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MANGIN@MARRAKECH
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9 juin 2010

CHKOUN ANA BLANDINE

Chkoun_Ana

 CHKOUN ANA

BLANDINE NOUS TRANSPORTE À LA TARGA AVANT 1967

 

Blandine vivait non loin de chez Sylvaine avec un an de moins, un an qui modifie le regard. Elle raconte une enfance heureuse où marocains et européens avaient tissés des liens d'affection, puis un quai de gare et la brusque perte de ses racines. Blandine nous l'a écrit par ailleurs, elle est revenue voir Sa Targa, elle ne l'a pas retrouvée, mais elle l'a conservée dans son coeur.(voir sur ce blog archives du 29 avril et 6 mai 2010)

© Rappelons que ce récit fait partie des éditions Chkoun Ana au titre réservé. Il ne peut être reproduit pour publication sans l'autorisation écrite de l'auteure et sans la mention de l'origine de l'édition.

Je m'appelle Blandine et je suis née en avril 1952, à Marrakech, dans la clinique de Madame Chevrier, que j'appelais maman2, comme beaucoup d'autres enfants qui avaient vu le jour avec son assistance...

Nous habitions à plusieurs kilomètres de Marrakech, à la Targa, dans le bled, une immense propriété de 200 ha, dont mon père tenait la gérance; cette propriété appartenait à ma tante..

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Blandine sur le toit de sa maison

Notre maison était de plein pied, avec un bordj au dessus et un toit en terrasse, chaulé de blanc, et les murs étaient de cette couleur ocre si typique de Marrakech..
Notre maison n'était pas grande, mais à moi, elle me paraissait être un palace, elle était bâtie au milieu des orangers....mais, il n'y avait pas que des orangers, il y avait aussi des clémentiniers, des pamplemoussiers, des oliviers, des abricotiers, et des champs de luzerne, d'orge et de blé..
Derrière la maison, une grande basse cour avec toutes sortes de volatiles : poules, canards, pintades et aussi des lapins et beaucoup d'autres animaux...chevaux, ânes, cochons, vaches laitières..
Je me souviens du plaisir que j'avais d'aller avec Arquia préparer la pâtée des volailles, d'entrer avec elle dans le poulailler, et de distribuer cette pâtée...et aussi d'aller chercher des oeufs tout frais pondus, en chassant la poule qui les couvait..

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Vergers chargés de fruits

Vivre au bled était une joie de chaque instant, tant il y avait à voir, à faire, à sentir, à regarder...nous n'éprouvions ni le besoin ni le désir d'aller en ville, chercher des distractions, nous les avions sur place, et c'était plutôt les petites filles et petits garçons des villes qui venaient à la rencontre des petites filles des champs!! certains, pour une journée du dimanche après la messe à l'église des Saints Maryrs, d'autres pour quelques jours à l'occasion d'un départ des parents, ou de petites vacances..

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Tortue tirée de sa séguia

Quand les copines et copains venaient, nous pataugions avec délice dans les séguias à la recherche de tortues d'eau que nous ramenions à la maison pour les mettre dans des cuvettes..
Nous aimions aussi aller avec Mohamed ou Moktar, chercher de la luzerne, tout au fond du bled, assis dans une charrette, tirée par "Georges", un jeune mulet, et conduit par Mohamed ou Moktar...et au retour, alors que nous étions juchés tout en haut du tas de luzerne, ils s'amusaient à revenir au grand galop et nous devions alors bien nous accrocher, sinon, gare à la chute, mais c'était toujours un grand plaisir que d'avoir un peu peur et on riait beaucoup!!

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Meules de paille

Nous avions aussi un grand jeu, c'était d'escalader les meules de paille derrière la maison et de nous laisser glisser jusqu'en bas, la meule était notre toboggan, notre terrain d'escalade, notre meilleure cachette aussi quand on jouait à cache cache... je me souviens, un jour, elle a pris feu, des flammes gigantesques et le feu se rapprochait de la maison et les pompiers avaient du mal à l'éteindre, et maman nous avait dit:" petites, prenez vos affaires d'école et allez chez votre oncle"..celui ci habitait à une cinquantaine de mètres de chez nous..; l'odeur de ce feu, le crépitement des flammes, je les ai encore dans l'oreille!!  Après, maman avait offert des jus de fruit et des petits gâteaux aux pompiers fourbus et assoiffés..c'était, je me souviens, des pompiers français..

Les jours de grande chaleur, à l'approche de l'été, maman pendait des draps humides aux fenêtres qui étaient grillagées, à cause des insectes et autres bestioles désagréables.. et nous prenions alors des douches froides, ou bien, elle nous permettait d'aller dans le superbe jardin de ma tante pour nous baigner dans un des petits bassins carrelés de mosaïque, que ma tante avait parsemé dans son jardin comme autant de bouquets de fleurs...il n'y avait qu'un fond d'eau, mais c'était suffisant pour nous rafraichir..
Quelquefois, vers l'âge de douze ou treize ans, j'aimais dormir la nuit, l'été, sur la terrasse de ma tante, sur une pile de tapis épais, et là , entourée d'une moustiquaire, je passais quelques nuits à la fraiche, et j'avais alors pour toit, tout un ciel étoilé...

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La cueillette des oranges

Un autre grand plaisir avec les amis, c'était de marcher dans le bled et d'aller cueillir des oranges directement sur les arbres, ou des abricots, les "mèche mèche", de préférence, ceux qui n'étaient pas mûrs..bien sûr, on n'avait pas le droit de les cueillir, mais les ouvriers fermaient les yeux et même nous en donnaient...merci à eux!!

Avec Arquia et son mari Miloud aussi, j'ai souvent fêté la fin du Ramadan...et la fête de l'Aïd el kébir...j'assistais à la mise à mort du mouton par Miloud à travers mes doigts à moitié ouverts, tant je tremblais pour ce pauvre mouton... Après sa mort, je participais à ma mesure d'enfant aux divers préparatifs culinaires avec Arquia..et le lendemain, j'étais solennellement invitée au repas, moi toute seule...ni mes parents, ni ma soeur...j'entrais alors chez eux dans une petite pièce sombre, au plafond bas et au sol recouvert d'épais tapis...je m'asseyais par terre à côté d'Arquia , autour d'un grand plat en terre cuite rempli de couscous odorant et appétissant, et Miloud m'offrait des morceaux de mouton que je mangeais avec les doigts, comme eux!! après, il y avait du melon, des oranges ou de la pastèque....je buvais du lait "caillé", au cours du repas, et ensuite du thé à la menthe!! quel bonheur de voir les petits verres se remplir dans un geste fin et raffiné, d'une rare élégance...et comme c'était bon!! Ce qui me ravissait aussi, c'est d'avoir été invitée comme l'enfant de la maison...en toute simplicité, sans façon...mais mon étonnement cependant de découvrir la première fois, un intérieur si différent de celui que je connaissais chez mes parents...là, ni table, ni chaises, ni armoires, ni cuillères ni fourchettes!! des tapis, des divans bas, et c'est tout!! mais quel accueil, quelle chaleur humaine pour la petite fille que j'étais....je me sentais si bien avec Arquia et Miloud... Arquia me ramenait le soir à la maison, dès la nuit tombée, car j'avais peur de rentrer seule dans le noir, et elle riait gentiment de ma peur, tout en ne me lâchant pas la main...

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La récolte

Avec Abdallah, le caporal, c'est à dire le chef d'équipe et sur qui s'appuyait mon père, j'entretenais un rapport particulier..nous étions des amis d'échange de savoir, d'échange de culture...il m'apprenait l'Arabe parlé et moi, je lui apprenais à lire dans mes livres d'école, surtout la géographie..il récitait avec moi le nom des sommets des montagnes de France, avec l'altitude....il les connaissait aussi bien que moi...Abdallah avait des filles et des garçons, en tout sept enfants...seuls, les garçons allaient à l'école, ses filles restaient à la maison faire le travail de la maison et du potager, garder leurs chèvres et moutons..
J'aimais aussi faire du vélo, en roulant à côté des petits marocains du douar, qui eux poussaient avec une baguette une roue en ferraille, et nous faisions la course!! Je chantais aussi à tue tête une chanson apprise à l'école,"
Dans le vent d'Afrique, qu'il fait bon aimer, sous le soleil!!" etc..
Il y avait aussi une autre chanson que j'aimais bien, en Allemand, celle là, chantée par une Allemande...elle chantait la gloire des oranges du Maroc!! il m'arrive encore de la rechanter maintenant..c'est à la coopérative que mon père avait eu ce petit disque en vinyl!!!

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Ma tante avait aussi une trentaine de paons et pannes...entre autres, il y avait le paon César et le paon Amilcar, très familiers et qui venaient nous manger le pain presque dans la main..; après, ils faisaient de superbes roues...on aimait penser qu'il la faisait pour nous remercier..
Nous menions donc à la Targa, une vie toute simple, familiale et amicale, sans autres besoins que ceux trouvés chez nous....
Je n'ai découvert la ville que plus tard, en allant à l'École des soeurs d'abord, à Notre Dame des Apôtres jusqu'en CM2, puis au lycée Victor Hugo jusqu'à la fin de la quatrième.; nous y étions demi pensionnaires...j'avais des amies diverses et très différentes les unes des autres, tant par la religion que par l'origine ethnique et aussi sociale....mes amies avaient pour nom en vrac, Rachel, Fatima, Patricia ou Joelle, Mercedes...mais nous jouions sans problèmes ensemble;, à chat perché, à la marelle, à la balle au mur, à tresser des scoubidous avec des feuilles de palmier....à fabriquer des sifflets avec des noyaux d'abricots...

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Lycée Victor Hugo 5e1, 1965

Plus tard, au lycée, j'entendrais parler de ski, de ski nautique, au barrage Cavagnac, à l'Ouka!! je ne connaissais rien de tout celà....nous, nos sorties au barrage, c'était un grand pique nique partagé avec nos amis les plus proches de notre maison, assorti d'une balade et d'un tour en pédalo...et l'Ouka, nous connaissions le nom, c'est tout, nous n'y allions jamais, nous nous arrêtions avant, je ne sais plus où, mais il y avait là un petit restaurant, et assez de place et de neige pour fabriquer un bonhomme de neige!! 

Nous allions de temps à autre au cinéma, au Casino où j'ai vu le pont de la rivière Kwai...au Palace, en plein air où j'y ai vu le film " Le Lion" tiré du récit de Joseph Kessel!! nous allions aussi voir des pièces de théâtre avec l'alliance française..  mais ce qui me plaisait le plus, c'était d'aller chez mon amie, au café de chez Zézé...l'amie en question étant sa fille..; J'aimais siroter une limonade en dégustant une glace et en regardant les boulistes..mon bonheur était tout simple..avec elle, nous rêvions à quand nous serions grandes...et ce jour est venu très vite, trop vite pour moi...  car, un jour de l'année 1967, l'année de mes 15 ans, il m'a fallu partir, quitter notre maison de la Targa pour toujours...papa était parti avant nous, trois mois avant pour rechercher en France de nouvelles terres à travailler, et pour y faire construire une autre maison..
Nous, nous étions restées pour finir l'année scolaire avec maman et ma soeur.. puis ce fut à notre tour le grand départ, le 11 juin 1967!!

 
Je me souviendrai toujours de ce départ en train de la gare de Marrakech pour Casa d'abord, puis Marseille ensuite, pour remonter jusque dans les Pyrénées, où papa avait retrouvé une terre et une maison..Nos amis étaient là, mais surtout il y avait Abdallah, dissimulé dans un coin de la gare..à l'écart de nos amis...il pleurait silencieusement en me disant au revoir!!
La France, c'est une autre histoire.. premières impressions...perte de tous mes repères, perte de ma maison, de ma ferme, de mes amis Marocains, de mes amis Européens, perte de la liberté et des grands espaces, découverte du froid, du manque de lumière, du manque de compréhension de mes "pairs" lycéens de France...grand chagrin, gros chagrin......

Voilà donc en quelques lignes ce que fut ma vie de petite fille blédarde...vie en vérité fort simple.

© Blandine TAROT, Chkoun Ana, Mangin@Marrakech, 9 juin 2010.

Merci Blandine pour ce récit d'une enfance marocaine. Il ravive en nous nos souvenirs de jardins d'Eden et de paradis perdu, de partages confiants et de séparations inconcevables. 

Nous te sommes reconnaissants de raviver en nous ce que nous conservons secrètement dans nos mémoires.

Qui ajoutera des commentaires ? qui suivra l'exemple de Blandine et de Sylvaine en racontant son histoire à Marrakech  ?

Pour envoyer le texte de votre récit afin qu'il paraisse sur le blog, utiliser le lien "Contactez l'auteur" en haut et à gauche de cette page.

Commentaires
L
Bonjour:<br /> <br /> je suis du targa zeddaghia marrakech
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M
l'évocation du Glaoui m'a beaucoup touchée Mon père aussi l'a bien connu et il m'a tenue sur ses genoux Tout comme Monique j'ai dû jouer sur les tapis du palais ... C'est étrange que nous nous soyons rencontrés tant de temps après nos parents et surtout que nous ayons sympathisé.<br /> A bientôt Hassan JPierre et mon fils vous saluent chaleureusement A bientôt peut être
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M
l'évocation du Glaoui m'a beaucoup touchée Mon père aussi l'a bien connu et il m'a tenue sur ses genoux Tout comme Monique j'ai dû jouer sur les tapis du palais ... C'est étrange que nous nous soyons rencontrés tant de temps après nos parents et surtout que nous ayons sympathisé.<br /> A bientôt Hassan JPierre et mon fils vous saluent chaleureusement A bientôt peut être
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B
Blandine, la luzerne en arabe se dit "bersim" , moi qui ne la connaissais que sous ce nom, j'ai fait l'analogie bien des années +tard , lors d'un voyage en Egypte lorsque voyant d'immense champs j'ai dit au guide , "c'est du bersim ça !" il m'a répondu " comment tu connais ce mot toi ?"....<br /> Et on reparle de son enfance,du bled, des mots qui se ressemblent...
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B
BLEDNA !!!!<br /> <br /> Bonjour Blandine,<br /> je suis également de la Targa, ai vécu les mêmes émotions liées au même parcours( Nôtre Dame des Apôtres,mais lycée Mangin ,puis rentrée en 1966 à Arles,ville inhospitalière et très triste à cette époque ) j'ai moi aussi marché dans les séguias,attrapé les tortues, les tétars, mangé les abricots sur l'arbre, ramassé les oeufs, bu le lait tiède tout juste trait, parcouru le bled à vélo, une jambe sous la barre du cadre ( vélo de mon père )ou à pieds avec ma meilleure amie à nous projeter dans un avenir glorieux d'étudiantes que nous n'avons pas été finalement ( sommes tjrs en contact),j'ai dormi des nuits entières dehors avec toute la famille sur une bâche qui nous protégeait de l'humidité du gazon,connu la trouille de rencontrer un scorpion ou une tarentule en descendant à la cave chercher des provisions....Je suis retournée plusieurs fois sur le bled (mitoyen du bled Gouilloud)en Mai dernier encore, et je suis tjrs accueillie avec chaleur par les qqs anciens qui s'y trouvent tjrs, dont cette femme qui m'a vue naître et qui me servait une louche de lait tandis-qu'elle trayait les vaches...J'avais 23 ans lorsque je suis arrivée en France, bien décidée à ne "pas regretter" mais j'ai le Maroc dans le coeur et Marrakech dans la peau...Chaque année je retrouve mes amis au Moussem, et chaque fois que je retourne à Marrakech, c'est un arrachement que de devoir le quitter !! Merci Blandine de ce témoignage, avec les meilleurs sentiments d'une autre "Targaouia", Salam alek<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Vous
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B
Oui, Hassan, ce serait bien que vous vous exprimiez aussi, et que vous nous brossiez votre "paysage" , car les apports des uns et des autres sont précieux, tant il est que nous avons vécu proches les uns des autres, nous, enfants et jeunes de cette époque,loin des préoccupations du monde adulte...et des barrières qu'ils se créaient!!! un enfant s'amuse avec un autre enfant et ne regarde pas au reste!! les enfants sont, vivent et créent, les adolescents aussi...les enfants aiment et partagent là où ils sont...et vous avez été aussi, comme nous, un de ces enfants!! riche de vie à partager, riche de bonheur à distribuer, riche d'amour!! ne faites pas l'impasse sur ce que vous aussi avez à nous apporter!! nous nous enrichissons les uns par les autres, les uns avec les autres...personne ne doit être laissé au bord du chemin, s'il a quelque chose à dire..et si ce qu'il dit est vrai et sincère, alors, il laisse une étoile pour les autres..une lumière !!!<br /> Bonne soirée à tous<br /> Blandine
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M
Oui je réclame encore des récits qui nous transportent en arrière, qui réveillent des odeurs et font vibrer nos coeurs.<br /> Merci Hassan d'évoquer le Gloui de Marrakech. mon père l'a bien connu. Nous étions souvent invités à des diffas, et nous avons , mon frère et moi sauté sur les tapis chez lui. Les enfants étaient rois ! nNous avons même des tapis qu'il a offerts à mon père. Et j'ai des photos du Glaoui avec son professeur de golf !<br /> C'était bon ce voyage en enfance ce soir. merci à tous.
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F
Pour l'instant deux marrakchias se sont exprimées mais je sens que le syndrome de la page blanche d'Hassan n'est que passager, oui ce serait formidable de vous lire également Hassan,<br /> j'espère vous revoir lors d'un prochain voyage à Marrakech.<br /> bises et amitiés à tous<br /> Francine
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S
ce sont ces instants précieux qu'il Nous faut conserver en mémoire. Ce sont eux qui nous ont construits, fait de nous ce que nous sommes aujourd'hui. C'est notre enfance et notre adolescence passées avec nos amis de coeur de toutes confessions qui je pense nous permettent aujourd'hui d'appréhender la vie de tous les jours et de relativiser. Nous avons en effet, nous enfants du bled, vécu dans des conditions rudimentaires mais heureux.
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H
mes amitiees marie france<br /> slut a toute la famille que j ai u le plaisir de rcevoir a marrakech<br /> j ai en projet de raconter aussi cette poRTion de memoire sur CHKOUN ANA MAIS CETTE FOIS DU COTE D UN GAMIN MAROCAIN qui a beaucoup joue et frequente les francais de mon age et j etais beaucoup plus malheureux aux departs des gens que j aimais et qui m ont beaucoup appris avec un dechirment de coeur<br /> je suis GLAOUI et les jardins du palais de mon grand oncle LE PACHA GLAOUI DE MARRAKECH NE DESEMPLISSAIT PAS d enfants de mon age (vous)<br /> venus avec leur parents en audience et bien souvent j ai garde pour la nuit et des fois pendant les vacances pour toute une semaine<br /> QUELLE EPOQUE BENIE<br /> quelqun parmi vous aurait ils (elles)fait partie de ces moments sublimes mais helas qu on ne reverra jamais<br /> hassan<br /> EN CE MOMENT J AI LE SYNDROME DE LA FEUILLE BLANCHE<br /> MES AMITIEES A TOUS
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M
transportée ...j'ai lu avec beaucoup d'émotion ton récit chère Blandine et je m'y suis retrouvée aussi! J'étais là comme enveloppée d'une douce chaleur, celle du pays et de l'enfance , de l'insouciance sécurisée !!! Je m'y suis retrouvée croquant des abricots verts, cueillant les oranges, les amandes, les olives ,jouant avec les autres enfants...Je courais aussi derrière les poules ou les cochons mais celles que j'aimais le plus étaient mes chèvres !!! <br /> Vous viviez en permanence dans cette ambiance, moi c'était dans ma première enfance puis, plus tard, pendant les vacances. Mon père devait se partager entre les fermes et les mines. Il était prospecteur aussi et parcourait les montagnes. <br /> <br /> Comme à travers le récit de Sylvaine,la vérité des sentiments est palpable. On est là , dans vos récits, au coeur de l'Authentique , de l'Essentiel...l'amitié , le partage , l'amour ... les gestes simples du quotidien...<br /> <br /> Là, point d'artifices : c'est la Vie qui prime .<br /> <br /> "La vie humble aux travaux ennuyeux et faciles<br /> Est une œuvre de choix qui veut beaucoup d’amour".<br /> écrivait Verlaine ....<br /> <br /> Merci Blandine pour ce récit, simple, beau et combien émouvant . On t'embrasse .<br /> Un bonjour spécial à Hassan .Bonne journée à tous
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J
Comme avec Sylvaine, nous vibrons d'émotions...<br /> C'est courageux et généreux d'oser exprimer des sentiments que l'on tait souvent par pudeur.<br /> Toutes les deux, vous méritez un ban d'ovations que ne manqueront surement pas tous les amis bloggeurs au moussem!
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H
En lisant votre histoire ,chère Blandine,notre enfance revit dans nos mémoires,que de fois nous sommes allés à la Targa,des promenades ,même en pleine chaleur ,mais nous êtions jeunes,mon frère et moi ,bien sur je n'ai pas les mêmes récits que vous ,ma chère Blandine car je suis plus âgée ,mais ce que je peux vous dire c'est que Madame Chevrier a mis au monde mes trois enfants..<br /> une femme merveilleuse ..Je crois que nous avons tous une histoire qui restera gravée dans nos coeurs,ce soir je suis dans notre petite villa ,rue Verlet Hanus,avec nos chiens nous en avions deux,un qui était fugueur Maman était obligé d'aller à la fourrière le chercher.on le calinait car on pensait qu'il avait été malheureux pendant quelques heures...Merci Blandine ,les souvenirs sont toujours en nous malgré les années,continuez à nous enchanter ,quand je lis les récits des uns et des autres je me régale , je pense à mon enfance et à ma jeunesse..nous êtions heureux ,insouciants....<br /> Notre vie est un roman..même si la pluie tombe( un petit déluge ),l'amitié d'une chibanie s'envole vers vous .à bientôt et bizzzz à vous tous chers amis ...Huguette
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M
Merci Blandine pour toute cette fraicheur . je me suis plongée dans ton récit et le point final m'a surprise. J'étais complètement partie dans cette Targa que tu aimes tant et qui pour nous, fillettes de la ville, était un jardin d'Eden. J'ai toujours le souvenir d'être allée dans un bled et d'y avoir reçue un citron et un pamplemousse cueillis dans l'instant. Aucune acidité, mûrs à souhait. Jamais je n'ai retrouvé ce goût. Il me hante !<br /> Merci Fée clochette, ce pseudo te va à ravir.<br /> Bises et amitiés à tous.
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B
Merci à vous pour ces gentils commentaires...ils me font plaisir, c'est vrai!! j'espère que d'autres aimeront aussi ce récit, que j'ai voulu être le plus vrai et le plus juste possible, ne comptant que sur mes seuls souvenirs, et pas sur ceux qui m'auraient été rapportés par la famille, ou par des amis....seul l'épisode de ma naissance, avec Madame Chevrier!!! évidemment..<br /> un grand merci à vous donc...mais encore plus ,merci à tous mes amis Marocains du bled qui ont largement contribué à me façonner et à faire de moi cette personne toujours émerveillée et amoureuse des autres, différents de moi, mais si semblables dans le fond...mes frères et soeurs en humanité!! merci!!!
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P
merci pour ce moment de lecture plein de fraicheur nous sommes transportés là bas et on redevient ces enfants insouciants et gais ; à qui le tour?....tout simplement bravo. Pat 86
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H
CHERE BLANDINE C EST MERVEILLEUX<br /> MERCI CHKOUN ANA<br /> CONTINUEZ A NOUS RAPPELER NOTRE JEUNESSE<br /> HASSAN MARRAKECH
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F
Merci Blandine de nous avoir "conter" ta vie au bled, ta vie de petite fille, sans soucis et qui s'émerveillait de tout, je comprends la déchirure éprouvée lorsqu'il a fallu rentrer en France, .Les photos font chaud au coeur,on retrouve la "vraie" vie de l'époque.<br /> On ressent tout ce que tu peux ou a pu ressentir en te livrant ainsi, nous ne guérissons pas de notre enfance et encore moins de celle passée au Maroc.<br /> bises et amitiés<br /> Francine<br /> Francine
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P
Quel bonheur de te lire!<br /> Les gens, le partage, la beauté les couleurs, que de joies partagées.<br /> Pour beaucoup l'arrivée en France fut la rupture.<br /> Le gris, le froid, la fin de l'adolescence ou de l'enfance;<br /> Je t'embrasse amie de là bas et vous adresse à tous toute mon amitié Marrakchie<br /> Patrici du 69
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S
Je me souviens bien des paons chez toi, moi aussi je revois votre maison très grande ! Je constate que nous enfants du bled avions les mêmes joies, les mêmes jeux, les mêmes amis. J'ai pris un grand plaisir à te lire. Nos jeunes années sont vraiment similaires. Et nos premiers contacts avec la France et ses habitants se ressemblent étrangement aussi.
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MANGIN@MARRAKECH
  • Blog des marrakchis du XXe siècle : aux temps de l'avenue Mangin devenue boulevard Mohamed V, du camp Mangin devenu camp de l'armée royale et du lycée Mangin toujours prolongé par le lycée Victor Hugo… Salam MRK ! Souvenirs, contacts, retrouvailles…
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