LE BLOG MANGIN@MRK SUR ZWINUP: LE SITE DES ÉVÉNEMENTS MARRAKCHIS, REVIENT SUR LES ANNÉES D'AVANT, AVEC L'ÉGLISE DE LA MÉDINA

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UN PHOTOGRAPHE DE LA BASE AERIENNE - BE 707 - MITRAILLE MARRAKECH EN 1950

L'ami Halfaoui nous a déjà régalé avec des photos aériennes de la Ville rouge et des photos de la Base école prises en 1950. Nous poursuivons comme promis avec d'autres photographies prises il y a plus de 60 ans par un photographe de la Base aérienne

Nous commencerons par un cliché de La Ménara si proche de la Base aérienne. Ne voit-on pas un avion sur le point d'atterrir au-dessus du grand cyprès ?

190La_Menara 

Nous irons ensuite le long des remparts

192Les_remparts  

et nous nous porterons vers Bab Agnaou

191Bab_Agnaou 

Nous passerons près de La Palmeraie du temps où chacun pouvait y circuler librement sans rencontrer de clôtures.

193Les_Palmiers     188La_Koutoubia

et non loin de la Koutoubia nous trouverons des marchands de tamtams décorés selon les vieilles traditions berbères.

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Puis nous irons chiner avec les brocanteurs de la Zoutilla

197brocanteur 

Quel est le nom du photographe ? Il a signé cette image d'un autre âge, ... avec son ombre, qui cache partiellement le premier plan.

Parmi les photographes de la Base aérienne nous avons mentionné Bourguedieu, citons aussi Bellamy qui fut en janvier 1957 l'un des sept membres du jury d'un concours photo marrakchi (PCCM) en qualité de professionnel aux côtés de René Bertrand. ( Voir --> PCCM )

CHKOUN ANA DE MIREILLE MERCIER

Chkoun_Ana

Mireille_Mercier

© Les récits Chkoun Ana nous ont conduit dans les souvenirs de jeunes déracinés de divers quartiers de Marrakech: la Médina, le Mellah, le Guéliz, la Base aérienne 707 et aussi le bled, la Targa, l'Ouka. Avec Mireille nous faisons connaissance avec l'exil à dix ans. Ces récits dont le titre Chkoun Ana associé à des témoignages d'anciens de Marrakch est réservé (INPI n° 462807) ne peuvent être reproduits sans l'autorisation écrite de leurs auteurs.

Mireille Mercier qui se trouve sur des photos de classe de la Maternelle du Hartsi et de l'École de la Palmeraie partage avec nous des souvenirs et nous dit son amitié: "Je suis une cousine de Guy et Gilbert Uccello et de Bernard Joudoux. Je trouve le blog Mangin très intéressant et instructif car je suis partie de Marrakech à l'âge de 10 ans. J'ai quelques photos de famille ainsi que des images concernant le travail de mon père. Je suis retournée en juin pour la troisième fois avec mes petits enfants à Marrakech. J'aimerais entrer en contact avec Bernard Joudoux que je n'ai pas revu , par contre j'ai vu Guy Uccello la semaine dernière."

Sur la photo de classe Bernard Joudoux est en haut à gauche et Mireille en bas à droite. Bernard Joudoux qui nous a parlé de l'AGM et du rugby a été informé de la demande de Mireille qui ajoute:

"J'ai des photos de la construction de la station de l'Oukaïmeden, à laquelle mon père qui travaillait aux Municipaux a participé. Les ateliers se trouvaient a l'angle du hartsi et de l'avenue, je crois qu'à leur place le Palais des Congrés a été construit.

J'habitais au fondouk sur la route de Safi qui partait de la porte Bab Doukkala et passait devant les anciens abattoirs. Au bout il y a les jardins Majorelle où ma mère a habité avec ma grand mère et ma soeur pendant les 3 années de guerre; elle a connu le peintre Majorelle et avait revu sa fille en France.

Merci d'avoir donné mon adresse à Bernard Joudoux, j'aimerais bien le revoir. J'ai connu un Michel Galvez et Josselyne Allou mais ils ne sont pas sur les photos"

Comme Josselyne Allou avait réalisé un reportage sur Chantalouette avec son amie Francine, le blog a pu  communiquer son adresse email à Mireille
Organisez vous des voyages sur Marrakech avec les anciens ? La première fois j'y suis allée avec ma soeur et j'ai bien retrouvé ma maison et les différents lieux. Puis il y a trois ans, j'y suis revenue avec mon fils ainé ma fille et leurs conjoints ainsi que ma cousine Joselyne et nos maris. Cette année j'y suis retournée avec mon second fils, sa femme et sa dernière petite fille et mes trois petites filles ainées. Mais je compte y revenir car je l'ai promis a tous mes petits enfants ( j'en ai 14 + 2 arrières )
Oui, tous sont intéressés et je suis la dernière a transmettre l’héritage.
Beaucoup de questions ont été soulevées; aussi ce blog m'est d'un grand secours. Je vois que nous recherchons tous nos racines c'est normal.

Merci beaucoup pour les coordonnées de Josselyne Allou
j'ai fais des recherche et j'ai trouvé le site de son hôtel aussi je lui ai écris. Dommage ne pas l'avoir su plus tôt quand je recherchais un hôtel pour mon dernier voyage

MATHILDE BRUNER ET LA CLINIQUE DE LA RUE D'ORNANO

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"J'envoie des photos de Mathilde Bruner , elle était sage femme (photo de sa clinique, je ne sais pas qui est l'enfant devant).

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Mathilde Bruner portant un nouveau né. Le bébé avec sa maman, sa grand mère et Mathilde Bruner. Qui reconnaîtra la maman et la grand mère ? Mathilde Bruner est rentrée en France au moment des événements pour s'installer dans l'Yonne avec Roger Berthelemy son second mari. Elle était arrivée à Marrakech après la guerre de 1914-18 avec son premier mari Monsieur Bruner. Elle habitait à coté de la Villa Taylor et avait pour voisins, sur le même trottoir , la clinique du Dr Berthelemy, en face des maisons des Trouposkadiès et des Estève. Sa maison qui était en même temps sa clinique d'accouchements faisait l'angle de la rue qui conduisait à l'école des soeurs.  

"J'ai longtemps cru que le bébé tenu par Mathilde était moi; mais je vois maintenant en rapprochant les photos qu'elles ont été prises le même jour.

Mathilde était la sœur du Dr Berthélémy et c'était la marraine de ma mère, qui est photographiée sur un petit bassin, je crois au jardin Majorelle.

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Ma mère est née a Marrakech et a travaillé à la librairie Abel Thiriat

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Je pense que ces photos de ma mère ont été prises entre 1942 et 1945 car mon père était à la guerre et elle a vécu au jardin Majorelle pendant cette période avec ma soeur et ma grand mère, à moins que ce soit avant leur mariage qui a eu lieu en 41.
Je pense que ma grand mère gardait ma soeur Monique et que ma mère avait repris le travail chez Thiriat.

 

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La seule fois ou j'ai vu ma marraine au Maroc ... et je ne l'ai vu qu'une fois en France.
Donc de gauche a droite, le deuxieme est Roger Berthelemy le deuxieme mari de Mathilde et le frère du docteur, puis il y a ma mère (mon père prend la photo), Mathilde, un monsieur, ma soeur Monique, derrière elle la tête de ma grand mère Marie Uccello (née Novella), puis le mari de ma marraine dont je tiens le bras et leurs deux enfants. C'est très intéressant de retrouver des traces de son passé et de compléter ses souvenirs.

"Je localise très bien ma maison, elle se situe dans la rue qui passe devant les abattoirs. Nous habitions à côté des garages des municipaux où se trouvaient les camions de pompiers et les ambulances, la maison appartenait aussi a la municipalité. C’était un ancien entrepôt de munitions qui avait était transformé en logement et mon père avait pu le louer. Elle existe toujours; elle n'a pas été démolie, mais elle est dans un triste état. Sur la photo jointe on voit une voiture qui sort de l'impasse des garages, ma maison est au n°3 de la rue.  il y avait a coté du portail une petite porte qui a été condamnée, le mur est plus clair à son ancien emplacement."

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"En entrant dans l'impasse j'ai pu voir le jardin ou ce qu'il en reste. Je me souviens d'une oasis de verdure avec des arbres et au fond une roseraie, il y avait un haut mur, mitoyen avec le cimetière musulman."

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C'est une maison basse, en rez de jardin. Le jardin était bien entretenu du temps de mes parents avec des fleurs et des légumes et au fond une roseraie, ainsi qu'une étable ou mon père élevait deux cochons. Je suis revenue il y a quatre ans. J'ai reconnu la rangée de faux poivriers, mais elle avait diminué car ils ont rajouté des pièces .

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Le palmier qui était juste plus haut que moi est devenu un grand arbre. Tout était bien imprimé dans ma mémoire et lors de ma première visite avec ma sœur, j'ai tout retrouvé.

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Mon père Marcel Mercier est natif de la Corrèze, il est venu au Maroc faire l'armée, il s'est marié en 1941. Mes parents ont habité Rabat où ma soeur Monique est née en 42. Puis mon père est parti 3 ans à la guerre; il a fait la campagne d'Italie dans les Spahis. Ma mère est donc revenue près de sa famille à Marrakech. Il a effectué en tout 6 ans d'armée; au retour il a fait plusieurs petits métiers avant de rentrer aux municipaux, je suis née en 1947 à Marrakech.
il se plaisait bien au Maroc avec ma mère. il a appris l'arabe qu'il parlait couramment. Aux "évènements" il a préféré rentrer en France ou il avait sa famille. Nous sommes partis en juillet 1957."
Marcel Mercier participe à la construction d'un barrage hydroélectrique. Il s'occupe aussi de la construction de chalets à l'Ouka au milieu des années cinquante.

 

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Le Grand chalet du Chouca

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Le petit chalet de...

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La terrasse du Chouca.

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Marcel Mercier sur le balcon à l'étage

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Réunion de chantier à l'Oukaïmeden

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Réparation des toitures endommagées par la tempête

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Chargement sous les chalets

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Le jardin du Hartsi, je connais bien car le dimanche nous retrouvions la famille Pétrequin (ma tante) à la messe et après nous allions chez eux en traversant le jardin que je voyais très grand, il y avait des arbres, de grandes allées avec des petits chevaux à pédales. Je voyais le kiosque, parfois il s'y jouait de la musique. Une fois j'ai vu un film au cinéma de plein air."

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Je complète par une photo de classe de ma grande soeur Monique, elle est en haut la sixième en partant de la gauche. Ma cousine Annie Pétrequin est la huitième du rang assis devant. La deuxieme du rang du haut est Monique Morsa la petite soeur d'Huguette (voir commentaire). Probablement une classe de l'École du Guéliz.

Quant à Josselyne Allou j'ai eu de ses nouvelles; elle est actuellement en voyage, elle était heureuse de ces retrouvailles et par un curieux hasard Son Fils habite Montauban, à 10km de chez moi, je pense que nous sommes appelées a nous revoir.

© Ce récit fait partie des éditions Chkoun Ana. Le titre Chkoun Ana (sous ses différentes orthographes) appliqué à des témoignages d'anciens de Marrakch est réservé, INPI n°462807. Le récit ne peut être reproduit pour publication sans l'autorisation écrite de l'auteur et sans la mention de l'édition. Mangin@Marrakech, 24 novembre 2012.

MERCI À MIREILLE pour ce bouquet de souvenirs: L'évocation des Jardins Majorelle et de la librairie Abel Thiriat avec sa maman, de la très célèbre madame Bruner et de sa clinique obstétricale dont nous n'avions pas encore la photo, souvenirs des Municipaux et des chalets de l'Ouka avec son papa, de l'École du Guéliz avec sa soeur Monique,.. Merci aussi pour nous avoir montré combien Marrakech était une ville gravée dans sa mémoire et combien il était important de transmettre à ses descendants l'amour de ce pays. 

DES RETROUVAILLES INESPÉRÉES

Grosse surprise ! le 12 novembre un commentaire arrive sur le blogpour Patricia K.  ... tu te souviens de Francoise et ses fils Paul et Georges Isorna.. 
Ma mère et la tienne étaient de très grandes amies. Signé: Georges et Paul

Le message de Georges et Paul transmis à sa destinataire déclanche une réaction énorme:   "J'ai le coeur qui bat à 300 à l'heure. J'ai demané à Michel de vous donner mon mail perso! Comment ne pas me souvenir! Françoise l'amie de ma Maman, marraine de ma soeur Pascale, Georges qui s'était fait mordre par un chien enragé, et que nous faisions enrager avec Paul. Et Paul............. mon amour d'enfant. Hello le soleil brile brille brille hello tu reviendras bientôt, mon dernier jour à Marrakech, les larmes, le chagrin, et Paul qui tentait de me consoler avec la chanson que mon père me chantait quand j'avais du chagrin, et puis après Cadix, et puis la vie et puis plus rien. Je vous embrasse très très fort. Patricia"

Patricia a prévenu Pascale et s'inquiète:  "Bonjour Georges. J'espère que tu as reçu les mails et les photos de nos Mamans que je t'ai envovoyées hier soir. Ce matin, j'ai eu ma soeur Pascale au téléphone. Elle attend comme moi avec impatience de vos nouvelles. Je ne t'ai pas trouvé sur facebook. Je t'embrasse très très fort ainsi que Paul. 
Amitiés à vous tous, amies et amis de ce blog. Encore merci d'exister pour apporter du bonheur dans nos coeurs. Patricia du 69"

Le contact est finalement établi entre les séparés de longue date:

Patricia a la gentillesse de nous expliquer l'importance de ces retrouvailles et en même temps de nous rappeler le souvenir d'un commerce bien connu des musiciens, mélomanes, danseurs et chanteurs de Marrakech situé impasse du Roxy: Le FESTIVAL

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Patricia nous écrit: Voilà une photo de nos Mamans dans le magasin de disques et école de danse Le Festival, impasse Roxy.
Quelle émotion l'autre soir en découvrant ce message.
Comment aurais je pu oublier la famille Isorna? Pour moi à Marrakech ce fut une deuxième famille. J'étais si souvent chez eux. Le papa faisant toujours preuve d'une force tranquille. Il avait un coté rassurant que j'aimais. J'ignore comment nos Mamans se sont connues. Mais une grande amitié les liait.
Une avait les yeux aussi bleus, que l'autre noirs. Leur maison fut ma deuxième maison. Françoise fut ma seconde Maman. Elle était toute tendresse, même si la pauvre nous lui donnions du " fil à retordre ". Nous étions bien chahuteurs avec Paul. Bien des fois Georges s'est fait gronder à cause de nous. 
Maman avait partagé avec Françoise l'ouverture du magasin de disques. Elles étaient toujours proches l'une de l'autre.

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Une nuit j'ai couru de la rue du Docteur Madeleine au cinéma ou travaillait Françoise. Maman était malade. Seule je ne savais que faire. Maman en réalité avait une péritonite. Heureusement que Françoise a vite réagi !
Quand à Paul.... Ce fut le dernier ami que j'ai vu avant de quitter Marrakech.
Notre départ me semblait loin, en réalité tellement improbable.... J'étais à l'école, je voyais mes amies, je vivais ma vie d'enfant. Comment imaginer que tout cela pouvait vraiment un jour s'arrêter?
Et un jour, ce fut le dernier jour. Le désespoir. Blandine n'était pas à l'école, je donnais mon adresse à Joëlle. Je courus chez les  Isorna en pleurant. Françoise a tenté de me raisonner. Nous sommes repartis avec Paul vers ma maison. Il ne savait que faire. Son amie malicieuse était une fontaine.... Il se mit à chanter Hello le soleil brille brille brille.... C'était l'air que sifflait mon Papa quand il arrivait à la maison. C'était l'air des jours heureux. Pas vraiment une bonne idée. En désespoir de cause, il me dit de fermer les yeux, et il m'embrassa.....Ce fut mon premier baiser.
Ensuite ce fut le départ. L'aéroport, mon père qui reste sur le tarmac. Et avec lui, la fin de l'enfance et de l'insouciance."

img049 img027 Patricia et sa maman - Les deux mamans de Patricia, Pascale, Georges et Paul.

Il est réjouissant de voir, pour tous ceux qui participent à ces liens par internet sur les blogs marrakchis, que la brutale séparation qui a frappé de nombreux enfants et adultes de la Ville rouge, une séparation vécue comme un arrachement, n'est pas une fatalité et que parfois, quand on s'y attend le moins, comme une surprise, il nous est donné de voir réuni ce qui ne l'était plus. Merci de partager votre joie avec tous !