CLAUDINE XIMA PUISE DANS SA MÉMOIRE ET PARTAGE SES SOUVENIRS QUI NOUS PARLENT DE LA DMP

Le blog a publié plusieurs pages du point de vue des pilotes et d'appelés effectuant leur service militaire; avec Claudine nous découvrons un récit du point de vue des familles et notamment des enfants. La Division des Moniteurs de Pilotage existera à Marrakech jusqu'en 1961, L'entraînement se fait sur T6, l'avion opérationnel en AFN. puis après cette date la DMP sera officiellement repliée sur la France. Pourtant la formation des pil otes continuera sur Marrakech au titre de la coopération franco-marocaine. En 1951 nous sommes au début du développement de la DMP et des DIV, ou Divisions Instruction Vol.ref="https://p7.storage.canalblog.com/73/49/511371/56900877.jpg" target="_blank">Cazaux0004

Vieille carte postale de Cazaux L'ÉCOLE D'AVIATION au bord du Lac d'Arcachon

Mon aventure Marocaine commence avec mes 4 ans : mon papa pilote de l'Armée de l'air , Moniteur de pilotage, exerçait à la base aérienne de Cazaux sur le bassin d'Arcachon. 

Par quelle curieuse décision politique la Division des Moniteurs de Pilotage a été mutée brusquement à Marrakech, je ne le sais pas .

Il faut rappeler le contexte, en 1951 nous sortions de la guerre, les militaires mal payés , pas riches, en route pour l'Afrique ...

Nous partions a plusieurs voitures à travers l'Espagne, le détroit de Gibraltar, la traversée sur le bateau et TANGER la blanche apparaissait.

Nos véhicules étant bien fatigués, nous emmenions des pièces de rechange en cas de panne (introuvables dans l'Espagne pauvre de l'époque)

Mes parents possédaient une vieille Prima 4, les jours de pluie nous devions enfiler nos impers car le toit pas étanche laissait pleuvoir à l'intérieur, maman mettait une toile cirée sur ses genoux : c'était l'aventure je vous dis !!

Les familles DUPRET et LARUELLE faisaient convoi avec nous.

Curieusement les Dupret avaient 2 valises sur le toit de leur voiture : une avec les vestes ... et l'autre avec les pantalons. Lors d'un arrêt un petit malin s'est emparé d'une des valises ... celle contenant tous les pantalons de Monsieur bien sur  !

Aprés bien des péripéties et plusieurs jours de route nous voici sur le sol Marocain.

Mais... à Marrakech rien n'était prévu pour loger les familles, femmes et enfants. Le parc immobilier de la BE 707 était encore très succinct , je pense qu'il n'y avait que les installations américaines , les pistes n'étaient même pas goudronnées.. J'avais 4 ans , mes souvenirs sont restreints.

Or il y avait des chalets en bois trés trés rustiques qui servaient de bungalows de vacances à l'armée près de la plage d'Agadir. Donc le Colonel de l'époque a envoyé femmes et enfants à Agadir , nos papa travaillant à MRK toute la semaine venaient nous rejoindre le WE avec le JU  52, cette bonne vieille Julie dont tout le monde se souvient tant elle a rendu de services en tous genres.

Nos meubles restaient en garde meuble à Marrakech , nous ne disposions que de matériel militaire !

L'entretien des chalets avait été négligé : on voyait le jour à travers les planches mal jointes , un voisin en prenant sa douche est passé au travers du plancher !

Et je ne vous dis pas toutes les charmantes bestioles qui nous rendaient visite. Avec mon petit copain de jeu Bob DUPRET on s'amusait avec un bout de bois à pousser un peu les scorpions , ces droles d'écrevisses qui vivaient hors de l'eau.

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>Claudine et Bob, Claudine et ses parents, la valise.

Peut-être que Jean-Louis ROY et sa famille se souviennent de cette époque, leur chalet était de l'autre coté de la rue à l'angle.

Tous les vendredis soir les femmes, l'oreille aux aguets, scrutaient l'arrivée de la Julie. Maman qui la reconnaissait de loin était interpellée : "Mme XIMA est ce la Julie ?"

Et nos papa repartaient le week-end terminé avec une liste de choses indispensables à ramener du garde meubles pour la semaine suivante.  

Un jour mon père nous a raconté que ce pauvre JU 52 était tellement chargé qu'ils avaient été obligés de contourner la montagne; impossible de le "faire grimper" pour passer au dessus !

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Tout le monde savait qu'il n'y avait que des femmes et des enfants seuls toute la semaine. La pacification n'était pas parfaite partout , et Maman et Madame Dupret avaient peur la nuit des bruits étranges parfois et d'incursions dans le jardinet.

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Mr DUPRET a acheté un berger allemand "Diane" et le soir nous allions coucher chez eux , rassurés par notre "gardienne " à 4 pattes.

Puis "ces dames" se sont énervées et ont écrit au Colonel, exigeant d'être auprés de leurs maris....

Au bout de 6 ou 8 mois nous arrivions à MARRAKECH la rose ..."  

(à suivre)

Merci à Claudine pour ce retour dans sa mémoire. Elle nous permet de mieux comprendre ce qu'ont vécu les pilotes et leurs familles, ainsi que leur attachement à la Base école 707 et à Marrakech. Elle permet aussi de faire place à de nouveaux commentaires.