UN LIVRE A SE FAIRE OFFRIR AVANT DE REVENIR À MRK: LE ROMAN DE MARRAKECH

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"Anne-Marie CORRE est journaliste, rédactrice en chef à PARIS MATCH. Après un coup de foudre pour le Maroc à 18 ans, elle s'est éprise de Marrakech pour ce qu'elle cache encore plus que pour ce qu'elle montre."
C'est en ces mots que Les éditions du Rocher présentent la légitimité de l'auteure à se faire "guide assermenté" de la ville rouge.

Au dos de la couverture l'éditeur présente:
" Marrakech est une ensorceleuse. Cette plaine éblouie de soleil au pied de l'Atlas enneigé où elle se love comme une femme dans sa muraille ocre rose, sa chair de terre brute, son dédale de ruelles, ses jardins enchantés, ses troublants parfums... Autant de charmes qui recèlent secrets et mystères. Avant même de découvrir ses trésors cachés, on les pressent, on les devine et on frémit, captivé. Mieux que le plaisir, la " ville rouge " vous invite au désir... Mais au-delà de cette image sensuelle, son histoire troublée rappelle qu'aux XIIe et XIIIe siècles, Marrakech a régné sur un immense empire allant du Sénégal au nord de l'Espagne. Combats épiques, conquêtes au goût d'or et de sang, héros captivants, luttes fratricides... Qui imaginerait que la place Djema'a el-Fna, avec ses marchands d'amulettes, a été le théâtre de tant de splendeur, d'amour et de haine ?
Aujourd'hui, les excès de la richesse et du luxe touristique jettent sur l'exotisme de Marrakech l'ombre de la rigueur islamiste... Faut-il craindre l'explosion ? Face à ces nouveaux défis économiques et religieux, la traditionnelle ouverture de Marrakech et sa population mélangée - berbère, arabe, juive - font espérer que la ville restera encore longtemps modérée dans ses fièvres et tolérante dans sa culture.

Citations: l'auteure possède un style attrayant ( voir extrait plus bas) et dès les premières pages, elle donne le ton: "Marrakech, comme les femmes, aime ses amoureux, pas ses courtisans. Ce livre n'est pas pour les tièdes qu'un simple guide aidera à faire quelques photos, trois petits tours et puis s'en vont. Il est pour ceux qui veulent entrer dans le cercle de ses amants. succomber au coup de foudre. Prendre au corps à corps la terre crue qui est la chair de son architecture. La désirer même quand elle se fait laide, même quand elle se néglige et sent le musc comme une maîtresse lassée. Marrakech ne souffre que la passion...."

Un aperçu du contenu de ce 'roman' dans la liste des chapitres:

MARRAKECH D'AUJOURD'HUI
Djema'a el-Fna
La Mamounia
Un paradis français
Palais de rêve

MARRAKECH D'HIER
Koubba
Koutoubia
Kasbah
Grandeur et misère des rois Saadiens
Menara
La Bahia
Lyautey
Une vie de pacha

MARRAKECH DE TOUJOURS
Jardins enchanteurs
Les souks
Le voile
Harems
Gastronomie (plusieurs recettes savoureuses)

MARRAKECH DE DEMAIN
Ombres et lumière
Des demains rose et vert

Un regret, l'auteure heureusement ne se résout pas à appeler Marrakech 'la ville ocre', mais au contraire de son éditeur, elle n'a pas le courage de l'appeler de son vrai nom 'la ville rouge', alors elle l'appelle 'la ville rose' au risque d'embrouiller les toulousains.
Au détour d'une page on trouve ici une recette de Tajine de lotte au safran et au gingembre et d'une autre page une histoire de danseuses de ballets aux studios Walker à Paris où le Glaoui, pacha de Marrakech croisait le futur Hassan II à chaque répétition, chacun pour son actrice préférée: Simone B. et Etchika C.
(les noms sont dévoilés dans le livre)

La photo de l'auteure est visible: Anne-Marie CORRE

Jean-Philippe BISCH nous fait l'amitié de nous envoyer une photo de 1951 qui vient à point nommé pour illustrer cette page.
Place_Djema_el_Fna
Un dernier extrait du livre d'A.-M. CORRE pour que les anciens marrakchis apprécient:

Djema'a el-Fna
Ici, jour et nuit ça vibre, ça puise, ça palpite. Comme un coeur : celui de Marrakech. La place est le carrefour de ses artères, le réservoir de ses énergies. À ciel ouvert, la vie offre son spectacle. Tous ses spectacles. Il y en a pour les yeux qui, comme ceux des mouches, voudraient pouvoir pivoter à 360°. Devant, derrière et encore là, sur le côté. Il y en a pour le nez : odeurs d'orange, de friture, de charbon de bois, de cuir, de terre, de fauve, de crasse, de jasmin, d'épices dont la cacophonie est dominée par la menthe fraîche qui joue les chefs d'orchestre. Il y en a pour l'oreille qui hésite entre les cris des marchands, le bourdonnement de la foule, la psalmodie des tambourins, l'entrechoquement des coupelles de cuivre des porteurs d'eau. Il y en a pour la peau qu'un frôlement hérisse - un singe, un serpent, un voleur ? - non, rien que le passage d'une djellaba ou le voile d'une femme qui tend un pinceau de henné pour dessiner dans votre main des volutes de dentelles. Et le goût ? Il est à cueillir partout : une brochette d'agneau grillé, un gâteau coulant de miel et d'amandes, l'acre et affolante saveur d'un morceau de foie, une écuelle de coquillages en provenance d'Essaouira - là-bas, la mer - ou d'escargots poudrés de cumin.
Sur la place Djema'a el-Fna, arrivez avec vos cinq sens dans le sac à dos. S'ils ne sont pas grands ouverts, ils le deviendront de force. Douce violence ! Choc de nos petites habitudes de feutre et d'ouate. Le grand souffle de verre et d'acier de la modernité n'est pas arrivé jusqu'ici. On est au Moyen Âge et personne ne s'en plaint puisque telle qu'elle est, dans son jus originel ou presque (un goudronnage récent a remplacé la terre battue), l'esplanade est une des plus célèbres du monde. Une cour des miracles où tout peut arriver pour le meilleur, rarement pour le pire...

Les anciens marrakchis peuvent dire dans les commentaires ce qu'ils en pensent.
LE ROMAN DE MARRAKECH a été édité il y a seulement quelques semaines (février 2009) isbn 978 2 268 058 68 2