NOUS RECHERCHONS LA FAMILLE FRANÇOIS, DEUX PROFESSEURS COOPÉRANTS DONT L'UN AU LYCÉE VICTOR HUGO - LVH

Le blog a reçu une demande d'aide d'une recherchiste canadienne.

Recherchiste-QuebecBonjour les Marrakchi !

J’ai besoin de votre aide. Je suis une journaliste québécoise travaillant pour la télévision publique nationale à Montréal. Je suis recherchiste pour la série documentaire Deuxième chance. Cette émission porte à l’écran l’histoire de gens qui souhaitent retrouver une personne qui a été significative dans leur vie, pour lui dire «Merci» ou «Désolé/e».

J’espère retrouver un couple de professeurs coopérants Français ayant travaillé à Marrakech vers la fin des années 70 et début des années 80.

Ils se nommaient Denis et Christiane FRANÇOIS. Lui enseignait l’anglais au Lycée Victor-Hugo et sa femme enseignait le français dans une autre école, probablement l'école Auguste Renoir.

Ils avaient deux enfants: Cécile et Jeremy.

Si vous avez quelconque information qui pourrait m’aider dans mes recherches et me mener à l’un des membres de cette famille, vous pouvez m’écrire à mchauvin@zone3.ca.

C’est une très belle histoire et j’aimerais sincèrement pouvoir les retrouver.

Merci beaucoup !

Les anciens du LVH, professeurs ou élèves, qui ont fréquenté ce lycée entre 1977 et 1983 vont certainement aider la recherchiste québécoise à retrouver la trace de Monsieur FRANÇOIS, professeur d'Anglais au LVH en partageant leurs souvenirs sur le blog. D'un indice à l'autre, nous finirons par retrouver leur trace. 

LE SOUVENIR EN PHOTOS DE L'INSPECTEUR PIERRE FLAMAND ET DE SES AMIS MARRAKCHIS 

1948 v Pierre Flamand et Michelle FVLe 12 novembre 2011 le blog a publié un article de Joseph DADIA sur l'école de l'AIU (alliance israelite universelle). Il citait dans sa bibliographie des  passages du livre de Pierre Flamand, Diaspora en Terre d'Islam. Ce qui nous vaut le contact avec sa fille Marie-Françoise Flamand et le partage de nouveaux souvenirs et documents. Marie-Françoise découvrant le blog écrit:

"En cherchant qui était Guy Sicre, sur internet, avec qui mon père Pierre Flamand (décédé en décembre 1982) jouait au tennis (lettre du 15 février 1948) à Marrakech. J'ai eu beaucoup de plaisir à lire votre blog sur Marrakech. Quel plaisir de le voir souvent cité dans les notes de vos correspondants et d'entendre parler de son grand ami Monsieur Goldenberg."
Qui se souvient du professeur de maths Guy SICRE à Marrakech et pourra aider Marie-Françoise ? Qui nous parlera du tennis marrakchi à cette époque ?

Marie-Françoise FLAMAND nous envoie des photos du temps où son père était inspecteur de l'enseignement à Marrakech en compagnie de marrakchis qu'elle voudrait identifier et nous demande notre aide. La famille FLAMAND a vécu à Marrakech de 1947 à 1951, puis à Casablanca de 1951 à 1959.  Pierre FLAMAND (1910-1982) se tient debout sur cette première photo. Si vous reconnaissez un visage, merci de l'indiquer dans un commentaire en bas de page. Pierre FLAMAND fut enseignant avant de faire son service militaire comme EOR et d'obtenir en 1934 le grade de sous-lieutenant. Il est mobilisé en 1939 dans l'Infanterie et il est fait prisonnier le 2 mai 1940. Il sera enfermé dans l'OFLAG IV à l'est de Dresde. En juillet 1941, il subit une mesure d'internement connue sous le nom de "l'affaire de la baraque 1" où sont retenus des officiers recherchés parla Gestapo parce que juifs ou supposés communistes. Les officiers allemands et français du camp ont appliqué ces mesures d'internement pour leur sauver la vie. Libéré en juillet 1945, il s'inscrit comme élève inspecteur de l'enseignement primaire à St Cloud. Il est nommé inspecteur à Marrakech en 1947, ce qui l'amène à inspecter aussi les écoles de l'AIU, puis à écrire sa thèse de doctorat sur les communautés israélites du Sud-Marocain. C'est avec l'appui d'Elias et Sarita HARRUS, ainsi que celui d'Alfred GOLDENBERG qu'il va visiter les écoles juives des villages de l'Atlas, tout en assurant ses fonctions d'inspecteur dans les autres écoles.

1949 03 v Marrakech, Pierre Flamand, à g Melle Behmoras #

Mlle Lina BEHMOIRAS, directrice de l'École de filles de l'Alliance devant à gauche, puis Pierre FLAMAND au centre et une douzaine de jeunes Marrakchia que chacun est invité à reconnaître pour noter leurs noms dans un commentaire.  On trouvera des souvenirs de Mlle Behmoiras à la fin du Chkoun Ana --> de Ninette Attar 

1949 03 v Marrakech, Pierre Flamand, MFV devt, M Elias Harrus (1) La photo suivante est du même jour, Pierre FLAMAND est à la place d'honneur et sur la droite on reconnaît Mr Elias HARRUS, directeur de l'École israélite d'Agriculture. On trouvera sur ce blog un article sur cette école d'exception. voir École d'Agriculture de l'AIU.

Marie-Françoise nous fait l'amitié de partager une lettre de Pierre Flamand à ses parents. L'écrivain part d'une réflexion sur les jours de congé au Maroc en fonction des religions, et poursuit par une visite au professeur Jean ORIEUX, célèbre par ses romans et ses biographies, réfugié dans le calme jardin de sa retraite paradisiaque d'Amizmiz:

Samedi 8 mai 1948 (3e anniversaire de l'armistice)

On a l'esprit qu'on peut. Le mien n'est en ce moment qu'une simple disposition à la contradiction : aujourd'hui, Jour de Victoire, et heure de la sieste, je travaille frénétiquement du style : rapports d'inspection, journal de bord, correspondance. Alors qu'alentour, tout est assoupi – sauf les mouches. Et Michelle qui fait semblant de tricoter une robette de laine blanche... J'ai l'esprit plus tranquille de me savoir vraiment le seul être du pays occupé à travailler. La  plupart du temps, on ne sait pas à quoi s'en tenir : avant-hier 6 mai : Ascension, les chrétiens de par ici ont honoré cet événement en « débrayant » ; tous les païens, mahométans, israélites, etc... se sont assis ou couchés pour manifester aux chrétiens leur compréhensive sympathie. Vendredi 7, hier, repos rituel des mahométans : tous les européens qui s'occupent de gens ou de choses d'Islam se mettent du coup au chômage : samedi, c'est normalement jour de sabbat : tous les juifs et apparentés se retournent les dix doigts. Enfin ce sera Dimanche, jour sacré et chacun fermera boutique, sans distinction de couleur d'âme ou de peau.

Çà c'est le tableau de la semaine ordinaire. N'oublions pas que chaque religion outre son repos hebdomadaire a combiné des groupes de jours fériés, mais bien entendu on ne s'est pas amusé à mettre la Pâque juive en même temps que la Chrétienne, le Ramadan au même mois que Shevoth. Aussi n'est-il guère de quinzaine qui ne comporte au moins une semaine d'exercices « purement spirituels » 

Chose étrange – aucun événement religieux reposant n'était inscrit au programme de la semaine prochaine ; vite on a organisé une « Foire de Marrakech » et pendant 10 jours, toutes les confessions, tous les âges, toutes les classes scolaires, les divers sexes... vont se réunir au Djenan el Hartsi, de 9h à Midi, puis de 16h à minuit, dans l'accablante occupation de casser des pipes et de manger des gaufres, en écoutant des musiques civiles et militaires. 

D'où une foule de réflexions : comment se passaient les choses, au temps où tous ces gens-là n'avaient pas encore trouvé chacun leur monothéisme ? Sûrement il n'y avait pas assez de jours dans l'année pour fêter les diverses divinités par un repos solennel. Même pensée : les peuples dits « avancés » en sont encore à l’effarante quantité de 40 heures de travail par semaine. Comment peut-on supporter pareil régime ?

2ème pensée (et résolution pratique) : Ne reculons devant aucun effort pour nous adapter. Ces dernières semaines, je me suis donné un mal fou pour organiser le repos des enfants des écoles : congés aux maîtres à tout propos, (heureusement l'Administration supérieure m'est largement venu en aide pour inventer ces « propos ») lancement de fêtes de jour et de nuit, sorties en montagne...etc.

Enfin, je fignole mes programmes et horaires professionnels de façon à « en faire le moins possible ». Là encore, je dois de grandes louanges aux autorités, locales cette fois, qui me convoquent presque chaque jour à des festivités, vins d'honneur, inaugurations, comités qui m'aident puissamment à organiser mon non-travail. Et vous frémiriez avec moi, à la pensée des grands maux prêts à fondre sur moi, si l'on savait que derrière mes volets bien clos, je me livre aujourd'hui à un effort, triplement répréhensible de par mes qualités de fonctionnaire, d'ancien combattant victorieux et de chef de quelque chose.

Marie Françoise est aussi absurde que son père. Sous mes yeux, dans son parc, elle travaille à grands renfort de glapissements, elle se bombarde elle-même de gros cubes coloriés (autrefois coloriés) ; elle se peigne gravement... pousse un petit sanglot pour voir comment réagissent les parents... Elle porte robette jaune paille, petits pois rouges et blancs, coupés à l'Ouvroir de l'Alliance Israélite.

Dans un gros broc bleu, des roses énormes achèvent de s'ouvrir.  Sur la table roulante de Monsieur Magnié, de grandes violettes très parfumées. Michelle les cueillit hier, devant un merveilleux paysage de neiges ruisselantes et de verdures étagées depuis le fond de l'oued jusqu'aux pyramides de l'Atlas.

Jean-Orieux-jeune

 Étonnant jardin, que celui-là, où Jean Orieux  pompe son prochain roman dans une solitude bénie, bric à brac d'essences exotiques par le haut, (Un kaki, un boldo) ; européennes dans les étages inférieurs : pruniers, fraises et violettes. Surprenant propos que de reconstituer, dans cette paix irréelle d'un bout du monde, l'âme et l'aventure d'une jeunesse égarée dans la violence hitlérienne. Devant le café servi par Omar, noir serviteur que Jean Orieux appelle : « Langouste », nous babillons de virilités comparées (Baudelaire, Lamartine) et du beau jeu de la littérature. Et puis on s'en va à pas prudents, saluer les tortues de la mare. (note: Jean Orieux avait été aussi inspecteur de l'enseignement, mais demanda à redevenir professeur; il enseigna au Lycée Mohamed V de Bab Ghmat - Photo Iris)

Fermons la parenthèse de ce déplacement d'hier. À Amizmiz. Bain, visites protocolaires, déjeuner dans le domaine des Eaux et Forêts, Jean Orieux, exploration du Mellah pour installation d'une classe juive, bain encore, propos sur le mariage par une fiancée en pleurs, retour du crépuscule... Bonne journée de travail à la mode de par ici... Nous voici derechef entre nos lanthanas verdissants et nos rosiers fleuris : symphonie toute simple de blancs, de roses et de rouges... Hélas, hélas, la poule blanche a croûté nos petits pois de senteur.

Seul épisode calamiteux d'un jour qui passe... qui passe avec fanfares et grelots, dans tout le voisinage... devrais-je pas figurer à cette heure, parmi les notables assemblés ? (Discours aux morts, décorations aux impétrants, vins d'honneur... jouez tambours, résonnez trompettes... mais je suis bien là, entre ma fille et mes rosiers, où mon cœur a toute licence de revenir à ce réfectoire saxon sordide, pour prisonniers libérés, où j'ai lu vers l'heure de midi, seul lecteur, ce papelard d'encre violette : « 8 mai. Finie la guerre, voici la paix. »

1948 10 # Inconnu de la palmerai

Marie-Françoise qui est citée dans la lettre nous communique deux autres photos prises à Marrakech vers 1948. Elle ne connaît pas les noms des personnes. Qui pourra l'aider à les identifier ? 

La première photo se trouve dans le décor de palmiers proches du djebel Guéliz. Qui est cette personne dans la palmeraie en costume de ville avec deux stylos agraphés à sa veste ? 

1948 v Pierre Flamand et ##

La deuxieme photo nous montre un décor d'intérieur particulier avec un pavage original, probablement reconnais-sable sur d'autres photo-graphies. Merci d'identifier ces personnes et d'indiquer leurs noms dans les com-mentaires, avec éventuel-lement d'autres souvenirs les concernant.

 

 

Merci aux Marrakchia et aux Marrakchis de participer à ce partage de souvenirs qui devrait nous permettre de retrouver la famille FRANÇOIS dont certains du LVH ont connu le professeur d'anglais. Merci aussi à ceux qui pourront nous éclairer sur les personnes figurant sur les photographies de Pierre FLAMAND.

Dans les documents conservés par  Pierre FLAMAND, une coupure de journal de décembre 1948, concernant un spectacle de l'Amicale laïque auquel participait la musique du 2e RTM et la chorale du Lycée Mangin. Est ce que cet article évoque des souvenirs à certains ?

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