RETOUR À LA BASE: Promos, Piscine, Classes et fêtes à la BE707
Les Français du Maroc ont voté au 2e tour des présidentielles. Hollande (55,13%) l’emporte sur Sarkozy (44,87%). Les villes où le nouveau président enregistre ses meilleurs résultats sont Oujda (82,33%), Rabat (71,84%) et Fès (71,43%). Les français de Marrakech inversent l'ordre d'arrivée en donnant 58,82% à Sarkozy. Cependant dans les 3 bureaux de votes du Consulat de Marralkech c'est l'Abstention qui est élue Présidente avec 2052 voix alors que Sarkozy en obtient 1544. Est ce que le Consulat de Marrakech va faire augmenter la participation aux législatives ?
DEUX NOUVELLES PROMOS, DE NOUVELLES PHOTOS DE CLASSE ET D'AUTRES SOUVENIRS
ANNÉES 50 À LA BASE AÉRIENNE 707 DE MARRAKECH
LE BLOG A DÉJÀ PUBLIÉ LES PHOTOS DE PLUSIEURS PROMOS DE PILOTES, MICHEL DELALANDE ET CHRISTIAN JUMEAUX NOUS PRÉSENTENT RESPECTIVEMENT LA 59 C (1&2) ET LA 56 C.
Michel Delalande fut à Marrakech élève-pilote en 59 et élève-moniteur en 60 sous les ordres du Cdt Xima et du Cne Herreyre, dit"bidulle" (voir photo couleur plus bas). Il y avait une nouvelle promo toutes les 7 semaines. Plus de 300 élèves se trouvaient simultanément sur la Base. Ci-dessous la photo de sa demi-promo la 59C1, car il y avait aussi la 59 C2 (voir le dessin plus bas)
Pour mieux voir les visages cliquer sur les agrandissements ci-dessous
1 -Garcia, Berton; 2 - Muel et Donnars; 3 Suzanne, Lareida, Diedrich; 4 Delalande, Mochetta, Santonnachi, Budet, Balenty; ( à compléter dans les commentaires )
Grâce à un ami, Michel DELALANDE s'est procuré pour le blog un montage fantaisie de l'autre demi-promo, la 59C2.
Cliquer sur ce dessin de Jean-Marc ESCHBACH pour l'agrandir. Dans l'insigne (coin en haut à gauche) se trouvent les photos des moniteurs de la promo, agrandies ci-dessous
Quelques noms de moniteurs restent lisibles ou partiellement lisibles: Berg..., Bertrand, Couziné ?, Louis?, Lucas, Lusqué?, Pascal, Rouby, Varelaire,...
Quelques noms de la demi-promo 59C2: Blondel, Bouette, Christophe, Colas, Courtay, Dupin, Echeto, Jean-Marc Esbach, Galice, Guillou, Hafa, Lacroix, Martin, Meras, Moktar, Poinboeuf, Rem, Requi, Roubertou, Saulnier, Simon, Vannier, Varliette,
Autres noms de la C1 ou C2: Batteux, Butin, Bourg, Cardin, Deschamps, Fabrigoule, Flamant, Fonteneau, Jung, Lanoiselée, Lavallard, Lefevre, Nicolas, Perrin, Pomar, Recoules, Richard, Roge, Saget, Schneller, Simonet, Wolf.
Le premier quart des pilotes les mieux classés choisissait la Chasse ou Moniteur à la DMP. Une bonne moitié partaient sur T6 pour l'Algerie et quelques uns choisissaient le Transport. Le dernier quart était principalement affecté au pilotage sur Hélicos, quelques uns devaient renoncer au pilotage.
Merci d'indiquer leurs prénoms et ce qu'ils sont devenus dans les commentaires.
PHOTO DE LA PROMO-MONITEURS 56 C (10 fevrier 1956)
Pour mieux voir les visages, cliquer sur les vignettes Ci-dessous.
Qui reconnaitra des visages et ajoutera des noms dans les commentaires ? Qui fera part de souvenirs ?
PHOTO DE RESPONSABLES DE LA DMP
JEAN LOUIS ROY PARTAGE AVEC NOUS UNE PHOTO SURPRISE INÉDITE
Lieutenant Sarraute, Commandant Xima,
Lieutenant Dupret, Capitaine Herreyre (dit 'Bidule'). Une photo presque identique conservée par Bob Dupret.
Les élèves pilotes visitaient souvent le GUÉLIZ et l'HIVERNAGE
Photos de 1957: Vers l'Aguedal, le Casino, les Remparts. cliquer sur les vignettes pour agrandir.
L'ANNÉE ÉTAIT PONCTUÉE PAR DES FÊTES ET DES DÉFILÉS: SAINT-ÉLOI, NOÊL, SAINT-SYLVESTRE, CARNAVAL, 8 MAI, 14 JUILLET, 11 NOVEMBRE.
LE BAL DE LA SAINT-SYLVESTRE 1956
Danseurs: Devant le Cdt TARDY et sa femme. Au Fond on reconnait le Cne Bourrachau et Madame
LE TERRAIN ANNEXE DE SIDI ZOUINE POUR LA FORMATION (1957)
Le terrain servait pour le 'dégrossissage' des élèves pilotes. En hiver c'était glacial et en été épouvantable , on voyait des mirages qui duraient jusqu'à 1 ou 2 heures du matin.
LA LIAISON ENTRE LES DEUX TERRAINS
Le transport des élèves depuis la BE707 se faisait en bus ou en Junker. Ce bon vieux JU 52 a rendu de nombreux services et servait à tout!
VOL SUR LE T6 N°66 DANS L'ATLAS
ENTRAINEMENT AU VOL EN FORMATION
Les photos des élèves pilotes dans Marrakech
Photos 1957 : Photo inédite de l'église des Saints-Martyrs et photo plus classique de la Koutoubia
LE BÂTIMENT DES MONITEURS ÉLÈVES EN 1958
DÉFILÉ AÉRIEN DU 14 JUILLET 1958
Prise d'armes sur la base avec le Colonel Feuvrier (devant, en blanc)
Marrakech Médina photographié par un pilote
En direction de bab Doukkala, Place Djemaa el Fna
Cliquer sur les vignettes pour agrandir les photos
Djemaa el Fna à la tombée de la nuit et la rue du Draa au Guéliz, avant les constructions d'immeubles.
UN MÉCHOUI AU TERRAIN DE SIDI ZOUINE EN AVRIL 58
Un méchoui de fin de promos avec une belle ambiance
Autres vues de Marrakech en 1959
Avenue Mangin/Mohamed V, La Mamounia, Jardin Majorelle.
UNE IMAGE D'ADIEU EN JUIN 1959
MERCI À CHRISTIAN POUR SES PHOTOS ET SOUVENIRS DE MARRAKECH ET DE LA BASE ENTRE 56 ET 59
JEAN BELKOWICHE ÉFFECTUAIT SON SERVICE MILITAIRE SUR LA BE 707 EN 1957. IL A PRIS DES PHOTOS IMAGE PAR IMAGE AVEC SA CAMERA 8mm.
L'Avenue MANGIN/MOHAMED V en perspective
Les oranges amères des bigaradiers et le Djebel Guéliz
Les autobus Chausson au Rond point de l'Etat Major
LA BASE 707 AVAIT SES AUMÔNIERS MILITAIRES DE DIFFÉRENTES CONFESSIONS. NOUS AVONS PLUSIEURS FOIS PARLÉ DE L'AUMÔNIER KREBS ET D'AUTRES PRÊTRES CATHOLIQUES. L'AUMÔNIER PROTESTANT ÉTAIT LE PASTEUR JEAN DE MONDENARD. IL N'ORGANISAIT PAS DE SERVICES RELIGIEUX SUR LA BASE, SEULEMENT EN VILLE. MAIS IL FAISAIT DES VISITES DANS LES HABITATIONS ET LES CANTONNEMENTS.
De 1947 à 1953 il fut aûmonier militaire protestant titulaire pour la grande région de Marrakech et tout le Souss. Puis à partir de 1954, il fut pasteur civil à Marrakech. L'aumônier militaire régional étant fixé à Agadir, Jean de Mondenard accepta naturellement d'être responsable civil de l'aumônerie militaire protestante à Marrakech. A ce titre il avait un laissez-passer pour entrer sur la BE 707, de même dans les autres casernes de la ville avec sa Citroën-Traction avant "1917 MA 13". A droite la croix pectorale distinctive des aumôniers militaires quand ils portaient l'uniforme.
Certains officiers, sous-officiers, pilotes et autres personnels de la Base le connaissaient bien.
REVENONS QUELQUES ANNÉES PLUS TÔT...
JEAN MONFORT A RETROUVÉ UNE PHOTO PRISE EN JUIN 1953 À LA PISCINE DE LA BASE AÈRIENNE ET TRANSMISE PAR JEAN-PAUL LAMARQUE.
Le cliché ne peut être agrandi en cliquant dessus, mais il est possible de tenter de zoomer (un peu)
De gauche à droite: assis sur le mur: Jean Monfort, Alain Ribet, Jean-Paul Lamarque, Jean-Pierre Lartigue, Gérard Loron, x. Haleur-
Rang du bas: Françoise Moreau, Jaqueline Fournier, Danielle X, Ginette Dupart, Maïté Lochheu, Alain Aleur;
Assises devant: Anne-Marie Monfort, Guilaine Moreau.
Merci à Jean pour cette photo qui permet de retrouver des souvenirs et des noms.
A L'ÉPOQUE, LES MONFORT ET LES XIMA ONT D'ABORD LOGÉ AU 42 bis

PUIS ILS ONT HABITÉ LES PETITS IMMEUBLES DE LA RUE DU DRAA
Jean Monfort avait dessiné son immeuble recto-verso sur une feuille quadrillée
On remarquera que l'immeuble de Claudine Xima photographié en 2011 est exactement symétrique.
LES PHOTOS DE CLASSE DE JEAN-LOUIS ROY - ÉCOLE DE LA BASE AERIENNE EN 1953 ET 1954
Jean Louis nous a déniché des photos de classe très nettes qui vont nous permettre de remettre des noms sur presque tous les visages.
ÉCOLE DE LA BASE AÉRIENNE 1953 - COURS ÉLÉMENTAIRE
De haut en bas et de droite à gauche: rang du haut: Jean-Louis Roy, Gilles X, Daniel Masson, Roland Bourrachau, Schaeffer, Pierre Roche, Gérard Moulin, X, Ribot; rang du milieu: Christine Riss, Riss (frère), Claude Germaux, Jean François George, Claude Renault, Serge Guillaume, Jean-François Jacques, JP Dupard; Rang devant: Jehl, Monique Vidoux, X, X, X, Denise Falaise, X, Jehl (soeur), Jacqueline Chaze.
ÉCOLE DE LA BASE AÉRIENNE 1954 - COURS MOYEN 1
De haut en bas et de gauche à droite: rang du haut: Jean-Louis ROY, Daniel MASSON, Jean-François JACQUES, Serge GUILLAUME, Jean-François GEORGE, Claude RENAULT, Roland BOURRACHAU, Bernard ABADIE, Jean-Claude SOURD; rang du milieu: Eddy NUSSLI, Gisèle PIC, Claudine NUSSLI, Monique VIDOUX, JEHEL, Danièle PIC, Denise FALAISE, Christiane RISS, Pierre ROCHE; rang devant: Patrick LEGRAND, Gérard MOULIN, RISS, Claude GERMAUD, SHAEFFER.
LA SAINT-SYLVESTRE EN 1953
JEAN MONTFORT PARTAGE AVEC NOUS DEUX PHOTOS DE FÊTE
Avant 23h59: Madame et Amaury MONFORT avec une cigarette, ainsi que X, Mme Solange & Cne Jean Schmitt.
Après 00h01, la table voisine, les confetis et les cotillons indiquent le passage dans l'année nouvelle.
FÊTE DE MARDI-GRAS, LE 27 FEVRIER 1954
Les masques baissés il est possible de reconnaître des visages. Qui retrouvera un nom ou deux ? Mme Monfort est devant la pile de dés et à sa droite Solange Schmitt.
ON PASSE À TABLE
Vous les reconnaissez ? Jean Schmitt lève son chapeau, Mme et Amaury Monfort sont à droite.
Convives en 1954: Si vous reconnaissez des visages, merci d'indiquer les noms dans les commentaires. Nous vous en serons reconnaissants.
TABLÉE AU BAL DE LA SAINT-SYLVESTRE 1958
De gauche à droite: Capitaine BOURRACHAU, Capitaine ROGNONI, Mme ROGNONI; Mme BOURRACHAU, Capitaine XIMA, Mme XIMA.
MERCI À CLAUDINE XIMA, JEAN BELKOWICHE, MICHEL DELALANDE, CHRISTIAN JUMEAUX, JEAN MONTFORT, JEAN-LOUIS ROY, MICHEL DE MONDENARD D'AVOIR CONTRIBUÉ À CETTE PAGE DE SOUVENIRS OÙ LES PHOTOS DE MARRAKECH SE MÈLENT À CELLES DE LA BASE 707.
Prochainement un roman concernant le Mellah de Marrakech, des images de clubs sportifs marrakchis, des photos de classe, des publicités anciennes et bien d'autres choses encore !
HISTOIRE: LA NAISSANCE DE LA VILLE NOUVELLE DU GUELIZ
HISTOIRE : UN FILM SUR LA MARCHE VERTE ET des documents SUR LA NAISSANCE DU GUÉLIZ
L'ami Aziz Cherkaoui nous signale le film documentaire LA MARCHE VERTE: LE RETOUR DES BRANCHES À LA RACINE et nous invite à asister à sa projection qui sera suivie d'un DÉBAT en présence du réalisateur belgo-marocain Hassan El Bouharrouti, et de "grandes personnalités marocaines".TROIS HOMMES ONT CONÇU LE MARRAKECH DU XXe SIÈCLE EN CRÉANT LE GUÉLIZ
L'Avenue du Guéliz avant qu'elle reçoive le nom d'Avenue Mangin.
Beaucoup d'anciens de Marrakech ont le Guéliz dans leur coeur, car ils y ont vécu de belles années. Des documents nous expliquent comment ce quartier de Marrakech est né et comment il a permis la valorisation des autres quartiers et la beauté de toute la ville. Le blog est heureux de présenter ces documents pour les partager avec les amoureux de Marrakech.
LES PREMIERS HABITANTS DU GUÉLIZ ( 512 Français, 98 Marocains (musulmans et juifs), 69 Italiens, 39 Syriens, 24 Grecs, 19 Espagnols, 12 Sénégalais, etc...) seulement 870 habitants en 1919... Grâce à André BERTRAND, né au Guéliz, avocat international, spécialisé dans le droit de la propriété intellectuelle, fils de René BERTRAND, le célèbre photographe de Marrakech et du Grand Atlas, nous découvrons un article de Georges AIMEL décrivant la naissance du Guéliz. Le concepteur de cette ville nouvelle fut le Lieutenant-Colonel LANDAIS qui alors qu'il était Capitaine développa des dons d'urbanistes pour traduire les directives du Maréchal LYAUTEY sur le terrain. Georges AIMEL, son Adjoint aux services municipaux de Marrakech fit paraître un article sur les débuts du Guéliz à l'issue de la guerre de 1914-18, - précisément en mars 1919. Cet article de la Revue France-Maroc intitulé NAISSANCE D'UNE CITÉ décrit la ville nouvelle du Guéliz. L'auteur s'inscrit dans la politique urbaine du Maréchal LYAUTEY qui veut préserver les villes indigènes anciennes de transformations apportées par les nouveaux arrivants européens en créant des villes nouvelles nettement séparées. Son article est illustré par des clichés du photographe FÉLIX.
NAISSANCE D'UNE CITÉ
EL GUELIZ, ainsi se nomme le gros rocher qui, à quelques distances des Djebilets, les précède comme une sentinelle avancée dans la vaste plaine de Marrakech. Cette éminence abrupte dont le schiste noirâtre luit au soleil a une histoire: là, dit-on, venait prier dans la solitude le très illustre Sidi-Bel-Abbès Es-Sebty, protecteur du négoce, un des marabouts les plus vénérés de Marrakech. Sur le flanc ouest du rocher une Koubba où les fidèles vont encore en ziara (pélerinage), consacre la légende. Dès l’occupation de la capitale du sud en 1912, le commandement des troupes fut frappé moins par le caractère mystique du lieu que par l’importance exceptionnelle de sa position au point de vue militaire. Aussi, tout en respectant soigneusement le chemin du pélerinage et l’accès de la chapelle, n’hésita-t-il pas à y établir une citadelle imprenable d’où les canons tenaient en respect la ville et ses abords. Le camp de la garnison fut établi à ses pieds.
Le même cliché de Félix a été édité sur carte postale. La rue du Haouz ancien nom de la rue Raymond Poincaré (avenue Hassan II) accueillait ses premières maisons.
Entre le Guéliz et les murs ocreux de la ville s’étendait la palmeraie et des jardins. Au début de 1913 quand l’idée eut jailli de fonder un centre européen à proximité de Marrakech, le choix de l’emplacement s’imposa de lui-même. Un motif de sécurité exigeait que l’agglomération nouvelle fut proche du camp militaire et de la forteresse qui le couronne: au lendemain des évènements de Fez, après la secousse à peine apaisée du mouvement mahdiste, une telle précaution n’était pas inutile. La banlieue immédiate à l’ouest de Marrakech offrait l’avantage d’être à l’intersection des routes de Casablanca, des ports du Sud et de la region du Sous. Une abondante végétation y régnait; l’amenée des eaux y était aisée. Enfin, dernier et decisif argument, la terre y était domaniale et par suite à l’abri de toute spéculation, on avait là réunis tous les éléments qui permettent la création d’une ville agréable, sure, d’un lotissement commode et d’une extension facile.
Les nécessités qui commandent d’attirer les Européens hors des villes indigènes dans un centre qui leur soit propre sont partout les mêmes en pays d’Islam et plus particulièrement au Maroc. Raisons d’ordre politique et social qui demandent de ne pas laisser vivre côte à côte, pour éviter froissements journaliers et mésentente, des individus de mentalités et de moeurs différentes, pour ne pas dire opposés, dans les gestes de la pratique quotidienne; raisons d’ordre commercial et industriel eu égard au tracé des cités indigènes et à l’étroitesse de leurs rues; raisons économiques qui exigent que le nouveau venu, colon, trafiquant ou fonctionnaire, échappe aux prétentions démeusurées des propriétaires locaux; raisons esthétiques en vue de laisser intacts le pittoresque et le folklore; raisons hygiéniques enfin qui ne sont pas les moindres.
Ce cliché de Félix montre les premières casernes, proches de la montagne du Guéliz.
Tous ces motifs acquièrent à Marrakech, les derniers surtout, une particulière valeur. Certes, on peut objecter que la ville indigène est à l’aise dans l’enceinte immense de ses remparts; elle contient de nombreux espaces non-bâtis où plusieurs quartiers européens pourraient trouver place. Mais il faudrait avoir une âme de futuriste bien chevillée dans le corps pour supporter sans frémir la seule pensée qu’on puisse abattre les milliers d’arbres de ces poétiques jardins qui font l’orgueil et le charme de Marrakech; envisage-t-on également l’effet que produiraient des cheminées d’usine dressant leurs futs empanachés aux alentours même lointains de la Koutoubia ?
D’autre part l’ampleur et la cherté des travaux que nécessiterait l’aménagement de la ville afin de la rendre à peu près habitable pour un noyau important d’Européens seraient tout à fait disproportionnées avec les résultats qu’on en pourrait attendre. Marrakech restera toujours d’un entretien difficile. Déjà, aux yeux des voyageurs qu’a séduit l’allure pimpante et soignée des villes de la côte, apparait-elle comme malpropre. Les touristes grincheux sont enclins à juger sévèrement une édilité par avance désignée à supporter le poids d’une disgrace aussi imméritée. Le mode de construction en pied, la quantité des immeubles en ruines font que la ville se délite peu à peu, se résoud incessament en poussières. Le moindre vent, l’été, soulève des nuages opaques de sable et de détritus de toute sorte pulverisés; l’hiver, par contre, les pluies torrentielles transforment places et rues en marécages et en petits lacs où le pateaugeage même est ardu. La ville n’a presque pas de pente et les anciens égouts datent de plusieurs siècles étant à moitié comblés et d’une visite impossible, le seul mode d’écoulement des eaux usées consiste en de multiples puits perdus qui souillent effroyablement la nappe souterraine. Enfin Marrakech est un lieu de passage incessant: c’est le Carrefour du Sud et nommément une sorte de grand fondouq. Une population flottante qu’on peut évaluer de vingt à trente mille habitants fort mal éduqués comme se conçoit, parsème les terrains vagues où les recoins propices d’immondices renouvelées; il faut y ajouter le bétail qu’on rentre en ville, les files de chameaux qui le traversent, les bourricots chargés de teken qui vole à tout vent. Il faut, certes, rendre grâce aux vertus aseptiques de cette magnifique lumière qui baigne et dore toutes choses; mais on comprend qu’en cas d’épidémies possibles, il soit preferable d’écater l’Européen du coudoiement forcé de dizaines de miliers de Bédoins. On saisit l’intérêt qu’offrait l’établissement sans retard de la cite nouvelle, avant l’aflux des immigrants dans la capitale du Sud. Il fallait canaliser les nouveaux arrivants vers un groupement humain qui leur soit propre pour évitr qu’ils ne prissent pied d’emblée dans la ville indigene. Ce fut l’oeuvre à laquelle s’employa le Capitaine, maintenant lieutenant-colonel Landais don’t l’esprit de realisation et la largeur de vues étaitent au niveau d’une pareille tâche. Un plan fut trace et un lotissement établi. Celui-ci est compris entre l’avenue de Casablanca, prolongement de la route du même nom qui borde le rocher du Guéliz, le Djenam el Harti, et la partie extra-muros du domaine de la Ménara. Sur l’Avenue de Casablanca se greffent de larges voies flanquées de belles allées cavalieres, vite ombragées de bellumbras, philaos et d’eucalyptus, tous arbres à croissance rapide; ces percées convergent toutes vers la place du Sept-Septembre, centre de la ville nouvelle où doivent s’élever les bâtments de plusieurs services publics. De la place du Sept-Septembre deux routes, l’une dans l’axe de la Koutoubia, l’autre vers Bab-Doukkala, raccordent le Guéliz à la ville indigène. De grandes possibilités de développement furent laissées à la ville, au Sud-Ouuest, près du Djham el Harti, grand jardin d'oliviers bien irrigué où se trouve la pépinière municipale; ce jardin est le futur square : un parc des sports est prévu dans son voisinage.
L'avenue de la Koutoubia à ses débuts après un orage.
Les lots délimités étaient au nombre de 303, certains étaient très éxigus pour que l’acquisition de terrains dans la ville nouvelle fut permise aux plus modestes, une vingtaine de lots fut réservée pour la construction d’édifices publics. Le prix du mètre carré variait de 0,50 à 1 franc en moyenne. 103 lots furent acquis lors de la première adjudication (5 juin 1913), 77 lots lors de la seconde (5 mai 1914). De nombreux notables musulmans et israélites de Marrakech s’étaient porté acquéreurs. Une disposition très heureuse du Cahier des charges prescrivait que s’il existait des arbres sur le lot vendu il était interdit à l’acquéreur de les arracher ou de les détruire sans autorisation préalable de la municipalité. Cette autorisation ne serait délivrée que moyennant l’engagement par l’intéressé de planter trios nouveaux pieds d’arbre pour chaque arbre détruit et d’en assurer la reprise. Le titre definitif de propriété n’est delivré à l’intéressé qu’après execution des clauses de mise en valeur. Celles-ci comportent l’obligation, dans un délai de dix-huit mois, d’élever sur le lot vendu des constructions en matériaux durables (pierres, briques, ciment armé, pisé à la chaux) représentant une dépense globale de 4 P. H. par metre carré de surface vendue pour les lots en bordure d’une place, carrefour ou d’une longueur égale ou supérieure à 25 mètres. Pour les lots en bordure d’une voie inférieure à 25 mètres la dépense devait être de 3 P. H.
La ville commençait à sortir de terre et à prendre forme; des commerces divers s’y installaient; et l’on pouvait déjà prévoir un développement rapide de la jeune cite quand éclata le coup de tonnerre du 3 aout 1914. La décision capitale du Résident Général de ne point évacuer les villes de l’intérieur – initiative courageuse dont les historiens mettront en relief toute l’importance - sauva la vie au Guéliz voué sans celà à un pillage certain. La croissance de la ville s’arrêta; un arrêt residentiel suspendit jusqu’à la fin de la guerre l’obligation de construire. Toutefois la durée des hostilités se prolongeant en dépassant les prévisions dites fondées des meilleures augures, il parut équitable de faire une distinction entre les propriétaires mobilisés et les autres à qui la guerre n’avait pas forcément nui. Un nouvel arrêté residentiel de juin 1917 obligea ces derniers à bâtir avant le 1er octobre 1918.
A l’heure actuelle, 110 lots sont bâtis: une vingtaine portent des constructions en voie d’éxécution ou d’achèvement. Les écoles, l’Abattoir (commun à Marrakech et au Guéliz), le Marché ouvert, l’Hôtel du service des Travaux Publics, l’Hôtel des Postes, l’Entrepôt des Tabacs, sont terminés et fonctionnent normalement. L’édifice du Contrôle Civil va être incéssamment commencé. On envisage l’installation graduelle et la plupart des services publics au Guéliz: Domaines, Justice de Paix, Recette des Finances. Le service de l’Architecture, celui des Travaux Municipaux, le Commissariat de Police se trouvent déjà réunis au Guéliz.
Depuis la guerre il a été procédé à l’établissement d’un lotissement industriel, situé en arrière du camp militaire, au nord de la ménara, le long de la route de Mogador. Dix-sept lots furent adjugés, représentant une superficie de 86 553 mètres carrés. Ces lots sont reserves aux établissements industriels et aux établissements insalubres, incommodes et dangereux.
La population du Guéliz est de 870 habitants ( 512 Français, 19 Espagnols, 69 Italiens, 39 Syriens, 24 Grecs, 4 Belges, 2 Suisses, 1 Roumain, 98 Marocains et 12 Sénégalais). Ces chiffres ne comprennent pas un des éléments de la prospérité du Guéliz: les familles d’officiers qui n’en sont que des hôtes de passages.
Le cliché montre les premières maisons d'un seul côté de l'avenue de Casablanca et immédiatement derrière, le tracé de la rue Verlet Hanus sans aucune construction.
La statistique des commerces ou industries établis donne les precisions suivantes: Hôtels, 2 ( sont installés tout récemment et fort bien aménagés); Restaurants: 4; Imprimeries : 2; Bouchers et charcutiers : 6; Boulangers : 3; Cafés: 12; Cinémas et café-concerts: 2; Épiceries et alimentation: 5; Menuisiers – charpentiers: 3; Tailleurs: 2; Huileries: 2; Garages : 2; Coiffeur: 1; Électricité: 1; Bourreliers : 2; Modes et nouveautés: 2; Papeterie:2; Horloger: 1; Entrepreneurs (de Travaux publics ou de transport): 21.
La ville est administrée par les services municipaux de Marrakech qui y sont représentés provisoirement par un officier de territoriale, dependant du service des Renseignements; il sert d’agent de liaison entre les bureaux de Djemaa-el-Fna et la jeune cité. Un commissaire de police l’assiste.
Le Guéliz possède les plus beaux dons qu’on puisse souhaiter à une ville naissante; elle jouit d’un grand espace et de beaux arbres; elle ne manqué pas d’eau, ce qui est capital au Maroc. Des derivations de séguias permettent l’irrigation intensive des arbres plantés dans les avenues et ont singulièrement favorisé leur croissance. Il convient toutefois de prévoir un système de canalisation pour la distribution de l’eau dans toutes les maisons et l’arrosage des jardins privés. On étudie actuellement la captation d’une source susceptible d’alimenter de façon normale une ville de 20 000 habitants. Les services municipaux, assistés par le Service de l’Hydraulique s’occupent de ce problème qui est primordial. Si l’on veut en effet arracher à la Médina les Européens déjà installés dans les maisons indigènes dont beaucoup ne sont pas certes sans agrément, il faut leur fournir au Guéliz un attrait persuasif; celui d’habitations où l’eau coule à volonté et où les installations de bains et de douches soient par suite possibles. Le Guéliz doit devenir, suivant les intentions de son promotteur, le capitaine Landais, une manière de cité-jardin. Le développement futur du Guéliz reste subordonné à ce problème de l’habitation qui doit être plus commode et agréable, même l’été que les maisons indigenes, souvent froides et humides l’hiver, mais en général bien protégées contre les ardeurs caniculaires. On peut d’ores et déjà, bien augurer de l’avenir du Guéliz. Dès que les conditions normales de la vie économique seront rétablies, son essor, momentanément arrêté par la guerre, reprendra une nouvelle vigueur. Il sera brusque dès l’arrivée du rail à Marrakech. La vie commerciale et industrielle prendra aussitôt une intensité nouvelle; de nombreux entrepôts, fondouqs et usines s’élèveront dans le secteur qui leur est réservé. La gare deviendra un centre d’attraction, vers lequel dérivera peu à peu le courant commercial jusqu’alors fixé dans la Médina. Un tramway reliant les deux villes donnera la facilité d’habiter le Guéliz aux fonctionnaires et aux négociants que leurs occupations appelleront encore dans la ville indigène.
Plan communiqué par Monique DB, cliquer dessus pour l'agrandir. On remarquera les constructions peu nombreuses et clairsemées et les anciens noms des rues.
Le tourisme enfin favorisera le Guéliz. Marrakech est une des grandes curiosités de l’Afrique du Nord; par les belles journées d’hiver le spectacle maintes fois décrit, de l’Atlas éblouissant derrière le Rideau léger et mouvant des oliviiers et des palmiers est incomparable. L’atmosphère est légère, sèche et salubre; d’octobre à mai le climat est délicieux. Le Guéliz peut donc devenir facilement un centre d’hivernage et de tourisme; dans ce but il conviendrait de faciliter l’installation, au milieu des jardins et de la palmeraie, d’un grand hotel moderne, dans le genre de l’hôtel de la Tour-Hassan, à Rabat – ou un “Koutoubia-Palace”.
Des terrains de jeux ( tennis, golf, cricket) pourraient être facilement aménagés alentour. Un autobus de l’Hôtel le relie à des heures déterminées à telle porte de la Médina. Des mules et des chevaux convenablement harnachés, loués à la journée ou à l’heure, faciliteraient les promenades des tourists. Enfin des cars automobiles emmèneraient ces derniers à Safi, à Mogador, à Amizmiz, Tamesloht, Sidi-Rahal ou Aghmat. Plus tard, lorsque les exigences necessaries de la politique du Sud seront devenues moins rigoureuses, le rayon des excursions s’étendra; il sera loisible d’aller jusqu’à Demnat; les amateurs de Camping pourront planter leur tente sur les contreforts des montagnes; certains fervents de l’alpinisme se laisseront tenter par l’ascension des cimes encore vierges de l’Atlas.
Avec des capitaux, un esprit d’initiative et du savoir-faire, un particulier entrepreneur ou une société adroite peuvent créer au Guéliz une station d’hiver qui soit capable d’attirer une riche clientèle anglaise et américaine et devienne ainsi à la mode. Mais pour réaliser un tel projet il faut à la fois voir grand et juste, ne pas négliger l’essentiel au profit de l’accessoire, réaliser enfin une cooperation intelligente entre les services publics centraux et la cause et le groupe intéressé directement au succès de l’entreprise; celà exige en outre entre tous et en toutes choses un sens pratique certain, une bonne volonté agissante et une confiance mutuelle.
Le Guéliz est la ville nouvelle du Maroc qui offre en elle, par sa situation, le plus de virtualités heureuses d’un développement assuré. Souhaitons donc que l’ombre bénéfique de Sidi-Bel-Abbès, patron des commerçants, qui veille sur elle favorise utilement tous ceux qui ont fait et feront encore confiance au bel avenir qui lui est réservé.
Georges Aimel
Chef adjoint des services municipaux de Marrakech, mars 1919.
Le blog a publié un article le 13 juin 2009 montrant le plan cadastral de lotissement du Guéliz avec les numéros de parcelles, un autre le 3 juin 2009 sur le tracé de l'avenue du Guéliz en direction de la Koutoubia et le 27 novembre 2010, une promenade dans l'avenue Mangin. Pour les retrouver cliquer sur "Toutes les archives".
Cet article de Georges Aimel de 1919 et un livre de Daniel Rivet de 1998, choisi aussi par André Bertrand apportent des éclairages complémentaires sur le projet urbanistique très novateur du Maréchal Lyautey. Nous conseillons la lecture des trois tomes "Lyautey et l'institution du Protectorat français au Maroc 1912 - 1925 " et n'empruntons à Daniel Rivet que quelques paragraphes de son chapitre sur l'Urbanisme de Lyautey, notamment ceux relatifs à Marrakech.
Les idées qu’impose Lyautey sur l’urbanisme d’une dizaine de grandes villes se résument au départ en " trois idées-forces : séparer complètement villes indigènes et européennes, protéger et restaurer les médinas, expérimenter des villes nouvelles d’avant-garde. »
Le but de Lyautey n’était pas de faire des ghettos comme on a pu le lui reprocher injustement mais d’empêcher que des nouvelles constructions à l’européenne ne viennent « miter » les médinas.
Daniel Rivet (page 148) prend l’exemple de Marrakech : Fin 1913, une note de Lyautey établie de concert avec le Capitaine Landais, chef des services municipaux, prescrit tout un dispositif défensif pour enrayer l’invasion de la Médina par les Européens : proscription de tout débit de boissons et établissement industriel, réservation des immeubles makhzen en location aux fonctionnaires en service dans la vieille ville, prohibition, sauf cas d’espèce, de la circulation automobile, transfert de l’équipement postal et bancaire déjà installés en médina, dans la ville nouvelle du Guéliz, excepté pour la Banque d’État. Il est impossible d’interdire officiellement aux Européens d’habiter en médina, mais on s’ingénie à les en dissuader par des mesures tatillonnes, arrêtées en sous-main en s’abritant derrière Si Thami El Glaoui, le pacha, promu gardien de l’intégrité des musulmans et conservateur de la beauté de la ville sans l’avoir nullement sollicité.
Il restait à protéger et à restaurer la médina, dont Lyautey perçoit intensément la beauté menacée et goûte voluptueusement la saveur encore presque intacte. Protéger : c’est l’affaire du service des Beaux-Arts et des Monuments historiques créé en novembre 1912…
… « On dispose autour de la Koutoubya – sans doute le plus beau, le plus fervent témoignage de l’architecture Almohade- une zone de non aedificandi de 150 mètres autour du minaret. On renforce ce cocon protecteur en l’entourant par une zone périphérique, où les immeubles, pour s’édifier, doivent recevoir l’imprimatur du service des Beaux-Arts et ne pas dépasser une hauteur de 9 mètres. »
« Après le départ du Général Lamothe et sous la pression d’intérêts capitalistiques irrésistibles, la « médina » est esquintée au début des années 20 par plusieurs manquements au code adopté, qui mettent le Résident (général) hors de lui. A la suite d’un séjour à Marrakech dans le courant de l’été 1921, celui-ci ordonne que tout ce qui a été bâti à la sauvette en style européen et tapageur sur la fameuse place Jmàa el-Fna soit dissimulé par la suppression des enseignes accrocheuses et l’atténuation des façades lépreuses par l’installation de pergolas et abris en roseau. »
Plus tard Lyautey fera passer l’arrêté viziriel du 20 juillet 1922 « portant règlement pour la protection artistique de la ville de Marrakech ». Cet arrêté stipule que toutes les constructions nouvelles y compris celles vouées au commerce, et toutes les restaurations d’immeubles anciens doivent se conformer au genre marocain local (El beni marrakchi), dont il détaille les particularités. Mais la municipalité tolère tout de même deux exceptions qui soulèvent une tempête résidentielle : ...une maison à usage commercial pour le compte du Glaoui qui excède de 3 mètres la hauteur réglementaire., un négociant juif bâtit un immeuble place Jmàa El-Fna qui risque de gâcher la perspective d’ensemble.
On veut également arracher la ville indigène à son délabrement pluriséculaire, organiser sa renaissance… On veut prendre appui sur l’artisanat marocain, le sauver en soutenant son activité par la restauration.
Conservateur intégral du cadre bâti de la cité musulmane, l’urbanisme de Lyautey est moderniste à tout crin lorsqu’il s’agit des villes nouvelles.(…) La volonté d’imposer pour le bien de tous, une voierie méthodique aboutit à l’élaboration de plans généraux d’aménagement et d’extension des villes nouvelles qui fixent la largeur et la direction des voies, l’emplacement, l’étendue et la disposition des espaces verts et arrêtent les servitudes…
Par chance Lyautey disposa en la personne d’Henri Prost d’un technicien de la ville hors pair, rodé déjà par l’expérience de la rénovation d’Anvers … Une idée force oriente cette tentative d’urbanisme dirigé : imposer une répartition zonale aux activités de la cité…
Cependant quand Henri Prost arrive à Marrakech le Guéliz a déjà été tracé par le capitaine Landais avec ses rues en éventail qui se rejoignent place du 7 septembre et ses jardins conservés ou créés. Le "zoning" s'était imposé de lui-même avec le camp militaire qui ne pouvait être ailleurs qu'au pied de la position stratégique du Djebel Guéliz et avec le terrain d’aviation repoussé au delà des Jardins de la Ménara. Le choix de l’emplacement de la Gare ferroviaire a naturellement déterminé les contours de la Zone industrielle. Quand Henri Prost intervient à Marrakech il constate que ses principes ont déjà été appliqués par le Capitaine Landais. Il lui reste à fixer la Zone de l’Hivernage et à prévoir une Zone non aedificandi entre l’Hivernage et la chaîne de l’Atlas.
Trois hommes ont fait le Marrakech du XXe siècle en protégeant la Médina et en créant la ville nouvelle du Guéliz : le Maréchal Lyautey, le Capitaine Landais et l’urbaniste Henri Prost.
Un plan signé d'Henri Prost montre qu'il préserve le panorama sur l'Atlas en créant au sud du quartier de l'Hivernage une zone non-aedificandi.
Voir ci-dessous la Zone non aedificandi limitrophe du quartier de l'Hivernage entre Bab Djdid et la Menara en 1956 - Photo Calas.
Dix ans plus tard, en fevrier 1966, la zone a commencé à se construire entre La Mamounia et la Ménara. (Photo Cervoni)
Elle est aujourd'hui couverte d'immeubles.
Merci à André Bertrand de nous avoir fait connaitre ces articles sur la naissance du Guéliz et sur les principes urbanistiques et architecturaux volontaristes qui ont permis à toute la ville de Marrakech de rester longtemps une ville agréable. Merci aussi à Monique DB pour son plan du Guéliz avec les anciens noms de rues. Merci à nos photographes Maurice Calas et Jean Cervoni, merci à tous ceux qui auront des témoignages, des documents ou des souvenirs pour illustrer l'histoire de Marrakech et la vie au Guéliz
André Bertrand est l'auteur d'un livre remarquable et qui fait autorité sur le patrimoine culturel du Maroc: Tribus berbères du Haut-Atlas (Edita-Vilo Lausanne 1977) documenté avec des clichés rares du photographe René Bertrand son père. (Le livre est épuisé, mais n'hésitez pas à l'acquérir si vous le trouvez chez un bouquiniste). Les connaissances d'André ne se limitent pas à l'Atlas et concernent tout le Maroc, ses traditions et son histoire. Souhaitons que nous puissions avoir accès à nouveau à sa grande érudition dans un nouvel ouvrage sur le Maroc.
Les anciens du Guéliz et de Marrakech sont reconnaissants à André Bertrand de leur avoir fait revivre la naissance du Guéliz.
SALAM MARRAKECH N°112 INVITE À UN MOUSSEM D'EXCEPTION
LE N°112 DE SALAM MARRAKECH ET ROBERT LUCKÉ CONVIENT LES ANCIENS DE MARRAKECH AU MOUSSEM DU DIMANCHE 17 JUIN 2012, ÎLE DE LA BARTHELASSE À AVIGNON.
CEUX QUI LE PEUVENT AURONT EN PLUS L'OCCASION DE SE RENCONTRER LA VEILLE AU DÎNER CAMPAGNARD DANS LES JARDINS DU VERT HÔTEL - 130, avenue Pierre-de-Coubertin - 84000 AVIGNON
Le pavillon et le bassin de la Menara devant la chaîne de l'Atlas peints en 1932 par le peintre orientaliste G. Carriat-Rolant
Une oeuvre dont les couleurs expriment la force de l'émotion devant le site du pavillon de la Ménara et la chaîne de L'Atlas. Cette peinture justement retenue par le Syndicat d'initiative de Marrakech dans les années 30, nous a été communiquée par Monique DB, fille aussi de l'Atlas et descendante des Drouin et de la Cantine d'Igherm n'Ougdal.
"J'AI QUITTÉ MARRAKECH, MAIS MARRAKECH NE ME QUITTE PAS". Si vous n'êtes pas encore abonné cliquer sur le titre afin de savoir comment joindre Robert Lucké et recevoir La Revue dans votre boîte à lettres.
L'invitation au Moussem avec le téléphone pour les égarés. L'ordre du jour de l'Assemblée générale de l'Association des Anciens de Marrakech.(cliquer sur les textes pour les agrandir, les lire ou les imprimer)
Pour lire le programme cliquer sur les textes afin de les agrandir, puis éventuellement de les imprimer.
SI HASSAN EL GLAOUI INVITÉ AU MOUSSEM 2012
Si Hassan El Glaoui fut un proche de Winston Churchil par son art. Voir une video d'une exposition de ses oeuvres présentée en anglais par sa fille Touria El Glaoui en cliquant sur la Koutoubia.
IL Y A UN AN, L'ATTENTAT DE L'ARGANA - MARRAKECH SE SOUVIENT
Une cérémonie anniversaire du souvenir a été programmée le samedi 28 avril à Marrakech en souvenir des victimes de l'attentat terroriste du Café de l'Argana. Dix-sept familles marovcaines et étrangères ont été endeuillées. Un olivier symbole de paix pousse dans le jardin Arset Al Bilk près de la place Jamaâ el fna, à côté de la stèle commémorative portant les noms des 17 victimes décédées lors de ce lâche attentat.
PRIÈRE OECUMENIQUE AU MOUSSEM: Michel de Mondenard prépare la prière commune oecuménique ( catholiques, orthodoxes, protestants et autres de Marrakech) chaque année à l'occasion du Moussem depuis 2009 - dernière célébration avec le Père Christophe - Il donne quelques indications sur son déroulement en 2012.
"Nous chanterons, prirons Dieu, écouterons et méditerons l'Écriture sainte. Les textes choisis seront ceux lus ce même Dimanche 17 juin dans les Églises et les Temples et notamment à l'Église des Saints-Martyrs et au Temple de Marrakech.
Notre prière sera une prière de reconnaissance pour remercier Dieu de pouvoir nous rencontrer à nouveau entre anciens et amis de Marrakech à l'occasion de ce Moussem 2012 et pour tout ce que nous avons reçu des êtres chers qui nous ont quitté, pour certains il y a longtemps pour d'autres plus récemment. Notre prière accompagnera ceux qui sont fatigués et chargés. Nous resterons en lien par la pensée avec celles et ceux qui n'auront pas pu se déplacer."
Les fois précédentes des catholiques et des protestants se sont réparti les lectures et ont chanté les mêmes chants; ceux qui pourraient participer à la préparation peuvent s'adresser à Michel de Mondenard par le lien "contactez l'auteur", votre message lui sera transmis.
Textes prévus:
- Ezéchiel 17, 22-24 : Le jeune rameau planté par Dieu devient un arbre.
- Psaume 92, 2 : Il est bon, Seigneur, de chanter pour toi !
- 2e Épître de Paul aux Corinthiens 5, 6-10 : Loin du Seigneur, nous sommes comme en exil.
- Évangile selon Marc 4, 26-34 : Le règne de Dieu se sème et grandi avec nous, comme les plantes.
CHANGEMENT D'HEURE - LE MAROC PASSE À L'HEURE D'ÉTÉ
A partir de dimanche (29 avril ) qui ne fera que 23heures, le Maroc passe à l’heure d’été. Le retour à l’heure GMT s’effectuera le dernier dimanche du mois de septembre qui sera un jour de 25 heures. Faîtes attention si vous voyagez le dernier week-end d'avril !
1er Mai: le blog vous offre un brin de Muguet
UN TÉMOIGNAGE SUR SI THAMI EL GLAOUI, PACHA DE MARRAKECH ET SES FILS ÉCRIT EN 1976 PAR ANDRÉ HARDY SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE LA RÉGION DE MARRAKECH DE 1951 À 1953, PUIS CHEF DU TERRITOIRE DE MARRAKECH JUSQU'EN 1956, ANNÉE DE LA MORT DU GLAOUI, DANS SON LIVRE SIDI EL HAKEM pages 149-151.
Si Hassan et Abdessadeq avaient un demi frère plus âgé, fils de la fille du grand Vizir El Mokri et de Madani, le frère aîné de Thami El Glaoui. Ce demi-frère plus âgé, Si Mohamed El Madani El Glaoui, fut élevé par Si Thami El Glaoui son oncle et beaupère comme son fils. L'ami Daniel Lerais qui l'a connu nous en parle: "Si Mohamed, ancien officier de l'armée française, pratiquait en amitié un oecuménisme remarquable. Ami de mes parents, j'ai eu le grand plaisir de bien le connaître et l'honneur de recevoir sa mère qu'il avait accompagnée à Paris où elle venait subir une intervention ophtalmologique. Il est décédé en 1982 laissant à toute ma famille un souvenir ému." Merci Daniel pour ce témoignage.
SI HASSAN EST ATTENDU AU MOUSSEM DES ANCIENS DE MARRAKECH, UNE PAGE SUR SA BIOGRAPHIE ET SA PEINTURE SE TROUVE DANS LE N°112 DE SALAM MARRAKECH
ÉCOLE MATERNELLE DU HARTSI ET ÉCOLE DE LA PALMERAIE
La semaine dernière nous recevions un commentaire: "C’est par hasard que je suis tombé sur votre site en faisant des recherches sur Marrakech, ce afin de faire un film sur la Saga des familles UCCELLO, NOVELLA, PETREQUIN et MERCIER (Algérie – Maroc).
Mes grands-parents, venant de Ain Fakroun en Algérie, se sont installés à Sidi Bou Othman lieu où ils avaient acheté quelques friches caillouteuses dans les années 1915 – 1916.
La famille était logée dans la maison cantonnière car mon père UCCELLO Paul travaillait, en tant que conducteur de chantier, pour les TP de Marrakech.
Nous habitions face au Café édifié par mon grand-père et ma grand-mère, UCCELLO François et Marguerite (née NOVELLA).
Dès l’âge 5 ans, j’ai été reçu, pour suivre ma formation scolaire chez M. PETREQUIN Robert et Mme. PETREQUIN Amélie née UCCELLO. Nous étions en conséquence cousins germain du fait même que 2 frères UCCELLO (François et Balthazar) avaient épousé 2 sœurs NOVELLA (Marguerite et Marie).
A 7 ans, j’ai intégré l’école de la palmeraie mon frère Gilbert prenant ma place chez nos cousins.
Je me propose donc de vous faire parvenir des photographies de classe qui me semble-t-il ne figurent pas dans votre panel."
Biensûr le blog souhaite la bienvenue à Guy UCCELLO et accueille volontiers ces photos de classe pour le plus garnd plaisir des anciens de Marrakech. La photo de la maternelle ci-dessous prise en 1952 a été placée aussi avec les autres photos de cette école communiquées par Martse Siksou et Jean-Marc Berger. Maternelle du Hartsi . On retrouvera à cette adresse une photo de maternelle avec Amélie PETREQUIN qui était aussi la marraine de Guy.
Qui reconnaitra des visages et nous indiquera des noms dans les commentaires ?
Marcel Martin a reconnu en comptant à partir de la gauche:
Rang du haut: sixième: Jean Desbrières ( Gilbert Uccello est le treizième)
Rang du milieu: deuxieme: Paul Martin (son cousin)
ÉCOLE DE LA PALMERAIE
Par ailleurs Guy nous propose trois photos de classes
COURS PRÉPARATOIRE DE 1953-1954
De haut en bas et de gauche à droite: Rang du haut: X, X, DE SOTTO, Marcel THOMAS (+), X, X, Guy UCCELLO, X, X;
Rang du milieu: VOUNATSOS, X, X, X, X, X, X, X, PÉNALVA, Saïd HERNANDEZ;
Rang assis : CONVENTI
Merci à Marcel Martin pour ses commentaires qui donnent des informations supplémentaires.
Qui indiquera d'autres noms dans les commentaires ?
COURS ÉLÉMENTAIRE PREMIÈRE ANNÉE DE 1954-1955
AVEC MADEMOISELLE AMIDIEU QUI ENSEIGNAIT L'ARABE
Qui reconnaitra des élèves et indiquera leurs noms dans les commentaires? Qui nous parlera de mademoiselle Amidieu ?
Rang du haut: x-x-x-x-x-x-x- Charles Liepmannsohn -x- Francis Ré -x- Panayot Manolios.
Rang du milieu: Jean Pierre Alémany -x- Gérard Puech -x-x-x-x-x- Claude Liepmannsohn (etait interne comme son frêre) -x- Cohen -x
Rang du bas: x- Sananes? - Alain Vialatte -x-x-x-x- Mustapha Négraoui - Belis - André Thomas. Merci à Marcel Martin pour son commentaire riche en informations complémentaires.
COURS ÉLÉMENTAIRE ANNÉE 1955-1956
Rang du haut: Michel Tosi - Tauban (+) -x-x-x- Marlin (interne) - Paul Latron? -x- Gilbert Uccello - Francis Ré.
Rang du milieu: Gilbert Panissat - Raymond Quiles - Charles Liepmannsohn -Alain Vialatte -Michel Ranger -x-x- Gérard Puech -x- Olivier Attar.
Rang du bas: x- Jean Fraçois Sauvageot - Ferry - Charles Harboun -x-x- Claude Liepmannsohn -x- Maurice Benayoun -x- Michel Oustry - René Raimondi.
Voir le commentaire de Marcel et ajoutez les votres. Merci
MERCI À GUY POUR CES PHOTOS ET POUR LES SOUVENIRS QU'ELLES FONT NAITRE DANS LES MÉMOIRES.
PROCHAINEMENT D'AUTRES SUJETS SUR "LA NAISSANCE DU GUÉLIZ", SUR LA BE 707, SUR D'AUTRES CLASSES DES ÉCOLES ET DES LYCÉES, SUR DES COMMERCES D'AUTREFOIS, AUTANT D'OCCASIONS DE RETROUVER DES NOMS DE MARRAKCHIS ET DE RENOUER DES LIENS.
ÉCRIVAINS MARRAKCHIS D'AUTREFOIS ET D'AUJOURD'HUI
ITINÉRAIRE BRISÉ, UN ROMAN DU MARRAKCHI MOHAMED AZZAM MGHAZLI - 2012
Le mois d'avril voit fleurir les romans de médecins originaires de Marrakech, après SÉÏSMES de Gérard Jean Muller voilà ITINÉRAIRE BRISÉ de Mohamed Azzam Mghazli.
Mohamed Azzam Mghazli est un ami, né à Marrakech, membre actif de la Société civile, médecin allergollogue, président du Conseil régional de l'Ordre des médecins (Marrakech-Tensift). C'est grâce à lui que nous avons ouvert une page sur LA POSTE DE LA MÉDINA à laquelle d'autres amis ont participé aussi.
Son roman Itinéraire brisé décrit l’évolution d’une famille berbère originaire du Haut Atlas, depuis les années cinquante jusqu'à nos jours. Les épreuves, les joies et les souffrances ont permis aux deux personnages principaux de chercher avec acharnement les motivations et l’envie de vivre mais, parfois les circonstances détruisent tout espoir. Un long parcours dont le point de départ se trouve en montagne, à trente kilomètres de Marrakech, la grande ville, où les cultures arabo-berbères et européennes se rencontrent et transforment la société marocaine. Passant par l'Indochine ce roman vérité, finement observé et raconté, se déroule dans le Marrakech du XXe siècle.
Voir plus bas comment commander son roman à l'éditeur: Édilivre
MARRAKECH, LA KENNARIYA
Un autre auteur de romans Jean-Pierre KOFFEL, arrive pour la première fois à Marrakech en aout 1940, il a 8 ans. Sa mère connaissait déja Marrakech depuis 1929. JPK n'a plus son père; son beau père entrepreneur, M. Calvaruso, a pour mission de rajouter une aile au Palace-hôtel de La Mamounia. A quinze ans, élève au Lycée Mangin, JPK gagne le prix du Maroc de poésie. Agrégé de lettres, il concevra plus tard plusieurs romans, dont certains obtinrent des prix. Il aidera de nombreux marocains d'expression française à écrire et se faire éditer. JPK a publié ses souvenirs, AU JOUR LES JOURS, pour ses amis, mais ne les a pas édité pour un plus large public. Grâce à Hassan Azdod, un de ses amis berbère, nous en donnons un passage concernant la Kennaryia à Marrakech
SOUVENIRS DE MARRAKECH - JEAN-PIERRE KOFFEL : AU JOUR LES JOURS, 1948 (les passages entre parenthèses ont été rajoutés par JPK en 2008)
À Djemaa el Fna (maintenant, j’écris Jmaa el Fna), mettons un quinze août vers seize heures, j’ouvris les yeux sur la ville qui allait devenir la mienne. M. Calvaruso avait garé à l’extrémité de la place, là où il devait y avoir plus tard un commissariat de police – extrêmement moche, mais on ne peut pas demander la lune à un commissariat. Et ils m’ont abandonné dans la voiture, seul – pourquoi n’ont-ils pas laissé ma bonne grand-mère avec moi ? mystère et boule de gomme ! –, pendant qu’ils allaient chercher un logis pour la nuit et les suivantes, en attendant de trouver une maison à louer, ce qui, si j’en juge par les tâtonnements par lesquels sont passés mes parents, n’était pas si facile qu’on pourrait le croire. Je cuisais littéralement dans cette voiture chauffée au soleil. Mon peu de sympathie pour la place Jmaa el Fna vient de là. L’attente a dû être plus longue que mes parents ne l’avaient prévue ; sans doute n’ont-ils pas trouvé rapidement ce qu’ils cherchaient. Mais enfin, ils l’avaient trouvé : une pension de famille , pas loin de Jmaa el Fna, derrière l’hôtel de Foucauld, dite chez Darrieusecq – nom que je retrouverai soixante ans plus tard en littérature. Les Darrieusecq louaient des chambres. La pension était petite, avec un étage, des zelliges frais le long des murs, une courette avec zelliges aussi – vert et bleu – bien arrosée. Mme Darrieusecq m’est apparue, au milieu de l’escalier qui menait aux chambres de l’étage ; menue, cheveux tirés, serrée dans un habillement austère, très Mme Lepic, une grosse grappe de raisin noir à la main ; elle descendit les dernières marches et m’offrit la grappe, qui avait été lavée à grande eau ; de gros grains brillants, bien pleins et juteux ; pour l’assoiffé que j’étais, quelle aubaine ! Mme Darrieusecq, qui ne m’a laissé aucun autre souvenir, m’a offert ce jour-là l’un des plus forts bonheurs de mon enfance.
Nous ne sommes pas restés longtemps chez les Darrieusecq – ces gens-là changeaient de l’ordinaire de ceux que je voyais – , juste le temps de trouver un logis. Et ce logis, ce fut en médina. À l’époque déjà – les années 30, 40 et celles qui suivirent – , des Européens habitaient la médina ; des « petits blancs » dans l’ensemble ; dans les environs de Djemaa el Fna, rue des Banques, rue Bab Agnaou, Riad Zitoun, mais aussi dans le quartier dit Bab Doukkala, ou encore à la Kasbah, ou derrière l’hôpital Mauchamp (jouxtant l’hôtel Mamounia), du côté de l’hôtel Tazi (là où il y avait le quartier réservé de Marrakech, c’est-à-dire un quartier où étaient concentrés les hôtels et les bars consacrés aux prostituées et à tout ce qui gravitait autour d’elles) ; il y avait une petite église catholique dans la médina, une école primaire européenne (celle de l’Aarset el Mach) où étaient admis des enfants algériens, un marché municipal (donnant sur Djemaa el Fna), la CTM (Compagnie de Transports Marocains dont les cars desservaient tout le pays) et sa brasserie, et sa terrasse panoramique donnant sur la place, sur la ville, sur l’Atlas, sur le minaret de la Koutoubia toute proche... Les Européens vivaient au milieu de la communauté musulmane sans aucun problème. Mon professeur de philo (mais nous sommes déjà arrivés en 1951), l’adorable et très chrétien Gaston Guilhaume, habitait la médina, à Azbezt, par-delà le souk Semmarine ; il arrivait le matin en retard pour son premier cours, à vélo, avec ses pinces à vélo pour tenir ses pantalons aux chevilles, mal rasé, mal débarbouillé.
Il y avait de nombreux petits hôtels, avec des noms charmants (Cécil Hôtel !), dans tous ces derbs gravitant derrière Djemaa el Fna. J’ai souvenir de labyrinthes de ruelles toujours lavées à l’eau, à l’aide de seaux. À l’époque, on trouvait des seaux en bois, mais ils étaient plutôt réservés aux hammams. La maison que nous avions trouvée était à la Kennariya, un axe rectiligne – si cela faire se pouvait, en islam, la ligne droite – la perfection – étant réservée à Dieu, d’ou la présence, dans toute œuvre humaine, d’une légère et imperceptible imperfection : la Kennariya allait de Jmaa el Fna au Mellah (le quartier juif), longeant d’abord le Café de France, passant devant la maison que nous habitions (à la première intersection avec une rue qui remontait vers le souk Semmarine), puis devant le cinéma Éden, un cinéma en plein air en été ; après cela, on entrait dans des profondeurs qui m’étaient moins familières, un itinéraire jalonné de petits hanouts (houanet, devrais-je dire) où l’on pouvait trouver, offert, tout ce qui pouvait s’acheter et se vendre en médina, des épices en petits monticules, des vêtements suspendus, des babouches : fêtes de couleurs claires et vives, safran, vert pomme, abricot, acajou, garance, géranium, ambre, tango, fêtes des sens ; et puis, sur la droite, un des plus beaux jardins que j’aie jamais vu – autre école de liberté – , les remparts, la porte, à droite, pour aller à Dar Si Saïd, à la Bahia. (...)
La Kennariya, la dernière fois que je l’ai revue, n’avait pas beaucoup changé par rapport à mon premier souvenir. J’étais allé voir Juan Goytisolo – il a un riad derrière le derb Sidi Bouloukat, derrière la Kennariya – et nous sommes passés, en revenant lui et moi vers Jmaa el Fna, devant la maison où j’avais vécu quelques mois avec ma famille en 1940. 
Nous n’occupions que l’étage. Je ne sais pas ce qu’il y avait au rez-de-chaussée. J’ai vague souvenir d’un escalier en pente raide, d’une cour carrelée. Les pièces d’habitation devaient être autour de cette sorte de patio à ciel ouvert. C’est le seul endroit de cette maison que je revois : je suis assis, moi, Pierrot Patatracot, comme m’appelaient ma mère et ma bonne grand-mère, jambes nues, bouche ouverte, au centre d’un damier. Comme Cosette, je joue à rien – elle, c’était sous une table chez les Thénardier. Il y avait des mouches. Les mouches de l’été à Marrakech sont particulièrement gaillardes. Et des tue-mouches, ou attrape-mouches, sous formes de guirlandes torsadées et poisseuses, de petits rectangles d’allez savoir quelle saloperie qu’on mettait dans des soucoupes avec un fond d’eau pour les imbiber. On vendait dans les souks de très jolis chasse-mouches, en doum ou en alfa. On pouvait aussi flytoxer (incroyable, mais le mot n’est pas dans mes dictionnaires, même récents !) avec des pompes artisanales, faites, y compris le réservoir, avec de la récupération de boîtes de conserves. Quoi qu’il en soit, il restait suffisamment de mouches en pleine forme pour enquiquiner le monde et attirer ces moineaux effrontés que l’on appelle à Marrakech tibibt ou, comme ils ont un caractère sacré, lalla Tibibt. Les Marrakchis les adorent et les chats aussi. Nous avions un chat. Il s’est jeté sur une tibibt qui n’avait peur de rien et n’en a fait qu’une bouchée. J’entends encore le « oh !» incrédule, indigné, de ma mère qui a refilé au chat l’engueulade de sa vie. Quant à moi, toujours la bouche ouverte – des problèmes de végétations qui allaient être réglés avec une rare barbarie –, j’ai dû avaler une mouche trapue. C’est tout ce que j’ai comme souvenirs de cette maison de la Kennariya. Ça, et les affiches du cinéma Éden qui n’était pas loin. (Cartes postales anciennes du photographe Félix)
Au jour les jours de Jean-Pierre Koffel ne se trouve pas dans le commerce, au contraire d'Itinéraire brisé de Mohamed Azzam Mghazli proposé par ÉDILIVRE en livre papier ou livre .PDF : POUR COMMANDER ISBN: 9782332488688. Bonnes lectures.
Dans la catégorie Romans, David BENSOUSSAN nous signale un livre d'une marrakchia, sa mère. DE MARRAKECH À MONTRÉAL
Les Éditions du Marais, présentent ce livre: Fiby Bensoussan nous propose une collection de petits récits tout imprégnés de légereté et de douceur. Fiby farfouille dans le monde et y découvre des richesses et des trésors que nous ne voyons même pas. Elle a vécu le vingtième siècle du judaïsme marocain, période où, en un bref moment, une communauté a fait un saut millénaire, passant d'un monde où une lettre prenait quelques semaines pour faire un aller-retour de quelques kilomètres, s'il trouvait quiconque pour lire et écrire, à une monde où l'immédiateté règne, où la communication n'est plus livrée aux aléatoires des routes, des montagnes et des océans. Le style de Fiby Bensoussan est un appel à la générosité, à la tolérance. L'auteure voit le monde, elle ne se voit pas dans le monde, et ce qu'elle voit du monde, c'est le beau et le généreux. Collection Savoir lire d'où l'on vient Commander
BLANDINE TAROT-ViGOUR, fête son anniversaire. Les amis du blog lui souhaitent une très belle fête et beaucoup de bonheur. Blandine a partagé avec nous l'histoire de son enfance et adolescence à Marrakech dans le récit et les photos de son Chkoun Ana
Nous marquons ce jour anniversaire en publiant une photo récente de Blandine devant la porte de l'École Notre Dame des Apoôtres où elle fut autrefois élève. Nous y joignons un portrait de son père Jean TAROT en 1944, réalisé d'après photo par sa petite-fille Cécile, la fille de Blandine donc.
Jean Tarot est arrivé en mai 1938 au Maroc, D'abord incorporé dans les Spahis en 40; il a été ensuite dans les Tirailleurs marocains. Il a participé aux combats du Mont Cassino, à la bataille du Garigliano avec le Général Juin et a fêté récemment ses 92 ans. Nous reviendrons sur son parcours dans un prochain article. Nous souhaitons un Joyeux anniversaire à Blandine.
QUI NOUS PARLERA DE CES ROMANS APRÈS LES AVOIR LU ? QUI AURA ENVIE D'ÉCRIRE SES SOUVENIRS COMME JEAN-PIERRE KOFFEL OU NOS AUTEURS DE LA SÉRIE "CHKOUN ANA" ?
ACCIDENTS D'AVIONS DE LA BASE AERIENNE 707
DES ACCIDENTS ET DES PILOTES; QUI SE SOUVIENDRA ?
Une escadrille de six avions de la BE707 allant à Casablanca se trouve prise dans un orage. Le Sergent CALAIS "casse du bois" à Mechra Ben Abou, le Sergent GRASSET et le Capitaine TOCAINÉ atterissent en campagne à deux kilometres du camp Cazes (Casablanca). Le Sergent VÉRON et le Sergent DERAT pilotent leur avion et réussissent à le faire atterrir au Camp Cazes. Deux pilotes retournent à Marrakech à la BE 707. Pour la réception du Général Noguès l'escadrille de Marrakech fut dispersée par le Ciel.
Jean-Louis ROY partage avec les Marrakch'amis des coupures de Journaux sur des accidents autour des années 30 à Marrakech..
Cliquer sur l'article pour l'agrandir
Un autre accident, probablement un accrochage entre deux avions en vol, situé proche de la route de Marrakech à Mogador entre la Ménara et Sidi Zouine.
Voici deux photos prises après la collision d'avions qui s'est produite à Marrakech: à gauche : le train d'atterissage est brisé, l'appareil a piqué du nez. Au loin, à gauche, une rangée d'arbres: c'est la route Marrakech-Mogador.
À droite: on vient d'enlever les plans inférieurs à l'avion, qui est encore dans la position de l'accident. À gauche, sur le plan supérieur, on remarque la déchirure provoquée par le heurt avec le train d'atterrissage de l'avion du dessus.
Jean-Pierre LEFEVRE nous a parlé d'un accident à Sidi Zouine le 13 octobre 1960 sans gravité pour l'élève pilote qui a fait une erreur de pilotage sur T6. voir le pylône du 115
LES ACCIDENTS SONT PARFOIS TRAGIQUES
22 Juin 1960, cimetière européen de Marrakech, hommage de la BE707 à Guy VANDEWALLE, élève pilote, accidenté au retour d'un vol de nuit.(cette photo nous a été communiquée par son frère Yves, voir plus loin le sens de sa démarche)
QUELQUES NOMS DE PILOTES DONT LA BASE D'ATTACHE ÉTAIT MARRAKECH ET QUI ONT ÉTÉ VICTIMES D'ACCIDENTS MORTELS:
- René DOUCET capitaine, sur STAMPE SV4C N: Mission voltige et reconnaissance de terrain, accident à Aghouatine du 30 septembre 1949. (cf.archives 31 décembre 2011)
- Michel HUGUET, E.O.R. et Sergent GUÉRARD convoi sur T6, s'écrasent au passage du col de Tizi n'Boujou le 19 février 1957.(cf.archives 9 aout 2011 et commentaire de GN)
- Gérard BESSON, Moniteur pilote accidenté fin décembre 1957 ou début janvier 58, trois mois avant la naissance à Marrakech de son fils Éric BESSON le 2 avril.
- Claude FENEYROL, Élève pilote marrakchi de la 59C accidenté fin 1959.
- Caporal Élève pilote Guy VANDEWALLE, 22 juin 1960, retour d'un vol de nuit.
- Un Adjudant-chef et deux jeunes filles élèves pilotes sur "AS202 Bravo" un vendredi de mai 1978. Ce triple accident mortel signa l'arrêt pendant 29 ans des formations de jeunes filles marocaines élèves pilotes.(cf.Colonel Bouziane)
PLUSIEURS ANCIENS FONT DES RECHERCHES AFIN DE GARDER LA MÉMOIRE DES PIONNIERS. Ils consultent les archives de l'armée et demandent des témoignages à ceux qui les ont connu.
Yves, le propre frère de Guy VANDEWALLE demande de l'aide aux lecteurs du blog:
"Bonjour, Mon frère Guy s'est tué sur (la BE 707) le 20 juin 1960 à la fin d'un vol de nuit. J'aimerais rencontrer des témoins qui étaient sur la base à cette époque. Merci et à bientôt."
Beaucoup de lecteurs du blog vivaient sur la base, il y a 52 ans en juin 1960, la plupart étaient inscrits dans différents établissements scolaires de la Base aérienne 707 ou du Guéliz. D'autres étaient officiers, moniteurs, pilotes ou mécaniciens... qui se souvient de Guy Vandewalle à Marrakech ou sur la base ?
Qui le reconnaîtra d'après les photos envoyées par son frère ?
Entre deux amis, Guy porte des lunettes pour protéger ses yeux du soleil.
Qui reconnaitra les visages de ses amis et saura retrouver leurs noms ?
Guy (à droite) avait pour ami proche le Sergent Cohen, à gauche sur la photo. (merci à Georges d'avoir rectifié le grade dans son commentaire). Qui saurait ce qu'est devenu Cohen et comment retrouver sa trace ? Yves, le frère de Guy fonde beaucoup d'espoir sur les chances de retrouver par le blog des personnes qui se souviendraient de Guy et de son accident.
La photo de la promotion de Guy Vandewalle permettra peut être aussi de retrouver les noms d'autres anciens élèves pilotes sur T6:
Qui saura nous dire de quelle promo il s'agit ? 59 ou 60 ? 59E selon l'hypothèse la plus probable. Pour mieux voir les visages, cliquer sur chacune des vignettes ci-dessous.
Guy Vandewalle est debout, le cinquième en partant de la droite. Merci à ceux qui reconnaitraient des visages de rajouter leurs noms dans les commentaires.
Le frère de Guy espère aussi du côté des officiers qui ont participé à l'enquête: Pilote : Cdt XIMA; Mécanicien : Lt JESTIN; Médecin : Cne GINET; à la tour de contrôle : Lt Jacques DELMAR, Cdt le 3e escadron.
Le carnet de vol du Caporal Guy Vandewalle est signé du Lieutenant J. DELMAR. Nous disposons de la liste des vols effectués sur T6 au mois d'avril. Cliquer sur les documents pour les agrandir. Claudine XIMA avait déja évoqué sur ce blog aussi bien l'éventualité d'accidents grâve que les efforts importants et constants faits pour la sécurité. Le Cdt XIMA avait reçu en 1957 des mains du colonel Chantier la coupe de la Sécurité des vols tant pour les mesures sévères qu'il avait imposé que pour les résultats obtenus. Nous notons la liste des moniteurs qui ont connu le Caporal Guy Vandewalle : Lt DU BREUILH, S/Lt DUC, A/C DURAND, S/C HAMONOA, Sgt MEDRANO, Sgt MEYER, Sgt PUCHEU. Qui saurait ce qu'ils sont devenus ?
Aidons le frère de Guy en écrivant dans les commentaires ci-dessous ou par le lien "contactez l'auteur" en haut à gauche de cette page. Complétons aussi la liste des pilotes de cette promo de la BE 707.
Claudine XIMA a retrouvé pour nous l'article de presse qui accompagnait la photo de son père recevant la coupe de sécurité des vols. Le journal est trés jauni.
Cette coupe fut remise à l'occasion d'une visite de la Base 707 par un groupe d'officiers de réserve.
La visite se termina par une réunion dans la grande et splendide salle de conférence ou le Général JACQUIER ( c'est une erreur journalistique, il s'agissait du Colonel Chantier sur la photo) remit la coupe de sécurité en vol au Capitaine XIMA, chef du groupe des élèves moniteurs, auquel elle était attribuée.
Dans la salle se trouvaient les pilotes et les élèves pilotes. Le Général Jacquier salua d'abord les officiers de réserve qu'il avait la joie d'accueillir. Le Général continua son allocution en parlant de cette coupe de sécurité en vol, des conditions dans lesquelles elle est attribuée et de la trés haute distinction qu'elle représente.

Elle a été attribuée au groupe des moniteurs et son chef, le Capitaine XIMA, qui commande cette division du monitariat, y déploie depuis des années des efforts intelligents.
Ses documents rédigés sur le pilotage ont été trés appréciés. La coupe lui fut remise ainsi qu'une gerbe de fleurs offerte par le Lieutenant de réserve MENGUY, et les applaudissements crépitèrent.
De même Claudine nous communique le texte du discours du Colonel Jacquier, Cdt de la base école 707 en février 1957. Sur la BE 707 on ne badinait pas avec la sécurité, améliorant , progressant pour éviter aux maximum les accidents, prendre soins des vies humaines, et pourtant malheureusement les drames n'etaient pas absents de la vie de la base.
"Et maintenant, en matière de conclusion, je voudrais au-delà de cette manifestation de reconnaissance des services rendus et de récompenses, m'adresser aux jeunes élèves pilotes qui seront bientôt les pilotes de l'Armée de l'Air. Je leur dis avec force: PRENEZ CONSCIENCE dés maintenant de la sécurité des vols, réfléchissez longuement à ce problème, car il ne peut être saisi du premier coup.
La sécurité des vols, je vous l'ai déjà dit, se propose de diminuer le taux des accidents et des incidents aériens, sans que le niveau de l'entrainement suivi soit affecté.
La sécurité des vols n'est pas la prudence poussée à l'extrême cela friserait la lâcheté. Il serait en effet si simple de rester au sol pour réaliser une sécurité totale des vols!
La sécurité des vols ,VOTRE sécurité et celle des autres reposent sur un tripode constitué par LA CONNAISSANCE , LA DISCIPLINE ,et le RAISONNEMENT.
Vous devez connaitre à fond toutes les sciences qui se rapportent au vol de plus lourd que l'air. Vous devez connaitre à fond votre matériel , vos procédures.
Vous devez être disciplinés, non pas au sens étroit du terme, c'est à dire obéir passivement à un certain nombre de régles, mais bien au contraire vous soumettre activement à la somme d'expériences que vous léguent vos ainés. Cette discipline est une forme de la méthode.
Vous devez raisonner constamment, c'est à dire étudier, comparer, mesurer tous les facteurs, toutes les données, tous les risques qui constituent le problème du vol que vous avez à résoudre. La solution en découlera naturellement. Vous prendrez votre décision en toute connaissance de cause et sans hâte.
Ainsi vous vous rapprocherez chaque jour davantage du type idéal du meilleur pilote qui n'est ni le plus prudent, ni le plus audacieux, mais celui qui sait affronter sciemment le danger."
LES ANCIENS DE LA BE 707 SE RETROUVENT AU MOUSSEM DES ANCIENS MARRAKCHIS
Revue Salam Marrakech 97, sur cette photo au Moussem d'Avignon, de gauche à droite, debouts: X, René HARTMANN, Michel OUVRIEU, André ANGELLOZ, Jacques LEMOU, Jean LANGLADE, Marcel GILET, André GUÉRIN; Accroupis: Gérard CASANOVA, Michel ROCHAULT, Daniel CADET.
PROCHAIN MOUSSEM D'AVIGNON: dimanche 17 juin 2012. Réserver la date pour y participer.
VOIR UNE CLASSE DU LYCÉE VICTOR HUGO: Une nouvelle photo de classe de 2eIV au LVH sur le blog à l'année 1971-72 communiquée par Marie-Noelle Surleau/Sommabere avant son prochain voyage fin avril à Marrakech: --> LVH 1971-72 Nous lui souhaitons un beau voyage et de revoir avec bonheur sa ville et son lycée ainsi que des camarades d'autrefois.
L'ENFANT DE MARRAKECH, GÉRARD JEAN MULLER, ÉCRIT ET PUBLIE "SÉISMES"
HEUREUX PRINTEMPS À TOUS ET JOYEUSES PÂQUES À CEUX QUI LES FÊTENT:
La messe de Pâques aura lieu à l'Église des Saints Martyrs. Le pasteur protestant explique en chaire ce que signifie être Étranger. Si on l'écoute jusqu'au bout ( en cliquant sur le lien Étranger) on entendra les applaudissements. Il y a un culte à Pâques et tous les dimanches au temple près de la Poste centrale du Guéliz.
Lire aussi à l'occasion de Pâques: "La seconde jeunesse (africaine) des Églises du Maroc"
A cause des lois du Maroc, seuls les ÉTRANGERS (non-marocains) sont admis dans les églises.... alors, les marocains qui veulent s'informer sur le christianisme se réunissent entre eux, en cachette, dans des appartements privés...
JOYEUSES PÂQUES !
SÉISMES : UN LIVRE QUI COMMENCE PAR UNE ADOLESCENCE À MARRAKECH
Qui ne se souvient du magasin GÉDA à Marrakech ? la lingerie - chemiserie GEDA au 37 avenue Landais ?
Qui n'avait pas remarqué les deux fils, Gérard et Daniel au lycée Mangin ? et en d'autres lieux à Marrakech, dans l'Atlas et aux alentours.
Gérard l'aîné vient d'écrire un livre qui commence à Marrakech.
L'éditeur (http://www.monpetitediteur.com/) présente le livre en quelques phrases. Un séisme résulte de la libération brusque d'énergie accumulée par les contraintes exercées...L'adolescence est toujours un séisme, souvent de grande magnitude. Incertitude du lendemain, peur d'être soi, crainte de ne pas aimer et, pire encore, de ne pas être aimé, sont des bouleversements dont l'intensité dépend de nombreux facteurs .... Marc n'a que dix-huit ans lorsqu'il se retrouve dans les ruines d'Agadir le lendemain du tremblement de terre qui fait 15000 morts et 25000 blessés, le 29 février 1960. Mais ce n'est pas le seul séisme de sa jeune vie. En toile de fond il y a l'après guerre, la flambée révolutionnaire des pays colonisés, l'indépendance du Maroc, le retour vers la France vécu comme un exil, l'engagement dans un mouvement clandestin puis, pour couronner le tout Mai 68... Dès les premières lignes on colle aux pas de Marc. Les nourritures affectives sont vitales pour lui et il s'attache aux personnes lorsque celles-ci lui apportent l'attention et la reconnaissance dont il semble avoir tant manqué. À notre tour de nous attacher très vite à lui pour ses fragilités comme pour la force qui lui permet d'avancer.
L'éditeur esquisse la bio de l'auteur marrakchi. L'histoire de Marc s'inspire beaucoup de celle de Gérard; mais Marc n'est-il pas un prénom qui sonne comme Maroc ou Marrakch ?
Gérard Jean Muller est né à Marrakech en 1942. Après des études de médecine, il invente en 1970 SOS Médecin à Nice puis les premiers services d'urgences en cliniques privées en 1985 après avoir animé la Fédération SOS France et d'autres types d'associations comme SOS Drogue qu'il aide à accéder à l'international. Mais c'est sur le terrain qu'il respire le mieux. Il fera dix ans de secours montagne.
Il est possible de se procurer son livre SÉISMES, 314 pages, ISBN 9782748382839 chez son éditeur et même de lire gratuitement les 16 premières pages en .PDF cliquer sur: SÉISMES
Extrait sur le 7 mai 1954 à Marrakech:
Extrait sur "l'enfance qui s'en va":
Gérard-Jean Muller souriant au milieu de sa classe de seconde M' en 1958 au lycée Mangin, la meilleure section pour préparer le Bac Sciences expérimentales. C'est en 1958 que commence son roman.
DESBROSSES - MARTIN - Jean-Philippe BISCH - BÉNICHOU - Gérard BERTRAND - Gérard-Jean MULLER - LACREUSE - SÉGURA - ERHEL - Michèle GOUDÉ - GOMEZ - ÉTIÉVANT - professeur MONTFORT - BLANCHÉ - THOMAS - MARTIN - FLAMAND -
Voilà donc un nouveau livre d'un vrai marrakchi. Ceux qui se souviennent de Gérard et de sa famille peuvent reprendre contact avec lui. Le blog lui transmettra les messages que vous lui adresserez par le lien "Contactez l'auteur" en haut et à gauche de cette page. Vous pouvez aussi écrire un commentaire Ci-dessous et évoquer des souvenirs.
APPRENDRE L'ARABE DIALECTAL, la magie à Marrakech
CHRISTIAN RETROUVE SON ARABE DIALECTAL DANS UN LIVRE
AZIZ CHERKAOUI NOUS RECOMMANDE LE FESTIVAL DU "SOUFFLE MAGIQUE" QUI AURA LIEU À MARRAKECH DU 6 AU 8 AVRIL AU THÉÂTRE ROYAL AVEC LES MEILLEURS MAGICIENS D'EUROPE ET DU MAROC
Renseignements sur :
Ombres chinoises... voilà un festival qui nous permet de nous souvenir du grand magicien marrakchi qu'était l'avocat Ducou.
CHRISTIAN a étudié l'arabe dialectal lors de sa première année au collège technique. Il lui en est resté pas mal de souvenirs, puisqu'il s'en sert lors de ses voyages à Marrakech et ailleurs. Mais il a débusqué en plus dans on ne sait quelle caisse inviolée depuis des années son manuel scolaire de l'époque:
"Un grand désordre pour faire un ordre...et dans ce désordre pour remise en ordre, l'on retrouve quoi donc ? Un bouquin vieux de près de soixante années...: mon premier livre d'arabe dialectal du Collège Technique... Cela va m'être bientôt très utile. Je commence les révisions demain."
Il nous envoie des preuves par l'image:
La couverture montre l'ancienneté du document
La méthode active de Younes Nekrouf, professeur dans un grand lycée, première partie.
Comme le prouve l'envers du papier de couverture, le livre a bien été acheté à la Maison MARTIN, un libraire marrakchi de l'avenue Mangin, qui proposait aussi à la vente de la parfumerie, des objets pour des cadeaux et même des machines à écrire ROYAL
Dès la page tournée nous nous trouvons à l'étude dans l'Alphabet de transcription
Cliquer sur la page pour l'agrandir. Nous commençons par les voyelles avec sept cas différents, puis nous poursuivons par les consonnes avec chaque fois un exemple.
Avec la premiere leçon est proposé page suivante des exercices qui permettent d'évoluer dans la classe entre la porte, les fenêtres, la table et la chaise.
La leçon suivante (2) s'interesse aux adjectifs et aux pronoms
La leçon 3 nous apprend à parler du professeur et à lui donner des qualificatifs
Leçon 4 : on distingue debout et assis, ainsi que moi, toi, lui.
Les connaissances de Christian en arabe dialectal lui servent beaucoup quand il voyage au Maroc. Avant votre prochain voyage à Marrakech il est recommandé de réviser.
Pour ceux qui voudraient le même livre , il se trouve d'occasion entre 25 et 35 euros sur internet.
Qui se souvient de ses premiers pas dans l'apprentissage de l'arabe dialectal ? Merci d'en partager le souvenir dans les commentaires.... Merci surtout à Christian pour ce document marrakchi vieux de presque 60 ans. Sachons qu'il s'est perfectionné ensuite avec un autre livre "Yallah !"
Bientôt sur le blog... plusieurs classes de l'école du Guéliz... la naissance du Guéliz racontée en 1919... des accidents d'avions en rapport avec la BE707... et bien d'autres choses encore... concernant Marrakech et les marrakchis. Si vous avez des documents ou des souvenirs sur ces thèmes ou sur d'autres merci de les partager.
MAHJOUB LE CHEVAL, SOUVENIRS D'UN JEUNE MARRAKCHI
L'auteur, Jean-Pierre KOFFEL -JPK-, écrivain et professeur de lettres, est né en 1932 et a vécu à Marrakech alors qu'il étudiait à l'école du Guéliz et au lycée Mangin. Hassan Azdod son ami, souhaite que le blog publie d'autres passages de son recueil de souvenirs "Au jour les jours" écrit en 1948 et anoté en 2008 par l'auteur (phrases entre parenthèses). Nous accédons volontiers au souhait de notre ami Hassan pour en faire profiter tous les anciens de Marrakech.
C’était la guerre (39-45), qui a duré de mes sept ans à mes douze ans. Période de restrictions, de rationnements. Cela ne m’a pas laissé bien grand souvenir. J’ai eu – et j’aurais eu de toute façon – une enfance sans jouets, sans distractions (très peu de cinéma). J’allais, en saison, à la piscine d’enfants, située en face le casino, au bout du quartier dit de l’Hivernage – un espace laissé à la nature, tout juste loti, qui n’était pas encore investi des villas que l’on y voit maintenant. Cet Hivernage, qui allait du jardin du Harti jusqu’à la Ménara d’un côté, et jusqu’aux remparts derrière lesquels il y a l’hôtel Mamounia de l’autre, était un lieu idéal pour les promenades et les jeux d’enfants. Mon petit frère Gilbert (qui est né à Marrakech en 1944 et qui n’a quitté Marrakech qu’en 1960) a beaucoup plus profité que moi de ces espaces libres, où il y avait des arbres, des buissons, des taillis, des fourrés, et du petit gibier.
C’était très beau, avec l’Atlas (enneigé des pieds à la tête en hiver jusqu’à la fin du printemps) en proche arrière-plan. Il y avait un vieux bassin où rêvaient des gens calmes et silencieux. Il y avait, tout près de la piscine d’enfants, une petite forêt de néfliers très serrés, où venaient quand même les oiseaux; en saison, l’on pouvait y cueillir des petites nèfles dont j’ai bon souvenir; ce n’était pas du chapardage: ces fruits – qui maintenant se commercialisent bien – n’avaient pas grande réputation (le mot mzah qui veut dire nèfles a comme en français un second sens péjoratif, associé à l’idée de blague, de pas grand-chose, d’effort fourni pour rien).
Les privations, les restrictions dont je parlais plus haut, c’était la margarine à la place du beurre, le lait en poudre ou en boîte, le savon noir – qui formait de jolis cônes chez les marchands des souks – , l’absence de bonbons, les bananes séchées. Les bananes séchées et les sardines à l’huile – en boîtes – étaient le régal de cette époque, où l’on trouvait aussi du singe, c’est-à-dire des conserves de corned-beef, sans doute des animaux de la pampa. J’adorais les bananes séchées qu’on me préparait en sandwich au milieu d’une demi-baguette pour mon quatre-heures. Mes meilleurs souvenirs d’enfance de cette période de la guerre sont peut-être la piscine d’enfants (elle a disparu il y a belle lurette, bien sûr, et a laissé la place à un hôtel) et les sandwiches à la banane séchée. En fait, je n’ai pas du tout souffert des privations en question et je suppose qu’au Maroc les gens ont été assez épargnés. Par contre, ce qui faisait défaut, c’étaient les médicaments, notamment ceux pour soigner la maladie de Parkinson que ma grand-mère avait héritée de la première guerre mondiale – et si elle est morte , le 7 février 1945, c’est bien de l’absence de médicaments. Pour me distraire, j’avais les livres – ma grand-mère lisait beaucoup et nous avions nos habitudes à la Bibliothèque du Harti qui n’était pas loin de la maison – , les disques – des 78 tours, bien sûr, surtout de l’opéra chanté en français, même l’opéra italien, j’en reparlerai – , et la radio – un gros meuble que décrit fort bien Driss Chraïbi dans La civilisation, ma mère, et l’on ne captait pas que Radio Rabat, mais, par exemple, Radio Andorre, Aqui Andorra...
Il devait y avoir des restrictions sur l’essence. M. Calvaruso mon beau-père devait bien avoir une de ses somptueuses voitures américaines – dans ces années-là il travaillait à la construction d’une aile de l’hôtel Mamounia pour le compte de l’entreprise casablancaise Cassou et Bonan, avant de voler de ses propres ailes. Mais la voiture en question ne suffisait pas et il avait acheté un cheval, appelé Mahjoub, et un cabriolet, que Mahjoub tirait. Je ne sais plus très bien qui conduisait « la charrette » comme on disait. Je ne pense pas l’avoir fait. Je n’ai jamais eu beaucoup de curiosité pour ce genre d’activités. Nous avions une corderie au quartier industriel (sur la route de Mogador, pas loin de la deuxième entrée de la Ménara, qui est une grande oliveraie, là où il y a maintenant une base école aérienne) et Mahjoub servait surtout à conduire la « charrette » et à transporter jusqu’à cette corderie. Mais il dormait à la maison. C’était un jeune cheval de trait, qu’on ne m’en demande pas plus. On avait dû lui improviser une écurie au bas bout du jardin, à côté du garage qui servait aussi de remise. Je ne sais plus très bien. Ce que je sais, c’est que le matin, il venait lentement me retrouver dans la cuisine qui avait une porte donnant sur la cour dont j’ai parlé plus haut à propos des tiques – cour qu’on arrosait à grande eau, pour mon plus grand bonheur. Quand je dis « il venait dans la cuisine », c’est une façon de parler ; la cuisine était assez petite, mais il aurait quand même pu y entrer – en faisant bien attention, ce qui était dans ses cordes –, mais il ne le faisait pas, car il était trop bien élevé. Dans le creux de ma main, je lui donnais un sucre; il ne se pressait ni pour le prendre, fort délicatement, ni pour le croquer, en me regardant avec bonté, ni pour repartir, car il savait bien qu’il ne pouvait pas rester cent sept ans dans cet entrebâillement de porte. Il repartait donc pour aller dans l’espace qui était le sien, qui flairait légèrement l’urine, le foin et le crottin – des odeurs moins dégueulasses que celles qu’on nous fait subir maintenant. Il devait m’arriver d’aller le retrouver et de monter sur lui. Nous étions amis et je suppose qu’il m’a aimé beaucoup plus que je ne l’ai aimé.
La Marrakech de l’époque, comme beaucoup de villes du Maroc, était scindée en deux: la médina, où habitaient majoritairement ceux que l’on appelait globalement les Arabes, et le Guéliz, ou plus exactement la ville nouvelle – appellation qui n’existe pas à Marrakech – , soit l’ensemble des quartiers européens. (...)
À Marrakech, de 1940, l’année où nous y sommes arrivés, à 1960, l’année où mes parents en sont partis (ruinés), nous n’avons habité que deux maisons: la première en médina (à la Kennariya, cette rue qui part de Jmaa el Fna, au niveau du café de France) ; la seconde au Guéliz. La rue s’appelait d’abord la rue du docteur Madeleine, puis elle a été débaptisée et est devenue rue Picheral. Actuellement, elle est tout bonnement rue du Harti, ce qu’elle avait de mieux à faire vu qu’elle longe ce jardin public qui s’appelle le Harti. La rue où nous habitions allait de la Place du 7 septembre (le 7 septembre 1912, l’entrée de la colonne Mangin à Marrakech) au Quartier Industriel, en longeant d’abord le Harti – dans lequel on pouvait pénétrer, en dehors des deux portes monumentales à chacune de ses extrémités, par une petite porte étroite dans le mur d’enceinte, qui n’était pas très haut à l’époque. C’était une villa, au numéro 30, badigeonnée de rose tyrien, avec un jardin qui faisait l’angle avec une autre rue qui, elle, plongeait vers le centre, vers le marché du Guéliz. Dans cette rue, il n’y avait que des villas, sur un seul côté (l’autre côté étant occupé par le Harti, puis par des restants de campagne). Ces villas étaient des rez-de-chaussée pour la plupart et les jardins étaient assez conséquents. Nous louions notre villa à une certaine Madame Bonnassieu de Casablanca (je n’ai vu que plus tard le rapprochement littéraire à faire, encore que j’aie lu tout petit – et ne les ai pas relus – Les trois mousquetaires ). Il y avait là place pour les gens – et même une petite pièce avec commodités au bout du jardin où ma grand-mère malade a été exilée à la naissance de mon frère et où elle est morts trois mois après cette naissance –, les arbres dont des mûriers et d’énormes eucalyptus, les fleurs, les animaux (chiens, chats, poules, cheval, et même des grenouilles dans un petit bassin avec nénuphars). J’adorais arroser le jardin, les feuilles, les murs dont le rose fonçait sous le jet, les animaux...
C’est Mahjoub le jeune et gentil cheval, tendre et affectueux ami, qui m’a entraîné si loin dans mes souvenirs et dans la reconstitution des lieux dont ils se sont nourris. Mahjoub avait pour charge essentielle de tirer la « charrette » et d’aller où on lui disait. Il ne se posait pas de question et était docile et discipliné, ne protestant que contre les mouches qui étaient particulièrement insistantes, surtout l’espèce dite mouches à cheval. Je le revois encore à l’attache, balayant l’air de sa queue poivre et sel, le fouettant, se défendant à coup de sabots, secouant sa bonne tête.
Et j’en viens à cette scène qui m’a fait pour la situer rédiger tout ce long préambule. C’est pendant la guerre. Je dois avoir dix, onze ans. Nous sommes allés avec la carriole tirée par Mahjoub en médina, dans ce que l’on appelait alors un fondouk , c’est-à-dire un entrepôt non couvert, un espace non revêtu bordé de petits commerces en dur ou en toile. C’était rare qu’on aille en médina. C’est ma tante Solange qui avait conduit la carriole – elle travaillait pour M. Calvaruso mon beau-père, mais ça n’a pas duré longtemps, juste pendant la guerre. Ma tante était allée vaquer à l’occupation qui nous avait amenés dans ce fondouk (je n’ai aucune idée de ce que cela pouvait être). Elle nous avait laissés, Mahjoub et moi en plein soleil au milieu d’une foule comme on en voit sur les souks, des gens avec leurs bêtes. En quelque sorte, j’étais sous la bonne garde de Mahjoub, mais, en cas de, ma tante n’était pas loin : ce qu’elle avait à faire était à portée de voix et de regard, à condition qu’elle n’ait pas le dos tourné. Je ne ressentais d’ailleurs aucune insécurité. Des gens, des Marocains, allaient et venaient, vaquant à leurs occupations en ces lieux, sans que cela ni ne m’intéresse, ni ne m’inquiète en aucune façon. Je n’avais aucune curiosité. Et c’est là le caractère principal de toute mon enfance Je n’avais pas l’habitude d’une plongée de ce genre dans le peuple aux côtés duquel nous vivions, comme en marge, comme dans un cocon, avec d’imprécises frontières, que nous avions franchies ce jour-là – Mahjoub, ma tante et moi –, ce qui était l’exception Ces Marocains qui étaient ce jour-là dans leur élément de poussière, de chaleur, de lumière éblouissante, ne m’inspiraient rien du tout : ni dégoût, ni sympathie, ni pitié, ni crainte. Rien. Je regardai faute de mieux le spectacle qu’ils m’offraient en attendant que ma tante revienne de la course qu’elle avait à faire. Parmi ces gens qui tournaient autour de la carriole, il y avait une petite vieille à visage découvert, vêtue dans un bouillon de vêtements, sans doute un saroual bouffant – l’époque n’était pas du tout aux djellabas pour les femmes, mais aux haïks. Ma petite vieille – et quand je dis petite, je veux dire qu’elle était petite de taille, et menue – ne portait pas de haïk. Elle avançait, un peu voûtée, se tordant sournoisement, les yeux plissés, me regardant à la fois par en dessous et par en dessus. Lorsque, plus tard, mon professeur d’arabe dialectal en 6e et en 5e, Mme Lazarev, me présentera le mot aagouza, qui veut dire vieille femme, mais aussi sorcière, immédiatement la petite vieille sournoise du fondouk (était-ce du côté de Bab Doukkala ?) se présentera à mon esprit – et elle s’y présente encore bien souvent, se mouvant lentement dans ce décor que je viens de décrire. Je ne regardais qu’elle, de ce regard tranquille et déjà bien myope que je retrouve sur mes photos d’époque (on disait que j’avais de beaux yeux ; beaux, peut-être, mais assurément pas bons). Arrivée à mon niveau (j’étais assis dans la carriole, qui devait donc être assez basse), la aagouza s’est arrêtée sans cesser de me fixer. Je ne peux pas parler de méchanceté dans ses yeux, mais plutôt de moquerie, de défi, de malignité. Nous ne nous sommes rien dit. Elle a élevé sa main droite au niveau d’un de mes deux yeux (je ne saurais préciser lequel) et, opérant une vive détente de son pouce et de son majeur qui étaient en position de lancer quelque chose d’entre ses deux ongles, comme on le fait d’une boulette, elle m’envoya dans l’œil (le gauche ou le droit ? je serais tenté de dire le droit, vu que je devais le perdre une dizaine d’années plus tard d’un décollement de la rétine) soit un grain de tabac, soit une croûte nasale, soit un pou. Je n’ai plus très bien retenu la suite de l’événement. J ‘ai dû me frotter l’œil atteint et ne plus m’occuper d’autre chose. Je ne sais pas comment la vieille malfaisante et malintentionnée a disparu de mon champ de vision. Je n’ai dû me poser aucune question sur son geste. Je m’en suis posé bien plus tard. En quoi le petit Français de dix ans au clair regard serein que j’étais avait-il pu provoquer cet acte maléfique ? Était-ce une réaction à l’occupation européenne du Maroc ? Cette femme avait-elle un pouvoir destructeur à longue portée ? Qu’est-ce qu’elle m’a balancé dans l’œil ? Comment ai-je éliminé ce corps étranger ? En le rejetant, ou bien en l’assimilant ? Qu’est devenue cette vieille femme ? Est-elle morte à l’heure qu’il est ? M’a-t-elle jeté un sort ? Je retiens surtout d’elle l’intention de faire mal, d’exercer une vengeance. Juste ça : du bout de deux doigts, un petit projectile bien propulsé, peut-être tout simplement le dernier pou qu’elle venait d’attraper sur son corps ou sur sa tête. Je revois encore Mahjoub piaffant d’impatience entre ses brancards.
Merci à Hassan Azdod de nous avoir permis d'avoir accès à cette tranche de souvenirs. Beaucoup d'anciens de Marrakech, même s'ils n'ont pas vécu exactement la même période retrouveront dans ceux de JPK des scènes qui leur évoqueront leur passé. Pensons aussi à nos anciens qui ont connu le Marrakech des années de guerre. Ce récit est une invitation à poursuivre par d'autres récits, comme d'autres l'ont fait notamment dans les pages Chkoun Ana ou simplement dans les commentaires.
TOULOUSE ET MARRAKECH - LE ROSE ET LE ROUGE
TOULOUSE LA ROSE ET MARRAKECH LA ROUGE, PLUS D'UN POINT COMMUN
Marrakech AVRIL 2O11 - Toulouse MARS 2012 -
Montauban honore ses paras le 21 mars
D'anciens de Marrakech vivent à Toulouse où dans ses environs, nous les saluons en publiant les photos toulousaines, montalbanaises et marrakchie des correspondants du blog.
Place du Capitole, un hôtel de briques "roses" le Grand Balcon, pas très loin de là le clocher des Jacobins qui fait penser que Marrakech a aussi ses tours.
La porte des Jacobins peut faire penser à Bab el Khemis plus petite que Bab Agnaou.
L'une des particularités de l'Église des Jacobins qui garde la mémoire de Thomas d'Aquin vient de son architecture hardie. On appelle la plus haute colonne qui se termine en une multitude de nervures "Le Palmier". Un palmier immense fait de pierres et de briques qui abrite le choeur de l'Églse de ses palmes immortelles.
En plein coeur de ville poussent des palmiers plus petits
Certains palmiers se cachent entre les maisons
A droite un côté de la célèbre place du Capitole
Non ce n'est pas le bassin de la Menara
La Garonne et l'Hopital de la rive gauche vu de la rive droite.
L'Hôtel Dieu, curieux nom pour un hôtel !
Danka qui habite le Lauragais nous explique ce qu'est l'Hôtel Dieu.. "Ce n'est pas un hôtel ; il abrite le siège des hôpitaux de Toulouse ; classé patrimoine national et si ma mémoire est bonne patrimoine mondial de l'unesco . IL date du 12ème/13ème siècle ; riche de son histoire, il a été le '"passage" des pèlerins de Compostelle. D'autres hôpitaux en France portent ce nom "Hôtel Dieu" : Beaune, Paris, Beyrouth ..." En fait c'est en 1554 que l'Hôpital Saint Jacques devient "la maison de Dieu", l'Hôtel-Dieu, le plus important de Toulouse. Il est agrandi, transformé, la chapelle est plafonnée à neuf.
A Toulouse, une très vieille église au nom étonnant: St Pierre-des-cuisines
D'autres constructions de briques roses
Les bistrots de la place du Capitole, certains ont des arcades...
Une fontaine dans la rue
L'Eglise Saint-Sernin autour de laquelle le dimanche se trouve un marché où il est possible d'acheter une gandoura à sa taille et babouche à son pied.
Les seguias de Toulouse s'appelent canaux, on y voit aussi des écluses.
A droite une rue du centre, ci-dessous des maisons toulousaines du quartier Matabiau.
Ci-dessous l'Église Saint-Pierre avec un dôme qui évoque une Kouba
A droite, Saint-Sernin, il s'agit de l'oeuvre d'un artiste dans le Salon rouge du Capitole, à côté du bureau de Pierre Cohen, Maire de Toulouse.
Derrière la gare Matabiau, le quartier Jolimont.. où dans une rue tranquille se trouve une école, un collège-lycée de jeunes juifs qui y ont perdu la vie de manière atroce... Jonathan et ses deux jeunes fils; ainsi qu'une petite fille de huit ans.
Déja vendredi dernier, un para du train, d'ascendance marocaine avait été tué... puis d'autres paras à Montauban
La couleur d'un mur à Marrakech, avenue Louis Barthou.
Marrakech pleure avec Toulouse et Toulouse avec Marrakech
Le 21 mars à Montauban la République honore ses paras
A gauche des bouquets de fleurs, là où les paras ont été froidement abattus. À droite, l'entrée de Montauban avec la caserne des paras et le drapeau mis en berne en signe de deuil.
Imad Ibn Ziaten, Mohamed Legouad, Abel Chennouf
La République unanime se dresse contre ces actes odieux à Toulouse et à Montauban.
Dans la cour de la caserne, les tentes à gauche pour la cérémonie d'hommage.
Pensons aux sept personnes assassinées: Imad, Abel, Mohamed, Jonathan et les enfants Aryeh, Gabriel et Myriam, sans oublier les blessés.
Pour eux tous, leurs familles et leurs amis, des fleurs du printemps!
LE GUÉLIZ ET SES ARCADES
LES ARCADES DU GUÉLIZ
(dans la Marrakech des années 40)
Jean-Pierre Koffel, écrivain franco-marocain, ancien élève du lycée Mangin, puis professeur de lettres, disparut il y a 16 mois à 78 ans avait écrit en 1948 une série de notes sur son enfance à Marrakech. Ces notes réunies dans un recueil intitulé "Au jour les jours" n'ont jamais été publiées. Les anciens de Marrakech aimeront revenir dans leurs souvenirs en lisant ce qu'il écrivait sur les Arcades du Guéliz. Les mots entre parenthèses ont été ajouté par JPK en septembre 2008. Merci à Hassan Azdod un de ses amis de nous avoir fait connaître cet écrit.
Chaque lecteur pourra à la suite de ce texte raconter dans les comentaires un souvenir des "Arcades du Guéliz" telles qu'il les a connues. Des photos peuvent être aussi envoyées au blog, par l'adresse: mangindemarrakech (arobase) free.fr .
Ce que j’aimais dans l’architecture du Guéliz colonial – le quartier européen de Marrakech-la-rouge, très séparé de la médina – c’étaient les arcades. Ça faisait ville, comme les feux rouges − il y avait des feux rouges et des arcades dans Casa-la-grise, et pour le petit garçon que j’étais, une vraie ville devait avoir des arcades et des feux rouges, comme dans la rue de Rivoli à Paris, que je ne devais découvrir que plus tard −, et à Marrakech, il n’y a eu longtemps qu’un seul feu rouge, quelle honte !
Donc, il y avait des arcades au Guéliz, essentiellement avenue Mangin, devenue tout naturellement Mohammed V. Au bas des immeubles de ce rose n’importe quoi qui fait grincer Mlle Masson (Porte ouverte sur un jardin fermé). Au bas de l’immeuble Padovani, rue Verlet-Hanus.
J’aimais bien me promener sous les arcades. Les pas étaient plus sonores. Il y en avait en face du Marché, puis on pouvait continuer sur le même trottoir en passant devant chez Diofébi l’épicier grec, jusqu’à la Poste (là où se trouve le Syndicat d’Initiatives maintenant), carrefour ou rond-point où se coupaient l’avenue Mangin, filant vers les contreforts du Guéliz, et l’avenue Landais (Zerktouni, je crois, maintenant). Il y avait à gauche le Café de l’Atlas, du père Zurita, premier rendez-vous des poivrots de l’époque ; en face, à droite, la Brasserie des Négociants, avec son bar américain, sa barmaid très femme fatale (à M. Calvaruso mon beau-père, notamment) ; il y avait aussi le Tout va bien, également avec barmaid mémorable (celle-là avait les cheveux, violets ou mauves, en éventail), et à côté la pâtisserie Dépied (mais si, mais si !) ; il n’y avait pas encore sur le même carrefour La Renaissance, ni un peu plus bas, le cinéma Colisée, face au restaurant La Taverne, qui, lui, était déjà là...
Les Négociants, comme L’Atlas, et comme plus tard La Renaissance, avaient des tables en terrasse, sous les arcades. Dans l’immédiat après-guerre, il y avait aux Négociants un orchestre sur une estrade. Sous les arcades qui formaient là un généreux arrondi. Les rengaines de l’époque, des airs de Tino Rossi, de Georges Guéthary, de l’inévitable Rina Ketty, des morceaux de bravoure pour accordéon, tangos, javas, cancan... C’était joyeux les beaux après-midi d’automne et de printemps, les samedis, les dimanches, pour les flâneries du badaud peuple pied-noir, et aussi marrakchi, arabo-berbère, car la médina aimait bien descendre lentement au Guéliz, et nul n’y trouvait trop à redire.
Sous le couvert des arcades, sur le trottoir, il y avait, comme maintenant, des éventaires de marchands de journaux. Un peu après le petit magasin du grand photographe Bertrand, un brave homme à taguia, silencieux, tranquille avec sa tête, à la démarche lente, avait installé son étal et vendait des livres d’occasion, des revues, des cartes postales. J’étais un de ses bons clients.
A vous maintenant d'ajouter vos souvenirs des "Arcades du Guéliz"
Les Marakch'amis évoquent Marrakech et envoient des souvenirs
HUGUETTE ajoute une petite suite à son Chkoun Ana et parle de son étoile
"Une nuit ,ma petite étoile est revenue me voir ,a soufflé,dans mon oreille qu'il fallait que je parle de notre si belle ville... MARRAKECH...MONIQUE nous écrit: Je suis la petite fille de la mémé DROUIN d'Igherm Nougdal. Fidèle du site mais jusqu'à présent je suis restée silencieuse ...
J'ai trouvé dans un livret "Marrakech et le grand atlas" éditions Inter-presse Casablanca des années 1936 (je pense) un encart de pub sur la teinturie "Maison Breton"...
Je rajoute une autre page de pubs des mêmes années, un petit clin d'oeil à la famille JAMET.
La publicité pour la Maison Breton complète les informations que recherchait Catherine sur sa grand mère et son magasin "Au Poupon Parisien". Maison fondée en 1921. La publicité sur le restaurant des Jamet "Au Poussin d'Or" faisiat aussi partie du livret.
Ce qui nous permet d'avoir une pensée pour Sissi (Félicie) ainsi que pour Alain qui vient de s'installer en Bretagne avec Betty.
D'autres publictés sur des photographes de l'Avenue Mangin, dont le célébre FÉLIX et le bien moins connu Aristote Zermas qui semble avoir exercé à Casablanca. Voir plus bas un cliché qui serait de lui d'un Spahi-Sénégalais. De ceux qui sous les ordres du Colonel Mangin participèrent à la bataille de Sidi Othmane.
Qui se souvient de ces autres commerces ?
Certains auront des souvenirs des hotels et des restaurants. Nous avons parlé de l'Hotel d'Alger sur ce blog grâce à Jean-Marc Berger.
MAMIE PAULETTE ou MAMIE D'IMINI nous fait un petit coucou. Avant de prendre la route pour Imini elle desscendait souvent à l'Hotel Majestic dont Fadwa recherche des photos.
Le Majestic/Koutoubia est fermé, mais l'Hotel du Pacha est toujours là, Blandine nous en a rapporté des photos récemment.
Un petit clin d'oeil pour Marie-France avec le Magasin Arribe de la rue Bab Agnaou
Merci à Huguette, Paulette, Monique, de même qu'à Jean-Pierre pour ce voyage dans nos souvenirs.
Nous pensons à tous ceux qui sont empéchés d'écrire, quelquesoient les raisons de ces empechements et notamment à cause d'ennuis de santé. Nous leur souhaitons de retrouver rapidement la faculté de partager avec nous le plaisir d'échanger nos souvenirs et de resserrer nos liens d'amitié.















































































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