LA FAMILLE BRÉMARD COMPLÈTE LES SOUVENIRS DE LA BE 707

NOUS SOUHAITONS LA BIENVENUE SUR LE BLOG À PIERRE BRÉMARD QUI VIENT DE LE DÉCOUVRIR. COMMANDANT DE BORD SUR BOEI NG 777 À AIR FRANCE IL NOUS ÉCRIT" C'est mon frère plus jeune qui m'a branché sur votre site, il avait 4 ans, moi j'étais en CM1 et CM2 de 59 à 61 ( de 8 à 10 ans) à l'école de la BE 707. Mon Père, le Colonel Henry Brémard était le second du Cdt de Base, le Colonel Millet, en 59-60. Il lui a succédé en 61, avant de passer le relais au Colonel Patin. Nous habitions la villa voisine des Patin et des Prat, le long du mur de la Ménara; puis bien sûr la "villa impériale" du Commandant de Base. J'ai plein de diapos, de films 8mm hérités de mon père. Une photo de classe de CM2 1960-61, avec des noms comme Marie-Annick Daillou, Claire Massard, Gérard Patin, Didier Prat...etc... Mon père jouait au tennis avec le Dr Grannotier. L'aumonier, à la chapelle duquel je servais la messe avec mon frère André, était le Père Michelet. Je me rappelle encore du Dr Falconnet, d'Hérissé, Donay, Dumas...etc...  Cela reste mes plus beaux souvenirs de jeunesse !"

PIERRE NOUS ENVOIE UNE PHOTO AVEC SES CAMARADES DE CLASSE ET DE JEUX.

CLASSE DE CM2 1960-61 ÉCOLE DE LA BASE AÉRIENNE 707

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De haut en bas et de gauche à droite:

Rang du haut: xX, xX, xX, xX, xX, xX, xX, xX, xX, xX, xX, xX, Béatrice GOUD;

Rang du milieu: xX, xX, xX, xX, xX, Catherine MASSON, xX, xX, xX, xX, Daniel PAGEON, xX, Pierre BRÉMARD,

Rang devant: xX, xX, Claire MASSART, xX, xX, xX, xX, Jean-Pierre HEUGUET, xX, xX, Geneviève BRUN, xX.

Pierre se souvient de plusieurs autres noms mais il a besoin d'aide pour identifier les visages ?

APRÈS MARRAKECH ET PARIS LE COLONEL HENRY BRÉMARD A PRIS LE COMMANDEMENT DE LA BASE DE CHATEAUDUN. PIERRE PARTAGE AVEC NOUS SES SOUVENIRS:

"Il est certain que d'avoir fréquenté les bases aériennes, gamin, surtout les cimetières d'avions où nous nous cachions dans les vieilles carlingues, à Marrakech, comme à Chateaudun a eu une influence sur notre carrière aéronautique mon frère André (1952) et moi (1951) :
Lui ayant fait l'X et Supaéro, moi ayant fait l'ENAC à Toulouse, sélection EPL.
Comme jeune copilote à l'UTA, sur DC-8 ou DC-10, il m'était arrivé de voler avec des Captains anciens de Marrakech ! (je me rappelle de Michel NOLET..et d'autres....)

J'ai vu à Marrakech les "troufions" (ma mère du Nord disait les "pitoux" ) démonter et ferrailler les vieux Ju-52 'Julie", puis leur tôle ondulée chargée et évacuée sur des camions qui les sortaient de la Base pour la grande joie des marocains qui les récupéraient pour leurs toitures.   J'ai appris à nager et à plonger à la piscine du cercle des officiers, en ville.

J'ai eu également Mme Chesné à l'école. Je crois aussi Mme Tostin, ou un nom comme cela !  Notre grande joie était d'aller chez les Prat, car étant en bordure de la zone des matériels réformés nous nous servions dans ce paradis en nombreuses pièces, au grand dam de nos mères qui craignaient les piqures de scorpions, pour construire une magnifique cabane dans le plus grand arbre du jardin des Prat, un pont suspendu entre 2 eucalyptus chez nous, avec les câbles électriques de récupération, comme les balançoires, corde lisse et téléphérique ! !"

Bernard___Jacky_Prat__ainsi_que_fr_re_Didier_peut__tre__dans_leur_cabane

Bernard et Jacky PRAT,... Didier ? dans la fameuse cabane.

"J'ai accueilli récemment au cockpit du Triple 7, une femme et son mari. Au cours de la conversation, j'ai découvert que c'était une fille du Colonel Patin, que nous habitions les 2 villas voisines et qu'elle avait épousé un stagiaire pilote de la Base !"

LE COLONEL HENRY BRÉMARD A ÉTÉ TROIS FOIS AFFECTÉ À MARRAKECH AU COURS DE SA CARRIÈRE

D'abord pendant la Guerre juste après la débâcle française, en 40
Ensuite du 1er octobre 1948 -à août 1950 , jeune marié avec Geneviève et jeune père de Bernadette .
Une troisième fois de 1959 à 1961.

Son fils Pierre a écrit une généalogie de sa famille et nous a autorisé à en prélever quelques passages concernant Marrakech dans la carrière de son père.

EN GROUPE DE BOMBARDEMENT

Septembre 1938, Henry Brémard entre à l'École de l'Air de Salon de Provence et reçoit le brevet de pilote n°28492 daté du 18 décembre 1939.

22 juin 1940, Pétain signe l'armistice, véritable capitulation, avec les allemands. Henry est affecté au GB2/11 Blida le 24 juin 1940. Il fait mouvement sur Marrakech le 12 juillet 1940. Il s'y entraîne sur de vieux bombardiers Léo-45 démodés qui avaient été surclassés par la chasse allemande. Une fois au moins il volera avec l'Aspirant Jean Lasserre. Cette période à Marrakech sera courte puisqu'en septembre il embarque à Casablanca pour Dakar. Puis il est affecté à Thiès au Groupe 1/63 de l'AOF où il arrive le 23.  Il est détaché à Gao le 9 aout 1941 et promu Lieutenant  en active. Il rejoint le 1/63 à Bamako en novembre 1941.

Retour bref à Marrakech fin décembre 1942 à l'occasion d'un transport de munitions destinées aux troupes de Tunisie.

En juillet 1943 son Groupe de bombardement fait mouvement vers le Maroc . Le 15 septembre Henry part en permission à Marrakech chez son frère Frédéric. Henry se trouve affecté au 2/63 qui se forme et s' entraîne au Maroc, il est à Marrakech en décembre où il y retrouve son frère début janvier 1944. Il est formé près de Constantine sur bombardier Marauder B26.

Pour mémoire, six groupes de B-26 "Marauders" français sont constitués, dans l'ordre chronologique suivant: le 1/22 Maroc en septembre 43, le 2/20 Bretagne en novembre 43, le 1/19 Gascogne en février 44, le 2/52 Franche Comté, le 2/63 Sénégal et le 1/32 Bourgogne. Ce qui représente 214 pilotes dont 51 réservistes et 103 navigateurs bombardiers dont 51 réservistes. Le 1/22 Maroc donnera le 1/23 Guyenne.

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B26 - Marauder

Au cours de ses campagnes le lieutenant Henry Brémard aura effectué 42 missions de guerre en 171 heures de vol comme premier pilote, chef de bord au sein du Groupe de bombardement 2/63 Sénégal.

Après la victoire, il est muté dans le transport aérien. Le 1er juillet 1945 il est nommé capitaine à titre temporaire, il est affecté au DP de la 2e RA le 5 juillet, puis au groupe de transport 3/15 le 12 septembre et au groupe aérien d'entraînement et de liaison n°87 le 20 octobre. Sa nomination au grade de capitaine est transformée à titre définitif le 6 octobre 1945.

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Le capitaine Henry Brémard

Le 23 février 1946, il est affecté au Groupe de transport aérien militaire 1/15 "Touraine" à la base d' Orléans-Bricy. Il étrenne le 12 mars son premier DC-3 ou C-47. Il passe à Marrakech en janvier 1947. En novembre Henry est détaché à la Base école 705 de Cognac. Il obtient le Brevet de Commandant d’avion N° 689, en date du 7 décembre 1947.

INSTRUCTEUR EN ÉCOLE DE L'AIR

Breveté moniteur en janvier 1948, il rejoint le 28 de ce mois le Commandement supérieur des écoles de l’Air à Bordeaux. Il est affecté le 1er octobre de la même année, comme instructeur, à la Base Ecole N°707 de Marrakech. 

"… Je viens d’être appelé, en plus du stage que je fais sur Wellington chaque matin, à de brillantes fonctions : Le commandement de la 2ème compagnie de la base aérienne. Je dirige et j’administre 386 individus, 2 mulets, 1 cheval, 1 âne. Le commandant titulaire étant parti jusqu’à fin juillet. Je régularise les mariages des marocains, signe un bon kilo de permissions chaque jour, supervise l’arrosage des arbres de la base, dirige l’entraînement de la fanfare et oblige à aller au tir les cuisiniers, les plantons, les scribouillards qui depuis 6 mois n’y avaient jamais mis les pieds……et j’ ai tout de suite profité de mon pouvoir sur le casernement pour faire changer mon lit et mon matelas…"

Son frère Frédéric habite aussi Marrakech depuis décembre 1941 et y restera jusqu’en 1950.  Henri revient en France pour se marier le 19 août 1948 en Seine-Maritime à Geneviève Mignot. Début septembre, il retourne au Maroc avec sa jeune épouse. Et en juin 1949, naît leur première fille, Bernadette.

Centre d’enseignement supérieur aérien à l’école d’état-major de l’Air, le 1er octobre 49. En 1950, il quitte Marrakech pour suivre à Paris les cours de l’Ecole d’Etat-major de l’Air. Ses états de service font mention le 16 août 1950, de son affectation au « Bataillon de l’Air » 1/124 PARIS-VILLE-Détaché à l’Etat-Major des Forces armées Air, 4ème Bureau.

Nommé Commandant le 1er juillet 1951 (à l’âge de 31 ans), il est affecté à l'Etat-Major des Forces Alliées Centre-Europe à Fontainebleau. Ses fils Pierre et André naissent en France en 1951 et 1952. Henry part ensuite en Indochine. Il y fera 12 missions de parachutages et 25 vols de transport au dessus de territoires hostiles, certaines fois en ramenant un avion endommagé par des impacts de tirs de la DCA vietminh. Reçu à l’ESGA ( Ecole Supérieure de Guerre Aérienne ) en octobre 1955, il y suit les cours jusqu’au 1er juillet 1956. 

LE COMMANDEMENT DE LA BASE école 707

En 1958 : Brevet d’Etat-major. Le 1er juin, il est promu Lieutenant-colonel. On lui propose soit le commandement de la base de Bangui en Centre Afrique, soit le commandement en second de la base de Marrakech, à la suite du Colonel Millet. C'est cette dernière proposition qu'il choisit, connaissant déjà les lieux d'une part et jugeant d'autre part le climat plus sain pour sa jeune et nombreuse famille.

  Le 15 mai 1959, Henry Brémard retourne en affectation pour une seconde fois à Marrakech. Nommé commandant en second de la Base Ecole N°707 (Formation annuelle de 400 élèves pilotes et moniteurs, sur North American Texan « T-6 », ainsi que des chargés de cours en aérodynamique et météo).

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Le Lieutenant-Colonel Henry Brémard à Marrakech

Il y séjourne d'abord seul, 7 mois, jusqu'en décembre. Le 30 décembre, il va chercher toute sa petite famille (Véronique la toute dernière vient de naître le 7 décembre), débarquée pour son baptême de l'air, du DC-4 d'Air France à l'aéroport de Casablanca. Seule l'aînée Bernadette est pensionnaire à l’école Jeanne d’Arc de Rabat en 6ème (...) À Marrakech, Pierre, André et Jacques sont scolarisés à l’école de la Base aérienne, les institutrices étant des épouses de militaires affectés là-bas. Pour les aînés, André 7 ans et Pierre 8 ans, ce sont des souvenirs inoubliables, eux qui n’avaient jamais quitté la France jusqu’à ce jour, découvrent Marrakech, la Palmeraie ; le lendemain, l’Aguedal et la Ménara (Jacques voulait se jeter dans le bassin). Voisinage très sympathique et accueillant entre familles de militaires avec les camarades Gérard Patin, Didier Prat, Claire Massard, Marie-Annick Daillou. Ainsi que les Dr Dumas, Dr Granotier avec lequel Henry joue au tennis, Dr Falconnet (il en faudra des médecins pour s’occuper de tout ce petit monde !)

 Le samedi 9 janvier, arbre de Noël à la Base aérienne. Tous les deux André et Pierre, sommes embauchés comme enfants de chœur à la chapelle de la Base, successivement du Père Vernier puis du père Michelet.

 16 février 1960, nuage de sauterelles

 Le 2 mai 1961, Henry Brémard passe Commandant de la base en titre, en remplacement du colonel Millet qui part pour Colomb Bechar. La famille emménage alors dans la villa avec patio à la romaine et piscine du Commandant de base, surnommée la « Villa Amiral » !   Cela restera dans les souvenirs des aînés un peu la période de la grande vie !

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Le Commandant de Base Aérienne Henry Brémard sur la BE 707

Henry Brémard  reste Commandant de la base durant une phase transitoire de 3 mois, jusqu’au 30 juillet 1961, cédant la place au colonel Patin, dernier commandant qui fera la fermeture de cette Base 707, avant de la rétrocéder à l’armée marocaine.

Cette école formait de façon massive des pilotes pour aller en face : En effet de l’autre côté de la frontière, c’est la guerre d’Algérie... et le putsch des généraux français vient d’avoir lieu en avril 61. La Base Ecole 707, après avoir formé près de 5000 pilotes en 600 000 heures de vol depuis janvier 1943, est dissoute le 31 août 1961, après plus de 18 ans de service. La mission est reprise par la BE 709 de Cognac.

 Henry est promu au grade de Colonel plein, le 1er novembre de la même année. Officier de la Légion d’Honneur depuis décembre 1954, puis Commandeur de la Légion d'Honneur en 197   le Colonel Henry BRÉMARD est titulaire de la Croix de guerre 1939-45 et de la Croix de guerre des T.O.E. ( Théâtre des Opérations Extérieures ). Il a obtenu cinq citations : Une à l’ordre de l’Aviation de Bombardement, trois à l’ordre de la Brigade Aérienne, une à l’ordre de l’Escadre. Il suit un stage à l'Institut des Hautes Etudes de la Défense Nationale ( session régionale à Lille en 1970 ). Le 16 octobre 1970, il est promu au grade de Général de Brigade aérienne. ( 2 étoiles ), au titre du congé définitif du personnel navigant, sur proposition de Mr. Michel Debré, Ministre de la Défense, ( en conseil des ministres sous la présidence de George Pompidou ). Il vient d’avoir 51 ans. Il totalise alors 80 missions de guerre et 5 500 heures de vol.

            Il s'éteint à l'Hôpital du Val de Grâce, un 8 décembre 1986, à 67 ans.

Additif : Carnet de vol d'Henry Brémard après 32 années d’Armée de l’Air:

5 500 heures de vol sur :

ü Potez 25 & 29 l’avion école ( 49 h ) -1938 

ü Potez 540, avion bimoteur à 6 ( 51 h ) -1938 

ü Morane Saulnier MS-315 ( 46 h ) - 1939 

ü Romano-82 ( 11 h )  - 1939 

ü Morane Saulnier MS-230 ( 33 h )   - 1939 

ü Amiot-143 ( 2 h )

ü Amiot-351  ? ?  - 1940 

ü Caudron C-635 Simoun 180 CV (23 h) - 1940 

ü Potez-630  - 1940 

ü Caudron C-445 « Goéland » (120 h40-43

ü NAA – 80 ou 89 ? ?

ü North American A-57 & 64 ( 35 h ) - 1940

ü North American BT-9 ? ?

ü Léo-451 ( 9 h )  - 1940

ü Bloch 220 ( un vol d’1 h )

ü Glenn Martin 162 & 167F ( 298 h 40- 43

ü Cessna UC-78 « Crane » ( 68 h ) - 1944

ü Douglas DB-7 « Boston » ( 66 h ) - 1944

ü Vickers “Wellington” MK-X ( 140 h )

ü Beechcraft VC-78 ( 50 h )

ü Glenn Martin B-26 Marauder ( 558 h )

ü Junkers JU-52 Toucan, « la Julie » ( 132 h )

ü Nord-1000 & 1001 « Pingouin » ( 46 h ) 1945

ü Douglas C-47 ou DC-3 «Dakota» ( 2042 h ) à partir de mars 1946

ü Stampe SV4 ( 100 h )

ü Hastings ( 24 h )

ü Siebel SI-204-D

ü Noth American T-6 “Harvard” ( 72 h )

ü North American T-28 “Fennec” ( 5 h )

ü North American L-17 “Navion” ( 10h )

ü A-24 “Dauntless” ( 5 h )

ü Nord-1100 & 1101 « Ramier » ( 53 h )

ü NC-701 « Martinet » ( 150 h )

ü Nord 2501 « Nord-Atlas » ( 586 h )

ü Marcel Dassault 312 & 315 “Flamant”(74 h)

ü Douglas A-26 "Invader" ( 5 h )

ü Max Holste MH-1560 “Broussard” ( 40 h )

ü Fouga CM-170 « Magister » ( 31 h )

ü Lockheed T-33 ( un vol d’1 h à Mekhnès )

ü Morane Saulnier MS 760 "Paris" ( 29 h )

 

MERCI À PIERRE BRÉMARD D'AVOIR PARTAGÉ SES PHOTOS ET DE NOUS AVOIR OUVERT SES ARCHIVES FAMILIALES CONCERNANT LA BASE ÉCOLE 707. NOUS LUI SOUHAITONS DE POUVOIR RENOUER LE CONTACT AVEC SES CAMARADES DE LA BASE DONT LA PLUPART SE TROUVENT SUR SA PHOTO DE CLASSE DE CM2.