Une certaine Isabelle SIX a commis un article en 2014 qui prétend que c'est l'urbaniste PROST qui a conçu le Guéliz en utilisant des terrains militaires. Prost n'est arrivé au Maroc qu'en 1914, le quartier du Guéliz a été tracé, mis en parcelles par le capitaine LANDAIS, lesquelles furentet vendues à partir de juin 1913. Le quartier du Guéliz n'était pas sur terrain militaire, les terrains militaires constituaient un camp homogène au nord-ouest du quartier du Guéliz. On trouvera l'article où se trouvent ces propos erronés sur: https://darzampa.wordpress.com/page/5/.  Les ressources iconographiques de l'article de I. SIX ont été principalement empruntées au blog Mangin@Marrakech. On aurait bien aimé que I. SIX ( ou Dar Zampa) nous en fasse la demande. On aurait pu leur dire que le capitaine Landais était déja à Marrakech en 1911 et qu'il y étudiait la topographie locale. (ajouté par M2M, juin 2018).

PLAN DU GUÉLIZ EN 1930 ET ORIGINE DE LA VILLE NOUVELLE EN 1913.

Jean-Louis ROY nous a fait l'amitié de scanner un GUIDE BLEU de 1930 afin que nous puissions voir les noms anciens des rues et les parties qui n'étaient pas encore construites.

CRÉATION DU GUÉLIZ 1913
Le plan du Guéliz avait été dessiné par le Capitaine Landais selon les voeux du Général Lyautey. C'est une exception car Lyautey avait fait appel pour le Maroc à un urbaniste de renom, Henri PROST, auquel il avait demandé d'aménager dix villes nouvelles à l'écart des grandes villes marocaines de l'époque. Mais Henri Prost arrivant à Marrakech a pu constater que la plus grosse partie du tracé des voies avait été déja réalisé par le Capitaine Landais. Cette politique urbanistique de Lyautey permettait d'une part de conserver le patrimoine des villes anciennes,  qui en cas  de démolition de vieux immeubles devait prévoir des reconstructions à l'identique et d'autre part l'accueil de nouvelles populations dans des villes nouvelles. Lyautey ne voulait pas de ce qui s'appelait à l'époque le "mitage", c'est à dire l'introduction de bâtisses modernistes dans le tissus du patrimoine architectural marocain traditionnel.

Ce choix urbanistique fut très apprécié au début du protectorat puisqu'il protégeait les traditions respectives, mais avec le temps il fut un obstacle au mixage des populations, car si quelques européens vivaient en Médina, peu de marocains s'installaient dans les immeubles du Guéliz..

À Marrakech, l'urbaniste Henri PROST pouvait compter sur le Capitaine LANDAIS, nommé par Lyautey et qui fut le Grand chef des travaux de la ville nouvelle dès 1913. Pour construire la ville, il fallait transporter les pierres des carrières du Guéliz jusqu'aux abords de la médina. Une voie de 60 fut installée qui partait  du pied de la colline du Guéliz et suivait le tracé de l'avenue de Casablanca jusqu'au niveau de la gare, puis suivait la rue des Écoles jusqu'à la place du 7 septembre et plus haut l'entrée de la place Jemaa El Fna.  Puis quand la plus grosse partie des travaux de construction fut réalisée, la voie de 60 fut démontée, la gare de départ au pied du Guéliz ne fut pas démolie immédiatement après.

Le Capitaine LANDAIS fut le chef des services municipaux de Marrakech; la rue des Oudaïas fut débaptisée pour devenir l'avenue LANDAIS. La ville de Marrakech lui doit beaucoup et il est regrettable que son nom ait disparu de la liste des grands personnages du Guéliz.

LE GUÉLIZ EN 1930

30gueliz

On remarquera que l'Église des saints-Martyrs n'est pas encore mentionnée, mais que la chapelle est indiquée près de la gare. Ni le lycée Mangin, ni le quartier de l'hivernage n'apparaissent encore. En revanche le vélodrome est déjà construit mais disparaîtra pour laisser la place au collège technique.

Dans le Guide Bleu de 1930 on trouve des indications à l'intention des touristes qui viendraient de la Médina (où se trouvaient les hôtels) pour se rendre au Guéliz:

"On sort de Marrakech (Médina) par la nouvelle et large avenue du Guéliz qui, laissant à gauche la caserne DAR BAROUD, le Service des Eaux et forêts et un grand jardin public aménagé dans la Palmeraie, conduit à la place du 7-septembre. De ce point partant en éventail les artères principales de la ville nouvelle, toutes très larges dont beaucoup sont bordées d'eucalyptus et de philaos. Ce sont en allant du Sud au Nord: la rue du Djenane El Hartsi, qui longe le jardin public où s'organise la foire printanière annuelle; l'Avenue du Haouz  que prolonge la Route de Mogador et qui dessert la Gare et le quartier industriel; l'Avenue des Ouled Delim, qui se rend à la prison et à la gendarmerie; l'Avenue du Guéliz, qui dessert le Bureau de Poste, conduit au quartier militaire ( Cercle militaire, Bureaux de la Place, parc d'artillerie, parc du génie, trains des équipages, subsistances, infirmerie, maison du soldat).

La construction de la ville nouvelle a été inaugurée en 1913, en plein désert parsemé de quelques palmiers. La population civile est (en 1930) d'environ 1500 habitants dont un millier de français.

A 800 mètres environ au N.E de la place du 7-septembre, dans la Palmeraie, s'élèvent deux habitations de construction récente, s'inspirant des traditions locales: la villa Majorelle (fabrication d'objets en cuir brodé) et la villa Taylor...."

Qui ne connaît pas la Villa Majorelle ? on sait moins cependant que la Villa Taylor  était habitée  par madame la COMTESSE de BRETEUIL assistée de sa gouvernante mademoiselle GAUTHAY, avant l'Indépendance. Auparavant, pendant la guerre CHURCHILL y fit plusieurs séjours et y rencontra ROOSEVELT en 1943.

Merci de compléter dans les "commentaires" par des souvenirs, des informations ou des références bibliographiques sur l'histoire du Guéliz.