YANNAYER : NOUVEL AN BERBERE - En ce 12 janvier, le blog souhaite une bonne année à tous les berbères. L'année berbère commence en fait le 14.

Chama_benzriouil

Merci à Chama Benzriouil de nous parler du repas de nouvel an:  "Il n'y a que les berbères qui fêtent Yannayer. Le couscous aux 7 légumes est  obligatoire. À table il faut lait, pain, miel, fruits secs afin que l'année soit abondante, avec une bonne récolte et les puits gorgés d'eau.  Un met spécial  unit les berbères des 3 dialectes, on l'appelle "tagoula" à base d'orge ou de maïs, bien moulu et bouilli  jusquà devenir compact.  On mange la tagoula avec du beurre et du miel.  Yannayer ne dure qu'un jour."  ASSEGWAG AMEGGAZ : BONNE ANNÉE 2963

LE PHOTOGRAPHE FÉLIX A EXERCÉ À MARRAKECH À PARTIR DE 1913-14. IL A VÉCU DANS LA PERLE DU SUD JUSQU'À SA MORT EN 1963. IL AVAIT INSTALLÉ SON STUDIO : 6, puis 2, GALERIE DE LA KOUTOUBIA, Plus tard il aura une annexe au Guéliz, avenue Mangin.

 © Cette présentation du photographe FÉLIX de Marrakech est originale, elle ne peut être reproduite, même en partie sans l'autorisation de l'auteur et la mention de Mangin@Marrakech à la date du 12 janvier 2013.

FelixB-tamponFélix est d'abord un artiste, il réalise des photographies de qualité dès le début de l'année 1913. Il deviendra également éditeur de cartes postales, mais il semble qu'il ait attendu l'été 1915 pour se décider à les diffuser.

Parmi les oeuvres photographiques de Félix nous avons sélectionné un cliché des souks pour commencer. Félix tire parti de la lumière venue des toits avec bonheur. Nous observons qu'il marquait ses tirages sépia d'un numéro d'identification, ici n° 50 en bas dans le coin droit.

Felix_Photo_souks-50 Le soleil semble au zénith, les ombres de gauche restent courtes, plusieurs y cherchent un peu de fraicheur. Au bout du tunnel, un enfant,.. l'avenir.

8Felix_Palmeraie

Félix réalise de très belles photographies de Marrakech, format 17 X 23 couleur sépia au début de son installation. Par les récentes ventes aux enchères de ses photos nous savons qu'il photographiait pour le Résident général (Hubert Lyautey) la Bahia avec ses deux fontaines, son grand salon, une porte et l'ancienne cour du harem, les bâtiments religieux: Koutoubia, Medersa, Tombeaux saadiens, et d'autres sites typiques de Marrakech: palmeraie, remparts, le pavillon de la Ménara ainsi que des sites dans l'Atlas: Asni, village de troglodytes,...(ci-contre Palmeraie et remparts, le tirage tout en hauteur met en valeur les palmiers et la taille imposante des remparts). L'eau qui court dans de larges séguias est aussi un gage d'avenir.

FelixB-tampon-Koutoubia

2013, JUBILÉ DE LA MORT DE FÉLIX

Nous célébrons en cette année 2013 les 130 ans de la naissance de Félix, le 26 avril et le cinquantenaire de sa mort le premier mai. Ce marseillais de naissance venait juste d'avoir 80 ans quand il est décédé à son domicile 24 rue du Commanfant Humbert ( rue Ibn Aïcha) à Marrakech. Il a consacré 50 ans de sa vie à photographier la Ville rouge.

 Bruno RADIUS, Consul de France à Marrakech a signé l'acte de décès. Merci à Bazooka Joe de nous en avoir fait une copie. Nous apprenons ainsi que Fernand Bidon s'était choisi un pseudo commercial: Félix comme Félix Nadar célèbre photographe, qui lui aussi avait un pseudo, car son vrai nom n'était pas Nadar mais Tournachon.

Fernand Bidon 01 alias Félix Photo éditeur Marrakech Nous reviendrons sur le travail artistique de Félix dans une deuxieme partie, mais avant de s'intéresser aux clichés de ses cartes postales admirons une autre photographie des souks empruntée au collectionneur Halfaoui.

Felix_Photo_souks35 Félix parvient à éviter le contre jour tout en obtenant une définition nette des personnages de près comme de loin. Il n'a pas oublié l'enfant symbole d'avenir dans sa composition, un enfant richement habillé est ici au premier plan car l'avenir est prometteur.

LES PREMIERES CARTES POSTALES DE FÉLIX À MARRAKECH

Pour nous repérer dans les dates de ses clichés, nous disposons des cartes postales éditées sous sa marque: Félix, phot.-édit, Marrakech (les plus anciennes) ou Félix, Photo-éditeur, Marrakech ( les suivantes à partir de 1917). Ses cartes appartiennent à deux séries principales numérotées l'une et l'autre. Nous remercions l'ami Halfaoui de nous avoir confié sa collection de cartes postales de Félix pour mieux nous permettre de connaître ce remarquable photographe marrakchi. Félix a publié plus tard une Édition d'Art sur support clair d'environ 80 cartes postales dont les légendes se trouvent au dos.

Son Édition classique de plus de 200 clichés a été imprimée sur des supports aux versos blancs au début puis verts clairs. Nous disposons souvent des cachets de la poste et des dates de rédaction des correspondances pour situer ces clichés dans le temps. Parfois nous observons des retirages. Félix a souvent imprimé au verso de ses retirages un cadre différent, ce qui permet de  distinguer les premières éditions de leurs rééditions.

La série de l'édition classique va nous servir de guide principal, car la série artistique a beaucoup moins voyagé et comporte par conséquent moins d'indices (peu de correspondance et peu de cachets postaux)

La série classique, la plus ancienne commence pour Marrakech au n°51. En effet nous observons que les cinquante premiers numéros des cartes postales éditées par Félix se trouvent dans d'autres villes que Marrakech à deux exceptions près les N°12 et 26 qui représentent la Koutoubia. Les premièrs numéros de cartes postales représentent des sites de Mazagan et ont été diffusés à partir de 1922 seulement.

Il est toujours intéressant d'observer l'ordre dans lequel les clichés d'un photographe ont été édités, car ses choix donnent une indication sur sa personnalité et son projet photographique. Pour cette raison nous nous attarderons sur les premiers clichés que Félix a choisi pour être édités en cartes postales.

PREMIÈRE PARTIE: FÉLIX PHOTOGRAPHE À L'ÉPOQUE DE LA GRANDE GUERRE

LES DOUZE PREMIÈRES CARTES POSTALES DE FÉLIX (N°51 à N°63) étaient en vente à partir de l'été 1915.

LA PAIX RÈGNE À MARRAKECH

Félix nous montre d'abord une ville de Marrakech pacifiée, qui "retourne à une vie normale". Ses clichés ont été pris à la fin de 1914, début 1915 pour être édités en cartes postales en été 1915, l'épisode d'El Hiba est presque oublié. Marrakech est une ville où les cavaliers de fantasia ne semblent pas belliqueux. Mais la prise de vue s'intéresse à plus que la fantasia; oo-existent sur la place les commerces arabes ou berbères avec les commerces européens. 

FelixB-51 51- Cavaliers de Fantasia. Ce cliché focalise sur des cavaliers richement habillés et équipés, avant une démonstration de fantasia. Il est possible de distinguer sur la terrasse de la maison de gauche des spectateurs et sur le côté droit la "Boulangerie parisienne" qui propose des pâtisseries à la française. Il s'agit probablement d'une des deux premières boulangeries européennes de Marrakech. Ni la boulangerie Roubos, ni la bloulangerie-patisserie d'Esparbès ne semblent avoir perduré au delà de 1918. 

Comme pour donner une suite à la scène précédente, Félix choisit de nous montrer une autre scène prise sur le vif et pourtant admirablement composée.

FelixB-52 52 - Pâtissier indigène - Félix montre un quartier de Marrakech dans le calme avec précisément un pâtissier. La pâtisserie n'est elle pas l'activité des temps de paix ?

FelixB-53 53 - Café maure.  Les marrakchis souriants et décontractés ont quitté leurs babouches, tout est calme.

54_Felix_Remparts 13 54 - Route le long des remparts  Le calme de la ville se trouve aussi sur les routes, où le temps s'égrène au rythme de la marche tranquille. Félix sait se servir de la lumière pour souligner le relief et les lignes d'architecture.

FelixB-55  55 - Le 75 Marocain  Félix montre un canon livré aux herbes, avec des roues en ruines, laissé en jouet à un enfant. La paix se trouve à Marrakech alors qu'elle échappe à la France dans son conflit avec l'Allemagne. Ce canon de 75 rappelle la guerre lancée par l'Allemagne contre la Belgique et la France en 1914, en octobre la prise d'Anvers et la première bataille de la Marne où les Allemands sont repoussés jusqu'aux Ardennes, suivie en février-mars de la bataille de Champagne et le bombardement de Reims. Les tirailleurs marocains de Marrakech avaient aussi combattu courageusement en Belgique dès le début de la guerre.

FelixB-56 56 - Le marché aux puces. Le titre aurait pu être La Municipalité et la Place Djemaa elFna. Félix souligne avec ce titre une image de paix renforcée par les personnages dont l'un tient l'autre par l'épaule. Il est possible de distinguer par terre à droite quelques objets informes à vendre, mais surtout aucune arme visible et des chalands plutôt souriants.

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57 - Fête religieuse - Les drapeaux des Aïssaouas. Dans l'esprit de Félix les activités religieuses sont pacifiques. Les hommes défilent dans la rue et deux femmes se penchent et regardent depuis leur terrasse. Ceux qui accompagnent les drapeaux ont vu le photographe, mais ne manifestent aucune hostilité. 

  

 

 

 

FelixB-58b 58 - Le bled en dehors des murs, dans la réimppression suivante la légende sera réduite à : En dehors des murs. Même à l'extérieur de la ville tout est calme; chacun vaque à ses occupations.

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59 - Une rue voûtée - Félix donne beaucoup d'importance aux voûtes parmi ses prises de vues. Ici la perspective lui offre trois voûtes appartenant à des ensembles différents.

 

 

 

 

 

 

 

FelixB-60  60 - La Ménara - Le pavillon et le bassin de la Ménara avec son eau lisse qui fait miroir soulignent l'impression de calme paisible.

FelixB-61 61 - Marché aux grains. Le calme général laisse la place aux activités religieuses et à celles livrées à l'agriculture. Quel meilleur symbole que les grains que l'on sème en temps de paix ?

FelixB-62  62 - Les Grandes-Roues. En dehors du travail, de la religion et du commerce, il y a les jeux et les divertissements

FelixB-63 63 - Une rue. Le derb des forgerons. Tout est calme à Marrakech. En insistant sur l'aspect paisible de Marrakech, Félix montre "en creux" que c'est la guerre en Europe qui le préoccupe.

LA DEUXIEME LIVRAISON DE CARTES POSTALES EST MISE EN VENTE EN 1916, elle correspond aux numéros 64 à 83.

LE CALME RÈGNE EN MÉDINA COMME DANS LES CASERNES

Félix avait fait le choix dans ses premières cartes postales de s'intéresser exclusivement à la Médina où les européens ont leur domicile à côté des berbères et des arabes. Avec les cartes suivantes il franchit le pont vers le Camp du Guéliz. Sans négliger cependant la Médina.

FelixB-64  64 - Camp du Guéliz - Pont sur l'oued. C'est important pour Félix de commencer ses photographies du Camp du Guéliz par un pont.

FelixB-65  65 - Le Riad Zitoun après la pluie.  Le pont permet de passer à pied sec, ce qui n'est pas toujours le cas dans la Médina. Félix s'intéresse beaucoup aux portes et aux voûtes. Ici il réalise une composition complexe avec plusieurs plans et un reflet.

FelixB-66  66 - Esclaves d'un caïd - Les esclaves semblent bien traités. Il subsistait des esclaves, même si le marché avait été fermé à Marrakech à l'instauration du protectorat. Le marché aux esclaves se trouvait à 50 mètres au nord de la place Djemaa el Fna. Le photographe Maillet a réalisé des clichés de ce marché, de ses clients et de quelques esclaves en 1902.

 

Felix_68 68 - Place Djema el Fena - Le premier immeuble du protectorat bordant la place.

FelixB-69  69 - La place Djema el Fena et la Municipalté . Nous voyons la place en 1914-1915, l'activité y est importante. 

70_Felix_Camp Mangin & Fort 18  70 - Camp du Guéliz - Les casernes - À la différence de la Place Djemaa ElFna le camp du Guéliz est désert.

FelixB-71  71 - Camp du Guéliz - Les casernes et le fort - Les militaires s'affairent à des travaux.

FelixB-72 72 - Camp du Guéliz - Les casernes et le fort - Même site, mais pris à une autre heure de la journée, une fois les travaux terminés.

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74-Mosquée de la Koutoubia - 75 - Une vue des Remparts    

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76 - Dans la Palmeraie 

Les lieux pris en photos sont des plus classiques, ici cependant Félix ne se contente pas du minaret, il prend aussi la mosquée, ce qui accentue la destination religieuse du monument. Les personnes au bas des remparts ne se déplacent pas. C'est un enfant qui observe au bord du chemin détrempé. Félix ne photographie pas seulement des paysages, des monuments, c'est la paix et le calme qu'il met en scène. Marrakech est en paix alors que la guerre se poursuit en Europe sur plusieurs fronts. Le 21 février 1916 l'armée allemande attaque Verdun pour y attirer les troupes françaises, qui parviennent avec difficulté à contre attaquer et à fixer le front. Les allemands attaquent les britanniques plus au nord, c'est la bataille de la Somme, plus d'un million de soldats des deux camps mis hors de combat. En décembre 1916 le général Mangin reconquiert tous les forts autour de Verdun. Il y aura eu 700000 morts sans compter les blessés, les régiments se relayaient sur le front dans les tranchées et revenaient à leur tour vers l'arrière. Les tirailleurs marocains de Marrakech y ont participé en avril 1916; il reçurent leur drapeau en aout. Cependant, le photographe Félix nous montre que tout est calme à Marrakech.

FelixB-81 81 - Le Khalifa de Sa Majesté le Sultan et sa suite - Felix n'est pas par tempérament un photo-reporter. Mais il lui arrive de saisir un événement particulier. Le général Lyautey vers le début de la guerre est reconnaissant au Sultan Moulay Youssef d'avoir encouragé les marocains à s'engager dans les régiments français contre l'Allemagne. Cependant à Marrakech c'est le Pacha qui bientôt sera l'image du pouvoir.(voir carte n°84). Le Khalifa du Sultan est Moulay ZIN, précédemment c'était Moulay BOU BECKER. mais on se souvient bien mieux du caïd Si MADANI et du pacha Hadj THAMI EL GLAOUI.

FelixB-82  82 - Vue générale - Cette vue prise depuis le sommet du fort du Guéliz est la première photo du nouveau quartier du Guéliz que nous propose Félix. Les premiers lots à construction attribués dès 1913 se situent avenue de Casablanca, mais d'un seul côté, ainsi que dans la rue du Guéliz, ancien nom de l'avenue Mangin. La prise de vue est probablement de 1915. La bande claire entre le quartier du Guéliz et la Koutoubia correspond aux remparts, plus loin la Médina et l'Atlas à l'horizon.

FelixB-83 83 - Bab Doukkala - Félix jusque là a peu photographié les portes. Ici il montre des personnes et des animaux entrant ou sortant sans obstacle.

Felix8484 -  Avenue du Guéliz - La Poste (BZJ) - La première vue de ce qui sera plus tard l'avenue Mangin photographiée par Félix . Le cliché est au plus tôt du début de 1916. Quelques mois plus tard les abords de la poste seront mieux aménagés. C'est ce qu'il sera possible de voir avec la carte N°95. 

Ainsi Félix, pour les années 1915 et 1916 aura développé une vision paisible de Marrakech. Il commence par la Médina où chacun vaque paisiblement à ses activités traditionnelles, puis nous conduit dans la palmeraie et la Ménara à l'extérieur des remparts, nous fait entrer ensuite dans le camp du Guéliz presque désert pour finalement nous montrer la naissance du nouveau quartier du Guéliz. Marrakech est une ville de paix et de tranquilité quelquesoit le quartier où on se trouve. Pourtant la guerre fait rage en Europe.

LA LIVRAISON DE CARTES POSTALES DE 1917 EST ENCORE PLUS IMPORTANTE QUE LES DEUX PRÉCÉDENTES. LES CARTES PORTENT LES NUMÉROS 84 À 130. 

FÉLIX CHANGE, IL PARLE PLUS DE SÉCURITÉ QUE DE PAIX PAR SES CLICHÉS

FelixB-85  85 - Palais du Pacha - On remarquera l'importante fille d'attente de marocains venus adresser une requête au pacha.

86_Felix_Derb de la médina 04   87_Felix_Derb de la médina 05  

86- Une Rue          87 - Une Rue - Peutêtre certains sauront donner leur vrai nom à ces deux rues en ajoutant un commentaire. Pour Félix l'important n'est pas le nom de la rue, mais l'activité paisible qu'on y rencontre.

88_Felix_Bab Doukkala 06  88- Panorama de Bab Doukkala - Ce panorama impressionnant inspirera plus tard l'un des fils du Pacha de Marrakech, Hassan El Glaoui, qui fit un tableau remarquable de ce site.

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A droite: 89 - Une Rue

Les cinq premiers clichés publiés par Félix en 1917, viennent de la collection de Bazooka Joe. Ils forment une sorte d'ensemble sur la Médina avec les ruelles qui la sillonent, le pouvoir du Pacha et les remparts qui la délimitent. Par cet ensemble Félix donne son explication de la tranquilité de Marrakech.

Félix complète ses vues de la Médina avec d'autres clichés qui participent de la même volonté d'expliquer les raisons de la paix qui règne à Marrakech. Nous empruntons ces autres clichés à la collection Halfaoui.

A nouveau Félix présente une rue, mais en réalité il nous fait admirer la perspective et le dessin des voûtes.

FelixB-90 90 - Le fort du Guéliz - Félix, au travers de ses cartes postales commence à nous parler de sécurité. Il a souligné l'importance du Pacha, des remparts, des portes, il nous montre pour la première fois le Fort du Guéliz avec sa position stratégique dominante. 

FelixB-91 91 - La Palmeraie - Félix cadre sa photo ni sur le chemin à droite, ni sur les terrains cultivés à gauche, c'est le contraste qui l'intéresse. Il y a un siècle la palmeraie n'avait pas de clôtures.

FelixB-92  92 - Les Terrasses - Sans le dire, Félix suggère qu'un poste d'observation au dessus des terrasses permet de surveiller la ville comme depuis un mirador.

FelixB-93  93 - Les nouvelles casernes du Guéliz - Félix par cette légende montre que le dispositif militaire a été augmenté par la construction de casernes supplémentaires.

FelixB-94  94 - Les nouvelles casernes du Guéliz et le fort - Félix souligne la sécurité en montrant que le fort et les casernes sont proches. 

La guerre en cette année 1917 fait de plus en plus de morts et de blessés. C'est l'attaque du Chemin des Dames, commandée par le général Nivelle: 40000 tués au premier assaut et la bataille durera six semaines jusqu'à mi-mai. Les tirailleurs marocains de Marrakech y participèrent et reçurent la fourragère aux couleurs de la Croix de guerre.  Le conflit est international, même les américains jusque là neutres commencent à arriver en France à partir d'octobre. Avec ses casernes Félix montre que Marrakech dispose des moyens de rester en sécurité.

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95 - La poste du Guéliz - Le quartier du Guéliz s'édifie lentement en raison des incertitudes de la guerre en Europe, mais sûrement. Les poteaux électriques et deux civils européens figurent sur cette carte postale où apparaissent des marocains et des européens simultanément.

FelixB-96  96 - Une rue du Guéliz - Félix montre que le Guéliz s'intègre dans les plantations existantes et notament les palmiers sont protégés.

FelixB-97 97 - Avenue de Casablanca (Guéliz) - De nouvelles plantations bordent la large avenue

FelixB-98  98 - Danseurs arabes - Place Djema El Fena - Il s'agit de danses berbères traditionnelles. On remarquera au fond de la place, un bâtiment d'architecture récente, construit pour de nouveaux commerces.

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A droite 99 - Souk des tailleurs - Une femme est au centre de la photo, le blanc de son vêtement ressort sur un fond plus sombre.

 

 

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100 - Jardins de l'Aguedal - Allée d'oliviers - A nouveau une porte, à nouveau le visage de la jeunesse. Félix va nous montrer plus loin d'autres jardins calmes.

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101- Riade Zitoune Djedid, une Mosquée; 102 - Djema el Fena , Souk des roseaux -

Les vues de la Médina alternent avec celles des jardins. Le signe du protectorat en Médina se manifeste par de nouveaux bâtiments, comme la poste.

FelixB-103 103 - La Poste de la Koutoubia - Elle devient la poste principale de Marrakech, celle du Guéliz étant conçue comme une annexe.

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 À droite, 104 - Jardins de la Mamounia. Les jardins de Mamoun seront transformés pour laisser la place au célèbre hôtel.

FelixB-105  105 - Pavillon de la Ménara, Le sujet est moins le pavillon que le bassin vide en train d'être nettoyé et réparé.

FelixB-106  106 - Palais de l'Aguedal (Hôpital Maisonnave) - Cour centrale - Félix montre enfin le magnifique Palais de l'Aguedal. Cependant contrairement à d'autres photographes, apparaissent sur ses clichés peu de soldats convalescents.

FelixB-107   FelixB-108 107 - Palais de l'Aguedal (Hôpital Maisonnave) Une porte; 108 - Une galerie.

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Félix ne nous avait jamais présenté encore l'intérieur des palais de Marrakech sur ses cartes postales. La Bahia par exemple faisait seulement partie de ses tirages photographiques. Il édite sur cartes postales le Palais de l'Aguedal, mais pas seulement pour des raisons artistiques. Par ces clichés, il nous montre des soldats recevant des soins dans un cadre superbe. 

À droite: 109 - Jardins de l'Aguedal - Les soldats en convalescence pouvaient trouver à côté de l'hôpital un agréable lieu de promenade. 

 

FelixB-110 110 - Jardins de l'Aguedal - Félix fait découvrir l'importance des jardins à Marrakech, sans montrer les soldats en convalescence qui s'y promènent.

FelixB-111  111 - Jardins de l'Aguedal - Oliviers au bord du bassin. - 

FelixB-112b  112 - Arrivée du Général Gouraud à Marrakech - Félix se fait photo-reporter à l'occasion de la venue du successeur de Lyautey. Les représentants des tribus sont à cheval, les tirailleurs font une haie d'honneur en colonne au pied des remparts et on distingue assez bien un véhicule automobile et beaucoup moins bien deux autres véhicules. Le Général Gouraud fut amputé d'un bras après la bataille des Dardanelles, il se rétablira et à la fin de 1915 il prendra le commandement de la IVe armée en Champagne. À la veille de Noël 1916 il fait l'intérim du Résident général Lyautey, mais cela ne durera que quelques mois; il reprendra le commandement de la IVe armée en juin 1917. Le cliché est du 4 janvier 1917. Le Général Lyautey, avait été nommé Ministre de la guerre en France, mais n'ayant pas obtenu du Chef du gouvernement les moyens qu'il demandait il a démissionné et il est revenu au Maroc en mars 1917. Une édition plus ancienne du même cliché portait en légende : Arrivée du Résident général Gouraud à Marrakech. À cette occasion le caïd Si Madani et Hadj Thami El Glaoui reçurent la Croix de Guerre en reconnaissance de leur engagement avec les glaouas dans la pacification du Souss et du sud de l'Atlas.

115  115 - Avenue du Guéliz - Cette avenue prendra plus tard le nom d'Avenue Mangin. Comme pour l'avenue de Casablanca des plantations nouvelles bordent la chaussée. Ainsi le Guéliz apparait comme un quartier plein de promesses, avec les moyens de sa sécurité.

116  116 - Fort du Guéliz - Un cliché assez semblable au numéro 90. Seul le premier plan change en présentant une caravane de chameaux

FelixB-117  117 - Chameaux - Félix les photographie de plus près avec le chamelier.

FelixB-118 118- Colonne du Souss - Convoi de chameaux - Ce cliché révèle la raison de la présence aussi importante de chameaux à proximité du fort du Guéliz. Ils vont participer à la colonne du Souss. Avec le soutien des allemands El Hiba fait à nouveau parler de lui.

FelixB-119 119 - Le Guéliz, Avenue du Haouz - Les premières maisons construites au Guéliz, l'avenue du Haouz deviendra la rue Raymond Poincaré.

FelixB-120 120 - Tisserands marocains - Probablement une trame pour confectionner des tentes traditionnelles à l'extérieur des remparts.. 

FelixB-121   FelixB-123 

121 - Place Djema el Fena ; 123 - La Koutoubia A nouveau les marocains occupés par les commerces et les spectacles de la Place et aussi honorant leurs morts du cimetière de la Koutoubia.

FelixB-122 122 - Remparts

FelixB-124 124 - La Koutoubia et l'Atlas - 

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A droite: 125 - Riade Zitoune Khedim (Une voûte) 

La présence militaire au camp du Guéliz se manifeste par l'arrivée d'une nouvelle unité, le 114e Régiment d'Infanterie Territoriale issu d'Antibes avec aussi des toulousains. Les trois premiers bataillons se trouvent sur le front au Nord de la France, les trois derniers sont au Maroc. Le sixieme bataillon du 114e basé à Marrakech a été employé non seulement pour combattre les rebelles de certaines zones de l'Atlas, mais aussi pour construire des voies de communicatiion, des ponts, des passerelles, des ouvrages d'art. Il participera à la colonne d'Aziial et à d"autres opérations dans le sud. La préoccupation de sécurité se fait plus forte. 

FelixB-126  126 - Casernes du 114e - Vue générale - Le fort du Guéliz apparaît à l'horizon - 

FelixB-127 127 - Casernes du 114e - Vue générale - Les deux clichés ont la même légende. Comme partout ailleurs à Marrakech la végétation et en particulier les palmiers ont été conservés et de nouvelles plantations ont été ajoutées.

FelixB-128 128 - Camp du Guéliz - Nouvelles casernes - Par cette légende Félix montre que de nouvelles casernes viennent s'ajouter à d'autres pourtant récentes augmentant la capacité d'accueil des soldats. En effet si la paix règne à Marrakech il n'en est pas tout à fait de même dans certaines parties de l'Atlas et dans le Souss.

FelixB-129  129 - Un caïd Ouchelou au milieu de ses cavaliers

FelixB-130  130 - Colonne d'Azilal - Un blessé de la Harka de Si Madani - Le blessé reçoit des soins d'urgence du service de santé. Quelques mois plus tard Abdelmalek El Glaoui, pacha de Demnat, le fils préféré du caïd Si Madani, parti pour soumettre les montagnards de Sidi Mha al-Hansali du côté de Taznant, fut tué au combat de Bou Yahia. Si Madani fut envahi par la tristesse sans pouvoir se consoler et s’éteindra en juillet 1918

Les cartes postales de FÉLIX numérotées de 131 à 140 ne concernent pas directement Marrakech. Elles illustrent l'engagement des marrakchis mobilisés dans la pacification des zones pas encore soumises à l'autorité du Sultan. On les retrouvera dans l'histoire de la "Compagnie des Mobilisés de Marrakech"

Dans une seconde partie, nous continuerons avec les clichés de Félix à retracer l'histoire de Marrakech en 1918 et dans les années qui suivirent. Merci à nos amis Halfaoui et Bazooka Joé pour cette documentation photographique si riche et importante pour admirer le Marrakech qu'ont connu nos anciens et pour apprécier le travail de l'artiste que fut le marrakchi Fernand Bidon, plus connu sous le nom de FÉLIX.   

 

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Canalblog vient de choisir Mangin@Marrakech comme l'un des sept blogs à suivre toutes catégories en ce 12 janvier 2012 - © Cet article de Michel de Mondenard sur le photographe FÉLIX est original, il s'intéresse au travail de l'artiste dans sa mise en valeur de Marrakech il y a un siècle.

Sa technique photographique et son époque influencent ses choix artistiques. Cet article ne peut être reproduit sans l'autorisation de l'auteur et la mention de Mangin@Marrakech 12 janvier 2013.