Brève: À partir de cette nuit la France passe à l'heure d'hiver et le décalage horaire n'est plus que d'une heure ( et non 2) entre Marrakech et la France. Ne ratez pas votre avion !

SOUVENIRS D'ENFANCE À LA BASE 707 PAR CLAUDINE XIMA

Claudine nous a permis d'entrer un peu dans la vie des familles d'aviateurs dont les conditions de logement avaient été tardivement improvisées, puis lentement améliorées: les chalets d'Agadir, le 42bis, Le Trigon, le bloc Air Atlas ...

Elle nous parle de ses souvenirs les plus forts et les agrémente en partageant avec nous le plaisir de  visionner des photographies qui devraient réveiller les mémoires de plusieurs.

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Surprise ! Que d'eau, que d'eau ! C'est Cazaux en 1951, un peu avant le départ de la famille Xima pour Marrakech. Qui aidera Claudine à identifier ces avions ? La réponse est dans les commentaires, merci Gilbert Nëel !

Claudine au bloc Air Atlas: "Nous habitions au ras de la piste d'atterrissage , et toute la journée nous profitions des "touch and go" de nos chers T6. C'est à dire que chaque avion posait ses roues et remettait les gaz pour redécoller sur le champ, exercice sans doute?

L'école primaire qui a cette époque était tout à côté jouissait également de ces doux ronronnements.
Mais on s'habitue à tout puisque le week end il nous manquait quelque chose dans ce ciel bleu devenu soudain trop silencieux!

Un matin en se levant : surprise j'ai appelé mon père "Papa vient vite il y a un gros avion sans h élice qui s'est posé à AIR ATLAS ( que nous appelions dans l'intimité "AIR COUSCOUS") : c'était le COMET de l'UAT .

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Le COMET vu depuis la fenêtre de Claudine 

Il faut rappeler qu'à l'époque il y avait surtout des avions à hélices, je suis montée dans nombre d'entre eux, les voyages semblaient interminables.
Pour l'époque le COMET était une curiosité : quadri réacteur de transport qui faisait Paris -Casablanca en 2h30 alors que nos "coursiers" faisaient cela en 6 voire 7 heures.
Le COMET 800km/heure, un prodige pour l'époque. Il n'a malheureusement pas volé trés longtemps car il avait un gros problème: il explosait à une certaine altitude et sans doute au delà d'une certaine vitesse. C'est un peu trop technique pour moi.

La piste passait derrière chez nous. Devant il y avait une grande place plantées de faux poivriers . La famille de Jean-Jacques KIECHEL habitait en face (Annie et Eveline) que sont elles devenues? (Par Sylvie Kiechel, Claudine aura la réponse à sa question)

Une année nous avons subi le vol de sauterelles. Je n'avais jamais vu cela!
Le ciel bleu s'assombrit brutalement comme si un orage arrivait , et un bruit de moteur bizarre emplit l'atmosphère.... les criquets s'abattaient brutalement sur la ville et les cultures. J'ai vu ahurie un arbre perdre tout son feuillage en 1/2heure.
Les criquets volaient partout, nous piquant le visage lorsque nous rentrions en "collision". Nous marchions l'avant bras plié devant le nez pour nous protéger.
On avançait sur un tapis de sauterelles qui crissait sous nos pieds. Les avions étaient cloués au sol.
La surprise et le désagrément se transformaient vite en espiéglerie de potache.
Evidemment nous ramassions des sauterelles pour les mettre en classe sous le pupitre (qui se levait encore à mon époque) et on en lachait quelques unes pendant les cours .!!!

Mon petit voisin du dessous Jean Pierre GOUD faisait de l'élevage : gros lézards verts avec des taches oranges sur les côtes, ses sales bêtes, pas venimeuses mordaient quand même .
Il avait même je crois une couleuvre.
Il m'a avoué il y a peu (c'était un terrible!) que c'est lui qui nous mettait sous l'escalier des nids de guèpes.

Puis nouveau déménagement pour un appartement plus grand en ville dans le quartier du Guéliz aux OCLM. (Office chérifien des logements militaires?)

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Avenue Mangin, le Cne André Xima avec Blandine et Claudine et en calèche au Guéliz, Mme Xima et ses filles. Ce n'est pas la circulation qui troublait la tranquillité.
Il y avait à l'époque des terrains vagues qui me semblaient immenses pour terrains de jeux, mais je garde cela pour une autre fois...

Claudine raconte: Pour nous, les enfants, la base était un immense terrain de jeux. J'avais un sentiment de liberté , plein de choses nouvelles à découvrir pour une petite fille qui venait de France, et je n'ai pas souffert des conditions un peu spartiates de notre arrivée sur le sol Marocain.

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Claudine a réalisé le plan de son "terrain de jeu" tel qu'il reste dans ses souvenirs. Cliquer dessus pour l'agrandir. Jean-Pierre Goud en prépare un autre plus vaste. 

Sur la base il y avait tout : le petit marché qui offrait fruits et lég umes, les piscines , l'école primaire , le cinéma et sa salle de spectacle où s'organisait tous les ans "un gala" très prisé et animé par des amateurs. Ils nous offraient un spectacle de variété de grande qualité.

L'armée de l'air (comme la marine) est une grande famille , et je peux témoigner de la grande solidarité qui liait les familles.
Nous étions tous loin de nos familles en France qui nous manquaient et "nous resserrions "les liens entre nous surtout au moment de Noël et des communions.

Tout au long de l'année chaque fête était l'occasion d'un défilé militaire au sol et dans les airs. J'aimais beaucoup ( je crois) les spahis qui avaient une grande gandoura blanche sur les épaules et leur mascotte de fanfare : un bélier qui défilait bien au pas, les sabots et les cornes peints en doré avec sur le dos les couleurs de l'unité.

Et nos fiers T6 survolant tout cela et écrivant dans le ciel.

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A droite, défilé du 11 novembre, ci dessous défilé de la Saint-Éloi.


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Lors des prises d'armes les décorations étaient remises, ci-dessous le macaronnage du Sergent TRAVADEL par André XIMA

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LA FÊTE DE NOËL SUR LA BASE

Jean-Louis ROY a déjà parlé des NOËLs sur cette base.( sur ce blog 25 décembre 2008).  Il y avait spectacle dans la salle de cinéma pour les enfants et on sortait tous pour assister à l'arrivée du Père Noël en parachute et au "laché" de ses malles pleines de cadeaux.
Nous retournions dans la salle pour recevoir chacun un jouet (en fonction de l'âge) et un petit panier de friandises.

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Mais il y avait aussi les messes de minuit GRANDIOSES. La chapelle trop petite laissait les honneurs cette nuit là à un hangar transformé en lieu de culte pour ce grand jour.

Je ne crois pas que c'était tous les ans mais l'année dont je vais vous parler , le Colonel de la base avait ouvert "les portes" pour permettre "aux civils" d'y assister.

Des parachutes ouverts décoraient les parois du hangar, l'autel au centre avait été surélevé sur une estrade. De chaque côté de l'autel des palmiers dans un pot et.. deux  beaux T6 pour veiller sur la cérémonie.

 

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La crèche vivante : un vrai bébé, une vraie Marie arrivant sur un vrai âne tenu par un vrai St Joseph, des bergers et bergères, des vrais moutons et des anges ... dont JE faisais partie! AirNoel53

Et oui Messieurs Claudine est un ange et je vous envoie les preuves en photos!

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Les moutons ont eu la fâcheuse idée de se mettre à tous bêler au moment de la communion  et dans un hangar ça résonne! Les bêlements ont troublé un peu le recueillement ... ou réveillé ceux qui commençait peut être à s'endormir ...

Et enfin la chorale, importante à l'époque, dirigée d'une main de maitre par Mme FERRY dont il a été question dans le blog (archives du 7 septembre 2010 ). Sur les photos de communions de Jean-Pierre Goud on l'aperçoit à droite dans la nouvelle chapelle.
Les chants à 4 voix avec un solo de ma Maman qui avait une trés belle voix de soprane. Il y avait des trompettes et d'autres instruments de musique dont je ne me souviens plus.
Le choix avait été porté sur un cantique de chaque province de France, certains en vieux français : c'était magnifique! Tout le monde en avait des frissons et beaucoup d'émotion dans l'assistance qui entendait un chant de sa région et lui rappelait sans doute beaucoup de choses.
Je crois que c'est la plus belle messe de minuit de mon enfance.

Voilà pour ce soir un petit coin de mes souvenirs à Marrakech la bien aimée.

MERCI À CLAUDINE DE PARTAGER AVEC NOUS LES SOUVENIRS DES FAMILLES QUI VIVAIENT SUR LA BASE AU RYTHME DES AVIATEURS ET DES PERSONNELS MILITAIRES. MERCI À ELLE D'AVOIR OUVERT SES ALBUMS PHOTOS POUR NOUS MONTRER COMBIEN LA BASE 707 DE MARRAKECH A PRIS UNE GRANDE PLACE DANS SON COEUR ET SON HISTOIRE PERSONNELLE ET FAMILIALE. SOUHAITONS QUE GRÂCE À CES DOCUMENTS D'AUTRES ANCIENS RETROUVENT AVEC ÉMOTION DES SOUVENIRS PRÊTS À RESURGIR DE L'OUBLI. VOS COMMENTAIRES SONT LES BIEN VENUS À LA FIN DE CE RÉCIT. N'OUBLIEZ PAS L'ANGE!