AU DÉBUT DES ANNÉES 30 À MARRAKECH

CATHERINE NOUS PARLE DE SES GRANDS PARENTS QUI ONT VÉCU À MARRAKECH ENTRE 1930 ET 1935.

Catherine adore Marrakech, sa grand mère lui a tellement raconté d'histoires merveilleuses sur la Ville rouge qu'elle n'a eu de cesse d'y aller. Complétement séduite  elle ne peut s'empecher d'y revenir.

Catherine nous confie une photo du magasin de sa grand mère, AU POUPON PARISIEN, situé sur l'avenue Mangin, ainsi qu'une photo du magasin voisin, MAISON BRETON-Teinturerie du Guéliz. Elle nous demande de l'aide pour que les marrakch'amis lui disent de quel immeuble il s'agissait, car elle aimerait y retourner pour voir ce qu'il est devenu en souvenir de sa grand mère..

1930-35_Poupon_parisien  1930-35_Breton  

cliquer sur les photos pour les agrandir2010Mirgon

L'immeuble parait ressembler à celui de la deuxieme implantation de la pâtisserie Mirgon qui se trouvait aux numéros 161-165 avenue Mangin, en face du marché. La première implantation étant rue de la Liberté. Cependant le graniteau semble ne pas atteindre la même hauteur. 

Catherine écrit: "Mes grands parents, Mr Fernand LAMOTHE et Mme Renée LAMOTHE ont véçu de 1930 à 1935 à Marrakech. Mon grand-père était militaire et ma grand-mère avait un magasin au Guéliz qui s'appelait " Au Poupon Parisien" il se situait, je pense, à côté de la teinturerie "La Maison Breton", sous des arcades avenue Mangin, devenue avenue Mohammed V. Regent25
Je vais très souvent à Marrakech car j'adore ce pays et j'ai essayé de retrouver l'emplacement mais c'est très difficile. Pouvez vous m'aider ou me donner quelques conseils pour mes recherches. Je vous en remercie à l'avance."

Joseline et Monica pensent qu'il s'agit plus probablement de l'immeuble Le Régent, (28-36 avenue Mangin) qui est plus ancien et plus proche de l'ancien Etat-Major. Monique nous fait remarquer qu'à la suite de l'enseigne "Au Poupon Parisien" il y a un B majuscule qui pourrait être la première lettre de l'enseigne voisine. Serait-ce le B de Brasserie ?

Catherine par la même occasion nous montre la mode des élégantes de Marrakech. Qui reconnaîtra des visages et nous dira leurs noms ?

PouponParisien 

 "ma grand mère est la troisième personne en partant de la droite"

MaisonBreton

"Renée Lamothe, ma grand mère est la première sur la gauche sur la photo Maison Breton."

Qui nous dira les noms des autres marrakchias? Qui aurait des documents ou des informations sur le POUPON PARISIEN ou sur la MAISON BRETON-Teinturerie du Guéliz ?

Catherine ajoute: "Ma grand-mère qui tenait le magasin "Le Poupon Parisien" était couturière corsetière de son métier mais elle vendait du prêt à porter adulte et peut être enfant et faisait également du sur mesure.... Mon grand-père était adjudant chef au 3eme bataillon des Tirailleurs Marocains et recevait sa correspondance à l'Etat Major de Marrakech, (voir ci-dessous la photo, c'est le militaire dont la tenue est claire). "

1930-35-2eRTM-3  1930-35-2eRTM-3

Sur plus de 130 visages il n'est pas aisé de reconnaître son grand père, celui de Catherine avait tout prévu ! 

A l'époque le 2e RTM était sous les ordres du Colonel Miquel, ce n'est qu'en 1934 qu'il sera commandé par le Colonel Texier.

Catherine écrit aussi: "Ma grand-mère me parlait souvent de Marrakech qu'elle aimait beaucoup et en particulier de la Koutoubia. Chaque fois que je vois ce minaret je pense à elle. Merci encore."

C'est en 1929, alors que l'Atlas n'est pas totalement pacifié, que les autorités du Protectorat ( Général Noguès) et le Glaoui décident de faire de Marrakech la future capitale du tourisme international et de construire les équipements nécessaires à cette vocation: hôpital moderne, hôtellerie de haut niveau, jardins, nouvelles infratrustures routières, ferroviaires et aéroportuaires, équipements postaux avec télégraphe, mise en valeur du patrimoine architectural marocain, église des Saints-Martyrs. Grâce à Bazooka Joe, nous montrons une carte postale de la Poste du Guéliz construite à cette époque et que les grands parents de Catherine ont nécessairement connue dans le même décor et avec des automobiles à la même silhouette.

PetT-Guéliz

C'est quelques temps plus tard, avril 1933, qu'une plaque fut apposée pour commémorer l'entrée de Charles Mangin et du Glaoui dans Marrakech délivrée d'El Hiba en septembre 1912. 334_Plaque_Mangin2 

Fernand Lamotte, le grand père de Catherine aura assisté à la prise d'armes présidée par le Général Catroux et le Glaoui pour cette inauguration.


334_TribuneLa tribune lors de l'inauguration et le lieu où la plaque a été fixée.


Sur la photo la plaque n'a pas encore été découverte du drap qui la recouvre.

  334_Plaque_Mangin_Catroux 

 

 Charles Mangin est mort le 12 mai 1925 à seulement 59 ans au cours d'un repas au restaurant. On a parlé d'un empoisonnement.


Sa veuve à refusé qu'on lui décerne le bâton de Maréchal à titre postume, car elle ne voulait rien devoir au Maréchal Pétain.

334_Mangin1

                                                                               

Après l'inauguration, la plaque s'aperçoit sur le côté de la porte. Existe-t-elle encore aujourd'hui ?




Dans la perspective, la Koutoubia dépasse des murailles, cette Koutoubia que la grand mère de Catherine aimait beaucoup et qui fait que chaque fois que Catherine la voit elle pense à sa grand mère.

Merci à Catherine pour les photos qu'elle partage avec nous de cette période où nous ne disposons que de rares documents. Aidons-là à retrouver l'immeuble où se trouvaient LE POUPON PARISIEN et le souvenir de ses grands parents. Saluons aussi la mémoire de son grand père du 3e bataillon des tirailleurs marocains.