LES ÂNES DU QUARTIER DE LA TARGA ET D'AILLEURS...

 

Une série de photographies de l'époque 1957-1960 venant des collections de Jean Dominique Schoofs nous permet de revoir un animal familier qui a toujours inspiré les humoristes et les conteurs. Jean Dominique Schoofs habitait à La Targa lot n°11 au Haras Van Houtegen-Schoofs !  L'entrée du haras était située en face de LA BOULE TARGAOUIE chez Dédé Debaker ( Bar-Brochettes-Boules ).

Le 4X4  local (4 pattes motrices) faisait la joie des gamins avec charrette ou sans - Même le chien trouvait sa place sur l'encolure de l'âne.

 

L'ÂNE ET SES VOYAGEURS DE RETOUR DU GUÉLIZ

ANE_1

 

LE QUARTIER DE LA TARGA - Le Gueliz apparaît en fond de photo !

Pour retourner à Marrakech, l'âne devait tourner à droite un peu plus loin et passer devant la propriété de la famille BERGER ! ( voir sur ce blog, le 9 juin 2009)

Avant d'arriver au Jbel Gueliz, l'âne traversait la voie ferrée MRK-Casablanca, puis longeait l'enceinte  du Lycée Victor Hugo  avant d'aboutir Avenue de Casablanca !

 

 

ANE_2

Le même attelage de profil

 

 

 

 

 

 

 

 

ANE_3

Mademoiselle Schoofs à la baguette !

 

 

 

ANE_4

 

 

 

Départ de course à quatre équipages

 

A_5

 

 

 

L'allée de l'entrée de la propriété

Ane_6

 

 

Le chien cavalier

 

Ane_7

 

 

 

Deux ânes pour quatre cavaliers

Ane_8

 

Le long des vergers

 

Ane_9

Chapeau les cavaliers !

UNE HISTOIRE DE JEHA ET DE SES ÂNES:

Jeha revenait de La Targa, les sacoches de ses ânes pleines d'oranges, de citrons et de légumes frais. C'était des ânes qu'il conduisait pour le compte de propriétaires voisins:

- Je leur montrerai, se disait-il, en riant sous cape. Ils n'ont pas arrêté de m'abreuver de conseils sur les soins à prendre de leurs ânes, de leurs salades et de leurs agrumes. Comme si je m'y connaissais pas en ânes bien mieux que n' importe qui !

Il suivait de loin l'oued Tensift qui parcourait la vallée. Après avoir traversé la voie ferrée et parvenu au pied de la colline du Guéliz avant de joindre Bab Doukkala, où les propriétaires attendaient leurs neuf ânes, il se mit à les compter. Surpris, il n'en trouva que huit. Sautant de son âne, il chercha partout, mais aucun âne manquant n’était visible à l'horizon. Il compta de nouveau et en trouva, cette fois-ci, neuf. Enfourchant son âne, Il repartit et compta de nouveau ses ânes :"un - deux - trois - ", comptant jusqu'à huit. Pas de neuvième âne en vue ! . Il chercha derrière tous les palmiers, derrière les rochers et même derrière le lycée Victor Hugo et derrière l'école Jean Renoir, mais pas l’ombre d'un âne. De nouveau il compta, debout près de ses ânes. Il y en avait neuf. Perdait-il ses esprits ou bien ses ânes étaient-ils ensorcelés ? Ou alors était-ce l’alcool qu’il avait bu au Bar de Dédé Debaker pour faire plaisir à son ami roumi qui lui jouait des tours ? Il fut heureux de rencontrer un ancien camarade de l'école de Douar Laskar sur sa route.

- Oh Ahmed ! As-tu vu un de mes ânes ? Je l’ai perdu et puis je ne l'ai pas perdu.


- Que veux-tu dire, Jeha ? Demanda Ahmed.

- J'ai quitté La Targa avec neuf ânes, expliqua Jeha. Sur une partie de mon chemin il y en avait effectivement neuf et sur une autre partie il n y en avait plus que huit ! . Ahmed était accoutumé au comportement étrange de Jeha, mais il fut surpris. Il compta alors les ânes et en trouva neuf.

- Montre-moi comment tu as compté tes ânes, dit-il à Jeha.

- Un - deux - trois, commença ce dernier, comptant jusqu à huit.
S’arrêtant à ce dernier nombre, il regarda son ami d'un air impuissant et terrifié, ce qui amusa Ahmed et le fit rire aux éclats.

- Qu'y a t-il donc de risible ? Demanda Jeha.

- Oh Jeha ! Quand tu comptes tes ânes, pourquoi ne comptes-tu pas celui sur lequel tu es assis ?

Si vous avez d'autres histoires ou âneries de Jeha ou autre héro, merci d'en laisser dans les commentaires.

Si vous avez d'autres photographies ou souvenirs de la Targa, merci aussi de les partager.