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MANGIN@MARRAKECH
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18 février 2015

QUAND JEAN-PIERRE KOFFEL NOUS RACONTAIT LE GLAOUI

Jean-Pierre-Koffel

JEAN-PIERRE KOFFEL, ancien élève du Lycée Mangin de Marrakech, devenu professeur de français au Maroc, écrivain de nombreux romans et initiateur de plusieurs jeunes auteurs marocains, a écrit le récit de quelques uns de ses souvenirs dans un livre "Au jour les jours" qu'il n'a jamais cherché à faire éditer, mais a confié à quelques amis. Les circonstances de sa vie ont fait qu'a dix-neuf ans il a rencontré le Glaoui seul. Il nous fait le récit de ces souvenirs dans un style agréable et nous montre une facette peu connue de cet homme au destin hors du commun. (voir sur Jean-Pierre Koffel disparu en novembre 2010 d'autres souvenirs)

 

                              LE GLAOUI

ThamiGlaouiQuand je suis arrivé à Marrakech, en août 1939, j’avais six ans. Mon père – M. Calvaruso, le second mari de ma mère, architecte et entrepreneur, mouhendiz – y était venu pour la construction d’une aile supplémentaire à l’Hôtel Mamounia. J’entendais parler du Glaoui – dont le nom faisait rire les petits pieds-noirs insolents et grossiers mais qui était fort estimé de leurs aînés, plus respectueux à son endroit. Passée la guerre, mon père a bien fait sa place dans la communauté européenne de Marrakech et il avait un culte particulier pour le Glaoui, dont il avait une photo encadrée sur son bureau.   

Tharaud-MRK-Seigneurs-Atlas

J’avais lu l’admirable portrait qu’avaient fait du Glaoui (il avait quarante ans à l’époque du portrait) les frères Tharaud dans Marrakech ou les seigneurs de l’Atlas (que nous avions à la maison) et franchement, ces pages sont un modèle du genre. Je ne puis résister au plaisir de citer, presque de mémoire : “Voici Hadj Thami ..., fastueux seigneur qui, .... avec son long visage maigre, ses grands yeux, son air félin, doux et violent tout ensemble, son sourire énigmatique, l’extrême recherche de sa toilette (toujours dans la simplicité, mais d’un goût achevé et d’une élégance unique, car il ne porte rien qui n’ait été tissé spécialement pour lui par les femmes de ses tribus) rappelle assez bizarrement... un seigneur du XVIe siècle en France ou en Italie.”

Glaoui-Saint-1930

Et un peu plus loin, voici le chef-d’œuvre : “Soudain la porte s’ouvrit, le vent souffla quelques bougies, et je vis entrer le Glaoui, précédé par des esclaves qui portaient des lanternes. Avec sa haute mine, son profil aigu, ses yeux noirs et fiévreux, son burnous dont les pans, retombant sur lui comme des ailes, ne laissaient apercevoir qu’un peu de la blancheur du caftan, et des babouches jaunes légèrement poudrées de neige, on eût dit un immense oiseau apporté par la rafale.”  Note: Ce texte est de 1920. (voir les commentaires qui précisent qu'il s'agit du frère aîné Madani El Glaoui, décédé en juillet 1918.) Sur la photo ci-contre prise en 1930 avec M. SAINT, Résident Général, il s'agit de Thami El Glaoui.

Stynia-glaoui

En 1950, je ne savais pas grand-chose du Glaoui. Je connaissais sa résidence, Dar El Bacha, son magnifique hammam de la rue R'mila, ouvert à tout le monde  et où j’ai fait mon baptême du bain maure, ses oliviers de la Ménara et de l’Agdal où les gens allaient gauler pour son compte en chantant (yahou li llah) à la saison des olives (ka isousou f’zitoun).

CP M'Kech ancien_Dar El Glaoui 01 01

Mon père  avait en estime Haj Idder (les Pieds-noirs disaient Ajidère, et ça rimait avec frigidaire), un gros bonhomme noir aux yeux cruels, autant qu’il m’en souvienne, genre Mobutu ou Idi Amine Dadda, le secrétaire du pacha, je crois bien. Ce Monsieur Haj Idder était en relations avec le couple Patruno  (on disait Mme Patruno sa maîtresse et que les Patruno avaient avec lui des affaires, dans l’hôtellerie notamment). M. Patruno (ma mère et moi, nous l’aimions beaucoup, car il poussait encore la chansonnette) était, en 1950, un petit bonhomme rondouillard et jovial (le cocu type), ancien ténor à la Scalla de Milan, qui avait perdu sa voix et s’était reconverti dans l’hôtellerie, avec son épouse, une grande et forte femme de caractère. Ils avaient l’Hôtel de la CTM, carrément place Djema el Fna (comme on disait, collant des djim – originaires d’Algérie – partout), avec terrasse panoramique, restaurant – une bonne table – , brasserie. Comme le tourisme ne marchait pas fort à Marrakech en été, les Patruno avaient un second hôtel – avec Haj Idder ? – à Vichy, celui-là, pour la saison. Dix mois par an à Marrakech et deux à Vichy, dans leur Hôtel du Parc (où venaient d’ailleurs beaucoup de Pieds-noirs de Marrakech). M. Calvaruso connaissait M. Patruno – qui était Italien comme lui, alors que Madame était Française comme ma mère – et ils se fréquentaient. M. Calvaruso était, comme beaucoup de ces Européens de l’époque, un fêtard, aimant la bonne chère, s’alcoolisant beaucoup, fumant bien sûr, pilier de bars (L’Atlas, Les Négociants, entre autres) et qui mettait son foie à mal. Une cure à Vichy s’imposait. C’est comme ça que, en 1951, nous sommes allés en cure à Vichy; c’était mon premier voyage en France.

vichy-hotel-parc-majestic

Cette année-là, je m’étais fait coller à la première partie du baccalauréat en juin et j’étais représentable en septembre. J’avais donc amené avec moi de quoi travailler, notamment l’arabe classique. À l’Hôtel du Parc, chez les Patruno, je me levais de très bonne heure pour bachoter à l’aise dans le salon de l’hôtel. À six heures du matin. Ce matin-là, j’étais à une table contre le mur, avec mon Pérez (choix de textes arabes) et mon Belot (dictionnaire arabe-français) en train de faire une version. À un moment, je sens une présence derrière moi, légère, et une voix où s’entend une surprise agréable, me dit : « Tu fais de l’arabe ! » Je me retourne et je vois le Glaoui. Comme Saint-Exupéry avec le Petit Prince, je n’ai pas cherché à savoir d’où il tombait à cette heure-là et à cet endroit-là. Précisons qu’en 1951, je n’avais encore aucune raison de lui en vouloir politiquement. Notre conversation, en français, n’a pas été très longue. Il était impeccable, net, exactement comme dans la description des Tharaud, mais en pas solennel du tout, en simple, en détendu – ah ! ces gens très matinaux ! 

traviatta-affiche

Voici un extrait de notre dialogue doux et feutré dans un salon d’hôtel de province où les curistes dormaient encore : « – Tu  aimes la musique ? –  Ça dépend ce qu’on appelle musique. – La grande musique. – Oui beaucoup. – Et l’opéra ? – Oui beaucoup. – Alors, j’ai un billet pour toi : ce soir, au théâtre du Casino, on donne  La Traviata. Je t’emmène. » Je ne sais pas si j’ai dit merci, mais j’y suis allé et je voyais un opéra pour la première fois de ma vie. Avec le Glaoui.

edith-piaf)-colombia

À quelques jours de là, même scène, au même endroit (le salon de l’hôtel). Voici un extrait du dialogue : « – Tu aimes Édith Piaf ? – Non. – Tu as peut-être tort. J’ai un billet pour toi : ce soir, au théâtre du Casino, pour aller écouter et voir Édith Piaf. Viens si tu veux. » J’y suis allé. Avec le Glaoui. Et nous sommes même allés saluer Piaf – toute simple, toute blanche, toute noire – dans sa loge. Je n’aime toujours pas Piaf et je ne sais toujours pas si le Glaoui savait qui j’étais, sinon un petit Français de Marrakech qui avait eu l’idée originale de faire de l’arabe et qui aimait la musique. 

Lui, il aimait la musique. Il a reçu le compositeur pianiste Maurice Ravel six mois chez lui et au Mamounia, avant 1933, année où Ravel a été atteint par ces troubles cérébro-moteurs dont il devait mourir en 1937. Nul doute que le Glaoui ne l’ait gavé des musiques  du Haouz et de l’Atlas. Retrouvons les Tharaud : “Ce Chleuh ..., dans sa jeunesse, ... ne pouvait assister aux chants et aux danses de son pays  sans se jeter aussitôt avec passion  dans l’improvisation et la ronde.”

irene-chantal-traviatta

 Cette passion, j’en ai eu la preuve, était une passion pour la musique, quelle qu’elle fût et il a voulu faire à Marrakech un cadeau seigneurial : en 1952, La Traviata, sur scène, au Théâtre-Cinéma Palace, avec Irène Chantal, de l’Opéra de Paris. Évidemment, j’y étais. Le Glaoui pas. Je ne l’ai plus jamais revu depuis Vichy avec Piaf. 

(Au jour les jours, inédit de Jean-Pierre Koffel, pp. 98, 99 ,100; Voir sur ce blog la fin du Glaoui 23 janvier 1956)

Theatre-cinema-palace 

Théatre-Cinéma Palace où se produisit Irène Chantal en 1952

 

blog-glaoui

Votre blog vient d'être distingué par "canalblog' pour cet article signé par Jean-Pierre Koffel.

Peut être n'avez-vous jamais rencontré le Glaoui à Vichy, peutêtre n'avez-vous jamais assisté à la Traviata ou à un concert d'Edith Piaf avec le Glaoui. Mais peutêtre avez-vous un souvenir d'une rencontre avec le Glaoui, vous ou un proche qui vous l'a raconté. Si c'est le cas les amis du blog vous encouragent à partager le récit de ce souvenir. À vos plumes ou si vous préférez, à vos claviers !

 

Commentaires
J
Bonjour<br /> <br /> C'est un sujet qui reste à découvrir. Dans ces milieux de Grands Notables,il était de tradition d'avoir un ou des elevages de lévriers ,mais plus précisément d'une race typique du Maroc: le Sloughis !<br /> <br /> Ces chiens étaient plutot destinés à la chasse aux chacals pulullant dans les zones montagneuses de l'Atlas.<br /> <br /> A une époque,TF1 diffusait des reportages en nocturne .sur cette activité.<br /> <br /> La chasse aux lièvres étaient réservées aux faucons dressés.Ces animaux chasseurs étaien de meme de la marchandise de commerce,entre notables.<br /> <br /> Bonne journée
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S
Quelqu'un a t il connu les lévriers du pacha qu il possédait en grande quantité
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N
Le deuxième passage cité des frères Tharaud ("immense oiseau etc.") décrit non pas Hadj Thami mais son frère aîné si El Madani, chef supreme de la famille des Glaoui, vice-roi du Sud, ministre de la guerre puis grand vizir etc et qui fit nommer Hadj Thami Pacha de Marrakech.
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H
oh! oui mon Peter Pan ,j'ai bien ris ,car vois-tu je viens juste de mettre l'appareil en marche, je t'assure que cela m'a fait du bien de rire, je vois les deux galopins faire les marioles pour déguster les mèches mèches et se faire houspiller mais je pense que le Glaoui n'a pas gronder car c'était un homme formidable , mon Frère avait comme copain le neveu du Pacha et il faisaient les Zouaves aussi , Maurice doit se souvenir ,de certaines choses aussi ??que de bons souvenirs qui font du bien au moral ,on en a besoin en ce moment,.j'espère que vous allez tous bien mes très chers amis ,,dans quelques jours je vais être chouette,, Chantal a acheté un masque parait-il que c'est obligatoire pour aller en ville..Il faut obéir même à mon âge hihi!!!! cela m'a fait du bien mon Peter Pan car en ce moment ce n'est pas la joie,allez ouste comme disait mon Papa... ,Gugus secoue toi et envoie de GROS BISOUS aux amis sans t'oublier mon Peter Pan....GROS GROS BISOUS Huguette
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J
Le Glaoui de Marrakech<br /> <br /> Tres instructif récit de Jean Pierre Koeffel ainsi que les divers commentaires.<br /> <br /> Le Glaoui possédait à Marrakech une somptueuse propriété sur l'avenue dans la prolongation de la Rue Alexandre 1°( Hartsi Ecole Primaire pour le point de départ)<br /> <br /> Cette avenue débouchait sur l'avenue de La Ménara.<br /> <br /> En la remontant,c'est à droite que se situait le quartier où résidait le Glaoui,propriétée cloturée de grillages,et à l'intérieur de laquelle il y avait une magnifique plantation d'abricotiers.<br /> <br /> Un beau jour avec mon complice Gilbert Delouya ( on habitait une impasse Rue Alexandre 1°,jouxtant la propriété des Berlioz) et pas en peine de faire des couenneries,nous avions escaladé les grillages du Glaoui pour manger des mèche-mèches ...verts !<br /> <br /> Coincés en flagrant délit par les Mokhaznis,c'est le Père Berger Marc qui vint nous délivrer. Résultat des courses : une tourista monumentale pour les contrevenants<br /> <br /> et autres mesures de recadrage sévères.<br /> <br /> Huguette va bien en rire ! Bien à vous tous
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C
La deuxième citation des Tharaud ne décrit pas Hadj Thami mais plutôt son frère aîné, chef suprême et incontesté de la famille des Glaoua, ssi el Madani el Glaoui.
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G
Le second passage cité des frères Tharaud concerne le frère aîné du pacha si el Madani, chef de la maison des Glaoua, grand Vizir etc. et non pas Hadj Thami
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P
Ohé! Ohé! Où sont passés mes Marrakchis???? Bonne journée à vous tous. Amitiés. Patricia
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A
• L'esprit du Glaoui:.<br /> <br /> Il me semble que les personnalités invitées à ce repas par Hadj Thami étaient les membres du Conseil Supérieure de la Magistrature venus en inspection au Maroc. Mon père était à l'époque Président du Tribunal de 1ère instance de MRK et, faisait partie des invités, La jeune parisienne faisait elle aussi partie des officiels, mais je ne sais en quelle qualité.. Il nous a souvent raconté cette anecdote avec des commentaires appropriés sur l’« élégance » de certains hauts fonctionnaires parisiens en déplacement chez nous,.<br /> <br /> Bon joueur de tennis, mon père avait comme partenaires l'un des fils du Glaoui, Si Ahmed, Mr. Lotan, qui était une sacrée première série (classement Maroc) et Mr Vincenti, prof d’arabe. . <br /> <br /> J'étais en 1947 en quatrième à Mangin, avec Rousseau comme professeur d'anglais et Mme Wachmuts comme prof de maths, sans oublier l'extraordinaire Mr Clerc, mais il faudrait des heures pour raconter mes souvenirs de MRK, <br /> <br /> Merci pour les photos que tu m'as fait parvenir.. Je ne suis pas sur celle de Mlle Meyer. Je n’y ai d’ailleurs reconnu personne, ni Marie-Hélène Thuaire, ni Chantal Jaccoud (son père était radiologue et elle était une sacré jolie fille) ni non plus Raymond Euloge, Grégoire Troubetzkoï, Roger Sananés ou Just Fontaine.<br /> <br /> <br /> <br /> As-tu le souvenir du drame qu’ont vécu les enfants de l’économe de Mangin arrêté pour des détournements financiers. Cela a du se passer pendant l’année scolaire 1947.ou 1948. Je n’ai plus le nom de l'économe en tête, mais ses enfants, que nous connaissions tous bien sûr, un garçon et une fille, aussi bons camarades l'un que l'autre, ont disparu du jour au lendemain de notre univers scolaire. Je devais être en 4 ème ou en 3 ème . Cette affaire nous avait tous beaucoup marqués à l’époque et je m’en suis toujours souvenu pendant ma vie active. J’en parlais à mes enfants quand, en évoquant ma vie antérieure à celle de métropole, j’en profitais pour faire un peu de morale.<br /> <br /> Le tennis:<br /> <br /> Il y avait à cette époque un petit ramasseur de balles qui s’essayait à jouer comme les maalems qu’il côtoyait journellement. Certains, comme mon père, ou Lotan, l’avaient remarqué et l’ont encouragé à poursuivre un entrainement que Lotan avait d’ailleurs commencé. Je ne me souviens plus du prénom du gamin (je le retrouverai bien un jour) et ce jeune garçon est devenu non seulement l’entraineur du Club, mais quelque temps après, l’entraineur attitré du prince Moulay Hassan, excellent et brillant joueur lui-même. Je n’ai pas non plus de photos du beau cabriolet Buick bleu-pale dont j'adorais manœuvrer la capote électrique et que si Ahmed m’a laissé un jour conduire en douce ( je n’avais pas encore mon permis) autour du tennis. . Quand mon père l’a appris, j’ai eu droit à un bon ramonage. Et si le fils du président du tribunal avait été arrêté pour conduite sans permis ! Tu vois le topo...mais heureusement que Ahmed Glaoui a été mon avocat, et un bon avocat.....<br /> <br /> En revanche, il faudrait que je retrouve une photo où mon père est photographié avec lui après un tournoi ....mais où est-elle passée ??<br /> <br /> J’ai déjà du te raconter comment Alfred Rousseau (j’ignorais jusqu’à aujourd’hui son prénom) essayait de nous inculquer une relative compréhension des mystères de la langue de la perfide Albion en nous racontant sa vie de pilote de bombardier dans la RAF. C’était un homme captivant et nous l’écoutions bouche bée...surtout quand il avait la bonne idée de s’exprimer dans la langue de Molière. Ses récits, dits en Anglais, n’avaient pas, malgré la savante gestuelle qu’il utilisait pour illustrer ses propos, le même attrait.....<br /> <br /> Il y avait un prof de dessin, Madame , veuve de guerre je crois, d’une extraordinaire gentillesse et patience avec les drôles de pingouins que nous étions, autant les garçons que les filles, et à qui elle essayait de faire comprendre les lois de la perspective..<br /> <br /> Enfin, un prof de musique nous apprenait de belles chansons pyrénéennes (aquellos mountanos par ex) que nous massacrions avec volupté de notre voix, à cette époque de notre vie, en pleine mutation.<br /> <br /> Comme tous ceux qui ont vécu dans ce beau pays, il faudrait des heures entières pour évoquer la vie que nous y avons menée.<br /> <br /> Mais plonger dans ton blog fait remonter quantité de souvenirs. Merci de l'avoir créé.
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M
Effectivement, j'ai souvenir d'avoir rencontré le GLAOUIi à Vichy en 1951. Il était accompagné de son secrétaire Haj IDDER et était venu jouer au Golf du Sporting, L'histoire dit que ce pacha Glaoui était déjà venu en 1913 et que, séduit par le parcours de golf de Vichy, il avait voulu créer le même à Marrakech, c'est toujours le plus vieux golf de Marrakech. L' architecte de l'époque n'est autre que le célèbre Arnaud Massy qui créa Pau, Vichy et Marrakech. Le caddy Master, Stitou Bouchaïb a dirigé longtemps le Royal de Marrakech et est venu également à Vichy après 1956. J' ai retrouvé Stitou avec bonheur au Royal où il m'a présenté à son Altesse Royale LALLA AÏCHA qui au cours de nombreuses parties est devenue une amie. Stitou est décedé, mais son fils DJEMALl vit toujours à Marrakech.<br /> <br /> Voici ma modeste contribution à cette magnifique épopée marocaine, encore aujourd'hui, je demeure un fidèle de Marrakech où je me rends tous les ans depuis 1976. <br /> <br /> Je reste à la disposition des éventuels lecteurs pour leur en conter plus et particulièrement concernant Haj IDDERb qui a terminé sa vie à 10 kms de ma résidence française.<br /> <br /> <br /> <br /> Michel BOUILLERAND<br /> <br /> 03110 ESPINASSE-VOZELLE près de Vichy
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T
Une aquarelle en or ? L'auteur est probablement un autre fils: Hassan el Glaoui, l'artiste peintre marocain le plus côté.(voir ce lien: http://mangin2marrakech.canalblog.com/archives/p130-10.html )<br /> <br /> Merci Christian pour tes commentaires avec Jean du Pac. Comme quoi le Glaoui pouvait citer l'évangile en latin de la Vulgate. Mehdi el Glaoui né en 1956 est acteur et aussi réalisateur de courts métrages.<br /> <br /> Marrakch'amitiés M2M
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S
J'ai entendu le nom de Calvaruso chez ma grand-mère. Mes parents connaissaient bien le fils (?) du Glaoui qui a épousé une européenne qui était actrice. J'ai à la maison une aquarelle signé "El Glaoui". Lequel est-ce, je ne sais pas.
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N
Et toujours ces belles pages d'histoire que je lis avec grand plaisir... Merci à Vous.<br /> <br /> Amicalement Votre Nana
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C
Jugement de Si Thami El Glaoui sur Edouard Daladier :<br /> <br /> <br /> <br /> " C'est un chien sans queue, on ne peut jamais savoir s'il est content ou non "<br /> <br /> <br /> <br /> ( extirpé du même ouvrage )
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C
L'esprit du Glaoui.<br /> <br /> <br /> <br /> Il avait prié à dîner, à la mode marocaine, quelques européens de Marrakech et avec eux une jeune parisienne de passage.<br /> <br /> <br /> <br /> Entre autres plats, on servit un mouton rôti ( méchoui ). Selon un fort aimable usage, le maître de maison arracha avec les doigts l'un des meilleurs morceaux et l'offrit galamment à la dame.. Celle-ci, persuadée qu' El Glaoui ne connaissait pas le français, laissa échapper un mot comparant son hôte à l'animal que Monselet appela " cher ange ". Par contre, elle parut s' intéresser beaucoup à une bague que le Pacha portait. Ce n'était donc pas une personne bien distinguée.<br /> <br /> <br /> <br /> Alors, à la fin du repas, El Glaoui prit la dame à part :<br /> <br /> <br /> <br /> " Margarita ante porcos " lui murmura-t-il à l'oreille. Et comme évidemment elle se demandait ce que le " sauvage " avait encore bien pu lui dire là : " Madame ajouta-t-il en excellent français, une pierre comme celle-là n'est pas faite pour un cochon comme moi. Permettez-moi de vous l'offrir "<br /> <br /> <br /> <br /> Le geste n'est pas à la porté de tout le monde. Mais la grace de la leçon non plus.<br /> <br /> <br /> <br /> ( tiré de Anecdotes Marocaines de Jean du Pac - Editions de l ' Atlas, Marrakech - 1947. Illustré par F. de Saint Gemme )
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J
Merci pour ce bel article, que de souvenirs dans l'évocation du Pacha et du passage d'Edith Piaf à Marrakech, voilà qui nous ramène quelques lointaines années en arrière.. Une partie de notre vie et des événements qui ont marqué notre jeunesse. Je laisse un commentaire, mais je suis toujours aussi intéressé par les précédents articles...et ceux à venir !
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L
Une tranche de vie intéressante , toujours sur les traces de notre passé Marrakchien.<br /> <br /> Souvenirs qui perdurent à travers les années, nostalgies du "vécu", notre histoire et notre ville continuent de vivre à travers tout cela...et ça fait du bien! <br /> <br /> Amicalement
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MANGIN@MARRAKECH
  • Blog des marrakchis du XXe siècle : aux temps de l'avenue Mangin devenue boulevard Mohamed V, du camp Mangin devenu camp de l'armée royale et du lycée Mangin toujours prolongé par le lycée Victor Hugo… Salam MRK ! Souvenirs, contacts, retrouvailles…
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