JEAN-MARC PARTAGE DES SOUVENIRS DE LA FIN DES ANNÉES CINQUANTE

Pour commencer, il offre aux confinés qui n'ont pas d'espace à fleurir, un splendide plant de jasmin aux senteurs subtiles et énivrantes, qui permettra d'attendre le temps du muguet et des nouvelles rassurantes pour l'avenir.

JASMIN DES BALEARES

JEAN-MARC BERGER DONT LES SOUVENIRS REVIENNENT À LA PELLE, NOUS RACONTE OUALIDIA À SON ÉPOQUE. Il nous a préparé plusieurs parties, parues d'abord en commentaires. Nous lui avons demandé de les regrouper en un article qui serait illustré de photos et qui pourrait être prolongé par d'autres souvenirs. Le texte suit le même ordre que les commentaires:

- Rire aquatique de Joseph BONASTRE, l'homme au bolide, garagiste à Marrakech.

- Fin des années cinquante à Oualidia, l'âge doré des séjours sous la tente.

- Le clan Joseph BONASTRE à Oualidia, camping sur la lagune.

- Les Grandes marées à Oualidia

- Retour sur la Lagune

- La plage aux coquillages.

Les premiers commentaires

Oualidia-2-passages

La lagune avec les deux passages vers l'Atlantique: à droite le passage Nord. Photo, JM Berger.

RIRE AQUATIQUE ET AQUAPLANING À OUALIDIA

Joseph Bonastre avait construit lui-même son canot couleur blanc et bleu, surlequel il avait installé un moteur Volvo.  Aux joies du skis nautiques il avait ajouté celles d'un aquaplane, dont beaucoup de candidats à la gamelle se souviennent. Ce qui provoquait le rire phénoménal de Joseph, surnommé "le Rire aquatique de la lagune". À cette époque, les sports les plus courants étaient le ski nautique en double ou en monoski. Joseph Bonastre, roi de la bricole avait décidé de sortir de ce classisisme, en fabricant son aquaplane, redoutable engin à gamelles et soleils monumentaux. 

Planche épaisse de forme rectangulaire, dont les cotés étaient dotés de rebords latéraux et frontal, le tout présentant une plate forme aux bordures évasées. 

Le front de planche était doté d'un arrimage pour la traction par le canot, et une anse de corde pour que le passager puisse se maintenir sur la planche. 

Un tour de planche pour les petits enfants se limitait à en charger 2 ou 3, et de les promener à vitesse raisonnable sur le plan d'eau. 

Pour les plus agés c'était une autre chanson : il fallait au candidat embarqué de relever le défi : tenir un tour complet à des vitesses folles quand le canot effectuait une rotation circulaire générant une glisse de la planche par centrifugation. 

Une fois lancé le but était de conserver l'outil sur le rebord gauche le plus longtemps possible sur un tour complet de rotation. 

Ce n'était pas évident: quand la planche reprenait une glisse en mode horizontal, c'était une chute fantastique et inévitable, déclenchant l'hilarité du sieur Bonastre, rire dont les mouettes se souviennent encore au delà du Parc à huitres. 

C'était Joseph, un homme jovial et heureux de faire plaisir grâce à son canot. 

ski-nautique 2

 Celui-ci lui réserva une sacrée surprise, la marée étant haute vers le coup de Midi. 

Un malheureux bar ou loup de mer eut la malchance pour lui de croiser le sillage du canot lancé à pleine vitesse. J'ai souvenir d'un raté du moteur et de la vision du poisson qui venait d'avoir son arrête dorsale sectionnée par l'hélice.C'était un monstre de plus de 5 kgs. qu'on voyait se débattre à la surface de l'eau. 

Promptement harponné et hissé à bord,il fut rammené sur le rivage pour la satisfaction générale des curieux incrédules. 

Nul doute que le Joseph n'en soit pas fier: les verres d'anisette au camping de l'ancienne saline de Oualidia en tintent encore ! 

C'était l'âge doré de la fin des années 50 à Oualidia. 

FIN DES ANNEES 50 à OUALIDIA 

Après les mouvements de l'année 1955, le Maroc retrouva le calme et la paix au retour de son Roi Mohammed V sur le trône. 

A Oualidia le tourisme balnéaire s'étoffa de nouveau : villlage de tentes au camp des TP sur les côteaux dominant la baie lagunaire, village de tentes de même sur l'ancienne saline entre côteaux, lagune et front de mer.  

Tentes-camp-TP-oualidia-55-60  Photo JM Berger 55-60

 La route goudronnée desservant les côteaux avait été prolongée d'une piste de sable damée jusqu'à l'ancienne saline, et ce me semble dotée d'un point d'eau à ce niveau d'accès. 

Les autorités caïdales permettaient aux familles venues chercher la canicule et la fraicheur maritime, d'installer leurs tentes en bordure de saline, royaume des scarabés bousiers roulant à reculons pour faire des boules de crottin d'âne, cette autre espèce qui y était parquée la nuit. Ajoutons à celà cette odeur caractéristique de varech et de ces herbes marines semblables à des salicornes. 

Saline Paques 1956

De nombreuses familles venaient donc s'installer ici souvent, 3 ou 4 mois d'affilée pro-fitant d'un mode de vie à "la sauvage" ! Photo JM Berger - Pâques 1956

vache-a-eau-US-1942

La Zoutilla de la Médina marrakchie abondante en surplus de l'Armée américaine offrait tout le matériel varié pour survivre confortablement dans la nature : tentes de toutes formes et gabarrits, l'incontournable pelle rétractable pouvant servir de pioche, l'indispensable "vache à eau" en toile imperméble que l'on suspendait sur une traverse étayée par des grands piquets, pour le stockage de l'eau potable nécessaire aux besoins quotidiens: exposée en plein soleil, cette réserve d'eau était recouverte de linges mouillés, permettant par leur évaporation d'obtenir de l'eau bien fraîche ( on ne plaisantait pas pour déguster des bonnes anisettes ). La tente était complétée par des auvents, sous lesquels logeait la Fatma de la maison récupérée le temps des vacances aux fins du Makla et de l'Arhouage( cuisine et lessive ). 

La pelle rétractable servait à creuser un trou suffisament profond à l'écart de la tente, isolé des regards par des canisses de roseaux, un trône sommaire avec une caisse en bois percée d'une ouverture ronde, on disposait ainsi d'un WC écolo. 

Après chaque ponte, il suffisait d'une couche de sable pour éliminer les odeurs! Pour la conservation des aliments, la Zoutilla avait en catalogue des glacières portatives doublées intérieurement en feuilles de liège, dans lesquelles il suffisait de joindre du pain de glace. Le mode Survival était ainsi assuré ! 

Chaque matin les vendeurs de produits locaux circulaient entre les tentes pour proposer leurs productions : L'ben, oeufs, tomates, sfenjs, poulets vivants ainsi que les Khniouns ( lapins), quesras ,escargots, et sur commande de beaux poissons à savoir bars ou sars. La cuisine était faite sur le traditionnel Kaanoun au charbon, ou sur un réchaud à gaz. 

Voilà le cadre de ces moments inoubliables vécus en cet endroit, dans une ambiance conviviale et insouciante. Mon prochain chapitre cernera la vie sur l'ancienne saline, au gré des marées.

LE CLAN JOSEPH BONASTRE A OUALIDIA 

Il s'installait pour des vacances d'été en bordure de l'ancienne saline au terminus de la piste y accédant: commodité pour garer et débarquer le canot sur la lagune. 

Chemin acces du Palais

Carte postale CAP: départ de la piste de la Saline  Comme cette famille était nombreuse, plusieurs tentes étaient installées ainsi qu'une imposante table de panneaux de bois disposés sur des tréteaux, et l'indispensable brasero pour griller des viandes ou poissons. 

D'autres familles s'installaient à la suite le long de la saline : c'était quasi un petit village où tout le monde connaissait tout le monde. Ces vacances se vivaient dans la joie, la bonne humeur, la convivialité et au gré des marées. 

A marée haute, les bains de mer et les jeux aquatiques sur la proche lagune étaient les principales activités sous les rayons ardents du soleil, ainsi que les promenades à pied sur la grande plage jusquà la Plage aux coquillages

Rochers-tempete

 Le spectacle des immenses gerbes des vagues s'éclatant sur les rochers, était aussi impréssion-nant que magnifique. Certains courageux affrontaient les gros rouleaux de la Grande Plage en se calant sur les énormes bouées de chambre à air récupérées sur des pneus de camions: souvent le rouleau de la vague happait l'engin de flottaison avec son passager, bouillon d'eau salée assuré, le tout réaparaissant au ressac de la vague. On n'avait pas peur des grosses vagues et surtout on recherchait des émotions dans ce genre de sport.

Peche aux éperlans

 D'autres recherchaient des activités plus calme, avec de grandes cannes à pêche: sars, bars ou dorades. Photos: JM Berger

À marée basse: les activités de la pêche à pied étaient très prisées: entre la lagune et la barre rocheuse de la Grande Passe, la plage offrait de nombreuses zones de sable où l'eau de mer n'avait pas été complètement évacuée.

Marée-basse-JM-Berger

Dans quelques centimètres d'eau il suffisait de ratisser toute la surface à l'aide d'une foène (trident) et de piquer méthodiquement chaque cm2 de surface. Les surprises étaient nombreuses après chaque marée: de magnifiques soles étaient ainsi harponnées pour finir dans la poèle. 

Vers la Grande Passe, la marée laissait à découvert deux zones basses de rochers, petites grottes, corniches et trous d'eau dont certains de petites dimensions faisaient le bonheur de toute une multitude de chenapans équipés de seaux de ménage en plastique. Tous les trous d'eau pas trop grands étaient vidés, puis c'était la récolte de petits poissons blancs, de roche: les gobbis, les crevettes grises, parfois des petits poulpes et des crabes. Les cuisinières pouvaient confectionner de délicieuses soupes de poissons. Tous les bancs rocheux découverts étaient investis pour la récolte des moules et surtout des oursins dont la récolte se faisait à l'aide d'une simple fourchette, extraction du produit garantie sans aiguilles dans la main.

Moules-Oursins

Les oursi-nades succu-lentes se dégustaient ainsi: oeufs étalés sur des biscottes beurrées que l'on accom-pagnait avec deux doigts de vin blanc sec. Certaines zones rocheuses présentaient de nombreuses fissures devant lesquelles il suffisait de promener un bout de chiffon blanc: la murène prenant celui-ci pour un poulpe ne tardait pas à montrer sa gueule, un coup de pique tridentée, elle finissait dans le couffin en osier, puis en grillade sur le brasero après un débit de la bête en morceaux. 

Vers la plage aux Coquillages, les violets (patates de mer) arrachés de leur socle jonchaient le sable.

patate-de-mer

 Ils étaient aussi récoltés pour servir d'appats pour la pêche aux sars. On les faisaient macérer dans des seaux au soleil: quand çà puait vraiment, ils étaient prêts pour la pêche. 

On ne peut passer sous silence la récolte des pieds de biche ou pousse-pieds. On les trouvait en abondance sous les corniches rocheuses: cylindre à peau épaisse terminé par un sabot.

Pousse-pied-anatiffe

Photos JM Berger Après cuisson à l'eau de mer on extrayait l'intérieur de la peau pour déguster une succulente chair semblable à celle des pattes de crabe. Quand le jour baissait, dans le fief des BONASTRE, un rituel immuable : réunion conviviale autour de la grande table pour célébrer la boisson raffraichissante de l'Apéro : L'Anisette ! Un incontournable de même sur la table: Les moules à la sauce piquante, tomate, ail, oignon, piment, vin blanc). Cette quémia favorisait la soif, la Tchache, et la bonne humeur en prélude au repas du soir. La nuit tombait, les températures aussi: l'ancienne saline se couvrait d'une brume hydratante, vivifiante et raffraichissante: les nuits étaient ainsi très reposantes. Le chant des petits crapauds rythmait les nuits jusqu'au réveil des bourricots dont les braiements annonçaient le lever du jour et leur réclamation du picotin d'avoine matinal. La ronde des vendeurs à vélo allait commencer, le petit dejeuner pour les léve-tôt, le chant lointain des coqs vers les côteaux, le ressac éternel des vagues, le cri des mouettes, un décor encore sauvage et naturel, c'était les vacances d'été sur l'ancienne saline de Oualidia. Bonne lecture et Bien à Vous Jean Marc.

LES GRANDES MARÈES A OUALIDIA 

On ne peut passer sous silence ces évenements bien caractéstiques de la lagune et de la grande plage: les niveaux d'eau étaient plus importants en hauteur et en baisse. 

Phénomène spécifiques de ces périodes : les eaux étaient chargées en oeufs de poissons, si bien que l'eau était phosphorescente.

Festival de gerbes de vagues

 Il suffisait de se rendre sur le bord de mer Atlan-tique pour assister au merveilleux spectacle des rouleaux s'illuminant ainsi que l'éclatement somptueux des vagues explosant sur les barres rocheuses, tel un feu d'artifice. 

La nuit tombée une armée de chenapans munis de couffins en osier,de foenes et de lampes torche, passait en dessous du quai du Palais du Sultan ,pour suivre les rives en eaux peu profondes du chenal remontant au Parc à Huitres. 

Dans les couloirs de sable et algues flottantes, il suffisait de se baisser pour collecter de gros tourteaux, à la lueur des lampes. Quelques fois, un bar prenant ses quartiers de nuit posé sur le sable, était rapidement harponné. Souvent de belles soles rejoignaient le couffin,ainsi que des anguilles et congres.Le spectacle des vagues phosphorescentes n'était visible que la nuit tombée 

Question: aimez vous le congre? Réponse: Ouigre ! 

couteau-oualidia

 

De jour la pêche aux couteaux était de même pratiquée: on repérait 2 minuscules trous à la surfaces des fonds vaseux et sable découverts, une pincé de sel et le mollusque rejoignait la récolte. 

Voilà maintenant bouclé le tour de nos vacances iodées à Oualidia ! 

Oualidia-araignee_gourmande002 Photos, Araignée gourmande

RETOUR SUR LA LAGUNE 

Les souvenirs des Bonastre peuplent encore ces lieux magiques. Ceux de la pêche à la ligne aussi comme dirait Félicie. 

A marée basse, les opportunités étant plus nombreuses pour traquer la " poiscaille", il était nécessaire de disposer d'un matériel de pêche diversifié à savoir de grandes cannes de bambou ou de lancers avec moulinet. Les pêcheurs marocains étaient pour nous une source considérable d'enseignement que ce soit à marée haute ou basse: les appats appropriés, de toutes sortes pour réussir à ferrer de belles pièces aux écailles argentées. 

Moules cuites , mie de pain, patates de mer à la limite de la putréfaction ( le facteur olfactif était tres important) la broumèche à base de sardines fermentées et mélangées avec du sable de lagune sans oublier les seaux en plastique pour transporter ces diverses matières. 

Une pêche tres prisée, celle de l'éperlan délicieux en friture avec du jus de citron. 

C'était donc à marée basse qu'il fallait se rendre sur les barres rocheuses affleurant les fonds plus profonds agités par des remous oxygénés. C'est là qu'il fallait brouméger avant de plonger une palangrote multi hameçons. Les prises étaient rapides et nombreuses pour le remplissage du couffin. 

Certaines petites criques offraient des fonds sableux et rocheux : c'était sur ceux là qu'il fallait lancer le plomb, hameçon garni soit de moule cuite ou patate de mer. 

La particularité du sar quand il est accroché, c'est de lutter contre sa prise en effectuant des zig zag ! Oh Bonne Mère, quand on avait ferré le poisson tigré ou non tigré, on avait l'impression de lutter contre un cachalot! 

Les émotions étaient donc à la hauteur de leur taille. Ces poissons finissaient inexorablement sur le brasero pour être dégustés au sel et jus de citron. 

À marée descendante, la pêche aux loups ( bars) nécessitait de se rendre sur l'ile face à la passe avec un lancer et d'utiliser des appats de plumes : on lançait et on moulinait doucement jusque ça morde. Les prises les plus nombreuses se situaient entre 100 et 300 gs. 

Il fut une époque où nous disposions de canoés gonflables Hutchinson 2 ou 3 places. 

On partait à deux avec la marée montante jusqu'au Parc à Huitres. Arrivés là on ancrait le canoé pour 8 heures le temps que la marée redescende ainsi que nous avec notre pêche. Équipés de bobs sur la tête, vêtus d'un teeshirt, boisson et casse croute, c'était l'Eldorado de la pêche à la palangrote. Un fil avec quelques hameçons plongé dans l'eau apres bromégeage,il suffisait d'attendre une minute avant de retirer les prises : petits sars et bars, dorades et pageots . Décrochage et repêchage, çà durait 8 heures, le temps de remplir presqu'à ras-bord le canoé. Il était nécessaire d'arroser nos prises à l'eau de mer pour leur conserver un état de fraicheur convenable. 

Le retour étant effectué sur la lagune, à hauteur du camp de l'ancienne saline, toutes les familles venaient s'approvisionner de ces poissons. Étape finale: la soupe de poissons! 

Voilà un Come Back effectué qui me met du baume au coeur dans cette période de confinement. Mon prochain article plongera sous la surface de l'eau, dans les nombreuses criques de la Grande Plage à la Plage aux Coquillages, avec des personnes marrakchies que nous avons bien connu, je parlerai donc avec ma plume de la Pêche en Apnée. 

LA PLAGE AUX COQUILLAGES 

Destination fréquentes vers ces lieux lors des marées basses. On partait de la Grande Plage en longeant le bord de mer, étendues sableuses et criques, le Rocher aux Pigeons et la Grotte des Pirates. Arrivés à la Plage aux Coquillages, le site en eaux basses présentait donc la plage sableuse sur laquelle on récoltait les grains de café, miniscules coques de couleur rosée perlée de brun, dont le but était d'en récolter un maximum pour élaborer des colliers, après perçage avec une aiguille à coudre munie d'un fil de pêche nylon. 

Les nacres et les ormeaux étaient de même la cible des confectionneurs de statuettes coquillettes : chapeau chinois à l'aide d'une coque d'arapède, coquilles de palourdes, ormeaux et nacres pour élaborer un personnage dont les éléments étaient fixés à l'aide de pate à pain renforcée ensuite à la colle. 

Le site présentait donc en eaux basses une piscine peu profonde le long d'une barre rocheuse laquelle faisait la bise à la crique en eaux plus profondes.  

Très peu d'agitation dans ces eaux qui présentaient une profondeur de 7 à 8 métres, et surtout quelques éboulis rocheux et failles, royaume des sars et des murènes. Vers l'age de 14 ans et lors de vacances dans la famille maternelle de ma Mère à Bouc Bel Air ( BdR) mes parents , je pus etre équipé du matériel nécessaire à la plongée en apnée dans un magasin spécialisé d'Aix en Provence : fusil Tarzan, palme, masque, tuba et ceinture de plomb pour combattre la flotaison en surface. Il est en effet nécessaire que le corps du pécheur flotte en verticale. 

Mes premières plongés furent réalisées à la Plage aux Coquillages. Dans la crique il fallait atteindre les failles de la barre rocheuse sous 3 ou 4 mètres de profondeur, et se promener devant, dans l'attente de voir un beau sar curieux de voir le martien qui investissait son domaine. 

En cas d'echec,on recherchait les failles plus larges que l'on pouvait pénétrer,et chaque fois le meme spectacle: une multitude de sars de toutes tailles s'agitant dans tous les sens à la vue de l'intrus. Il fallait etre rapide pour déclencher le harpon  et remonter en surface avec une belle prise. 

Une année, un Marrakchi bien connu au Gueliz, résidant Avenue Barthoud vers le cinéma Palace, était venu passer des vacances à Oualidia avec sa famille. Je nomme Jaffar Berrada . C'était un garçon de taille plus petite que la moyenne des adolescents de son âge. 

Une apres-midi,il était venu assister à nos séances de plongée, et l'idée lui vint de tenter une action qu'il ne connaissait pas. Banco! il réalisa quelques exercices d'immersion préalables, et apres confiance acquise je lui remis le fusil harpon. 

Il plongeait, remontait en surface comme un Pro. Du bord de la crique, nous suivions ses évolutions marines. 

Soudainement, il ressurgit en surface ayant libéré sa bouche du tuba, et on entendit: Vite Vite venez l'aider ! Nous sautames à l'eau pour le soutenir et récupérer fusil harpon et la prise de Jaffar. 

Oh Bonne Mère, au travers de la flèche il y avait un sar de 5 Kgs, un des plus gros jamais revu. Le pécheur séché et réconforté n'en revenait pas de son exploit : il pris le poisson à bout de bras, celui-ci était aussi grand que Jaffar. Ce fut sa gloire sur la Lagune, Sacré Petit Bonhomme. 

C'est le temps de conclure, sur ces souvenirs de Lagune: c'est l'heure d'aller déguster le délicieux poisson au four et au vin blanc que m'a concoté ma Chère et Tendre Epouse. Rassurez vous, le poisson ne fait pas 5 Kgs 

Bien à Vous et Surveillez vous 

Jean Marc,

Nous remercions Jean-Marc pour cette évocation de souvenirs. Une deuxième partie est en préparation pour les années suivantes par Jean-Marc: 

"Nous avons parcouru le Oualidia des années 1950-60, il me reste à traiter celui des années 1960-68.

 

J'ai déjà sélectionné un ensemble de documents de cette période. Dans ce temps de confinement, c'est pur bonheur de me replonger sous le soleil de Oualidia."

 

UN PLAN DE OUALIDIA EN 1893 réalisé par le capitaine SCHLUMBERGER

oualidia-1893-Cne-Schlumberger

Premiers commentaires:

De Bou Tazoult : Excellente rédaction d'une expérience littorale pour les vacanciers marrakchis. Je n'en avais jamais entendu parler, puisque j'étais plus au sud de Marrakech, dans le jebel. Mais il y a une logique à aller chercher la fraîcheur maritime en abandonnant pour quelques semaines la plaine étouffante de Marrakech. Et puis dans ce site, il y avait dépaysement, découverte des animaux nouveaux dans un petit port qui deviendra une belle industrie huîtrière . Ca, par contre, j'en avais entendu parler et goûté les spécimens avant de partir poursuivre l'aventure en Bretagne (pays des poissons, des crustacés de toutes sortes). Anecdote : invités chez le directeur de la société dans laquelle mon père travaillait, la maîtresse de maison dit au cuisinier d'apporter les huîtres pour une dizaine d'invités. Le cuisinier s'exécute et, sur un plateau, sert un bol dans lequel il avait versé toutes les chairs d'huîtres débarrassées de leur coquille. Effroi de la maîtresse de maison, mais tout le monde a ri de la situation et le cuisinier, pardonné, a appris comment faire pour la prochaine fois. C'était déjà un exploit d'avoir fait venir des huîtres dans notre coin isolé de la région de Ouarzazate ! Je me souviens qu'elles avaient un petit goût sableux. Depuis j'en mange à satiété ... Bou Tazoult

Réponse de Jean-Marc: OUARZAZATE-ZAGORA On y allait en 4CV, à cette époque le barrage n'était pas encore construit. Certes,on n'y allait pas pour déguster des huitres mais du méchoui de gazelle ou des couscous chez le copain de mon Père , résident de Zagora à savoir Jean LITIQUE Chef du poste militaire. Souvenirs des confins désertiques inoubliables, de l'odeur des poufs en cuir pour déjeuner, les petites tables en bois de cèdre de Mogador, les décorations murales de Mr LITIQUE composées de sagaies et lances de chasse. Au sol des peaux de gazelle, voilà le décor de ces souvenirs d'enfance.

Thé à la mente de rigueur pour se désoiffer Bonne soirée Jean Marc

Répartie de Boiu Tazoult: "Jean-Marc, viens donc là-bas pour revivre ces sensations, j'y vais au mois de mai, plutôt dans les vallées du Dades et du Toghra, vers Tinrhir. Mais il est possible de faire un crochet par Erfoud, revenir vers Agdz, sa casbah souterraine, et pourquoi pas prolonger vers Zagora. Le rêve est lancé, ... ne reste plus qu'à le réaliser. 

On ne devrait pas dire "le" thé à la menthe, tant ils sont différents les uns des autres suivant l'hôte. Mais ils ont tous ce parfum de l'hospitalité que l'on ne retrouve que dans ces contrées. Comment attendre jusqu'en mai 

Heureux qui comme Ulysse va faire un beau voyage! 

Ces itinéraires sont à réver, mais la condition sine qua none c'est d'avoir une vue normale pour bien en profiter. Ce qui n'est pas mon cas ! Le seul voyage que je m'autoriserai un jour sera à Lourdes pour espérer un miracle visuel." 

Jean-Marc reprend: "Cher Sidi Bou Tazoult, fais toi plaisir,et reviens avec plein de photos,agrément(h)ées de la ronde des thés et autres saveurs spécifiques au Désert marocain. 

Rien de tel que de revenir aux sources des palmeraies et de l'hospitalité légendaire de ce mervelilleux pays. Bon séjour".

Joelle BASQUEZ: "Cher Jean-Marc, comme j’ai savouré votre récit et plongé dans mes souvenirs ! Alignement de guitounes, marabouts militaires, entraide et joie de vivre ! Comme nous avons été privilégiés dans notre enfance et jeunesse sous le soleil de ce magnifique pays qui nous occasionnait aussi des coups de soleil carabinés.J’ai gardé également de très bons souvenirs de mes vacances à Mazagan et Safi mais Oualidia était un lieu de villégiature unique. Le roi Mohamed V y séjournait régulièrement et quittant son palais donnant sur la lagune, se promenait incognito parfois sur la plage au milieu des estivants. Au plaisir de vous lire à nouveau, Amicalement, Joëlle BASQUEZ

PS - J’ai cru un instant que vous n’alliez pas parler des pieds de biche que je n’ai plus jamais eu l’occasion de déguster.

Jean-Marc répond: "Merci Joelle.  Il était venu le temps des souvenirs de cette Fabuleuse époque, avec votre déclic sur cette période. Je souhaite maintenant que de nouveaux commentaires surgissent pour que ces souvenirs s'étoffent encore plus !   Toutes mes Amitiés Oualidiennes .

Bou Tazoult remet dans le contexte du confinement: Ces récits nous éloignent, avec bonheur, de la période de coronavirus. Je souhaite à tous de bien respecter le confinement dans l'intérêt égoïste de chacun, et dans l'intérêt général de tous. Je vous souhaite de rester en grande forme ... pour aller un jour retrouver votre terre préférée sous le soleil marocain.  Bou Tazoult

Huguette enchaîne: Merci mon Peter Pan ton récit aurait plu à Sauveur car il a été souvent à Oualidia , quand il était enfant, j'y suis allée aussi avec mes Parents , mon Papa avait un choix soit Ourika soit Oualidia mais mon Frère et moi on a préféré Ourika ;la petite maison était juste près de l'oued donc pas de marche pour aller à l'eau;  Je fais ces quelques lignes mes très chers amis en espérant que tout va bien pour vous et la famille ,vu ce qui se passe , j'espère de tout mon coeur que tout va bien pour tous..,,je vous envoies de GROS BISOUS et surtout RESTEZ CHEZ VOUS, Huguette qui pense beaucoup à vous ,je souhaite de tout mon coeur que tout va bien pour vous tous amis de mon coeur..

Jean-Marc répond et ajoute quelques conseils pratiques: "Bonjour Huguette.  Merci pour ton gentil message,en espérant que le confinement sera bientot sur la voie de la fin. 

Une solution toute simple pour régler le probleme de prendre ou pas de la chloroquinine : e bon vieux soda à base de quinine,le Scheppes Indian Tonic,à consommer raisonnablement pour que les effets de la quinine soient positifs. 

Avec une tranche de citron,cette solution est buvable sans crainte. 

Agrémentée d'une dose de whisky écossais,et d'une paire de glaçons ,voilà qui ressemble au gel hydroalcoolique buvable. 

Si d'aventure un moustique vient piquer la personne qui suit ce traitement,c'est lui qui passe à la casserole ! 

Bisous à toi et Bonne journée à vous tous". Posté par Jean-Marc

Huguette: "Beau récit et surtout de belles plongées , merci mon Peter Pan tu as fait ce que je devais faire avec mon Frère et mon chéri de mari, mais à Toulon , comme il faisait souvent des plongées sous-marine il nous avait dit à Sauveur et moi ,qu'on ferait de la plongée la prochaine fois que nous serions à Toulon mais malheureusement nous n'avons pu car mon Jany est parti quelques mois après ,c'est le regret que nous avions Sauveur et moi de ne pas avoir eu cette joie de nager avec mon Frangin une dernière fois. ,car comme je l'ai toujours dit c'est grace à nôtre Papa si on a su nager et faire des compétitions Merci Monsieur Caumer grace à vous nous avons connu des grands champions de natation qui venaient dans nôtre belle ville..Ton récit mon Peter Pan m'a renvoyé dans les souvenirs magnifiques de nôtre jeunesse merci cela 'a réjouit mon coeur ,surtout en ce moment de détresse dans le monde. AYONS LE SOLEIL DE CHEZ NOUS POUR TOUS ;RESTEZ CHEZ VOUS .et toi mon ETOILE surveille Tes enfants de ce beau Pays que nous ne pouvons oublier tu seras toujours dans nôtre coeur.;.GROS BISOUS et merci mon Peter Pan ,,je pense que tu as eu aussi une jeunesse magnifique.GROS BISOUS sans vous oublier très chers amis de mon coeur....Huguette."

Huguette complète à la cantonnade: "Bonjour à tous, c'est un bon sujet que le confinement tant abhorré mais si nécessaire. Comment le vivez-vous, sachant que nous sommes tous des "aînés" ? Personnellement j'ai la chance d'avoir une fille à proximité, qui a pris le commandement et nous ravitaille sans que nous sortions. Pourtant nous sommes en pleine campagne, mais si on enfreint le règlement les autres en feront tout autant. Bon courage pour rester au domicile, même dans les appartements. Nos amis du Maroc sont logés à la même enseigne".

Bou Tazoult reprend: " CHANCEUX !  Coquillages et crustacés,et...hémoglobine de ce ver marin breton qui procure la fixation de plus de 40% sup par rapport à l'hémoglobine humaine et dont le résultat va dans le sens de moins de besoins en respirateurs; 

De l'optimisme en plus à rayonner dans son entourage,quelques thés bien ciblés, et montrer l'exemple qu'il faut absolumment rester confiné, même si la campagne est belle ( un petit clin d'oeuil pour la montagne). 

Courage ,continuez à vous manifester sur ce blog".

Commentaires sur Facebook, le Groupe Salam Marrakech:

  • Michel de Mondenard Laissez-lui un commentaire après avoir vu le lien http://mangin2marrakech.canalblog.com/.../15/38204447.html
  • Marvin Centtin
    Marvin Centtin C’était une période paradis.Merci pour ces récits précis,on s’y croirait.salutations.👣
  • Claudine LLemaure
    Claudine LLemaure merci pour ce petit coup de jeune..
  • Christian Gros AR Mada
    Christian Gros AR Mada Merci à Jean-Marc Berger de bien vouloir me contacter sur ar.mada@orange.fr
  • Marcel MArtin
    Marcel MArtin Au salamistes , ils retrouveront une très belle histoire qui se construit toujours 🙋‍♂️2
  • Blandine Vigour
    Blandine Vigour Beau récit sur Oualidia, où je n’ai été qu’une fois, restant au bled
  • Rafaela Lozano
    Rafaela Lozano Nous avions l' habitude de dire : la plage de Marrakech.

  • Nicole Branger
    Nicole Branger Merci Michel on ne se lasse pas de ces souvenirs de vacances
  • Odette Pascual
    Odette Pascual Un grand Merci à Jean Marc Berger. Tout y est!!! et me souviens des gamelles sur l'aquaplane de Joseph Bonastre!!!!!!!
  • Michèle Zwikewitsch
    Michèle Zwikewitsch Merci Jean-Marc pour ce récit qui réveille en moi des souvenirs inoubliables. Les photos sont belles et je sens l'odeur de la mer .
    L'été ,lorsque nous n'allions pas en France( 1 année sur 2) c'était plutôt à Rabat ( ma ville natale) où nous allions chercher la fraîcheur 
    Michel y allait souvent et aurait aimé lire tes lignes .
    • Marcel MArtin
      Marcel MArtin Odette , Francis et Maggy avait un cabanon juste à coté de la saline , il y avait aussi les familles de mr Caturla -ZéZé et bien d'autres dont je ne me souviens plus ! 🙋‍♂️
    • Blandine Vigour
      Blandine Vigour Marcel MArtin , j’ai passé 15 jours à Oualidia en 1971 avec Joëlle et Genevieve Caturla dans leur cabanon
      Derrière leur cabanon, plus haut, il y avait celui de la famille Masson avec leurs nombreux enfants, et celui des Friggeri....
  • Marcel MArtin
    Marcel MArtin Suite : 🙋‍♂️ les noms des familles , peut être que Martine nous en dira plus encore depuis la Californie Avec mon frère mon cousin et notre ami JOACHIM REBOLLO (+) nous y sommes allées Un cousin qui travaillait dans une entreprise de TP nous installaVoir plus

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