Nous apprenons ce jour par104865622_o le Président Robert Lucké la triste nouvelle du décès de Paul GARCIA. Il aurait eu 65 ans au prochain Moussem à Avignon. Nous disons toute notre sympathie et notre affection à Evelyne (née Martinez) son épouse, à Mme Pascale GARCIA sa fille, à M Xavier GARCIA, son fils, à Mme Suzanne GARCIA, sa mère, à sa Famille, Parents et Alliés. Nous serons avec eux au moins par la pensée, lors de la cérémonie civile, célébrée au Crematorium du Gard - 490, Rue Max Chabaud à Nîmes, le jeudi 27 avril 2017 à 14 heures.
Un livre de condoléances est ouvert sur www.enaos.net - Code direct 1514-20170424. On peut aussi écrire des condoléances dans un commentaire sur ce blog.

SLAT LA’JAMA 

cour-slat-synagogue La cour de la synagogue, telle qu'on peut la visiter. Photo Tramoy

Joseph Dadia écrit pour conserver la mémoire de la communauté juive qui vivait autrefois à Marrakech. Il rassemble les documents et les témoignages avec persévérance et rigueur historique. Il nous fait l'amitié une nouvelle fois de confier au blog Mangin@Marrakech la publication d'une des pages de l'histoire passionnante des juifs marrakchis.

Joseph Dadia dédicace l'histoire de cette synagogue : "Je dédie ce texte à la mémoire de mon Maître rabbi Nissim Bénisty Zal. 

Par cet article, je souhaite m’associer à l’hommage qui est rendu par sa famille, ses disciples et ses amis à un sage de Marrakech, rabbi Yaaqob Hazot Zal, figure bien-aimée de ces dernières années. Il enseigna l’hébreu et le talmud à Slat La’jama et forma plusieurs générations d’étudiants.

Comme tout jeune marrakchi, j’ai entendu parler de lui en des termes élogieux, mais je ne pense pas pour autant avoir été son élève, bien que j’aie étudié longtemps à Slat La’jama.

Ma contribution en son honneur se limitera à tracer un bref historique de Slat La’jama."

Dans les années 1930/1940, Slat La’jama, « la synagogue des Etrangers », était un lieu de prière et « une école hébraïque », véritable Talmud Tora avec plusieurs salles de cours. Chaque classe était confiée à un maître. L’établissement comprenait en outre dans l’aile supérieure de son bâtiment une yéshiba. Et les étudiants en Talmud étaient couvés et choyés, à cette époque-là, comme peuvent l’être de nos jours les champions sportifs.

Paul Valence ( en 1939) nous laisse une description de cette école talmudique :

«  C’est au centre du mellah, au premier étage de l’immeuble  abritant la grande synagogue que les talmudistes instruisent aujourd’hui les jeunes étudiants […] De nos jours la yéshiba renferme chaises et bancs : c’est l’unique concession qu’elle ait fait au progrès. Le professeur assis au fond de la salle, homme de cinquante ans environ, borgne, barbe grisonnante en pointe émoussée, l’œil vif, la parole rapide, les gestes nerveux ; une cinquantaine de jeunes gens assis sur les bancs, vêtus les uns d’une lévite neuve qui les fait ressembler vaguement à de jeunes séminaristes, les autres de vieux pantalons et d’une chemise japonaise, composent l’assemblée. Maître et élèves tiennent chacun un exemplaire de ce Talmud […] La leçon traite ce jour-là du statut des esclaves. Se dandinant comme un métronome le maître lit un passage de la Mishna, d’abord en hébreu, puis en traduction arabe […] Il passe ensuite au commentaire de Rashi relatif à ce passage […]Le professeur  arrête alors sa lecture, puis interroge … A leur tour les élèves s’interrogent entre eux  » [1]                                                                                   

Nombreux sont les juifs expulsés d’Espagne, Mégorashim, qui sont venus s’installer à Marrakech et vivre parmi leurs frères autochtones, Toshabim. Les relations communautaires, tant religieuses que sociales entre ces deux groupes, n’étaient pas toujours des plus harmonieuses.

Slat-Lajama La synagogue Slat La’jama, aujourd’hui - Source : Les synagogues du Maroc Calendrier 5757 - 1996 / 1997 (Copyright Bne Issakhar Institude – Jerusalem, P.O.B. 1167 Jerusalem)

Le Professeur Haïm Zafrani observe : « L’arrivée des expulsés en 1492, si elle apporta quelques troubles dans la vie des communautés locales, elle fut par-dessus tout un facteur d’enrichissement spirituel considérable. Toshabim (indigènes) et Mégorashim (expulsés) restèrent longtemps opposés sur certains points du culte (liturgie et lois relatives à l’immolation rituelle des bêtes de boucherie) […] » [2]  La fusion n’a pas été complète. Le rite espagnol a prévalu, mais sans faire disparaître les usages religieux et les traditions des juifs indigènes.

Le conflit entre les juifs de Castille et les autochtones était d’ordre religieux comme à Fès, mais à Marrakech et uniquement dans cette ville, il avait pris un aspect très inquiétant : les Toshabim dénoncèrent les Mégorashim au Sultan, alléguant la richesse de ces derniers qui dissimulaient leurs trésors.

Les Mégorashim convainquirent le Sultan du contraire et intercédèrent pour leurs frères auprès de lui. Il leur pardonna. Les Mégorashim, pieux érudits et hommes saints, prirent à cette occasion l’engagement de convoquer par leurs prières la pluie sur Marrakech, même au mitan de l’été, surtout en période de disette et de sécheresse, chaque fois que le Sultan le leur demandera. Le Sultan les nommait hbab Allah, les bien-aimés de Dieu.

Sous les Saadiens, les juifs de Marrakech avaient été bien traités. Dans la seconde moitié du 17ème siècle, les juifs autochtones devenaient plus nombreux que les expulsés castillanais. Le quartier juif de Marrakech, appelé jusque-là juderia, juiverie ou juifverie, portait désormais le nom de mellah.

Le médecin anglais William Lemprière arriva à Marrakech le 8 décembre 1789 et s’établit dans un bon logement du mellah. Il note dans son récit de voyage que les juifs parlent assez bien la langue espagnole dans les ports de mer, surtout à Tétouan et à Tanger, mais à Marrakech et à Taroudant, ainsi que dans toutes les autres villes de l’intérieur, ils n’entendent que l’arabe et un peu l’hébreu.

Rabbi Yossef Bénaïm, auteur du célèbre « Malkhei Rabbanan », rapporte l’histoire tragique de Rabbi Yéhuda Abrabanel de Marrakech, descendant de Don Isaac Abrabanel de la lignée du Roi David, assassiné par le Sultan qui le soupçonnait de garder en un lieu secret ses richesses et de refuser de les lui remettre. Après sa mort, la famille trouva parmi les papiers du rabbin une lettre rédigée en  judéo-arabe.[3]

La Chronique assez complexe de la communauté juive de Marrakech reste à écrire.

À Marrakech, les Mégorashim vivaient séparés des Toshabim dans une partie de la juiverie, le « Quartier des Andalous ».[4] C’est dans ce quartier que se trouvait Slat La’jama, construite par les Expulsés pour eux et leurs descendants, avec l’accord du Sultan Moulay Abdallâh Al Ghâlib Billah (1557-1574), concomitamment selon toute probabilité à leur installation dans le quartier juif, édifié en 1557/5317.

D’après Oufrani, historien de la dynastie Saadienne, auteur de Nuzhat el Hadi (Le repos du guerrier), la construction de ce quartier aurait commencé en 1562/1563.

À Marrakech, les Mégorashim priaient à Slat La’jama, les Toshabim à Slat Talmud Tora. Ces deux synagogues se dressaient fièrement, l’une face à l’autre. Slat Talmud Tora regardait sa voisine qui lui tournait le dos, son entrée étant à derb Slali ben Hamou. Une traboule large de deux à trois mètres séparait les deux édifices. Elle les coupait au niveau d’une pompe à eau, séqaïa, et serpentait malicieusement en direction de derb el Hbas, laissant derb ‘Attia à sa gauche et derb ben Simhon à sa droite.

David Corcos signale qu’à Marrakech « la vieille synagogue des A’jama ou (A’jamiyin), ceux qui encore à la fin du 18ème siècle ne parlaient entre eux que le castillan, est restée obstinément fermée jusqu’aux années 1925 aux Moriscos, aux Beldiyin. »[5]

Marmol, captif chrétien, témoin contemporain du transfert des juifs de Marrakech du quartier Mouassine dans la nouvelle juderia « […] près de la porte de Bab Agmat, afin que les Iuifs fussent séparés des Maures. Il est fermé de tous côtés de murailles, sans avoir qu’une porte qui va à la ville, et une autre petite qui répond à leur cimetière, et dans cette enceinte sont bâties plusieurs maisons et synagogues ».[6]

La Mission Historial mentionne l’existence de plusieurs synagogues à la juiverie de Marrakech, mais pas suffisamment nombreuses comme elles le furent par la suite.   

Thomas Le Gendre, en visite à Marrakech en 1618-1625, signale deux synagogues.

En 1640, Matham confirme le chiffre de deux synagogues par son Estampe ; elles y apparaissent, il est vrai, écrit Gaston Deverdun, le plus grand spécialiste de Marrakech, « comme importantes et d’une architecture qui rappelle celle des synagogues d’aujourd’hui : édifices carrés, probablement munis de portiques, avec lanterneau octogonal terminé en pointe, enfin fenêtres hautes et nombreuses ».[7]

La juiverie en 1641 était loin d’être entièrement construite, portant encore les marques de la grande inondation de 1639. Par miracle, aucune synagogue n’a été endommagée ni par les flots du Tensift et de ses affluents ni par les eaux d’une pluie torrentielle.[8]

Au cours de mes recherches, il m’a été donné d’examiner des plans et des estampes de la Ville de Maroc, sur lesquels j’ai pu observer deux synagogues avoisinantes, et l’emplacement de la Porte de la juiverie, comme  sur le Plan manuscrit portugais de la Casbah, daté de 1585 que le R .P. Henry Koehler a publié dans la revue Hespéris.[9]

Le mur d’enceinte du côté Est de la Casbah descend en ligne droite vers le Sud depuis Bab Berrima, sur une longueur de 550 mètres environ le long des jardins de Dar el Makhzen, jusqu’à la hauteur des constructions près des Méchouars. A ce point précis, le mur s’articule avec celui qui se poursuit jusqu’à Jnan-el-Afia. A cet endroit, le mur enclôt la juiverie qui s’étend jusque là, nichée dans Rahbat el Khaïl, le Marché aux chevaux. 

Sur une estampe de Koninklykhof reproduisant Le Palais et une partie de la ville Maroc, la Porte des Iuifs est située à une extrémité de la gravure, et les deux Synagogues des Iuifs, attenantes au jardin Montserrat, à l’autre extrémité.[10]

L’estampe la plus fiable est celle de Matham. Sur ce point, je me réfère notamment aux travaux de Gaston Deverdun.[11]

Adrien Matham (1600-1670) était un excellent graveur. Il accompagna Antoine Liedekerke, dépêché par le Gouvernement des Pays-Bas vers le Sultan du Maroc. Le 11 mars 1641, l’ambassade hollandaise fit son entrée à Maroc où elle séjourna dans la juiverie jusqu’au 8 mai de la même année. 

Matham-Ville-de-Maroc-MRK-1640JPEG 

Parmi les dessins et les planches exécutés par Matham, il y en a deux qui concernent Marrakech, notamment la planche 28 « Vue de la Casbah de Marrakech », exécutée à l’encre de Chine et au pinceau, portant le titre soigneusement écrit en latin « Palatium magni Regis Moroci in Barbaria », sur laquelle on voit le château royal avec une haute tour crénelée, au sommet de laquelle on peut arriver à cheval ; puis, à droite de celle-ci, la demeure des quatre femmes du roi, le lieu des sépultures des reines, ensuite la résidence ordinaire du sultan et la tour aux trois pommes d’or ; enfin, en avançant toujours vers la droite, on rencontre le gros des maisons de la ville et le quartier des juifs ; le premier plan du tableau est aussi formé par le mur d’enceinte crénelé, sur lequel on voit se promener ça et là des cigognes et d’autres oiseaux.

Palatium_magni_Regis_Maroci_in_[droite]Matham_Adriaan

Matham a dessiné d’après nature, d’un point haut du mellah, situé à l’est de la Casbah. De ce point d’observation, Matham avait en face de lui le Palais du Badi’, le minaret de la Mosquée de la Casbah et les tombeaux Saadiens; et, en tournant légèrement sa tête à droite, Matham pouvait voir devant lui l’entrée de la juiverie, et à sa gauche deux synagogues, à l’arrière-plan desquelles s’étendaient à perte de vue les immenses vergers de Montserrat, l’Aguedal d’aujourd’hui.

Matham se tenait vraisemblablement sur la terrasse d’une maison, au fond d’une impasse de la juiverie, appelée par la suite derb Tajer, donnant sur la Bahia par une petite porte. Gaston Deverdun a publié dans ses travaux le croquis établi à sa demande par Raymond Duru, Inspecteur Régional de l’Urbanisme.

Gaston Deverdun affirme que la vue générale de la gravure de Matham n’est pas « […] Comme le croyait le comte de Castries celle de la ville de Marrakech vue de l’ouest, mais plus simplement, comme son titre l’indique, celle de son palais royal, la Casbah, vu de l’Est […]. Matham ne nous apprend rien sur la médina, bien entendu. On devine seulement que ville commerçante et ville impériale sont séparées comme elles l’ont été jusqu’au 19ème siècle, non seulement par une solide muraille, mais aussi par des jardins, les deux « Riad Zitoun » d’aujourd’hui, où les Saadiens lotirent, dit-on, des réfugiés andalous. Deux minarets, chacun d’eux surmontés d’un croissant, bordent l’estampe à droite ; s’ils ont existé, ils ne correspondent plus à rien aujourd’hui. Ces croissants sont du reste bien douteux, même si l’on songe aux goûts turcs des Saadiens. »[12]

Il existe d’autres gravures de Marrakech, dont une vue de 1646 de 2,50 mètres de longueur, accompagnée d’un texte en bas de la feuille.

Olfer Dappernous laisse une description exacte de Montserrat et de la Juiverie : « […] Un verger royal où il y a plus de 15000 limonniers et autant d’orangers et de palmiers et environ 36000 oliviers, sans compter plusieurs autres arbres et grand nombre de fleurs […]. L’eau qui baigne ce verger est fort poissonneuse […]. Tout contre ce verger est un grand parc de bêtes farouches, où sont renfermés force éléphants, loups et cerfs[…].Près du Palais est le quartier des juifs, qui est fermé de murailles et ressemble à une seconde ville, il n’y a qu’une porte où des Maures font la garde, les juifs qui se trouvent dans Maroc sont au nombre de près de quatre mille. La plupart des maisons sont basses, petites, bâties simplement en terre grasse, enduite de chaux, mais les maisons des personnes de qualité sont belles et grandes, bâties de pierres, avec une tour fort haute au milieu pour y aller prendre le frais. Le toit des maisons est plat comme dans les autres quartiers de l’Afrique. »[13]

La ville de Marrakech n’a été visitée que par un petit nombre d’Européens entre 1526, Léon L’Africain, et 1868, Mr Auguste Beaumier, Consul de France à Mogador.

Paul Lambert, négociant français installé à Marrakech depuis 1863, publia une Notice et un Plan de la ville de Maroc. Lambert donne la toponymie commerciale de la ville avec l’indication de nombreux noms de fondouks et de souqs.

Plan_de_la_ville_de_Maroc-Lambert

Le grand marché de la ville était le souk-el-Khmis, et non la place Jamâ’-el-Fna, réservée alors aux courses de chevaux.[14]

Le Plan de Paul Lambert permet de comprendre comment, à la fin du 19ème siècle, le grand vizir Ba Ahmad a bouleversé tout un quartier et une partie du mellah. « Grâce à Lambert, écrit Gaston Deverdun,il devient très simple de reconstituer le mellah dans ses limites antérieures aux agrandissements de Moulay el-Hassan […]. »   

Ainsi, grâce au Plan Portugais de 1585, à l’Estampe de Matham de 1641 et au Plan Lambert de 1867, les limites du mellah de Marrakech sont faciles à reconstituer sauf à l’Est.

Le dimanche 7 février 1864, le baronnet et philanthrope juif, Sir Moses Montefiore, arrive au mellah de Marrakech. Il note dans son Journal : « La foule était énorme, notre réception enthousiaste. Les ruelles ou les rues étroites par lesquelles nous avions la plus grande difficulté à nous frayer un chemin étaient peuplées de nombreux amis. A chaque fenêtre, sur les murs de la ville, de partout où les yeux se posaient nous apercevions des groupes de nos frères et sœurs s’unissant pour nous accueillir. »

Sir Moses Montefiore, avant de rendre visite à Haïm David Corcos (d.1884), se rendit d’abord, comme à son habitude, dans l’une des nombreuses synagogues, la plus ancienne et la plus grande, mais, à son grand regret, d’apparence humble, où l’attendaient les notables et les rabbins, dont rabbi Raphaël Messaoud Aben Moha (1781-1876), alors président du Tribunal rabbinique de Marrakech.

Le Docteur Thomas Hodgkin qui l’accompagnait décrit cette synagogue comme une petite pièce, décorée d’une façon rudimentaire, mais dont certains indices évidents témoignent de son ancienneté, avec le pupitre de l’officiant et d’autres accesssoires du culte juif.[15]

Il ne fait aucun doute dans mon esprit que la synagogue en question, ainsi visitée, n’est autre que Slat La’jama.

Dans cette synagogue, se trouvait sur une plaque murale, une inscription hébraïque traduite en français, il y a fort longtemps, par Alfred Goldenberg Zal, ancien Directeur des Ecoles de l’Alliance à Marrakech :

 « J’ai placé l’Eternel devant moi, qu’il soutienne toujours ma droite (Psaumes 16, 8) ». 

« Cette synagogue était construite depuis longtemps. Puis elle s’est écroulée. Elle est restée en ruine durant de longues années. Et le passant s’étonnait qu’un lieu saint soit devenu un monceau d’ordures jusqu’au moment où le généreux Haïm David Corcos mit fin à cet état de choses, en reconstruisant ce temple. Les recettes, fut-il décidé, seraient allouées aux rabbins de la ville. Haïm Corcos fut aidé dans les travaux de reconstruction par le rabbin Yossef bar Haïm. Que Dieu les récompense en conséquence ». À Marrakech en l’an 5633 (1873).[16] 

Slat-Lajma-2 Slat La’jama - La Synagogue des Mégorashim, les juifs expulsés d’Espagne - Telle que je l’ai fréquentée pour la prière quotidienne (Archives Alfred Goldenberg - photo communiquée par Lucette Heller-Goldenberg)

L’orientaliste Joseph Halévy, envoyé en mission au Maroc par le Comité des Ecoles de l’Alliance israélite universelle, arriva au mellah de Marrakech le 19 août 1876. Il logea dans la maison de M. Meir Sebah. Malgré quelques incidents, Halévy a pu, avec l’aide de quelques uns, former un comité local de l’Alliance.

« On compte, écrit-il dans son rapport, plus de vingt synagogues dans le mellah, toutes construites sur le même plan et masquées par des entrées étroites et malpropres. La synagogue dite Adjama se distingue entre toutes par sa belle apparence. Huit ou dix de ces édifices servent en même temps d’écoles religieuses ou Talmud Tora. L’entassement des enfants dans ces espaces insuffisants et exposés au soleil est effrayant. On peut s’en faire une idée quand on considère que chacune de ces écoles contient pour le moins 120 élèves grands ou petits. Dans l’une d’elles, j’ai compté plus de 150 enfants assis sur des lambeaux de nattes, dans une confusion complète ».

Halévy ne mâche pas ses mots à l’encontre des dirigeants de la communauté, les guébirim, puissants oligarques du ma’amad, dont le chef reconnu est M. Meir Corcos. [C’est une erreur, il ne peut s’agir que de Haïm David Corcos précédemment cité ; vérification faite, aucun Meir Corcos ne figure sur l’arbre généalogique de la famille, dans sa branche marrakchie]. Cette oligarchie habitait « des maisons vastes somptueusement meublées; leur table est bien pourvue de viandes et même de vins d’Europe; mais en sortant de chez eux, ils sont assimilés aux autres et sujets aux lois vexatoires comme le dernier du peuple ».

Halévy a beaucoup de sympathie pour M. Haïm Benveniste, le  sheikh-el-yahoud, naguid en hébreu. Ses frères Salomonet Yéhudah l’aident dans sa tâche. Par sa piété sincère, par son abnégation et par ses éminents services, M. Benveniste a su acquérir l’estime universelle, en venant en aide en toutes circonstances aux infortunés, en procurant aux voyageurs de distinction et aux délégués de la Terre sainte une hospitalité et des moyens d’existence, qui surpassent souvent les forces de la communauté. Halévy note : « Nos frères de Maroc, si sobres, si regardants pour eux-mêmes, deviennent prodigues jusqu’à l’excèsenvers les étrangers qu’ils recueillent sous leur toit ».

Halévy est plein de compassion à l’égard du petit peuple, plus de 4000 juifs vivant de leurs métiers, en qualité de tailleurs, cordonniers, orfèvres, ferblantiers, tous les autres métiers leur étant défendus. L’autre moitié de la communauté se compose d’une vingtaine de familles riches ou aisées, de hakhamim ou rabbins au nombre de 150 environ ; le reste consiste en porte-faix, brocanteurs, journaliers de toute espèce, vivant dans la plus profonde misère. 1500 personnes environ ont recours à l’aumône. En tête des hakhamim est M. le grand rabbin Mordekhay Sarfaty ; puis viennent les autres juges rabbiniques : Joseph Aibtbol, Chalom Cohen,JosephHarroch, Messod Pinto, Abraham ben Moha. M. Salomon Sebahest rabbin de Mazagan, mais ses affaires l’appellent souvent à demeurer à Marrakech. Les autreshakhamim, parmi lesquels plusieurs instituteurs de Talmud Tora, sont au nombre de 250, dont 100 sont sans ressources ; les autres gagnent leur vie en travaillant un peu en même temps qu’ils s’appliquent à l’étude de la loi.

Halévy souligne : « Les logements sont à bon marché dans le mellah de Maroc, par suite de la diminution progressive de la population. La plupart, fuyant les mauvais traitements de l’administration, vont s’établir dans les villes du littoral, où la présence d’agents européens les met à l’abri des persécutions. Le reste, et ce sont ceux dont les souffrances sans nom ont exalté l’imagination, se portent en Terre-sainte pour se vouer aux actes de dévotion. À la différence d’autres pèlerins, les émigrés du Maroc exercent presque tous des métiers utiles et sont à même de gagner honorablement leur vie en Palestine. C’est pourquoi l’émigration marocaine me paraît mériter d’être encouragée ».[17]

Eugène Aubin (alias Léon Descos) arrive à Marrakech le 22 novembre 1902. Il nous laisse une description du mellah : « Il y a à Marrakech des juifs autochtones et des juifs espagnols ; chaque groupe possède des synagogues et une Talmud-Thora particulières; 35 petites sellahs, tenues par des rabbins, servent d’écoles ».[18]

Au début du siècle dernier, le clivage entre les deux communautés était encore visible aux yeux des visiteurs avertis du mellah. Ce qui est intéressant, c’est qu’Aubin énonce clairement l’existence de lieux d’enseignement propres à chacun des deux groupes. Il ne le précise pas, mais, parmi ces lieux, il y en avait au moins deux: Slat La’jama pour les castillans et Slat Talmud Tora pour les autochtones.

En 1954, l’architecte israélien Jacob Pinkerfeld visite plusieurs communautés juives d’Afrique du Nord. Il ramène de sa tournée une riche et inestimable collection de photos et de plans de synagogues,  cimetières et lieux saints. Il arrive à Marrakech le 1er juillet de la même année. Dans son livre, Jacob Pinkerfeld fournit des détails sur le mellah, qui comptait à cette époque trente synagogues. Il indique en avoir visité sept, les plus importantes sur le plan architectural. Pour lui, les autres synagogues n’étaient que des hadarim, de simples pièces installées parfois dans des maisons d’habitation, sans valeur architecturale.

Il cite les synagogues suivantes : a - la synagogue rabbi‘ Akan Qadoch ; b - la synagogue Haheqdech ; c - la synagogue El Jama’â (l’Assemblée) ; d - la synagogue rabbi Yossef Bitton ; e - la synagogue ‘Ets Haïm ; f - la synagogue rabbi Moshé Rosillo ; g -  la synagogue Yaaqob Zriban ; h - la synagogue Heddan Abitbol ; i - la synagogue rabbi David Lasqar ; j - la synagogue rabbi Mordekhay‘ Attar ; k - la synagogue Abouttan. 

synagogue-mrk-3 La synagogue Joseph Bittoun (Bitton) en dehors du mellah - Située à l’entrée de Qsebt Nhass du côté Arset-el-M’ach  (Archives Alfred Goldenberg - photo communiquée par Lucette Heller-Goldenberg)

Jacob Pinkerfeld décrit sommairement ces synagogues. Pour certaines d’entre elles, il précise les dimensions et l’orientation, signalant parfois la date présumée de la construction. Quant aux quatre premières synagogues, il en présente le plan détaillé de la masse et une superbe photo en noir et blanc de la synagogue rabbi ‘Akan Qadoch.

La synagogue Haheqdech n’est autre que Slat Talmud Tora. Jacob Pinkerfeld a été frappé par sa vaste cour attenante à la salle de prière proprement dite. Cette cour lui rappelle celle de la synagogue de Kfar Nahum en Israël. La construction de ladite synagogue, d’après les renseignements qui lui ont été fournis sur place, daterait de 1884. Cette date me paraît totalement inexacte compte tenu de ce que j’ai déjà écrit.[19] 

Synagogue-mrk-talmud-thora-5

 

 

 

La synagogue Talmud Thora

 

Rabbi Mordekhay Benhaïm, la prière finie, roule ses tefillin ou phylactères 

 

(Archives Alfred Goldenberg - photo communiquée par Lucette Heller-Goldenberg)

 

xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx Habib Ibgui, un marrakchi, dans « Avné Zikaron », énumère et décrit vingt-huit synagogues dont vingt-sept intra muros. Je relève dans cet ouvrage, riche et fouillé, un détail qui m’a frappé : Les serments décisoires ou supplétoires, ordonnés par le Tribunal rabbinique, étaient prononcés dans l’enceinte de Slat Talmud Tora. Habib Ibgui a produit une œuvre d’utilité communautaire, en relevant systématiquement les inscriptions des pierres tombales du cimetière juif de Marrakech, d’où le titre de son livre. La liste qu’il donne des sages et des rabbins est impressionnante.[20]   

synagogue-mrk-4 Slat el Fassiyine - Mellah el Jdid de Marrakech datant de la fin du XIXe siècle (Collection personnelle Joseph Dadia)

Je saisis cette occasion pour rappeler ce que j’ai écrit sur un document publié le 16 juin 1991. L’histoire des Juifs de Marrakech reste à écrire pour dire la vie, la personnalité et l’œuvre de nos hakhamim, dayanim, rabbanim, méqoubalim, darshanim, païtanim, hazanim, mohalim, shohatim, sans oublier pour autant les bedeaux, les copistes, les portefaix, les puiseurs d’eau et les besogneux, surtout les anonymes, ceux-là même qui venaient les premiers aux offices et qui se levaient avant l’aube pour les Sélihot. C’est là, sans conteste, un des aspects les plus nobles de notre patrimoine commun et de notre mémoire collective. Ce que j’ai appelé, il n’y a pas si longtemps, « Mémoire juive de Marrakech ».

Un casablancais vient, après plusieurs années de recherches assidues et tenaces, de publier un ouvrage de plus de six cents pages, pour rappeler la personnalité et l’œuvre de son oncle, un rabbin et enseignant de Marrakech, rabbi Yaaqob Hazot (1889-1972).

Ce livre est à faire connaître. Ce n’est pas le lieu pour le résumer, tant il fourmille de mille enseignements et renseignements.

J’indique seulement, et cela est à relever, que, dans ce livre, figurent in extenso deux manuscrits de rabbi Yaaqob Hazot : -  Une traduction en judéo-arabe du livre de Job, traduite et annotée en hébreu par le rabbin Abraham Hafouta ; -  un opuscule de Médecine par les plantes, Ségoulot outroufot.[21]

Voilà un bel exemple à suivre.

[…] La synagogue Haheqdech était affermée chaque année par les instances de la communauté de Marrakech, à la suite d’une adjudication publique au plus offrant, à un fidèle  notoirement connu pour sa piété, sa probité, et ses qualités humaines, pour superviser les offices le shabbat et les jours de fête. Le locataire adjudicataire payait un loyer annuel sur les revenus qu’il tirait de la « vente » des bénédictions, inhérentes à la célébration des offices. Les loyers perçus par la communauté étaient affectés à des œuvres  sociales et d’entraide, en faveur des nécessiteux et des déshérités. Je me souviens encore de cet homme affable et serviable, à la voix claire et sonore, qui gérait cette synagogue. Il s’appelait Henni. Le matin de chaque shabbat, au moment où j’entonne seul dans ma chaumière bretonne, le Psaume « Hodou », je le revois rassembler les fidèles dans une des trois ailes de la synagogue, tout en psalmodiant ce cantique […]

Slat La’jama était plus célèbre que Slat Talmud-Tora. Son cadre servait à des manifestations communautaires et aux œuvres de bienfaisance telle que « La soupe populaire ».

A Slat La’jama, j’ai suivi des cours. J’y ai appris les principales prières du rituel et des textes du Lévitique.

En 1947, cette école hébraïque a fait l’objet d’une nouvelle organisation, dirigée par rabbi Shlomo Dahan, connu sous le nom affectueux de l’hakham D’han. C’était un éminent talmudiste au vaste savoir, réputé pour sa générosité et sa discrétion.

Quelques mois plus tard, la plupart des élèves et leurs maîtres ont intégré l’école primaire Yéshoua Corcos, premier président de la communauté juive de Marrakech, de 1884 à 1929.

Cette école, nouvellement créée, a été installée dans ce qui était la maison d’habitation de rabbi Yéshoua Corcos.

Cette école a été inaugurée officiellement au cours de l’année 1948.

C’est curieux, mais c’est ainsi, je ne me souviens que du nom d’un seul maître d’hébreu à Slat La’jama, rabbi Messaoud Pinto, et du nom d’un seul condisciple, Salomon Azuélos, avec lequel j’ai partagé de longues années d’étude, de jeux et d’amitié.

Je laisse à ceux qui ont la souvenance assez pleine de parler de leurs souvenirs. Moi, je n’ai fait que jeter un regard diffus sur Slat La’jama. Ceux, à qui la souvenance des choses passées demeure, sont dotés d’une « mémoire de bronze », alors que je reste sensible à l’effet de la « neige dans la mémoire », pour reprendre une image de l’écrivain Jorge Semprun.

Joseph DADIA

Kervenic-en-Pluvigner, le 22 janvier 2010

(voir après les notes bibliographiques, le témoignage de reconnaissance de Mangin@Marrakech)


[1] Paul Valence :La Yéchiba - Cf. Bulletin de l’Enseignement Public N°163, janvier-février 1939, pages 2-12. José Benech, auteur d’un livre principal sur le Judaïsme de Marrakech, l’incontournable « Essai d’explication d’un mellah », dans les pages 125-132, recopie intégralement sans le citer l’article susvisé.

[2] Haïm Zafrani : Pédagogie juive en Terre d’Islam, page 26 et les notes 16 et 17, Editions Adrien Maisonneuve, Paris 1969.

[3] Rabbi Yossef  Benaïm : Malkhé Rabbanan, Jérusalem, 5691 (1931), réédité à Jérusalem  en 5735 (1975), p. 52 colonne 3.

[4] David Corcos :Les Juifs du Maroc dans la première moitié du 16ème siècle (article en hébreu), cf. Séfunot, Livre X, 1966, pages 55-111.

[5] David Corcos: Les prénoms juifs du Maroc, cf.  Studies in the History of the Jews of Morocco, p. 168 note 26, edition Rubin Mass, Jerusalem, 1976. Le terme Beldi(autochtone) est toujours resté péjoratif dans les milieux castillans, préservant jalousement leurs mœurs et coutumes. Ils ne se sont finalement assimilés qu’à un très petit nombre de familles de Toshabim, les plus importantes. Les Expulsés d’Espagne traitaient les Toshabim de Berbériscos et plus rarement de Moriscos. Ce dernier terme et même carrément celui d’Arabes, arabiyim en hébreu, se trouvent sous la plume de l’auteur des responsa Vayomer Ishak, I, fol. 147 b, col. 2. Les Judéo-Berbères, pour marquer leur hostilité aux nouveaux arrivants et les distinguer d’eux-mêmes, les appelaient Rouama (pluriel de Roumi) ou Roumiyin, c’est-à-dire les Juifs d’Europe ou européanisés, ou bien A’jama ou A’jmiyin pour désigner ceux dont la langue n’était ni l’arabe ni le berbère.

[6] Luis del Marmol Carvajal :Descripciongeneral de Africa, 3 volumes, Grenade 1573 ;  traduit sous le titre L’Afrique par Nicolas Perrot d’Ablancourt, 3 volumes, Pais 1667, cf. Tome II, p. 59-60.

[7] Gaston Deverdun : Marrakech des origines à 1912, T.I., p. 363seq ; p. 453seq ; planche XXXIII, T. II, Editions Techniques Nord-Africaines, Rabat, 1959.

[8] Georges Vajda :Un recueil des textes historiques judéo-marocains, Collection Hespéris, XII, p. 44, Paris, 1951) : « En 5399, la nouvelle parvint de Marrakech de l’inondation qui s’était produite le 2 Nisan (27 mars/6 avril 1639). La crue persista jusqu’au 6 du mois et cessa à midi. A ce moment, l’eau du oued et la pluie envahirent la ville et ravagèrent dans le mellah un lieu-dit as-Salha où se trouvent environ deux cents maisons appartenant aux juifs, ainsi qu’une cinquantaine de maisons dans un autre endroit, appelé al-Matamir. Ce fut pour les juifs une terrible catastrophe (gèrùsh, en hébreu dans le texte, mot à mot « expulsion »). Ils ne purent rien sortir de leurs demeures et restèrent sans maisons ni biens, mais grâce à Dieu, aucun Juif ne périt, alors que les musulmans comptèrent environ quatre cent quatre-vingts morts. Dans la même semaine, une inondation se produisit au Tafilalet et démolit environ deux cents maisons de pauvres gens ainsi que les remparts des musulmans. D’innombrables Musulmans périrent, mais il n’y eut aucune victime parmi les Juifs. Aucune synagogue ne fut touchée ni à Marrakech ni au Tafilalet. »

[9]  Hespéris, tome XXVII, 1940, fascicule unique, p.1-21.

[10] Cette estampe figure sur un microfilm de la Bibliothèque Nationale de France - Département des Estampes -, portant le titre de Topographie de l’Afrique, Maroc,Villes A à P, Tome10. Cf. Dargenville,Topographie de l’Univers,Tome 12 : on y trouve deux vues : 1° Reproduction exacte de l’estampe de Matham et légendes en français. 2° Reproduction de la gravure de Dapper et légendes en hollandais.

[11] Gaston Deverdun : Note sur les plans français de Marrakech au 19ème siècle, Hespéris  XXXVI, 1er et 2ème trimestre 1949. A propos de l’Estampe d’Adrien Matham, Palatium magni regis Maroci in Barbaria (vue de la Casbah de Marrakech en 1641), cf. Hespéris, XXXIX, 1er et 2ème trimestre 1952. Adrien Matham au Maroc (1640-1641),Journal de voyage, publié pour la première fois par Ferdinand de Hellwald, La Haye, Martinus Nuhoff, 1866.

[12] Op. Cit.

[13] Olfer Dapper : Description de l’Afrique, Amsterdam 1686, p. 131

[14] Cf. Bulletin de la Société de Géographie de Paris, février 1868, p. 22-39 ; le plan se trouve à la fin de la livraison.

[15]Diaries of Sir Moses and Lady Montefiore, p.156; Thomas Hodgkin: Narrative of the Journey to Morocco in 1863 and 1864, London, 1866, p. 86.

[16]Mon directeur d’école Alfred Goldenbergm’a remis le texte de la traduction, que j’ai publié  lors de la Sixième Journée « Mémoire juive de Marrakech » en date du 17 juin 1990.

[17] Cf. Bulletin de l’Alliance, année 1877, p. 44-70.

[18] Eugène Aubin : Le Maroc d’aujourd’hui, éditions Armand Colin, Paris, 1905, p. 371-374 (deuxième édition).

[19] Jacob Pinkerfeld : Les Synagogues en Afrique du Nord, ouvrage en hébreu publié d’après ses notes après sa mort sur le champ d’honneur, par Bialik Institute, Jérusalem, 1974, p. 91-97 ; p. 145-146 ; p. 169-170.

[20] Habib Ibgui : Avné Zikaron liqhilat Marrakech, édité par Orot yahdout hamaghreb, Lod, 5764 (2004).

[21] Toldot Yaaqob, édition privée, Israël, 5767 (2007), supervisée par le rabbin Abraham Hafouta. 

Les Marrakchis curieux de la belle histoire des différentes communautés de leur ville sont très reconnaissants à Joseph Dadia pour cette belle étude très documentée et illustrée. Le blog Mangin@Marrakech est très honoré de pouvoir présenter son travail d'investigation et de synthèse riche d'enseignements. Ce texte ne peut être reproduit sans son autorisation écrite. Le blog lui transmettra les courriels qui lui seront parvenus par le lien "contacter l'auteur" en haut et à gauche de cette page. Des commentaires peuvent être ajoutés ci-dessous.