FILMS DE MARRAKCHIS DU XXe siècle:

Groupe de jeunes et kermesses 1954 et 1955, images de Raymond Carnuccini, titres de Maurice Calas:  https://vimeo.com/336073843

Madame le lieutenant Marthe BRUNIQUEL reçoit deux anciens responsables des éclaireurs unionistes de Marrakech, Sibleras (Renard) et Perrenoud (Mouflon)https://vimeo.com/333349179

Deux marrakchis  à CAPPY, le camp de formation des chefs scouts: Maurice CALAS (Joyeux Auroch) filme Claude SEGUIN (Isard), les chefs et cheftaines et plusieurs commissaires: Noeud de chaise, Cicendèle, le Dr Jean-Claude HESSE : https://vimeo.com/333342448

MAURICE CALAS NOUS A DÉJA RÉGALÉ AVEC SES SOUVENIRS DES PTT ET DE L'ÉCOLE DU GUÉLIZ. IL RÉITÈRE AVEC DES AVENTURES ÉTONNANTES DES ANNÉES 50 ET NOUS ENVOIE DEUX PHOTOS DE CLASSE DE L'ÉCOLE DU GUÉLIZ (cliquer pour: souvenirs PTT) 

Poste-Gueliz-Photo-Felix L'histoire se passe dans les locaux des PTT au Guéliz, place de l'Horloge, l'une des plus anciennes constructions de ce quartier. La Poste du Guéliz fut commencée en 1914 par l'entreprise BUCHEKER & GRILLET et ouverte au public au début de 1916.

Poste-Gueliz-Photo-Phal Avec l'augmentation rapide de la population dans ce quartier il fallut agrandir en 1927 le bureau de Poste. Tout le rez-de-chaussée fut affecté aux besoins du service. Un étage fut construit pour y loger le receveur des Postes. A nouveau en 1935, un terrain attenant fut acheté par l'administration des Postes pour y construire et prévoir de nouveaux aménagements. 

Poste-Gueliz-Photo-Albert

1950 - Maurice CALAS raconte :

"Titularisé Agent des Installations Electromécaniques des Centraux, depuis seulement quelques mois je travaillais en brigade avec mon collègue  Georges MONGENET ; nous avions à tour de rôle la responsabilité des dépannages et la surveillance du programme de quatre régleurs du central automatique et de l’interurbain . Prise de service  7 h00 à 12 h30   après midi, libre jusqu’au lendemain 12 h30 à 21 h00 le lendemain de 7 h00 à 12 h30 du lundi ou du mardi au samedi et un dimanche sur deux une vacation mixte  7 h00 à 12 h00 et 14h00 à 18 h00 ce qui, fait 42 h par semaine plus 8 h un Dimanche sur deux soit 16 h par mois et 184 h par semaine on était loin de 35 h ou 140 h mois ; la semaine de 39 h viendra beaucoup plus tard dans les années 60 ou 70 ?  et celle de 35 h dans les années ? que je n’ai pas connues puisque lorsque j‘ai fait valoir mes droits à la retraite en 1991 après 42 ans et demi de service nous étions au régime des 39 h.

Ces conditions de travail dont nous ne nous plaignions pas à l’époque, m’ont  détournées de l’aventure que je voulais vous conter. 

Ce lundi matin donc, après avoir  parcouru  à la force des mollets l’avenue Mangin sur près de trois Km j’avais pris mon service à 7 h 01 ce qui m’avais  valu pour midi une demande d’explication de l’inspecteur coutumier de ce genre de PV, mais voilà Paris était à 3000 Km et nous avons pris l’habitude de répondre vu et pris note.  

Après avoir salué mes collègues et Djilali (il avait environ cinquante ans et fait la guerre de 14/18 dans les spahis, titulaire de la croix de guerre)  notre Technicien de surface dirions nous aujourd’hui, j’avais pris connaissance du rapport du vacataire de nuit : « alarme fusible sélecteurs à 4 h12 -remplacé fusible, pour le reste R.A.S.(rien à signaler) »

J’ai donc lancé le système d’essais automatiques des sélecteurs, après une demie heure  R.A.S. ; (parmi les deux milliers de fusibles du central il arrivait que le fil de deux dixième de millimètre se casse seul au point de soudure; si par contre le fil était fondu il importait d’en rechercher la cause ). J’ai donc lancé les essais automatiques des différents groupes d’appareils du central ce qui prenait un peu plus d’une heure. Vers 8 h00 j’étais à surveiller le déroulement des opérations lorsque j’entends la double porte de la salle s’ouvrir brutalement et la voix de mademoiselle HUGUES (Mlle prolongée) surveillante principale de l’inter urbain crier d’une voix  aigue : « monsieur Calas ! monsieur Calas ! venez vite elles vont se tuer, elles vont se tuer »  se faisant, elle m’agrippe le poignet et m’entraîne à sa suite à travers le répartiteur, l’atelier et un couloir vers le vestiaire des dames, dans cet affolement mon imagination voyait des filles se disputer  près d’une fenêtre, mais non, en ouvrant la porte du vestiaire je découvre deux furies couchées sur le sol au trois quart déshabillées poussant des cris inarticulés, la poitrine à l’air, s’arrachant les cheveux, se griffant en se donnant des coups de pieds tout à la fois. Dans la candeur de mes dix neuf ans je restais bouche Bée devant se spectacle ahurissant. Derrière  moi mademoiselle  HUGUES criait «  Faites quelque chose ! Faites quelque chose !  Mais faites quelque chose !!» Levant les yeux j’aperçois à l’entrée du couloir " interdit aux hommes", Djilali le balais à la main, à ses pieds le seau ou baignait une serpillière, en trois pas j’empoigne le seau et trois pas encore  je le vide sur les deux folles avec en prime le wasserlinge,  les cris ont cessés d’un coup, sans attendre  j’ai rendu  le seau  vide à un  DJilali hilare et j’ai filé au répartiteur avec dans mes pas une mademoiselle HUGUES qui répétait «  Ah bien, vous alors , Ah ! bien vous alors!»  Arrivé dans la salle du répartiteur elle s’est empressée d’aller raconter l’affaire qui avait durée quoi ! Trois minutes , à l’inspecteur et au contrôleur du service des mesures des lignes qui m’ont crié « T’as un problème ? » Dans l’action je n’avais pas fais attention à la sonnerie stridente des alarmes qui sonnait dans toutes les salles à la fois et qui indiquait la détection par les essais auto d’un problème que je me suis empressé de  rechercher  avec d’autres qui ont suivi.

Vers 12h 45 tous problèmes résolus j’ai rejoins les collègues des mesures Mr DUBREUIL, inspecteur et Marc BERGER controleur, qui m’ont  accueilli avec des sourires goguenards. J’ai compris immédiatement que Mlle HUGUES les avait sollicités avant de venir me chercher; je leur ai exprimé mon point de vu assez vertement en les traitant de lâches ; ils m’ont répondu en chœur « c’est une bonne expérience, tu t’en es sorti  comme un chef et tu as ébloui Mlle HUGUES, allez, on paie l’apéro » Tout ce bazar parce qu’au bal du dimanche soir l’une des filles avait serré de trop près le copain de l’autre, il est vrai qu’avec trente cinq ou quarante opératrices de 18/30 ans……De ce jour d’après DJILALI il avait ordre de  laisser derrière la porte du couloir des vestiaires un seau d’eau plein sans serpillière...

Moissac 1erMai 2019. M. CALAS   

Maurice nous a aussi fait partager l'histoire de l'effondrement du cinéma ROXY (cliquer ROXY) et des Premiers Championnats de Ski à l'Oukaimeden en 1949 (cliquer Ouka), ainsi qu'une histoire à l'école du Guéliz (cliquer École).

Pour compléter son récit Maurice partage avec nous deux photos de ses classes à l'époque où le directeur de l'école du Guéliz était M. SICRE et les instituteurs: M. PRABIS, Mme KOLHER, Mr CURNIER, Mme CLOITRE, Mlle CHENARD, Mme CARTIER, Mme HUMET,...

Marrakech   Année 38-39- Photo Roudnev  

Marrakech Année39-40, photo Roudnev. On reconnait Maurice, tablier noir, les bras croisés.

Merci à Maurice CALAS pour ses films, ses photographies et le récit de ses souvenirs. Il nous rappelle des noms et des visages qui ont animé la vie de Marrakech au XXe siècle. Il nous incite à retrouver des souvenirs pour les partager à notre tour.