ÉQUIPES DE DIRECTION DU LYCÉE MANGIN

Marcel Martin est un spécialiste de la transition entre le Lycée Mangin et le Lycée Victor Hugo. Il a découvert récemment des photos dans une enveloppe. Il nous adresse deux clichés de l'équipe dirigeante du Lycée Mangin avant la prise de fonction du Proviseur Henri Rossard qui ferma le lycée Mangin et ouvrit le lycée Victor Hugo. Les photos sont donc probablement de 1958 ou 1959. Merci Marcel pour ces documents importants.

Lycée_Mangin Prov Mr ROUSSEAU Le Proviseur Rousseau est le quatrième assis en partant de la gauche; le Surveillant génétal Bourgeois est le deuxième; la sixième est Madame Deschazeaux, la septième Madame Carré qui sera Surveillante Générale au Lycée Victor Hugo. Indiquer les autres noms dans les commentaires.

MRK Lycée Mangin Euipe Surv L'équipe du Surveillant général: le deuxieme pourrait être Robert Cazenove, Madame Carré est la troisième, Madame Deschazeaux la quatrième. Merci à Pierre-Yves, à Claude et à Feufeu pour leurs commentaires et à tous ceux qui indiqueront les autres noms afin de garder leurs mémoires.

anciens-élèves-du-lycée-mangin-morts-pour la FranceLE MONUMENT AUX MORTS DES ÉLÈVES DU LYCÉE MANGIN RAPPELLE LE SOUVENIR DE LEUR ENGAGEMENT CONTRE LE NAZISME.

Les seize premiers noms concernent principalement la guerre de 1939-1945. Nous ne connaissons pas la date d'inauguration du monument, probablement fin 1949-début 1950, ce qui explique que certains des lycéens de la liste sont morts après 1945, par exemple Roger Silbermann en Indochine en 1949.

Les quatre derniers noms semblent avoir été ajoutés postérieurement car l'ordre alphabétique est interrompu et le bas du monument où ces quatre noms sont gravés n'a pas la même couleur de  pierre. Par ailleurs le décès du Capitaine Jean CAVILLON est de mars 1954 et celui de Christian Pasteau de décembre 1959. La date de la photographie du monument, probablement du début des années 60, n'est pas connue; ni même la localisation de ce monument et son créateur-concepteur. Un témoignage de septembre 1953 le situe au Lycée Mangin, mais n'a-t-il pas été déplacé ensuite quand la liste est passée de 14 à 20 ? Maurice Calas pense qu'il était encore au lycée Ibn Abbad en 1961. Pendant un temps la plaque fut transférée au Lycée Victor Hugo selon le témoignage de Jeanne CARRÉ. Nous ignorons à quelle date elle fut transférée au cimetière. Nous faisons appel aux lecteurs pour compléter les informations manquantes dans les commentaires ou pour joindre des personnes susceptibles de nous aider à remplir ce devoir de mémoire.

Voici la liste des vingt noms dans l'ordre d'inscription sur le monument: André BLANC, Maurice CHEVRIER, Louis FABRE, Guy FRIGGERI, Jean-Luc GERONIMI, Maurice LAFUENTE, Louis LAMBERT, Jean-Marie LATRON, André MALISCHEQ, Jean REUILLARD, Pierre REUILLARD, Jean REVEL, Gabriel ROGGERO, Jean-Marie ROUSSET, Roger SILBERMANN, Robert VALLIER; auxquels s'ajoutent: Henri LIMOUSIS, René MASSACRIER, Christian PASTEAU et Jean CAVILLON. 

Nous avons déja parlé (13 février 2009) de Jean-Luc GÉRONIMI né le 25 mars 1925 à Calacuccia (Corse) et de ses deux amis du Lycée Mangin qui se sont engagés en même temps que lui parmi les premiers à Rabat dans ce qui sera la célèbre 2eDB, arme blindée cavalerie  - Jean-Luc est tué à l'ennemi le 24 aout 44 pour la Libération de Paris, son ami Jacques DIOT fut grièvement blessé et Marc CASANOVA fut indemne de toute blessure et reçut trois citations dont deux avec palmes. Jean-Luc GÉRONIMI était copilote sur son char au 501e RCC (Régiment de Chars de Combat) dans la 2e compagnie 3e section commandée par le Lieutenant Geoffroy de la Bourdonnaye. Une rue du Guéliz a porté le nom de Jean-Luc GÉRONIMI, elle reliait la place du 7 septembre au lycée Mangin, aujourd'hui rue El Iman Charif. (MPLF cote AC-21P-194297)

Nous avons aussi parlé de Jean CAVILLON (5 juin 2012) et montré des photos de sa classe où il se trouve avec deux camarades de la liste: Maurice LAFUENTE  et Jean LATRON qui est probablement le même que Jean-Marie LATRON porté sur la liste du lycée Gouraud.

Jean Cavillon

Jean Emile Marie CAVILLON né le 21 aout 1923 à Paris 10e, études au lycée Mangin de Marrakech. A probablement fait l'école d'officier de Cherchel avec son camarade Lafuente. D'après sa fille Marie Pierre, il est au bataillon parachutiste de choc au moment de la libération de la Corse en 1943. Blessé, il rejoindra son bataillon quelques semaines plus tard en Alsace en 44. Dix ans plus tard alors qu'il est Capitaine au 4e Bataillon du 3e Régiment étranger d'Infanterie, il est fait prisonnier par les Vietmins. Il meurt en captivité au Camp 5 (Tonkin), le 31 mars 1954. Il fut fait Chevalier de la Légion d'Honneur et reçut la Croix de guerre des TOE (Théâtres d'opérations extérieures). 

Maurice Guy Henri LAFUENTE après le lycée Mangin en première avec Jean Cavillon, fit sa terminale à Casablanca au lycée Lyautey. Il s'engagea et fut formé à l'école d'officiers d'infanterie de Cherchel d'où il sortit Aspirant. Il devint Sous-Lieutenant au 2e RTM. Il était né le 1er mars 1921 à Alger. Il fit partie du Corps Expéditionnaire français en Italie avec son régiment et sa section de Tirailleurs Marocains ses frères d'armes. Il combattait dans le secteur de Garigliano quand il fut grièvement blessé. Il est mort le 2 juin 1944 des suites de ses blessures.(MPLF cote AC-21P-68504)

Roger SILBERMANN. Né le 21 aout 1921 à Saïda en Algérie. Élève de l'École d'Application de Montpellier- Promotion 1947. Sous-lieutenant au 22e B.T.A. - Bataillon de Tirailleurs Algériens. il meurt à l'ennemi le 14 aout 1949 à Lacquoi - Chaudoc (Vietnam). Ce fut aussi l'un des moniteurs de la colonie de vacances de Sidi Farès.

LES LYCÉENS DU LYCÉE MANGIN MORTS EN ITALIE EN 1944

De même que le Sous-Lieutenant LAFUENTE, nous savons qu'au moins deux autres lycéens de Marrakech sont décédés lors de la campagne d'Italie. 

Vallier-Robert

Robert VALLIER Tirailleur au 2e RTM était né le 31 mai 1923 à Marseillan dans l'Hérault. Il est décédé Comunita Montana Del Monti Arunci (Lazio) à l'occasion de l'assaut du Monti Arunci, le 11 juin 1944 aux côtés de ses frères d'armes, Tirailleurs Marocains. Il est mentionné aussi dans le livre d'or du lycée Gouraud de Rabat. Nous ne savons pas sa parenté avec les frères VALLIER de l'Avenue Landais.

Jean-Marie ROUSSET était Caporal au 5e RTM. Il était né le 21 mai 1921. Il est décédé le 23 février 1944 à San-Élia (Italie) aux côtés des Tirailleurs Marocains de sa section. Sa tombe se trouve au cimetière européen de Marrakech. 

Latron-Truchet-Cavillon Classe de Jean CAVILLON (à droite avec noeud papillon)

Dans la même classe de première au Lycée Mangin se trouvait Jean LATRON (à gauche sur la photo). Est ce le même qui figure sur la liste du Lycée Gouraud de Rabat où il a probablement effectué sa terminale ?

LES ANCIENS DU LYCÉE MANGIN QUI SE TROUVENT AUSSI SUR LA LISTE DES LYCÉENS DE RABAT. (Assez souvent les marrakchis allaient au lycée Mangin jusqu'à la seconde ou la première, puis effectuaient leurs classes terminales à Rabat.)

Ils sont trois: Robert Vallier déja cité, Jean-Marie Latron et Guy Friggeri qui ont poursuivi leurs études à Rabat au lycée Gouraud pour présenter leur baccalauréat.

Jean-Marie LATRON, né le 27 février 1923 à Agadir. Nous ne savons pas combien de temps il est resté à Marrakech avant d'aller au lycée Gouraud à Rabat Il prépare son entrée à Saint-Cyr où il est reçu 7e sur 350. L'École est dissoute en cours d'année 1940 et il s'évade pour rejoindre l'Afrique du Nord et la 5e blindée. C'est à Brevillers aux portes d'Héricourt le 18 novembre 1944 qu'il est mortellement blessé.

" Jeune officier d'une bravoure et d'un allant au-dessus de tout éloge. Au cours du nettoyage du village de Laire le 16 novembre 1944, sut, tout en animant directement le nettoyage des maisons, remplacer son chef blessé et rester maître de la situation. Le 18 novembre devant Brevillers, ayant eu son char détruit, a changé de char pour continuer le combat. Blessé mortellement alors que, privé de sa radio, il était descendu pour donner des ordres. Reste pour son escadron un modèle de bravoure et de sang froid ".

Ce fut aussi l'un des moniteurs de la colonie de vacances d'Agadir comme en témoigne Maurice Calas.

Guy FRIGGERI naquit le 4 juin 1919 à Mateur en Tunisie. Il effectue ses études à Marrakech d'abord, puis entre en terminale au lycée Gouraud à Rabat où il réussit son baccalauréat de Math.- élém. Il commence une carrière dans la police, est marié et père d'une petite fille. Mais après le débarquement allié de novembre 1942 au Maroc il s'engage dans l'armée où il devient Sous-Lieutenant dans un régiment de Tirailleurs. C'est le 23 aout 1944 dans l'action pour la libération de Toulon, au cours de l'attaque de Solliès-Ville qu'à la tête de sa section il est mortellement blessé. Citation à l'ordre de l'Armée, Croix de guerre avec Palme.

" Friggeri Guy, sous-lieutenant au 5 Régiment de tirailleurs, Chef de section d'une bravoure exceptionnelle. Le 21 août 1944 au cours de l'attaque de Solliès-Ville a entraîné ses hommes dans un brillant corps à corps. Le 23 août, à la Plâtrière, après une dure progression à travers bois et sa section ayant été débordée, a été mortellement blessé alors qu'avec un mépris absolu du danger, il s'était dressé pour ajuster au pistolet-mitrailleur un groupe de tireurs ennemis ".

LES LYCÉENS DU MONUMENT POUR LESQUELS NOUS AVONS PEU  OU PAS D'INFORMATION

Nous cherchons des informations sur plusieurs lycéens de Marrakech dont les noms sont gravés dans la pierre du monument: dates de naissance et de décès, corps d'appartenance, circonstance de la mort, distinctions, famille à Marrakech, etc..  Maryse, aussi élève du Lycée Mangin, a trouvé quelques noms parmi les Morts pour la France. Il peut s'agir d'homonymes. Il faudrait que les familles confirment ces hypothèses.

André BLANC. Il y avait plusieurs familles BLANC à Marrakech.

Maurice CHEVRIER. Etait-il de la même famille que la sage femme qui présida à la naissance de nombreux marrakchis. Il y eut aussi au Lycée Mangin Marie-Noëlle Chevrier née en 1940 ou 1941. Hypothèse: Maurice Louis CHEVRIER, né le 10 juin 1905, 5eRTM, mort à Cerasuolo le 12 janvier 1944. (Merci à Nath, qui nous confirme dans son commentaire que Maurice Chevrier était bien le mari de Solange Chevrier, sage femme, dite "maman2". Ils avaient eu deux filles : Geneviève et Marie-Noëlle.)

Louis (Joseph, François) FABRE. Sylvaine reconnaît son oncle, frère de Josette Fabre. (voir commentaires). Il a combattu à Monte Cassino avec le 6e RTM. Il était né à Tarascon le 16 avril 1919, il est mort le 16 octobre 1944 à Rupt sur Moselle dans les Vosges atteint par des éclats d'obus. (MPLF: AC-21P-181241)  il avait été instituteur, puis directeur d'Ecole à Demnat. Il écrivait chaque jour dans son carnet de route que Josette, la maman de Sylvaine, conserve avec elle. Leur père était militaire, il est mort du typhus. 

Louis LAMBERT. Nous n'avons aucune information sur ce lycéen. Hypothèse: Louis Joseph LAMBERT, né le 19 janvier 1919, du 58e dépot d'artillerie coloniale, décédé à Libourne de maladie le 8 février 1940.

Henri LIMOUSIS. Il a probablement effectué sa terminale à Rabat. 

André MALISCHEQ. Il y a lieu de rectifier son nom, il faut lire MALICHECQ. né le 12 juillet 1915 à Saumur. Combattait au 2e RTM à Tuga Tublio quand il fut tué le 12 mai 1944. (MPLF: AC-21P85693). Il avait deja le grade de Sergent chef en 1940.

 

Silbermann-massacrier-1949

René MASSACRIER. Né le 13 septembre 1921, il a été élève à l'école du Guéliz puis au Collège de Marrakech (voir 25 mars 2009). Son père exerçait le métier de tailleur avenue Mangin. Il a combattu en Indochine avec le 8e RTM. Il était Sergent-chef dans ce régiment quand il est mort au combat le 27 mai 1950 alors qu'il défendait la place de Dong Khé que les Vietmins attaquaient.

Photo prise en 1949 lors de la dernière permission de René Massacrier sur sa moto et de Roger Silbermann en Képi et avant leur départ pour l'Indochine où ils sont morts glorieusement. A droite, André Duval.

Christian PASTEAU. Né le 25 mars 1933. A fait la guerre d'Algérie où il est mort le 19 décembre 1959. 

Jean REUILLARD. Pas d'information sur ce lycéen.

Pierre REUILLARD. Pas d'information. Hypothèse: Pierre Camille REUILLARD, né le 16 novembre 1921, du 1er RCA, tué par éclats d'obus le 28 novembre 1944 à Falkwiller (Alsace)

Jean REVEL. Il y avait une rue Aspirant REVEL à Marrakech, devenue aujourd'hui rue IBN-ACHIR. Il était probablement de la même famille que le Colonel REVEL ancien du 2eRTM, correspondant de la Vigie Marocaine à Marrakech et de Marie-Jeanne REVEL, cheftaine de Guides et excellente photographe amateur, membre du PCCM. Né le 16 juin 1922; il faisait partie du 1/8e Spahis algériens et combattait en Indochine quand il est mort au combat le 14 janvier 1951 à Daotu, province de Vinh Yen (Nord Vietnam)

Gabriel Marius ROGGERO. Né le 9 février 1920 à Marrakech, Il faisait partie de la Compagnie de Transport auto. Il était Aspirant et combattait sur le Territoire de Belfort quand il est mort le 12 mai 1945. Qui pourrait indiquer sa parenté avec d'autres Roggero de Marrakech ? Qui se souviendra?

Bazooka Joe nous a permis d'avoir des renseignements complémentaires sur René Massacrier, Gabriel Roggero et indirectement sur Jean Revel et Christian Pasteau.

Qui nous dira où se trouve le monument dressé en l'honneur des élèves du lycée  Mangin morts à l'ennemi ? Serait-il dans l'enceinte du lycée Ibn Abbad comme le suggèrent certains ? A-t-il été déplacé au Lycée Victor Hugo comme les monuments d'autres lycées à Rabat ou Casablanca ?  Serait-il au cimetière européen de Marrakech ? Merci à ceux qui nous permettront de le localiser. Merci aussi pour tout ce qui nous permettra de mieux garder leur souvenir. 

Les lycéens de Mangin ne furent pas les seuls parmi les Marrakchis à s'engager en 1942-44. Qui nous aidera à retrouver leurs noms afin de conserver leur mémoire ? Nous avons  une liste d'environ 80 tirailleurs du 2eRTM qui ont participé aux premiers combats de 1939 à Gembloux (voir sur ce blog 2 décembre 2011) mais ils n'étaient pas tous originaires de Marrakech. 

En recherchant uniquement les marrakchis nous pourrions constituer une liste ici et dans les commentaires :

nés à Marrakech 

- BEN MOHAMED, né en 1913 à Marrakech, décédé en juin 1942 à Bir Hakeim en Lybie 3e Bataillon de légion étrangère CP10 disparu lors de la sortie de Bir-Hakeim.
- Georges MARTIN, né à Marrakech le 8 octobre 1922, 2e RTM tué au combat le 6 mars 1944 à Aquafondata (Italie)
- Jules MARTINEZ, né le 14 mars 1923 à Marrakech du 9e BMI, mort de maladie le 5 décembre 1943 à Oran (Algérie)
- Yves, Bertrand, Laurent CARPIS, né le 26 décembre 1920 à Marrakech, de la 72e Compagnie de QG mort à Casablanca le 6 décembre 1943
- Jacques, Jean, Edouard, de GÉRAULT de LANGALERIE du 6e RCA tué par des éclats d'obus le 12 décembre 1944 à Than (Haut-Rhin)
- DJILALI BEN FATAH né en 1909 à Marrakech quartier de Bab Amar du 4eRTM, mort de maladie le 3 fevrier 1945 à Zweiglager Fullen Kreis Allemagne
- FATAH BEN EL MAATI né en 1922 à Marrakech du 4e RTM, tué par éclats d'obus le 3 juillet 1944 à Mussigliani (italie) 
Nous pourrions aussi rajouter des souvenirs sur ces combattants marrakchis qui ne sont pas passé par le Lycée Mangin.