UNE BELLE VILLA CHARGÉE D'HISTOIRE NÉE DANS LA PALMERAIE PENDANT LES ANNÉES FOLLES...

L'actualité de la vente aux enchères d'oeuvres d'artistes a mis en lumière une toile de Winston Churchill premier ministre de Grande Bretagne peinte depuis la Villa Taylor et offerte au Président des Etats Unis Franklin Roosevelt en souvenir d'une rencontre de janvier 1943. La villa Taylor, jeunette, n'avait alors que 16 ans. La toile fut nommée: "Tower of the Koutoubia Mosque" et près de 80 ans plus tard les  récentes enchères atteignirent plus de 9 millions d'euros.

Churchill-Koutoubia-Bab-Doukkala-KabbadjAujourd'hui, il n'est plus possible de voir ce paysage, même depuis la terrasse de la Villa Taylor, car Bab Doukkala est radicalement transformée. Churchill découvrant les dispositions talentueuses en peinture du jeune Hassan el Glaoui, élève du Lycée Mangin, avait encouragé son père, le Pacha de Marrakech, à lui permettre d'en faire sa profession. 

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Plus tard Hassan el Glaoui, devenu l'un des artistes peintres les plus réputés du Maroc, peignit le même décor. 

LA VILLA TAYLOR RECÈLE SA PART DE MYSTÈRE. Elle appartient aujourd'hui au roi du Maroc et il n'est pas facile de la visiter. Certains, peu nombreux, y parviennent..

Quant elle fut construite, entre 1926 et 1927, sa tour berbère émergeait seule de la Palmeraie, mais elle avait d'autres atouts cachés...

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Villa Taylor, dans la Palmeraie, face à Bab Doukkala, avec un air de Kasbah berbère.

Robert POISSON, architecte DPLG, faisait partie du nouveau contingent d'architectes-décorateurs arrivés au Maroc et attirés par la politique urbaine du Maréchal Lyautey. Pour ce jeune architecte c'était l'occasion rêvée de combiner le style néo-mauresque à l'art déco en intégrant les techniques artistiques traditionnelles des artisans marocains. Il réalisa un grand nombre de villas et bâtiments publics à Marrakech, certains en association avec l'architecte Paul Sinoir. 

Villa-Taylor-Photo-76 La villa Taylor dans les jardins de la palmeraie.

Les premiers propriétaires: Moses (Moïse) TAYLOR et Edyth son épouse née BISCHOP choisissent de construire en dehors de la ville. Lui est né en 1871, elle en 1874; ils se marient à Newport(USA) en 1896, ils ont un peu plus de 50 ans lorsqu'ils décident de construire dans la Palmeraie de Marrakech. Ils connaissent déjà l'expérience de la construction d'une nouvelle maison. Après la guerre ils ont fait bâtir un trés beau manoir "The Glen" au milieu de leurs terres sur Rhode Island. Il ne fut terminé qu'en 1923.

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Ils auraient pu construire au coeur du Guéliz, ils préfèrent un grand terrain isolé avec vue sur Bab Doukkala, les remparts, la médina, la Koutoubia et l'Atlas. Ils sont immensément riches et ne reculent devant aucune dépense.

Photographie d'un patio de la villa, publiée dans la revue l'Atlas en 1928.

L'un de leurs fils, venu en France avec le contingent de l'Armée US a été blessé mortellement en mars 1918 sur le front des Ardennes. Ce décès va marquer profondément les Taylor qui soutiendront de nombreuses initiatives en faveur des victimes des guerres. Elle est présidente de la Croix Rouge de sa ville aux USA et a financé la construction d'un hôpital avec salles d'opérations où sont formés du personnel médical et des bénévoles.

Moses TAYLOR meurt de maladie en mai 1928. La Villa TAYLOR vient à peine d'être terminée. Les bâtisseurs marrakchis ont mis toute leur énergie et tout leur coeur à la réalisation de la villa sous la conduite de l'architecte Robert POISSON: Il s'agit de l'entrepreneur Jean BONAMY, du décorateur BÉNÉZECH, de l'ébéniste et menuisier Michel DINJEAN, du ferronier d'Art Émile GARCIA et du peintre Albert FILLOUCAT, tous d'excellents professionnels.

Plafond-Taylor-79 Le plafond du grand salon de la villa réalisé en bois de cèdre par des artisans marocains, à l'image des plafonds du Palais de La Bahia.

Edith-Bishop-Taylor-Nicholson-1874-1959

Madame EDYTH est désormais seule, c'est une passionnée de voyages et notamment de croisières à la voile, c'est aussi une experte en agencement de jardins. C'est elle qui va décider des cyprès et plantes exotiques qui vont s'ajouter aux palmiers et oliviers du parc qui entoure la villa. Cependant elle ne vit qu'une période par an à Marrakech, celle où les fleurs sont les plus belles. Son jardinier lui apporte chaque matin des fleurs coupées pour qu'elle garnisse les vases de la villa à sa guise. Elle restera dix ans dans son veuvage avant de se remarier. Elle vivait alternativement dans son manoir de Rhode Island (USA) en été et à Marrakech à la belle saison.

A l'occasion de l'un de ses séjours à Marrakech, en décembre 1934, elle apprend que la ville veut ouvrir une nouvelle rue à travers la palmeraie. Elle est consultée par l'intermédiaire de M. BROUCAT son régisseur. Elle décide de faire généreusement don à la ville d'une parcelle de 1155 m2. Cette rue qui fut d'abord la rue A, devint ensuite la rue du COLONEL D'ORNANO et changea de nom pour IBN TOUMERT après l'Indépendance. La ville de Marrakech reconnaissante déclare par la plume de M. COUGET, chef des services municipaux: "A la place d'une piste poudreuse, la rue A qui aura 612 mètres de longueur sur une largeurs de 9m, et en bordure de laquelle se trouvera désormais la splendide Villa Taylor, desservira, après l'aménagement des voies urbaines, des quartiers où l'on  n'attend précisément que la réalisation des voies pour édifier de gracieuses villas... Elle comportera en outre un égout de 510 mètres de longueur.".

Monsieur BROUCA est le régisseur de la VILLA TAYLOR, il gère les biens de la Lady, notamment pendant son absence. Il partageait les valeurs de Madame Edyth en donnant à différentes oeuvres bien connues des marrakchis: l'Orphelinat indigène, l'Aide scolaire Israélite, l'Oeuvre des enfants à la Montagne (Sidi-Farès), l'Union des familles nombreuses françaises, le dispensaire anti-tuberculeux,  la Caisse des chômeurs, la Société musulmane de bienfaisance, la Caisse des Écoles. l'Oeuvre de la Goutte de Lait,... Au printemps 1937 il marie Mlle Brouca sa soeur à Monsieur Saint-Martin, un commerçant de Casablanca.

Taylor--Yolanda-Casa-23mars-1937

Edyth TAYLOR songe à se remarier. Chacun de ses quatre enfants a fait sa vie. Elle voyage sur son Yacht qui nécessite 50 hommes d'équipage. Il porte sur sa poupe le prénom de Iolanda.  En mars 1937 la presse locale de Casablanca signale la présence de son bateau dans le port. Elle a rejoint sa villa à Marrakech. Elle venait d'effectuer une croisière aux Indes. Plus tard en avril elle repart de Casa pour le port de South-ampton. 

Le magnifique yacht de plaisance "YOLANDA" appartenant à la richissime Américaine Mme Taylor, et qui ne compte pas moins de 50 hommes d'équipage est arrivé dimanche dans notre port venant des Indes. En bas : le torpilleur de la marine nationale "L'Adroit".

Remariage: Madame TAYLOR-NICHOLSON. En mai 1938 Madame Edyth devient Madame Guthrie NICHOLSON. Son mari est PDG de plusieurs sociétés de chemins de fer en Alabama, comme "The Deep River Black Creck Company". Il est né en Angleterre et a étudié à Oxford. Le mariage a lieu en Alabama le 15 mai 1938; au début de leur mariage ils s'établissent à Santa-Barbara en Californie. La guerre étant déclarée en Europe Madame TAYLOR-NICHOLSON offre son yacht à l'armée Britannique pour le transport de vivres, de pansements et de médicaments. 

Eisenhower-Villa-Taylor-1942

LA VILLA TAYLOR DANS LA GUERRE: Lors de l'opération TORCH (débarquement des Alliés au Maroc et en Algérie) les 8-9 novembre 1942 plusieurs maisons et établissements de Marrakech sont réquisitionnés par les Alliés. Le Casino de Marrakech devient le quartier général du commandement US au Sud du Maroc et la Villa Taylor est réservée aux hôtes de marque, notamment de Winston Churchill, mais aussi du Président Roosevelt et des généraux de passage.

La population de Marrakech avait été préparée; des tracts tombés du ciel depuis un avion avaient été lancés au dessus de la ville. Les marrakchis découvraient le visage rond du général Eisenhover qui se faisait le messager du Président des Etats Unis. Chacun peut relire la teneur de ce message: Aucune nation n'est plus intimement liée, tant par l'histoire que par l'amitié profonde, au peuple de France et à ses amis que ne le sont les Etats Unis d'Amérique. Les Américains luttent actuellement , non seulement pour assurer leur avenir, mais pour restituer les libertés et les principes démocratiques de tous ceux qui ont vécu sous le drapeau tricolore. Nous venons chez vous pour vous libérer des conquérants qui ne désirent que vous priver à tout jamais de vos droits souverains, de votre droit à la liberté de culte, de votre droit de mener votre train de vie en paix. Nous venons chez vous uniquement pour anéantir vos ennemis, nous ne voulons pas vous faire de mal. Nous venons chez vous en vous assurant que nous partirons dès que la menace de l'Allemagne et de l'Italie aura été dissipée....

A Marrakech seul le terrain d'aviation fut touché par les bombardiers US; les avions de la base 707 avaient été préalablement déplacés et cachés à Sidi Zouine par précaution. Les plus anciens marrakchis se souviennent encore aujourd'hui du bruit intense occasionné par ces bombardements. L'opération TORCH dont le nom est inspiré du flambeau de la statue de "la Liberté éclairant le Monde"  offerte aux USA par la France, permit aux Alliés de s'assurer du contrôle de l'Afrique du Nord contre l'Allemagne nazie.

La villa Taylor réquisitionnée en novembre 1942 pour les personnalités politiques ou militaires haut placées fut occupées début janvier 1943 par Winston CHURCHILL qui se préparait à la conférence d'Anfa organisée par les Britanniques et les Américains à Casablanca. Churchill était déja venu à Marrakech en 1935 et avait logé à La Mamounia. La conférence d'Anfa à Casablanca avait pour but de définir la future stratégie des Alliés, mais aussi de réconcilier les généraux Giraud et de Gaulle (Roosevelt préférait Giraud et Churchill pensait plutôt à De Gaulle). La conférence d'Anfa eut lieu du 13 au 24 janvier 1943. C'est à la fin de la conférence que Churchill eut l'idée  de faire connaître au Président Roosevelt l'émotion visuelle des couleurs du coucher de soleil marrakchi sur l'Atlas enneigé. Il existe une photo de presse où les deux hommes politiques sont devant le balcon de la tour. Tous les deux passèrent la nuit du 23 au 24 janvier 1943 à la villa Taylor. Quelle était la position de leurs étoiles ce soir là ?

Fin juin 1943, le Général GIRAUD, coprésident avec DE GAULLE du Comité français de Libération nationale loge à la Villa Taylor avant de s'envoler vers les Etats Unis invité par le Président Roosevelt. Il sera reçu à Marrakech avant son départ en avion par le général Le Diberder, commandant la Région de Marrakech par intérim.

Le général Robert Astier de Villatte gouvernait la région de Marrakech en septembre 1943. Il a raconté dans ses mémoires les mesures qu'il a été obligé de prendre pour garantir le secret de l'arrivée de Churchill à la Villa Taylor où il était venu se reposer en décembre 1943 après la Conférence de Téhéran, première conférence des Alliés à laquelle participait STALINE.

Avenue-Mangin-De-Gaulle-Churchill-1944

Il raconte aussi les repas à la Villa Taylor auxquels assistait Lady Churchill. Il décrit la visite du général de Gaulle à Churchill, suivie du chaud accueil des marrakchis les 12-13 janvier 1944 sur l'Avenue Mangin.

Ci-contre : Churchill et de Gaulle ensemble, assistant au défilé des troupes sur l'Avenue Mangin (image de l'INA).

C'est l'occasion de présenter une petite histoire d'un élève de 6e au Lycée Mangin qui allait voir sa maman et son petit frère nouveau-né à la clinique:

         Le 16 novembre 1944 était un jeudi. (...) Je m’étais arrangé pour aller voir à la clinique à quoi ressemblait mon petit frère avant de me retrouver en classe à 8 heures. Le plus plausible est que je rentrais le jeudi à 9 heures (je doublais ma 6e sur les conseils de Mme Queneau, mon cher professeur de français qui avait conseillé à ma mère de profiter de ce redoublement pour me faire faire du latin). Ce qui est sûr, c’est que je suis allé à pied à la clinique où ma mère avait accouché : la clinique de Mme Bruner. Le nom m’est resté. Il me semble que j’étais en short ce matin-là, qu’il faisait fort beau, fort clair, un temps léger avec un doux soleil. Je me revois marchant d’un bon pas, sans doute en me chantant pour moi-même (pour ma tête, comme on dit au Maroc) quelque air d’opéra italien. Mais je ne savais qu’en gros où se trouvait la clinique de Mme Bruner : une rue qui prenait derrière la Place du 16 septembre et aboutissait  dans le prolongement de l’avenue Landais, face à un no man’s land  où la nature reprenait ses droits – le dernier sursaut de  la palmeraie, la pauvre, qu’est-ce qu’on lui a fait ! – entre la villa de la comtesse Olivieri et la Prison. J’ai longé de grands murs, hauts, à l’ombre desquels il faisait un peu frais. Des murs moussus, comme je les aime. Il y a eu un portail  à deux battants, en fer forgé,  comme la grille d’un château, entrouvert. J’ai pensé que c’était là la clinique de Mme Bruner et je suis entré. Un parc. Une allée. Mes pas alertes faisaient crisser le gravier.

Villa-Robert-POISSON

Il devait y avoir une haie de romarin et des fleurs. Au bout de l’allée un manoir à la façade distinguée frappée par le soleil, en fait une grande maison à un seul étage, qu’on ne voyait pas de la rue. Un perron. Au balcon du premier, juste au dessus du perron, il y avait un homme, grand de taille, plus très jeune, au teint rose, en chemise de nuit blanche – à moins que ce ne fût une fouqiya marocaine, mais je ne le crois pas – avec un chapeau à larges bords sur la tête. Avait-il un cigare entre les doigts ? Non, mais un pinceau ; il faisait de la peinture debout devant un chevalet sur son balcon. J’avais entendu parler de Winston Churchill, je savais qu’il venait à Marrakech, qu’il faisait de la peinture, mais je n’ai fait le rapprochement que quelques minutes plus tard, quand l’homme, avec un fort accent anglais,  m’eut demandé, du haut de son balcon, ce que je voulais. Je n’avais pas ma langue dans ma poche et je lui ai dit que je venais voir mon petit frère Gilbert qui était né à la clinique pendant la nuit. « Ici, ce n’est pas la clinique. », me fit valoir Winston Churchill avec ce délicieux accent anglais que je devais retrouver quelques années plus tard chez Mme Demacon, née Vera Owen. Effectivement, la clinique de Mme Bruner, c’était la petite villa rose d’à côté. Cette belle demeure, c’était  la maison de la comtesse de Breteuil. (...) J’ai donc rencontré Churchill et bavardé avec lui. Il avait de l’humour et il a été très gentil, un peu moqueur, avec le petit garçon que j’étais. Personne dans ma famille ne m’a cru. Si les services secrets britanniques ou Scotland Yard m’annonçaient que le 16 novembre 1944 Sir Winston Churchill ne se trouvait pas à Marrakech, j’en serais catastrophé, car je vis du souvenir de l’avoir rencontré. (...) Malraux s’est bien inventé une rencontre dans un bar avec le fabuleux (pour lui) Lawrence d’Arabie et il a cru mordicus à cette rencontre, unique elle aussi, toute sa vie. 

 Mon petit frère Gilbert était un petit poupon, moins gros, moins rose mais plus fripé que Sir Winston Churchill.

(Extrait de 'Au jour les jours' de Jean-Pierre KOFFEL, romancier franco-marocain). D'autres anciens de Marrakech se souviennent avoir rencontré Winston Churchill avec son chevalet et ses pinceaux. 

 LA VILLA TAYLOR APRÈS GUERRE : Le comte et la contesse de BRETEUIL

Madeleine-REDIER-de-Breteuil-janvier-1927

Après la guerre, Madame Edyth devenue septuagenaire choisit de se séparer de sa villa et de son jardin à Marrakech et de rester proche de ses quatre enfants et petits enfants à Rhode Island. La Villa TAYLOR vendue? mais à qui ? un couple ? 

Elle, c'est Madeleine, grande, élégante, croix de guerre 1945; lui, c'est Charles, Officier de la Légion d'Honneur, médaille militaire. Ils se sont mariés en juillet 1947 à Casablanca dans la plus stricte intimité. Elle est propriétaire de la villa Taylor; Lui est directeur du quotidien "Paris-Dakar" publié au Sénégal. Elle a 38 ans, lui 4 de plus.

Que signifie la plus stricte intimité ? Lui était déja marié, divorcé d'une ethnologue en mission de longue durée en pays Dogon et un fils déjà âgé de 19 ans. 

Charles-Letonnelier-1931

Les nouveaux occupants de la Villa TAYLOR sont donc le Comte et la Comtesse de BRETEUIL. Leur nom complet est Letonnelier de Breteuil. Le blason de la famille se dit en langage héraldique: "d'azur à l'épervier essorant d'or, longé et grilleté de même."  La mère de Charles est aussi américaine et se prénomme aussi Edyth. Elle est Croix de guerre 1914-18 car pendant la première guerre mondiale elle a créé et organisé la gestion de cantines et de foyers de soldats en mobilisant des fonds importants. 

Le comte et la contesse de Breteuil ont un fils Jean, né le jour de la Toussaint 1949. Inviter des copains pour son anniversaire le jour de la Toussaint ne devait pas être très festif !!! Madeleine est surnommée "Boule de BRETEUIL". Mlle GAUTHAY réside à la villa et assiste la comtesse en qualité de gouvernante générale.

Le comte de BRETEUIL avec le quotidien "Paris-Dakar" et deux autres titres "Paris-Congo" et "Paris-Tana", développe ses activités dans la presse en fondant la SAPEF, Société africaine de presse. Il ajoute de nouveaux titres: "Paris-Bénin", "Abidjan-matin", "La presse de Guinée", "Cameroon Tribune", "Bingo", "Dakar-Jeunes",.. Il prend aussi le contrôle entre 1951 et 1955 de "La dépêche marocaine" (Tanger), des "Annales coloniales" et de la revue "France-Outremer". Il participe au lancement de l'Express en 1953. Il n'est pas souvent présent à Marrakech. Il est décédé en septembre 1960 à Rabat alors que son fils Jean n'a que 11 ans et Madeleine 51. Jean de BRETEUIL est décédé d'une overdose à 22 ans en juin 1972. De nombreux marrakchis ont connu la famille de Breteuil et auront des souvenirs à partager dans les commentaires. 

Madeleine voulait terminer sa vie à Marrakech dans sa villa, alors qu'elle voyait partir de Marrakech beaucoup de ses amis expropriés. Elle choisit de léguer la villa Taylor à sa mort au roi du Maroc. C'est ainsi que Hassan II en devint propriétaire le 30 décembre 1993. Boule de BRETEUIL pendant les vingt et une années qui ont suivi la mort de Jean son fils a continué à recevoir des visiteurs à la villa Taylor. Des personnages célèbres y furent conviés. Mais depuis que Boule de Breteuil a quitté ce monde, la Villa Taylor s'est endormie.

 

Churchill-Marrakech-L'Afrique_du_Nord_illustrée_Winston-Churchill-1936

WINSTON CHURCHILL ET SES OEUVRES AU MAROC: Churchill a pu venir cinq ou six fois à Marrakech: - pour sa santé d'abord et notamment pour ses poumons qui supportaient mal ses cigares et qui appréciaient l'air pur de l'Atlas, - pour la politique ensuite: Marrakech et son célèbre hôtel La Mamounia fut le cadre de plusieurs rencontres importantes.(ci-contre en 1936), - pour la peinture aussi; il était amoureux de la lumière de Marrakech et de ses couleurs. Peindre lui permettait aussi de réfléchir et de préparer ses décisions politiques. Plusieurs anciens de Marrakech reconnaîtront les sites qu'il avait choisi pour dresser son chevalet et mouiller ses pinceaux

Remparts-jardin de Marrakech Deux toiles attribuées au premier ministre brittanique: Remparts de Marrakech et Jardins à Marrakech.

Winston Churchill se faisait conduire aussi dans une vallée proche de La Mamounia, la vallée de l'Ourika, bien connue des Marrakchis. 

Churchill_Vallée_de_l_Ourika_et_Montagne-de_l_Atlas-1950Selon la presse du 21 décembre 1950:  La consigne à l'Hotel Mamounia, où réside M. Churchill, est d'écarter surtout les journalistes. M. Churchill est à Marrakech pour se reposer. Hier matin,  il est parti en auto pour la vallée de l'Ourika où il a pique-niqué sur l'herbe. Il comptait faire un peu de peinture et regagner Marrakech.

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