MATHILDE ARBEY, UNE DES PREMIÈRES FEMMES A PLANTER SON CHEVALET DANS LA VILLE ROUGE

Beaucoup d'artistes peintres de sexe masculin ont exercé leur art à Marrakech dès le début du XXe siècle. Le Maréchal Lyautey a encouragé les artistes en créant des concours et des prix. Son but était de faire connaître le Maroc, son charme, ses atouts et l'art de vivre des marocains. Le blog a présenté plusieurs de ces artistes, ainsi qu'une femme Jeanine Guillou aussi artiste peintre, d'abord épouse du peintre d'origine polonaise Olek Teslar, puis d'un autre peintre Nicolas de Staël d'origine russe rencontré à Marrakech. Mathilde et Jeanine ont pu se connaître, mais Mathilde est arrivée la première à Marrakech en 1929. 

ARBEY-mrk-1932-La-MenaraMathilde Arbey aime les couleurs moirées, elle privilégie l'impression générale sur le détail. C'est particulièrement visible sur la silhouette de l'Atlas, qui n'est pas exactement celle que connaissent les marrakchis.

Peu d'artistes hommes se sont intéressés aux POUPÉES qui font partie de la tradition d'accueil des marrakchis à de hautes personnalités. 

Marrakech_Les-Poupées-1929-32-Mathilde_Arbey  Les femmes restent assises pendant de longues heures en attendant la personnalité et son cortège, elles ont habillé les poupées de vêtements de fête, mais ce sont les hommes du premier rang qui font danser les caftans et leurs couleurs. Les femmes, elles, papotent et se préparent à lancer leurs youyous lorsque le récipiendaire apparaîtra.

Marrakech_Place-Djemaa-el-Fna-1932-Mathilde-Arbey La place Djemaa el Fna en fin d'après midi. Quand les ombres s'allongent, les chalands se lèvent de leurs siestes.

Mathilde--Arbey-MRK-1930

Mathilde ARBEY, née en 1890 est au début de sa quarantaine quand elle s'installe à Marrakech. Ses oeuvres y sont datées de 1929 à 1933.

Promenade à Marrakech. Femme, elle met en valeur la femme marocaine, sans oublier totalement l'homme marocain. Elle utilise volontiers le pastel pour mettre en valeur les couleurs de Marrakech.

Elle s'est formée à l'École des Beaux Arts de Paris avec les Maîtres Jean-Paul Laurens, Fernand Humbert et Fernand Sabatté. Elle s'est distinguée dès le début de ses études et obtient des bourses pour les poursuivre. Elle expose à Paris dès 1919, et peu après sa venue au Maroc, elle obtient la médaille d'or des artistes français en 1930, pour un portrait qu'elle avait réalisé avant sa venue au Maroc.

Mathilde-arbey-Prix-1930Reproduction en noir et blanc sur carte postale du portrait primé

Après Marrakech elle ira à Rabat et Salé, Tunis et Kerouan, puis Bruges. Longtemps célibataire, elle se mariera tardivement à Maurice Miniot (juillet 1941), peintre comme elle, mais moins célèbre.

Son atelier est à Paris-Auteuil, qu'elle a installé au 57 rue Chardon Lagache.

Arbey-Cypres-de-Dar-Moulay-Ali-009 Femme marchant aux abords des cyprès de Dar Moulay Ali (résidence du chef de Région, à l'époque, le général Catroux).

Notre peintre laisse les charmeurs de serpents, conteurs et acrobates à ses collègues masculins. 

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 Jeunes chanteuses sur La place

Mathilde Arbey expose à différents Salons annuels de Paris :
-Le Salon d'Automne entre 1919 et 1924,

- Prix de la Cie Paquet en juin 1929, Prix de la Cie de Navigation mixte en 1931
-Le Salon des Tuileries en 1931,
-Le Salon des Artistes Français où elle obtient dès 1913 la mention honorable, et la médaille d'or en 1930,

- Médaille d'argent pour l'Exposition Universelle de 1937

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Le marché des tapis du côté de Bab El Khemis

arbey-mathilde-mrk-femme-de-marrakechNotre peintre s'intéresse à la silhouette féminine des marocaines et à leurs vêtements.

Femme de Marrakech

Mathilde illustre de ses oeuvres plusieurs ouvrages de Camille Mauclair sur Marrakech (1933), Rabat-Salé (1934), Tunis et Kairouan (1936), Bruges (1938) tous édités par Henri Laurens.

 

Elle est sensible à la situation des handicapés de la vie.


Arbey_mrk_5_aveugles  Cortège d'aveugles

Mathilde-Arbey-AutoportraitAutoportrait: Mathilde Arbey devant un chevalet- Prix Claudio Castelucho-Diana

Arbey-mrk-abreuvoir-65 A l'abreuvoir près des remparts

Arbey-Mrk-Bab-Djedid-004 En 1930, la porte de Bab Djedid, celle qui s'ouvrait vers le sud-ouest et la Ménara existait encore. Mais, trop étroite pour laisser passer un trafic  de plus en plus intense, il fut décidé d'élargir le passage et de la démolir.

Bab Djedid 

Grâce à Mathilde Arbey, nous en avons le souvenir.

Arbey-MRK-bab-Doukkala-005 Vers Bab Doukkala

Arbey-Mrk-femmes-dans-la-rueFemmes dans la rue 

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  Fontaine Sidi-El-Hassane et marchand d'eau au Mouassine

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Femmes se rendant au cimetière.

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La Koutoubia, effet du matin 

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Les Remparts et l'Atlas enneigé.

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Un marabout en décembre.

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Femmes aux tombeaux Saadiens 

Arbey-MRK-Toits Les terrasses et l'Atlas.

Arbey-MRK-Un-Patio-125Femme dans un patio.

ARBEY-MRK-uneRue007 Une rue de la Médina

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Petits métiers 

mathilde-arbey-dans-le-souk-de-marrakech

Une rue de la médina

Dans les souks

Dans les souks

Après ce voyage à Marrakech autour de 1930, nous remercions Mathilde Arbey pour son art évocateur de souvenirs.

Si vous avez aimé (ou détesté) certaines de ces oeuvres, vous pouvez enrichir ce blog de vos commentaires.

Si certains anciens marrakchis trouvaient dans leur héritage d'autres oeuvres de Mathilde Arbey, le blog les publiera volontiers.