PIERROT, LE COWBOY DE MARRAKECH

Pierre Van Houtegen dit Pierrot le Cow-Boy fut un des personnages qui marqua la vie marrakchie jusqu'en 1960 et quelques années de plus.      
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Sur la photo Pierrot le Cowboy en chemise à carreaux, en compagnie de son épouse Elizabeth Schooffs, robe à rayures. Ils présentaient au Guéliz la curiosité du jour : un ânon nain sur les genoux de la charmante patronne du Bar La Taverne ! L'homme au chapeau était un Directeur de Cirque qui s'installait souvent à Marrakech !

Plusieurs races de chevaux et d'ânes fréquentaient le Haras, même celles de petite taille.

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Les Schooffs-Van Houtegen pratiquaient l'intégration économique et traitaient toutes les activités chevaline depuis le haras et la saillie, la vente de poulains, pouliches, charrette et sulky, jusqu'au steak de cheval en passant par les spectacles équestres. 
Ainsi le Haras se trouvait à La Targa dans l'air parfumé par les orangers et les citronniers et avait aussi ses pâturages. Il était possible de s'initier à la monte des ânes et même aux promenades en charrette avant de s'aventurer sur un pur sang. En face du haras, La boule Targaouie  de Dédé Debaker proposait brochettes et boissons pour celles et ceux qui ne montaient pas. Un Stand de Boucherie chevaline au Marché du Gueliz terminait le cycle économique. 

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Les bons résultats du Haras se traduisaient dans les succès aux Courses et dans le spectacle sur l'hippodrome de Marrakech. Les spectateurs appréciaient.

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Course  sur l'Hippodrome de Marrakech : Pierre, loin en tête des concurrents !

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Pierrot le cowboy présentait aussi les attelages les plus variés, ci-dessus un modèle exposé au Jardin du Hartsi !

Le haras pouvait fournir le pedigree du cheval: ci-dessous l'acte de rencontre de l'étalon Argol et de la jument Lina le 9 et le 13 avril 1962. C'était le printemps ! Il ne semble pas que cette rencontre ait été suivie d'une naissance.

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Les photos viennent de l'album de Jean-Dominique Shoofs

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Jean-Dominique a très tôt appris à user les fers de ses montures plutôt que les semelles de ses chaussures. Merci à lui pour cette évocation d'un personnage haut en couleurs de Marrakech.

UNE HISTOIRE DE JEHA:

Jeha sur un cheval nain acheté à Pierrot le cowboy de La Targa et suivi de deux ânesses de ses cousins se rendait aux souks proche de la place Jemaâ El Fna pour vendre leurs récoltes et des petits objets d’artisanat. La ville rouge de Marrakech était loin et il lui faudrait plus de deux jours pour l'atteindre. Le premier soir, il s'arrête pour bivouaquer non loin de la grotte d'un vieil ermite. Au moment d'attacher la deuxieme ânnesse, il s'aperçoit qu'il n’a que deux bouts de corde. Il a oublié ou perdu celle de son cheval nain.
« Si je n'attache pas mon cheval se dit-il, demain il se sauvera dans le bled ! » Il monte sur son cheval après avoir solidement attaché les deux ânesses de ses cousins et prend la direction de la grotte du vieil ermite. Arrivé à la grotte et après avoir salué l’ermite chibani, il lui demande respectueusement s'il n'aurait pas une corde à lui donner. Le vieillard avait depuis longtemps fait vœux de pauvreté et n'avait pas la moindre corde, cependant, il répondit à Jeha :
"Retourne à ton campement et comme chaque jour fait le geste de passer une corde autour du cou de ton cheval et n'oublie pas de feindre de l'attacher à un arbre."
Jeha n’avait pas d’autre choix, il fit exactement ce que lui avait conseillé le vieux chibani. Le lendemain dès qu'il passa sa tête hors de sa couverture, le premier regard de Jeha fut pour son cheval nain. Il était toujours là ! Après avoir chargé les deux annesses, Jeha décide de se mettre en route, mais là, il eut beau faire, tirer son cheval, le pousser, rien n'y fit. Le cheval, plus têtu qu'un bourricot, refusait de bouger. Désespéré, il retourne voir l'ermite et lui raconte sa mésaventure.
"As-tu pensé à enlever la corde ?" lui demanda-t-il.
"Mais il n'y a pas de corde !" répondit Jeha.
"Pour toi oui, mais pour ton cheval..."
Jeha retourne au campement et d'un geste ostensible, il fait le geste de retirer la corde.
Le cheval nain lui obéit alors sans aucune résistance.

Il y a parfois des gestes sans importance pour soi qui ont une grande signification pour les autres.

Chacun peut ajouter dans les commentaires des histoires de Jeha ou d'autres célébrités ou écrire des souvenirs de l'hippodrome, du haras et de La Targa.