Marrakech)
Compagnie Equatoriale du Maroc SA fondée le 17 janvier 1948 pour l'exploitation de gisements miniers (Plomb) Administrateurs Henri Huvelliez, Charles Dumas, Louis Rosen
Société de transports du Haut-Atlas, 84 avenue Landais, SARL fondée le 3 mai 1948 pour les transports routiers et aériens. Gérants: Maurice de CASTEX et Robert LACAZE  (Baron M.de Castex à Douar Graoua, marié avec Bernadette Carrelet de Loisy.) Robert Lacaze était aussi un --> coureur automobile célèbre. Il fait également partie des champions de ski de l'Atlas. Né en 1917, il n'est pas loin d'entrer dans le club des centenaires.
Société des Mines de l'Assif el Mal , Villa des Acacias, 69 rue Alexandre 1 de Yougoslavie SA fondée le 7 septembre 1948. Administrateurs: Antoine Sepulchre, Martin Lejeune, R. Liouville. Le gisement de Zn-Pb-(Cu,Ag) situé vers Chichaoua avait été repéré dans les années 20, mais l'exploitation ne commença qu'en 1948. 
Comptoir agricole du sud  148 Avenue Mangin, SARL fondée le 24 octobre 1948, Commerce grains et semences. productions agricoles, Gérant Louis Courtial
Société immobilière "La Koutoubia" La Poterne avenue des Remparts. SA fondée le 9 novembre 1948- Administrateur: Docteur Lapidus. Le docteur Lapidus fut le fondateur et  premier président du Rotary Club de Marrakech.
Compagnie africaine d'emballage et de conditionnement ( CADEC) SA fondée le 20 décembre 1948 pour le transport, la manutantion, le conditionnement et l'emballage de produits agricoles. Administrateur: Daniel KLIMKER, directeur agricole du domaine de Souelha, Marrakech
Union Minière panafricaine (UMPA) Villa Demnati avenue Aristide Briand Marrakech SA du 6 janvier 1949 pour Recherches et exploitations minières Administrateur délégué André Savornin.
ASSIER & MUSSO,  57 rue Cdt Humbert, SARL du 22 mars 1949, travaux publics et pour particuliers.
GOMAR, quartier industriel, Route de Mogador, SARL fondée le 29 novembre 1949, pour huilerie, confiturerie, conserverie fruits et légumes, Gérants: Martinez & Gomez.
Union d'utilisateurs de matériels de mines, Villa Demnati, rue Aristide Briand, SARL fondée le 1er mai 1950 pour le matériel de recherches et d'exploitations minières, 
THONIEL (Etablissements) 212 avenue Mangin, SARL fondée en juin 1950, fournitures agricoles et industrie mécanique générale, garage.
Les nouvelles créations de cette époque concernent principalement l'agro-alimentaire et les mines. Ces sociétés vont contribuer à créer des emplois et des richesses à Marrakech et dans la région et faire en sorte que l'éloignement des ports de la côte atlantique ne fasse pas obstacle à son développement. 
Si vous connaissez des éléments de l'histoire de ces sociétés, merci de les partager.

23 septembre 2014

NOUVEAUX RÉCITS SUR LES SAINTS-MARTYRS DE MARRAKECH

UN REPORTER NOUS RACONTE LES DÉBUTS

L'Inauguration de l'Église des Saints-Martyrs de Marrakech

31-St-Martyrs-31-6 Photo de l'Église des Saints-Martyrs à l'époque de son inauguration. Pour l'histoire des cinq martyrs, voir la page du 16 janvier.

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SOUHAITONS UNE BONNE ANNÉE À NOS AMIS JUIFS DE MARRAKECH À L'OCCASION DES FÊTES DE ROCH HACHANA QUI COMMENCENT MERCREDI 24 À LA TOMBÉE DE LA NUIT ET SE DÉROULENT LES 25 & 26 SEPTEMBRE: SHANA TOVA . Que cette année 5775 soit douce comme le miel, qu'elle apporte à tous le bonheur, la paix, la santé et la prospérité.

On remarquera dans le cours du récit sur l'inauguration de l'église des Saints-Martyrs de Marrakech les préoccupations du reporter et de ses lecteurs catholiques en 1931, alors que la pacification du Maroc n'est pas encore totalement terminée dans la région proche de Ouarzazate.

Le 13 décembre 1931 fut inaugurée à Marrakech la nouvelle église du Guéliz, dédiée aux cinq Saints-Martyrs franciscains de Marrakech.
À la cérémoniee assistaient les notabilités ecclésiastiques, civiles et militaires: Mgr Dané, supérieur régulier des Pères franciscains du Maroc; le R.P. Henry Koëhler, vicaire général; les R.R.P.P. Apollinaire Colombié et Antoine Combes, anciens curés de Marrakech; le R.P. Jean-Joseph Rageys, curé actuel du Guéliz; le P. Achille Léon, directeur de la Revue Le Maroc Catholique et secrétaire particulier de Mgr Vielle; la Révérende Mère provinciale de Rabat; le Général Catroux, commandant la Région; son adjoint civil M. Holmagrand; M. Getten, chef des Services municipaux.
Après la bénédiction de l'Église à 9 heures, par Sa Grandeur Mgr Vielle, évêque de Rabat, la messe fut célébrée par Mgr Bétansos, évêque de Tanger. Ensuite, une kermesse qui eut un plein succès, se déroula jusqu'au soir sous l'oliveraie avoisinante; elle fut inaugurée par Mgr Vielle; la Musique du 4e Étranger, sous le commandement de M. le Capitaine Lucien Adolphe Perdereau, s'y dépensa inlassablement.
À 37 mètres au-dessus du sol s'élève la Croix; ainsi se réalise le rêve des premiers missionnaires qui, au 13e siècle, vinrent au Maroc prêcher l'Évangile. 
Car la première mission à Marrakech fut fondée en 1220, par Saint François d'Assise lui-même; il envoya cinq franciscains auxquels l'Église est consacrée qui, après être venus de Ceuta à la suite d'une colonne militaire, furent martyrisés à Marrakech-la-Rouge.
Ensuite la mission fut confiée aux franciscains espagnols: période de stagnation, en raison des difficultés créées par les Sultans et les indigènes.
Au XVIIIe siècle, la mission refleurit avec Jean de Prado qui subit le martyr devant Bab Agnaou, la porte portugaise. Après avoir, par miracle, échappé au bûcher, Jean de Prado fut lapidé, frappé à coups de cimeterre et jeté dans un oued dont le cours depuis est devenu souterrain... Son corps fut porté par les eaux de l'oued jusquà un moulin où des Chrétiens le recueillirent.
Depuis - exactement en 1908 - les Franciscains français reprirent la mission en mains, et ce sont eux qui la détiennent, mais dimanche les pères français ont été heureux de saluer leurs confrères espagnols, Mgr Bétansos évêque de Tanger, les Pères de Safi et de Mogador, successeurs du Pionnier valeureux qui paya de son sang la présence ici de la Sainte Croix.
La nouvelle église, d'architecture lombardo-vénitienne, mélangée de style zaouïa, que rappelle sa coupole, fait grand honneur à l'architecte qui l'a conçue et à l'entrepreneur qui l'a exécutée ( qui nous dira leurs noms ?). Sa robe extérieure, parmi les palmes, veut être digne du Maître qui l'habite: l'intérieur, par contre, est nu, non seulement du fait qu'elle sort seulement de terre, mais aussi du fait des efforts pécuniers considérables qu'il a fallu déjà consentir. Aussi les Pères franciscains, dont l'énergie pieuse a déjà mené à bien une tâche surhumaine, me prient-ils de faire appel à la générosité des croyants, afin de pouvoir, sur les murs de l'égllise de Marrakech, inscrire leur dévotion artistique et pieuse: entre autres, une fresque, représentaant les Saints Martyrs, est ardemment souhaitée, je le sais.... (la fresque fut réalisée par les frères André (OP) et Jacques Bouton, vingt ans plus tard, en 1951)
Nombreux sont ceux qui, de leur obole, voudront aider à parachever le bouquet composé pour le Divin Maître en ciel d'Islam.
Ainsi parmi les minarets de ce pays, épousant leur style, se dressera, plus fière encore, la mosquée des roumis, qui n'entend pas combattre les croyances indigènes, mais afin que, pour nous autres, venus de loin de chez nous; il y ait l'accueil de l'église, comme en ce village au delà des mers... De l'Église, où en cérémonie joyeuse, jadis nous aurons été portés, où naguère en tremblant fut béni notre amoureux couple, où demain, dans l'apparente mort, sera bénie notre dépouille pour que notre âme s'en aille rejoindre les cinq Bienheureux Martyrs de Maroc-la-Rouge. 
Paul Henry.
Cet article du journaliste Paul Henry est intéressant à plus d'un titre car il nous donne des précisions qui n'étaient pas encore  réunies jusque là sur ce blog.
L'article ne l'indique pas, mais c'est contre leur gré que les franciscains espagnols ont laissé leur place aux franciscains français. C'était une décision du Général d'Amade en 1908, commandant des forces françaises au Maroc qui entra en conflit avec le légat du Pape à ce sujet. Finalement Lyautey fut préféré à d'Amade comme Résident général, mais les aumôniers franciscains furent quand même français, sauf à Tanger et dans la zone espagnole. Lyautey fit rémunérer par l'armée un aumônier catholique par région et deux aumôniers protestants pour tout le Maroc. Il y avait aussi une aumônerie musulmane et une aumônerie israélite.
Les prêtres de Marrakech sont mieux identifiés à partir de 1912, même si nos informations sont incomplètes à leur sujet.

Pere-Fabre-MRK-1912

Le prêtre qui a suivi la colonne Mangin en septembre 1912 était aumônier militaire, il s'appelait Fabre mais n'est pas resté  à Marrakech. Il s'agit probablement du Père Gérald Fabre car le Père Michel Fabre fut assassiné lors du soulèvement de Fez, le 1er avril 1912. Le photographe Maillet a pris des clichés de l'aumonier Fabre à l'occasion de la première messe à Marrakech probablement le 9 ou 15 septembre 1912. Des cartes postales furent éditées.
Par la suite le Père Apollinaire Colombié premier curé de Marrakech prit en location la maison de la rue Derb Nakous pour loger en Médina y aménager une petite chapelle et organiser des réunions. Lyautey allait à cette chapelle quand il logeait à la Bahia. Les messes du dimanche se faisaient à Dar Beida car le camp Mangin était en construction et la plupart des européens vivaient en Médina. Au début de 1913 Le Père Apollinaire obtient de l'armée une baraque en planches au Guéliz qu'il transforme en chapelle provisoire. Il y célèbre la messe un dimanche sur deux. Il lance un appel pour obtenir des fonds qui vont lui permettre de construire une chapelle en dur. La chapelle sera construite rue de La Mehala près de la future Gare des CFM à partir du 11 janvier 1919 et dédiée au Bienheureux Jean de Prado; certains se souviennent de cette chapelle affectée aux  aumoneries dès 1932. L'aumônier Moreau de Bellaing y officiait. La baraque en planches fut désaffectée et rendue à l'armée. Le blog a présenté des cartes postales de --> la collection Bazooka Joe sur les églises de Marrakech. Une parenthèse sur le prêtre franciscain espagnol: Jean de Prado naquit vers 1565 dans le Royaume de Léon et fit ses études à l'université de Salamanque. Juan de Prado était en 1620 en résidence au couvent de Cadix quant il conçut le projet de recommencer l'évangélisation du Maroc à l'instar des cinq Saints Martyrs de 1220. Passant par Ceuta et après de multiples contre temps, il arriva à Marrakech. Mais fut arrêté et mis en prison quelques mois après son arrivée à destination.  il comparut devant le nouveau sultan Moulay-al-Walid (1631-1636) de la dynastie Saadienne qu'entouraient des rénégats. Il déclara sa foi en Jésus-Christ. Le sultan lui demanda :" Quelle loi est la meilleur, celle  des musulmans ou celle des chrétiens ?" Le franciscain répondit:  "Moulay, il n'y a pas de loi dans le monde qui puisse s'appeler telle et par laquelle quelqu'un puisse se sauver,  Celle-là seule est la véritable loi sinon la loi de mon Seigneur Jésus-Christ, laquelle nous chrétiens professons et observons. Couvert de bless Celle-là seule est la véritable Loi donnée par le Fils de Dieu qui est descendu du ciel enterre  se faisant homme et mourant sur une croix pour sauver tous les hommes. La votre n'est pas  une loi, mais un sssemblage de faussetés d'embrouillements et de mensonges avec lesquels le maudit Mahomet pervertit vos esprits, c'est pourquoi, lui et tous ceux  qui meurent dans l'observance de sa maudite loi  brûlent dans les enfers et y seront durant toute l'éternité. Le roi entendant cela, emporté de colère tira son sabre et en déchargea un si grand coup sur la tête qu'aussitôt il en sortit du sang en très grande abondance, il fut mené au bucher,c'était le Samedi 24 mai 1631, mais son corps entourré de flammes disparut dans le sous sol.
La cérémonie de béatification de Giovanni de Prado célébrée par Benoit XIII eut lieu à Saint-Pierre de Rome le 24 mai 1728 avec une très forte médiatisation symbolique et politique: musiques, machine avec la statue du missionnaire au milieu des flammes du martyre et avec une épée sanglante au-dessus de la tête, plusieurs ottaviari dans les églises franciscaines au cours des semaines suivantes avec apparats du peintre Antonio Bicchierai et commande de portraits. La scène du martyre fit l'objet d'une peinture d'Agostino Manucci exposée au Paiais Barberini à Rome.
Cependant la chapelle Jean de Prado de la rue de la Mehalla s'avéra vite trop excentrée et trop petite. Le Père Antoine Combes vint à Marrakech, mais son ministère principal se tenait à Mazagan, puis le Père Jean Joseph Rageys, dont nous savons qu'il était aumônier des Scouts en 1929. A la même époque le Père Junien Laroche était pretre à la Médina. Déchargé de paroisse il fut aumonier d'hopital à Casablanca et revint à Marrakech comme aumonier en 1948.

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C'est le Père Rageys qui était curé de Marrakech à l'époque de la construction et de l'inauguration de l'église des Saints-Martyrs. En 1930 il avait déja créé un ouvroir.
Le Père Rageys fut ensuite nommé à Fez fin 1934 et remplacé à la paroisse des Saints Martyrs par le Père Henry Koehler. À ne pas confondre avec le Père Ange Koller qui était curé à Marrakech-Médina.

ange-koller-medina-1935

Le Père Ange Koller donna le nom de Notre Dame des Anges à l'église de la Médina ainsi qu'à une école primaire ; il y organisa des catéchismes. Les groupes de catéchismes se poursuivirent jusqu'en 1952, puis tout fut regroupé au Guéliz. 
En 1934 le Père Théophile Lamperti est nommé aumônier à Marrakech; mais malade, il ne restera que quelques mois et donnera sa démission de l'armée. La salle paroissiale bien connue des Coeurs vaillants et des Ames vaillantes a été inaugurée en 1935. Ce nouvel outil paroissial en faveur de la jeunesse va dynamiser la paroisse. Le Père Henry Koehler va célébrer la première messe au sommet du Toubkal le 5 mai 1935 avec l'assistance technique de la Harka (Club Alpin de Marrakech)

Koehler-Henry-toubkal-35 Le Père Henry Koehler, avec Charlet Marral et Jean-Marie Lanouzière. Deux membres de la Harka servirent la messe du Toubkal : Henri Petit de Mirbeck et M. Thibault.

En 1937 la communauté européenne prit de l'importance et par conséquent la paroisse des Saints Martyrs développa ses activités autour de son curé doyen. Le Père Emmanuel Prévot était son vicaire. Le père Koehler se fait photographier avec les Scouts, avec le Comité féminin et organise une fête à la mémoire des Saints Martyrs.

Henri-Koehler-Scouts-de-France-1936 Les principes chers à Baden Powel sont appliqués strictement. A l'époque la troupe est composée de deux patrouilles.

comité-directeur-ligue-feminine-action-catho-mrk-1937 Le père Koehler avec les Dames du Comité directeur de la Ligue féminine de l'Action catholique à Marrakech.

Saints-Martyrs-2mai1937

Le 2 mai 1937 c'était la fête à l'église des Saints Martyrs

La procession du 2 mai 1937

Le 2 mai devait être un jour de fête et son programme comportait les cérémonies les plus variées et les plus émouvantes. Tout d'abord, ce jour là, la Paroisse recevait la Visite officielle du Pasteur diocésain, puis elle célébrait les Noces d'Argent marocaines de son propre pasteur et enfin tout le monde se préparait à fêter dignement et bruyamment la kermesse printanière qui devait commencer à 3 heures après midi avec le Défilé des Cinq Parties du Monde.
A vrai dire, la Providence qui avait été invitée à la Fête, trouva bon de...modifier quelque peu le programme laborieusement mis sur pied, comme nous le verrons tout à l'heure.
Le matin, les cérémonies prévues se déroulèrent avec une rare beauté. Dès 7 heures Son Excellence Monseigneur Vielle célébrait la messe de Communion et distribuait près de 150 communions aux divers membres des oeuvres Paroissiales. À 9 heures le TRP Clément, vicaire général officiait pour les enfants. Entre temps l'église et ses abords connaissaient l"effervescence des grands préparatifs. Un nouvel Univers - à en juger par les affiches - se donnait rendez-vous dans la cour des jeux, dans la salle paroissiale et dans le calme et conventuel enclos du presbytère. 
À 10h30 la modeste cloche de notre glorieuse église (c'est d'ailleurs une petite voix tout à fait disproportionnée avec la grandeur et la beauté de l'édifice) tintait, puisqu'elle ne peut pas sonner, la sonnerie des grandes fêtes. À 10h45 précises, un magnifique cortège quittait le presbytère; Croisés eucharistiques et Coeurs Vaillants précédait la belle ligue des Tharcisius aux tuniques blanches sur lesquelles se détachent les clavi de pourpre sombre. Deux d'entr'eux portent le très beau calice et la patène offerts par la paroisse au R.P. Curé en souvenir de ses 25 années marocaines.
Derrière eux le jubilaire précède Son Excellence qu'assistent le R.P. Clément Etienne et le R.P. Ange  Koller, curé de la Médina.
À la porte de l'église le cortège s'arrête;. Monseigneur reçoit l'eau lustrale et l'encens puis aux accords d'un orchestre distingué, la procession gagne le sanctuaire.
La messe de Perosi interprétée par la Chorale soutenue par l'orchestre à cordes est vraiment belle et noble. À l'autel où le R.P. Henry Koehler célèbre entouré des grands acolythes vétus de blanc, la messe se déroula grave et vraiment pieuse. Tout à l'heure nous aurons le plaisir d'entendre le TRP Vicaire général décerner à nos Tharrisius le premier prix de cérémonies liturgiques au Maroc !
Après l'Évangile le R.P. Curé doyen donne lecture à Monseigneur de l'état paroissial et de celui des quatorze oeuvres existantes qui sollicitent ses énergies pastorales avec des résultats évidemment inégaux. Avec une très paternelle bonté Son Excellence Monseigneur Vielle, veut bien trouver des excuses aux défaillances et des motifs de louanges et d'encouragement dans le reste. Puis passant à la seconde partie de la fête, Monseigneur rappelle avec une complaisance où son coeur fait certainement entrer une grande part d'affectueuse exagération, la carrière du jubilaire (ou ses tribulations au Maroc): Meknes et sa fondation en 1912, le culte et l'image de Notre dame relevés en 1913 ( aumônier avec la Division marocaine en France de septembre 1914 à décembre 1915); puis Tanger avec la création de l'Église française dédiée à Ste Jeanne d'Arc; Rabat et l'Institut d'Études des Religions; Marrakech enfin avec le culte des Saints-Martyrs amplifié et rayonnant à travers tout le Maroc. Une humilité moins embarassée que celle de celui à qui s'adressait toutes ces bonnes choses en eut perdu le souffle. Heureusement le P. Curé ne défaillit pas et put chanter de bonne gorge la messe, jusqu'au bout...
A midi un déjeuner intime réunissait des hôtes de choix autour de Son Excellence: le menu fut bon, la cordialité entière, et l'éloquence des toasts courte mais chaleureuse.
Tout le monde cependant attendait que l'heure de la kermesse sonna...
Hélas, la divine Providence qui a ses secrets - pour nous bien impénétrables ! - marqua cette heure d'un signe fatal !
Déjà tout remuait dans la cour, le jardin, le presbytère, Monseigneur avait eu son repas troublé par une bande de dix noirs vétus de jupes de rafia, armés de lances horrifiques, mais paisiblement guidés par l'éminent vicaire du lieu; le RP Emmanuel Prévot. Ailleurs c'étaient des Laponnes préparant les harpons pour la pêche ou faisant rafraichir l'huile de foie de morue dans des seaux de glace. Puis, il y avait aussi les bruyantes fathmas, les coquettes normandes, les redoutables antillaises, les niçoises avec leurs fleurs, les Egyptiens près des pyramides... de boîtes à abattre, les Sioux et leurs fléchettes: au buffet qui s'installait sous les ombrages d'admirables "misses Chrysanthèmes" préparait le thé de Chine...
Mais voilà que
Du fond de l'horizon accourt avec furie Le plus terrible des Enfants
Que le Nord eut porté jusque-là dans ses flancs !... (La Fontaine, Le chêne et le roseau)
Un nuage rouge monte, s'élève, s'avance, les palmiers s'inclinent, se relèvent puis définitivement ploient toutes leurs branches, le vent entre en lice, rageur, méchant, violent, arrachant les guirlandes, démolissant les éventaires, soulevant des tourbillons acres de poussière... C'est la débâcle !.. pas tout à fait cependant. Les étalages trop fragiles sont portés en hâte dans la salle paroissiale qui cette fois encore est le Salut. Oh! bénie salle qui, si elle nous fut une source de misères, se révèle aujourd'hui comme un coup de maître et un havre de sécurité !
Depuis octobre la pluie n'a point paru à Marrakech depuis huit mois le ciel n'a pas daigné accorder une goutte d'eau à nos prières anxieuses et cette fois, c'est l'ouverture des vannes célestes !!! Tandis que le bled exulte, nos dames courageusement font face à la triste réalité d'une situation compromise! Songez, tous les soupers en plein air retenus et préparés ! ... On s'entasse dans le patio du presbytère, la bonne humeur, la gaité demeurent et font oublier le vélum déchiré et claquant sous l'averse, les guirlandes lamentablement trempées, tout ce qui d'une jolie chose a fait une froide et laide réalité.
Heureusement la dernière partie de la fête devait se passer à la salle paroissiale où tout un groupe d'artistes interprétaient un progtamme artistique et fort bien rendu. Si l'assista,nce fut réduite par la force des événements, la chaleur communicative des spectateurs - comme celle des rescapés d'un même naufrage - fait faire au bar quelques affaires. L'eau ne devait pas avoir le dernier mot devant de tels courages.
Et quand le lendemain un merveilleux et frais soleil se leva sur Marrakech tout le monde songeait à la tempête de la veille. Mais personne, j'en suis sûr, ne murmura contre le Seigneur ! Les gens du bled le bénissaient; Son Excellence se réjouissait de retrouver un pays plus "convenable" envers ses hôtes dans le Nord; le P. Curé se félicitait du cran de ses admirables ouvriers et ouvrières de la veille, les paroissiens étaient contents de voir leur Pasteur si sagement et surnaturellement satisfait...
Il avait raison tout de même celui qui, trempé, transi, bousculé par le vent s'en allait en disant "Ah ! ça, oui, c'est la kermesse héroïque ! ! ! "  (Article paru dans le Journal de l'Église catholique à Marrakech)
A noter que c'était à 3 jours près, le deuxieme anniversaire de la premiere messe au sommet du Toubkal: 5 mai 1935.

Saints-martyrs-ebn-attendant-la-rentrée-du-catéchisme-1937 Le titre de la photo ou apparaissent au premier prang des louveteaux parmi les autres enfants est: En attendant la rentrée du catéchisme.

P1070449

Le bâtiment est toujours debout aujourd'hui et va sur ses 80 ans. Une partie du préau a été fermée, l'entrée se fait par la bibliothèque. À l'horizon les immeubles se sont rapprochés et ont remplacé les palmiers. Beaucoup d'anciens marrakchis se souviennent des séances de cinéma les dimanches après midi.

En espérant que ces récits et ces images des années trente éveilleront des souvenirs plus récents (années 40, 50, 60, etc...)  que nos lecteurs catholiques ou autres voudront partager. En espérant aussi que certains reconnaitront les personnes photographiées (parents, grands-parents, amis) et rappeleront leur mémoire.

14 septembre 2014

LE PHOTOGRAPHE FÉLIX SÉLECTIONNE SES MEILLEURES PHOTOGRAPHIES DE MARRAKECH (PRISES ENTRE 1913 &1936)

Mangin@Marrakech fête ses Six ans avec plus de 610 articles, 9700 photos, 4960 commentaires, 477150 visites,.. grâce à vous ses lecteurs qui partagez vos souvenirs de la Perle du Sud.

Les Editions d’Art Félix à Marrakech

 © Cette présentation des Editions d'Art du photographe FÉLIX de Marrakech est originale, elle ne peut être reproduite, même en partie sans l'autorisation de l'auteur et la mention de Mangin@Marrakech à la date du 16 septembre 2014.

Le photographe Félix, de son vrai nom Fernand Bidon, originaire de Marseille mais Marrakchi jusqu'à son dernier souffle a photographié Marrakech et ses habitants sous tous les angles. Qui ne connait ses clichés grâce aux cartes postales abondamment éditées pendant plus de vingt ans ? Au milieu des années 30 il décide d"abandonner les éditions à bon marché et monte en qualité et en prix. Il sélectionne environ 80 clichés pris entre 1913 et 1936 en choisissant un meilleur papier et en imprimant ses légendes au verso au lieu de les sur-imprimer sur l'image.

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Félix vise désormais la clientèle de touristes aisés. Cette dernière collection à laquelle il donne le nom des Éditions d'Art Félix réunit ses clichés les plus significatifs de la beauté de sa ville, ceux qu'il a voulu laisser à la postérité pour illustrer le patrimoine marrakchi.

 

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Aucune image militaire, politique ou sur l'actualité dans cette collection, rien non plus sur les autres cultes que l'islam, ni sur le Guéliz; Félix choisit quelques rares photographies sur la Villa Majorelle ou sur l'hôtel de la Mamounia, seules concessions qu'il fait à la modernité. Les cartes postales de la première collection utilisaient un papier souvent coloré en vert au verso, ce qui donnait une qualité d'image limitée. Le Marrakech que Félix nous présente dans ses Éditions d'Art est celui du début du XXe siècle et en même temps celui du XIXe et même au delà celui des anciennes dynasties qui avaient fait de Marrakech la capitale d'un empire. Cette exposition est réalisée à partir de la collection privée de notre ami Halfaoui que nous remercions de nous permettre de mieux admirer l'oeuvre de Félix et de comprendre son projet d'artiste. 

1 – La Ville et le Grand Atlas

FelixA-1 Marrakech vit des eaux de l'Atlas qui irriguent son sol et son sous-sol. L'Atlas abrite la ville des vents brûlants du Sahara qui viennent se raffraichir sur les hauteurs. Félix réussit ce cliché lors d'un ciel particulièrement clair. La photo est nouvelle, bien plus belle que le n°92 de sa première collection prise vers 1917 et assez semblable au n°142 prise vers 1920, mais en bien plus nette car pour Félix, une édition d'Art des années 30 doit permettre de distinguer clairement la majestueuse chaîne de l'Atlas.

2 – Djema el Fna

FelixA-2 Magnifique place avec ses échoppes, ses tentes et ses halkas. Le minaret de la Koutoubia, symbole de la Ville rouge est planté au milieu avec à droite à l'horizon la Palmeraie séculaire et à gauche quelques bâtiments récents, la Poste de la Médina notamment. Probablement le cliché fut pris le même jour que le n°121 vers 1918. En 1935 la place n'était déja plus tout à fait la même.

4 – Tombeau des Sultans Saadiens – Le Mirab

Image-0 Félix présente ici un cliché qu'il n'avait pas encore édité. Les tombeaux Saadiens représentent un des plus beaux symboles de l'Art Marrakchi.

5 – La Médersa ben Youssef

FelixA-5 Ce cliché de l'entrée de la Médersa ben Youssef devant son bassin pris vers 1930 est le résultat d'un recadrage. Il existe deux tirages de Félix cadrés verticalement, le n°214 et une édition de la Revue Atlas de 1939 où le bassin est mieux mis en valeur. Pour lancer ses éditions d'Art Félix présente les détails de l'architecture de toute la façade.

Medersa-ben-Youssef-2014

Une photo de Lalla Claudine de 2014 nous montre tout le travail de restauration qui a été effectué afin que ce qui était devenu une ruine et que Félix s'était refusé à photographier, en particulier les ailes retrouve son éclat d'antan. 

6 – Palais du Pacha – La Stinia

FelixA-6 palais Félix nous avait habitué à ses photos d'extérieurs pendant toute sa première période de la Grande guerre 1914-1918. Avec le début des années 30, il nous fait découvrir la richesse artistique à l'intérieur des palais. Celui du Pacha El Glaoui reçut sa décoration dans les années 20 à partir de modèles d'autres palais décorés au XIXe siècle comme celui de La Bahia (fin XIXe). Ce cliché est nouveau, il ne figure pas dans les collections précédentes. En une seule photographie nous admirons les tissus au sol, les mosaïques aux murs, les sculptures sur bois et les zelliges au plafond.

7 – Palais de la Bahya – Petit Riade

FelixA-6-10 jardin Réédition du cliché n° 198 colorisé. Le travail des artistes tant dans l'architecture intérieure fastueuse de ce lieu que dans le détail des céramiques et des bois peints impressionne Félix, qui s'emploie à les mettre en valeur. L'architecte Mohamed-el-Mekki avait emprunté une partie de son art à la tradition andalouse. Ce cliché montre aussi le talent du photographe à donner de la profondeur dans cette image.

8 – Hôtel de La Mamounia, architectes MM Prost & Marchisio

FelixA-8-Mamounia Ce cliché est nouveau, La Mamounia fut inaugurée en 1929. Félix rend ici hommage aux célèbres architectes qui ont su intégrer La Mamounia dans l'architecture traditionnelle.

10 – Souk Akttarine

FelixA-10 souk Félix choisit un cliché encore inédit, il ne figure pas dans ses collections précédentes. Les images des souks auxquelles il nous avait habitué étaient plus sombres. Ici le personnage central est pressé, il court.

12 – Dans les Palmiers

FelixA-12 Félix a pris souvent des coins de la Palmeraie; ce cliché avec une femme portant sa charge n'apparait pas dans ses édittions précédentes.

FelixA-versos-21-22

On remarquera le métier de l'artiste qui donne à son image de la profondeur de champ. Au verso de cette carte Suzanne écrit à sa correspondante: 30 mars - Mlle H. Leclerc, 250 Bd St-Germain Paris. "Quelle merveille que Marrakech ma chérie ! Je suis éblouie et heureuse. Il fait très chaud, mais l'air est léger, délicieux. Merci de ta longue lettre qui m'a fait tant plaisir. Je suis contente que tu sois partie en Belgique. J'avais du chagrin de me sentir si bien et pas près de toi. Fez est épatant, Rabat a un charme exquis, Casa est affreux. Ici c'est le Paradis. Tendrement, Suzanne." La dos de la carte suivante est resté vierge.

 

21 – La Ménara et l’Atlas

FelixA-21 Cliché proche du n°160 à situer vers 1920, mais sur ce cliché qui a au moins dix ans de plus l'Atlas se devine à l'arrière plan.

22 – La Koutoubia

FelixA-22 Ce cliché est à situer dans les années 30. Jardins du Consulat général de France que Dominique de Villepin, premier ministre du président Chirac offrira au nom de la France à la Ville de Marrakech en 2005. Originalité, la mosquée dépasse du cadre.

23 – Palais du Pacha

FelixA-24 Félix a réalisé un cliché colorisé n°195, mais sans les roses. Mosaïques, céramiques, bois peint, bois sculpté, l'artisanat marocain est à l'honneur. Félix se garde bien de poser son appareil dans l'axe de symétrie de cette vasque; en décentrant son appareil il réalise une belle photographie.

24 – Palais de la Baya – La Salle des gardes

FelixA-23 Ce cliché, quoique ne faisant pas partie des éditions précédentes est probablement ancien.

Bahia-salle-des-gardes-2014

 

 

Félix n'éditait pas tous ses clichés en cartes postales. Certaines de ses premières collections étaient diffusées uniquement sur papier photo-graphique. Le photographe Ernest Michel édita une carte postale en 1913 d'une autre pièce du même palais. Aujourd'hui le mobilier n'est plus exposé.

26 – Tombeaux des Sultans Saadiens

FelixA-26 Les tombeaux des sultans Saadiens constituent une des merveilles de Marrakech. On pourrait s'étonner que les premiers phoiographes du siècle comme Maillet, E. Limanton, P. Grébert, E. Michel n'aient pas proposé de cliché de ce site exceptionnel. A l'époque le site était fermé pour raison de sécurité. C'est en 1919 que des travaux conséquents furent entrepris.

Journal officiel: Remparts de Marrakech: réparations diverses et travaux de consolidation, notamment la réfection d'un bastion à l'Arset el Maach, Arsat ben Driss, Bab el Khemis.
Restauration des tombeaux Saadiens. Exécution de la frise principale au pourtour du pavillon situé dans la cour extérieure et reprise des boiseries détériorées au pourtour de l'auvent, frises sculptées et corbeaux.
Reprise et réexécution des charpentes et de la couverture en tuiles à la grande et petite koubba du bâtiment principal. Exécution d'arceaux, reprise de maçonnerie, fourniture, sculptiure, et pose de consoles, corbeaux, chéchia, panneaux décorés entre consoles, frises extérieures à la partie supérieure des koubbas.
Au 31 décembre 1919, les dépenses s'élèvent à 1 805 274 francs dont 293 910 francs au titre de l'année 1919.

27 – Tombeaux des Sultans Saadiens

FelixA-27 Cliché légèrement différent du n°223, mais probablement de la même époque.

29 – Villa Majorelle

FelixA-29 IL s'agit d'une photo relativement ancienne ( vers 1928) non éditée en carte postale; du même endroit Félix avait déjà pris une photo encore plus ancienne. Il s'agit du seul site des Editions d'Art photographié au Guéliz, style Art Déco, architecte Paul Sinoir.

30 – Les vieux murs et l’Atlas

FelixA-30 Ce cliché est nouveau, sur les clichés plus anciens des Remparts, Félix n'avait pas obtenu un rendu aussi net de la chaîne de l'Atlas.

32 – Groupe de Palmiers

FelixA-32 Cette vue n'avait pas encore été éditée en carte postale par Félix. Nous sommes en fin d'après midi. Félix la choisit comme un artiste peintre sélecionne un tableau.

35 – Fatima

FelixA-35 Félix réalise aussi des portraits sur papier photographique, il ne nous avait pas habitué à des éditions de portraits sur cartes postales.

Photo-Felix-Fumeur-de-Kif-1919

Le portrait de Fatima est d'ailleurs le seul. Félix réalisa bien d'autres portraits, pas nécessairement aussi agréables à voir que le visage souriant d'une jeune berbère. A titre d'exemple nous pouvons comparer avec un autre cliché qu'il réalisa aussi en 1919, le portrait d'un fumeur de Kif 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

36 – Le Marchand de Dattes

FelixA-36 Félix a édité des cartes postales montrant d'autres métiers. Ce cliché de berbères dans leur échoppe n'avait jamais été édité en carte postale précédemment.

42 – La Koutoubia et l’Atlas

FelixA-42 Cliché bien meilleur que le n°124 pris en 1918 où l'Atlas ne se distinguait pas. Il s'agit d'un recadrage d'un cliché colorisé n°196 photographié vers 1930.

43 – Palais du Pacha

FelixA-43  Cliché très réussi du Palais du Pacha. Félix a réalisé une image bien meilleure en se limitant à six colonnes et en évitant de prendre la façade de face, tentation fréquente des photographes inexpérimentés.

44 – Mosquée de Bab Fteuh

FelixA-44 Ce cliché n'avait pas encore été édité en carte postale par Félix, date de prise de vue non déterminée.

45 – Tombeaux des Sultans Saadiens

FelixA-45 Le même cliché a déja été édité sous le n° 188. La photographie est probalement de 1920 ou de peu postérieure, ce qui correspond à la fin des réparations et à la réouverture au public.

48 – Souk des Teinturiers

FelixA-48Cliché nouvellement édité en carte postale, mais possiblement plus ancien.

49 – Dans la Palmeraie

FelixA-49 Belle utilisation de l'éclairage  naturel pour donner de la profondeur à la Palmeraie.

51 – Des Palmiers, de Vieilles murailles, l’Atlas

FelixA-51 Ce cliché a été sélectionné dans ses Éditions d'Art par Félix pour les trois raisons contenues dans la légende et que recherchent les touristes: la vue de l'Atlas, la Palmeraie et les murailles surtout parce qu'elles sont très anciennes.

53 – Mauresques

FelixA-53 Cette photographie n'avait pas encore été éditée en carte postale.

danssous_tente_Felix_1910

 

Félix vendait aussi des photographies que les patrons de journaux éditaient dans leurs revues. A titre d'exemple une danse sous tente parmi les premières photographies de Félix.

 

 

 

61 – La Koutoubia

FelixA-61 Ce cliché a déja été édité par Félix sous le n°182 vers 1920. Il s'agit de tissage.

63 – Route de Bab Doukkala

FelixA-63 Cliché déjà édité sous le n° 145, à situer donc vers 1917.

64 – Jardins de l’Aguedal, Oliviers au bord du basinFelixA-64 Cliché n°111 de sa première collection, vers 1916-1917.

65 – Jardins de l’Aguedal, Allée d’Oliviers

Image-2 Cliché édité dans la première collection de Félix (vers 1916-1917) sous le N°100.

66 – Les Vieux remparts

FelixA-66 Cliché semblable à celui du n°122, mais ici l'Atlas est visible. Félix insiste sur l'ancienneté des remparts et non sur leur vétusté.

69 – Palais de l’Aguedal, Hôpital Maisonnave (Cour centrale)

FelixA-69 Réédition du Cliché n°106 de la première collection de Félix, nous sommes en 1916.

71 – Palais de Dar Beida, Hôpital Maisonnave

FelixA-71 Cliché identique au  n°208 de la collection. "Quatre genres principaux d'ornements se combinent. D'abord les stucks gauffrés, si chers à l'art arabe en tout pays d'Afrique ou d'Orient, stucs ayant souvent la légèreté de véritables dentelles. Ils ornent soit la partie haute des murs, soit l'intérieur des dômes. Les céramiques aux couleurs vives, aux dessins variés, sont de véritables mosaïques en briquettes de 15 à 20 cm. de  côté; elles décorent les parties basses des murs, soit à l'intérieur, soit à l'extérieur. Puis viennent les sculptures sur pierre, ou sur bois, spécialement sur bois de cèdre, formant de hauts lambris, des portes rases, ou d'élégants volets de placards, sculptés sur chaque face. Enfin la peinture, principalement sur bois; outre ceux de pure imagination, les motifs en sont le plus souvent des fleurs ou des feuillages, mais sans s'astreindre à l'imitation de la nature et faisant une large part à la fantaisie."

73 – Une porte du palais du Sultan

FelixA-73 Cliché identique au n°212 de la première édition de Félix.

74 – Place Djema el Fena

FelixA-74 Cliché n°121 de la première collection, vers 1928. A rapprocher de la carte postale n°2 de la présente Edition d'Art.

76 – Un coin des remparts

FelixA-76 Cliché n°75 de la première collection, pris vers 1915.

77 – Bab Agnaou, (Porte des Portugais)

FelixA-77 Cliché n°141 de la collection initiale, vers 1918

78 – Cavaliers Berbères

FelixA-78 Ce cliché est le même que le cliché n°161 de la première collection, il portait une légende avec une nuance "cavaliers marocains" vers 1920.

79 – Medersa ben Youssef

Image-4 Cliché pris vers 1930, le même jour que le n°5, mais quelques minutes plus tard à en juger par le déplacement de l'ombre sur la façade.

L'Édition d'Art de Félix nous incite à mieux contempler les merveilles de Marrakech. il s'agit aussi d'une édition pour touristes venus visiter Marrakech et désirant montrer aux destinataires des cartes postales ce qu'ils ont vu et apprécié. En fait, les collectionneurs observent que peu de cartes de cette série ont été effectivement postées ou écrites et que leurs acheteurs les ont plutôt conservées comme des souvenirs personnels dont ils ne voulaient plus se séparer. Merci au photographe Félix pour cette exposition permanente sur les trésors de Marrakech.                

 © Cet article de Michel de Mondenard sur le photographe FÉLIX et ses éditions d'Art est original, il s'intéresse au travail de l'artiste dans sa mise en valeur de Marrakech et dans la datation des clichés de cette collection. Cet article ne peut être reproduit sans l'autorisation de l'auteur et la mention de Mangin@Marrakech 16 septembre 2014.

Si vous avez détesté ou aimé cette page vous pouvez écrire un commentaire et compléter par des souvenirs ou tout simplement cocher la case "j'aime" ci-dessous.



09 septembre 2014

LA BASE ÉCOLE 707 - 1955-1961

Deux amis du blog, Claire et Daniel, partagent avec nous des souvenirs de la Base aérienne de Marrakech. Claire nous communique des photos et souhaite avoir des souvenirs de ceux qui ont connu sa famille, Daniel nous décrit ses souvenirs de mécanicien avion et de radio-navigant, ses amitiés et ses riches activités non professionnelles. Il espère que son témoignage suscitera l'évocation d'autres souvenirs.

Anne-Ferry

LES FERRY SUR LA BASE AÉRIENNE :

 

Claire cherchait sur le blog des souvenirs sur son grand père à la BE 707 et surprise !.. elle tombe sur une photo de sa mère. Anne Ferry institutrice à l'École de la Base (assise à gauche). Parmi les commentaires elle se rend compte que des lecteurs du blog se souviennent de sa mère et... Cliquer sur la photo.

Claire nous envoie une photo de cérémonie de décoration avec son grand père. Qui pourra l'aider à trouver la date de la photo et des souvenirs.

Ferry-3 4 5 Si vous reconnaissez des visages, vous pouvez indiquer les noms dans les commentaires.

Ferry-1 2  Qui retrouvera des souvenirs et les partagera en regardant cette photo ?

Les FERRY, c'était aussi Madame FERRY dont le souvenir est lié pour beaucoup à la Chapelle

la chapelle de la BA 707 Marrakech Merci de mentionner les noms et de partager les souvenirs sur les personnes se faisant photographier devant la Chapelle.

la chorale Marrakech La chorale avec madame Ferry. Nous sommes reconnaissants à Claire de partager ces quatre photos de son album. Qui rajoutera des souvenirs à ses photos ?

 

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Merci à Claire de partager des photos de sa famille et à Daniel pour ce témoignage vivant et agréable accompagné de documents et de souvenirs. Certainement beaucoup se sentiront concernés et voudront prolonger leurs initiatives.

02 septembre 2014

LES DERNIÈRES CARTES POSTALES DU PHOTOGRAPHE FÉLIX

LE COLLECTIONNEUR HALFAOUI PARTAGE AVEC NOUS SES TROUVAILLES.

A-Dubois-chapelle-provisoire-Guéliz-1918-n20

Beaucoup de photos anciennes de Marrakech se trouvent sur le site Marrakech au début du XXème siècle. Le collectionneur Halfaoui vient d'y publier une centaine de ses nouvelles acquisitions parmi lesquelles se trouvent quelques perles. Nous signalons en particulier une carte postale de la première Chapelle du Guéliz prise par le photographe Dubois en 1918. Cette chapelle provisoire en planches fut inaugurée en septembre 1913 et remplacée dès 1919 par la Chapelle située près de la Gare ferroviaire, rue Regnault (rue El Hassan ben M'Barek). Nous avons  déja parlé sur le blog (en mai 2011) de cette première chapelle (voir les éditions Sancan-Dubois). Il faut aller voir le site d'Halfaoui qui possède aussi un site sur Les Juifs au Maroc au 20e siècle. 

Nous avons trouvé dans le "Petit Marseillais" de l'époque, le récit d'un officier de Tirailleurs Algériens écrivant ses souvenirs de la messe du 21 septembre 1913:

 Une Messe au camp de Marrakech

Camp de Marrakech, 25 septembre 1913

“La messe sera célébrée demain, à 7h30, au Guéliz” (Rapport du commandant du camp du Guéliz.) – J’irai!

Il m’est sans doute arrivé quelquefois en France, de manquer la messe. Mais ici rien n’empêche d’y assister, et puis, une certaine curiosité me pousse à voir ce qu’est une messe au camp.

À 7h30, je me dirige vers l’allée des souks. C’est près de là, m’a-t-on dit, que se trouve l’église. Je cherche vainement, je m’enquiers; enfin, l’on m’indique une baraque en planches que rien, d’ailleurs, ne différencie de ses voisines. C’est là pourtant la chapelle, à côté de laquelle passerait pour une cathédrale la plus pauvre église du plus pauvre hameau de France.

Quelques voliges mal jointes forment une pièce de 9 à 10 mètres de long sur 6 mètres de large; de simples chevrons constituent la charpente, et les fermes, placées tous les trois mètres, sont contreventées par des planchettes provenant de caisses de conserves que l’on a démolies. À mi-hauteur, une lisse horizontale de renforcement partage en deux les parois; les panneaux inférieurs sont, comme le sol, tapissés de nattes en jonc. Sur l’un des grands côtés, une porte; sur l’autre une porte et une fenêtre à volet-trappe, qu’un manche de pelle tient soulevé. Une couverture en tôles ondulées complète la modeste  construction.

Combien nous sommes loin des monuments superbes dressés sur le sol de France!  Néanmoins, on prie aussi bien entre les planches de l’humble baraque qu’entre les murs dorés de certains temples où les richesses sont répandues à profusion.

À l’une des extrémités de la pièce, une table en bois blanc est installée sur une petite estrade. À gauche se dresse un paravant percé d’un petit guichet, avec un rebord pour s’accouder: c’est le confessional. Quelques bancs de bois constituent tout l’ameublement. Pas de tableaux, pas même d’images: c’est la parole nue, plus encore peut être que celle de l’étable où naquit un Dieu. Mais si le décor inférieur est pauvre, combien riche est le tableau qui parait par la croisée entr’ouverte !  On aperçoit au loin le fort du Guéliz; de hauts palmiers silhouettent leurs larges feuilles sur le ciel bleu et d’énormes bouquets de dates, encore vertes, pendent lourdement vers le sol; les marabouts alignés tachent de blanc la terre rouge. Ici, des Sénégalaises vont, ayant sur leur tête d’immenses baquets pleins d’eau; là, sans autre costume qu’un lambeau d’étoffe autour des reins, d’autres préparent le couscous. Une multitude grouillante et criarde de petits négrillons, dont le soleril éclaire la nudité, s’ébat au milieu des tentes, tandis que, tout à leurs devoirs militaries, les tirailleurs sénégalais circulent rapidement portant respectueusement la main à leur chéchia quand ils passent devant l’humble chapelle. 

Le père capucin qui officie régulièrement chaque dimanche – un dimanche au Guéliz, un à Dar Beida – arrive au trot de sa mule. Il porte un petit coffret qu’il dépose sur la table formant reposoir. Dans ce coffret sont contenus les objets nécessaires à la célébration du saint Sacrifice: linge, crucifix, calice, etc…

De la boîte ouverte il fait un autel: le couvercle levé verticalement et supportant un christ doré forme un fond tapissé de rouge sur lequel se détache un triptyque sacré. Un petit livre s’apuie sur un minuscule pupitre: c’est le missel. De chaque côté de l’autel, une bougie brûle dans une lanterne.

Un coup de sonnette et la messe commence.

Pas d’enfant de choeur, pas de chants, pas d'apparat.

Le soleil entre par la porte grande ouverte et passe aussi à travers les planches mal jointes, dessinant sur les nattes du parterre comme un grill dont les barreaux seraient chauffés à blanc. 

Nous sommes là, dans la nef – une trentaine de soldats de tous grades et de toutes armes. Dans le choeur, des civils: un homme et son fils, le chapelet à la main, une demi-douzaine d’enfants, pittoresquement vêtus; trois femmes dont l’une aux grands yeux noirs et à la figure pâle entourée de cheveux noirs, sous son burnous de laine blanche, arrive à cheval de Marrakech; enfin, une Sénégalaise, vêtue d’un long peignoir blanc à pois noirs, les pieds nus et la tête entourée d’un foulard de soie blanche, coquettement noué sur le côté gauche.

La messe s’échève dans le plus profond et le plus sincère recueillement, plus touchante cent fois que les grandes fêtes de nos cathédrales gothiques. Ce silence est plus éloquent, cette simplicité parle plus au coeur que la voix pourtant si impressionnante de l’orgue.

Dans ce décor ruisselant de lumière, ce bon capucin, pauvrement vétu, avec ses sandales, sa bure et son casque, frappe plus notre esprit que les pompeuses cérémonies de la Métropole. Ce n’est point ici l’éclat des cérémonies; ce n’est pas le désir de voir ou d'être vu qui attire à la messe. L’on s’y rend en songeant qu’en France ceux que l’on aime y vont aussi, et que, malgré la distance et la diversité des sanctuaires, ce sont les mêmes prières qui montent vers le même Dieu.

Note: Le prêtre fransicain s"appelait Apollinaire Colombié

 

LES DERNIÈRES CARTES POSTALES DU PHOTOGRAPHES FÉLIX

Le photographe Félix a illustré de ses images plusieurs époques de Marrakech, depuis 1912 jusqu'à la fin des années 30.

Nous avons montré la période de la Grande guerre de 14-18, puis la Compagnie des Mobilisés de Marrakech, puis celle des années 20 et nous avons dévoilé sa magnifique collection en couleur.

Il reste à exposer les  photos du reste de ses collections, d'une part les dernières photographies éditées en cartes postales que nous présentons ici et d'autre part une série particulière, qu'il qualifie lui-même d'Éditions d'Art Félix-Marrakech. Cette série d'environ 80 photos est une sélection de ses clichés préférés, les oeuvres où il se reconnaît plus particulièrement, celles qu'il souhaite laisser en priorité à la postérité. Nous les présenterons aussi à l'occasion d'un prochain article.

Mais commençons par ses dernières photographies éditées en cartes postales.

Nous nous souvenons de la série de cartes postales colorisées qui portait les numéros 190 à 201: "Félix essaye la couleur à la fin des années 20" Nous poursuivons avec lui sa mise en valeur de la Ville rouge au début des années 30.

FÉLIX  reprend le noir et blanc ou plutôt le sépia et explore des angles de vue qu'il n'avait pas encore tenté.

Des Kashah de l'Atlas aux Palais de la Ville rouge

Pour Félix, l'Atlas et ses kasbahs font partie de Marrakech. Les raisons en sont nombreuses; c'est l'eau de l'Atlas qui donne la vie à Marrakech, c'est de l'Atlas que viennent les Glaouas, tribu importante de la ville, c'est encore par les cols de l'Atlas que les caravanes permettaient le commerce entre Marrakech et l'Afrique sub saharienne.

fellx_202 202 - Kasbah dans l'Atlas

Le bassin de la Ménara tant de fois saisi dans la boîte noire est cette fois pris sous un nouvel angle. Félix profite du haut niveau de l'eau, proche du débordement du bassin pour prendre son cliché au raz de la surface et souligner par les sept marches l'énorme réserve prévue pour l'irrigation des oliviers.

fellx_203 203 - La Ménara

Félix nous montre ensuite un lieu où un morceau de rempart qui existait en 1913 a été abattu pour permettre la jonction directe entre la Médina et le Guéliz. Un pan des remparts se trouve visible sur la gauche de la photo.

 

fellx_204

 204 - Entrée de la Médina (Ce cliché a été colorisé, voir n°200)

Félix nous conduit de l'entrée de la Médina à l'intérieur des remparts dans les souks tels qu'ils bouillonaient durant les années 30. 

fellx_205 205 - Dans les Souks 

FÉLIX nous entraîne ensuite vers le Palais de Dar Beida; autant les souks sont animés, autant le Palais est calme.

fellx_206 206 - Cour d'Honneur du Palais de Dar Beida.

Mais le Palais menace de ruine et Félix utilise les cigognes pour faire passer le message.

fellx_207 207 - Cigognes sur les ruines du Palais de La Bedia  

fellx_208

 

 

 

208 - Palais de Dar Beida (Hôpital Maisonnave)

La richesse de la décoration tant des murs que des portes et des plafonds est mise en valeur. Félix, par son angle de vue en biais souligne la profondeur des espaces et met en valeur les reliefs.

 

 

 

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209 - Entrée de dar Beida (Hôpital Maison-nave) 

 

Félix va nous montrer  l'intérieur des Palais et l'extérieur des Kasbahs

 

 

 

fellx_210 210- Amizmiz - La Kasbah

Félix sacrifie exceptionnellement au photo-reportage. La venue à Marrakech du Sultan Moulay Youssef lui en donne l'opportunié.

felix_211 211 - Entrée du Sultan Moulay Youssef

C'est l'occasion pour Félix de montrer la porte d'entrée du Palais de sa Majesté

felix_212 212 Une porte du Palais du Sultan

Revenons dans la Médina, d'abord au Mellah avec la place des artisans juifs.

feliX_213 213 - Place des Ferblantiers

 

felix_214

Après le quartier juif, Félix nous conduit vers la grande école islamique de Marrakech

 

 

214 - Medersa ben Youssef

fellx_215

 

Autre lieu de l'islam, le minaret de la célèbre mosquée symbole de Marrakech est à nouveau mis en valeur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

215 - Koutoubia

Quittant la Médina, Félix conduit ses visiteurs au Guéliz où les nouvelles voies sont bordées d'arbres déja trop grands.

 

 

 

 

 

 

 

 

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216 - Une Avenue du Guéliz

 

 

 

 

fellx_217 217 - Avenue du Guéliz

Sorti du Guéliz, il reste encore les voies qui traversent la palmeraie. Ces photos datent de 1935-36 car ensuite les arbres furent remplacés par des bigarradiers.

fellx_218 218 - Fontaine

Les routes sont encore des pistes

fellx_219 219 - Piste de Saffi

fellx_220 220 - Paysage

fellx_221 221 - Palmiers

fellx_222

 

 

 

222 - Koutoubia 

Deux femmes en costumes traditionnels. Félix termine par un monument ancien, témoin de l'époque d'une autre dynastie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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223 - Tombeaux des Sultans Saadiens  

fellx_224 224 - Tombeaux des Sultans Saadiens (1510-1670).

Félix continuera la photo, mais fera des tirages spéciaux à la demande de ses clients. S'il reste éditeur de cartes postales c'est pour permettre à d'autres photographes de publier. Ce fut le cas par exemple du marrakchi Pigneux qui réalisa une série de photographies de la Mamounia éditées en cartes postales par Félix. Félix restera l'un des plus importants photographes de Marrakech et son oeuvre mérite d'être exposée et mise en valeur.

Michel de Mondenard

 © Cette présentation du photographe FÉLIX de Marrakech est originale, elle ne peut être reproduite, même en partie sans l'autorisation de l'auteur et la mention de Mangin@Marrakech à la date du 2 septembre 2014.

26 août 2014

LES COMMERÇANTS DES SOUKS À MARRAKECH EN 1954-55

LES SOUKS DE MARRAKECH, UNE DES RICHESSES DE LA VILLE

Il est intéressant de voir quels étaient les commerçants qui tenaient leurs négoces dans les souks à la veille de l'Indépendance du Maroc. Nous indiquons leurs noms en espérant que leurs familles ou leurs amis raconteront leurs spécialités commerciales.

souk_semmarine_02

Les commerces étaient numérotés dans le Souk Semmarine, nous donnons quelques noms et proposons à ceux qui voudraient compléter la liste jointe d'ajouter des noms dans les commentaires. Des photos et des documents sont aussi souhaités. Les souks font partie de l'histoire de la ville.

N°2 Mohamed el Bzar, commerçant, Kissaria 

N°6 Mohamed Djebilou commerçant, Kissaria

N°7 Abdelmajid Berrada, commerçant

14-A_Souk entrée Semarine 04 L'entrée des souks en 1913 - Cliché Ernest Michel

N°11 Mohamed ben Housseine Chraibi, commerçant, Kissaria

N°12 Mohamed Abdelouahab Kebbadj,

N°14 Hadj Mahjoub Bouziane, marchand de tapis,

souk-poteries-08

N°16 M. Barck ben Rahal, Kissaria

N°22 Abderrahmane ben Mekki ben Chekroun, kissaria,

N°26 Mohamed bel Abbès Bennani,

souk-babouches-511 Dans le souk semmarine aujourd'hui

N°28 Ahmed Charay , Kissaria

N°35 Mohamed ben Miloudi, commerçant, Kébura Kissaria

N°40 Berrada Ahmed, tissus

N°41 Mghazli Abdelmajid, commerçant en tissus

 

N°47 Maalal Mohamed maroquinerie “Luxe” 

N°48 Ahmed Bouziane Marchand de tapis, château Koutoubia

N°50 El Amrani marchand d’étoffe, Kissaria-Ouasta

 

N° 51 Moulay Abderrahmane Lamrani, commerçant, Kissaria 

N° 53 Hadj Driss Chraibi, commerçant

N° 68-70 Rahal ben Ahmed Serghini, souk el Kechabine

 

souk_caftans-05

N°73 Hadj Ali ben Ahmed, tabacs,

N°84 Mohamed Zemrani, marchand de tapis,

N°95 Mohamed ben Tahar Tazi (Hadj), Trik Douffa-au-Rbaa

N°102 Aomar Zemrani, galleries moghrébiennes

Moulay Ali ben Driss el Mrini, commerçant en tissus, Kissaria

Abdeljalil Belakziz commerçant Kissaria, Habous, Semmarine

Moulay Ali N°149 Hadj Hamad Benouna commerçant, Kissaria

 

 

CP MRK ancien_Souk entree Semarine 02

 

La Kissaria Nejjarine:

Nejjarine, N°6 Abderrahmane ben Brahim Berrada commerçant, Kissaria

Souk Najarine N°54 Hadj Mohamed ben Larbi Smiej, amine des Tisserands,

Contrejour dans les Souks - Cliché Flandrin

 

Les juifs avaient aussi leurs souks: Kissaria Djedida et Kissaria Israel.

La Kissaria Djedida du Mellah avait aussi ses commerçants; nous citons seulement quelques noms, la liste est à compléter.

Halioua Moïse, Kissaria Djedida,

Sebag Hakham et David, commerçants 28 Kissaria Djedida

La Kissaria Israel:

N°4 Harrosch Jacob,

N°5 Zohar Aaron, commerçant

N°8 Reboh Simon import-export, 

Merci de partager vos connaissances et vos souvenirs sur l'histoire des souks de Marrakech.

Peutêtre faut-il rappeler qu'au cours de la période où ces commerçants des souks exerçaient, une période politique préfigurant l'Indépendance du Maroc s'achevait le 30 septembre 1955 (12 çafar 1475). Merci à Moulay-Boubker pour les textes qui suivent:

Déclaration de Sidl MOHAMMED BEN MOULAY ARAFA
LOUANGE A DIEU SEUL l
Ce ne sont pas les hommes mais Dieu seul qui peut élever sa créature et, lorsque le Tout-Puissant Nous a désigné pour exercer la charge
suprême, ni l' ambition, ni le calcul n'ont animé notre décision. Nous voulions assurer la continuité d'une dynastie et la sauvegarde d'un trône auxquels, pendant des siècles, nos aïeux ont donné gloire et prestige; Nous voulions assurer au peuple marocain, douloureusement divisé contre lui même, la patience d'un guide et la sagesse d'un père.
Nous voulions mettre un terme à ses souffrances et le diriger vers les douceurs de la paix et les lumières du progrès.

Photo_Moulay-Elghorfi-30

Qui pourrait nier, s'il n'est la victime de l'erreur et de l'égarement, que Nos efforts, Nos initiatives et Nos soins n'aient été sans cesse consacrés à cette tâche et que Notre constante pensée a toujours été le bonheur du peuple ?
Le Miséricordieux n'abandonne jamais celui dont II charge les épaules de lourdes responsabilités et II lui accorde toujours l'aide nécessaire pour
mener à bien sa mission. Il Nous a toujours soutenu, comme Nous ont toujours soutenu Notre confiance inébranlable dans l'avenir de l'Empire et Notre amour de son peuple. Cet amour a commandé des sacrifices que Nous avons consentis chaque jour et à chaque occasion. Il Nous commande aujourd'hui , en ce jour que Dieu a choisi, le plus grand qui puisse être exigé d'un homme
qui a conscience d'avoir servi ses frères et de leur avoir consacré le meilleur de lui-même.
Nous avons en effet décidé, pour l'apaisement des cœurs et la réconciliation des pensées, de Nous tenir écarté des responsabilités du Trône ,
sans toutefois renoncer en aucune façon à nos droits. Mais cet éloignement , que le peuple marocain le reçoive, non pas comme l'aveu d'une défaite, non pas comme le signe d'un échec, mais comme nouveau témoignage de Notre dévouement à ses intérêts, de Notre espérance dans son avenir et de Notre foi dans la grandeur de l'Empire Fortuné.
L'intérêt du peuple marocain a dicté Notre éloignement, mais son intérêt peut également dicter qu'il y soit mis fin car, seul est vaincu celui que l'espérance a abandonné et l'espérance n'a jamais abandonné celui qui demeure l'esclave de Dieu et le serviteur de l'Empire Fortuné.
L'intérim du pouvoir en attendant le retour de Mohamed V, fut confié à un descendant de la lignée Alaouite
Traduction de l'acte portant délégation de pouvoir à Moulay ABDALLAH Ben Moulay HAFID.
Rabat, 1er octobre 1955
LOUANGE A DIEU SEUL !
Attendu que Nous avons décidé de Nous éloigner de Rabat, capitale de Notre royaume, pour une durée illimitée,
Attendu que pendant Notre absence, Nous ne pouvons Nous occuper, dans l'intérêt public, des affaires qui Nous incombent en tant que Souverain ,
Nous avons délégué, d'une manière parfaite, par cet écrit, Notre cousin Moulay ABDALLAH Ben Moulay ABDELHAFID, pour s'occuper des affaires de la Couronne, conformément aux traditions de la dynastie royale et dans le respect de notre religion musulmane.
Que Dieu aide ceux à qui incombera cette charge !
Salut !
Rédigé en Notre Palais à Rabat, le 12 du mois de çafar 1475, soit
le 30 septembre 1955.

SAI Moulay Hassan, fils de SM Moulay Abd el Hafid était Marrakchi et habitait Tatsour Kbir, 1 Zaouia Sidi bel Abbès en Médina.

Merci à ceux qui auraient des documents, des précisions ou des souvenirs sur les commerçants des souks à cette époque de les partager sur le blog. Merci aussi à ceux qui auraient des photographies illustrant les articles et objets des différentes activités artisanales exposés dans les souks.

19 août 2014

SA ET SARL DE MARRAKECH CRÉÉES AU DÉBUT DU XXe SIÉCLE

24 août, il y a 70 ans

La-Vigie-marocaine-9 le plus ancien et le plus fort tirage des journaux du Maroc

 

Premières entreprises importantes de Marrakech

L'année 1928 est une année stratégique du développement économique de Marrakech
En 1913, Marrakech avait accueilli de nouveaux commerces et quelques entreprises immobilières, financiaires ou industrielles. Mais il s'agissait principalement de commerces, nous en avons fait paraitre la liste sur ce blog(voir commerces 1913). En 1928, avec la nouvelle ligne de chemin de fer, les entrepreneurs s'enhardissent et investissent des capitaux en pariant sur le développement de Marrakech.
Nous commençons par citer six entreprises créées avant 1928. Pour chacune de ces entreprises (Société anonyme, ou Société à responsabilité limitée) nous sollicitons des souvenirs, documents des administrateurs ou du personnel afin d'en conserver la mémoire.
Compagnie fermière marocaine d'exploitations agricoles (CFM) Marrakech-Médina SA fondée le 25 février 1920 pour Elevage, exploitations agricoles, domaine de Tassoultant par marrakech. Administrateurs: Paul Zang, E. Gendre, Suzanne André-Lebon, P. Marnéjouls.
Société commerciale française au Maroc (siège à Lyon) SA fondée le 17 février 1922 - Société immobilière à Marrakech. Administrateurs: Claude Blouin, PDG, Robert Blouin, Aimé Garcin, Jean Gonin, 
Société d'élecricité de Marrakech SA fondée le 22 juin 1922, pour la production et la distribution d'électricité à Marrakech

Société Immobilière de Marrakech ( S.I.M. ) SA fondée en juin 1923 pour la réalisation d'un lotissement et la mise en valeur de propriétés immobilières. Le lotissement se fit sur des terrains appartenant à Monsieur Albert Egret, président délégué. Parmi les administrateurs en 1923 il y avait messieurs Henri Croze et Pierre Bardon. Siège chez Albert Egret, 26 rue Sidi Mimoun. 
Société des Mines du Djebel-Salrhef - Siege social 39 rue Verlet Hanus Marrakech SA fondée le 5 décembre 1927  pour l'exploitation de gisements miniers: plomb, zinc, argent. Administrateurs: Claude Guyot PDG. 

39-Verlet_Hanus2013 Immeuble du 39 rue Verlet-Hanus, ( rue Mohamed El Beqal) en 2013

Sud-Auto, ancien Ets SACLIER, avenue Bab Djdid SA fondée le 26 décembre 1927. Représentation des marques: Peugeot, Dodge, De Soto, Ford, Atelier de réparation, matériel agricole.
A partir de 1928, un nouvel élan est donné par la création de la ligne de chemin de fer Casa-Marrakech à voie normale. Cette ligne venait en remplacement du petit train en voie de 0,60 parfaitement inconfortable et d'une lenteur exaspérante. Nous avons établi une liste de 17 entreprises fondées entre 1928 et 1939, mais cette liste est probablement incomplète et nous sollicitons des informations pour ajouter d'autres firmes et des documents pour enrichir les données sur chaque entreprise. 
Société chérifienne d'hivernage (S.C.H.) avenue de la Ménara SA fondée le 13 juin 1928 pour la Création et l'aménagement de la ville d'hivernage de Marrakech. Convention avec l'État chérifien et la Municipalité de Marrakech du 30 mai 1930. Administrateurs: Jean Jameau Président, Pierre Béranger Vice -président (voir sur ce blog les débuts du quartier de l'Hivernage et le Casino)
Société industrielle du Sud Marocain, avenue des Oudaïas (avenue Landais). SA fondée le 15 février 1929 pour: Travaux publics, vente et réparations d'automobiles et machines agricoles.
Le Verger Marocain, 43 Trik Sidi el Yamani el Mouassine, Marrakech médina. SA fondée le 1er avril 1929 pour l'exploitation de domaines ruraux ou immeubles urbains. Administrateurs: Baron Eric de Sevin, Guy de Moustier, D'Harambure.
Société oléicole de Marrakech, 15-17 Trik el Koutoubia, SA fondée le 8 avril 1929, pour la fabrication et l'export d'huiles d'olives, huile saponifiable, pulpe de fruits, confitures de fruits, conserves de tomates, olives confites, amandes, cumin, piment.
Entrepot de La Cigogne de Marrakech Avenue de France, (avenue Mohamed VI) SARL fondée le 23 avril 1929 pour la fabrication et la vente de glaces, bieres, limonades, eaux de table et eaux gazeuses, sirops, 
Les cultures marocaines, 43 Trick Sidi el Yamani El Mouassine Marrakech-Médina SA fondée le 1 juillet 1929 pour la mise en valeur de tous domaines ruraux ou immeubles urbains.
SACEM SA fondée le 23 septembre 1929, gisement de manganese de l'Imini (siege à Casa, annexe à Marrakech, Rue Colonna d'Ornano, (rue Ibn Toumert). Voir le site http://timkkit2008.canalblog.com/
Marrakech-Auto, avenue Mangin, immeuble Garenne,(avenue Mohamed V). SA fondée le 5 décembre 1929, pour commerce de voitures et tracteurs automobiles de toutes marques, de moteurs et accessoires.
Société Le Molybdene fondée le 25 avril 1930 pour la reconnaissance et la mise en valeur du gisement de molybdenite et de cuivre d'Azegour.
Tuileries et briqueteries de Marrakech, 16 place du Mellah, SA fondée le 9 juillet 1930 pour la fabrication de produits céramiques, tuiles et briques. Administrateurs CHAVANNE et DORÉE.
Société financière, commerciale et industrielle Dar Glaoui, SA fondée le 10 octobre 1930 pour toutes opérations. 
Compagnie minière du Maroc rue Aristide Briand à Marrakech-Guéliz (rue Ouad El Makhazine). SA fondée le 24 novembre 1930 pour la prospection et l'exploitation de mines au Maroc. Parmi les administrateurs Lahoussine DEMNATI.
Société d'entreprises urbaines et coloniales - avenue de la Ménara à Marrakech- SA fondée en 1932 pour des travaux de construction de tous genres.
Compagnie africaine agricole et fruitière (CAAM) 12 rue des Doukkalas, (rue Maginot) Guéliz, (rue Sourya). SA fondée en ?
Société immobilière du Guéliz, Avenue de Casablanca - Marrakech. SA fondée le 11 aout 1932, Administrateur délégué. M. FARGEIX
Entreprise électrique de la banlieue de Marrakech, Immeuble de la Centrale  Thermique, Bd du Commandant Fages. SA de 1934 pour l'exploitation d'un réseau de distribution électrique. Administrateur: Paul ARDOIN. (Il ne s'agit pas de la Société d'Électricité de Marrakech, qui a été fondée bien avant, le 22 juin 1922).
Société d'Etudes et de recherches minières de l'Agoundis - Immeuble Demnati - SA fondée 8 octobre 1937
Pour se souvenir de ces entrepreneurs, de leurs entreprises, des personnels, de leurs réalisations et de ce qu'ils ont apporté au développement de Marrakech, nous ouvrons cette page. Merci à ceux qui détiendraient des photos, des documents, des articles de presse ou des récits de souvenirs, de les partager afin que leur mémoire reste.

blog-a-suivre-SA-SARL

Canalblog, a remarqué cette page sur les premières Sociétés à capitaux de Marrakech. Espérons que d'autres anciens de Marrakech, leurs familles ou leurs amis la remarqueront aussi et qu'ils contribueront à enrichir le souvenir du patrimoine économique de la Ville rouge.

12 août 2014

MONIQUE RECHERCHE SON AMIE LILIANE ET LA RETROUVE AVEC LE BLOG

DEPUIS LE 15 AOUT LES PHOTOS DU MOUSSEM 2014 À AVIGNON SONT EN LIGNE. (voir en bas de page comment accéder au site) Merci à la famille Beau pour ces images où vous pourrez reconnaitre amis et connaissances.

MONIQUE BERNHART A VU DES PHOTOS DE SON AMIE LILIANE SUR LE BLOG ET ESPÈRE LA RETROUVER

Monique nous écrit: "J'aimerais retrouver Liliane Legrand qui habitait 32 rue Verlet Hanus à Marrackech. Nos mamans étaient amies et tous les ans nous allions à Marrakech passer les vacances de Pâques. Nous habitions Casa que nous avons quittée lorsque j'avais 10 ans et j'ai ainsi perdu toutes mes amies d'enfance. J'ai beaucoup de photos prises avec Liliane, dont une devant la Ménara vers 1955/56"

Les amies photographiées avec Jacques frère de Monique devant le bassin de la Ménara

 

liliane à la Ménara_0001 Liliane se trouve entre Monique et Jacques son frère. Merci à Monique d'avoir si bien scanné cette photo de sa collection.

photo-Liliane-2 "Cette photo a été prise dans la Médina. Mon frère Jacques et moi encadrons Liliane."

photo-Liliane-03 "En premier plan se trouve Simone, la maman de Liliane, puis Liliane, un de ses frères, moi et mes parents. Cette photo a été prise chez Liliane. Je pense que Liliane n'a jamais vu ces photos." Le père de Liliane, Paul Legrand, était transporteur.

photo-liliane-04 "A la plage avec mes parents. Liliane était toujours souriante." 

photo-liliane-05 "Liliane, mon frère et moi à la plage."

 Une photo de 1951 montre Liliane dans sa classe.

Liliane-legrand-maternelle3-palmeraie74_o Liliane est reconnaissable 2e rang à partir du haut et 3e place à partir de la gauche.

Rang du haut: X, X, X, X, X, X, X, X, JUAN, X, X,

Rang du milieu haut: X, X, Liliane LEGRAND, X, X, X, RUEDA, Eliane ACOCA, Françoise BONIFACI, Jacqueline SALVA,  

Rang du milieu bas: X, X, Flavio GRAMATICO, X, Louisou PRATS, Bernard POURRET, x ANTOINE, X, X, NARDOU ? SANANES, Daniel VAN DER MASBRUGE,

Rang assis: X, X, ZUBIELLA, Bernard RÉJANE, Alain DUCOU, X, X, X, Mireille MERCIER, X. (voir le commentaire de Marcel Martin, archives du 11 septembre 2012)

Liliane-Legrand-PA-51-52 Avec les Petites Ailes, en visite chez leurs homologues américaines à la base de Benguerir. Liliane est au 2e rang, 3e à partir de la droite.(photo parue sur le blog le 22 janvier 2012)

Un bus de l'Armée US les avait conduites et ramenées. A gauche Plume Grise Suzy de Mondenard, la cheftaine. Sont présentes: devant à gauche les deux soeurs Françoise et Annie Boeuf, entre elles Monique Ducou et Marguerite Fankhauser; Betty Ball se cache à moitié derrière Liliane Legrand; plus à droite Rose Marie Fankhauser et quelques autres... qui retrouvera les autres noms ?

Liliane-Legrand-suisse Avec les Suisses de Marrakech, Liliane est la 4e en partant de la gauche. Photo parue sur le blog l1 décembre 2012

Mr DAUMULLER, bijoutier- horloger à Marrakech. 

De gauche à droite: Gérard Torrente, Maryline Torrente, X, Liliane Legrand, X, Ramelet, Marguerite Fankhauser, X, Robert Bertrand, Alain Torrente, Âne, Elizabeth Fankhauser, Betty Ball, Âne, X, X, X, X, Rose Marie Fankhauser, X.

Derrière: X, X, Denise Patiou, Irma Kagi, X, X, X. Monsieur Fankhauser tenait une boucherie. Radio Secours Torrente se situait avenue Landais. Merci de compléter les noms manquants dans les commentaires.

Monique : "Aidez moi à retrouver Liliane Legrand. J'habitais Casa et nos deux mamans étaient amies. Nous allions tous les ans à Pâques chez Liliane. J'ai beaucoup de photos d'elle. Lorsque nous allions à Marrakech nous sortions beaucoup avec Liliane, sa maman Simone, mes parents et mon frère. On faisait beaucoup de visites à droite à gauche. Simone n'avait pas de voiture et mes parents se faisaient un plaisir de la sortir. 
Quelle joie j'éprouverais de retrouver Liliane ! 
Monique Bernhart"

Merci aux lecteurs du blog de partager des indications sur des itinéraires possibles que Liliane a pu prendre en complétant cette page par des commentaires.

Marcel Martin jouait au Rugby avec Georges le frère de Liliane au club de l'ASAM et il nous envoie une photo

Equipe seniors de l'ASAM rugby saison 1964&1965 Equipe seniors de l'ASAM de Rugby, saison 1964 & 1965. En plus de Georges Legrand et Marcel Martin à gauche jouaient dans l'équipe les Stepanoff, Darier, Doridan, ...mais aussi Boujemaa, Auguste Farnadi, Joudoux, Xavier Graça, Pontdepeyre, Pierre Thiery, Filali, Georgandelis, Loutati,...

MONIQUE A RETROUVÉ LILIANE GRACE AU BLOG ET À SON RÉSEAU

Elle écrit: "Je tiens à vous remercier de l'efficacité de votre démarche pour retrouver mon amie d'enfance, Liliane.  Notre rencontre téléphonique a duré presque 2 heures. Quel bonheur ! Merci 1000 fois.   Monique Bernhart "

 

Moussem : Rappel pour la connexion (écrire tout en minuscule) :
site WEB : http://arbeau.free.fr/salam/
utilisateur : salam
mot de passe : marrakech
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Les autres consignes pour ceux qui sont intéressés sont toujours les mêmes :

La colonne de gauche , dite colonne Flash, est plus conviviale et les images s’adaptent à la taille de l’écran, mais ne permet, en principe que de consultation afin de relever les coordonnées des photos qu’on veut récupérer.

La colonne de droite, dite HTML par contre permet de récupérer sans frais les photos que chacun a retenues, puis d’en faire ce qu’il veut à titre personnel (sauf de les vendre, bien sûr).

Pierre-Yves et moi insistons sur la gratuité des récupérations, car certains membres de l’ASAM nous demandent encore combien ils doivent et parfois de leur faire des tirages, ce que nous ne voulons pas faire.

Roger, Annie et Pierre-Yves Beau

Posté par TIMKIT à 04:53 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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