UNE FAMILLE DE MARRAKECH, AVANT ET APRÈS LA GUERRE DE 39-45

LA FAMILLE GAILHANOU AVAIT LANCÉ UNE NOUVELLE ENTREPRISE À MARRAKECH EN 1928

UNE ENTREPRISE DE MÉCANIQUE AUTOMOBILE QUI EXPOSAIT À LA FOIRE DE MARRAKECH

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DEUX FRÈRES, LÉOPOLD ET ADRIEN, DIRIGEAIENT L'ENTREPRISE DÉJÀ PRÉSENTE EN 1928

 

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ADRIEN FUT LE CRÉATEUR OFFICIEL EN 1928

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L'entreprise avait la concession Peugeot mais également celle  des voitures Packard. Ses ateliers étaient situés 58 rue des Écoles et disposaient d'un des premiers téléphones relié au nouveau Central du Guéliz, N° 20-66

 

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ATLAS 1928 Valette-Gailhanou96Dans la Revue Atlas de 1928, dirigée par Jean du PAC, sa publicité portait plutôt sur les équipements: carburateurs "Cozette", roulements S.R.O., Pneus Goodrich, Chaînes pour Berliet Wippermann, phares Cibié.

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EN 1934 l'entreprise à des concurents en matière de pneumatiques: Kelly avec Watil, Goodyear avec l'ex-photographe Michel et Dunlop avec Flandrois

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Dans la réparation mécanique les concurrents de 1934 sont plus nombreux. Plusieurs sont installés au Guéliz: Ets AMIC, Marrakch-Auto-Citroën, Raymond GORDON. 

Entre 1934 et 1937, Léopold Gailhanou entre dans l'entreprise, mais la concurrence s'est élargie. Deux autres fournisseurs de pneumatiques font leur apparition: Cherif Moulay Hassan s'installe avenue Landais et C. Bourquin ouvre rue Arset el Maach.

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Il s'agit maintenant de l'entreprise de mécanique et de vente d'automobiles des Frères Gailhanou.

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Léopold GAILHANOU apporte une dimension supplé-mentaire à l'entreprise puisqu'il parle l'Anglais et l'Espagnol et peut par conséquent élargir la clientèle, notamment avec les touristes de passage. 

Léopold était un cavalier accompli, par conséquent réserviste chez les Spahis de Marrakech. Adrien quitta l'entreprise et en laissa la direction à son frère Léopold.

Dès la déclaration de guerre, Léoplold fut incorporé au 2eRSM, 4e Escadron avec d'autres officiers réservistes, comme le Docteur Buresté. Il laissait à Marrakech sa femme et ses deux fils.

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Il participa aux combats de son régiment dans les Ardennes et son escadron recueillit de nombreux succès jusqu'au jour où il fut fait prisonnier. Il ne fut libéré qu'en 1945.

Grâce à Internet il a été possible de retrouver l'un des deux fils de Léopold, Pierre, qui partage avec nous quelques souvenirs: "Malheureusement la guerre est venue, emportant mon père sur son cheval dans les Ardennes où son régiment s'est bien comporté mais n'en a pas moins été pris. La captivité de mon père a été longue puisqu'il n'a été libéré qu'en 45. Ma mère, fonctionnaire, ne pouvait maintenir seule l'entreprise, pas même la location des locaux, et mon père a dû chercher un travail salarié à son retour. Il l'a trouvé à Casablanca où nous avons vécu de 45 à 50. Entretemps, il y avait eu l'épopée que ma mère, mon frère et moi avons vécue en France occupée à partir de 42. J'avais cinq ans quand mon père est parti au front, onze quand il est revenu de captivité.

Ma vie à Marrakech a été morcelée et je n'y ai noué aucune attache durable, quant au lycée Mangin, je l'ai fréquenté à 11 ans de mars 45 aux vacances, puis de 50 à 52, période où nous y étions ensemble, toute la famille réunie (moi en première)."
Pierre est né à Marrakech, il revient souvent au Maroc, et à son camp de base à Essaouira. A la place de l'entreprise de son père et de son oncle se trouve  VITA, un magasin de fleurs. N'est ce pas un beau symbole que ce lieu toujours fleuri en l'honneur d'un SPAHI qui a fait toute la guerre de 1939 à 1945.

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Pierre Gailhanou participe à l'édition de livres sur le Maroc et réalise notamment les photographies pour les illustrer. Merci à lui et à sa famille qui a participé à l'édification de Marrakech. Elle n'en a pas récolté tous les fruits qu'elle aurait mérité en raison de la guerre contre le nazisme. Nous célébrons les 70 ans de la fin des combats et tous les soldats de Marrakech qui y ont participé.

Chacun peut compléter l'évocation de cette entreprise et de cette famille Gailhanou pour ceux qui ont des souvenirs à partager, de cette période et des soldats retenus prisonniers. Il est possible aussi d'évoquer les autres entreprises de mécanique automobile. Pierre n'a plus de photo du Lycée Mangin à l'époque où il y étudiait; qui aurait celles de 2e et de 1ere de 1950 à 1952 ?