LE QUARTIER "VOIE DE 60" ÉVOQUE DES SOUVENIRS 

Ce quartier appelé aussi RACL ( Régiment d'Artillerie Colonial du Levant ) a changé de nom depuis. Il se trouve au pied de l'ancien fort du Guéliz, derrière le Lycée Victor Hugo et l'École Auguste Renoir. On pouvait emprunter l'Avenue Mangin pour s'en approcher....

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...puis suivre la rue de la Targa

Jean-François Deluol dit Genes, de même que Renée Choumille et Yves Lefebvre ont habité ce quartier. Yves a retrouvé des photos qui illustrent cette page. Renée nous aide à localiser le quartier : Le Camp Mangin se situait quand on prend l’avenue Mohammed V (anciennement Avenue Mangin) la Koutoubia dans notre dos à l’embranchement de l’Avenue de Casablanca. Au carrefour donc se trouvait le Café l’Univers ainsi que l’Etat Major (à présent le Consulat de France).

 Le quartier RACL se trouvait sur la droite de cette rue qui allait jusqu’à la Targa (4e DMM) tout de suite après la Caserne des Parachutistes (voir comm. de Christian M. et de Jean-Jacques Bertrand qui remplacent par Artilleurs), à présent le Lycée Victor Hugo. La rue s’appelait rue du Capitaine Audibert et allait jusqu’au pieds des collines que l’on appelait les Montagnes du Guéliz ou Djebilet . Là se trouvait un quartier de 14 villas jumelée 2 à 2 : La première était au bord de la route qui allait de l’Etat Major à la Targa (4e DMM)

À mon époque (entre 1947 et 1951) la première villa était occupée par la famille Tomasini, la 2ème  je ne me souviens plus, la 3ème famille Baleno,  la 4ème famille Léonetti,  la 5ème famille Andrich, la 6ème famille Bennot, la 7ème (aux pieds de la colline) famille Choumille (c’est donc là que j’habitais). Puis en revenant en arrière de l’autre côté, au 8 famille Pannetier , au 9, 10 et 11 je ne me souviens pas; au 12 et 13 (mais je ne me rappelle plus dans quel ordre) famille Luxembourger et Segond, au 14 je ne me souviens plus du nom.

Il y avait également 4 villas séparées (au niveau des Pannetier) où habitaient notamment les familles Bertrand et Rognoni  (Yves ajoute les Lefebvre et les Bergeron)

Pour essayer de situer cela un peu plus, en face de la rue de Capitaine Audibert, donc sur la gauche de ce quartier, c’est là que se trouvait le stade d’entrainements militaire et un peu plus loin le centre infirmier et puis la piscine des officiers.

Jean-Jacques Bertrand  confirme la signification de RACL et apporte des compléments
"Villas: les 14 premières,... date inconnue, elles étaient déja là pendant la guerre. Les 4 séparées ont été livrées en avril 48, date à laquelle nous avons été les premiers occupants.
Des noms de jeunes de l'époque dans les 4: Samuel Breton puis Pierre Drivet. Maryse, Chantal et Charles Rognoni. Jean-Jacques, Gérard, Claude et Françoise Bertrand. 
Dans les 14 premières les jeunes de l'époque : Rolande Mercier, Raymond et Claude Provost, Michelle Tomasini, en face de chez moi: Danielle et Roseline Fievet, les enfants Bénot.
Il en manque beaucoup je pense mais c'est bien loin!!"

En espérant que tous ces jeunes de l'époque trouveront le blog et ajouteront leurs souvenirs.

Marrakech Piscine militaire 1952

C'est ce que fait Philippe Luxembourger (habitant du quartier "Voie de 60" et à Marrakech jusqu'en 1954) en ajoutant la photo du grand plongeoir de la piscine et son témoignage: "C'était une piscine très moderne avec un grand hublot sur la paroi verticale du bassin (dans son sous sol ). Les enfants (au frais) pouvaient admirer les nageurs et nageuses qui évoluaient dans le bassin. C'est là que j'ai eu la vocation de Prof D' E.P.Sportive, spécialisé en Natation, et en gestion des piscines, centres et bases nautiques, ..... Cette piscine reste dans ma mémoire comme un endroit de bonheur, de plaisir, de fraicheur, de joie...et .de jeux avec vous tous des Familles: Bertrand, Rognoni, Segond, Rainteau, Zins, ,Andrich,Tomasini,......et aussi les enfants D'Hauteville, confiés les week-end et pour les vacances à mon Pére qui travaillait à Dar Moulay Ali, au coté du Général. Que de bons souvenirs qui nous envahissent !!!! Merci pour le magnifique article "Voie 60"   voir le plongeoir et la piscine

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La rue du Lieutenant Mohamed Zeroual est probablement le nouveau nom de la rue du capitaine Audibert

Renée est "preneuse d’autres précisions ou rectifications" de la part des anciens habitants du quartier.

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Yves qui nous a présenté le 2e RTM où son père était officier, partage avec nous ses photos : "Avec mes parents, nous habitions au pied du Guéliz.  Malheureusement je n'ai plus mes parents mais j'ai retrouvé sur des vieilles cartes postales ces informations : Ilot Hoche N° 18 Camp Mangin et Groupe Ouest du R.A.C.L. N° 18 Camp Mangin.
J'espère que ces informations permettront d'enrichir la base de données. A côté de nous habitait la famille Rognoni."

Yves est revenu dans son quartier en 1997 et a trouvé des changements. Ici devant l'École Auguste Renoir

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Puis il est allé dans sa rue devant sa maison au pied du fort

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Cliquer pour agrandir 

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C'est vraiment au pied du mont Guéliz

Jean-François Deluol lance un appel après avoir vu la naissance de l'Avenue Mangin sur le blog

"Bonjour ! quel bonheur de voir et revoir ces clichés! j'ai vécu pendant la Guerre "Voie de 60" je n'ai jamais retrouvé de témoignage de cette époque où nous vivions dans des maisons de plain-pied : c'était une zone militaire et dans nos couriers à nos familles la seule adresse était "Voie de 60" et les noms modifiés ... j'ai longtemps recherché une personne qui s'appelait madame DELAHAYE qui, à la fin de la guerre est partie en Bretagne ... grand souvenir!"

Un Marrakch'ami peut-il aider Jean-François à retrouver la piste de madame Delahaye ?

UN BRIN D'HISTOIRE

La première ligne de chemin de fer entre Casa et Marrakech ouverte le 20 mai 1920 avait été construite en voie de 60 cm d'écartement entre les rails (type Decauville) en raison d'une exigence de l'Allemagne de ne permettre aux français de n'intervenir que pour des actions de police et de pacification militaire et non pour des activités économiques. La voie passait sur un bord du pont du Tensift et se poursuivait jusqu'à une gare au pied du Guéliz. Une autre voie suivait l'avenue des Casablanca puis remontait la rue Clémenceau jusqu'à la place du 7 septembre et rejoignait l'avenue Mangin jusqu'aux abords de la Place Jemaa El Fna au niveau des Autobus de la CTM. (Voir sur ce blog la page du 3 juin 2009). Par la suite fut construite la nouvelle gare dont les voies contournaient la montagne du Guéliz. L'ancienne gare de la "voie de 60" fut désaffectée et donna son nom à ce quartier. 

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Cet extrait de plan de 1935 montre l'ancienne gare des Chemions de fer marocains désaffectée. Les villas du quartier RACL ne sont pas encore construites.

Comme le précise Jean-Louis Roy dans son commentaire, la voie de 60 entre l'ancienne Gare et la Médina servait aussi à transporter des pierres pour construire les nouveaux bâtiments et cela a commencé peu après 1913. Maurice Calas situe la liaison régulière entre les deux gares de 1920 à 1932, mais les voies n'empruntaient pas le bas de l'Avenue Mangin, elles continuaient avenue de Casablanca jusqu'à la rue Clémenceau qu'elle remontait. Parvenue à la Place du 7 septembre la voie de 60  suivait le côté gauche de l'Avenue Mangin jusqu'à la place Jemaa el Fna.

Pour les Marrakch'amis Yves montre d'autres photos évocatrices

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Les jacandaras sont toujours là, mais qu'en est-il du kiosque ?

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Merci à Renée, Yves et Jean-François d'avoir partagé avec nous leurs souvenirs et leurs photos. Merci aussi à Maurice, Jean-Louis et Jean-Jacques pour leurs apports. Ils contribuent ainsi à conserver l'histoire des quartiers de Marrakech et permettent de retrouver la trace des amis perdus de vue. QUI AIDERA À COMPLÉTER CES SOUVENIRS  ? QUI RETROUVERA DES FAMILLES QUI HABITAIENT CE QUARTIER ?