MiCHEL N'A PAS FAIT QU'UN PETIT PASSAGE DANS LA VILLE ROUGE. IL Y A VÉCU DE 1950 À 1965, QUINZE ANNÉES MARQUANTES ! CELLES OÙ LE PAYS EST PASSÉ DU PROTECTORAT À L'INDÉPENDANCE

Ceux qui connaissent Michel BESACK depuis cette époque, à la maternelle du Hartsi, à l'école primaire, à Mangin, au LVH, dans la communauté russe orthodoxe, dans les fêtes auxquelles il participait ou qu'il organisait, à l'Oukaïmeden, Oualidia ou Marrakech peuvent évoquer dans les commentaires le souvenir de ce marrakchi peu banal.

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Présentation du livre

Ce livre, en partie autobiographique, est construit sur le modèle d’un voyage initiatique. Voyage qui permet de revoir les luttes coloniales du siècle dernier sous un angle insolite : celui d’un conflit de longue haleine à travers lequel les forces de l’être et du non-être s’opposent. Combat qui se poursuit encore de nos jours et dont les origines méritent d’être revues afin d’en saisir les enjeux.

  • Catégorie : Biographie
  • Date de publication : Octobre 2014
  • Éditeur : Atramenta
  • ISBN : 978-952-273-474-7
  • Format : 148x210mm, 334 pages
  • Pages : Noir et blanc sur papier bouffant 80g
  • Reliure : Couverture souple, finition brillante

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Michael qui vit à San Francisco a surtout publié en Anglais. Nous notons au moins cinq oeuvres: 

Vocal Arts: The Hermeneutic dimension - mars 1997

Esoteric Wagner: Esoteric Journeys Through Poetry And Song - juillet 2004

The Journey in Parmenides'Poem - juin 2007

Pi Narati - juin 2007

Noetic Excusions: Esoteric Journeys through Poetry and Song - mai 2009

Michel BESACK est actuellement en France pour donner une conférence le 13 juin 2015 : ESOTERISME & MUSIQUE, lors du colloque Berder près de Limoges.

PASSAGE PAR MARRAKECH est une oeuvre en partie autobiographique et les marrakchis de cette époque reconnaitront beaucoup de souvenirs qui sont aussi les leurs. Au texte s'ajoute des photos de la collection personnelle de l'auteur sur Marrakech, Oualidia, Fédala, l'Oukaïmeden et sur nombre de ses ami(e)s

LES IMAGES DE RAYMOND PERRENOUD

Raymond Perrenoud, photographe, actuellement en Suisse, salue ses amis marrakchis en partageant des images captées dans son appareil dans les années 60. Il y ajoute des tableaux de peintres qui lui viennent de son père.

Surprise ! une autre oeuvre de Charles HOLBING, peintre marrakchi, décédé en 1972 alors qu'il était professeur au Lycée Ibn Abbad.

Holbing_Charles_Taourirt_Rayper_Warzazat_1932 La Kasbah de Taourirt dont nous ignorons la date de réalisation. Cette oeuvre sera parmi celles qui feront partie d'un futur article en préparation sur Charles Holbing.

Raymond partage avec nous une oeuvre d'un autre peintre datée de 1932. Il s'agit d'un paysage de TESLAR, peintre d'origine polonaise venu s'installer avec son frère et sa très jeune  femme Jeannine GUILLOU dans le sud marocain à une époque encore troublée.

Oleg_Teslar_1932_Tahnaout Il s'agit de Tanahout. Les deux frères se prénommaient Antoni et Oleg. C'est Oleg qui était professeur d'art décoratifs à Nice et qui épousa son élève Jeanine Guillou. Ils ont un fils qui nait en mars 1931 et partent pour un long séjour au Maroc dans la région de Ouarzazate. Elle peint aussi des Kasbahs.

Toukhrlir_1932_Jeanine_Guillou

Nicolas de Stael jeune peintre passant par là, s'en alla avec Jeannine. Le peintre Moser, à Marrakech, place Jemaa el Fna lors d'un bal un soir de 1937, voit Jeannine entrer dans la danse et décrit la scène:

"Elle déploie à travers ses tourbillons et volutes une énergie propre à attirer sur elle toute la joie des danseurs de la fête, joie devenue sienne. Sa danse au coeur de la foule crée une concentration telle que les danseurs s'éteignent progressivement, laissant toute la place à cette figure qui l'emportait par une vitalité, une vigueur singulières. On la retrouva seule au milieu de l'aire, ce soir-là les étoiles se sont éteintes une à une et la dernière était Jeannine."  Jeannine et Nicolas rentrèrent en France, eurent une fille Anne. Mais Jeannine meurt en 1946 après un accouchement. Dix ans plus tard Nicolas se suicida. Oleg était resté à Marrakech, il est mort en 1952. Remy Poilvet-Le Guenn en parle dans son livre Le temps des Maures, Maroc 1938-1958.(voir ci-dessous)

Raymond Perrenoud partage aussi une photo du Haut Atlas.

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"La photo n/b d’un village est de décembre 1964. 

 
Raymond se trouvait dans la voiture du pasteur Lestringant lors d’un voyage dans le sud. Celui-ci perdit le contrôle de son véhicule, lequel avait basculé lors du dernier virage du Tizintest arrivant en plaine.

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"Nous nous sommes retrouvés sur les roues après un  majestueux tonneau. Il n’y avait aucune lumière alentour. Cinq minutes plus tard nous étions entourés de marocains habillés de djellabas et portant à la main un fallot dans lequel était allumée une bougie.
Ils nous ont aidé à mettre la voiture sur la route, et par chance nous avons pu repartir en direction de Marrakech tranquillement. Nous roulions sur du goudron sec, au lieu de la neige que nous avions plus haut. La voiture est partie au garage pour contrôle.

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A part la carrosserie et la poignée de portière que j’avais totalement tordue, rien à signaler."

La photo des chameaux et celle du jeune agriculteur sont de la même date, décembre 1964, 

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Raymond Perrenoud nous montre sa maison rue du Commandant Humbert à la même époque. Aujourd'hui rue Ibn Aïcha.

Il nous présente aussi quatre photos prises dans la nuit à l'occasion d'une fantasia.

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Les musiciens

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Un cavalier

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Deux cavaliers

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Un long fusil, Moukhala

Merci à Raymond pour ces souvenirs en images qui susciteront d'autres souvenirs de routes de l'Atlas, de villas à Marrakech et de fêtes de poudre (baroud), à plusieurs d'entre nous.
REMY POILVET - LE GUENN, ancien du lycée Mangin et écrivain, à la lecture de ces lignes, partage avec nous ce que le nom d'Oleg Teslar évoque dans ses souvenirs: 

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"J'ai bien connu Oleg alors que j'étais interne au lycée Mangin et qu'il habitait le bas d'un Riad au dessous de chez mon correspondant, derb Debachi. Je le voyais peindre dans la cour en dessous du balcon où je me trouvais . Mes parents, qui habitaient à l'époque à El Kelaa des M'gouna le connaissaient mieux que moi, car à cette époque je devais avoir environ 14 ans.(...) Par contre je n'ai jamais connu Jeannine, laquelle avait rencontré Oleg à NIce et où, fatalité, j'habite depuis 1963. Autre fatalité, j'ai découvert que Jeannine Guillou était d'origine bretonne, tout comme moi. Dans mon livre "Le temps des maures" paru en 2004 il y a une page où j'ai mentionné le nom et la passion d'Oleg, mon souvenir d'enfance et de Marrakech."

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Merci à Rémy pour ce partage de souvenirs et l'évocation de ces troublantes similitudes. Nous ajoutons la couverture de son livre, malheureusement épuisé et que se disputent les collectionneurs de pièces rares. Pour faire honneur à son voisin du derb Debachi nous ajoutons une de ses aquarelles de 1939, région d'Amizmiz.