L'ÉCOLE DU GUÉLIZ EN 1952-1957 PAR MICHEL DUPRÉ

Michel DUPRÉ nous raconte ses jeux, ses maîtres et les rites acquis dans ses jeunes années marrakchies: "Le récit de Maurice CALAS sur ses années à l' école du Guéliz m'a donné envie d'écrire quelques bribes de mes souvenirs des années 1952 - 1957....

LES JEUX ET LE CINÉMA
L' école du Guéliz a été pendant toutes mes années de primaire un lieu de rencontre avec les autres enfants, un lieu de culture, car je me plais à penser que j'y ai appris une grande partie de ce que je sais encore, un lieu d'apprentissage du respect, car nous respections nos maîtres et nos maîtresses. Mais aussi un lieu ludique, puisque c'est là que j'ai appris à jouer à la PIÉCETTE, à "TCHICHA LA FAVA", AUX GENDARMES & AUX VOLEURS, à tracer des routes dans les racines du gros olivier pour JOUER AUX BILLES. Comme je n'aimais pas perdre mes belles agates ou mes boulards, je jouais plus volontiers à DADRIRE qu'à DADBON...Je dessinais déjà de très beaux châteaux sur du carton, puis j'en découpais les fenêtres, machicoulis et autres meurtrières pour que mes copains viennent y lancer leurs noyaux d'abricots...que je transportais ensuite dans une vieille chaussette en laine. Le préau des petites classes sur la gauche de la cour était interdit d'accès aux grands. Et je crois bien que les CP avaient cours dans les classes situées de chaque coté de ce préau...(Est ce vrai? Quelqu'un pourra t il me le confirmer?)

Il y avait le ... jeudi ou le dimanche, je ne me souviens plus, une séance de cinéma dans la salle du fond, à gauche. Nous pouvions ensuite faire un dessin qu'il fallait apporter le coup suivant: Les meilleurs dessins étaient primés et j'ai eu deux fois le premier prix ( Dont un jour un trois mats voguant toutes voiles dehors sur une mer démontée).

LES MAÎTRES ET LA BALISTIQUE ÉCOLIÈRE
En classe avec Mme FIESCHI, la seule maîtresse dont le nom m'est resté  en mémoire,.... nous devions mettre un livre posé entre les deux élèves d'une même table pour éviter de copier...Le calcul mental se faisait à la craie sur une ardoise à bordure de bois. Je me souviens avoir toujours eu de bonnes notes en récitation car je les révisais avec ma grand mère qui m' apprenais à mettre le ton et à respecter la ponctuation. (Ça change du langage des jeunes d' aujourd'hui).

Le maître qui a laissé une trace dans ma vie était Mr DUCOURNEAU en CM2. Sa classe était la première en passant le portail et je crois que l' entrée se trouvait sur la face avant du bâtiment et non comme les autres sur la partie donnant sur la cour.  Il nous a préparé à entrer en 6°. C'est dans cette classe que j'ai appris, entre autres, à casser une vieille plume Sergent major et a introduire dans la fente une feuille de papier pliée en forme de fléchette. A confectionner des pendus que nous collions au plafond avec du papier mâché et surtout à lancer des boulettes avec ma sarbacane. Les tubes plastiques des premiers stylo BIC dont nous coupions la partie rétrécie ont fait le bonheur de plusieurs d'entre nous. Moi, j'avais eu la chance de recevoir de mon père, une long tube nickelé qui donnait de la précision au lancer de boulettes.... Et c'est surtout lui qui nous a appris à accepter les "punitions corporelles" que nous n' allions pas raconter à nos parents, car comme les autres je risquais de recevoir la même à la maison. Les coups de règles sur les doigts réunis, les"frottages" de cuir chevelu et les "piquets" au coin de la classe.

LES FILLES, LE CHEMIN DE L'ÉCOLE
C'est vrai, les filles étaient dans la cour contigüe et bien que nous tentions de regarder à travers la porte en bois qui séparait les deux cours, il n'y  avait souvent rien à voir. Nous en profitions pour boire de l'eau au robinet des toilettes, dans des verres en plastique télescopiques que ma grand mère achetait au "Tout à un franc", le magasin voisin de la Boulangerie-Patisserie MIRGON. Ces verres se dépliaient en trois ou quatre anneaux  et se rangeaient ensuite en remettant un couvercle en plastique... Rouge le mien...
Oh que j'en aurais encore des choses à raconter sur cette école et sur le trajet que j'empruntais chaque jour pour m' y rendre... Le même chaque jour... Non des fois je traversais la CITÉ FOUQUE pour y récupérer des feuilles de mûriers pour mes vers à soie....ou pour y prendre un copain qui faisait le chemin avec moi....

J'espère que cette modeste contribution au blog Mangin permettra à ses lecteurs... de retrouver quelques sensations de l'enfance...Enfance dorée ai-je l' habitude de dire car nous n' étions pas malheureux, nous qui avons grandi dans cette belle ville à une époque bénie."

Michel DUPRÉ

Merci à Michel Duprè qui a pris le temps d'écrire pour le Blog Mangin@Marrakech, alors qu'il a déjà fort à faire avec le blog magique http://marrakechetnous.canalblog.com/

QUI NOUS PARLERA DES MAÎTRES ET DES JEUX DANS LES COMMENTAIRES?

Sur la photo ci dessous:

MICHEL DUPRÉ se trouve de haut en bas et de gauche à droite: 2e rang, 4ème.

Otman YAHIA, 4e rang, 1er; Guy SYLVESTRE, 4e rang, 2e. (voir commentaire de son fils Stéphane) et à côté Roch POLIDORI rang assis devant, 3° à partir de la gauche.(voir commentaire)

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