LES ÉDITIONS L.L. REPRISES PAR ÉDOUARD CRÉTÉ PHOTOGRAPHIENT LES MOSQUÉES ET LIEUX DE PÉLERINAGE MUSULMANS DE LA MÉDINA ET UNE ÉGLISE

LA COLLECTION DES PHOTOGRAPHIES DES MONUMENTS DE MARRAKECH  DANS LES ANNÉES 20 ÉVOQUE LES SEPT SAINTS: Sebaâtou Rijales

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N°41 PORTE ET MOSQUÉE DE LA KASBA - LL - Il s'agit de la face de la porte la mieux conservée. D'autres portes ont subi des dégradations à leur base. Le photo -graphe met en perspective la mosquée.

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N°42  P0RTE  DE  LA  KASBA - LL - Marrakech en dehors de ses mosquées et de ses palais expose son architecture dans ses portes. Elles expriment la puissance du sultan, notamment à l'approche de la Kasba.   XXXXXXXXXXX

SEBAÂTOU RIJALES
Les marrakchis doivent les Sept Saints de Marrakech à une décision politique prise par Moulay Ismaïl (1672-1727) sultan de la dynastie Alaouite, contemporain de Louis XIV, dont il voulut épouser la fille, la Princesse de Conti,  et établir une alliance entre les deux pays. Les autorités de l'Islam n'ont rien fait pour ce pélerinage, car les prières des musulmans doivent monter à Allah seul et certainement pas à des saints. Le sultan prit la décision de créer un nouveau pèlerinage à Marrakech, dans le  but de contrebalancer l’influence grandissante du pèlerinage des sept saints des Regraga. En effet, dans l’arrière pays d’Essaouira, il existait les tombeaux des Sept Saints fondateurs de la confrérie des Chiadma. Ce pèlerinage connaissait un succès très important à l’époque des premiers sultans alaouites et détournait vers Essaouira et le Souss une grande partie des pèlerins venant du Haut-Atlas. Pour le sultan, ce pèlerinage des Regraga avait un double inconvénient : les pèlerins détournés de Marrakech ne pouvaient pas voir sa puissance manifestée par l’importance, la richesse et la beauté de la Ville rouge, mais aussi le pèlerinage déplaçait l’activité économique au détriment de Marrakech.

Moulay Ismaël décida de créer un pèlerinage équivalent et même supérieur à celui des Regraga en l’orientant au bénéfice de la Ville rouge. Marrakech ne manquait pas de Saints : 300 noms de Saints sont calligraphiés magnifiquement dans la Medersa Ben Youssef. Il y avait plutôt l’embarras du choix ! Le Sultan voulait aussi n’en retenir que Sept car ce nombre a une valeur symbolique et religieuse forte, notamment pour les berbères, mais également tout autour de la Méditerranée dans les civilisations agraires rythmées sur les quartiers de la lune et les jours de la semaine. Le catholicisme n'a-t-il pas remplacé les temples romains de Diane par des chapelles vouées à la Vierge Marie pour canaliser la ferveur populaire fixée sur ces sites anciens ?

Le Sultan Moulay Ismaêl confia l’institution du pèlerinage à un personnage illustre, El Hassan El Youssi (1630-1691), grand savant formé à la Médersa de Tafraoute et très bien informé sur le Maroc de l’époque pour y avoir longtemps voyagé. El Youssi choisit donc sept saints, parmi ceux qui avaient été enterrés dans la Ville rouge dans le but de disposer de plusieurs lieux de pèlerinage dans la Médina. Ce sont les Sebaâtou rijales dont le nom est devenu synonyme de celui de Marrakech par leur célébrité. Deux d’entre eux seulement sont nés à Marrakech : Sidi Youssef Ben Ali et Sidi Abdelaziz Tebbaâ. Les autres se sont déplacés pour résider à Marrakech: Cadi Ayyad et Sidi Bel Abbas sont originaires de Sebta (Ceuta), Sidi Ben Slimane du Souss, Sidi Abdellah El Ghazouani des Jbala, dans le nord, et l’Imam Souheili d’Andalousie.

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El Youssi institua dans la médina un itinéraire de pèlerinage qui suivait un parcours circulaire rappellant la rotation autour de la Kaaba lors du pèlerinage à La Mecque. Les Sept Saints étaient soit des grands savants versés dans les sciences religieuses de l’islam, soit des grands mystiques soufis. Et bien qu’ils soient tous sur un pied d’égalité du point de vue du culte qui leur est consacré, l’un d’entre eux, Sidi bel Abbas Sebti se distingue dans l’imaginaire des pèlerins comme étant le saint patron de Marrakech.

Après seulement trois siècles, nous observons dans l’institution du pèlerinage des Sept saints de Marrakech un exemple (que l’histoire a connu à toutes les époques et dans de nombreux pays) d’une instrumentalisation de la religion dans un but politique et économique. Aujourd’hui certains musulmans stricts ne se privent pas de critiquer ce pèlerinage, qui par beaucoup de côtés s’éloigne de l’enseignement du Prophète. Ceci ne doit pas nous étonner car la ferveur religieuse qui s’exprime autour des Sept Saints prend sa source dans la culture berbère qui préexistait à l’Islam.

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N°43 BOSQUÉ DE BERRIMA - LL - Lire Mosquée et non Bosqué. Le photographe n'est pas marrakchi. Il est parmi les premiers à mettre en valeur ces sites anciens, négligés par beaucoup d'autres photographes avant lui.  

La Mosquée Berrima n'est pas dans le circuit des Sept Saints, elle se trouve plus au sud-est, proche de Dar Maghzen et du Mellah / Hay Salam. Bab Aghmat n'est pas loin de même que le mausolée de Sidi Youssef ben Ali (XIIe siècle). Il s'agit du premier des Sept Saints de l'itinéraire du pélerinage. D’origine yéménite, il fut élève du Cheikh Ben Asfour à Marrakech. Atteint de la lèpre, il passa sa vie dans la léproserie située à Bab Aghmat. Bien qu’atteint de cette terrible maladie, il garda jusqu’à sa mort en 1196 une foi inébranlable. Il s’est vu consacrer un édifice pour lui seul: la mosquée Ben Youssef. À l’origine almoravide, elle fut le sanctuaire central de la médina pendant plus de 4 siècles, jusqu’à la création de la mosquée Mawâssîne. Elle a été restaurée et modifiée au XVIème siècle, puis au début du XIXème siècle. Aujourd’hui, il ne reste presque rien de l’édifice initial. Sidi Youssef Ben Ali mourut en 1196 (593 de l'hégire). Son mausolée fut édifié par le sultan saadien Moulay Abdallah. La zaouïa se situe face à Bab Aghmat. 

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N°44 PORTE DE LA MOSQUÉE DE BERRIMA - LL - Très belle porte, pas assez connue. La porte au nord de Bab Aghmat est Bab Aylen. C'est dans sa proximité que se trouve le mausolée de Cadi Ayyad (XIIe siècle).

Cadi Ayyad Ben Moussa Fils de Ben Moussa Ben Ali. Grand Imam de Sebta, Sidi Ayyad est nommé Cadi de Grenade. Il est le plus célèbre des enseignants du malékisme en Occident musulman. À l'avènement des Almoravides, il connaît l'exil à Tadla puis à Marrakech où il vivra jusqu'à sa mort en 1149. Son amour du Prophète exprimé dans son ouvrage « Al-Chifaa » et sa rigueur orthodoxe lui valent son titre de saint. Il est enterré dans le vieux marabout près de Bab Aïlen.

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N°45 MOSQUÉE BEN SALAH - LL - Cette mosquée du XIVe siècle ne fait pas partie non plus du circuit. Elle se trouve sur le chemin entre les mosquées Sidi bel Abbas et Sidi abdel Aziz. Elle fut édifiée en 1321 par le Sultan Abou Said Othman El Merini. Elle est l'un des rares témoins de l'architecture de l 'époque des Mérinides, car beaucoup d'autres monuments de cette époque furent détruits ou réaffectés par la dynastie suivante. Il existe d'autres clichés semblables du minaret de cette mosquée publiés par LL avec d'autres personnages ou animaux. L'éditeur a gardé cependant le même numéro d'édition. Par exemple des tentes et une vache.

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46LL-898269N°46 MOSQUÉE ET SANC -TUAIRE DE SIDI BEL ABBAS - LL - Sidi Bel Abbas est le patron de Marra -kech, son sanctuaire est très visité. Sur l'itineraire du pélerinage des 7 saints, il vient en troisième. Le sanctuaire se trouve non loin de Bab  Khemis.

Sidi Bel Abbas est incontesta -blement le plus vénéré de la ville. Né à Sebta en 1145, il vient à Marrakech à l’âge de 20 ans. Il s’installe sur la colline du Guéliz près d'une source d'eau proche d'une grotte. Il y vit pendant 40 ans, sans jamais pénétrer dans la ville. Yacoub El Mansour l’invite à enseigner, un devoir pour lequel il renonce à sa vocation d’ermite. Disciple de Cadi Ayyad, il passe sa vie à soigner et défendre les faibles et les aveugles. Le Calife Abdelmoumen venu lui rendre visite l’entendra dire: « Tout ce que tu veux qu'on fasse pour toi, fais-le pour tes sujets ». Sidi Bel Abbas meurt en 1205. Mais c’est en 1605 que le sultan saadien Abou Faris lui élève un mausolée, dans l’espoir de guérir son épilepsie. Sidi Bel Abbas fut l'un des interlocuteurs d'Ibn Arabi. Il se lia aussi d'une grande amitié avec Averroès. Patron de la ville, il est aussi celui du commerce, des guérisseurs des yeux, des passementiers, des savonniers et des ouvriers des pressoirs. Il est enterré au cimetière de Sidi Marouk, près de Bab Taghzout. Ce Saint est le plus invoqué dans les actes essentiels de la vie. Son évocation précède le rituel de la halqa. Il est évoqué par tous les conteurs de la place Jemaâ el Fna : « Au nom du saint patron de Marrakech- celui qui veille sur la ville-immuable- un pied sur l’autre- et qui ne retrouve sa quiétude que si tout le monde est rassasié- enfant du pays ou visiteur étranger ».

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N°47 PORTE -FONTAINE BEN SLIMANE - LL -

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Sidi Ben Slimane El Jazouli, est l'un des sept saints, il est né au Sous, il le quitta jeune pour la recherche du savoir. xxxxxxxxxxxxxxxxxxx

N°48XFONTAINE DE SIDI BEN SLIMANE - LL - El Jazouli rejoignit Fez a pied et s'inscrivit a la Medersa ou il excella dans le hadith et l'exegèse.  « Dalil al Khayrat » est le résumé de sa pensée religieuse. Il est considéré comme guide spirituel et résistant à l’invasion ibérique. Il se trouve le 4e sur l'itinéraire du pélerinage des 7 saints, juste après Sidi Bel Abbas. 

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N°49 RUE ET PORTIQUE DE SIDI BEN SLIMANE - LL - Ces mosquées sont peu connues des européens, déçus de ne pouvoir visiter l'intérieur. 

50LL-NAKOUS-879122 N°50 L'ÉGLISE DE LA MÉDINA - LL - Cette église-chapelle a été aménagée dans une maison marocaine en 1913 pour les chrétiens catholiques de la médina (une chapelle en bois se trouvait au Guéliz), en attendant qu'une église soit construite au Guéliz près de la gare ferroviaire (1919). Les premières messes eurent lieu en plein air à Dar el Beida fin 1912. On trouvera sur cette église de derb Nakous, rue de la cloche (fermée vers 1961) des photos de l'intérieur et un historique.

LA BELLE MEDERSA BEN YOUSSEF EST ILLUSTRÉE DE PLUSIEURS VUES

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N°51 LA MÉDERSA BEN YOUSSEF - PORTE DE LA SALLE DES PRIÈRES - LL - La medersa est du XVIe siècle; elle était très dégradée du temps du sultan Moulay Al Hafid (1908-1912). Tranchant de Lunel, conseiller de Lyautey pour les questions artistiques et du patrimoine, commença par la sauver des dégradations de la pluie en faisant refaire la toiture qui prenait l'eau et les descentes pluviales.

52LL-rue-medersa-ben-youssef N°52 RUE DE LA MEDERSA BEN YOUSSEF - LL - Cette rue qui permet de rejoindre la médersa a souvent été photographiées, avec au fond ses trois palmiers et son toit peu banal.

53LL-CP M'Kech ancien_Medersa Ben Youssef 08 N°53 INTÉRIEUR DE LA MEDERSA BEN YOUSSEF  - LL - La médersa est une école de théologie, elle ne fait pas partie du pélerinage des sept saints. Elle se trouve au centre géographique du circuit. La Médersa qui avait été sauvée par Tranchant de Lunel a pu être merveilleusement restaurée depuis. Au milieu de la cour le bassin rénové.

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Cliché Xima par Lalla Claudine - 2014

54LL-CP M'Kech ancien_Medersa Ben Youssef 05 N°54 TOUR DE LA MEDERSA BEN YOUSSEF - LL - Il faudrait remplacer "Tour" par "Cour". Ces légères erreurs confirment que le photographe de LL n'est pas marrakchi, mais qu'il a une excellente technique pour prendre en photo les monuments quelquesoit le pays qu'il visite. Cette vue existe en version colorisée.

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N°55 ZAOUÏA DE SIDI AL-EL-AZIZ - LL - Lire de "Sidi Abdel Aziz Tebaa" un autre saint de marrakech, réputé pour ses guérisons. Il se trouve le cinquième dans l'ordre du pélerinage. D'abord marchand de soie, il s'intéressa tardivement à la vie spirituelle. Il se déplaca à Fez pour y apprendre les fondements de l'Islam. Il excella dans l'exégèse du Coran et du Hadith. Il revint à Marrakech et s'installa à la Mosquée Ben Youssef a côté de laquelle il est enterré. Sur le zellige décorant son mausolée (XVe-XVIe) on peut lire encore « Réjouissez-vous, ô vous qui venez en pèlerinage en ce lieu ! Soyez satisfaits. Votre but sera atteint. L'éclat de la tombe d'Aziz illumine ceux qui la visitent et leur prédit le bonheur. Ô vous qui pénétrez dans ce sanctuaire, Dieu vous fera prospérer. Réjouissez vous, la bonté de votre maître va se répandre sur vous". La zaouia tout près de la Kissaria.

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N°56 INTÉRIEUR DE LA GRANDE MOSQUÉE - LL - Cliché rare, car les européens qui ne sont pas musulmans ne peuvent y pénétrer. XXXXXXXXXXXXXXXXXXX

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N°57 PORTE DU SOUK DES MAJDILA - PASSE -MENTIERS - LL - Très belle porte, finement décorée

 

59LL_899394 N°59  GRANDE FONTAINE EL-MOUASINE - LL - Célèbre fontaine, l'une des plus connues à Marrakech. La porte du fond à gauche est celle des souks, notamment des objets en cuivre. Cette fontaine est aujourd'hui désaffectée, une grille en interdit l'accès. (voir ci-dessous cliché M2M, mai 2013)

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60LL-CP M'Kech ancien_Fontaine Sidi Hassan 02 N°60 FONTAINE SIDI EL HASSANE - LL -  El Hassan était un artiste qui réalisa cette fontaine (1557-1558) à la demande de Lalla Messaouda, la mère du Sultan Saadien Ahmed-el-Mansour. Le même site a été photographié plus tard. Voir le numéro 134.

61LL-CP M'Kech ancien_Mechouar (palais du Sultan) 04 N°61 ENTRÉE DU PALAIS DU SULTAN - LL - Les portes des palais expriment déjà la puissance des sultans. Le photographe de LL nous fera entrer plus tard dans les palais.

62LL-CP M'Kech ancien_Bab Mechouar (palais du Sultan) 02  N°62 REMPARTS ET PORTE DU MECHOUAR DU SULTAN - LL -  Cette porte accompagnée de personnages à pied ou à cheval ouvre sur une très grande place totalement vide, sauf lors de grandes  cérémonies avec le Sultan.

63LL-mechouar-sultan  N°63 LE MECHOUAR DU SULTAN - LL - Grande place surlaquelle donnent de rares portes

64LL_canon-pavillon-fetes-sultan N°64 CANON MAROCAIN ET PAVILLON DE FÊTE DU SULTAN - LL - Le palais de Dar Beida disposait de quelques vieux canons.

AUTOUR DE BAB-DOUKKALA

65LL-CP M'Kech ancien_Mosquée de Bab Doukkala 01 N°65 LA MOSQUÉE BAB-DOUKKALA - LL -  Cette mosquée ne fait pas partie du pélerinage des sept saints.

66LL_CP_M_Kech_ancien_Bab_Doukkala_19 N°66 PORTE BAB DOUKKALA - LL -   ll s'agit de la porte depuis l'intérieur de la ville. Pour voir l'extérieur se reporter à la vue n°17. C'est par cette porte que le colonel Mangin est entré avec solennité dans la ville le 9 septembre 1912.

67LL_99884 N°67 LA RUE ET LA MOSQUÉE DE BAB DOUKKALA - LL - Vue depuis la porte en s'enfonçant dans la ville. Le Pacha résidait dans son palais non loin de cette mosquée.

68LL-CP M'Kech ancien_Remparts 26 N°68 ROUTE DE BAB DOUKKALA - LES REMPARTS - LL -  La route n'est encore qu'une piste

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 N°69 BORDS DU LAC - ROUTE DE BAB DOUKKALA - LL - Le photographe ou l'éditeur a vu un lac, là où il n'y a qu'un simple bassin qui sert d'abreuvoir et de lavoir à linge à l'orée de la Palmeraie. Un autre cliché du site porte le numéro 6.   XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX

LA KOUTOUBIA VUE SOUS TOUS LES ANGLES

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N°72 MINARET DE LA KOU -TOUBIA - LL - La Kou -toubia ( XIIe siècle) et sa mosquée ne font pas partie du pélerinage des sept saints de Marrakech. Cependant au pied du Minaret se trouve la Koubba et la tombe d'une sainte, Lalla Zahra el Kouch. C'est en se dirigeant vers la Koutoubia que l'on rencontre le mausolée  de Sidi Abdellah Al -Ghazwani (XVIe siècle), le sixième des Sept Saints dans l'ordre du pélerinage.

Sidi Ben Abdallah El Ghazouani dit Moul El Ksour, est originaire de la tribu berbère de Ghomara. Il a consolidé le renouveau soufi initié par Sidi Ben Slimane. Après avoir poursuivi ses études à Fès puis à Grenade, il s’installe à Marrakech pour compléter sa formation auprès de Sidi Abdelaziz Tabaa. Sa réputation ne tarde pas à porter ombrage au sultan Sidi Mohamed Cheikh , qui l'incarcère a Marrakech. Le sultan watasside le libère et crée à son intention une Zaouïa à Fès, afin de l'éloigner et de l'isoler. Mais très vite, le saint homme revient à Marrakech. Il y fonde une Zaouïa dans le quartier d’El Ksour. Décédé en 1528, il est enterré non loin de la Mosquée Mouassine. À la suite de différends avec le sultan mérinide, il avait prédit la fin de sa dynastie.

      

73LL-CP M'Kech ancien_Avenue Koutoubia 67 N°73 LES PALMIERS - AVENUE DE LA KOUTOUBIA -LL - Il s'agit du prolongement de la rue du Guéliz (Mangin/Mohamed V) après la place du 7 septembre (11 novembre). La voie ferrée amorce une courbe car elle ne passait pas par la grande avenue Mangin, mais par la rue des Écoles. 

75LL-CP M'Kech ancien_Koutoubia 63 N°75 JARDIN DE LA KOUTOUBIA ET CANON DU RAMADAN - LL - Cette carte postale illustre la réalisation plus tardive d'une série colorisée avec les mêmes clichés. Cette colorisation fut moins bien réussie que celle effectuée par le photographe Félix pour une vingtaine de ses clichés. Félix avait une meilleure appréciation des vraies couleurs de Marrakech où il a vécu toute sa vie active et sa retraite. 

76LL_Poste-medina N°76 LA GRANDE POSTE DE LA KOUTOUBIA - LL - La construction la plus récente de la Médina

 

LES TOMBEAUX SAADIENS

78LL-entree-saadiens N°78 ENTRÉE DES TOMBEAUX SAADIENS - LL - Au début des années 20 des travaux de sauvegarde en toiture avaient été réalisés, mais l'aspect extérieur et les abords nécessitaient des travaux importants de restauration.

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 N°79 PORTE DES TOMBEAUX SAADIENS - LL - Les tombeaux Saadiens sont du XVe siècle. Ils témoignent d'une dynastie disparue. Ils représentent aussi tout le savoir faire des artisans et artistes marrakchis.   Tranchant de Lunel avait sauvé le site avant qu'il ne soit trop tard.       XXXXXXXXXXXXXXXXXXX

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N°80 INTERIEUR DE LA KOUBA DES TOMBEAUX SAADIENS - LL - Le photographe met en valeur la finesse des décorations de la porte et l'élégance des colonnes.

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N° 82 LES TOMBEAUX SAADIENS - LL - Les tombeaux restent un lieu incon -tournable du passé marrakchi.

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N°85 DÉTAIL DE LA KOUBA DES TOMBEAUX SAADIENS - LL -   Vu leur état en septembre 1912, les tombeaux furent interdits car il était dangereux de les visiter. Ils ne figuraient pas sur les plans de la ville. Ils se situent à proximité de Bab Roob. Non loin du mausolée de l'Imam Souheil (XIIe siècle), le dernier des Sept Saints de Marrakech.

L’Imam Souheil, né près de Malaga est connu pour sa poésie soufie et son ouverture d’esprit à un moment de forte censure religieuse. Ce vieil érudit fut ramené d’Espagne par Yacoub El Mansour. Il a rédigé deux chefs-d’œuvre : l'un sur les noms propres des prophètes cités dans le Coran, l'autre sur la biographie du Prophète  Mohammed. Ce saint homme eut une vie simple et finit ses jours à Marrakech où il mourut en 1186. Les étudiants n’ayant pas de mémoire se recueillent souvent sur sa tombe. (note: les paragraphes concernant les sept saints sont tirés des textes officiels)

 

Les Sept Lallayat ? Certains et surtout certaines regrettent qu'il n'y ait pas un pélerinage organisé pour les saintes marrakchia.  Il faudrait qu'une autorité comme El Youssi décide des noms des sept saintes, dont certaines sont déjà célèbres et très visitées par les femmes: Lalla Zahra el Kouch a son tombeau près de la Koutoubia, une koubba blanche, elle était la fille d’un esclave libéré et la légende dit qu’elle était femme le jour et colombe la nuit. Il y a aussi Lalla Mimouna chantée par les Gnawa, Lalla R'kia sollicitée pour la fécondité, Lalla Mahla, aussi érudite que belle, Lalla Aaouich, Lalla Mira, Lalla Meriem Chelha du Souss, Lalla Aïcha des Bni Dghough, Lalla Fatima-Zohra la parfumeuse et bien d'autres... sans oublier Lalla Takerskout et en évitant Aïcha Kandicha, la diablesse, celle que les hommes craignent de rencontrer la nuit et dont les enfants ont peur.

Mais c'est un autre sujet que les Éditions LL n'ont pas traité.

Michel de Mondenard

Nous terminons ici la deuxième partie de la collection des éditions LL. Il nous restera à présenter les clichés mettant en valeur les palais de la Médina de Marrakech , ainsi que d'autres lieux illustrant son riche passé artistique.